Qu’est-ce que l’alchimie ? À cette question, la réponse de l’homme de la rue est immédiate : c’est essentiellement l’art utopique, pratiqué par des cinglés, qui consiste à chercher à fabriquer, en se ruinant, un corps utopique qu’ils appellent Pierre philosophale. Ce corps aurait la capacité de changer les métaux en or.
Dans un premier temps, nous laisserons les cinglés à L’hôpital psychiatrique et tenterons de situer l’alchimie. Nous la définirons donc comme un travail au laboratoire pour chercher à transmuter les métaux.
Si nous en restons là, alors les physiciens qui oeuvrent avec des cyclotrons ou des réacteurs nucléaires, et sont capables – depuis 1947 – de transmuter le mercure en or, seraient des alchimistes. Nous savons qu’ils ne le sont pas.
L’histoire de cette pratique nous apprend que, dans un premier temps, c’est un travail au laboratoire, sans matériel lourd, avec seulement du matériel léger comme les cornues, ballons, creusets, etc.
Actuellement, les physiciens n’ignorent plus que l’homme en général et l’observateur en particulier, influent sur les phénomènes qu’il observe, c’est le principe anthropique. À la différence du scientifique qui cherche, en vain, à l’éviter, l’alchimiste va l’utiliser, s’en faire un allié et donc un complément indispensable à ses travaux au laboratoire.
De ce fait, la préparation de l’adepte est capitale, autant celle de son esprit que celle de son corps. Elle entre dans le cadre de l’alchimie que l’on appelle alchimie interne laquelle est complémentaire et inséparable de l’alchimie externe pratiquée au laboratoire.
L’alchimie interne n’est pas une vue de l’esprit, une spéculation, car la présence de l’alchimiste convenablement préparé permet d’effectuer au laboratoire des réactions dans la matière que la chimie normale ou nucléaire est incapable de réaliser ou réalise difficilement.
Donc, ceux qui considèrent l’alchimie comme uniquement un travail sur soi, une recherche spirituelle ne connaissent qu’une partie de l’alchimie. Il en est de même pour ceux qui considèrent que l’alchimie est seulement un travail au laboratoire.
L’alchimie peut donc se définir comme une mystique expérimentale ou plus précisément une mystique technologique nécessitant des travaux sur soi-même et, dans un premier temps, une œuvre au laboratoire avec de la verrerie.
En conclusion je voudrais insister sur un point important afin d’éviter des déboires cuisants. Quand un individu est intéressé par l’alchimie pratique après être passée par une société initiatique, il a de fortes chances de courir à un échec. Pourquoi ? Parce qu’il est persuadé être évolué spirituellement (c’est souvent son propre terme) pour se passer de conseils (il pourrait même en donner) à propos de l’alchimie interne. Souvent, hélas, ce sont de grands discoureurs des passés maîtres. J’ai trop assisté à ce genre de conditionnement malheureux qui s’ignore pour ne pas insister lourdement. Il n’est qu’une seule manière de s’approcher du parvis. Accepter que l’on a tout à désapprendre pour l’apprendre autrement. Dans ce cas seulement l’individu est gagnant sur tous les plans, car non seulement il apprend mais en plus il devient apte à faire fructifier harmonieusement ce qu’il a déjà appris.
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A mon tour de vous remercier d'avoir été sensible à ce que j'essaye de dire.