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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 19:14

La macle, la fusée et le losange sont des figures ou « meubles » très anciens dans la science des blasons (héraldique). Ces trois formes figurent sur de nombreux écus. Leur symbole global est lié à la vie. C'est l’image de l’organisme unicellulaire primitif ou cristal originel. Par extension il s’agit de l’œil (quand le losange est couché), du hile, y compris le nombril. Cabalistiquement c’est l’île primordiale.

Une cellule simple (comme les paramécies) éprouve de temps à autre le besoin (dans un but de régénération de son patrimoine génétique) d’échanger ses constituants cytoplasmiques avec ceux d’un autre organisme similaire. En vue de ce remaniement réciproque, elles se rapprochent et établissent un pont entre elles (à ce niveau la sexualité n’existant pas on ne peut parler d’accouplement). Une migration des ADN s’opère au point de jonction. Durant ce processus, elles prennent la forme aplatie du losange.

C’est une des plus élémentaire manifestation de la vie. Et ne découvre-t-on pas avec stupéfaction que le vieux mot « losenger » eut autrefois (d’après Laurence Talbot) le sens d’attrait et d’aimer. Attention cependant de ne pas confondre « losenger » avec « losenge », « losengerie » ou « losengier » qui signifie louange, cajolerie perfides.

L’image multipliée de cette union d’êtres unicellulaires devient le filet, le filet magique qui recouvre et enveloppe les pierres phalliques ou en forme de nombril (omphalloïdes), en Grèce comme en Irlande.

Fulcanelli interprète la représentation de St Christophe en l’hotel Lallemant de Bourges (Cher) de la manière suivante:

« La ceinture de St Christophe est piquée de lignes entrecroisées semblables à celle que représente la surface du dissolvant lorsqu’il a été canoniquement préparé. Tel est le signe, que tous les Philosophes reconnaissent pour marquer, extérieurement, la vertu, la perfection, l’extrême pureté intrinsèque de leur substance mercurielle. Nous avons déjà dit plusieurs fois, et nous le répétons encore, que tout le travail de l’art consiste à évertuer ce mercure jusqu’à ce qu’il soit revêtu du signe indiqué. Et ce signe, les vieux auteurs l’ont appelé Sceau d’Hermes, Sel des Sages (Sel mis pour Scel), - ce qui jette la confusion dans l’esprit des chercheurs, - la marque et l’empreinte du Tout-Puissant, sa signature, puis encore Étoile des Mages, Étoile polaire, etc. Les philosophes parlent donc clairement lorsqu’ils enseignent que le mercure, porte l’enfant, le Fils du Soleil, le Petit Roi (roitelet), comme une mère véritable…»[1]

Ce que Fulcanelli ne dit pas c’est que le roitelet est saisi dans un filet au moment crucial de la fin de solve.

Le losange est souvent représenté, debout ou couché, sculpté sur beaucoup de lucarnes ou de fronton de fenêtres.

Sur les portes du vieux manoir, à Marsaint en Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les tailleurs de pierre du début du XIIIe siècle ont heureusement utilisé le motif du losange. On voit encore des losanges couchés sans intentions héraldiques - comme signe de visée et d’irradiation des forces cosmiques et vitales - sur de nombreux bâtiments anciens. Nous les trouvons sur l’Hôtel du Grabatoire, au Mans, où elles sont énormes au-dessus de la porte d’entrée. Dans la vieille citée templière de Saler (Cantal), elles s’inscrivent aussi sur les portes. Je pourrais citer d’autres exemples de losanges ou macles agencés autour des fenêtres.

Stupéfiante s’avère alors la correspondance avec une stèle carthaginoise, exposée au musée Guimet de Lyon. Le soleil figure au sommet de la stèle sous la forme d’un demi-cercle. Nous voyons le siège rituel du prêtre-observateur tourné vers le soleil (vers l’Est). Le prêtre est représenté schématiquement, les bras levés vers l'astre. À côté de lui est le losange d’irradiation cosmique. Enfin deux piliers équinoxiaux (ils encadrent les équinoxes et se supperposent aux solstices) grâce auxquels le prêtre déterminait les limites extrêmes atteintes par le soleil aux solstices d’été et d’hiver. La même organisation réside dans certaines mansardes et fenêtres comportant un ou plusieurs losanges. Les montants de l’orifice remplacent les piliers équinoxiaux, l’observateur-« prêtre » étant placé devant l’ouverture de la porte ou de la fenêtre. Dans certains cas, comme à Trénué-en-arzal (Morbihan) les piliers équinoxiaux sont même figurés sur les montants de la fenêtre. Le christianisme continuant ainsi la tradition a placé sur le linteau un calice soutenu par deux anges. Curieuse coïncidence avec le graal alchimique recueillant le sang du soleil, que nous retrouverons sur la porte du tabernacle dans l'église de Palairac.

Pénétrons maintenant dans  cette petite Église ou des alchimistes oeuvrèrent dans la chapelle Nord de St Roch. Vous pouvez la visiter grâce au site suivant :

 

http://rzepecki.michel.pagespro-orange.fr

 

Regardez l’autel tourné vers l’Est. Au-dessus du tabernacle est un losange couché d’irradiation cosmique qui représente l’œil d’un observateur et dont le centre regarde l'équinoxe se supperposant à sa petite diagonale verticale. De part et d’autres de la porte du tabernacle deux colonnes équinoxiales, avec cette réplique monumentale que sont les colonnes « mercurielles » dorées du retable qui sont placées derrière. Exeptionnellement ici nous avons quatre colonnes équinoxiales, dont les rapports avec les quatre éléments (piliers du Grand OEuvre) ne doit pas passer innaperçu. 
Le rétable complète, avec ses décors, le sens de ces visées solaires. Ainsi lu cabalistiquement l'Archevêque de Rébé n'est autre que l'art du rebis. Les colones équinoxiales avec leur laurier sont sufisemment expressives. La partie la plus haute du retable dans la direction des équinoxes représente l'oeuf philosophal contenant le poulet d'Hermogène, qui ne peut se fabriquer qu'à cette époque de l'année. N’en doutez pas il s’agit bien d’un lieu où le prêtre de l’ancienne messe (avant1968) observait le soleil entre les piliers équinoxiaux. Quand le soleil, représenté sur la porte du tabernacle se supperpose au soleil réel, nous sommes à l'une des équinoxes. Le sens de ces piliers ? Ils permettent de viser, sans avoir besoin de calendrier, les deux moments de l’année ou, dans le midi de notre pays, l’alchimiste se met au travail.  Ils signalent également que lorsque les le soleil est proche d'un pilier équinoxial marquant un solstices, il est temps de fabriquer ce sel qui cristallise en fines aiguille ou losange allongé qui ne sont autres que les fusées héraldiques des armes de Palairac.  

 

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

 



[1] Le mystère des cathédrales p.189-190, éditions J.J. Pauvert. Paris 1964.

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commentaires

Paraclet 02/04/2014 08:40

J'en ai un sur le pied un losange debout , une marque de naissance .

de san nicolas espinosa jean bernard 15/06/2008 22:04

Très belle cette Eglise de Palairac dont l'environnement semble extrêmement bucolique.Le chois du lieu de son édification ne doit sûrement rien au hasard...

Hermophyle 17/06/2008 14:40



Non, le choix du lieu d'édification de cette église de Palairac ne semble pas lié au hasard. Le fait le plus curieux est que le coeur est profondément
enfoncé dans le sol, alors que trente mètres plus loin il existe un grand terrain plat qui aurait pu accueillir sans problème une plus grande église et un cimetière beaucoup plus grand
et commode d'accès, car l'actuel est sur le flan raide d'une colline escarpée. Imaginez un peu, il faut monter un escalier pour traverser le cimetière ! Mais l'endroit ne manque pas de
charme.



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