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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 18:03

 

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La patronne des alchimistes est sans conteste sainte Barbe, celle qui trône discrètement dans cette ancienne chapelle castrale du village en ruine de Périllos. Malgré l’usure du temps ce lieu reste sacré, c’est un germe de vie, niché dans le massif des Corbières, qui pose l’énigme du feu secret des alchimistes. C’est un lieu à l’image de cette grotte ou vécu le plus vieil homme d’Europe (homme de Tautavel) découvert dans la grotte dite « Caune de l’Arago » nom suffisamment suggestif — désignant, par analogie paillarde, un creuset — pour me dispenser de philosopher sur des grossièretés et surtout de me faire déchiqueter par les dames vertueuses en furie.

À Périllos, les mannes de son richissime châtelain Raymond de Perillos, d’hermétique mémoire, plane en ce lieu où il repose au sein d’un espace sacré, beaucoup plus sacré que l’île de Malte dont il fut le souverain Grand Maître. Ce village abandonné est maintenant fusionné à Opoul. C’est ainsi que disparaît le flamboyant passé d’un des plus grands seigneurs du roi d’Aragon qui eut juste le temps, dans un message d’outre-tombe, de transmettre la flamme des trois poires alchimiques de son blason au garçonnet François Cambriel né tout à côté à la Tour de France.

Raymond de Perrillos était le dignitaire d’une prestigieuse société d’alchimistes des Corbières : les Frères Aînés de la Rose-Croix. C’était le bras droit d’une fameuse adepte en alchimie: Thérèse de Lubac. J’y reviendrais.

Je rappelle au passage que le corbeau était le premier grade des sept d’une initiation pré chrétienne et puissamment mystique, laquelle avait son temple dans les Corbières. Le second grade s’appelait l’occulte, avec ce que cela suggère comme formation. Le troisième grade était le guerrier qui s’est fusionné par la suite avec l’exorciste dans l’initiation chrétienne. Car être guerrier c’est combattre les forces du mal avec les armes de toutes les connaissances de l’occultes. Le quatrième niveau était le Lion ou l’accès au premier degré de l’illumination et donc une première manifestation de haute maîtrise. Le nom de golfe du lion est l’une des marques de ce degré comme les corbières sont la marque des corbeaux. Le cinquième niveau était un nom générique, c’était celui du peuple dans lequel vivait l’initié : Narbonne, Carcassonne, Gaulois, Occitan, Provençal, Razès… Certains de ces noms sont restés comme patronymes. Le sixième degré était le héros solaire… Je vous dispense du dernier degré en précisant que ces initiations n’avaient rien d’un tourniquet cérébral, et que le moi devait être un peu moins majestueusement et tonitruant que celui de nos bretteurs en occultisme, toutes catégories confondues.

Beaucoup plus tard, à partir de l’an mil environ le centre de formation alchimique fut Montpellier autour de la faculté de Médecine ou la dimension altruiste nécessaire pouvait se manifester en toute efficacité. De ce fait, les personnalités de la ville furent des hauts dignitaires de la science d’Hermès. Ce fut le cas pour le Lieutenant Général du Languedoc, le comte de ROURE qui fut, en 1697, à la tête du petit groupe d’alchimistes des Frère Aines de la Rose-Croix. Son bras droit était LAMOIGNON de BASSEVILLE, chef de la maréchaussée.

C’est Basseville qui insista pour que la future place royale de Montpellier, que l’on peut admirer de nos jours, porte le nom de Peyrou. Cette appellation n’est pas anodine et signifie beaucoup plus de choses que « la pierre » selon l’expression occitane. Elle désigne la pierre alchimique, et cela d’une manière géographiquement précise. Le mont du Peyrou de Montpellier est l’écho d’un autre Peyrou qui donne un certain relief à l‘énigme de Rennes le Château inséparable des mystères alchimiques.

Le responsable successeur de ROURE fut, en 1706, Thérèse de LUBAC qui eut la réputation d’être une grande adepte admirée de tous pour son grand savoir et qui n’était pas sans rappeler celui de la reine Christine de Suède décédée quelques années plus tôt en 1689. Cette grande dame de l’hermétisme eut comme bras droit le grand seigneur aragonais, Raymond de Périllos qui fut aussi grand maître de l’ordre de Malte. Sa fortune fut aussi brusque que mystérieuse, fortune qui rendit soudain richissime une modeste famille de petit châtelain du village de Tautavel dans les Corbières.

Lamoignon de Basseville ne pouvait que connaître son sucesseur Raymond de Périllos puisqu’ils étaient ensemble dans le même groupement. Il y eut donc des échanges et des secrets confiés à des frères en Hermès, car Perillos était sans descendance. (voir mon livre Rennes le Château le carte des trésors)

Entre les villages de Opoul et Vingrau, au bord de la route départementale D8 (ancienne D9) est un mont de 351 mètres qui jadis s’appelait Pilou Mont PEYROU, c’est-à-dire Tas du Peyrou. Dans les cartes IGN actuelles ce lieu est devenu mystérieusement Sarrat de Montpeyrous, c’est-à-dire Colline du Mont Peyrou.

Il semble que nos géographes se soient renseignés à des sources locales qui employèrent différents termes occitans pour désigner la même chose. Ces noms qui changent d’une année à l’autre sont révélateurs de la carence linguistique de nos géographes paumés qui font valser les terminologies sans pitié pour ceux qui s’égarent en consultant  leur chef-d’œuvre lyrique.  

Si mon délire paranoïde exprime ses états d’âme, il vous parle de complot car en plus de changer le nom de lieu de Pilou mont Peyrou en Sarrat Montpeyrous, l’entrée de cette zone est interdite car c’est un champ de tir pour bombe atomique, enfin presque ! alors il est bien gardé comme s’il était une succursale du palais de l’Élysée.

Quoi qu’il en soit, le mont du Peyrou (ancien mont de l’Echine) de la place royale du Peyrou à Montpellier rappelle ce « mont creux » (Mont cau en occitan) ou aiguille creuse du pays de Caux de Maurice Leblanc, dans lequel Arsène Lupin découvre la cache des trésors du royaume de France. Fin du délire aussi sévère qu’aigu !

Cela étant dit le mont Peyrou, non loin de Périllos, n’est pas sans attirer l’attention car l'alchimiste Lamoignon de Basseville, cet amis de Raymond de Périllos,  aurait pu choisir un autre nom pour perpétuer la mémoire des rois de France à Montpellier. Croyez-le ou non je digère mal cette coïncidence qui provoque chez moi des bouffées délirantes.

Je me suis égaré quelques instants dans les méandres de l’énigme de Rennes le château. J’espère que vous me pardonnerez ce bavardage qui vous a fait perdre le fil d’un propos axé sur les saints dépositaires du feu secret des alchimistes comme saintes Barbes du château de Périllos.

 

À côté de sainte Barbe saint Éloi apparaît dans toutes hagiographies comme le maître du feu. Il est analogue à Prométhée qui déroba ce feu mystérieux des forges de Vulcain (lire feu du ciel ou du soleil) et dont les alchimistes ne peuvent se passer.

À ce feu provenant de Vulcain et Hélios (Ellie), Fulcanelli (union de Vulcain et Hélie) rendit le plus juste hommage en son pseudonyme signant ses deux chefs-d’œuvre sur l’Art d’Hermès.  

Oui, ce feu est aussi simple qu’évident et dont les « branchés » — je me demande d’ailleurs à quoi peuvent être branchés les snobinards — incorrigibles bavards le comparent à celui aussi furieux que destructeur de nos centrales nucléaires.

Éloi est tout à la fois orfèvre et forgeron, il est celui qui travaille exclusivement sur l’enclume. De ce fait, certains alchimistes eurent un patronyme prédestiné (ce qui ne doit surprendre personne), tel le docteur Pierre-Jean Fabre (fabre = forgeron en occitan) de Castelnaudary qui fit son apprentissage spagyrique en la Faculté de Montpellier en ces années, de poule au pot, où régnait le bon roi Henry IV.

En qualité de forgeron, notre saint changeait très souvent les fers des bœufs et des chevaux. Pour y parvenir il lui fallait placer la bête dans un appareil appelé « travail » afin de la maintenir pendant qu’on lui clouait ses fers

Notre orfèvre forgeron quelque peu fatigué de se baisser pour attraper une patte ne trouva rien de mieux, nous dit la légende, que :

« afin de ferrer plus à son aise un cheval rétif, saint Éloi lui aurait coupé une patte de devant, l’aurait placé sur son enclume et après avoir ferré le sabot, l’aurait rajustée. D’après une variante ce miracle aurait été accompli par son compagnon qui n’était autre que le Christ déguisé » (in Iconographie de l’art chrétien, tome 1, page 422 PUF, Paris 1955)

Notre bon st Éloi est au-dessus des lois et nous coupe les chevaux en quatre. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il insiste sur les pieds de la cavale ou groupe phonétique pour s’exprimer en vers et contre tout (secrètement). En d’autres termes st Éloi va forger, en bon orfèvre qu’il est, des mots reposant sur la phonétique, pratique linguistique encore appelée cabale bien connue sous le nom de langue des oiseaux.

Une peinture pariétale de la cathédrale de Bayeux montre par ailleurs l’orfèvre en train de travailler un calice tandis qu’à côté de lui un enfant lui tend l’extrémité d’une jambe de cheval.

Tout cela rappelle certes la légende. Mais au-delà de la puérilité populaire cette œuvre recèle, on s’en doute, une dimension éminemment symbolique.

Le mot sabot est utilisé en symbolique alchimique car ce mot est polysémique et permet donc de tenir un double langage. Celui qui s’adresse à une chaussure en bois ou celui qui s’adresse à une toupie.

Si le sabot du cheval possède un plan solaire, (partie concave de la voûte plantaire formée de corne sèche) c’est-à-dire une sole en forme de lune, il unit symboliquement le soleil et lune non pas pour jouer sur les mots et en faire un discours intelligent et surtout pléthorique mais pour désigner le rayonnement des deux luminaires dans ce qu’ils ont de nécessaire au laboratoire. L’un était le relais et le filtre de l’autre afin que la matière puisse s’en rassasier. C’est grâce à l’effet de ces deux astres que la dimension spirituelle du laboratoire grandit de jour en jour. Le sabot a donc sa raison d’être dans l’iconographie religieuse.

Le sabot est aussi une toupie dont le profil est en forme de croix. Elle reproduit le signe graphique correspondant au nom vulgaire de la matière utilisée. C’est le globe crucifère, inverse de celui de Vénus, que Dieu, le Christ et quelques empereurs (y compris celui du tarot) sont représentés tenant dans la main.

Je vais être un poil folichon en affirmant, avec mes gros sabots, que l'alchimie consiste à prendre son pied !

Quant au graal, il semble totalement étranger au sabot. Le mot graal dérive de l’occitan grasal qui désigne un plat en terre cuite, ce qui me dispense d’explication après ce que je viens de dire sur la toupie. Graal et sabot sont une seule et même chose.

Mais le graal est aussi d’ordre mystique et bien concret fort bien décrit par la mystique sainte Catherine Emerik. C’est un calice à deux anses qui fut cédé à Abraam par le souverain prêtre Melchisédech. Il existe bel et bien sur terre en un lieu verrouillé. Le chemin passe d’abord par la découverte du graal alchimique.

Excusez-moi si j’arrête là mon petit topo car il y a devant moi une barrière que je ne puis franchir.

Un conseil cultivez une humeur chevaline et vous avancerez au triple galop !

Avec toute mon amitié.

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commentaires

CHristophe THOMAS-CASTELNAU 20/06/2014 15:10

Peut etre qu'avec souffle de veux pieux en Redae il fut avec souffle pieux et pénitence avec chien déposé dans crypte du 17 pour ensuite servi parce que les dignitaires et conté à partager le pain rond et Escarlmonde le fit voyager en peau de bouc, par gardien équestre, blanche par ritou l'a emporté avec elle pour ensuite l'amoureux de Marie l'entrepose en attendant le terme des 700 ans sous l'oeil de la tempérence ..... 310

CHristophe THOMAS-CASTELNAU 20/06/2014 14:47

Peut etre que sur redae il fut par celui en souffle d'esprit déposé, par bons hommes servit pour pain partagé , alors ensuite de blanche mis en tombe pour etre déplacé

douzet 29/11/2012 11:07

Bonjour...
tt d'abord je suis emballé par votre présentation et votre travail. ensuite je serai heureux de pouvoir l'inclure sur nos colonnes en respectant votre propriété entière du travail comme il se doit.
Ensuite je serai peut-être à même de vous apporter d'autres éléments... chevalins... sur le secteur car un dernier de nos travaux non encore entré sur les colonnes est terminé sur la question de ce
sympathique équidé sur ce secteur... enfin le triple galop? oui sans doute... mais alors en échange je vous proposerai simplement 'le pas du cheval', non? ;-) au plaisir de vous lire. andré douzet

Hermophyle 02/12/2012 17:31



Bonjour,


C'est avec très grand plaisir que je vous permet d'inclure dans vos publications les articles qui sont dans mon blog.


Il me tardes de lire votre article sur le cheval qui est si imprtant en symbolique. Je dois vous confier qu'en parlant de la gent chevaline je pensais à Fernadel ! :-D au plaisir de vous lire.


Léon Gineste.



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