Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 14:12

 

 

À la fin du XVIIIe siècle vivait à Paris un alchimiste qui écrivit un petit opuscule, Hermès dévoilé, qui fit autorité autant chez les écrivains, tel Balzac qui trouva là l’inspiration pour son alchimiste chercheur d’absolu, et qui chez les alchimistes actuels fait autorité.

Personnellement, et pendant longtemps je n’ai pas compris grand-chose au sens profond de ce texte, si ce n’est sa poésie. Mais il m’a profondément marqué quand, dès la première ligne il écrit :

 

« Le Ciel m’ayant permis de réussir à faire la pierre philosophale, après avoir passé trente-sept ans à sa recherche, veillé quinze cent nuits au moins sans dormir, éprouvé des malheurs sans nombre… »

 

Oui, je fus beaucoup plus marqué par le sens de l’engagement de cet homme que par le mystère dissimulé dans ces écrits. Tenir 37 ans après avoir été la risée publique, être traité de fou, hué, rejeté par sa famille, réduit à la misère au point de devoir vendre ses meilleurs habits. Subir un empoisonnement de la part d’un faux ami désireux de s’emparer de ses écrits, et s’en sortir miraculeusement avec de graves séquelles, pour enfin perdre ses enfants… Ce détachement lié à la certitude m’a si profondément marqué que le récit fabuleux de sa réussite tellement méritée est passée au second plan.

Il est vrai que le manque d’engagement de notre époque a mis en relief par contraste le puissant don total de cet homme transporté pas sa foi.

J’ai acquis une certitude : Il faut être engagé ! Contrairement à la tendance actuelle qui veut que de plus en plus chacun vit pour soi, rien que pour soi. Il semblerait que le monde a besoin d’engagement un peu comme la plante a besoin d’eau. Quand plus personne n’en a alors il se réfugie chez certains individus où il développe sa puissance d’une manière pathologique. C’est pourquoi la plupart de ceux qui sont engagés à fond sont des fanatiques destructeurs, ce sont des individus dont la pensée est bloquée, « possédée » et deviennent les instruments de sombres puissances tant sur le plan suprasensible que matériel. Les extrémismes religieux sont de cela, mais aussi les « parano » de l’économie et des finances. En un certain sens nous sommes sous la coupe des méfaits du désengagement.

Nombreux sont ceux qui ont peur de s’engager parce qu’ils craignent d’aliéner leur liberté. Plus nombreux, sans doute, ceux qui sont incapables de s’engager, à cause de l’impotence de leur pensée et de l’incapacité de mûrir une conviction personnelle ; et lorsqu’ils s’engagent quand même, c’est sans conviction réelle et généralement sous l’influence d’une conviction étrangère. Ainsi on va s’inscrire dans la Franc-Maçonnerie pour étoffer son réseau relationnel ou pavaner avec un discours docte ou sirupeux. Ou encore faire partie de l’Église Gallicane ancienne pour essayer de découvrir certains secrets sur l’alchimie, secrets qui, bien évidemment, ne leur servira à rien. J’ai déjà abordé ce sujet. Bref, vous avez compris, c’est ainsi que naissent les Judas !

Rester libre ! C’est effectivement une nécessité profonde pour chaque être humain. Mais la liberté à laquelle on tient n’est nullement rattachée au plus grand que soi, mais celle de pouvoir agir à chaque instant à sa guise selon l’inspiration du moment, je veux rester mître de ma vie et de mes actes… Quand notre conscience s’affine accompagnée de ce regard intérieur réaliste et sensible, on peut percevoir que dans bien des cas ce n’est pas « moi » qui suis à l’origine de mes actes, et que dans certaines occasions je ferais bien de résister à mes inspirations ou impulsions.

N’en doutez pas, la liberté est d’un accès difficile. Certes, sur le plan relatif à l’homme, la liberté existe. Ainsi un être emprisonné ou contraint d’une manière ou d’une autre n’est pas libre. Il est sûr que le prisonnier libéré est bien libre par rapport à son état antérieur. En résumé pour nous la liberté absolue n’existe pas, seule la liberté relative existe.

Notre espace de liberté est limité par l’influence du milieu. L’individu se sent ou ne se sent pas gêné dans son comportement. Il gagne un degré de liberté, mais il est encore loin d’être réellement libre, quand il sait vraiment ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Il aboutit alors à une conviction qui va générer ses actes et surtout lui permettre de s’identifier à cette conviction. C’est exactement le cas pour l’alchimiste dont je parlais au début de l’article.

L’engagement lui-même se situe au niveau de la volonté. Et chaque être humain a besoin de s’engager, sous peine de déchoir. Car vivre n’est pas un but en soi. Il n’y a que certains clochards pour n’avoir d’autres objectifs… Toutefois l’un d’eu m’a avoué préférer vivre sous les ponts que sous les cons… ce qui est déjà une conviction !

Que l’on ne s’y trompe pas, les « clochards » les plus à plaindre ne couchent pas forcément sous les ponts ; on les trouve partout, même dans les palaces, les Loges Maçonniques ou les Églises. Car ils ignorent que s’en-gager, c’est se donner en gage à une entreprise qu’elle soit matérielle ou spirituelle.

À chacun de voir à qui ou à quoi nous devons nous donner en gage de tout notre coeur. Je vous souhaite cet enthousiasme qui soulève les montagnes.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
  • Contact

Recherche

Liens