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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 16:30

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Si je griffe parfois les francs Maçons (mais jamais la franc-maçonnerie que j’ai en très haute estime) je dois tout de même signaler  qu’il est, en leur Loge, un état d’esprit très louable. Je ne parle pas de la fraternité qui n’est souvent qu’une façade comme l’illustre si bien la mort solitaire et triste, dans une chambre d’hôtel à Montpellier, de leur « frère » Serge Hutin qui a tant œuvré pour l’ésotérisme et son histoire.

En fait, je trouve des plus heureux qu’il puisse exister, chez les maçons, des zones d’échange où chacun apporte sa conception particulière relative à n’importe quel problème. J’approuve donc complètement ce « landmark ». De ce fait, les échanges ont l’heureuse particularité de ne pas dégénérer en bagarre de chiffonnier mais de se dérouler dans l’harmonie.

Comme j’ai mauvais caractère, je dois vous avouer que j’aurais claqué la porte face à des psychologisants « spiritualo-dingos ». Je veux parler de ceux qui ne veulent pas sortir des rouages matérialistes de leur psyché qui « explique tout », et cela quelle que soit leur estampille, celle de Freud ou celle de Jung.  

L’étude de soi  est des plus heureuses pour rééquilibrer certains aspects de la personnalité. Mais une psychanalyse d’une durée qui dépasse cinq années est exagéré car c’est se soumettre à l’emprise d’un ego pervers qui adore contempler son nombril.

Alors comprenez, chères lectrices et chers lecteurs, que  la psychanalyse puisse s’assimiler à l’initiation, me fait sauter jusqu’au plafond ! Oui les intellos nous empoisonnent la vie en écrivant par exemple :

« Dans le monde moderne la psychanalyse rappelle le phénomène initiatique tant dans ses objectifs que dans sa démarche.» in Les maîtres de l’occultisme par André Nataf, p. 61, Éditions Bordas.

Ce « rappel » est en réalité une image inversée dans un miroir. Un peu comme la couleur rouge du plutonium, puissamment radioactif et mortel, est l’inverse de la pierre philosophale rouge. La première tue la vie, la seconde est donneuse de vie… et il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit !

Alors quand j’entends dire que « la psychanalyse renoue avec la pensée préaristotélicienne, » c'est-à-dire avec cette époque ou rayonnaient de grands initiés et ou fleurissait les mystères que ce soit ceux d’Éleusis, de Samothrace ou autres, je suis perplexe car tout ce qui était dit ou fait pour la formation des initiés était secret et puni de la peine de mort en cas de divulgation… d’où peut donc sortir cette assurance qu’il existe une parenté de pensée ?

La raison tendancieuse d’un tel rapprochement contre nature se devine aisément. C’est celle d’intégrer la psychanalyse à l‘ésotérisme maçonnique sous le prétexte fallacieux de lui redonner la notoriété des antiques écoles de mystères et de celle de la philosophie platonicienne… N’en doutez pas, c’est le Vénérable Lacan qui doit être content !

Tout cela bien évidemment n’est que mon opinion et de ce fait ça se discute. Mais, de grâce, si vous m’écrivez un courriel, ne me noyez pas dans un roman-fleuve car je ne pourrais vous répondre.

Avec ce genre de dérive psycho-intello amorcée dès le XIXe siècle, il est aisément compréhensible que le Grand architecte de l’univers ait pris un sacré coup dans l’aile et que la maçonnerie matérialiste fasse les choux gras des politiciens ! Ainsi, le palais de l’Élysée les reçoit en grande pompe comme il reçoit les représentants du Vatican. Cela, dirait le roi Ubu célèbre docteur en pataphysique, c’est l’apothéose de la spiritualité. Restons rationaliste jusqu’au bout en imitant le célèbre professeur Faustroll : Comparons la surface de l’Élysée à celle de Dieu. Mais oui, c’est ça la spiritualité com-parée !

Trèves de rigolades… Eh oui, ce qui a brisé les ecclésiastiques a brisé les Francs maçon… Je pèse mes mots. Alors chères lectrices et chers lecteurs faites bien la différence entre les ecclésiastiques et l’Église comme entre les Francs maçons et la franc-maçonnerie. Je ne mélange jamais les deux. Et dans les deux cas la politique n’a pas droit de cité à moins de ne plus savoir ce que spiritualité veut dire.

Parmi tous les landmarks anglo-saxon, il en est un capital. « C’est la croyance en l’existence de Dieu, considéré comme le Grand Architecte de l’Univers » (Jules Boucher)

Osvald Wirth précise avec justesse que : « L’initié qui comprend bien l’art ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux » Le mot libertin étant pris ici dans son sens ancien d’affranchi de la discipline et de la foi religieuse.

Dans cette conception du grand architecte de l’univers se trouve l’un des substrats fondamentaux de la franc-maçonnerie, mais souvent mal compris par les francs-maçons. C’est celle d’évacuer toute croyance afin de s’épanouir dans la connaissance. C’est seulement dans ces conditions que progressivement les anciennes croyances se transfigurent puis disparaissent pour  devenir notre propre substance. N’est-ce pas une définition de la laïcité ?

C’est le même chemin que devrait suivre l’Église qui était une avec la franc-maçonnerie avant que sa mystique ne soit remplacée par un intellectualisme réducteur dont Abélard fut le précurseur.

Telle est le monde de spiritualité que nous devons retrouver pour renouer avec la mystique de nos pères que ce soit celle de l’Église, de la Maçonnerie ou de la chevalerie…

Avec toute mon amitié.

 

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commentaires

Armanjac 08/01/2013 08:18

Bonjour,
J'ai lu votre article avec intérêt, aussi je me permet de vous signaler mon étonnement: Avez-vous vraiment lu l'oeuvre de Jung? Si oui, je comprend mal vos propos, justifiés certes, mais ne
concernant pas Jung. Sans vouloir polémiquer, il vous serait malaisé de me convaincre du contraire, mais ce n'est que mon opinion, pourtant sérieusement fondée. Il y aurait tant à dire, désolé de
devoir faire assi court...
Cordialement à vous.

Hermophyle 08/01/2013 16:11



Bonjour,


Oui j’ai vraiment lu l’œuvre de Jung et
plus particulièrement « Psychologie et alchimie » qui m’intéresse au premier chef car la dimension alchimique reste celle qui m’interpelle le plus.


Avant toute chose je sois spécifié que
l’œuvre Jungienne sollicite, beaucoup plus que celle de Freud, la démarche spirituelle. Cependant il ne saurait être pris pour modèle. J’ai donné les raisons essentielles dans mon article.


Dans le milieu de l’ésotérisme non
formaté il ne jouit pas de la même réputation que dans les centres initiatiques guénoniens. Dans son gros ouvrage sur l’alchimie il tente de soumettre à un examen fondamental le symbolisme
alchimique et les formes d’expériences psychiques profondes dans leurs rapports avec l’alchimie. Mon propos n’est pas d’apprécier cette tentative d’appuyer les théories jungiennes sur un matériel
exceptionnellement abondant réuni en 270 figures. Il s’agit de montrer les concepts biaisés de notre professeur coincidant d’ailleurs avec les mêmes égarements que ceux de Franz Hartmann. En
efft, l’autorité de Jug transforme un aspect tout à fait partiel de l’alchimie en une affirmation scientifique et à coup sur crédible à tout ceux qui par ailleurs partagent ses concepts.  La
thèse biaisée de Jung apparaît dans sa superficialité à qui l’envisage dans une perspective spirituelle élevée. En effet, selon cette thèse, les instructions et les images alchimiques se réfèrent
uniquement à l’interprétation des évènements qui interessent l’évolution psychique. Mais celui qui a suivi le chemin de l’alchimie pratique, au lieu de ratiociner à propos de son langage chiffré
et de son univers symbolique, celui-là constate : la fameuse pierre philosophale, l’élixir mystérieux peut-être préparé. Les grands maîtres immortels de l’herméisme, Basile Valentin, Isaac
le Hollandais, Nicolas Flamel, Berbard le Trévisan, Paracelse y compris le grand Isaac Newton,  praique, même s’ils s’expriment à mots couverts et en paraboles sans ambiguité dans leurs
écrits le chemin à suivre dans le travail


 Toute personne non prévenue qui a étudié leurs ouvrages doit aboutir à cette conclusion, sans qu’il soit nécessaire qu’elle trouve la clé
elle-même.


Donc quand il affirme que : « Il ne fait d’ailleurs pas l’ombre d’un doute que pendant des siècles où l’on a œuvré sérieusement,
aucune véritable teinture, aucun or artificiel ne furent jamais produits. On peut se demander alors : qu’est-ce qui a donc déterminé les anciens alchimistes à continuer imperturbablement
leur travail – comme ilsdisaient – leur opération et à écrire traités sur traités sur « l’art divin », puisque toute leur entreprise était d’une désolante inutilité ? »


Voilà pourquoi notre psychanalyste négligea la voie initiatique Occidentale qu’est l’alchimie pour nous parles de concepts orientaux. Quoi
qu’il en soit, d’autres temps sont à notre porte qui porteront un jugement différent.


En conclusion, si Jung fait une pareille erreur, qu’elle critique peut-on porter sur l’ensemble de son œuvre ?


Cordialement.



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  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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