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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 09:26

 

© 2009, Février 2012


Le titre de cet article, écrit en lettres majuscules, peut prêter à confusion pour les lecteurs distraits ou pressés, oubliant que l’Église n’est pas l’église. D’autre part Béranger n’est pas le nom d’un éventuel chef de secte, évangélique ou gnostique, mais le prénom de l’abbé Béranger Saunière l’ancien curé richissime de Rennes le Château dans l’Aude.

 

Donc, l’Église en question n’est pas l’église St Marie-Madeleine du village de Rennes le Château, c’est l’Église Romaine ou Église Catholique dont le curé du village devait entrer en conflit pour des raisons dont les fondements restent obscurs.

 

L’Église est donc l’institution qui au XIXe siècle (surtout depuis 1870) était traversée par des courants contestataires énergiques. En un étrange contrepoint, il en était de même avec la IIIe République de notre pays. Après un oubli de près d’un siècle elle venait de créer (en 1880), sous les hospices de la gauche républicaine anticléricale la fête nationale du 14 juillet. Cette fête ne manquait pas de contestataires car la violence de la prise de la bastille était critiquée par de nombreux députés. Mettre le sang à la fête n’était pas du goût de tous et particulièrement des chrétiens. Elle fut malgré tout proposée à l’assemblée par le député gauchiste Benjamin Raspail.  

 

220px-Prise de la BastilleLa prise de la Bastille


Inutile de dire que l’abbé Saunière, chrétien et royaliste, ne sera pas un fervent admirateur de ces festivités. Ainsi s’explique en partie son refus de laisser les pompiers accéder à l’eau de son logement pour éteindre l’incendie allumé par les feux d’artifice de cette  antichrétienne réjouissance.

Peut-être serait-il plus juste de spécifier à nos écoliers que le 14 juillet est la fête de la fédération et non celle d’un massacre.

 

1870, 1880, notre abbé audois sera donc pris en sandwich entre deux bévues institutionnelles : l’infaillibilité pontificale et la fête de la prise de la Bastille qui n’est pas sans contrepoint avec les massacres abhorrés de la Terreur ou la guillotine ne chômait pas. Le mélange des deux promulgations, à 10 ans, d’intervalle, a quelque chose de dramatique pour l’âme des plus raisonnables.

 

Cette fin du XIXe siècle apparaît, dans notre pays, comme une éclipse sur le plan spirituel. Et ce n’est pas le curé d’Ars qui pourra arranger les choses malgré toute sa sainteté.

 

Fidèle et droit, notre abbé devint quelque peu marginal. Il ne faut donc pas s’étonner des conflits avec son évêque, comme avec les politiques, désireux de rappeler à « l’ordre » ce pasteur récalcitrant un peu trop « libertaire » (dans une Église liberticide, vous l’avez compris.) autant dans sa manière de vivre que dans celle d’envisager son sacerdoce. La république aura la même attitude en lui supprimant pendant plusieurs mois ses honoraires pour prêche intempestive.

Son cœur était révolté… d’autant que venait d’être institué la fête du Sacré-Cœur de Jésus pour contrer le Jansénisme et le gallicanisme ancien reposant sur l’intégrité (et non pas sur l’intégrisme), l’amour non sentimental et la plus profonde honnêteté. Si le Sacré-Cœur, avec son amour fait de sensibleries a de quoi fédérer les foules, il est sans issue sur le plan de la réalisation de l’être. Sa fête fût instituée en 1765, elle s’étendit à toute l’Église en 1856.

 

N.B. Si sur le plan spirituel le Sacré-Cœur est sans avenir, il repose sur une puissante symbolique que l’alchimie met en évidence, d’où sa présence dans la demeure de Béranger Saunière (villa Béthanie).

 

Nous avons donc affaire avec un homme qui sait ce qu’il veut et ne s’en laissera conter par personne, surtout pas par son évêque.

 

Ainsi, dans un élan de lucidité qui le caractérise, notre curé aurait pu s’exclamer : « L’Église s’est-elle trompée ou me trompe-t-elle ? » . Vous vous doutez fort bien que l’ecclésiastique campagnard n’est pas resté longtemps dans l’expectative.

 

Notre curé manœuvra difficilement en eaux troubles puisqu’il fut attaqué par son évêque pour des raisons qui ne le sont pas, et cela de l’aveu même de Monseigneur qui l’accusait de trafic de messe (simonie) sans y croire. Cet aveu fut fait à l’occasion d’une réception chez un châtelain (Fondi de Nior) du diocèse. Où est la vérité sacerdotale ?   

Croyez-moi, il peut s’époumoner le mendigot de Nazareth à répéter à qui veut l’entendre en montrant de son index levé les cimes de la félicité : « En vérité en vérité je vous le dis ! ».

C’est cette difficulté d’intégration à l’actualité spirituelle et religieuse qui explique son attitude étrange. Dévoué à son sacerdoce il ne pouvait qu’être profondément perturbé par le comportement libertaire de la hiérarchie ecclésiastique peu regardante vis-à-vis des vérités fondamentales et essentielles du christianisme, dont on perçoit un lointain ressac jusque dans les discours de Jean-Paul II. Quand le journaliste Victor Missori lui demande :

 

« Ce n’est pas par hasard que les catholiques vous appellent « très saint Père » ou « sainteté » ?

 

Lisez cette réponse attentivement car elle est lourde de sens et permet de comprendre Saunière, car des êtres intègres ne peuvent qu’être choqués, par cet état d’esprit qui perdure jusqu’à nos jours avec de folles prétentions d’œcuménisme impérialiste :

 

« Je peux me dire : « N’aie pas peur lorsqu’on t’appelle « Vicaire du Christ », lorsqu’on te dit « Saint Père » ou « sainteté », lorsqu’on emploie des expressions semblables, même si elle peuvent paraître contraires à l’évangile. »

 

Ça, pour être contraire à l’évangile, ces expressions le sont, et il ne s’agit pas d’une apparence ! D’ailleurs, avant que le patriarche de Rome ne s’autoproclame pape, face au patriarche de Jérusalem et à ceux d’Antioche et d’Alexandrie, l’appellation des patriarches était : « Votre béatitude » lors des auditions et « Sa Béatitude » dans le courrier.

 

Je souligne en passant que les papes ont toujours voulus placer leur autorité au-dessus de celle des conciles pour des raisons aisément compréhensibles puisque le Concile de Nicée (325), présidé par l’empereur Constantin, avait proclamé l’égalité des patriarcats.

Écouter les conciles c’était donc anéantir le désir de suprématie du patriarcat de Rome. Vous vous imaginez aisément toutes les roueries déployées au fil des siècles pour en arriver à un souverain pontife à l’autorité autoproclamée quitte à institutionnaliser le mensonge comme celui bien connu des fausses décrétales (lettre de papes anciens rédigés par un faussaire français mais considéré comme vraies même actuellement car elle accrédite la supériorité des papes sur les autres patriarches) ou des fausses donations de Constantin.

Vous me croirez sûrement pas si je vous dis qu’il existait des monastères entiers fabricant de faux documents pour asseoir l’autorité du pape, document qui furent même utilisés par Paul VI (fausses décrétales) lors du concile Vatican II et cela pour « prouver » que le pape était supérieur au concile, même si 80% de évêques (non ignorants par définition) avaient voté pour la démocratie conciliaire… Nous sommes encore loin d’être sorties de l’auberge ! Vous vous imaginez la rigidité étouffante du XIXe siècle dans lequel un homme plein de vie et de sincérité tel Béranger Saunière se débattait.

 

N. B. Outre l’alchimie et la mystique fondamentale, j’ai abordé tous ces sujets dans mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale, que certains vendent 110 € d’occasion sur internet. Bonne nouvelle, je puis vous le procurer neuf pour 39€, port 1€… Nombre très limité.

 

Ces histoires, pas très catholiques, ça affûte les dents et l’on comprend mieux ceux qui « bouffent du curé » ! C’est un chrétien qui vous le dit… pas un Franc Maçon, pas un libre penseur, pas un coco mais bien un chrétien !

Le Christ n’est plus au cœur de la vie de l’Église. Que les théologiens qui manient avec brio l’apologétique se taisent ! Trouver des arguments, aussi séduisants que fallacieux, pour masquer le mensonge ne fait pas partie de la philosophie chrétienne. Et Saunière ne devait pas penser autrement tout en assurant le plus sérieusement du monde son sacerdoce.

 

Mais revenons au texte de Jean-Paul II :

 

« En effet, nous dit le bientôt saint homme, le Christ lui-même n’a-t-il pas dit : « Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus appelé maître, car vous n’avez qu’un seul maître : le Christ. » (Mat. XXII, 9 -10)

 

Traduction :

 

« N’ayez pas peur de tricher puisque je vous y autorise car en qualité de vicaire du Christ je reçois mes instructions directement de lui. »

 C’est une supposition ou une erreur ? C’est à vous de juger.

Allez n’ayez pas peur de falsifier, appelez tous les prêtres père ou abbé (abbé signifie père) – Alors que leur vrai nom est « révérend » – et moi-même pape (pape est aussi un synonyme de père) alors que sa véritable appellation est, comme celle de tous les patriarches : « Votre Béatitude ».

 

De grâce, n’ayez pas peur puisque vous avez ma bénédiction qui n’est autre que celle du père du Christ. Pardon pour ce lapsus. Vous allez finir par croire que ma plume est trempée dans le vitriol… 

 

Vous voyez la sauce piquante ? Je suis d’accord avec vous, elle est indigeste ! Bon, j’ai la dent un peu dure, peut-être bien que oui, peut-être bien que non, ça dépend évidemment du degré de conditionnement et de « papiste » inconditionnel qui sommeille en chacun de nous (et que les politiques de tous bords soutiennent – en gardant sous le coude les musulmans – puisque c’est bon pour les urnes) et surtout du niveau d’information que l’on souhaite acquérir…

 

Qui ne fait rien n’a rien et roupille paisiblement dans son ornière en attendant d’être emporté avec les balayures. Les dormeurs, c’est connu on leur fait avaler toutes les couleuvres, ils ne s’en aperçoivent même pas. N’en doutez pas, le catholicisme actuel n’est pas catholique, il est réellement l’opium du peuple, et je dis ça en étant profondément chrétien ! Excusez-moi de me répéter. Les politiques le savent, et comme le catholicisme est devenu une idéologie religieuse dictatoriale dans un gant de velours, l’avenir s’extrapole aisément.

 

Avouez que le sincère disciple du Christ qu’était Béranger a dû traverser, dans sa lucidité, des moments difficiles.

 

Dans l’Église des « cato », on n’autorise la réflexion que dans les sentiers gardés, les sentiers battus. Pour cela on emploie l’omission des évènements gênants. Les épluchures qui dépassent et risquent de dévoiler le pot aux roses, sont passées sur le lit de Procuste. Telle est l’œuvre des apologistes au verbiage jésuitique spécialistes de la langue de bois.

 

Donc, les « vérités » proclamées sont imposées avec arbitraire par une autorité souveraine et inhumaine (attrapez le sida, mais ne mettez pas de préservatifs). Cela à partir du moment où, en 1870, le pape fut déclaré infaillible à l’occasion du concile Vatican I. C’était un retour à l’impérialisme de la Rome antique avec la déification du souverain, faisant du pape l’égal d’un dieu en s’autoproclamant vicaire du Christ.

Cette démarche malheureuse donne à la hiérarchie de juridiction, hiérarchie non sacrée car non assujettie à une ordination, tel le grade de chanoine, d’archevêque, de cardinal ou de pape une valeur qu’elle n’a pas.  Soyons clair : le pape, tout comme un cardinal, est promu, intronisé dans ses fonctions, mais ne reçoit pas d’ordination. La remise du pallium papal (bande de tissu passée autour du coup et ornée de 5 croix rouges) n’en est pas une, c’est une distinction honorifique comme une médaille. Le pape intronisé reste évêque comme tous les évêques. Donc, donner une dimension sacramentaire à une hiérarchie qui n’en a pas c’est tromper. Cela a le don de perturber bien des âmes profondément spirituelles amies de la vérité.

 

Qu’on le veuille ou non, cette attitude se situe à contre courant de l’esprit néo gallican (de Charles VII a nos jours) et gallican ancien et orthodoxe (de 1054 jusqu’à nos jours) qui a tant marqué l’histoire du Razès et dont les ruines de la cathédrale romane Sainte Marie d’Alet restent un des plus poignants témoignages. En ce lieu les romantiques, tel Prosper Mérimée (1803-1870), venaient se recueillir devant cette grandeur irrémédiablement violée par les guerres de religions alors que le protestantisme aurait pu s’en inspirer. En ces instants, où régnaient l’aveuglement et la violence, il y eut confusion entre le nécessaire dépouillement des esprits avec celui du temple chrétien.

 

À l’occasion de ses voyages à Paris Saunière rencontra des responsables de centre d’ésotérisme. Il les féconda par ses découvertes. Pour s’en convaincre il suffit de constater, aux alentours de 1892, une effervescence dans ces milieux à la suite de son passage. Référez-vous au tableau chronologique que j’ai placé à la fin de mon livre Rennes le Château la carte des trésors.

Pourquoi cette transformation si ce n’est par des explications fondées et véhiculées par notre curé érudit ?

 

Les centres d’ésotérismes, tout comme l’Église transmirent des erreurs qui s’amplifièrent tellement au fil des siècles que le christianisme commençait à perdre son vrai visage, pour le perdre totalement de nos jours.

Saunière démontra que la dégradation de l’Église provoqua une extension immense du mouvement occultiste dont le XIXe siècle connu un essor considérable. Cet élan reposait sur la faillite de l’Église dans son rôle fondamental d’enseignement de la théologie mystique.

 

À la fin du XIXe siècle les cinq ordres mineurs précédant le sacerdoce se dispensaient par quatre ou cinq à la fois, sans tenir compte d’une préparation intermédiaire nécessaire à une maturation.

Devant cet effondrement de l’Églises les ordinations furent récupérées par les loges pour en faire des degrés initiatiques.

 

Tout cela serait heureux pour les centres initiatiques si les différentes ordinations-initiations étaient précédées et accompagnées d’un travail spirituel digne de ce nom.

Donc, à leur tour les centres d’ésotérismes perdirent leur sens, accompagnant l’Église dans sa chute en se transformant tous deux en utopie spiritualiste reposant en réalité sur des idéologies politique ou syndicaliste. Aucun travail autre qu’intellectuel (et donc caduc) n’était fait.

Béranger Saunière assista impuissant à cela, il parvint cependant à leur montrer le fait. Il y eut un frémissement vite oublié, et les choses reprirent leurs cours : comme d’habitude.

 

Un de mes respectables professeurs de paléontologie humaine définissait l’homme comme adapté à l’adaptation. J’ai l’impression que cet honorable universitaire s’est mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Moralité : La fumisterie est reine du monde. Ce n’est pas Béranger Saunière qui me contredira. Et vous qu’en pensez-vous ?

 

Avec toute mon amitié. 

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commentaires

dom 03/03/2012 18:20

et de deux mon ami (langue du cheval)
la fumisterie est bien la reine du monde
l'art d'installer et réparer des cheminées
c est à dire à guider sur le chemin sur lequel nous cheminons
sur le chemin et ou dans la cheminée (du fonds de la )c'est le début de notre être
donc je souhaite à tous l avènement de cette fumisterie là
QU ELLE SOIT REINE ET SOYONS SES RAMONEURS!!!
je me lâche
crdt
dominique

Hermophyle 03/03/2012 20:40



J'aime les gens qui se lachent car ils acceptent leur dose de bétise et en rient. Je suis de cette eau et sans en être spécialement fier ça me fait du bien. Vive les ramoneurs, car les gens
bouchées en ont besoin. Ils sont les garants de la salubrité publique, car ceux qui allument des feux sont souvent des alumés. HIIIII hIIIII C'est pas moi qui pousse ce cris, c'est mon cheval !



Eugène Marron 17/07/2010 22:40


Puisqu'il ne faut pas confondre église et Eglise, permettez-moi de vous dire qu'il ne faut pas confondre hospices et auspices.
J'en passe, et des meilleures...
Tout celà fait que ce texte perd de sa crédibilité !


Hermophyle 18/07/2010 10:27



Bonjour,


 


En effet, il ne faut pas confondre hospices et auspices, puisque ces deux homophones n’ont pas le même sens.


En ce qui concerne la différence entre église et Église, cela n’a aucun rapport avec l’homophonie dont vous parlez, mais avec l’emploi de la lettre majuscule initiale. D’autre part il s’agit à la
foi d’HOMOPHONIE ET d’HOMOGRAPHIE, or il n’y a pas d’homographie entre hospice et auspice. Et vous avez raison de dire qu’avec de pareils procédés on peut dire n’importe quoi.


Tiens ! Au fait, pourquoi, avant d’attendre ma réponse, avez-vous mis ma crédibilité dans la balance ?


Permettez-moi de poursuivre la clarification des choses avec un exemple.


Dans le corps du texte il y a une différence importante entre les homographes et homophones hommes & Hommes. L’homme désigne l’être humain pourvu d’une barbe et d’un pénis alors que l’Homme
désigne non seulement le mâle de l’espèce humaine, mais aussi la femme. L’utilisation abandonnée de cette majuscule est le signe, à elle seule, de notre univers machiste.


En ce qui concerne l’église et l’Église, l’initiale majuscule à l’un des deux homophone et homographe, dans le corps du texte, indique des rapports de sens entre ces deux termes mais surtout une
importance plus grande, plus générale que l’autorise la lettre minuscule. Ainsi les églises sont l’abri de l’Église. Toutes deux ont un rapport avec l’ecclésia ou assemblée des chrétiens.


Dernière remarque : ma mise au point introductive n’est pas dépourvue d’humour,  j’ai badiné avec le lecteur.


 


Merci pour votre intérêt et votre critique.


 


Bien à vous.









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  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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