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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 18:18

 

Rassurez-vous je ne suis pas un gourou en quête de couronne et de vapeurs d’encens. Je ne suis pas non plus un enrhumé chronique qui se gargarise en permanence pour se faire reluire ce qui lui reste de cervelle. Cette faune d’astiqueur on la trouve errant ex cathedra dans nos  universités et aussi au sein de  sociétés qui se vautrent dans les secrets. Ben oui, c’est là que se distingue les plus glorieux enfoirés ! ça postillonne dur dans ces prétoires.

 

Quel lèse majesté je fais, quelles horreurs je dis là ! Ce n’est pas gentil ça, vraiment pas ! J’ai presque honte de ce que j’ose raconter sur ces phares de la connaissance dont j’ose dire que leur ampoule est grillée.

 

Tout ça pour vous dire que je ne me rallie nullement à nos falots de la culture, qu’elle soit universitaire ou ésotérique. De toute façon les plus délicats de la plume, les fin lettrés, on remarqué depuis longtemps, et à juste titre, que j’étais indigne de leur tenir compagnie tant mon analphabétisme est tonitruant. Je pourrais rire d’eux mais je ne le ferais pas car ils me coupent la chique les cuistres.

 

Je vous informe aussi que, malgré mon envie irréfragable de me tirer de notre infâme bourbier terrestre, je ne fais pas partie des trouillards désireux de se réfugier dans les soutes des OVNIS. Vous savez, ces vaisseaux spatiaux d’extraterrestres qui stationnent en permanence, mais en état d’invisibilité, à côté du pic de Bugarach ce sommet névrotique des Corbières ? Ben oui c’est là qu’ils attendent la fin du monde en rangs serrés. Il ne faut pas leur en vouloir de confondre la fin du monde avec la fin des haricots. Vous savez que le cassoulet de Castelnaudary n’est pas loin, ça pète à tout vent à bugarach, sa pète même le plombs !

Là encore je suis méchant et injuste, va falloir que je révise ma prose insultante de mal embouchée. J’arrête là mon autocritique sans ça je vais pleurer sur votre belle veste cher lecteur ou sur votre mignon corsage parfumé chère lectrice.

 

Ne me dites pas que vous n’avez pas entendu parler de cette troupe internationale qui attend le 30 décembre 2012 la fin du monde pour s’embarquer in extremis via la planète Esbroufe, dans la constellation de la girafe qu’il ont pour mission d’aller peigner ?

  

Ah bon, vous n’étiez pas au courant ! C’est pas grave, nous en reparlerons le 1ER janvier 2013. Je vous assure que si ce 1er de l’an on accroche une casserole à tous ceux qui se sont fait avoir, le monde ne s’entendra pas bringuer !

 

Oui, notre monde va changer. Oui il ne peut plus tourner dans son caca pour la simple et évidente raison que nous nous heurtons violemment au mur de l’absurde, au point maximal possible de connerie, de cette bêtise qui coupe tout en rondelle comme un saucisson saus la haute autorité des spécialistes de la spécialisation.

Ils ont oublié, les blaireaux, que le mot individu qui nous désigne signifie indivisible et que rien n’est divisible sauf le beurre et l’argent du beurre. Si on cherche à diviser un individu il se flingue comme à Franc télécoms ou chez Renault dont les logos dégoulinent de sang.

 

Toutes ces horreurs dans le crime impuni perpétré au nom de la productivité ne peuvent que provoquer un brusque renversement de notre axe, une véritable inversion de nos pôles d’intérêts. Y aura-t-il un élément déclencheur ? peut-être. En tout cas ce ne sera pas moi, je suis trop idiot pour ça !

 

Je vais donc faire mon possible pour vous exposer ce que j’ai compris sur certaines étapes du cheminement initiatique associé à l’alchimie. Vous le prendrez comme bon vous semble et le mettrez ou vous voudrez !

 

J’ai écrit le texte suivant car j’en ai assez de voir présenter l’alchimie dans les envolées lyriques de ceux qui parlent pour ne rien dire ou encore comme succursale de l’embrouillamini des théories alchimico-jungiennes servant de béquille aux spiritualistes de tout poil.

J’en ai soupé de lire au hasard des sites sociaux que l’alchimiste doit être végétarien par décret de la SPA et par celui « spiritualisé » des pontes du nouille-age.

 

Alors n’allez pas crier au scandale si je pointe ma gueule enfarinée pour faire des signaux qui vous orientent dans ce pastis qui n’est pas de Marseille.

 

Le parcours du combattant des alchimistes se définit en sept points qui ne se succèdent pas toujours selon l’ordre que je vais donner car le tempérament et les particularités de celui, ou de celle, qui s’engage sur cette voie, va définir un parcours individuel. Mais d’abord voici les sept points :

 

1 l’étude.

2 l’acquisition de la connaissance imaginative.

3 l’acquisition de l’écriture de l’esprit.

4 la préparation de la pierre philosophale.

5 La correspondance entre macrocosme et microcosme.

6 l’élévation dans le macrocosme.

7 l’adepte couronné ou béatitude divine.

 

Nous sommes toujours confrontés aux étapes de notre chemin quand nous décidons d’en suivre un, notamment ici celui de l’alchimie. Par où, et par quoi, commencer ?

 

Un point n’est pas précisé ici car il est évident, c’est le travail de l’élève pour se familiariser avec les textes des alchimistes. Cette étape préparatoire, même si elle est nécessaire, ne fait pas partie de l’étude telle qu’elle est comprise en alchimie et donc dans l’un de ces sept points. Si elle nécessite une familiarisation avec les écrits des principaux adeptes de tout temps et la sensibilisation aux jeux verbaux ou cabale, ce n’est qu’un prélude à l’étude telle qu’elle est comprise ici.

 

Il est vrai que l’étape initiale fait partie de tous périples. Il est même impossible de débuter autrement au risque de ne plus s’y retrouver. Ce n’est pas tout de dire qu’il faut travailler avec l’esprit encore faut-il avoir l’esprit pour travailler. Comme l’esprit ne s’attrape pas avec un bocal, comme une mouche, alors c’est à nous de ruser, d’observer, de réfléchir, de jouer avec lui et en fait d’être fine mouche. L’assise alchimique n’est pas dépourvue d’humour de légèreté, de cette légèreté qualifiée, comme il se doit, de spirituelle. N’en doutez pas cet art n’a pas d’affinité avec la magnificence « draculéenne » des mystiques tristes ou constipés. L’alchimie est un jeu d’esprit avec l’esprit, un papillon qui passe dans un flamboiement coloré.

 

Mettre le pied à l’étrier c’est savoir écouter grâce au petit os de notre oreille interne, c’est savoir cavaler sur le chemin qui nous mène je ne sais trop où puisque je ne suis pas allé au bout. De ce fait vous pouvez tout réfuter et envoyer ce texte promener.

 

J’ai fait une petite trotte et déjà je ne vois plus le début qui se perd derrière moi dans les brumes matinales. Alors je puis vous parler un peu de ce chemin pour que vous puissiez à votre tour l’emprunter et aller loin, très loin, et même jusqu’au bout. En tout cas c’est ce que je vous souhaite.

 

1 L’étude.

 

Le néophyte aborde donc l’étude dans un premier temps. À cela, pas de surprise sauf s’il ne s’agit pas de l’étude telle que nous la concevons.

Saisissons d’abord que l’alchimiste va œuvrer sur l’impalpable dont sa matière première sert de support et par la suite d’accumulateur. L’étude sera, de ce fait, l’acquisition de représentations et de concepts associés à une perception et pensée non sensorielle, L’étude repose sur l’apprentissage d’un vide de sensations correspondant à un travail sur l’immatériel ou vide de matière.  

N’oublions pas la permanente analogie et correspondance entre les processus. De ce fait aux phénomènes non sensoriels du laboratoire répond une pensée non sensorielle. C’est une mise en résonance nécessaire. Telle est l’importante raison pour laquelle tout alchimiste est passé par cette acquisition d’une manière ou d’une autre. Il n’en a pas toujours eu conscience. Si cette étape initiale n’est pas franchie les travaux au laboratoire ne peuvent aboutir.

C’est par ailleurs la raison fréquente de stagnation de la compréhension ou des travaux se heurtant à un barrage contrecarrant systématiquement l’indispensable synchronicité pendant des années voire des dizaines d’années. Inutile de souligner que la synchronicité, qui fait partie des belles découvertes de C. G. Jung, n’est autre, en alchimie, que l’imprimatur du tout Puissant, un prélude au Don de Dieu qui conditionne la réussite.

 

Cette attitude mentale du non sensoriel, comme l’hésychasme, était intégrée à l’enseignement de l’Église mystique avant le schisme de 1054, période bénie où l’Église Orientale et Latine vivaient sous le même toit. C’est l’esprit de cette Église qui actuellement s’appelle gallicanisme ancien qui n’a rien de commun avec le gallicanisme actuel.

 

Toute pensée et perception sont habituellement liées au sensoriel extérieur. Posez une main sur la table, vous sentirez le contact avec la table et ce faisant vous penserez à la table, même si vous avez les yeux fermés. C’est cette pensée qui associe la perception à l’objet table qui est pensée sensorielle.

 

Pour parvenir au non sensoriel, la perception du contact avec la table doit être débarrassée de l’image de la table. Seule doit persister la perception sans image.

 

Il est important que le néophyte s’habitue à penser même lorsque la source de sa pensée ne se trouve que dans son for intérieur, dénuée de lien avec le monde extérieur.

 

La seule pensée détachée d’image que l’on pratique est le calcul. Le nombre n’étant pas associé à des images, les calculs mathématiques restent dans le non sensoriel. L’alchimiste Newton est certainement parvenu à d’extraordinaires résultats grâce à l’exercice de cette perception, ce qui lui a facilité l’accès à l’alchimie. Évidemment tout le monde n’aime pas les maths.

 

Je le répète : nous n’obtiendrons aucun résultat satisfaisant aussi longtemps que nous devrons, pour nous forger des représentations, nous aider des béquilles que sont les images extérieures.

 

Si nous dessinons un carré sur une feuille de papier, les traits ne sont qu’un ensemble de taches microscopiques support de la pensée. Le vrai carré est le carré pensé. Le carré est construit en esprit, il est uniquement pensé, c’est pour cela que la géométrie dans l’espace, comme les courbes de fonctions mathématiques uniquement imaginées, dépourvues de liens avec le monde extérieur illustre parfaitement ce que je veux dire.

 

Pour les non-matheux, s’imaginer des choses que l’on n’a jamais vues et ne sont pas visibles est la meilleure façon d’exercer cette pensée non reliée aux sens. Par exemple, lire les premières lignes de la genèse :

 

« Or la terre était un chao, et il y avait des ténèbres au-dessus de l’abîme, et l’esprit de Dieu planait au-dessus des eaux.

Dieu dit « Que la lumière soit », et la lumière fut. »

 

 S’imaginer le chao, les ténèbres et l’esprit de Dieu planant sur les eaux obscures et voir la lumière jaillir de la nuit, naître, s’élaborer à partir de la nuit, et jaillir pour la première fois, quel feu d’artifice au-dessus de votre tête quelle beauté que la lumière qui révèle , come un rideau que l’on tire, d’immenses horizons…

Tout cela n’est pas visible par nos perceptions habituelles, tout cela est « extrasensoriel ». Ce sont des images isolées de notre réalité actuelle et donc pensées, uniquement pensées, sans perceptions associées.

 

Par ce genre d’images « insensées » nous pouvons nous libérer de ce que nous voyons autour de nous. En considérant les conditions qui régnaient dans un passé lointain, nous voyons que le non-sens devient sens. Nous nous éduquons ainsi à quitter nos conditions sensorielles. Nous mettons devant nous l’image de choses que nous ne connaissons pas aujourd’hui. Notre pensée se distance ainsi de ce qui est de l’ordre du possible aujourd’hui.

 

L’étude c’est cela, elle repose sur des images de situations qui ne sont pas là ou qui ne sont plus là. Ce que l’on appelle étude dans le sens initiatique repose sur l’exercice d’une réflexion sur des images de conditions qui n’existent plus. En bref, l’étude n’est accessible que par la pensée dépourvue de toute réalité sensorielle.

 

Inutile de dire que cela prépare à certains changements que je vous laisse l’attitude de comprendre et que l’exercice lui-même révèle (le fiat lux se fait aussi dans la tête du néophyte)

.

Cette étude est également fructueuse pour saisir l’esprit à l’œuvre dans la matière, ce qui est des plus précieux pour saisir d’autres dimensions des travaux au laboratoire, de percevoir intuitivement les effets des transformations dans un espace différent du notre.

 

Seule est saine la pratique intérieure d’une logique de qualité détournée de toute perception sensorielle. Tel est l’un des sens donné par Eugène Canceliet à l’esprit sain.

 

L’esprit sain ne saurait se manifester par de brûlants désirs qui caractérise notre monde habituel.

Quand notre esprit n’est pas sain, nous ne pouvons que pécher contre l’esprit et cela d’une manière très concrète lorsque nous abordons la fabrication de la pierre philosophale.

 

Quand la première étape est franchie, il n’est pas obligatoire de passer à la suivante, il est possible d’aborder directement le laboratoire. Cependant quel que soit l’ordre choisi tout doit être fait.

D’autre part il est aussi possible de mener de front deux étapes, comme le numéro 2, l’acquisition de la connaissance imaginative et le  numéro 4, la préparation de la pierre philosophale.

Cependant j’ai déjà dit que la phase d’étude, dans tous les sens du terme, est en tête, et cela en toute logique.

 

2 L’acquisition de la connaissance imaginative.

 

La deuxième activité est, en quelque sorte, complémentaire de la première. C’est œuvrer sur la connaissance imaginative. Dans l’étude précédente on avait fait disparaître les images issues de l’actuel, maintenant c’est le travail sur les images d’un actuel rattaché à des concepts évolutifs. En bref, tout être vivant sera intégrée à une globalité non pas statique, mais en évolution. Dans ce dessein il est nécessaire de se méfier de ce que nous avons appris, ce n’est généralement pas cela qui doit être imagé.

 

Le concept de base est d’aborder la notion d’évolution non matérialiste considérée à travers les divers règnes de la nature. Aborder ce phénomène ce n’est pas, par exemple s’imaginer qu’un singe se transforme en homme. C’est plus global et surtout totalement indépendant des théories actuelles.

 

La globalité de la vie en fonction des correspondances et analogies interrègnes est prise en considération indépendamment des théories scientifiques qui pourraient les juger totalement absurdes. Ce qui n’est pas surprenant si on se place dans l’optique matérialiste qui puise sa réalité dans le mirage bien structuré et palpable de la matière.

L’alchimie, quant à elle, ne se réfère qu’apparemment à la matière, même si ses effets sur la matière sont incontestables comme le montrent les multiples comptes rendus de transmutation.

 

La science explore la matière à partir du visible. L’alchimie opère sur la matière à partir de l’invisible. De ce fait elle ne saurait être comprise autrement qu’une pré-chimie balbutiante cherchant ses repères en se référant à des concepts qui nous apparaissent comme étant naïfs ou même absurdes.

 

Sur terre les plantes nous ont précédées pour enrichir l’atmosphère terrestre en oxygène afin de préparer notre venue. Il existe, de ce fait, un lien avec nous et quelque part, par leur plus grandes ancienneté elles manifestent des perfectionnements qui préfigurent, sur le plan de certaines structures, notre évolution future.

 

Regardons donc une plante si associée à la vie des hommes et des animaux, et qui plonge ses racines en terre. Observons ce végétal en ayant l’esprit attentif à toutes correspondances et analogie par rapport aux autres règnes qui vivent grâce à elle. Cette attitude « analogique » est celle des alchimistes et en constitue même leur cheville ouvrière autant à l’oratoire qu’au laboratoire.

Nous finissons par remarquer que la plante est l’être humain retourné puisque les organes de reproduction sont en l’air, et l’équivalent de la tête sont les racines enfoncées dans le sol. Donc, en retournant à 180° la plate nous obtenons la disposition des organes chez l’homme. Si nous la retournons à 90° seulement nous obtenons la disposition horizontale des organes constituant l’animal.

 

Par la représentation imaginative de tels faits, nous pénétrons dans notre monde non seulement par la pensée, mais aussi par la sensibilité et l’affectif. Ainsi nous découvrons un lien intérieur entre la plante et l’homme. Nous observons la chasteté de la fleur offrant son calice au soleil, aux abeilles et aux papillons. Elle est épargnée des désirs et des passions de l’être humain qui est son inverse.

 

Cependant la plante dort, c’est très réellement un « légume », mais l’être humain a conquis sa claire conscience en s’incarnant dans une chair «  à l’envers » traversés de désirs, de passions et d’instincts. Le programme est clair : Il doit donc opérer son retournement complet. Comprenez-vous le programme ?

 

Il est vrai que l’animal, entre l’homme et la plante, connaît des désirs et des passions, mais n’a pas encore la claire conscience.

Ressentir cela est capital, ressentir que l’âme du vivant est « crucifiée » sur le corps de la terre… Le choix de la croix par le Christ n’est pas anodin : il fut crucifié pour alléger la charge des crucifiés que nous sommes. Évidemment cela n’est perceptible que par les hommes de bonne volonté.

 

À ce stade il n’est pas question d’une pensée seulement, il ne s’agit pas non plus d’une prouesse de l’imaginaire, mais d’une union fructueuse entre la pensée et le ressentir. En adoptant cette manière de percevoir le devenir on se sent accéder peu à peu, par les images à la connaissance imaginative.

 

Il est bien évident que les phénomènes se déroulant dans l’athanor vont être perçu de plus en plus différemment. Progressivement, dans cette communion avec l’esprit s’affirmera une perception du devenir des phénomènes ce qui peut parfois être à l’origine de rectifications fructueuses et de compréhensions plus abouties.

 

3 L’écriture ésotérique.

 

L’image est une écriture. La contemplation d’une image ou d’un phénomène naissant au laboratoire traduit les grandes forces de la nature. Elles n’agissent pas seulement sur l’imagination mais aussi sur la volonté de l’adepte. Car la force originelle créatrice qui vit dans la volonté humaine est la même que celle qui agit dans tout l’univers créé extérieur. Donc la volonté humaine est indissociable de la volonté créatrice et de celle du créateur lui-même. Le travail au laboratoire la renforce par une sorte d’osmose si je puis dire due au contact fréquent. Cela montre d’ailleurs que le travail au laboratoire est de l’ordre de la spiritualité.

 

Inutile de spécifier la nécessité d’un état d’esprit de l’opérateur similaire par sa pureté. L’esprit du cosmos qui nous a donné les tables de la loi ne saurait répondre à une approximative bonne volonté, mais à un esprit sain qui se renforce chaque jour comme la matière condense l’Esprit dans l’athanor.

 

J’entends d’ici les incorrigibles spiritualistes à tête de fourneau déblatérer de long discours sur l’inanité d’une alchimie au laboratoire. C’est désespérant car je ne sais comment leur enfoncer dans le crâne que la forge de Vulcain ne fut pas créée pour rien.

 

Sans cette connivence entre créateur et être créé, à travers ce dénominateur commun qu’est l’Esprit, l’alchimie ne pourrait exister. Sans cette alliance sacrée de l’ordre de l’impondérable l’élaboration du microcosme philosophal devient une folie.

 

J’ai parlé d’images issues du laboratoire car nous sommes en alchimie, mais les images peuvent avoir une autre origine. Lorsque nous laissons agir en nous des clichés comme celui du graal ouvert tel le calice d’un bouton d’or épanoui au soleil, nous accueillons en nous l’action de l’écriture secrète de la nature.

Regarder une plante au soleil entouré d’être butineurs voir les lances du soleil féconder les êtres, caresser la fleurs et traverser la goutte de rosée qui miroite d’esprit, c’est cela lire l’écriture secrète de la nature. Vous pouvez penser que c’est devenir poète, c’est vrai, mais cette poésie est lecture des secrets de la nature par des contemplations sur les magnificences de la vie. Savoir s’arrêter devant un calice de fleur qui s’ouvre au bord du chemin est une assurance que bientôt l’écriture secrète de la nature sera à notre portée et que même le bruit « incohérent » des orchestres d’insectes formera l’étrange mélodie d’un texte déclamé… « Que ceux qui ont des oreilles entendent » disait le Christ… encore faut-il avoir des oreilles !

 

C’est la raison pour laquelle les anciens chrétiens (avant 1054) disait qu’il existe deux livres sacrés qui transmettent le même message : celui des Écritures et celui de la Nature, ce que n’ignoraient pas les alchimistes chrétiens comme dom Belain ou Pierre-Jean Fabre.

 

4 La pierre philosophale.

 

En ce lieu, nous sommes évidemment au cœur du sujet. Il ne peut porter ses fruits que par l’accomplissement des six autres étapes. La lecture de ce qui précède a due vous en convaincre. Tout cela doit évoluer à son rythme sans vouloir à tout prix bousculer les choses.

 

Lors de la création Dieu imprégna le monde de son esprit afin que toutes choses puissent exister. De se fait l’Esprit est présent partout et tout peut faire office de matière première sur laquelle œuvrera l’alchimiste.

Inutile de souligner combien la différence est grande avec la science matérialise. Il n’existe même pas de rapport possible car la science travaille sur la matière et l’alchimie œuvre par l’intermédiaire de la matière. L’un travaille sur le visible l’autre sur l’invisible sur lequel aucun protocole expérimental matérialiste ne peut s’élaborer.

 

Le choix de la matière première est restreint du simple fait que toutes les matières ne sont pas faciles à fondre ou à pulvériser.

Par ailleurs toutes ne sont pas imprégnées d’esprit de la même manière. Les plus appropriés sont des métaux qui ne sont pas encore des métaux, du moins en apparence. Nous avons le mercure qui est à l’état liquide et n’est donc pas encore métallique. D’autres minerais présentent des conditions tout aussi intéressantes. De ce fait les alchimistes ne travaillèrent pas toujours sur la même matière, ainsi Fulcanelli oeuvra pour la voie sèche sur l’antimoine et la cobaltine mais en suivant le même principe d’élaboration.

 

Le fait de s’adresser aux créations les plus anciennes, car plus « proche » du début, désigne le monde minéral car les végétaux et les animaux contiennent, eux aussi, l’Esprit, mais leur degré d’évolution, de spécialisation, les rendent impropres à l’œuvre car trop éloignés du fiat lux.

Si l’on voulait définir la matière première ce serait comme étant une parcelle du chaos originel.

 

Il est un autre phénomène auquel l’alchimiste prête la plus grande attention : Quand on chauffe une matière son esprit s’échappe et de ce fait c’est une matière morte alors que sa composition chimique n’a pas changé.

Nous trouvons un phénomène inverse lors de la messe dominicale (avant 1968) lorsque le prêtre (correctement ordonné après les six ordres nécessaires) consacre les hosties qui deviennent sacrées alors que leur composition chimique n’a pas changé.

À ce moment, par imposition des mains, le prêtre leur insuffle l’esprit provenant du Christ à travers la succession apostolique qui remonte, (par imposition des mains d’une génération d’évêque à l’autre à travers les siècles) au feu-Esprit de la pentecôte.

 

L’Église traditionnelle et non traditionaliste est éminemment alchimique tant à travers ses ordinations ses vêtements sacerdotaux notamment leur couleur, qu’à travers l’agencement de ses rituels aujourd’hui disparus depuis près de 50 ans maintenant. Eugène Canseliet l’a démontré à plusieurs reprises, ainsi l’étole du prêtre qui se croisait sur sa poitrine n’est autre, cabalistiquement parlant, que l’étoile, concrétisée par le croisement correspondant au creuset. L’étole croisée c’est l’étoile dans le creuset de la voie sèche, etc.

L’étoile se manifeste en fin de coagula. Cette particularité du vêtement ecclésiastique a été périmée par le concile Vatican II.

Quant à la voie humide elle utilise plusieurs procédés de captation de la rosée, l’un en traînant des draps sur l’herbe, l’autre en captant cette rosée nocturne par différents procédés dont le plus courant est une substance fortement hydrophile.

Dans toutes les voies Solve se caractérise par une liquéfaction qui permet de capter l’esprit et par coagula ou solidification (ou fixation) qui permet de fixer cet esprit, ainsi capté, dans la substance.

En résumé la pierre philosophale est une substance quelconque « débordante » d’esprit à un tel degré qu’elle acquiet des propriétés régénératrices et transmutatoires.

 

5 La correspondance entre microcosme et macrocosme.

 

Cet aspect est décisif au point de permettre de saisir les points 6 et 7 qui en découlent.

À tout ce qui se déroule dans l’univers correspond dans la matière première en gestation et dans l’être humain un processus miniature analogue.

Nous savons que l’alchimiste recrée, en imitant Dieu, un « monde » à partir d’un reste de chaos originel. Cette matière animée va évoluer jusqu’à manifester des correspondances avec l’univers et l’homme. Mes derniers articles sont suffisamment évocateurs à ce propos.  RENNES LE CHATEAU L’esprit de Brénac, trésor de Saunière.

Mais l’alchimiste découvre surtout les correspondances entre lui-même et l’univers afin de pouvoir établir un lien de plus en plus solide avec lui qui verra son apothéose dans l’Adeptat final ou de citoyen du monde il devient citoyen de l’univers.

 

L’homme en se concentrant sur ce qui se déroule en lui et dans l’athanor parvient intuitivement et par analogie et liens cabalistiques, à saisir les processus se déroulant à l’extérieur dans le cosmos.

 

Par exemple, en méditant sur toutes les analogies de l’œil récepteur de la clarté qui fut formé par, et pour, la lumière du soleil. L’œil a une nature solaire que le symbolisme du soleil, un cercle avec un point au centre, traduit fidèlement.

 

De cette manière il devient possible de connaître la totalité de l’univers à travers l’intérieur de l’être humain. Àu moment où l’astrologie était une science initiatique c’était le but recherché et illustré par les anciennes gravures représentant les correspondances entre les organes et les signes du zodiaque. C’est ainsi que se développe le sens des correspondances entre l’homme et la totalité de la création.

 

D’autre part une certaine concentration sur le cœur humain fournit une connaissance de la nature du lion qui est, évidemment, à l’extérieur de lui-même. Il ne s’agit pas là de théorie ou de mots en l’air.

 

Le programme est le suivant : en s’observant lui-même et en observant sa matière en devenir dans l’athanor, l’adepte découvre les chemins particuliers conduisant au grand univers après que naîtra en lui un solide sentiment de ne faire qu’un avec le tout cosmique. Évidemment cette progression est patiente à l’image de ce qui se déroule dans l’athanor.

 

C’est ainsi qu’il étend son organisme à la totalité de l’espace. On parle alors d’homme galactique. Cet homme se trouve en tous les êtres et devient capable d’éprouver le sentiment de divine béatitude.

Ainsi il s’élèvera en laissant la peau du vieil homme comme l’illustre la dernière planche du Mutus Liber.

 

mutus liber finDernière planche du mutus liber.

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commentaires

Michel Palacin 14/10/2011 17:31


J'apprécie vos articles par leurs cotés ouverts et sarcastiques L'envolé de l'écriture me plait ,rien de figer tout reste et peu etre travailler sur sont introspection intérieure sans heurs vis
avis de vos lecteurs (ces)
Vérifions tous et toutes que notre Alchimie personnel ne soit l'indignation de notre propre ombre réalisme sans complaisance a l'autre ,alors que de l'autre je suis lui ou elle ,tout en prennent
l'autre pour un crétin au seul aspect de la différence physique ou vestimentaire qu'il suscite ou par un Langage (vocabulaire) qui ne ce veut plus etre le notre réussite d'échelle sociale
oblige..!
Ma question : Pourquoi ""TOUT "" et de tout temps fut entre RHONE et GARONNE ??
Occitan de Brulures bien a vous toutes et tous . .


Hermophyle 19/10/2011 13:53



Voila un beau message dont je suis friand (miam !) de l'envolée réaliste.


De tout temps Tout est entre O le soleil et C la lune luminaires nécessaires


pour communier avec l'univers et la Vie. Le pays d'OC a cette particularité


qui en a fait le pays de cocagne et celui de l'art sacerdotal. Combien les troubadours avaient une noble tache de transmettre celà.



Guern de Bé 23/05/2011 20:37


"Toutes ces horreurs dans le crime impuni perpétré au nom de la productivité ne peuvent que provoquer un brusque renversement de notre axe, une véritable inversion de nos pôles d’intérêts. Y
aura-t-il un élément déclencheur ? peut-être. En tout cas ce ne sera pas moi, je suis trop idiot pour ça ! "
Seriez-vous trop idiot pour devenir végétalien pour justement lutter contre "ces crimes impunis perpétrés au nom de la productivité" ?
Je note que vous faites souvent des petites phrases contre les végétariens...Pourtant il n'y a que de bonnes raisons de l'être : la consommation de viande est productrice de pollutions, de
déforestations, de souffrances animales (notez que nous mangeons essentiellement des mammifères, dont nous faisons partie, et également de bébés de mammifères (agneaux, veaux) et même les vaches et
les cochons sont de jeunes adultes (ils peuvent vivre entre 20 et 35 ans dans l'ordre "naturel).
Je ne pense pas qu'être végétariens soit une tare, c'est juste prendre conscience que la planète ne peut pas supporter autant de carnivores. Les Chinois, les Indiens veulent aussi leur part de
beefsteak et nous serons bientôt 9 milliards d'humains sur cette terre, alors que déjà il y a 1 milliard de gens qui meurent de faim...Pourquoi ? 1kg de viande = 15 kgs de céréales. Pas besoin
d'avoir fait polytechnique pour savoir qu'on peut nourrir beaucoup plus de personnes en étant végétaliens que carnivores. Le problème, c'est qu'on mange des protéines animales dans tous nos plats,
alors que nous pourrions très bien être un peu plus frugales, sans se priver tout en étant solidaires du reste du monde... Je veux bien croire qu'on puisse être alchimiste, dans l'absolu, en
mangeant de la viande (quoique...la viande, ce sont des êtres vivants capables de souffrance), mais de nos jours, ce n'est pas possible. La consommation de viande aujourd'hui, c'est juste soit de
l'inconscience, soit de l'ignorance, mais je crois surtout que c'est de la lâcheté (les personnes qui défendent ce mode alimentaire refusent d'aller voir ce qui se passe dans les élevages et les
abattoirs). Car si on prend le problème de fond, soit on devient végétalien, soit on se met dans le camp des barbares. On accepte de manger des animaux qui subissent ce qu'on vécut les juifs dans
les camps de concentration : allez regarder les vidéos sur internet : le site de http://www.l214.com/) . Si vous en avez le courage...
Il n'y a que des bonnes raisons d'être végétariens (la santé de la planète, la nôtre et celle des animaux !), alors que les omnivores n'ont que deux arguments pour défendre leur consommation
barbare : "on a toujours fait ça" et "c'est si bon"...
Deux arguments dont on peut dire qu'ils sont réactionnaires...et faux ! On n'a pas toujours été des mangeurs de cadavres (sauf en cas de famine, on bouffait même des rats ou des os à moelle), et le
"c'est si bon !"... Si j'étais provocatrice, je vous dirais que je suis pédophile et que c'est juste parce que je trouve ça... si bon !
Mais je ne le dis pas parce que la pédophilie, c'est illégal...


Hermophyle 23/05/2011 22:45



Désolé d’avoir pu heurter vos croyances qui ont leurs droits, comme toutes les croyances, d’exister au soleil.


Les petites phrases que vous m’attribuez contre les végétariens n’avaient pas pour but de stigmatiser qui que ce soit. J’ai voulu dire, et une relecture vous convaincra, qu’il n’est pas
raisonnable (sous peine de manifester un véritable intégrisme) de vouloir convaincre qui que ce soit à un régime alimentaire. C’est à chacun de découvrir ce qu’il souhaite faire. Dire que
l’alchimiste ou qui que ce soit doit être végétarien est une opinion qui n’est pas en harmonie avec toute recherche spirituelle qui repose sur le libre choix.


C’est le fond de mon propos, sans cela je n’aurais pas d’amis végétariens, et ces amis n’ont jamais cherché à me « convertir » aussi quand je suis invité par eux je fais un délicieux
repas végétarien et ne cherche pas à les rendre non végétariens !


 


Avec toute mon amitié.



Montredon 23/05/2011 07:35


Ce que vous décrivez, ne vous en déplaise, correspond "mutatis mutandis" à une vraie démarche écossaise, bien comprise et pratiquée dans les règles.
J'ajoute qu'en alchimie vous avez aussi pas mal de farceurs . Pour ce qui concerne l'imagination - l'imaginal - je vous renvoie à Henri Corbin...
Les exigences sont les mêmes dans les deux voies.


Hermophyle 23/05/2011 09:36



Bonjour,


Mais cela ne me déplaît pas (pour répondre à votre « ne vous en déplaise ») que mes quelques aspects de l’initiation alchimique correspondent « mutatis mutandis » à une vrai
démarche écossaise bien comprise et pratiquée dans les règles.


Il est vrai que parfois emporté par mon exaltation un peu saignante je ne fais pas ami-ami avec les Francs-Maçons mais je ne touche jamais à la Franc Maçonnerie. J’ai la même attitude envers les
curés, car je ne touche pas à l’Église fondamentale qui est alchimique quant elle est bien comprise et pratiquée dans les règnes traditionnelles et non traditionalistes.


Je souligne assez souvent que le temple maçonnique est un temple « bourré » de symboles alchimiques et de ce fait ne me voyez pas surpris de votre remarque. J’ajouterais que j’en suis
heureux.


Le problème est que le laboratoire alchimique n’est pas la tasse de thé des FM. L’écrasante majorité n’a pas saisi (ou ne veux pas saisir) que l’œuvre au laboratoire est œuvre spirituelle. Si
cela n’est pas intégré l’alchimie est totalement incomprise et le maçon ne saurait accéder au grade de maître.


 


Oui il y a pas mal de farceurs en alchimie comme il y en a partout ailleurs. Je n’ai pas lu une ligne d’Henri Corbin, et d’autres auteurs que je connais parfois personnellement, pour les raisons
que vous évoquez. Mais Henri Corbin est-il alchimiste ?


Dans mon article je parle du corpus fondamental de l’alchimie, après 40 ans de recherche passionnée, et non des concepts de certains alchimistes ou de ceux qui se disent tels.


 


Bien à vous.



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