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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 15:36

Plus personne n’ignore le sort qui fut réservé à la regrettée association Atlantis avec la perte de son esprit préparé de longue date par les exécuteurs des hautes œuvres dont la noirceur pestilentielle n’est pas la même que celle symbolisée par nos antiques Vierges Noires.

Mais ne soyons pas pessimistes, car une loi inéluctable donne à toutes choses une naissance, un age adulte, une maturité, puis une vieillesse et une fin. L’esprit peut participer à l’un de ces cycles pour en sortir renforcé lorsque la mort de son « support » survient. C’est le cas pour l’ancienne Atlantis, car cet esprit incarné par les différents auteurs des articles animant la revue reste à la disposition de ceux qui veulent puiser à cette connaissance qu’elle su faire partager grâce à l’action de son ancien président et rédacteur en chef Jacques d’Arès, auquel nous rendons ici un hommage largement mérité.

Soyons lucide, l’esprit de l’association devait « migrer » en d’autres lieux au moment où s’élèvent des critiques tendancieuses de plus en plus appuyées cherchant à salir le fondateur Paul Lecour. En notre époque où l’on tire des nonagénaires de leurs fauteuils et bientôt des grabataires de leur couche pour les juger et si possible les faire mourir en prison, l’on se demande parfois si nous ne sommes pas à cette époque du moyen Age où l’on déterrait les morts pour les condamner et les brûler ensuite sur le bûcher !

 

Dans le numéro 266 d’Atlantis, Jacques d’Arès  raconte que certains de ses auditeurs assidue à ses conférences parisiennes lui disaient :

« Vous nous apportez des éléments nouveaux, souvent passionnants, qui nous permettent de mieux saisir l’Unité des religions, grâce aux symboles, véritables liens entre les diverses traditions, et vous donnez ainsi plus de force, plus d’assises logiques au christianisme qui nous est cher. Mais pourquoi l’Église ne nous enseigne-t-elle pas cela, et que pense pense-t-elle du symbolisme ? »

 

Il est vrai que l’évolution historique depuis l’application des décisions du concile Vatican II, a pris une orientation de rejet vis-à-vis des symboles. Bien avant le concile Vatican II, le magnifique symbolisme qui permettait l’instruction et l’édification des fidèles était négligé et méconnu. L’esprit moderniste post conciliaire n’a fait qu’achever la besogne en le faisant disparaître par un changement de la liturgie. L’incompréhension du symbolisme religieux aboutit donc à sa suppression qui provoqua une transformation profonde de la spiritualité qui devint une idéologie religieuse.

 

Un jour, je visitais le prieuré de notre Dame de Marceille et sa vierge noire du XI-XIIe siècle, qui m’a toujours fascinée par son visage oriental. En sortant nous rencontrons le prêtre qui venait de fermer son magasin de ventes de cartes postales et d’objets pieux. Il nous parla de la Vierge noire et de la source miraculeuse avec un tel rictus de mépris qu’il nous coupa le souffle. Je comprends maintenant pourquoi elle fut volée à la fin de l’année dernière. Inutile d’en dire plus. Si ! j’ajouterais que l’antique Vierge noire n’a plus sa place dans ce sanctuaire alors qu’elle fût protégée mystérieusement de la tourmente révolutionnaire (Voir mon livre « La carte des trésors, Rennes le Château » ) et une seconde fois au début des années 1970.

Pourtant, des prêtres se passionnaient pour le symbolisme. Ainsi l’abbé E. Bertaud étudiait en 1947 dans son ouvrage intitulé Études du symbolisme dans le culte de la Vierge (Société des journaux et publications du Centre) :

« L’étoile à huit branches est riche de sens multiple, d'où sa haute valeur initiatique et symbolique. Retenons simplement qu'elle est d'abord l'image de hiératique de la « Rose des vents », symboles de l'Esprit, ce souffle de Dieu, dont « nul ne sait d'où il vient, ni où il va et qui souffle où il veut ». C'est le «RuaCH », l'esprit qu'il faut qu'est sur les « Eaux primordiales », les « Eaux ténébreuses » -- que symbolise en premier lieu les « vierges noires », depuis l’Isis égyptienne jusqu'à la vierge druidique de Chartres : Virgini pariturae -- et qui par leur union à l'Esprit, le souffle de Dieu – cujus Spiritus super aquas inter ipsa mundi primordia ferebatur -- furent le Principe originel et matriciel de tous les êtres créés et spécialement des êtres vivants, dont la première manifestation s'est faite au sein des eaux. »

 

Il est incontestable que si les Églises veulent réellement aboutir à une intercommunion puis à un oecuménisme non théorique, l’un des moyens d’y parvenir est la remise en valeur de l’enseignement du symbolisme chrétien, qui n’est autre que le symbolisme tout court, car il s’agit d’un langage fédérateur autant des Églises que des centres initiatiques, puisque ce langage est très réellement universel et éternel.

Dans l’ouvrage de Jacques Duchaussoy Le bestiaire divin ou la symbolique des animaux (éditions Courrier du Livre, Paris 1972) on peut lire à la page 95 :

 

«  Dans la Grèce archaïque, l'idée du serpent de feu instructeur semble avoir précédé celle de rédempteur qui apparaîtra avec Apollon. Une des plus vieilles idoles représentant Demeter à Phigalie en Arcadie, et dont l'original était en bois, montre cette déesse avec un corps de femme et une tête de cheval entouré de serpents. Cette alliance des deux animaux indique qu'il s'agit de serpent de feu et non de serpent d'eau. C'est antique Demeter, que l'on appelait aussi Demeter la Noire, représentait donc la vierge Mère, soit une abstraction plus élevée que l'idée de Terre Mère qui s'attachera plus tard à cette déesse dont les symboles deviendront l’Épi et le Pavot.

Cette antique statue cachée dans une caverne d'Arcadie… tient dans sa main un petit dauphin, préfiguration d’Apollon Delphien, le Dieu rédempteur.

Pour nous confirmer que les serpents sortant de la tête de Demeter sont bien des instructeurs de l'humanité, la mythologie raconte que cette déesse initia à ses mystères un certain Triptolème, qu'elle envoya ensuite parcourir le monde pour répandre ses dons. Il fit ce voyage dans un char ailé attelé de serpent et fonda Éleusis à son retour.

Tous les symboles, par simple transposition d'équivalence, nous montrent une identité parfaite avec le mythe d’Isis la Vierge noire. »

 

Outre les serpents instructeurs dont nous avons vu l’importance dans l’article de l’âne et du serpent, il est un curieux détail qui ne peut échapper aux cabalistes.

En effet, cette antique Demeter est affublée d’une tête de cheval ! On est donc obligé de rapprocher ce fait curieux du latin caballus, cheval, qui a donné Cabale

La Vierge noire, outre sa couleur se confondant avec l’Œuvre au Noir des alchimistes, représenterait la cabale qui en réalité permet « d’entendre » les serpents instructeurs. En effet, tout se passe dans la tête qui doit apprendre la science des lettres, des nombres, des analogies phonétiques et étymologiques notamment des langues mères que sont le grec et le latin, sans négliger le français ! Tout cela, le lecteur l’aura compris s’il lit mes articles régulièrement, a pour but de transformer notre manière habituelle de penser pour comprendre aussi bien le symbolisme des religions que celui des sociétés initiatique et de l’alchimie.

La Vierge noire en son mystère est porteuse de la lumière du Verbe. Elle nous conseille donc de pratiquer la cabale pour comprendre l’Univers et les hommes.

 

 

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commentaires

PELERIN 26/05/2008 19:12

Monsieur L.G bonsoir,Je vous remercie pour ces explications, il est vrai que pour un cherchant, le contenu conserve toute sa valeur initiatique alors que le contenant peut très bien subir certaines variantes dans le temps.Amicalement,

Hermophyle 26/05/2008 19:53


Cher Monsieur,

Merci de me manifester votre accord.Reste à s'adaper aux divers contenants qui sont certes liés à l'histoire mais souvent ne sont que le reflets des particularités régionales.

Amicalement.


PELERIN 25/05/2008 18:37

Simple réflexion sur l'interprètation vivante et subtile des mots à travers les âges, car la perception des choses est sensiblement différente d'une époque à une autre.Cordialement,

Hermophyle 26/05/2008 14:47



Oui, la perception des mots et mêmes des choses en général changent à travers les ages. Mais sur le plan initiatique cela doit être dépassé,
car il s’agit de fluctuations qui n’affectent pas l’être profond. Entendons-nous, la société peut en être parfois tributaire comme en mai 68, mais le « fils de science » sait où il va.
D’autre part l’essentiel est le rôle fondamental que la cabale a à jouer sur le plan cérébral pour préparer l’individu à comprendre au-delà des mots et poursuivre sa route indépendamment des
valeurs « vibratoires » qui affectent chaque période de l’histoire.


 


Cordialement.


 



PELERIN 25/05/2008 12:07

Bonjour ,La Lumière luit dans la Ténèbre, mais la Ténèbre ne la point retenue...Qu'elle est votre approche de cette phrase peu commune que j'ai pu lire dans une bible "celtique de France" ? Entre la Ténèbre et les ténèbres il y a une opposition indégniable...l'une réceptacle du beau, du vrai...l'autre a plutôt une connotation du mal n'ayant point perçu la Lumière?Bon dimanche et encore merci pour ce puit de tradition.Cordialement,Pelerin. 

Hermophyle 25/05/2008 17:51



Tout est vide, tout est noir, rien ne luit dans la Ténèbre « Une », car la Vierge n’a pas encore
enfanté.


Oui, la lumière ne peut être retenue par la Ténèbre dans laquelle elle se perd.


Pour que la lumière soit retenue par la Ténèbre, il faut un ou plusieurs corps célestes, c'est-à-dire que le Verbe se
fasse chair. C’est après cet accouchement cosmique, et seulement après, que la lumière luira dans les ténèbres.


C’est ce que dit l’alchimie.


Cela semble issu de la Genèse de Jacher qui est en Angleterre où elle fut ramenée d'Orient par le célèbre compagnon de
Charlemagne : Alcuin.


 


C’est ci nécessaire que cela pour vous de savoir cela ?



PELERIN 24/05/2008 17:12

La Vierge noire en son mystère est porteuse de la lumière du Verbe. Elle nous conseille donc de pratiquer la cabale pour comprendre l’Univers et les hommesLa Lumière luit dans la Ténèbre, mais la Ténèbre ne la point retenue...Cette version qui est peu usitée est très parlante,elle nous invite et sous entend l'oeuvre au noir incontournable à toutes évolutions en l'Uni-vers-El. La mort (l'Âme or) est un passage obligé pour une re- con-naissance en Christ.Ceci est ma perception du jour...Humblement,PELERIN.

Hermophyle 24/05/2008 20:55


Heureux de lire enfin un être qui a compris. Sans vouloir heurter votre humilité, vous êtes le premier depuis l'ouverture de mon Blog. Autant en ce qui concerne le jeu de la cabale que la non
fixité des choses que nous comprenons. Votre compréhension considérée comme non définitive, mais seulement témoin du Présent, est toute en votre honneur.


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  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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