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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 14:49

 

Ce titre peut paraître présomptueux, à moins de me lancer dans des explications amphigouriques qui n’ont d’égales que les usines à gaz proposés à la méditation des survoltés des neurones.

 

Donc, vous avez compris, je vais faire simple mais ne croyez pas que pour ça que je vais vous raconter des balivernes. Ben oui dans notre actuelle civilisation de branchés ceux qui font simple ont des grains en moins ! C’est la loi du paon majestueux regardant de haut l’oiseau-mouche capable de voler en arrière et de se nicher dans toutes les anfractuosités où le paon laisserait ses plumes pour apparaître nu dans la peau rose bonbon d’une grosse dinde de noël.

Voilà, mon introduction saignante achevée, je suis en paix pour vous raconter une histoire.

 

Dans les évangiles il y a parfois des surprises car la traduction du Grec initial n’est pas toujours facile. André Chouraqui (1917-2007) l’a montré en mettant à jour de multiples ambiguïtés liées au langage particulier des écrivains d’ascendance sémitique. Il faut souligner que Chouraqui a adopté dans son travail « un parti pris révolutionnaire, qui a permis de redécouvrir des textes que l'on croyait usés ». 

Alors ne soyez pas étonnés outre mesure si je révise certains points essentiels de l’histoire du chemin de croix et du Golgotha au point de faire émerger une dimension insoupçonnée beaucoup plus fondamentale et universelle que le laissent apparaître les interprétations coutumières et une sorte d’imagerie d’Épinal consacrée par l’habitude.

Car la pierre du Christ dont je vais parler à la particularité d’unir en une seule voie le christianisme fondamental adogmatique et laïque pourrait-on dire mais profondément spirituel, avec l’alchimie et la franc-Maçonnerie.

Donc, que ce soit clair, tout cela n’est pas un exercice funambulesque pour vous faire avaler n’importe quoi.

 

 

 

La question que je pose est la suivante : « La croix du Christ était-elle comme on la représente habituellement ? » La réponse est sans ambiguïté aucune : NON !

Les évangiles furent écrits dans une langue grecque particulière ou koiné qui n’a pas la même pureté que celui de l’empire.

Les exemples les plus remarquables de constitution d'une koinè sont le Grec sémitisé des apôtres, le français (mélange linguistique) et l’occitan (mélange linguistique encore plus important que le français). Une koinè peut aussi être une langue particulière permettant la communication entre des interlocuteurs parlant des langues différentes. Ainsi, actuellement l’anglais (plus ou moins baragouiné) par les touristes ou dans le monde des affaires est une koinè. Le français a servi, jusqu'au milieu du XXe siècle, de « koinè » diplomatique, entre autres. Ceci étant dit pour qu’il n’y ai pas de confusion entre le grec classique et la koiné des compagnons du Christ. Il faut donc être attentif aux termes en se méfiant d’un certain académisme consacré par les exégètes…

Je veux dire ici que le mot croix fut mal traduit.

Chaque fois qu’on lit le mot « croix » ou « crux » en latin dans les évangile on trouve dans le texte grec correspondant le mot σταυρος. Le terme crucifier s’exprime par : σταυροω. Le fameux dictionnaire académique de Bailly, donne à ces termes in fine de ces indications, celle de croix et de crucifier, et il note que ce sens est particulier aux traducteurs chrétiens, donc une koiné de « grenouille de bénitier », un peu comme il existe un latin de sacristie.

En effet, les traducteurs chrétiens sont allés un peu vite en besogne pour des raisons qui ne nous intéressent pas ici.

 

Le mot σταυρος traduit habituellement par croix signifie : un pieu, un poteau planté à la verticale. Ce nom est composé de la racine στα qui signifie : se tenir debout, et du mot ορος qui désigne une borne une pierre limite, une stèle.

σταυρος c’est donc : la pierre levée, le menhir fiché en terre. Nous voyons immédiatement que cela ne figure pas une croix du Calvaire comme on la voit dans l’imagerie.

D’ailleurs la croix faite de l’assemblage de deux poutres entrecroisées s’écrit en grec : χιαμα et χιαξω qui est le verbe disposer en forme de croix, croiser. Ces termes ne sont jamais employés dans les évangiles alors qu’ils le devraient ! On a dont littéralement « inventé » le terme de crucifixion tel que nous le connaissons. De ce fait le déroulement de la crucifixion est à revoir et revêt de ce fait des sens nouveaux indécelables jusqu’alors.

Donc il existait au mont des oliviers des pierres levées, des menhirs, peut-être même un cromlech, qui servaient de piloris. Il n’est pas impossible que ces mégalithes soient d’une origine plus ancienne que la fondation de Rome. Ils marquaient peut-être une Haut-Lieu comme celui de la sépulture d’Adam, ce qui lui aurait valu, selon la tradition, le nom de Golgotha qui signifie mont du crâne. Et c’est ce lieu particulier que le Christ aurait choisi de mourir pour le rachat du premier homme et donc de l’humanité tout entière. Tout cela reste inchangé si ce n’est qu’à la possibilité d’une rédemption générale il offre une rédemption particulière que n’a pas souhaité divulguer l’Église, et qu’elle a même fortement déconseillée. Pour l’instant les raison « doctrinales » de ce rejet ne font pas partie de mes oignons.

Le long du chemin qui menait au Golgotha, Le Christ n’aurait donc pas porté sa « croix », mais une poutre sur laquelle au terme du parcours, on lui étendit les bras et les immobilisa avec des clous et des cordes. Les membres supérieurs ainsi fixés à l’horizontale, on le hissa avec sa poutre qu’on déposa sur le sommet du menhir. Les pieds furent alors cloués sur l’extrémité biseautée d’un support de bois planté dans le sol au pied du menhir, ce que représentent d’ailleurs la plupart des crucifix.

De ce fait la forme de l’instrument de supplice ressemblait alors à celle d’un T (tau) et non à celle d’une croix +.

L’expression « porter sa croix » qui signifie être chargé de peine et de malheurs, d’épreuves et de souffrances tel que le Christ les endura n’est donc pas réelle en qualité de représentation effective d’une croix.

 

« Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit : Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il porte sa croix, et me suive. » (Marc VIII, 34)

 

C’est ce passage de l’évangile qui a donné naissance à l’expression « porter sa croix » que l’on retrouve dans les versions latines et françaises mais qui ne correspond en rien à ce qu’exprime la koiné grecque ! Disons au passage que ce genre de déformation par les traducteurs de la Bible est monnaie courante dont le pompon est remporté haut la main par une infâme salade que l’on appelle  Traduction Œcuménique de la Bible (TOB). Dans ce torchon tout est fait de manière à satisfaire chaque râtelier dans un « jemenfoutisme » royal vis-à-vis de la vérité. Quelle injure vis-à-vis de celui qui commençait ses discours par l’expression : « En vérité je vous le dis »… le faire mentir me laisse la bouche en oviducte, et à vous ?

Je montre certaines de ces entorses graves, destinées à accréditer une doctrine, dans mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale.

Mais revenons à nos moutons.

 

Alors qu’en latin et en français nous lisons : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même et porte sa croix et me suive » le grec dit très exactement :…χαι αρατω του σταμρου αμτον… soit en traduction littérale : … et qu’il laboure son pieu et me suive…

Inutile de préciser que cette traduction donne un tout autre sens à ce passage des évangiles !

Nous avons vu précédemment que le pieu n’est autre qu’une pierre levée, d’où la traduction exacte :

« Si quelqu’un veut me suivre qu’il renonce à lui-même et qu’il laboure sa pierre et me suive »

En d’autres termes le Christ définit la voie de notre rédemption individuelle en deux points : renoncer à soi-même et labourer sa pierre.

Dans ce passage il n’est pas question de « porter » (sa croix), de se « charger » qui en grec comme en latin se dit : « fero », mais bien de « labourer » : αροω. Et encore une fois nous trouvons : σταυρος (storos, d’où est issu le mot anglais stone, lapider) le pieu, le menhir.

Donc il est bien question de labourer sa pierre. Que peut donc vouloir dire cette expression ?

La pierre n’est pas sans rapport avec le passage de l’évangile ou le Christ dit à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirais mon Église ». Il est bien évident que Pierre est en rapport direct avec la pierre sur laquelle fut sacrifié le Christ.  L’apôtre Pierre est le représentant de cette pierre sacrificielle qui deviendra la pierre d’autel des églises catholiques, pierre gravée de cinq croix grecques (à branches égales) qui symbolise les cinq blessures faites avec les trois clous et la lance. Après cette curieuse coïncidence, qui n’en est pas une, ne me dites pas que les autorités religieuses des premiers siècles ignoraient que le Christ a été été « crucifié » sur une pierre qui est devenue pierre d’autel sur laquelle se célèbre son sacrifice !

Si la messe avait été uniquement la « commémoration de la scène la présence d’une pierre consacrée aurait été inutile. En plus il existait des autels dits « portable » qui n’étaient autres qu’une table avec une pierre centrale. Ors, la messe n’était pas valide (avant 1968) si le calice du prêtre était posé sur la table mais à côté ou n’importe où ailleurs que sur cette pierre. En d’autres termes : le sacrifice de la messe était associé à la pierre. C’était une tradition irréfragable et scrupuleusement respectée qui avait sa raison d’être dans les écrits sacrés. Ou sont ces écrits si ce n’est dans une traduction correcte des récits de la crucifixion ?

Quant au verbe labourer, il ne doit pas dire grand-chose aux chrétiens actuels si ce n’est qu’ils doivent, comme dans le labourage champêtre, s’arracher, se détacher, à tout ce qui les retient enracinés aux choses terrestres.

 

Il faut tout de même signaler que l’expression « labourer sa pierre », ce qui est l’équivalent de « labourer sa terre » est commune en alchimie, elle fait partie d’une manière habituelle de s’exprimer.

Par exemple l’alchimiste Cambriel dès la première ligne de sa treizième leçon de son cours de philosophie hermétique s’exprime de la sorte :

 

« De même que les laboureurs des champs, le philosophe hermétique est obligé de travailler la terre philosophale. »

 

Les alchimistes s’appellent les laboureurs et ce « labour » aboutit exactement à la rédemption du laboureur à la suite de l’élaboration de la pierre philosophale qu’il qualifie de Don de Dieu ! Nous voyons immédiatement que cela est en complète harmonie avec le message christique de la « crucifixion ».

Si nous voyons la crucifixion dans sa globalité nous pouvons en déduire que l’alchimie est chrétienne dans le sens le plus achevé du terme.

Par ailleurs le travail de la pierre n’est pas étranger à la Franc-Maçonneries qui à son début se confondait avec l’alchimie aussi bien théorique que pratique, comme le montre le symbolisme éminemment alchimique des loges.

Le franc-maçon qui taille sa pierre devrait effectuer exactement le même travail que l’alchimiste, mais cette connaissance est maintenant perdue.

Il est un fait regrettable, c’est de croire que l’alchimie pratique n’est pas spirituelle. Seule celle des bricoleurs ne l’est pas ! Tous les alchimistes véritables, réellement initiés, vous diront qu’elle l’est tout autant que les passages à l’oratoire car l’alchimiste ne travaille pas sur la composition moléculaire de sa pierre, mais sur son esprit immatériel, qui se confond avec celui du Christ et le relie à la trinité divine. Le « labourage » de cet esprit n’est pas sans conséquence sur l’opérateur qui l’attire et peut-être fécondé et transformé par lui lors d’une descente massive pour vivifier la Nature. Tel est le Don de Dieu. Et je souhaite de tout cœur que les Francs-Maçons m’aient compris. En effet, le grand mystère de leur pierre « labourée » est à l’intérieur de leur monolithe parfaitement taillé.

 

Que l’esprit Saint vous dégrigole sur la tête.

 

Avec toute mon amitié.


Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

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commentaires

Montredon 16/05/2011 14:01


Désolé mais votre étymologie de STAUROS ne tient pas . La racine est la même que celle du verbe istèmi : placer debout. D'aute par le mot oros commence par un omicron et non par un upsilon....
Quant au menhir il ne correspond en aucune façon à la méthode de crucifixion romaine...
WIKIPEDIA On sait grâce à l'archéologie1, et aux textes antiques2 comment se déroulait ce supplice que nous appelons crucifiement. Le condamné était d'abord attaché ou cloué (par les poignets et
non par la paume des mains) à une traverse de bois (stauros en grec, patibulum en latin). Puis cette traverse était fichée dans un pieu vertical (en grec xylon, c'est-à-dire bois, et en latin crux
ou furca) moins élevé qu'on ne l'imagine en général, les pieds du supplicié touchant presque le sol. Le tout formait ce que les Romains appelaient une crux (d'où l'origine du français « croix »).
On pense qu'elle avait la forme d'un T. Le condamné mourait par asphyxie, après plusieurs heures de terribles souffrances. Particulièrement douloureux et humiliant, ce genre de mort était, dans
l'Empire romain, réservé aux esclaves et aux non-citoyens.


Hermophyle 16/05/2011 15:45



Prendre une décision sur une éthymologie de koiné... Bon, je suis d'accord sur le mode de crucifiction par les poignets et aussi le peu d'élévation de la croix de même que la manière terrible de
mourir par suffocation.



Heraud 16/05/2011 11:23


Bonjour
Un peu tirer par les cheveux Non!


Hermophyle 16/05/2011 15:38



Peut-être, mais pas sur !



Montredon 16/05/2011 08:50


Montredon - complément : ἐκραύγασαν οὖν ἐκεῖνοι, Ἆρον ἆρον, σταύρωσον αὐτόν. λέγει αὐτοῖς ὁ Πιλᾶτος, Τὸν βασιλέα ὑμῶν σταυρώσω; ἀπεκρίθησαν οἱ ἀρχιερεῖς, Οὐκ ἔχομεν βασιλέα εἰ μὴ Καίσαρα.
(Jean xix - 16:42). Le terme crucifier est d'ailleurs repris - entre autres par un helléniste comme Dodd...


Hermophyle 16/05/2011 10:43



Les hellénistes n'ont pas toujours conscience de la koiné des évangélistes, comme le montre André Chouraqui.



Montredon 16/05/2011 08:29


L'ennui c'est que la traduction de la Budé - (Pages choisies des évangiles - Pernot) ne dit pas la même chose ) citation de marc XV - 20b. "Et ils le sortent pour le crucifier... le verbe stauroô
est rendu aussi par crucifier dans le Bailly. La question restant toutefois ouverte !


Hermophyle 16/05/2011 10:38



J'explique dans l'article l'opinion de Bally à propos de stauro. In fine il spécifie son sens dans la koiné des traducteurs chrétiens.



Pélerin 15/05/2011 23:11


Bonsoir à vous L.G.

J'aprécie à sa juste valeur votre petit exposé,vous dite haut et fort,ce que d'autres préfèrent taire.
Mais voici une question qui vous semblera quelque-peu "stupide":

les celtos- chrétiens des premiers temps avaient peut-être connaissance de cette pierre...ce pieu,ce qui expliquerait leurs facilités d'acceptation de cette nouvelle foi...

Cordialement,

Pélerin.


Hermophyle 16/05/2011 01:51



Bonjour, et au plaisir de vous "revoir".


La bonne tradustion de la pierre du Christ montre d'abord l'orientation du christianisme vers le travail de la pierre (labourage) ce qui est une valeur universelle pour les alchimiste.


Les premiers chrétient étaien obligatoirement initiés à l'alchimie qui consiste à oeuvrer avec l'esprit qui est un avec le Fils et le Père. Cela les celtes ne pouvaient qu'y addhérer car il
oeuvraient aussi avec l'esprit come d'autres civilisations.


Quant à la pierre du Christ elle existe réellement mais ou ?


Bien à vous.


L.G.



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