Vendredi 16 mai 2008

Je me suis souvent référé à la Table d’Emeraude et mes correspondants m’ont parfois demandé ce qu’elle était. Je leur ai répondu très succinctement en leur disant que c’était un écrit bref et incompréhensible pour le commun des mortels. Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous l’offrir dans sa totalité :

 

« Il est vrai, certain et sans mensonge que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas pour faire le miracle d'une seule chose.

Et comme toute chose ont été et sont venues d’un, ainsi toute chose sont nées de cette chose unique par adaptation. Le soleil en est le père, la Lune la mère, le flanc la portée dans son ventre, la Terre et sa nourrice, le père de tout le Thélème de tout le monde est ici ! Sa force est entière si elle est convertie en termes.

Qu'il séparera la Terre du feu, le site qu'il de l'épais, doucement, avec une grande industrie. Il monte de la Terre au ciel et, derechef, il descend en Terre et il reçoit la force des choses supérieure et inférieure.

Tu auras à part ce moyen tour de la gloire du monde et toute obscurité s'éloignera de toi. C'est la force, forte de tout de force, car elle vaincra toute chose subtile et pénétrera en toute chose solide. Ainsi le monde a été créé.

De ceux-ci seront et sortiront d'innombrables adaptation, desqu'elles le moyen est ici. C'est pourquoi, j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie du monde.

Ce que j'ai dit de l'opération du soleil est accomplie est parachevé. »

 

Je dois mettre en garde le lecteur s’il rencontre une version s’éloignant trop de celle que vous venez de lire. En effet, même si le texte semble sans signification sérieuse, il l’est pour les alchimistes. En changer une petite partie équivaut à rendre le texte réellement incompréhensible et inutile non seulement pour les alchimistes mais aussi pour les symbolistes.

Tous les alchimistes du Moyen Age et de la Renaissance européenne ont longuement médité ce court texte.

L’auteur en est, Hermès Trismégiste, c’est-à-dire « le trois fois grand » (sens de cet adjectif grec), qui est considéré comme le fondateur de l’alchimie. Ce personnage est ambiguë. C’est le dieu grec de ce nom auquel fut assimilé dans l’Égypte hellénique le dieu Thoth, inventeur de l’écriture et des sciences. Sous les traits humains, c’est le premier alchimiste à une époque indéterminée que certains n’hésitent à préciser comme le XXe siècle avant notre ère.

Quant au nom de Table d’Émeraude, c’est le support aplani sur lequel le texte fut gravé.  Certains assimilent cette pierre à celle tombée du front de Lucifer lors de sa chute, et dans laquelle fut taillé le Graal. Cela laisse supposer que cet écrit est gravée sur une coupe.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Jeudi 15 mai 2008

 

 

C’était au début des années 60. Je travaillais à Limoux non loin du prieuré de N-D de Marceille, quand un jour l’un de mes collègues me proposa une balade dans les environs pour me faire visiter un village où il y avait, paraît-il, un trésor caché. Vous vous en doutez, ce village pratiquement inconnu était Rennes le Château que je ne connaissais pas bien encore, car ce n’est que quelques années plus tard que Gérard de Sèdes, en qualité de plume talentueuse du Prieuré de Sion (P.S.), révéla l’affaire – made in P.S. – à la curiosité passionnée du grand public.

Le village était désert quand je ne sais comment nous rencontrons monsieur Fatin, un vieil homme, engoncé dans un grand manteau usé jusqu’à la corde, qui nous dit être le propriétaire du château. Il nous fit visiter la vieille bâtisse délabrée, et manifestement heureux de pouvoir parler il nous montra un musée imaginaire fait de pierres ressemblant vaguement à des fossiles dont il affirmait l’authenticité en se référant à des encyclopédies antédiluviennes dont il nous lisait des passages. Ensuite au fil de nos visites des caves voûtées, il nous confia qu’il y avait une profonde relation entre les Corbières, le ciel, et l’alchimie.

D’un tiroir il sortit un prospectus qu’il avait fabriqué lui-même et sur lequel il avait joint sept villages des corbières, dont le dessin représentait la constellation du corbeau située, dans le ciel, non loin de celle de la Vierge et de la Coupe dont il soupçonnait des relations avec le Graal. Il nous affirma que le nom de Corbière issue de la constellation du corbeau avait un passé énigmatique que ses recherches confirmaient. Par ailleurs il avait longtemps séjourné en Orient où il avait appris à observer les signes. Et il m’affirma qu’il y avait d’incontestables relations entre le corbeau et l’Œuvre au noir des alchimistes, mais aussi entre la Vierge noire, toute proche, de Notre-Dame de Marceille et la constellation de la Vierge. Quant à la coupe , elle correspondait, selon lui, au Graal.  Évidemment, après avoir vu le musée imaginaire et l’immense solitude de ce vieil homme ayant approché un pan de la réalité, mais probablement aigri par la vie et vivant dans la misère, il m’était difficile d’accorder crédit à ses affirmations. Cependant je ne l’ai jamais oublié car je soupçonnais une part de vérité dans ces curieuses coïncidences. Le vieil homme était, certes, original, bien à l’écart de son temps, mais il était loin d’être sot.

Plus de dix ans plus tard les livre de Jean Richer, Géographie sacrée du monde Grec et Le ciel est sur la terre de Jacques Bourlange eurent le don d’éveiller mon attention et de faire ressurgir de ma mémoire ma rencontre avec le mystérieux châtelain de Rennes le Château. Ces ouvrages m’aidèrent à faire le point sur ce sujet.

Il est impossible de nier qu’il existe sur la surface du globe, y compris dans les archipels comme celui des Antilles, des alignements obtenus par la jonction de deux lieux particuliers, dont la toponymie est d’un grand secours pour en saisir la signification. Le livre qui m’a le plus inspiré à cet égard est celui de Jacques Bourlange.

Entendons-nous, ces alignements ne sont pas des figures géométriques simples, mais des tracés complexes et ininterrompus qui reproduisent exactement certaines constellations. Donc, les constellations célestes possèdent leurs homologues sur terre. À cette confirmation ma pensée alla vers le solitaire Fatin, amaigri, debout et vaticinant dans les couloirs de son château plein de mystères et de courants d’air. Homme pauvre venant d’Orient. Quelle étrange et fascinante étoile l’avait guidé jusqu’en ce lieu perdu qui allait passionner le monde entier ?

Pour rencontrer les constellations terrestres il suffit de joindre entre eux quelques points géographiques aux noms (toponymes) analogues comme, par exemple, les villages dont le nom se termine par « an ». Alors le profil apparaît, net, exempt de toutes incertitudes.

La question que l’on se pose est : Toutes ces constellations sont-elles le produit d’un ouvrage des hommes ? Si c’est vrai, alors nos ancêtres s’adonnaient à d’extraordinaires travaux topographiques, qu’il est difficile de concilier avec une société telle que la nôtre dans les siècles passés. Apparaît alors une évidence, les accidents du terrain rendent impossibles le tracer exact de ces figures. La seule possibilité est l’existence d’une carte aérienne en 3D. En effet, il est irréalisable d’explorer à pied la totalité des massifs montagneux, d’en escalader la moindre aiguille et connaître à la perfection une vallée… Et pourtant c’est de pareilles connaissances que témoigne le livre de Jacques Bourlanger.

Seules deux attitudes d’esprit peuvent permettre de réaliser de tels gigantesques travaux. La première consiste à utiliser la pensée moderne qui aboutit à l’intellectualisme pour construire, par le raisonnement, un ensemble toponymique. C’est donc une « supra-raison » alliée à une intelligence géniale qui serait à l’origine de cette oeuvre titanesque.

J’avoue que cette manière de comprendre le savoir de nos ancêtres ne me satisfait pas, car les neurosciences nous apprennent que notre raison raisonnant ne représente que 10% de notre intelligence (voir mes autres articles à ce propos) même utilisée à fond. D’autre part, c’est là, édifier un temple à la déesse raison. En d’autres termes c’est glorifier l’action de notre encéphale cérébral gauche (voir mes articles à ce propos) qui ment comme il « respire ».

Certains réalisent intuitivement que ces limites à notre raison existent, et ne peuvent être dépassées. Alors pour comprendre, des individus se sentant pris dans une nasse s’évadent en élaborant des délires d’interprétation. Nous trouvons cette attitude à propos des énigmes, que se soient celle de l’origine du trésor de Rennes le château ou plus généralement historiques. En dernier ressort, faute de « super intelligence », l’on part chercher dans un autre système planétaire les ouvriers « super intelligents » à la civilisation « super évoluée » ayant de « super objets volants » pour les introniser architectes de ces titanesques entreprises qui tiennent notre logique en échec.

Pour approcher ce problème nous devons faire la différence entre deux concepts : science et connaissance.

La démarche scientifique fait fonctionner, comme je l’ai dit, les neurones de notre encéphale gauche et conséquemment stagne, dans le meilleur des cas, dans l’utilisation de 10% seulement de nos capacités intellectuelles. Ne nous leurrons pas, les découvertes importantes furent réalisées (consciemment ou non) avec l’appui épisodique des 90 % restants de nos capacités cérébrales. Alors, comment accéder aux 90% inutilisés de notre intelligence ? C’est en accédant à la connaissance, qui n’est plus gérée par la force centripète, qui « creuse », de la recherche scientifique mais par une force centrifuge qui « explose » vers l’extérieur de notre moi « souverain » régnant sur 10 petits misérables pour cent de la galette... « L’explosion centrifuge » de la connaissance se caractérise avant tout par une manière d’être reposant sur une compassion universelle par laquelle l’être se fond harmonieusement dans la Création. Dans notre « bassin » farci de requins, vous comprenez pourquoi un individu « gentil » de fait bouffer instantanément après avoir été tourné en ridicule ? C’est la raison pour laquelle certains préfèrent renoncer, conserver leur caractère hâbleur, moqueur et beau parleur, capable de lancer suivant les besoins, un pic ou une estocade. Évidemment tout ce beau monde qui nous entoure jusque (ce qui est le pire de tout) dans les centres initiatiques ne favorise pas notre accession à la connaissance et notre fusion harmonieuse dans la création.

Je suis persuadé qu’il ne fait aucun doute, que nos pères des siècles passés oeuvrèrent en ce sens, et que la toponymie et donc la géographie initiatique, soient avant tout les résultats d’une transcendante inspiration. Inspirations liée aux activités extraordinaires de notre encéphale cérébral droit qui es capable de « voir » dans une partie de la topographie terrestre la totalité de l’espaces céleste comme le montre ses particularités holoscopiques mises en évidences par les neurosciences. Cela fut possible à une époque où la pollution des cerveaux était inexistante, libérant ainsi notre vision de l’univers. Ce phénomène extraordinaire est traduit par une gravure d’Hartmann Schedel (1440-1514) illustrant le Liber chronicarum édité en 1493. On voit l’adepte passant sa tête à travers la voûte étoilée pour découvrir les rouages de l’univers.

Oui, l’homme galactique à la super-intelligence existe. Il dépend à chacun de nous d’entamer notre métamorphose en changeant notre manière de penser pour accéder à nos véritables valeurs qui dépassent infiniment ce que tout auteur de Science Fiction ou délirant « ésotériste » peut inventer. LE CIEL EST SUR LA TERRE, et les étoiles nous appellent. Sachons en profiter et découvrir le saint Graal.

 

(Attention. Article protégé.)

Nota.
En un premier temps, est organisé le sol sur lequel évoluera l'homme. Si nous en croyons la Bible c'est Dieu qui nous aurait préparé ce petit coin qui n'a rien de commun avec la paradis. L'homme, alors bien plus propre que de nos jours fit descendre le ciel sur la terre en faisant correspondre les étoiles et les lieux qu'il occupe pour en faire un véritable paragdime (voir l'article portant ce titre) du cosmos, ce que souligne la "Table d'Emeraude", disant que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et inversement. Ainsi l'identité des deux mondes, célestes et terrestres, est parfaite. Certains objecterons avec la logique de leur encéphale cérébral gauche, que par les multiples mouvements de l'écorce terrestres, liés à la tectonique des plaques, modifie constemment le sol au cours des âges. Evidement cela est vrai. Cependant il est aussi vrai que ces mouvements ne sont pas le fruits du hasard. J'irais même jusqu'à affirmer que ceux-ci sont en relation avec certains mouvements célestes. Voilà qui devrait faire réfléchie les astrologues qui ne sortent pas du plan de l'écliptique sur lequel se trouvent les signes du zodiaque. Le sceau de l'harmonie universelle étant imprimé sur notre terre, de ce fait l'antique géocentrisme gagnerait à être revisité... La terre est en effet une sorte de résumé du cosmos et peut donc être considérée comme l'omphalos ou nombril de la création !  
 

P

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Mardi 13 mai 2008

Dans mes articles j’ai parlé de la Franc-Maçonnerie et de quelques déformations qui en résultent à la suite de l’action malheureuse de quelques individus hissés sur le pavois de 30e degré ou du 90e. Malgré cela il n’a pas été question de démolir la Franc-Maçonnerie. Les déformations sont des phénomènes inévitables de la vie sociale, devant lesquels tout prétendant à la vie spirituelle ne doivent pas feindre l’ignorance en adoptant la politique de l’autruche. Si vous êtes chrétien il en est de même, car le personnel de l’Église a lourdement failli, et il faut le savoir sans pour cela vouloir démolir l’Église, car il y a du bon en toutes choses. Je n’irais pas m’attaquer à l’inquisition, d’autres l’on déjà fait au point d’obliger le pape à demander pardon. De même inutile de s’arrêter sur du Marcel Pagnol exalté jusqu’aux limbes de la cruauté, dont voici quelques exemples : lorsque le pape Sergius est élu en 898, concurremment avec Jean IX, qui l’emporte car soutenu par l’empereur Lambert. À Jean IX (je souligne en passant que Jean VIII était la papesse Jeanne) avait succédé Benoît IV, puis Léon V (903). Moins de deux mois après celui-ci fut renversé par Christophe qui l’incarcéra. Mais dès le commencement de 904, on vit revenir Sergius III avec l’appui des Francs et il envoya Christophe rejoindre Léon V en prison, jusqu’à ce qu’on les supprimât tous deux nous dit l’abbé de Meissas !

Moins d’un siècle plus tard, les Éphémérides et cartulaires de la papauté nous fournissent un tableau analogue. Mous voyons de 964 à 985, un premier pape assommé, un second captif en exil, un troisième maintenu par une répression barbare, un quatrième étranglé et un cinquième mort de faim ! Pour mémoire et sans commentaire en vous évitant par charité chrétienne ces champs de bataille que furent les conclaves… J’y reviendrais peut-être.

 

Ce qui est beaucoup plus important, ce sont les raisons de ces massacres d’hérétiques par les bons et charitables chrétiens, d’où peuvent-ils provenir si ce n’est du pouvoir démentiel du pape qui a mis plusieurs siècle a acquérir, et très souvent en utilisant la fraude qui fut à une époque une véritable institution !

 

C’est dans la première moitié du IXe siècle que parurent les fausses décrétales (lettres décrets de papes anciens) sous la signature de Saint-Isidore. L’auteur de ces documents revendique pour le pape, la primauté du pouvoir spirituel. La puissance spirituelle de la papauté repose donc sur un faux.

Vous pouvez vérifier cela, avec en prime un aperçu de la vérité selon le Vatican, en consultant le Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse (12 volume) au mot Décrétale dont je ne résiste pas ou plaisir de vous faire goûter l’odeur piquante de vérité :

« On nomme fausse décrétale un recueil qui contient un grand nombre de lettres attribuées aux papes des six premiers siècles. Le recueil, œuvre d’un faussaire du IXe siècle (région de Tours ou du Mans), fit longtemps autorité dans les écoles. Les papes en ayant fait état comme d’actes authentiques, les fausses décrétales on fait loi. »

C’est pas croustillant ça comme morale élastique ? En lisant je pense à un SDF de Nazareth qui disait à tout bout de chant : « En vérité, en vérité je vous le dis… ».

Il y a probablement une coquille dans le Bible. Tout de même depuis le temps ils auraient dû la corriger !

Je vous passe les fausses donations de Constantin qui parurent peu après les fausses décrétales. La fausseté est aujourd’hui unanimement reconnue. Par ce document, l’empereur Constantin donnait au pape, non seulement la ville de Rome mais aussi les provinces d’Italie. Certains se souviennent peut-être du concile de Vatican II durant lequel la majorité des évêques votèrent pour que le concile soit supérieur au Pape. Là, Paul VI se fâcha tout rouge et alla farfouiller dans les caves du Vatican et fini par trouver un document qui interdisait de faire de pareilles misères au pape, et l’affaire fut enterrée. Ah j’oubliais de vous dire, les documents qui sauvèrent in extremis l’autorité du pape provenait des fausses décrétales, puisque même fausses elles sont vraies ! Ben voyon…

Vous avez compris, les faux dans l’Église sont comme les démons, ils sont légion ! Ils étaient fabriqués par les moines ! Voilà mes chers frères ou conduit la recherche de la perfection. C’est incontestable, les voies de Dieu sont impénétrables… Le savant Mabillon disait même :

« Il y a très peu d’Églises et presque pas un monastère, qui ne soient souillés de cette tache .» Telle abbaye ressemblait à un repaire de faussaires ; ce n’est pas moi qui le dit, c’est le chapitre de Notre-Dame de Chartres qui affirmait que les religieux du monastère de la Trinité de Tiron « qu’ils étaient coutumiers de commettre des faussetés et que de leur maison ne sortait autre chose que des faussetés. Ainsi, Laurent en son tome I intitulé l’Église et l’Etat, affirme qu’il y avait des faux de toute espèce, faux privilèges, fausses exemptions, fausses donations ; on comptait les faux par cinquantaines. » Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils s’entraînaient durs les mystiques de cette époque !

Je suis obligé de m’arrêter là car vous allez croire que j’ai l’esprit tendancieux, prompt à devenir mal embouché.

Un dernier mot… Toute l’histoire des papes infaillibles depuis 1870 est ainsi faite ! Au fait, comprenez-vous pourquoi les alchimistes sont attachés à l’Église Gallicane ancienne qui place les conciles (la démocratie) au-dessus des papes ? N’en doutez pas, l’Église est née aux Sainte-Marie-de-la-Mer. Elle n’a pas le même esprit que celle dont nous venons de parler… Amen (traduction fausse ainsi soit il, traduction véritable, cela est vrai)

 

par Hermophyle
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Lundi 12 mai 2008

Malgré le scepticisme de la communauté scientifique, de très sérieuses expériences tentent aujourd’hui d’obtenir des réactions nucléaires à température ambiante qui furent appelées dès le 23 mars 1989 fusion froide, par opposition aux fusions chaudes réalisées à haute température, avec des émissions radioactives dangereuses, dans les réacteurs nucléaire.

La fusion froide

 

Cette fameuse expérience réalisée par deux physiciens, l’un américain Stanley Pons et l’autre Anglais Martin Fleischmann a suscité la plus grande polémique de la fin du XXe siècle et amorce une crise scientifique sans précédent qui préfigure le physique du troisième millénaire.

Ces deux éminents chercheurs transformèrent, par fusion nucléaire, de l’hydrogène en hélium. Au lieu d’utiliser un réacteur nucléaire ils y parvinrent dans une simple éprouvette. À l’occasion de cette réaction ils purent mesurer un dégagement de chaleur propre à en faire une nouvelle source d’énergie inépuisable. De ce fait elle venait de signer son arrêt de mort…

Cette expérience fut violemment rejetée par les physiciens car la transmutation à basse température est une hérésie pour les physiciens nucléaires. Comment est-il possible de jongler avec les protons dans une simple éprouvette à température ambiante ? Comment ne pas y voir des erreurs d’expérience ?

Quel est le principe de cette manipulation ?

C’est comprimer du deutérium (isotope de l’hydrogène ou hydrogène pourvu d’une particule nucléaire ou neutron supplémentaire, présent dans l’eau lourde) dans les pores de ce métal poreux qu'est le palladium. Celà, grâce à l’électrolyse, ou un courant électrique circule entre une cathode en palladium (chargée négativement) et une anode en titane (chargée positivement). Ces électrodes sont plongées dans une solution contenant du deutérium. L'électricité  l'oblige à migrer, puis à se décomposer. En effet, le deutérium s’agglutine dans les pores du palladium. Et, selon Pons et Fleischmann, à partir d’une certaine concentration, c'est comme s’ils se trouvaient trop serrés dans leur enceinte de palladium, alors les noyaux de deutérium fusionnent entre eux pour former de l’hélium4 (deux protons et deux neutrons au lieu de deux protons seulement), tout en dégageant de la chaleur. Et même beaucoup de chaleur, davantage que l’énergie dépensée en électricité !

Malheureusement cette expérience avait un défaut : elle n’était pas systématiquement reproductible, car les chercheur craignant de ne pas être les premiers à divulguer leurs travaux publièrent leurs résultats prématurément, environ 18 mois avant la date prévue.

 

Les foudres du milieu scientifique

 

À la suite de cette publication de nombreux laboratoires se lancent sur le sujet, la compétition faisait rage pour déposer des brevets. Certains laboratoires confirment la validité de la fusion froide, d’autres ne parviennent pas à reproduire l’expérience et crient à la supercherie.

Le 6 juillet 1989, alors que la polémique remplit de nombreuses pages dans les publications scientifiques, les recherches sont finalement enterrées par un seul homme : un certain John Maddox, le directeur de la prestigieuse revue scientifique Nature dont les avis ont valeur d’arrêt.

Convaincu qu’il s’agit d’une erreur scientifique, il écrit alors : « Il semble que le temps est venu de renvoyer la fusion froide au rang d’illusion. »

Quant aux scientifiques français spécialistes de la fusion thermonucléaire – à l’immobilisme proverbial – ils rejettent systématiquement les possibilités qu’ils n’ont pas envisagées et affirment par la voix du Commissariat à l’énergie atomique (C.E.A.), sans sourciller que la fusion froide est contraire aux lois physiques.

Donc, la polémique a été telle, que toutes les publications en ce sens sont rejetées sans raison valable alors qu’actuellement des laboratoires italiens (Antonella De Ninno) et français (Jacques Dufour) obtiennent des résultats incontestables et reproductibles, mais la publication de leurs travaux est refusée et donc leurs travaux n’existent pas !

Cette histoire montre que la science est en crise, elle est malade car les chercheurs considèrent, comme au XIXe siècle, que toute la vérité scientifique est révélée, ce qui est évidemment absurde.

On ne comprend pas la chimie, on ne comprend pas la biologie et la mécanique quantique n’est pas encore intégrée. Cependant nos chercheurs font comme si, on savait déjà tout. Notre époque est particulière, c’est comme si les scientifiques avaient perdu l’envie de comprendre…

Il n’est pas impossible que la période de post crise révèle l’inanité des travaux antérieurs de physique de chimie et de biologie, et l’obligation de remettre à zéro les compteurs de la connaissance scientifique.

Nous comprendrons alors les raisons de ces alchimistes qui, au XVIIe et XVIIIe siècle parcouraient l’Europe et transmutèrent devant des personnalités scientifiques. Ils essayèrent, hélas en vain, de nous éviter trois siècles d’obscurantisme scientifique et spirituel.

Un jour très proche la transmutation des alchimistes sera considérée comme réelle. Alors, les scientifiques « transmutateurs » comprendront qu’ils ne peuvent qu’être alchimistes. Soyons lucide une pareille évolution ne saurait se réaliser sans une révolution spirituelle, économique et sociale. En ce sens André Malraux avait raison en disant que le XXIe siècle serait spirituel (et non religieux comme on l’entend trop souvent) ou ne serait pas. Oui, dans le cas contraire notre siècle risque de mourir empoisonné dans les miasmes de la pollution planétaire et celle de nos cerveaux.

 

par Hermophyle
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Lundi 12 mai 2008

 

 

Qu’est-ce que l’alchimie ? À cette question, la réponse de l’homme de la rue est immédiate : c’est essentiellement l’art utopique, pratiqué par des cinglés, qui consiste à chercher à fabriquer, en se ruinant, un corps utopique qu’ils appellent Pierre philosophale. Ce corps aurait la capacité de changer les métaux en or.

Dans un premier temps, nous laisserons les cinglés à L’hôpital psychiatrique et tenterons de situer l’alchimie. Nous la définirons donc comme un travail au laboratoire pour chercher à transmuter les métaux.

Si nous en restons là, alors les physiciens qui oeuvrent avec des cyclotrons ou des réacteurs nucléaires, et sont capables – depuis 1947 – de transmuter le mercure en or, seraient des alchimistes. Nous savons qu’ils ne le sont pas.

L’histoire de cette pratique nous apprend que, dans un premier temps, c’est un travail au laboratoire, sans matériel lourd, avec seulement du matériel léger comme les cornues, ballons, creusets, etc.

Actuellement, les physiciens n’ignorent plus que l’homme en général et l’observateur en particulier, influent sur les phénomènes qu’il observe, c’est le principe anthropique. À la différence du scientifique qui cherche, en vain, à l’éviter, l’alchimiste va l’utiliser, s’en faire un allié et donc un complément indispensable à ses travaux au laboratoire.

De ce fait, la préparation de l’adepte est capitale, autant celle de son esprit que celle de son corps. Elle entre dans le cadre de l’alchimie que l’on appelle alchimie interne laquelle est complémentaire et inséparable de l’alchimie externe pratiquée au laboratoire.

L’alchimie interne n’est pas une vue de l’esprit, une spéculation, car la présence de l’alchimiste convenablement préparé permet d’effectuer au laboratoire des réactions dans la matière que la chimie normale ou nucléaire est incapable de réaliser ou réalise difficilement.

Donc, ceux qui considèrent l’alchimie comme uniquement un travail sur soi, une recherche spirituelle ne connaissent qu’une partie de l’alchimie. Il en est de même pour ceux qui considèrent que l’alchimie est seulement un travail au laboratoire.

L’alchimie peut donc se définir comme une mystique expérimentale ou plus précisément une mystique technologique nécessitant des travaux sur soi-même et, dans un premier temps, une œuvre au laboratoire avec de la verrerie.

En conclusion je voudrais insister sur un point important afin d’éviter des déboires cuisants. Quand un individu est intéressé par l’alchimie pratique après être passée par une société initiatique, il a de fortes chances de courir à un échec. Pourquoi ? Parce qu’il est persuadé être évolué spirituellement (c’est souvent son propre terme) pour se passer de conseils (il pourrait même en donner) à propos de l’alchimie interne. Souvent, hélas, ce sont de grands discoureurs des passés maîtres. J’ai trop assisté à ce genre de conditionnement malheureux qui s’ignore pour ne pas insister lourdement. Il n’est qu’une seule manière de s’approcher du parvis. Accepter que l’on a tout à désapprendre pour l’apprendre autrement. Dans ce cas seulement l’individu est gagnant sur tous les plans, car non seulement il apprend mais en plus il devient apte à faire fructifier harmonieusement ce qu’il a déjà appris.

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Samedi 10 mai 2008

Après la série de huit articles que j’ai écrit,– en étant loin d'avoir épuisé le sujet –, sur le symbolisme maçonnique et ses rapports, avec l’alchimie, cela peut laisser supposer que je suis Franc-Maçon. Et bien non, je ne le suis pas ! Je puis même affirmer que je ne l’ai jamais été.

Pourquoi cette série d’articles qui semblent émaner d’un Franc-Maçon ? Pour montrer l'universalité de ces symboles et aussi afin de souligner qu’il existe d’autres manières d’appréhender le symbolisme maçonnique. L'interprétation issu de l'observation au laboratoire alchimique n'est  pas accepté par la grande majorité des sommités.

D’autre part, je sais par les confidences de certains de mes amis, qu’il est pratiquement impossible de parler du laboratoire d’alchimie sans se faire conspuer et considérer comme un hérétique. Évidemment je ne parle pas de la Franc-Maçonnerie en général, mais de courants souterrains qui tendent à déformer son vrai visage et faire oublier que FRANC veut dire LIBRE. Donc on devrais pouvoir parler LIBREMENT de ce qui est observé au laboratoire. Et bien non, dit le cénacle, c'est interdit car on s'éloigne de l'orthodoxie qui veut que l'on se limite à la spéculation.

En tout cas quand je lis le livre de Jules Boucher sur La symbolique maçonnique, je suis éblouis par l’extraordinaire précision des symboles et leurs nombres, c’est un vrais corpus alchimique dépassant de mille lieux ce que l’on peut lire généralement et ce qu’a pu écrire un Oswald Wirth, pour ne citer que lui et son livre Le symbolisme hermétique.

N’étant affilié à rien, et n’étant de connivence avec personne je suis donc totalement libre d’étudier selon ma compréhension.

Le lecteur peut ne pas être d’accord avec moi, ou ne pas comprendre mon attitude. Dans ce cas, je l’invite à m’écrire sans hésiter. Les blog, c’est fait pour ça !

par Hermophyle
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Samedi 10 mai 2008

(Cet article est le second et dernier traitant ce sujet)

Avec l’alchimie pour guide, nul n’est besoins pour comprendre la symbolique maçonnique d’être un fin spéculateur. La seule nécessité est être un analogiste vigilent. Disons au passage qu’il existe un secret important sur le plan humain. Il est nécessaire afin d’atteindre dans sa dimension affective et sensible celle ou celui qui décide un jour de bâtir sa cathédrale intérieure. C’est la raison pour laquelle les apprentis alchimistes doivent impérativement et devant le tabernacle faire, face à Dieu, la promesse de silence et la signer à genou, face a l’autel… A partir de cet instant les hommes n’ont plus de rôle à jouer pour que se perpétue à travers les siècles cette connaissance, dont j’affirme – pour l’avoir vu – que ceux qui ne restent pas fidèles à leur serment, sous un prétexte ou un autre, perdent d’une manière sélective la mémoire du Grand Œuvre. Mon maître me disait: « C’est comme si tout devenait confus et disparaissait progressivement de la mémoire. C’est un tableau que l’on efface. » et il ajoutait que certaines voies pour réaliser le Grand Œuvre provenaient de ce « tableau » mal effacé. Il en est probablement de même pour les différents rituels maçonniques qui proviennent d’une source commune plus ou moins gommée et devenu la proie de multiples ego avides de gloriole. Ces remarques permettent de mieux approcher le sens de la tour de Babel, et celui de la Parole Perdue.

A quoi sert la planche à tracer du menuisier et du charpentier ? Comme son nom l’indique, à tracer à la pointe sèche et à en grandeur nature (échelle 1) sur une planche, l’ouvrage qui va être réalisé. Cette planche servira en permanence de point de repaire au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage sera terminé, il devra se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. Pour éviter toute imprécision, cette « planche » ne sera pas dessinée au crayon, mais avec la pointe d’acier d’une pointe à tracer appelée pointe sèche.

La dimension hermétique est évidente, car l’utilisation de cette planche à tracer n’est pas sans analogie avec la loi d’hermès révélée dès les premières lignes du texte de la Table d’émeraude qui aurait été rédigée par Hermès Trismégistes, l’inventeur mythique ou réel de l’alchimie :

« Ce qui est en bas (la planche) est comme ce qui est en haut (la pièce qui est posée dessus) et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. »

Quant à la pointe sèche, elle correspond au feu cristallisé, ou dents ou encore crocs seul capable de tracer la route et le sillage du vaisseau philosophal. L’énigme de ce feu est précisément décrite dans le catéchisme du rituel maçonnique de cet alchimiste praticien qui était le baron de Tchoudy. Une partie de ce Catéchisme ou instruction pour le grade d’adepte ou apprenti philosophe inconnu[1], fut repris par Oswald WIRTH dans son ouvrage Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’alchimie et la Franc Maçonnerie, actuellement publié chez Dervy. A partir de la 148ème demande on peut lire à la page 179 et suivantes (édition de 1969) :

 

« D. 148. De quel feu doit-on se servir dans notre œuvre ?

R. Du feu dont se sert la nature.

D. 149. Quel est le pouvoir de ce feu ?

R. Il dissout toutes choses dans le monde, parce qu’il est le principe de toute dissolution et corruption.

D. 150. Pourquoi l’appelle-t-on aussi mercure ?

R. Parce qu’il est de nature aérienne et une nature très subtile participant toutefois du soufre, d’où il a tiré quelques souillures.

D. 151. Où est caché ce feu ?

R. Il est caché dans le sujet de l’art.

D. 152. Qui est-ce qui peut connaître et former ce feu ?

R. Le sage sait construire et purifier ce feu.

D. 153. Quel pouvoir et qualité ce feu a-t-il en soi ?

R. Il est très sec et dans un continuel mouvement et ne demande qu’à corrompre et à tirer les choses de puissances en acte ; c’est lui enfin qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière et la dissout.

D. 154. Comment connaîtrait-on plus facilement ce feu ?

R. Par les excréments sulfureux où il est renfermé et par l’habillement salin dont il est revêtu.

D. 155. Que faut-il à ce feu pour qu’il puisse mieux s’insinuer dans le genre féminin ?

R. À cause de son extrême siccité, il a besoin d’être humecté.[2] »

 

En bref, ce passage aux termes choisis dit que le feu des alchimistes est celui dont se sert la nature pour faire évoluer les choses et les êtres. Son pouvoir est la dissolution afin de purger la substance de ses impuretés. Il est caché dans le sujet de l’art ou protholithe ou encore matière première ou il prend le nom de sel des philosophes de couleur rose, présent en dose infinitésimale. Le sel philosophique qui aide le sel des philosophes dans son action doit être purifié afin d’être efficace. Associé au feu lévogyre, il circule sous forme de vapeurs provoquant une dissolution profonde de la matière. Son action permet le rejet des impuretés liées au soufre, et forme une enveloppe protectrice. Pour qu’il puisse pénétrer profondément la matière il est préférable de l’utiliser à l’état liquide (voie humide).

Lorsque le lecteur sera familiarisé avec la terminologie alchimique, s’il n’est pas trop imbu de ses découvertes (c’est le plus pernicieux des obstacles qui mène directement à l’échec surtout quand un individu s’écoute parler ou cherche à « épater » les autres.) il pourra progresser rapidement. Il n’est pas question ici de rédiger un texte sur l’alchimie mais de montrer combien l’alchimie au laboratoire est présente dans la littérature des Francs maçons. Rédiger une étude quelconque sans savoir cela c’est ignorer l’universalité du symbolisme maçonnique dans toute son extraordinaire dimension. Dans son rituel maçonnique, pour éviter toute ambiguïté quand au sens pratique de son catéchisme, le baron fit figurer après les trois premier grades[3], un chapitre entier intitulé : Instruction pour faire le Grand Œuvre ne se prêtant absolument pas aux interprétations spirituelles ou symboliques, ce qui devrait ouvrir les yeux aux spéculateurs unilatéraux. Par exemple :

 

« La matière évaporée jusqu’à sècheresse, il vous reste au fond du pot un sel fixe (sec) que vous prendrez étant encore chaud ; et le réduirez en poudre avant que l’humidité de l’air, l’ai rendu moite. Vous le mettrez ensuite dans un pot de terre à feu… après quoi, tirez la matière du pot, et l’exposer à l’air, pendant 7 à 8 heures plus ou moins suivant la quantité. Là, une partie de cette masse saline s’humecte de l’humidité mercurielle de l’air, et attirant à soi, comme dans son centre, cet esprit universel… »[4]

 

Sachant que ce chapitre est au cœur du livre, il est impossible que le catéchisme ait un sens uniquement spirituel ou symbolique. Évidemment cette partie éminemment pratique n’est jamais citée dans les ouvrages à visée spiritualiste ou spéculative. Cet extraordinaire catéchisme est inséparable d’un rituel alchimique.

De ce fait, les tableau des grades d’apprentis, compagnons et maître doivent s’interpréter d’une manière concrète.

 

« La Planche à tracer, nous dit Jules Boucher à propos de la description du tableau d’apprenti, est un rectangle sur lequel sont indiqués les schémas qui constituent la clé de l’alphabet maçonnique.

Le symbolisme maçonnique fait que le papier sur lequel on écrit est appelé « planche à tracer » et que le verbe « écrire » est remplacé par l’expression « tracer une planche ».

C’est sur la « Planche à tracer » que le Maître établit ses plans ; mais l’Apprenti et le compagnon n’en doivent pas ignorer l’emploi et doivent s’exercer – maladroitement peut-être – à ébaucher leurs idées. C’est pourquoi ce symbole figure déjà dans le Tableau d’Apprenti ».[5]

 

Apparemment les explications de Jules Boucher sont des plus pertinentes, puisque ces deux signes représentant les deux clés de l’alphabet maçonnique sont dessinés, comme il se doit, sur la planche à tracer. D’autre part pour confirmer cette interprétation ces deux schémas traduisent les formes essentielles de la pierre cubique à pointe, mise à plat sur la planche à tracer.

Remarquons que les fenêtres grillagées, ont une forme de maillage qui peut être aussi bien en losange qu’en carré, car les textes bibliques sont muets à ce propos. D’autre part la fenêtre qui est au dessus de la planche à tracer est orientée vers l’Est, lieu ou le soleil se lève. Ces seules observations permettent de donner une définition de la Planche à tracer différente de celle habituellement décrite. Sans que les interprétations coutumières soient dévalorisées, elles prennent un sens différent à la lumière de l’alchimie. Il y a plus, la liturgie de la messe prend un nouveau relief et montre que le prêtre ne doit pas se tourner vers les fidèles quand il officie, surtout lorsque l’hostie est posée au centre du corporal. Pourquoi ? Au lever du soleil l’ombre du grillage se projette sur la Planche à tracer qui n’est pas sans rappeler l’autel sur lequel le prêtre  officie. Si le grillage est à mailles carrées on obtient sur la planche à tracer des ombres en carrés dont l’élément fondamental est la croix grecque, s’il est à mailles en losange on obtient des losanges dont l’élément constitutif est la croix de saint André. Si le prêtre se place face au fidèle, il empêche la manifestation de la lumière sur la planche à tracer. L’alchimiste Saint Jean[6] précise que faire obstacle à la lumière qui est la vie est impossible pour un prêtre, car c’est rendre hommage aux ténèbres et donc à la mort.

 

La disposition des dessins sur les tableaux d’apprentis et de compagnons montre que l’écriture sur la planche à tracer n’est pas celle de notre stylo. C’est l’écriture de la lumière. A partir de cette remarque, le rôle de la planche à tracer n’est pas d’écrire un texte (pensez au analphabètes et aux illettrés qui accompagnent l’histoire de la Franc Maçonnerie et de l’alchimie) ou un discours, mais de découvrit les traces de la lumière autour de nous et en nous. La pierre brute se cisèle avec la lumière. Le ciseau est un rayon de soleil qui fut symbolisé en Égypte par l’obélisque. Tout ce discours sur la lumière peut  s’apparenté à une spéculation de plus, une interprétation personnelle. Il n’en est rien puisque l’alchimiste Fulcanelli s’attarde à juste titre sur la croix grecque et celle de saint André :

 

« Jésus sur sa croix, est l’image de l’irradiation ignée, lumineuse et spirituelle incarnée en toute chose.

C’est cette force supérieure et spirituelle, agissant mystérieusement au sein de la substance concrète, qui oblige le cristal à prendre son aspect, ses caractéristiques immuables ; c’est elle qui en est le pivot, l’axe, l’énergie génératrice, la volonté géométrique. Et cette configuration, variable à l’infini, quoique toujours basée sur la croix, est la première manifestation de la forme organisée, par condensation et corporification de la lumière, âme, esprit ou feu. »[7]

 

Le G, initiale de géométrie, qui est au cœur de l’étoile flamboyante, prend un tout autre sens que celui de tracer des figures avec la règle, l’équerre et le compas. La force fondamentale et spirituelle de l’univers qui organise et « géométrise » la nature est celle qui génère les mondes et sublime les granules.

Fulcanelli précise que la croix grecque et celle de Saint-André n’ont pas, en alchimie, un sens différent :

 

« Car la croix grecque et celle de Saint-André ont, en hermétisme, une signification exactement semblable. »[8]

 

L’adepte confirme ensuite à la même page l’importance des relations entre l’X et la lumière. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Église fait débuter le cycle sanctoral[9] de l’année le 30 novembre jour de la fête de l’Apôtre saint André.

 

« La croix de Saint-André (Χίασμα), qui a la forme de notre X français, est l’hiéroglyphe, réduit à sa plus simple expression, des radiations lumineuses et divergentes émanées d’un foyer unique. Elle apparaît donc comme le graphique de l’étincelle. On en peut multiplier le rayonnement, il est impossible de le simplifier davantage. Ces lignes entrecroisées donnent le schéma du scintillement des étoiles, de la dispersion rayonnante de tout ce qui brille, éclaire, irradie. Aussi en a-t-on fait le sceau, la marque de l’illumination et par extension de la révélation spirituelle. »[10]

 

« Le X grec et l’X français représentent l’écriture de la lumière par la lumière même, la trace de son passage, la manifestation de son mouvement, l’affirmation de sa réalité. C’est sa véritable signature.»[11]

 

Les citations que précèdent montrent que l’écriture sur la planche à tracer est l’écriture de la lumière. De ce fait il n’est pas question d’élaborer un exposé, fut-il ou non sous forme d’esquisse. Dans le tableau d’Apprenti et dans celui de Compagnon, la planche à tracer invite à apprendre à recevoir la lumière, ce qui nécessite une démarche totalement opposée à celle de l’élaboration d’un discours. Et le premier pas pour s’approcher de la lumière est le silence mental. Je vous invite donc à relire le premier article consacré au silence.



[1] Oswald WIRTH, de son propre chef, ajoute au titre de ce catéchisme le qualificatif de sublime qui n’existe pas dans le manuscrit du Baron de Tschoudy du XVIIIe siècle. D’autre part il met une lettre majuscule à l’initiale du mot Adepte, alors qu’il doit comporter une lettre minuscule, car le mot Adepte est réservé à ceux qui ont réussi la Pierre Philosophale en eux-mêmes et au laboratoire.

[2] J’ai mis en italique les mots et passages importants.

[3] Les trois premier grades ne sont pas comme à l’accoutumée ceux d’apprenti, compagnon et Maître. Ils s’appelle tout trois Chevalier de l’aigle noir dit Rose Croix, ce qui annonce la couleur si je puis dire et désigne sans le moindre doute la dimension alchimique du rituel. D’autre part les trois premiers grades n’en constituent qu’un seul. Cette étape tripartique ou premier grade franchi, le récipiendaire peut passer à la pratique au laboratoire, d’où les instructions pour le Grand OEuvre. A la suite de quoi il devra franchir les six grades philosophiques. Ce rituel a donc en tout sept grades, ce qui concorde avec les sept bains de purification du chevalier (cabaliste) de l’aigle noir.

[4] Manuscrit de Tous les rituels alchimique du Baron de Tchoudy, p. 50. Éditions Arma Artis, Paris.

[5] Opuscule cité p. 175 et 176.

[6] Voir l’ouvrage Apocalypse révélation alchimique rédigé par l’ingénieur des mines Jean de Clairefontaine qui fut l’un de mes maîtres. Cet alchimiste, ami de Roger Caro et de Don Néroman, publia cet ouvrage sur l’Apocalypse en 1985 aux éditions Axis.

[7] Fulcanelli Les demeures philosophales, p. 346-347. Éditions J. J. Pauvert, Paris 1964.

[8] Fulcanelli Op. Cité, p.342.

[9] Le 30 novembre débute chaque année le cycle de la fête des saints que l’on retrouve dans le calendrier. Dans les fêtes de la semaine la messe est célébrée en l’honneur du saint du jour. Quand il y a plusieurs saints fêtés le même jour on fait « mémoire » de leur fête en les citant, car on n’en finirait plus de célébrer des messes. Par exemple le 17 janvier on dira la messe en l’honneur de saint Antoine appelé le « père des moines » (fin du IIIe siècle). On fera mémoire de saint Sulpice, de sainte Roseline et de saint Genou qui se fêtent tous le 17 janvier.

[10] Idem supra.

[11] Idem supra.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Samedi 10 mai 2008

(Cet article est le premier des deux qui portent le même titre.)

Il est difficile de parler de certains sujets sans se référer à son propre vécu. Pardonnez-moi d’oser me mettre en scène… déjà que le je est haïssable ! La raison de cette entorse est que je suis persuadé que non seulement ce procédé insuffle un peu de vie au texte et facilite ainsi sa lecture mais surtout il aide à mieux saisir des explications parfois abstraites. En effet, cette manière de procéder contribue à mieux comprendre et analyser un sens obscur grâce à l’extrapolation analogique avec l’histoire racontée. Que les « humbles » qui jugent cette manière didactique répréhensible soient rassurés, je ne les contredirais pas s’ils affirment que mon ego est monumental…

 

In illo tempore, au milieu des années 50 – je n’avais pas quatorze ans –  j’étrennait ma première salopette de menuisier. Au collège technique de Narbonne (jouxtant le collège Victor Hugo) je reçus mes outils et mes premières instructions au pied du chef d’œuvre d’un compagnon du tour de France. La complexité, la finesse de cette œuvre était étourdissante et à la seule vue de ce travail qui avait demandé plusieurs années de labeur acharné à un véritable artiste (nos guides nous répétaient inlassablement que dans le mot artisan il y a artiste, que les artisans étaient d’abord des hommes de l’art) je me demandais, ainsi que mes compagnons apprentis, si je n’avais pas fais fausse route, si le métier n’était pas au-dessus de mes capacités !

J’appris par la suite que nos instructeurs avaient voulu sciemment mettre face à face l’alpha et l’oméga, l’apprenti et le maître réalisé devenu, par ce chef-d’oeuvre – concentré de ses vastes connaissances – meilleur ouvrier de France. Mes compagnons et moi-même comprirent par la suite que les premiers pas dans le métier exigeaient une prise de conscience afin de rester humble devant le travail qui commençait à peine, et respecter l’immense savoir en la matière de ceux qui nous guidaient.

Dans ce chef-d’oeuvre, véritable dentelle de bois ou une fenêtre à imposte s’inscrivait au cœur d’une verrière (à petits carreaux) bombée vers l’extérieur. Peu de pièces étaient identiques et les assemblages me paraissaient impossibles à réaliser impeccablement dans leurs triples dimensions. C’est là, devant cet admirable travail, que me fut enseignée l’importance de la planche, non pas celle qui sert pour construire les échafaudages, mais celle qui devient une référence quand il s’agit de fabriquer une pièce complexe et que, dans le métier, on appelle planche à tracer. Ce fut également à ce moment que je réalisais qu’existait la cabale – ou manière, généralement phonétique, de s’exprimer – des alchimistes car cette fenêtre était consacrée tout entière à la génération, à la naissance (fait-naître) et donc à la néguentropie qui construit les êtres et les choses, qui génère les êtres vivants et les mondes (granule). Dans la philosophie des anciens ces divers processus de création s’appellent la « mondification ». C’est, dans le cadre des techniques de l’antique alchimie qu’existe une phase appelée création de « mondes » lorsque se sublime ou s’élève un corps brillant que l’on appelle l’étoile du matin… Il est évident que la genèse des mondes et l’étoile qui se lève ne saurait être mieux représentée que par la lettre G, initiale de granulation, genèse, Grand Œuvre, Graal et géométrie, ce dernier terme s’applique, évidemment, plus particulièrement à la planche à tracer. L’analogie de forme de la lettre initiale de ces différents termes – tout comme celle du C et du O – avec la sphère est suffisamment expressive pour comprendre que ce genre de parallélisme n’a aucun rapport avec le symbolisme spéculatif.

 

 

L’étoile au sein de laquelle émergent les mondes, est représentée dans l’Église par la Vierge qui va enfanter. C’est pourquoi elle est appelée dans les litanies « étoile du matin ». Il s’agit donc, n’en doutons plus, d’un fait de laboratoire bien concret.

Après avoir été inscrite, à juste titre, dans le rituel maçonnique, cette étoile flamboyante fit l’objet d’approfondissements spirituels et donc d’analogies diverses d’une richesse considérable. Cette étoile de feu est inséparable de la mondification et donc de la création ne saurait être passée sous silence par les différents auteurs :

 

« La consécration des deux espèces (durant la messe) – dit Eugène Canseliet en son Alchimie[1]– correspond aux sublimations, qui composent, en somme, tout le deuxième œuvre, et que Philalèthe, en particulier, a dénommé les aigles volantes, parce que se produit alors l’élévation des parties subtiles et mondées, à la surface du compost. »

 

Outre le parallélisme avec la messe – que connaissaient nos pères avant les réformes du concile Vatican II, – et la position des aigles volantes au début de solve, donc dès le deuxième œuvre (après la préparation ou premier œuvre) un passage n’aura pas échappé au lecteur, c’est celui de « parties subtiles et mondée ». Cette partie mondée correspond à la mondification, moment ou s’envolent les granules. C’est pourquoi dans les églises on dit que la chorale « chante à l’aigle », car le lutrin supportant l’antiphonaire à très souvent la forme d’un aigle posé sur une granule. Ainsi, Fulcanelli à la page 109 de son Mystère des Cathédrales (édition 1964) souligne sans ambiguïtés la relation entre la Genèse et les granulations :

 

« De même que le jour, dans la Genèse, succède à la nuit, la lumière succède à l’obscurité. Elle a pour signature la couleur blanche. Parvenu à ce degré, les Sages assurent que leur matière est dégagée de toute impureté, parfaitement lavée et très exactement purifiée. Elle se présente alors sous l’aspect de granulations solides ou de corpuscules brillants, à reflets adamantins et d’une blancheur éclatante. »