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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 09:28
La fausse fin des Templiers.

Cette histoire fut publiée en 1970, par mon instructeur l’alchimiste Roger Caro, qui l’exhuma de ses archives pour rédiger un ouvrage intitulé Légenda des Frères Aînés de la Rose Croix. Cependant, au fil de nos dix années d’amitié et de coopération il me confia certains aspect de cette histoire qui ne sont qu’esquissés dans son ouvrage somme toute très général. Je préviens donc les lecteurs habitués à des histoires plus ou moins crédibles sur les Templier que celle qui suit n’est pas issue de mon imagination mais bien d’archives privées qui pour moi ne sauraient être sujet à caution face à leur grand âge et aux diverses traduction nécessaires faites au fil des siècles pour informer correctement les nouveaux alchimistes de leur rang.

Si j’écris cette histoire, qui peut paraître assez banale, c’est pour éveiller l’attention des adeptes eux même sur deux point : l’inanité de rejet de l’alchimie du cinabre par ceux qui pratiquent celle de la stibine ou autre avec leur régulé étoilé ou non. Je m’adresse aussi à ceux qui tendent à dévaloriser la voie du cinabre. Peut-être changerons-t-ils d’avis en découvrant l’origine de l’alchimie de Fulcanelli que laisse supposer cet anneau particulier qu’il portait au doigt à l’occasion de ses conférences.

Enfin je réponds à ceux qui bavardent inutilement sur de forums, qui bien souvent sont des conglomérats de mégères, que l’alchimie en qualité de voie initiatique ne repose pas sur une spiritualité faite de mots, mais d’actions précises et efficaces comme ce fut le cas à l’époque de saint Bernard, avant qu’Abélard ne vienne, au cœur du Moyen âge, intellectualiser la théologie.

En 1307 quand les Templiers furent arrêtés, certains parvinrent à s’échapper et à se réfugier à la Commanderie Templière de Londres. Cependant le Roi Edouard d’Angleterre avait l’intention de les séquestrer. Ils décidèrent donc de rejoindre d’autres Templiers réfugiés en Ecosse, dans l’île de Mull.

Le groupe insulaire le plus ancien était là depuis 1302 et nous étions en 1314. La communauté s’était structuré et avait adopté une nouvelle constitution. C’est à cette occasion, dit la légende, que Pierre AUMONT (ancien grand Maître provincial d’Auvergne) fut élu Grand Maître (le grand Maître fut Roncelin de Fos pour les uns ou Geffroy de Gonneville pour d’autres). A ce moment pris naissance L’IDEE de ce qui deviendra la maçonnerie Ecossaise.

Ce concept ne faisait pas l’unanimité des chevaliers car les Grands Maitres (et aussi les Maîtres) étaient d’abord, comme leurs nom l’indique, des enseignants qui possédaient des connaissances en alchimie qui devait être transmises. AUMONT, et ses compagnons, choisirent de pérenniser l’Art Royal essentiellement par des symboles, ce qui provoqua progressivement, au fil des générations, la perte des connaissances alchimiques dans sa dimension initiatique (qui était proche de celle de l’ouverture du Satoris, ou éveil, des Taoïstes, obtenu par la pratique le za-zen) et, perte également, de la nécessaire pratique au laboratoire qui permet à l’éveillé de saisir les lois universelles et les puissances qui y résident...

Naissance de l’alchimie des ex templiers.

Dans le groupe, nouvellement constitué, l’un des chevaliers érudit : Guy de Montanor avait été reçu brillement docteur es alchimie. Il avait reçu l’enseignement, théorique et pratique du laboratoire, d’un maître du Temple. Au sein de cette communauté écossaise Il rencontra d’autres condisciples ayant reçu le même enseignement dont Gaston de la PIERRE PHOEBUS qui n’avait pas achevé son instruction.

Guy de MONTANOR mena à son terme sa formation et ils décidèrent de constituer un groupe capable de perpétuer l’alchimie. Vu l’importance de l’enseignement, la logique et la sécurité voulaient que tout resta secret comme s’était le cas au sein de l’Ordre du Temple.

Naissance de l’Eglise Templière.

Vingt chevaliers formèrent un groupe homogène. Parmi eux se trouvaient d’anciens prieurs Templiers ordonnés prêtres. Révoltés contre l’attitude du pape CLEMENT V à l’égard du Temple, ils fondèrent une Eglise indépendante du souverain pontife avec les mêmes rites, mais dont la hiérarchie s’arrêterait aux cardinaux (à cette époque les cardinaux n’étaient pas obligatoirement ordonnés prêtres ou évêques comme de non jours). Guy de MONTANOR en fut le premier Patriarche. Ainsi naquit l’Eglise templière qui se perpétua jusqu’à nos jours sous le nom associatif d’Eglise Universelle de la Nouvelle Alliance comportant maintenant des évêques mais point de cardinaux.

Le blason de l’Eglise templière et du centre alchimique.

Quatre ancien Templiers possédaient maintenant la connaissance alchimique : Guy de MONTANOR, Gaston de la PIERRE PHOEBUS, Pierre LE BON DE LOMBARDIE et RICHARD, dit RICHARD L’ANGLOIS, parce qu’il était issu de la Commanderie de LONDRES…

Comme cette Commanderie les avaient bien accueillis dans leur exil, ils adoptèrent son blason avec l’agnus Dei portant un bâton à la croix pattée (figurant sur les clés de voûte du château de TORTOSE en Terre Sainte. en lui ajoutant le Beauceant.

Le pape alchimiste Jean XXII

En cette année 1316, Le Pape JEAN XXII vient d’être élu à Avignon.

En Ecosse les compagnons alchimistes désirent revoir la France et se rendre à Avignon dans l’espoir de pouvoir s’intégrer à l’Eglise pour former un Ordre particulier comme il en exista tant. Ils quittent donc l’écosse mais ils débarquèrent en Bretagne dans la baie de Lorient (Morbihan) pour remonter l’estuaire de la Blaye, rivière qui traverse Saint-Gonery pour se rendre à Pontivy. La rivière cesse d’être navigable aux portes de l’ancienne commanderie d’Hennebont. Ils débarquèrent donc car devaient se trouver, parmi eux, des anciens templiers du lieu qui eurent le temps, en 1302, de prendre la fuite en mer pour gagner l’Angleterre ou l’Ecosse...

A Hennebont le groupe put donc se pourvoir en monture pour se diriger vers le nord, aux portes de l’actuel département des Côtes d’Armor. Ils suivirent les berges de la rivière Blaye jusqu'à Saint-Gonnery. C’est là, évidemment, une direction aberrante pour se rendre au sud de la France.

Point n’est besoin d’être grand clerc pour supposer qu’il s’agit d’une étape préliminaire nécessaire pour visiter quelques caches templières. La plus prosaïque des suppositions est celle de se procurer de l’or pour les frais de voyage. Ce qui confirme qu’un personnage important de l’ancienne commanderie d’Hennebont était parmi eux car le secret de l’emplacement d’un dépôt précieux n’était pas divulgué à tous, très loin de là !

Je rappelle que, d’après Eugène Canseliet, l’alchimiste Fulcanelli partait la bague du supérieur de cette commanderie Templière. Cela laisse supposer que cet anneau s’est transmis grâce au supérieur, de cette commanderie, qui échappa à l’arrestation des Templiers… La conclusion coule de source et chacun pourra la faire. Il n’est donc pas impossible que Fulcanelli ait fait partie, au XIXe siècle, des descendants de ce groupe d’alchimistes. Je ne puis me hasarder plus loin dans les suppositions à moins d’écrire un roman. Cela fut fait en 2011 pour les lecteurs amateurs inconditionnel de merveilleux.

C’est donc à partir de Saint-Gaunery que le groupe prit la route du sud vers Avignon ou ils arrivèrent en novembre 1316. Ils sollicitèrent une entrevue avec Jean XXII. L’entretient fut loin d’être chaleureux, au point que nos chevaliers craignaient pour leur sécurité et même pour leur vie. Il semblait donc que leur aventure s’arrêtait là quand il y eut un changement aussi brusque que radical dans l’attitude du pape. Que c’était-il passé ? Incidemment Guy de Montanor venait de prononcer le nom du célèbre montpelliérain Arnaud de Villeneuve. Ce dernier n’était-il pas ce fameux médecin qui enseignait l’alchimie à Barcelone, puis à la Faculté de Médecine de Montpellier ou il révolutionna la médecine en la rendant indépendante des doctrines Arabes, où il eut comme élève le Bienheureux Raymond Lulle ? N’était-il pas ce professeur de médecine que les Cours d’Europe s’arrachaient ? N’avait-il point été appelé par Clément V pour qu’il le soigne de la gravelle ? Clément V n’avait-il pas publié une encyclique dans laquelle il adjurait de lui faire savoir ou était son Traité de la pratique de la médecine ?

Habilement manœuvrée, la conversation permis de convaincre le pape que le groupe était possesseur des connaissances alchimiques chère à Arnaud et à l’origine de ses miraculeuses guérisons à travers l’Europe. Dès lors le souverain pontife fut des plus réceptifs et très avenant. Il finit même par leur proposer de les organiser en Ordre religieux particulier avec comme unique mission de perpétuer la philosophie alchimique.

Passionné au-delà de toutes espérances, Jean XXII leur proposa de loger en son palais. En contrepartie Guy de Montanor et Pierre le Bon de Lombardie leur enseigneraient l’alchimie. Leur Ordre serait en réalité une fraternité et son nom fut décidé : Frères Aînés de la Rose-Croix.

La croix est ici celle du Christ, avec toute la mystique que cela suppose, et la rose rouge était la pierre philosophale qui nait au cœur du Chris, etc. Ce fut donc un groupement d’alchimistes chrétiens comme c’était le cas lorsqu’ils étaient Templiers.

Le pape suggéra alors à Gaston de la Pierre Phébus d’agrandir la fraternité et de retourner en Ecosse pour quérir de nouveaux compagnons.

Sur le chemin du retour le groupe des 17 chevaliers qui l’accompagnaient furent attaqués aux environs du Mans par une troupe de brigands. Il y eut un véritable carnage. En ce lieu est, encore actuellement, une ferme que se nomme La Massacrerie car Il y eut 47 cadavres ! 13 furent des seigneurs et parmi eux Gaston de la Pierre Phébus.

Les cinq survivants arrivèrent à Avignon.

Afin de garder la main mise sur le groupe, le pape mit à leur tête son neveu le cardinal de Vias. Cela évitait aussi que se perpétue cette Eglise Templière SANS LE PAPE.

Le pape avait donc bien manœuvré car il tenait à sa merci cet Ordre secret.

Mais les choses se retournèrent contre le pape. Le cardinal de Vias mourrait assassiné. Et le pape échappa de justesse à l’empoisonnement de sa nourriture. Les empoisonneurs étaient Hugues Géraud (évêque de Cahors) et d’autres ainsi que le médecin Jacques d’Amant.

Le siège du responsable de l’Ordre étant vaquant les frêres se réunirent pour élire leur nouveau chef. Ils quittèrent Avignon et vivent encore de nos jours en perpétuant l’enseignement alchimique aux femmes et aux hommes sincères, motivés et de bonne volonté.

Voila c’est une histoire très résumée que je viens de vous conter. J’ai choisi les points à développer et atrophié ceux qui seraient trop longs à exposer au risque de vous endormir béatement.

J’espère que ce fut agréable et peut être, sait-on jamais, quelque peu instructif…

Mais ne doutez pas un seul instant que je suis devenu conteur non pas pour vous endormir mais pour entretenir notre amitié.

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commentaires

Nadia 29/03/2016 14:36

Passionnant !!
Merci pour votre travail et votre partage

L'Alchimie et ses mystères historiques...S en savoir reliée et pourtant ne rien savoir. Passer pour une "illuminée". De lectures en prise de conscience, le puzzle continue de se mettre en place

Jérôme 17/11/2014 23:30

Merci, c'est très intéressant, cela donne envie d'en savoir plus. Peut-être y aura-t-il une suite...

Hermophyle 18/11/2014 07:11

Certainement Jérôme. Je reprendrais plus tard divers sujets sur mon site ADAM surréalisme fantastique. Sur ce site j'ai récupéré tous les articles de mon blog.

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  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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