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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 10:28

Cet article est inspiré, en partie, de l’opinion de l’abbé Henri Stéphane, prêtre agrégé de mathématique chassé de son diocèse pour ses idées subversives. Enseignant dans les classes de préparation aux grandes écoles, ses conférences privées furent tellement prisées par ses élèves qu’ils les réunirent en un livre, édité par Dervy, sous le titre Introduction à l’ésotérisme Chrétien.

À travers l’histoire de ce prêtre, influencé par René Guénon et les philosophies orientales, se manifeste des réflexions réalistes sur l’évolution qui furent l’occasion de traiter différents sujet. La zone d’action des sciences matérialistes est ici clairement définie. Quant à celle de la science spirituelle, elle permet d’aborder l’origine d’un chapelet de causes clé de l’évolution et répondant en fin de compte à la question fondamentale que chacun de nous se pose : Qui suis-je ?

 

 

 

I

l est des marginaux de la religion comme des marginaux des états, ils sont exclus avec perte et fracas. Certe, les choses ne sont pas aussi violentes que le laisse supposer cette phrase lapidaire, mais d’une manière douce ou violente aucun marginal quel qu’il soit ne peut survivre dans une société lobotomisée car il donne des pustules aux appareils de pouvoir qui en font des brebis galleuses.

 

La raison de ce rejet inconditionnel est simple c’est celle de ne pas prendre le risque de voir détournée de leurs « devoirs » les électeurs ou les ouailles parquées en sécurité, avec œillères, dans les limites d’une bétaillère. Cependant, une bizarrerie est strictement appliquée : pas de cloches !

État, Église, (remarquez les mêmes initiales que celles d’Euro) tous deux luttent à leur manière et pour y parvenir l’un va créer l’École Nationale d’Administration (E.N.A.) l’autre le petit et le grand séminaire. De l’un sortiront les Préfets, de l’autre les prêtres et évêques. Leur but essentiel sera de maintenir les structures en pratiquant le conditionnement afin qu’aussitôt franchie certaines limites, naisse chez les individus dissidents un sentiment d’insécurité, de peur d’être déconsidéré et évincé ou d’être excommunié, ce qui revient au même.

 

Acquérir sa franchise, sa liberté, n’est pas chose facile, et il faut une réelle force de caractère pour accepter l’exclusion. C’est ce qu’a affronté l’abbé Henri Stéphane, de son vrai nom André Gircourt, issue d’une petite noblesse lorraine. Il est né à Nancy en 1907, et mort en 1985. Il fut appelé D.G.M, c’est-à-dire le Dernier Grand Maître (de l’ésotérisme chrétien). Avant lui, le G. M. de l’ésotérisme chrétien fut Nizier Philippe Vachod appelé Maître Philippe de Lyon, qui à l’inverse de l’abbé Gircourt n’écrivit pas, mais fut un grand mystique et théurge sans être prêtre.

C’est donc grâce à des textes recueillis par ses amis qui assistaient régulièrement à ses conférences privées que l’abbé montra sa dimension d’ésotériste et aussi sa différence vis-à-vis de ses collègues ecclésiastiques.

 

Ayant obtenu son bac de Mathématique, il passe sa licence de math et réussit l’agrégation en 1933. En 1934 il entre au séminaire et en 1939 obtient une licence et un master de théologie. En 1940 il est ordonné prêtre sous les bombes de la seconde guerre mondiale, ce qui laisse supposer aisément la suite…

 

C’est en 1942 qu’il découvre le symbolisme de la croix de René Guénon, ce qui lui valut d’être appelé « prêtre guénonien » car le discours de Guénon convenait à son esprit mathématique. À travers ses réflexions élargies il découvre les doctrines orientales et en parle dans son cours d’instruction religieuse. Averti, l’évêque le convoque, et sans entendre ses explications lui retire le pouvoir de confesser et le chasse du diocèse. Ici une remarque s’impose : le prélat a outrepassé ses droits car une pareille sanction ne pouvait provenir que des décisions d’un tribunal ecclésiastique. Cette précipitation au mépris du droit canonique traduit une peur viscérale de voir certaines vérités dérangeantes être dévoilées. Actuellement cette attitude de mépris des lois et la peur n’a pas changée. On retrouve d’ailleurs le même comportement dans l’appareil d’État, et pour des raisons analogues (C.f. Rapport parlementaire des sectes dont l’illégitimité frise la mascarade mais atteint son but : apeurer le troupeau et garder chaque individu tremblant  (avec œillère et sans cloches ! ) dans la prison d’une bétaillère).

 

Rejeté en qualité de prêtre desservant ou aumônier, car privé d’une partie de ses pouvoirs sacerdotaux, Gircourt aurait pu se défroquer mais il choisit de devenir professeur de mathématique à l’école Ste Geneviève de Versaille tenue par les Jésuites et consacré à la préparation aux grandes Écoles scientifiques. Dans sa profession Gircourt entretenait de bons rapports avec certains professeurs, en particulier avec Pierre Leroy, qui était professeur et directeur du laboratoire de biologie du Collège de France et ami personnel (et disciple) du jésuite Teilhard de Chardin. Leur chambre était voisine et l’appui amical de l’abbé l’a souvent réconforté. Un autre de ses amis fut le professeur de lettre, Jean Palou, auteur de livres réputés sur la Franc-Maçonnerie et grand guénonien, mais l’abbé refusa catégoriquement de se faire initié dans la Maçonnerie.

Avec le jésuite Leroy, il du avoir de longues conversations sur l’évolution des espèces. Le vieux professeur lui confia son malaise sur ce sujet qui fut à l’origine de l’ostracisme, jeté par l’Église, sur Teilhard de Chardin.

 

À l’instar de mon article précèdent (NOTRE CORPS INVISIBLE, le Feu & le temps. ) Gircourt ne consacre pas la théorie de l’évolution comme une vérité fondamentale, mais comme une vérité qui reste à prouver !

Avec pertinence il fait remarquer le scepticisme de Jean Rostand vis-à-vis de l’évolutionnisme :

 

« C’est une hypothèse (la théorie de l’évolution) dont on ne peut se passer, c’est, pour l’instant, la seule explication rationnelle de la « genèse » des êtres vivants. » (Page 391 de L’introduction à l’ésotérisme chrétien, édition Dervy, Paris 2006)

 

Et je fus séduit pas cette affirmation d’ésotériste réel, pourvu de cette profondeur qui manque à la quasi-totalité des sociétés secrètes ou discrète qui ne sont initiées à « pas grand-chose » ; car à travers l’étude des symboles on retrouve la même attitude d’esprit que celle des sciences matérialistes. Aussi, j’ai éprouvé un vrai bonheur quand ce prêtre marginal – porte cigarette au bec, et regard vif – atteint en une phrase le fond du problème, et le fond du mal qui ronge notre société et l’empêche d’aller au-delà d’une certaine « réalité », au-delà du visible au cœur d’une réelle initiation :

 

« Ce besoin d’explication rationnelle est une maladie mentale – ou une « passion mentale » – de l’homme moderne qui, incapable de saisir les vérités essentielles, cherche à compenser son impuissance métaphysique par la « recherche » scientifique. » (idem supra)

 

Et notre prêtre, avec cette lucidité prophétique, pose le problème comme il se doit, comme le firent les alchimistes modernes tel Roger Caro à la page 54 de son ouvrage Bible Science et alchimie réédition (2004):

 

« Si l’homme descendait du singe, on se demanderait pourquoi il y a encore des singes et pourquoi ils n’ont pas la même morphologie que nous, ne serait-ce que dans le nombre de chromosomes qui, on le sait, est particulier à chaque espèces. »

 

Gircourt pense de même et se demande pourquoi on se pose une pareille question. Il va plus loin que Roger Caro en parlant de nos ancêtres reptiles dont le lézard sera pris en exemple. Et il fait remarquer que la réalité voudrait que l’homme soit inclus dans le lézard (à fortiori dans le singe), au moins génétiquement parlant et que le lézard, tout comme le singe, serait donc potentiellement un homme ! Et il conclut fort à propos que ce genre de raisonnement n’intéressent pas nos contemporains qui préfèrent les brumes de la phénoménologie (philosophie qui consiste à comprendre l'essence des choses par la conscience) et de l’existentialisme (Doctrine fondée sur le fait que l'homme est libre et responsable de ses actes). Avec ça, nous allons loin ! ! !

 

Et notre abbé excédé nous dit en levant les yeux au ciel :

 

« Qu’est-ce que cela peut bien me faire, à moi, que l’homme descende, ou non, du lézard ? » ( idem supra)

 

C’est à ce moment qu’il enfonce le clou, si je puis dire. Il s’exclame excédé que l’homme actuel est atteint d’une étrange manie qui consiste à vouloir faire sortir le plus du moins, le supérieur de l’inférieur ! Il affirme, non sans raison, que cette tendance démocratique à tout faire sortir « d’en bas » à quelque chose de morbide qui répugne à tout homme sain d’esprit !

 

Peut-on situer l’origine de l’humanité sur le plan même de l’existence ? Et Jean Rostand répond :

 

« En admettant l’hypothèse de l’évolution, on ne pourra jamais connaître la cause de cette évolution. »

 

Tel est l’aveu d’impuissance, car la cause est essentiellement d’un autre ordre que ses effets, rejoignant en cela le phénomène de potentialité contenu dans toute néguentropie (sens inverse de le l’entropie destructrice) comme celle qui fait surgie cet ordre moléculaire et cellulaire qui préside à l’élaboration d’un petit d’homme dans le ventre de sa mère. L’effet de la fécondation est connu, mais la cause, où est-elle ? D’une manière globale l’enchaînement des « causes » se confond avec la « verticalité ». De « cause » en « cause », ou de plan en plan, on aboutit à la cause première qui est « en dehors » de tous les plans et « au-dessus » de toutes les causes. On reconnaît là l’empreinte de René Guénon et plus particulièrement son symbolisme de la croix que Gircourt a su extraire de son abstraction pour lui donner visage humain. Mais ce disant notre prêtre aborde une verticalité « parallèle » si je puis dire, responsable du chapelet des « cause », il s’agit des hiérarchies spirituelles qui ne restent pas inactives dans leurs béatitudes ! Sans cela pourquoi existeraient-elles ? Par exemple l’ange incorpore en l’homme l’intelligence universelle et est donc la cause de notre conscience du Moi, et de notre propre pensée. Il est la cause de nos inspirations. Cette seule connaissance vaut son pesant d’or pour les alchimistes.

La cause se trouve donc sur un autre plan alors que les sciences matérialistes évoluent sur un plan tout à fait « horizontal » et ne parviendront donc jamais à en sortir et à nous fournir la « cause » qui se situe à un niveau, évidemment supérieur qu’ils se refusent à imaginer.

Et notre prêtre de remarquer :

 

« Mais cette question de causalité n’intéresse guère nos contemporains : ils se complaisent dans la « recherche » pour elle-même, indéfinie et sans but : l’art pour l’art ! »

 

Oui, la « verticalité » n’intéresse pas les scientifiques racornis refusant d’écouter leur cœur et leur intuition. Combien ai-je pu rencontrer, parmi mes anciens collègues scientifiques, des ergoteurs sur les protocoles expérimentaux qu’ils rendaient aussi complexes que l’entortillement sophistiqué de leurs neurones cérébraux paumés. Le résultat pourrait s’appeler : l’art d’accoucher d’une souris ! Ne nous étonnons pas si presque tous les scientifiques cherchent et aucun ne trouve. Mais seulement voilà, c’est par là que passe l’argent des contribuables... Et ça, ça me révolté !

 

 L’interrogation essentielle n’est pas celle si bien mise en exergue depuis des décennies par les Presses Universitaires de Frances (P.U.F.). Ce repaire de diplômés et de mandarins, fer de lance des sciences matérialistes, se rallie en effet sous la devise : « Que sais-je ? ». Alors que l’interrogation essentielle, fondamentale est : « Qui suis-je ? ». J’ose espérer qu’un éditeur ouvert saura créer cette collection sans se borner à des interrogations psychanalytiques ou aux cérémonies vaudoues...

À ce « Qui suis-je ? » aucune hypothèse ou recherche scientifique ne peut répondre. À cette interrogation Quel est mon père, et quelle est ma mère ? Peut-on répondre que c’est cet homme et cette femme qui m’ont conçu dans leur communion amoureuse ? Non, car se faisant ils ne savaient pas que c’était « moi » ; cela aurait pu être « un autre ». L’origine de mon « être » véritable se confond avec l’origine des espèces et l’origine de la vie. Mon être ne provient pas de mon père ou de ma mère biologique, à plus forte raison pas du singe ou du lézard !

 

Il y a bien longtemps, quand je bourlinguais dans l’océan Indien, j’ai eu l’occasion à diverses reprise de visiter la plus grande ile (Noci Bée) de l’archipel des Comores située dans le canal de Mozambique au nord de Madagascar. En ce lieu un roi gouvernait. Son successeur n’était pas son fils biologique. Aidé de son chaman, il rendait visite à son peuple et adoptait ainsi son futur successeur. C’est de cette manière qu’il « trouvait » son véritable fils. Ne croyez-vous pas que cette filiation est aussi valide, si ce n’est plus, que la biologique ?

Évidemment cela nécessite de décoincer un peu notre illusoire sentiment de propriété et d’accepter qu’il soit possible d’enfanter l’enfant d’un autre. L’évolution des évènements tend à nous le rappeler depuis qu’existe des mères porteuses. N’en doutez pas, en réalité toutes les mères sont porteuses !

 

Je dédie cet article à Mickaël mon filleul.

 

 

 

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commentaires

G.P. 10/12/2012 14:15

Bonjour,

La lecture des traités de l'abbé Henri Stéphane ainsi que des articles de Louis Charbonneau-Lassay et son Bestiaire du Christ me font réaliser que tout ce qui est manifesté est un reflet du
Principe suprême. Par conséquent les similarités morphologiques entre espèces les plus éloignées peuvent tout simplement s'expliquer par le fait que ces similarités symbolisent avant tout des
aspects particuliers de ce Principe infini. Plutôt que de parler d'évolution à partir d'un ancêtre commun, on peut très bien concevoir l'apparition spontanée d'espèces différentes, toutes se
manifestant à partir du même "moule". Or ce moule est celui inhérent à notre manifestation temporelle et spatiale qui justifie avoir des jambes ou des pattes, des yeux, une bouche, etc...

Hermophyle 10/12/2012 18:28



Bonsoir,


Oui, l'évolution est encore une théorie et non une loi alors elle reste hypothétique. De ce fait ne pas accréditer l'évolution reste légitime. Le phylum évolutif de l'Homme reste à démontrer.
L'abbé Stéphane à travers son ésotétérisme chrétien n'a malheureusement pas été invité par ses supérieurs à poursuivre des recherches en ce sens...


 



*V* 05/06/2009 14:16

Et K.Gibran avait écrit :

"Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et filles de l'appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas."

Moi qui n'ai pas d'enfant, en mon regard d'accueil, j'ai l'impression qu'ils sont un peu tous les miens.
Ainsi les enfants auraient bien plus de mille mères, bien que n'en ayant qu'une.

Hermophyle 05/06/2009 17:03


Bonsoir *V*,

Belle citation de Gibran.
Je n'ai pas non plus d'enfant et je les aime tous.
Quelle joie ces bourgeons de vie qui nous sont donnés !
Je comprend mille fois votre regard d'accueil.
Les enfants savent qu'ils ont mille mères, regardez
leurs sourires leur bonjour tout plein de soleil quand
ils croisent une mamen qui se baisse pour leur parler !


hermophobe 04/06/2009 18:46

Je resterais Sang comme en terre.........Bien a vous

bourrel 12/04/2015 21:24

Completement daccord

Hermophyle 06/06/2009 17:49



restez-y...



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