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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:49

© mai 2010.

 

Dans mes deux ouvrages Rennes le Château : La carte des trésors, et Hermestine, Rennes le Château, j’ai abordé la dimension alchimique de l’histoire de ce village dont le curé richissime reste une énigme et fait couler beaucoup d’encre. A tel point qu’un habitant du village me disait :

« Ici il y a eu et il y a encore tellement de magouilles et de mystères que les écrivains s’en donnent à cœur joie et publient des livres à n’en plus finir. Sans exagérer on peut dire que la rivière Aude qui coule au bas du village devrait s’appeler fleuve noir »

 

Vous vous doutez qu’il y a beaucoup de choses à dire sur cet énigmatique curé de campagne, aussi mes deux livres n’étaient pas assez volumineux pour contenir le fruit de mes recherches qui au fil des ans s’enrichissent de diverses manières à un tel degré que j’envisage la rédaction d’un ouvrage supplémentaire. En attendant d’achever ce triptyque je voudrais vous faire part de quelques-unes de mes observations dont je n’ignore pas que les « mordus » sont friands.

 

Au passage je préviens les plagiaires sans vergogne et les piqueurs d’idées que ce site est protégé et que les dates de publication font office de référence judiciaire. Malgré la présence de quelques margoulins qui pourrisse notre vie en société je n’avais pas à cœur de passer sous silence le fruit de mes amusantes cogitations afin que vous puissiez en profiter selon vos goûts et vos opinions.

 

Je n’ai pas l’intention d’embrasser un domaine trop vaste impossible à contenir dans un résumé spartiate de quelques pages. Je vais donc limiter mon sujet à divers aspects de l’ambiance alchimique qui caractérise cette région du Razès particulièrement riche en ésotérisme, en magie et en alchimie. Lieu habité par les manes de Montfaucon de Villard qui fut assassiné sur la route de Lyon pour avoir révélé à travers son livre Le comte de Gabalis (ou le conte cabalistique) les secrets des Roses croix, ce qui est absolument faut mais n’enlève rien au mystère.

Est-il nécessaire de souligner qu’il est absurde d’attribuer un assassinat aux Roses+Croix mais plutôt à des sortes d’illuminatis allant, – comme actuellement avec leur colossale fortune issue de l’exploitation des hommes, – à contre courant de la vie et de la dimension spirituelle de l’humanité qu’ils asservissent.

 

Ici, je voudrais parler plus particulièrement d’une femme dont la grandeur et la culture alchimique dépasse bien des érudits en ce domaine. Il s’agit de la Reine Christine de Suède, qui de prés ou de loin est mêlée à l’histoire alchimique du trésor de Rennes le Château. Un fait est certain, elle donne une dimension inattendue à cette histoire tout en répondant à l’interrogation de mes amies, quelque peu féministes, laissant entendre que l’alchimie est le monopole des machos.

Mesdames, si vous voulez faire graver une plaque de marbre avec les noms de celles qui firent la grandeur de l’alchimie je vous propose la liste suivante :

Cléopâtre la savante.

Marie la Prophétesse, sœur de Moise.

Perenelle, épouse de Nicolas Flamel.

Martine de Bertereau, baronne de Beausoleil.

Christine, reine de Suède.

Dorothée-Juliane Wallichin.

Sabine Stuart de Chevallier, de la famille royale d’Ecosse.

Thérèse de Lubac.

Marie d’Hautpoul baronne de Blanchefort.

Et bien d’autres inconnues…

Quatre laissèrent des écrits d’une très grande valeur : Martine de Bertereau, Christine de Suède, Dorothée-Juliana Wallichin et Sabine Stuart de Chevallier.

Nonobstant mon réel plaisir de côtoyer la prestigieuse gent féminine, ne perdons pas de vue que nous sommes ici pour faire connaissance avec l’étrange reine Christine.

 

 

La reine Christine (1626-1689) fut couronnée à 24 ans en 1650. Parlant le français, elle eu des rencontres régulières et enrichissantes avec les philosophes. Ainsi elle fut la protectrice de René Descartes et conversait avec Blaise Pascal. Descartes voulait rencontrer les Roses+Croix, et nul ne sait si sa découverte fut couronnée de succès. Le philosophe décéda à Stockholm, mais une rumeur tenace affirme qu’il eut des obsèques simulées et qu’en réalité il s’était retiré en Laponie ou il vit encore. C’est un on-dit fréquent chez les alchimistes. Nicolas Flamel n’en fut pas exempté… La reine Christine non plus !


René Descartes KristinaRené Descartes aux cotés de la reine Christine de Suède.


L’érudite et brillante souveraine de Suède perdit tout intérêt pour les affaires politiques car cette activité s’avérait de plus en plus en contradiction avec l’acquisition de la sagesse dont le mot clé est vérité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Christ dit souvent, « En vérité, en vérité je vous le dit… » ou « Par amen je vous le dit » ce qui est exactement pareil. Pour mémoire je souligne ici que l’équivalence « Amen » = « Ainsi soit-il » est une fausse traduction qui induit une grave erreur (intentionnellement entretenue) sur le plan spirituel, et mystique, mais là n’est pas mon propos.

 

Afin de mieux se consacrer aux travaux hermétiques, elle abdiquera et embrassa la religion Catholique en 1655, ou le pape Alexandre VII en personne lui administra la première communion. Ensuite elle se retirera à Rome en 1658 en son palais Riario où son intelligence et ses connaissances étaient un sujet d’étonnement. A son arrivée régnait le pape Innocent XI, dont la devise selon Saint Malachie répond étrangement à l’exil de la Reine Christine :

 

Paenitentia glorieuse : La pénitence glorieuse.

 

Je signale aux curieux l’importante date de 1655 gravée à Alet les Bains sur une pierre à l’angle d’une rue. Je vous la laisse trouver pour votre plaisir. Ayez soin de regarder en hauteur…

 

Dans son palais elle fit aménager plusieurs laboratoires afin d’y travailler elle-même et inviter à œuvrer les alchimistes de passage. Elle possédait d’inestimables collections qui furent acquise, après son décès, par le musée du Vatican. Elle fonda à Rome, l’Académie Clémentine qui fut dite Académie des Arcades, dans laquelle se trouvaient des alchimistes-poètes, dont le fameux Labouisse-Rochefort de Castelnaudary qui écrivit un voyage à Rennes les Bains qui ne tarissait pas d’éloges sur un alchimiste, également de Castelnaudary : le médecin Pierre-Jean Fabre. J’aborde tout cela plus en détail dans mon ouvrage Rennes le Château : La carte des trésors. Ce médecin issu le l’Université de Montpellier transmuta un 22 juillet, le jour de Saint Marie Madeleine qui est le nom de l’église du village. On imagine aisément un faisceau d’évènements qui convergent vers cette histoire pour lui donner un relief inattendu, et très réellement hors du commun.

Un autre membre éminent de l’Académie des Arcades fut le pape Léon XIII, dont le blason figure en bonne place à l’église de Rennes le Château. Il est sculpté sur la clé de voute de la porte et est accompagné de la devise de Saint Malachies : Lumen in coelo = La lumière dans le ciel, ce qui souligne l’indispensable lumière (polarisée ou non) de la voute céleste (d’où la place du blason sur la clé de voute) pour réaliser le Grand Œuvre. La comète qui figure sur le blason est significative quant au feu de cheveux (comète vient du latin  como qui signifie « avoir une chevelure »). Sur ce même blason on peut voir un cyprée qui pointe vers la comète, désignant avec force le « feu » sidéral si indispensable aux travaux de la sainte science ou alchimie. En effet, le nom de cyprée est une sorte de redondance du « feu » cométaire car son nom provient ici du latin cyparissias qui désigne un météore igné qui tire son nom de la forme du cyprès. Donc, rien de mieux pour dire que l’église de Béranger Saunière ne peut être décryptée que par les philosophes par le feu ou alchimistes. Cela en dit long sur ce souverain pontife, membre de l’académie des Arcade (AA) dont la longévité (1810-1903) reste une « signature » de la face cachée de ses activités accompagnant sa juridiction universelle.

 

Christine se disait fort incrédule et peu dévote. Il est vrai que les ecclésiastiques auraient souhaité la voir se comporter commu une bigotte, ce qui ne convenait absolument pas à son énergie et à son caractère. Ce rejet de la bigoterie est le signe de sa dimension mystique laquelle ne fait pas bon ménage avec une croyance ou à une crédulité. La dévotion, telle qu’elle est comprise, s’accommode mal avec le silence qui permet la communion et le « dialogue » avec l’indicible. Ne nous trompons pas quant à la grandeur spirituelle de cette souveraine qui devint ascète comme son ami Blaise Pascal qui assista, ou pratiqua lui-même, à une transmutation (voir mes ouvrages cités).

 

  Elle œuvra en compagnie d’un cardinal, et tentera d’accomplir le Grand Œuvre alchimique.

 

La reine recevait les alchimistes de son époque, notamment Sandivogius dont je parlerais dans un instant pour dissiper une méfiance à son égard.

Bernard Husson trouva, à la page 513 d’un manuscrit inédit du XVIIe siècle, intitulé cabale les renseignements suivants :

 

« J’ai connu à Paris en 1681, Mr des Novers, vieux garçon âgé de 80 ans… Je vis entre ses mains une résidalle d’argent teinté à moitié en or. Elle avait la même moulure que quand elle avait été fondue et ne pesait pas davantage que si elle avait été d’argent, ce qui faisait douter de la réalité de la transmutation, mais pour la vérifier nous coupâmes une portion de la partie teinte et dans la fonte elle acquit le poids de l’or et son volume se resserra et nous vérifiâmes que c’était de l’or très fin.

Cette résidalle était un présent que la Reine de Suède, cette savante Christine, lui avait fait, le connaissant curieux. Elle en avait une douzaine de pareille que Sendivogius lui avait ainsi transmuées à moitié pour satisfaire à sa curiosité. »

 

Ce texte traduit bien l’esprit critique des alchimistes face à de fausses transmutations. Il montre aussi qu’une transmutation peut être « potentielle », sans que la densité du métal « teint » change.

En d’autres termes le feu est nécessaire à la transmutation qui ne saurait se propager dans un métal froid. Tremper dans l’eau un métal en pleine transmutation stoppe le processus qui peut s’achever si l’on chauffe à nouveaux.

Ce procédé était utilisé par les acupuncteurs orientaux itinérants pour transmuter rapidement leurs aiguilles d’argent et d’or qui furent d’abord « teintées » dans leur laboratoire. Inutile de transporter (au risque de la perdre ou de la détériorer) de la poudre de projection. Cela permet aussi d’éviter d’être qualifié d’alchimiste, ce qui n’est jamais prudent en tout temps et en tout lieu.

Nous voyons dans ce texte que Sandivogius avait transmuté pour la reine Christine. Il est de notoriété publique que cet individu était un faux alchimiste (souffleur) qui aurait utilisé la poudre de projection fabriquée par ce grand alchimiste que fut Le Cosmopolite.

Il y a du vrai dans cela, à ceci près que Sandivogius n’était pas un faux alchimiste. Cela fut démontré par l’alchimiste contemporain Eugène Canceliet.

Sandivogius fut le bras droit de Robert Fludd (médecin et alchimiste anglais) qui fut imperator des Alchimistes Frères ainés de la Rose Croix de 1623 à 1630.

Par rapport à Rennes le Château il ne faut pas négliger que Robert Fludd fut précepteur de la baronne d’Arques et de Couiza (commune la plus proche de Rennes le Château), ce qui laisse supposer que Sandivogius, (l’ami du Cosmopolite) qui fréquentait la reine Christine, n’était pas loin. Nous avons là une véritable « constellation » de « stars » de l’alchimie ou l’étoile de Nicolas Pavillon et celle de son ami Saint Vincent Depaul viennent s’ajouter, puisque la baronne d’Arque, qui était, rappelons-le, la duchesse de Guise, était diocésaine de Nicolas Pavillon.

 

Dans le texte précédent remarquons qu’en 1681 le sieur des Novers âgé de 80 ans est à Paris. La question que l’on pourrait se poser est : Ce monsieur aurai-t-il rencontré la reine Christine lors de son séjour en France durent les années 1656-1657 alors qu’il était aux portes de la cinquantaine ? En tout cas ce monsieur devait être un érudit et surement un alchimiste car la Reine Christine ne recevait que des gens de haute noblesse ou des adeptes confirmés ne manquant pas d’érudition.

 

Est-il nécessaire de commenter davantage cette pléiade des plus grands personnages de l’alchimie européenne se retrouvant dans un endroit aussi restreint ?

 

Retenons pour conclure que la reine Christine avait fait frapper à son effigie une médaille en or d’origine alchimique ; au revers, on voit des nuages (qui caractérisent la nécessité de l’hygrométrie ou humidité de l’air), une couronne royale et la formule latine Et sine té (« Et sans toi » ou  « En plus tu laisse libre »). La couronne correspond non seulement à la royauté de la souveraine mais aussi au sceau d’hermès qui est couronné d’or. Il s’agit de très petites molécules de soufre jaune d’or qui s’élèvent par capillarité sur la paroi de verre du ballon. Le sceau d’hermès préfigure la couleur rouge qu’atteindra la pierre transmutatoire (au moins en surface) dans sa maturité.

Quand cette reine extraordinaire décéda, ce fut la seule femme qui fut ensevelie dans la crypte des papes à saint Pierre de Rome. Là nul ne peut savoir si sa dépouille est réellement présente, et les on dit vont bons train à propos de son immortalité. Peut-être se trouve-t-elle en Laponie en compagnie de Descartes ?

 

Merci de m’avoir lu. Que vos rêves soient fructueux.

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