Mercredi 4 juin 2008

Les alchimistes disent depuis des temps immémoriaux que « l’or » de la vie est un corrosif comparable au vitriol. Ce jeu cabalistique est basé sur le fait que le mot vitriol est l’anagramme de l’or y vit. Ce terme a donc toute sa raison de figurer dans le cabinet de réflexion du Franc-Maçon et dans le laboratoire de l’alchimiste.

 

Lorsque le rituel s’achève et que vient la sortie de l’église ou de la Loge, l’individu est confronté à la vie, c’est là que les choses sérieuses commencent, c’est là qu’il devient possible de voir les fruits et de juger l’arbre d’où ils sortent…

 

Toute vie humaine est nantie d’épreuves qui demandent d’être assumées. Lorsqu’on parle d’épreuves, on pense généralement aux coups du destin, accidents, maladies, difficultés en tout genre. Mais le bonheur, les événements heureux quels qu’ils soient veulent, eux aussi être assumés, et ce n’est pas forcément facile.

 

Chaque épreuve, qu’elle soit heureuse ou malheureuse, est chargée d’un message à notre égard ; chacune à sa manière nous fait sentir notre précarité, nous fait percevoir que nous sommes fragiles, instables, menacés dans notre équilibre et dans nos engagements. Même si nous ne voulons pas l’entendre, les épreuves nous posent question, nous poussent à la réflexion, à la prise de conscience. « Pourquoi mon ballon de Pyrex s’est fendu dans les mains ? Que dois-je faire pour éviter cela ? Ou cette recherche alchimique me conduit ? Quel lien avec l’absolu ? » D’une manière générale, dans notre vie affective et professionnelle, quand surgissent les coups du destin, c’est le VERBE qui cherche à pénétrer en nous et dans notre vie, d’abord sous la forme de la réflexion et du dialogue intérieur pour aiguiser progressivement une perception plus directe, plus intuitive qui nous fasse percevoir la vie qui est au-delà des apparences et des vicissitudes. C’est cette dimension que devrait développer tout centre initiatique et toute Église. La question essentielle la question qui répond à toutes questions est d’apprendre comment faire pour devenir solide à toute épreuve. L’apprentissage du silence des pensées n’est pas négligeable pour conserver notre sérénité, et être à l’écoute des « bruits de fond » de l’univers…

 

Le travail du destin, c’est d’ouvrir l’être à la dimension de la vie véritable, la vie mystique, et chaque épreuve veut être l’occasion d’un débat intérieur suivi d’un silence intérieur qui nous permet de capter la « pensée divine » qui préside à toute destinée. En réalité, chaque épreuve est une semence qui, dans notre vie, devrait porter ses fruits.

 

Si les épreuves sont appelées vitriol par les alchimistes, c’est pour le pouvoir décapant de cet acide qui permet de découvrir sous la crasse, sous notre crasse, l’or pur de la vie. Sans cette démarche fondamentale, inutile d’entrer au laboratoire d’alchimie car l’impur ne saurait purifier la pierre philosophale. Et sans le silence des pensées inutile de chercher la Parole Perdue qui s’adresse à nous, dans notre vie, au-delà des mots.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 3 juin 2008

 

 

À la fin du XVIIIe siècle vivait à Paris un alchimiste qui écrivit un petit opuscule, Hermès dévoilé, qui fit autorité autant chez les écrivains, tel Balzac qui trouva là l’inspiration pour son alchimiste chercheur d’absolu, et qui chez les alchimistes actuels fait autorité.

Personnellement, et pendant longtemps je n’ai pas compris grand-chose au sens profond de ce texte, si ce n’est sa poésie. Mais il m’a profondément marqué quand, dès la première ligne il écrit :

 

« Le Ciel m’ayant permis de réussir à faire la pierre philosophale, après avoir passé trente-sept ans à sa recherche, veillé quinze cent nuits au moins sans dormir, éprouvé des malheurs sans nombre… »

 

Oui, je fus beaucoup plus marqué par le sens de l’engagement de cet homme que par le mystère dissimulé dans ces écrits. Tenir 37 ans après avoir été la risée publique, être traité de fou, hué, rejeté par sa famille, réduit à la misère au point de devoir vendre ses meilleurs habits. Subir un empoisonnement de la part d’un faux ami désireux de s’emparer de ses écrits, et s’en sortir miraculeusement avec de graves séquelles, pour enfin perdre ses enfants… Ce détachement lié à la certitude m’a si profondément marqué que le récit fabuleux de sa réussite tellement méritée est passée au second plan.

Il est vrai que le manque d’engagement de notre époque a mis en relief par contraste le puissant don total de cet homme transporté pas sa foi.

J’ai acquis une certitude : Il faut être engagé ! Contrairement à la tendance actuelle qui veut que de plus en plus chacun vit pour soi, rien que pour soi. Il semblerait que le monde a besoin d’engagement un peu comme la plante a besoin d’eau. Quand plus personne n’en a alors il se réfugie chez certains individus où il développe sa puissance d’une manière pathologique. C’est pourquoi la plupart de ceux qui sont engagés à fond sont des fanatiques destructeurs, ce sont des individus dont la pensée est bloquée, « possédée » et deviennent les instruments de sombres puissances tant sur le plan suprasensible que matériel. Les extrémismes religieux sont de cela, mais aussi les « parano » de l’économie et des finances. En un certain sens nous sommes sous la coupe des méfaits du désengagement.

Nombreux sont ceux qui ont peur de s’engager parce qu’ils craignent d’aliéner leur liberté. Plus nombreux, sans doute, ceux qui sont incapables de s’engager, à cause de l’impotence de leur pensée et de l’incapacité de mûrir une conviction personnelle ; et lorsqu’ils s’engagent quand même, c’est sans conviction réelle et généralement sous l’influence d’une conviction étrangère. Ainsi on va s’inscrire dans la Franc-Maçonnerie pour étoffer son réseau relationnel ou pavaner avec un discours docte ou sirupeux. Ou encore faire partie de l’Église Gallicane ancienne pour essayer de découvrir certains secrets sur l’alchimie, secrets qui, bien évidemment, ne leur servira à rien. J’ai déjà abordé ce sujet. Bref, vous avez compris, c’est ainsi que naissent les Judas !

Rester libre ! C’est effectivement une nécessité profonde pour chaque être humain. Mais la liberté à laquelle on tient n’est nullement rattachée au plus grand que soi, mais celle de pouvoir agir à chaque instant à sa guise selon l’inspiration du moment, je veux rester mître de ma vie et de mes actes… Quand notre conscience s’affine accompagnée de ce regard intérieur réaliste et sensible, on peut percevoir que dans bien des cas ce n’est pas « moi » qui suis à l’origine de mes actes, et que dans certaines occasions je ferais bien de résister à mes inspirations ou impulsions.

N’en doutez pas, la liberté est d’un accès difficile. Certes, sur le plan relatif à l’homme, la liberté existe. Ainsi un être emprisonné ou contraint d’une manière ou d’une autre n’est pas libre. Il est sûr que le prisonnier libéré est bien libre par rapport à son état antérieur. En résumé pour nous la liberté absolue n’existe pas, seule la liberté relative existe.

Notre espace de liberté est limité par l’influence du milieu. L’individu se sent ou ne se sent pas gêné dans son comportement. Il gagne un degré de liberté, mais il est encore loin d’être réellement libre, quand il sait vraiment ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Il aboutit alors à une conviction qui va générer ses actes et surtout lui permettre de s’identifier à cette conviction. C’est exactement le cas pour l’alchimiste dont je parlais au début de l’article.

L’engagement lui-même se situe au niveau de la volonté. Et chaque être humain a besoin de s’engager, sous peine de déchoir. Car vivre n’est pas un but en soi. Il n’y a que certains clochards pour n’avoir d’autres objectifs… Toutefois l’un d’eu m’a avoué préférer vivre sous les ponts que sous les cons… ce qui est déjà une conviction !

Que l’on ne s’y trompe pas, les « clochards » les plus à plaindre ne couchent pas forcément sous les ponts ; on les trouve partout, même dans les palaces, les Loges Maçonniques ou les Églises. Car ils ignorent que s’en-gager, c’est se donner en gage à une entreprise qu’elle soit matérielle ou spirituelle.

À chacun de voir à qui ou à quoi nous devons nous donner en gage de tout notre coeur. Je vous souhaite cet enthousiasme qui soulève les montagnes.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 2 juin 2008

Je n’ignore pas qu’aussi bien les « cathos » que les FM seront choqués par ce titre, et pousseront de grands cris effarouchés et n’irons pas plus loin dans la lecture de cet article.

Une précision toutefois aux courageux qui n’ont pas encore déserté cette lecture. Je ne vais pas reprendre ce que j’ai dit dans mon article sur le cabinet de réflexion. Ensuite je n’ai nullement l’intention de vous parler du « baptême » selon le Vatican actuel. En effet, l’Église moderniste de 2000 n’est plus intéressée par les symboles qu’elle considère comme « ringard ». Elle est une idéologie au service de la vie sociale à la manière d’un syndicat. C’est donc du baptême selon l’Église ancienne qu’il s’agit ici, plus exactement de l’esprit de l’Église des Gaules ou Église Gallicane qui n’a pas de rapports avec l’Église Anglicane ou Église d’Angleterre. Le symbolisme de cette Église est profondément alchimique tout comme l’est le symbolisme du cabinet de réflexion.

Le sacrement de baptême, comme l’enfermement dans la « terre » noire du cabinet de réflexion est à l’image d’une semence enfermée au sein de la terre et qui ne déploiera son contenu qu’avec le temps. On ne sort pas « initié » d’un cabinet de réflexion, on ressort (dans le meilleur des cas) « initiable ». Le plus souvent, hélas… comme l’on est entré.

Le caractère de semence appartient au baptême et au néophyte enfermé dans son cabinet de réflexion où il redevient enfant. C’est cela que la maçonnerie a perdu de vue, cette mentalité des touts petits qui seule permet de saisir le monde. L’enfant n’est pas l’aboutissement d’agissements humains, d’experts en symbolisme. C’est la manifestation d’une volonté et d’une sagesse qui émane d’un monde supérieur, ce qui de nos jours n’est plus évident du tout autant dans les Loges que dans les sacristies.

La pensée qui porte et anime l’univers est UNE ; mais les intelligences et les forces agissantes sont multiples. Je vous fais grâce d’une explication en ce sens. Elle est trop douloureuse et démonstrative de l’égocentrisme des hommes que l’on peut mesurer par ces deux affirmations : je suis Catho et seul dans la vérité, je suis FM et seul détenteur de l’initiation.

Les « enfants » comptent sur nous pour leur apprendre la vie ; Quant à nous nous avons besoin d’eux pour apprendre la réalité suprasensible. Au sortir de la cuve baptismale ou du cabinet de réflexion notre entreprise ne sera satisfaisante que si elle est une collaboration avec l’esprit de l’univers, le spiritus mundi des alchimistes.

L’esprit de l’homme et son être profond sont à la dimension de l’univers. Mais son destin le lie à la terre, quel que soit son désir de « s’éclater », de sortir des limites qui lui sont imposées… Donc, pas de « délire » ésotérique sur le sens du mot « initiation ». Il est de plus en plus évident de nos jours que l’histoire du monde est étroitement solidaire de l’évolution de la conscience humaine. C’est dans ce contexte que la venue du Christ et sa démarche terrestre ont une importance décisive SALUTAIRE. Point de dogmes points le landmark. Tout se fait dans notre conscience dont les limbes s’agrandissent et sont les reflets de la vérité ultime attirée, comme un aimant, par notre propre vérité. Alors si vous êtes le partisan d’une vérité polycéphale, comme le pensent bon nombre de symbolistes vous êtes dans « l’horizontalité ». L’eau du baptême ne peut laver votre front et inutile d’entrer dans le cabinet de réflexion, vous ne pourriez en sortir.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 31 mai 2008

Peut-être avez-vous entendu parler des Landmarks ? Dans le cas contraire permettez-moi de vous éclairer et peut-être de vous permettre de saisir pourquoi j’écris des articles sur le parallélisme hallucinant (ce n’est pas un superlatif) entre la tradition alchimique et celle des Franc-Maçon ? Le but de ma prose est à double face : celle de montrer la cohérence du symbolisme général et donc par voie de conséquence de souligner les erreurs qui parfois provoquent des scissions internes aussi bien que l’incompréhension « externe ». La seconde face de mes intentions est de montrer aux chrétiens que le rejet systématique de la maçonnerie ne repose sur rien de sérieux. Cependant, soyons réalistes, d’un côté comme de l’autre nous trouvons des margoulins hystériques mal intentionnés d’autant plus virulents et aveugles qu’ils sont conditionnés comme détenteurs de l’unique vérité ! Ne comptez pas sur moi pour désigner qui remporte le pompon des F.M. ou des cathos ! ! ! Je ne puis dire qu’une chose : ce n’est pas joli… Dans ces luttes déraisonnables, l’hypocrisie sirupeuse au goût sucré a le don, d’où qu’elle vienne, de dégoûter de l’espèce humaine.

 

La Maçonnerie anglo-saxonne a fixé des règles en dehors desquelles tout Maçon et toute Obédience sont déclarés « irréguliers » (autant dire hérétiques !). Ces règles, qui ne sont autres que des sœurs jumelles des dogmes, portent le nom de « Landmarks » qui signifie « limites » ou « bornes ». Osvald Wirth ne manquait pas de lucidité quand, en 1938, il écrivait :

« Les landmarks sont d’invention moderne et leurs partisans n’ont jamais pu se mettre d’accord pour les fixer. Cela n’empêche pas les Anglo-Saxons de proclamer sacrées ces limites essentiellement flottantes, qu’ils arrêtent au gré de leur particularisme. Chaque Grande Loge les fixe conformément à sa façon de comprendre la Maçonnerie ; la Maçonnerie est très diversement comprise, d’où des définitions contradictoires, destructrices d’unité au sein d’une institution visant à la concorde universelle.[1] »

 

Je suis totalement d’accord avec Jules Boucher :

 

« L’unité maçonnique, rêvée par quelques-uns, est un leurre ; elle ne sera jamais réalisée et elle n’est pas souhaitable. » (p. 198)

 

Nous avons l’exemple de l’Église Gallicane ancienne (époque romane) qui, avant l’avènement de Charlemagne était le reflet de chaque région. Pour ceindre la couronne impériale Charlemagne détruisit cette unité dans la diversité et imposa partout les désirs et la suprématie du Vatican qui l’avait couronné. C’est ainsi que la langue latine devint universelle en stérilisant les particularismes locaux si bien adaptés à la mentalité de chaque région. À partir de ce moment l’Église commença progressivement à perdre son âme. Et Boucher à totalement raison quand il dit :

 

« La Maçonnerie doit s’adapter aux différents pays et dans chaque pays correspondre aux aspirations différentes des Maçons. »

 

Surtout ne rien imposer sous peine de renoncer à sa propre identité qui est celle d’être FRANC avant d’être Maçon, c’est-à-dire LIBRE.

Dans l’Église cet aspect correspond aux libertés (par rapports aux dictats du Vatican) de l’Église Gallicane. Ces libertés furent officialisées en France par la Pragmatique Sanction de Bourges publiée en 1438 par le roi Charles VII. Croyez-moi, le pape n’était pas content ! Il était d’autant plus préoccupé que le roi eut l’aval de Jeanne d’Arc. Donc, ne vous interrogez pas sur les raisons de la date anormalement tardive de la canonisation de notre pucelle nationale (1920).

 

Le ciment d’union, autant dans la Maçonnerie que dans l’Église, c’est le symbolisme. Car le symbolisme n’appartient à personne. Il n’existe pas un symbolisme maçonnique ou religieux. Il est UNIVERSEL. Dans tous les cas son rôle est l’apprentissage d’un langage. Permettez-moi de citer encore Jules Boucher :

 

« C’est le symbolisme maçonnique, bien compris, qui doit seul former le ciment entre toutes les Pierres et c’est par lui que la véritable fraternité peut et doit s’établir. »

 

Si le symbolisme est "bien compris", s'il n'est pas du blablabla stérile, alors retournons à ces époques où les maçons livraient, aux ecclésiastiques de l'ancienne Eglise Gallicane, une cathédrale. Leur connivence et complémentarité étaient incontestables. À vous, cher lecteur, qui que vous soyez, de savoir s’il serait judicieux de la restaurer.

Que la force, forte de toutes forces, d’Hermès et l’Esprit Saint du Christ soient avec vous.



[1] Qui est régulier, p. 64.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 30 mai 2008

Tout ce qui tente d’approcher la réalisation spirituelle des hommes, comme l’alchimie, l’Église, et certaines obédiences maçonniques n’ayant pas évacué le Grand Architecte de l’Univers, utilise des couleurs dont le symbolisme est profondément significatif car rattaché aux lois universelles de la nature visible et invisible.

Le sens s’est souvent perdu et les couleurs furent parfois affectées un peu à la sauvette en utilisant un symbolisme plein de bonne intensions, mais qui malheureusement laisse à désirer.

Prenons un exemple de cette perte. La Maçonnerie donne la couleur blanche à ses plus hauts grades ; la rouge à ses grades intermédiaires et la bleue à ses premiers grades. Les lecteurs un tant soit peu familiarisés avec l’alchimie savent que la couleur bleue est bien à sa place pour les premier grades. Par contre il y eut une inversion entre les grades supérieurs et intermédiaires. Tous ésotériste sait que la couleur rouge est celle de l’Œuvre au rouge ou de la pierre philosophale qui correspond donc aux grades les plus élevés. Quant à l’Œuvre au blanc elle est bien intermédiaire. La place de ces couleurs est immuable et ne peuvent être changées sous peine d’induire en erreur ceux qui cherchent une cohérence dans le symbolisme des couleurs.

Quant à l’Église catholique elle fait des erreurs similaires, mais elle le sait !

Le pape est vêtu de blanc, les cardinaux de rouge, les évêques de violet et les prêtres de noir. Tout comme dans la maçonnerie, les grades inférieurs ont des couleurs correctes (le violet remplace parfois le noir) mais le blanc papal et le rouge cardinalice sont inversés ! Le pape devrait être vêtu de rouge et les cardinaux de blanc. J’ai dit précédemment que l’Église catholique n’ignorait pas cette inversion car parfois le pape porte sur les épaules un camail rouge bordé de blanc.

D’une manière globale le noir, violet ou bleu correspondent au début qui nécessite la putréfaction afin de pourvoir entamer une régénération.

Ensuite vient le vert, couleur qui dans l’athanor ceinture la matière et correspond très réellement au cordon que l’on serre à la taille. C’est bien une couleur intermédiaire puisqu’elle sépare solve de coagula. Elle désigne donc autant les futurs prélats de l’Église qui le maître maçon tendant vers la perfection.

Le vert est suivi du blanc dont la haute dimension spirituelle est représentée par le rouge.

Que certains ne se sentent pas injuriés si j’affirme que les couleurs de l’Église sont les mêmes que celles de la maçonnerie. Faut-il s’en étonner puisque l’un a puisé ses connaissances dans l’autre. Personne ne saurait me contredire si j’affirme qu’en Occident la plus ancienne société initiatique est l’Église. Soyez rassuré, je ne parle pas de l’Église actuelle qui a coupé les pont avec tout symbolisme et l’a remplacé par de froides allégories.

 

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 29 mai 2008

Jacques Duchossoy raconte qu’au cours d’un entretien avec le Président de l’Ordre International Soufi et de l’Institut Universel Soufi pour la France, il a obtenu confirmation que le soufisme, d’où sont issus de nombreux alchimistes arabes, n’est pas une gnose. L’exemple le plus connu est celui de Jabir ibn Hayyan qui est connu en occident sous le nom de Géber. Jamais l’alchimie arabe ne dépassa le niveau extraordinaire auquel Géber l’avait fait accéder.

Jabr ibn Hayyan signifie Jabir, fils de Hayyan. Par la suite il est appelé Al-Soufi, d’où on peut conclure qu’il était membre d’une communauté mystique pratiquant le soufisme. Contrairement à une idée répandue, le Soufisme n’est pas une gnose hérétique issue du Coran, comme se plaisent communément à l’affirmer de nombreux spécialistes, notamment le célèbre Henry Corbin. Le soufisme est indépendant de l’Islam. C’est un des aspects de la gnose qui existait déjà en Iran à l’époque du premier Zoroastre, qui le tenait d’une tradition orale préhistorique. Le soufisme fut adopté par les nombreux penseurs et poètes musulmans lors de l’invasion de la Perse et les Parsis adorateurs du feu, de la lumière et du soleil, durent se réfugier en Inde, laissant seuls deux petits villages tolérés par les musulmans, tout au moins jusqu’à la révolution iranienne.

Nous savons tous les rapports cordiaux, sur le plan ésotérique, qu’entretenaient au moment des croisades les chevaliers chrétiens avec leur homologue musulman. L’idée de la chevalerie serait née bien antérieurement dans cet Iran à qui l’occident devait faire tant d’emprunts… même sur le plan religieux.

Certaines légendes médiévales considérées comme d’origine celtique : Le cycle du roi Arthur, les chevaliers de la Table Ronde, la Quête du Graal, etc. proviendrait en réalité de prototypes iraniens. À noter même que ce patronyme, comme Parsifal (devenu Parseval ou Perceval au cours des siècles), est composé de deux mots persans anciens Parsi et Whal signifiant l’homme pur et purifié par la Lumière. Ces remarques n’enlèvent absolument rien à sa dimension cabalistique (Per = pierre et Val=laver). Voici qui n’est pas sans rapport avec le terme de Cathare (les purs) que nous retrouvons dans le midi de la France où par ailleurs existeraient divers toponymes aux consonances iraniennes, venant se juxtaposer à des suffixes courants en France comme ois et ais dont le sens et l’origine sanskrits sont déjà bien connu.

Pour en revenir à l’esprit chevaleresque des romans médiévaux, voici une anecdote ou plutôt une épreuve de Parsifal, chevalier chrétien, qui doit combattre Bérénis, un chevalier musulman…Au milieu du combat, dans un instant de repos, ils en viennent à parler de leur origine et s’aperçoivent qu’ils ont le même père, celui de Parsifal ayant eu aussi un enfant d’une arabe. Le combat cesse et ils s’embrassent fraternellement, jurant de poursuivre ensemble la quête du Graal, car dit la légende, ils ne pourront pénétrer qu’ensemble dans le château contenant le Graal. L’un est dit Chevalier Blanc et l’autre Blanc et Noir à cause de son origine. Voilà qui nous entraîne vers tout un symbolisme de l’Unité templière que d’aucun pourrait confondre avec un manichéisme mal compris et qui traduit aussi cette fraternisation des chevaliers chrétiens et musulmans dans ces maisons de la sagesse où ils échangèrent l’alchimie.

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 29 mai 2008

Le jardin dans lequel évolue la Dame à la licorne est, comme nous venons de le voir, en rapport étroit avec la symbolique alchimique. Dans la mythologie grecque, il représente le jardin des Hespérides, avec ses pommes d'or, analogue au lieu que doit atteindre l’expédition des Argonautes à la conquête de la toison d’or, laquelle est gardée par un dragon.  Ces deux récits sont si souvent pris comme référence qu’il constitue de véritables paradigmes du Grand Œuvre.

Jason, le héro principal de l’expédition, porte un nom suffisamment expressif pour qu’il s’avère inutile de faire de longue dissertation sur sa maîtrise du langage cabalistique de la licorne qu’il faut lire corne ou cornue ou encore corps nu, matière débarrassé de ses impuretés ou terrestreïtés. Et chacun sait que la licorne est un être pur qui ne se laisse approcher que par des hommes/femme purs/pure. Sans cela elle est insaisissable car elle part au galop. Soulignons au passage que le mot grec argos qui signifie blanc, rapide, correspond exactement à la rapidité de la blanche Licorne.

Mais revenons au verbiage du capitaine Jason. Ce fait singulier est confirmé par la particularité du navire construit par Argos. En effet, il est doté d’une proue fabriquée avec un chêne sacré de la forêt de Dodone. Cette proue parlait, particularité qui ne saurait mieux illustrer le nom de langue verte de la cabale. Évidemment le mot Jason s’accorde non seulement avec le « bavardage » de la proue mais aussi avec la manière cabalistique d’interpréter cette aventure, dont l’équipage est constitué d’Hercule, des Dioscure, Orphée, Castor et Pollux, et d’autres encore. Le vaisseau n’est autre que le vaissel (verrerie) des alchimistes qui va recevoir la substance issue du chêne, laquelle va le guider durant toute l’expédition et qui n’est autre que le feu de roue ou feu de proue, issu de son chêne sacré qui la constitue. Ainsi comprenons-nous pourquoi la licorne des célèbres tapisseries se superpose à un chêne, que les Druide de notre nation gauloise n’étaient pas les seuls à respecter au plus haut point. « Au guy l’an neuf !» ou « l’eau dit lent œuf » ? En d’autres termes l’eau salée de la mer sur laquelle navigue le vaisseau qui doit avancer lentement, avec prudence, pour que puisse se fortifier progressivement l’œuf philosophal ou pierre philosophale. Tout cela, direz-vous, n’est que jeux de mots ou le contexte est injurié ? j’en conviendrais volontiers s’il n’existait une mystérieuse inséparabilité que tout fils de science doit apprendre à percevoir sans pour cela délirer et sombrer dans la spéculation aussi stérile que sans fond en finissant par dire n’importe quoi ! C’est incontestablement un exercice périlleux que les joueurs de pipeau manient stérilement jusqu’à la contrepèterie. Soyez-en sur, l’excès de jeu vous fait passer à côté de la chandelle !

Mais avant de poursuivre le réçit, Ouvrons une parenthèse pour nous informer d’avantage sur la Toison d’or.

Phryxus et sa sœur Hellé, derniers descendants de la maison royale de Iolchos, durent être immolés pour que la peste qui ravageait le pays puisse s’arrêter. Le couteau du sacrificateur allait remplir son office quand une nuée épaisse enveloppe les victimes désignées ; un bélier magnifique les transporte dans les airs, sur son dos, vers la Colchide, province de l’Asie Mineure, située à l’est du Pont-Euxin (mer Noire) et arrosée par le Phase. Effrayée du bruit des flots et paralysée par le vertige, Hellé tombe et se noie dans l’Hellespont (détroit des Dardanelles), Phryxus et son bélier continuent leur chemin. Dès qu’il eut mis le pied-à-terre, Phryxus offre en holocauste le bélier son sauveur, à Jupiter. Il sacrifie l’animal cornu, garde la toison qui était d’or et la suspend au chêne d’une forêt consacrée à mars. Un dragon vigilant dévorera tous ceux qui seraient tentés de la soustraire.

Evidemment le lecteur aura compris que le bélier désigne le signe astrologique de même nom ou durant cette période printanière l’alchimiste débute son travail avec celui de la nature dont il est, ne l’oublions pas, le singe. Quant à la précieuse toison elle désigne celle des moutons si précieuse quand il est difficile d’obtenir une quantité suffisante de chêne.

Donc, Jupiter fut tellement satisfait de ce sacrifice qu’il garantit le bonheur et l’abondance à ceux qui posséderaient la Toison d’Or. Il était cependant permis d’en essayer la conquête. Le tout était de réussir. C’est à cette obligation que Jason devait se conformer.

 

(Attention, ce texte comme tous les autres est protégé.)

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 mai 2008

Pour la majorité de nos concitoyens ce nom d’Antoine Béchamp n’est rien. S’il n’est rien c’est parce qu’il fait partie de ces chercheurs maudis qui se sont opposés à juste titre aux « pontes ».

Il naît en 1816 et il meurt en 1908, en pleine activité en qualité de professeur à la Sorbonne.

Il était pourvu de multiples titres dont les principaux sont le doctorat en pharmacie, le doctorat es science, et le doctorat en médecine. Cela le conduisit à la Faculté de médecine de Montpellier où il sera professeur de chimie médicale et pharmaceutique.

Le professeur Paul Pagès, qui exerçait à la faculté de médecine de Montpellier, à toujours considéré Béchamp « comme le plus grand biologiste de tous les temps » ; jusqu’à sa mort, en 1976, il a écrit et parlé pour soulever le mur de silence élevé sur ce nom.

Béchamp était un homme vrai. De ce fait il était donc enfermé dans un monde qui n’était pas le sien, il était (disait André Gide), « Dans un monde où chacun triche. » De ce fait « c’est l’homme vrai qui fait figure de charlatan ». Personne ne lui a pardonné d’avoir contrarié Pasteur en démontrant les faiblesses de la théorie microbienne. Tout comme d’autre, tel le chercheur d’origine yougoslave, Mirko Belganski fut discrédités pour s’être opposé au tout puissant Monod. Si tout ce qui remet en cause un dogme établi dérange et provoque la destruction de celui qui a osé… Nous n’aurons jamais une énergie à prix modique et la guérison du cancer n’est pas pour demain !

Aussi je dis naïvement et sans y croire, mais je le dis car il faut le dire : Cette attitude des chercheurs et des médias  nécessiterait une réflexion VERITABLE sur notre République.

 

L’idée qui fâche, mais maîtresse, de Béchamp la voici :

 

« Rien n’est la proie de la mort,

Tour est la proie de la vie .»

 

Sa théorie de la vie, qu’il déduisit de nombreuses et solides expériences, clairement exposées dans son ouvrage capital : « Les microzymas dans leurs rapports avec l’hétérogonie, l’histogonie, la physiologie et la pathologie » est actuellement la seule qui permette aux modernes biologistes, d’interpréter de nombreux phénomènes pathologiques inexplicables par les théories classiques tel que « lésions et troubles morbides singuliers engendrée par les bacilles tuberculeux morts, enrobés dans l’huile de vaseline », observation et interrogation posées par les deux pastoriens Saënz et Canetti en 1939 et publiées dans la « Presse médicale ».

« La théorie microbienne est la théorie du microzyme vue à l’envers », écrivait Béchamp.

La dernière page de ce livre puissant, véritable hymne à la vie, éclaire la pensée de l’auteur.

« Le rôle des microzymas est immense ; ils sont au commencement et à la fin de tout être vivant. » Et le résumé de tout est contenu dans un énoncé très simple :

« Tout être vivant est réductible au microsyma. »

A vous cher lecteurs d’aller plus loin dans la pensée du plus grand biologiste de tous les temps dont devrait s’enorgueillir la Faculté de médecine de Montpellier, la plus ancienne d’Europe.

par Hermophyle
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 mai 2008

Il existe, depuis le Moyen Age jusqu’au XVIIIe siècle, un nombre très important d’œuvres d’art, aussi bien des peintures  des sculptures ou des agencements de demeures (y compris les dernières demeures) qui furent réalisées par et pour des alchimistes. L’historien belge Jacques Van Lennep a pu leur consacrer, en 1966, tout un gros ouvrage abondamment illustré : Art et alchimie (Bruxelles, Éditions Meddens) ceci étant dit pour ceux qui désirent se documenter sérieusement sur la dimension artistique de l’art d’Hermès. J’ajouterais à cet ouvrage fondamental cet article intitulé L’Art alchimique et le surréel, réalisant une superbe jonction avec le surréalisme et plus particulièrement André Breton qui écrivait en 1953 :

 

« Le tout pour le surréalisme a été de convaincre qu’on avait mis la main sur la matière première – au sens alchimique – du langage. »

 

Mais la mort l’a surpris dans la recherche de cet essentiel qui ne prêté qu’à la sagesse : L’or du temps.

 

Mais nous allons voir que cet énigmatique or du temps ne nous éloigne pas des tapisseries de la Dame à la Licorne… Poursuivons donc notre exégèse un peu brouillonne de cette magnifique œuvre d’art, dont les différents tableaux décrivent en toile de fond un lieu particulier qui n’est autre qu’un jardin dans lequel on peut distinguer des fleurs, des arbres et des fruits. En latin le jardin est l’hortus qui exprime encore mieux sa dimension cabalistique en occitan par le terme plus bref de ort, qu’une seule lettre sépare de l’or, et qui désigne autant le jardin potager que celui d’agrément.

Ainsi, l’alchimiste allemand Michel Mayer déclare dans sa VIe Emblème de son Atalante Fugitive :

 

« Le froment saura t’enseigner comment l’or germe. »

 

Le travail de la terre est souvent comparé aux travaux du Grand Œuvre. Ainsi l’adepte Cambriel (XIXe siècle) appelle les alchimistes des Labourants, par analogie avec les sillons tracés par la charrue qui font ressembler le champ à la terre feuillée de leur Grand Œuvre. Aspect que l’on retrouve, à une plus petite échelle et donc plus proche de l’OEuvre, dans les jardins potagers. Ainsi se manifeste aussi une analogie avec la pâte feuilleté de la galette des rois. Nul ne doit négliger le fait trop évident et pour cela souvent négligé que les jardins sont peuplés de végétaux feuillus, feuilles qui exaltent l’analogie au point de faciliter la confusion avec la langue verte.

Puisque j’ai donné mon opinion sur la tapisserie du toucher, remarquons que la licorne « désigne » avec sa queue-de-cheval (donc cabalistiquement) un chêne. Chêne qui va permettre la fabrication de la terre feuillée. Nous trouvons ce même arbre joliment signalé par les chaînes du vêtement de la Dame sous forme de ceinture et d’un grand pendentif qui agrémente l’avant de la robe.

L’importance de cet arbre tour comme celui de l’acacian est capitale au point de représenter l’une des plus difficiles énigmes à découvrir, qui demanda à Fulcanelli plus de vingt années d’effort soutenu.

 

« L’artiste a cheminé longtemps, nous dit Fulcanelli à la page 93 de son Mystère des Cathédrales, il a erré par les voies fausses et les chemins douteux ; mais sa joie éclate enfin ! le ruisseau d’eau vive coule à ses pieds ; il sourd, en bouillonnant, du vieux chêne creux. »

 

C’est ce même désir d’aiguiller le chercheur ver une voie sure qui fit dire brièvement à Nicolas Flamel dans son livre des figures hiéroglyphiques : « note ce chêne ».

Et Eugène Canseliet précise la raison de l’insistance sur le jardin :


« Tout au commencement de l’ouvrage hermétique, ainsi retrouvons-nous, avec l’élection judicieuse de la matière initiale, l’idée de son traitement laborieux, analogiquement envisagé dans son étroit rapport avec la culture du sol. » (p. 88 in Deux logis alchimiques. 1979)

 

Mais le choix du jardin dans l’iconographie alchimique repose sur deux importantes analogies : Celle de l’importance du printemps et celle de la couleur verte. (voir mon article sur la couleur verte). La renaissance de la nature chaque année au printemps marque pour l’alchimiste le début de son travail qui doit se superposer aux cycles naturels. C’est pour cela que les alchimistes sont appelés singes de nature.

Je voudrais souligner ici la particularité de la chlorophylle qui permet une biosynthèse organique grâce à l’action des quanta lumineux permettant la transformation de l’énergie lumineuse en énergie chimique. En d’autres termes, la photosynthèse nous introduit dans le monde quantique dont on sait combien il est différent de celui que nous vivons chaque jour. Il se pourrait donc que l’alchimie lorsqu’elle ouvre les portes de son jardin nous projette dans un monde qu’il nous est difficile de concevoir. Nous n’en sommes pas là et restons-en au monde tout de même fabuleux de la Dame à la Licorne. La licorne… animal échappé d’un étrange jardin dont nous ignorons tout.

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 27 mai 2008

La licorne est un animal mythique. C’est est un cheval blanc, pourvu d’une barbichette et portant sur le front une corne rectiligne élancée et torsadée qui est, vous vous en doutez, est une aberration sur le plan anatomique, laquelle souligne par sa seule existence, la dimension symbolique de cette chimère des siècles passés. Elle fut longtemps à l’honneur et considérée comme un animal réel. D’où sa présence dans le timbre des armes d’Écosse, puis dans celui de l’Angleterre, où elle fait face au lion.

Sa représentation la plus connue est celle qui illustre la série des six tapisseries dites de « la dame à la licorne » qui furent réalisées au tout début du XVIe siècle (à l’époque – 1515 – de la bataille de Marignan) et que les amateurs d’art peuvent admirer à Paris, au musée de Cluny. Ce véritable monument initiatique illustre les cinq sens, plus un « sixième » qui porte la mystérieuse devise : « À mon seul désir ». Ce panneau terminal semble représenter le couronnement de l’œuvre ou se trouve représenté une tente d’apparat.

Dans ces tapisseries figurent toujours deux personnages principaux : La dame et la licorne.

Les cinq sens seraient représentés par chacune des cinq tapisseries. Ainsi le toucher l’est par la dame tenant la corne de la licorne d’une main et de l’autre la hampe d’un étendard. L’ouïe nous montre la dame jouant de l’orgue. La vue est la licorne se contemplant dans un miroir tenu par la dame. L’odorat est symbolisé par un singe qui respire le parfum d’une fleur pendant que la dame fabrique une couronne fleurie. Le goût montre la dame qui prend une dragée que lui tend sa servante.

Dans un sens, la dame à la licorne pourrait être une évocation de la Vierge Mère, au sens cosmique du terme, se superposant à la dame des pensées des Troubadours mais aussi à la dame alchimie. En effet, nous la voyons dans la tapisserie du toucher, tenir d’une main la corne par où descend la force ou l’énergie divine et de l’autre la hampe d’un étendard couvert de croissants de lune figurant le monde lunaire empire du démiurge. L’importance de cette tapisserie est mise en évidence par le singe suspendu au-dessus de la corne, ce qui désigne l’expression cabalistique qui la met en évidence car le mot singe est l’anagramme de signe et de cygne, dont la blancheur comme celle de la licorne, nous informe de deux choses essentielles et inséparables : qu’il est question ici de la voie humide, laquelle ne livrera ses secrets que si nous savons interpréter les signes, qui peuvent être cabalistiques. Donc l’image doit pleinement satisfaire notre sens de l’esthétique en même temps que de celui de notre désir de connaissance… « À mon seul désir. »

Il est un fait indéniable qui signe le véritable alchimiste, c’est celui de singer l’œuvre de création, ce que confirme Fulcanelli en remarquable passage de la page 255 du premier tome des demeures philosophales :

 

« C’est que l’alchimiste, dans son patient travail, doit être scrupuleux imitateur de la nature, le singe de la création, suivant l’expression génine de plusieurs maîtres. Guidé par l’analogie, il réalise en petit, avec ses faibles moyens et dans un domaine restreint, ce que Dieu fit en grand dans l’univers cosmique. Ici, l’immense : là le minuscule. »

 

Que nous dit la Dame, en tenant la corne de la Licorne si ce n’est de tenir la cornue ? Cette cornue dont on ne saurait mieux spécifier qu’elle doit être à long bec. Quant à la hampe semée de croissant lunaire elle précise que l’artiste doit œuvre sous la lampe lunaire ou sous les rayons de l’astre des nuits. Il s’agit d’un étendard qui s’appelait en vieux français le dragon. D’où l’expression « faire voler le dragon » pour se mettre en campagne et aussi pour œuvrer avec la cornue. Il s’agit donc ici de mettre le dragon dans le bec de la cornue, et nul n’ignore que le dragon n’est autre que le soufre… qui doit voler. Peut-on être plus précis en suivant le sillage du cygne ? Ne me remerciez pas, il faut de temps à autre sortir de ces relations enrichissantes de l’analyse symbolique pour aborder le vif du sujet sur lequel TOUS LES SYMBOLES REPOSENT. Lisez les textes ou les artistes chantent la grâce et la beauté de la Dame à la Licorne… vous ne serez pas plus avancé, si vous souhaitez vous évader des mots, sauf si le hasard vous offre un texte de Jacques Van Lennep.

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Octobre 2008
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Liens

Derniers Commentaires

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus