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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 11:44

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Facade d'un immeuble de la place de l'oeuf à Montpellier.

 Trois corps (partie basse), oeuf, sphinx (quatre éléments), langue hermétique et symbole du sel (tout en haut)

 

À la suite de la publication du dernier article des lectrices de l’Hérault du Gard et de l’Aude ont souhaité obtenir des renseignements supplémentaires sur l’histoire et le légendaire de Maguelone et, si possible un peu plus de détails sur ses liens avec certains mystères du golfe du Lion.

Le sujet est vaste, aussi ne me tenez pas rigueur si je me limite, dans cette publication, à quelques points importants pour aborder, par la suite, des liens avec les mystères languedociens et la ville de l’œuf alchimique.

Le sujet est donc étendu, car le légendaire de Maguelone exprime le sens de l’amour allant des profondeurs de la matière (que les alchimistes appellent couple minéral) au couple humain qui l’exalte dans un romantisme sensuel.

Cet amour, dont l’universalité nous interpelle, atteint une profondeur telle qu’il est devenu un véritable « standard ».

Cette histoire de Pierre de Provence avec la belle Maguelone a une connotation directement issue des mystères de la vie où Pierre personnifie la « Pierre » ou médecine Universelle qui n’est autre que l’exaltation du couple minéral des alchimistes qui puise son énergie vitale au-delà du visible..

 Pourquoi cette légende est-elle universelle ? Pour la raison évidente qu’elle est potentiellement surchargée de puissance vitale qui va donc réduire à néant tout ce qui entrave la pérennité de la vie. Il ne s’agit pas d’immortalité comme le souligne à bon escient l’évêque alchimiste Dom Belin, mais de ne point oublier, comme le révèlent d’ailleurs nos laboratoires modernes étudiant le génome humain, que la cellule vivante est totipotente et immortelle mais un accident peut arriver ! Le sage Cyliani nous informe en son opuscule Hermès dévoilé, plein de cette poésie à goût d’éternité, que nul ne saurait réparer ce que l’accident a détruit. Ainsi, la chirurgie restera nécessaire, avec la culture de cellules débarrassées de leurs protéines de luxe afin de favoriser les régénérations biologiques. Cette réalité est à notre porte.

L’histoire de ce couple philosophal est née au cœur du Moyen Age au tout début du XIVeme siècle. Au fil du temps elle fut traduite et racontée dans presque toutes les langues d’Europe, moment où le français était la langue des diplomates, car toutes les nations étaient en harmonie avec cette légende qui traduit leur unité. Elle sera très répandue en Allemagne et en Australie où elle devint un pilier du légendaire national. À tel point, qu’actuellement elle est plus connue dans les pays de langue allemande qu’en Languedoc ou en Provence (« Di shöene Magelone »)

Curieux et honteux paradoxe pourrions-nous dire puisque toutes les langues d’Europe ont adopté cette magnifique histoire de la belle Maguelone sauf les Français  qui l’ignore, illustrant fort bien que nul n’est prophète en son pays.

Notre néo cartésianisme, un tantinet vaniteux, a ce don très particulier de nous fermer les yeux de l‘imaginaire et de nous barrer l’accès à la connaissance intuitive alors que cette dernière (n’en déplaisent à certains sois disant « réalistes ») s’avère essentielle pour formuler de prometteuses  hypothèses scientifiques originales nécessaires à toutes progression de la recherches fondamentales. Eh oui, nos intelligents « rationaliste » invétérés se tirent bêtement une balle dans le pied ! N’entendez-vous pas le rire homérique des dieux ?

Notre esprit asséché, adorateur de Descartes, revu et expurgé, marque contre son propre camp quand il refuse d’analyser les racines, non encore structurées, de la connaissance. Il y a refus de s’approcher de ces instants où les faits émergent à peine de leur cause. Par exemple pourquoi, chez un embryon, une seule cellule se met-elle à battre alors que le cœur n’existe pas encore ? Un monument de paresse consiste à réponde d’un air entendu que c’est la manifestation d’un gène alors que cela n’explique rien du tout, ce sont des mots rien que des mots ! Les barbes académiques construisent des barricades avec des mots… La terminologie médicale, comme la terminologie administrative, en sont des exemples.

Nous vivons à côté d’un immense trésor que nous ignorons sous prétexte qu’il est irrationnel alors qu’il est surrationnel. Les causes fondamentales des principes vitaux s’incarnent souvent en transparentes légendes avant d’éclore dans notre réalité.

Faut-il s’étonner du succès international de la belle Maguelone ? Évidemment, non puisque la cathédrale est le haut lieu de l’Église des Gaules de nos pères et de nos mères, lien entre tout les pays d’Europe qui constituent en réalité une seule nation.

L’îlot de Maguelone avec sa cathédrale est blottie tout au fond du golfe du lion.

D’où peut provenir ce nom de Lyon ou Lion ?

Il est impossible qu’il y ait un rapport, avec le nom de la ville de Lyon, car son nom provient de Lugdunum et non du fauve. D’ailleurs, cette ville est beaucoup trop éloignée du golfe.

Écartons aussi ceux qui affirment que des lions espiègles gambadaient sur le rivage de la belle bleue ! Si quelques ours des Pyrénées s’étaient égarés là, je comprendrais mieux, mais des Lions, c’est peu probable car si l’histoire nous a parlé des éléphants d’Annibal, elle ne garde aucune trace de ces animaux en vadrouille avide de quintaux de chair fraîche et terrorisant la paisible faune chantante du Littoral languedocien.

La légende la plus crédible mais tout de même facile à vérifier, surtout quand on a quelque pastis de Marseille ou punch Martiniquais dans le nez, c’est celle du sphinx des garrigues.

Vous n’ignorez pas qu’au Moyen Age la boussole n’existait pas et le GPS encore moins. À cette époque les marins ne s’aventuraient pas trop au large et restaient donc en vue de la terre. Ce cabotage nécessitait de connaître le profil de la côte, celui de ses montagnes qui se découpaient sur l’horizon, afin de savoir si l’on se trouvait au large de Perpignan ou devant le port de Narbonne ou encore non loin de celui de Lattes ou de Maguelone.

Les bateaux désireux de se rendre à l’île de Maguelone repairaient la montagne en forme de sphinx ou de lion couché relevant fièrement sa tête d’homme. C’était un lion qui se tenait au fond du golfe. Ce lion (que l’on peut voir de la place du Peyrou à Montpellier) ce pic, surnommé récemment « La Sainte Victoire du Languedoc » est un éperon calcaire situé loin derrière Montpellier. C’est le Pic Saint-Loup du nom d’un ermite (Loup) légendaire.

« Loup » était le nom d’un chevalier local amoureux, comme ses deux frères, d’une même dame. On dit qu’à leur retour de croisade, la dame, qui devait choisir l’un d’entre eux comme mari, était morte, et les trois frères firent vœu d’ermitage. Celui qui s’appelait Loup donnant son nom à la montagne sur laquelle il s’était réfugié.

Comme un écho de la légende de Maguelone l’histoire de Loup est aussi une histoire d’amour. La similitude est plus importante encore puisque aux trois anneaux volés à Maguelone par un corbeau, correspondent les trois frères formant la fratrie de Loup, donnant aussi trois ermites que je suis tenté d’appeler Hermites, ou frère en Hermès.

Ces trois anneaux de Maguelone, où ces trois « hermites », correspondent aux trois corps ou trois principes fondamentaux de l’alchimie : le soufre, le sel et le mercure.

Il faut remarquer qu’au Moyen Age la langue parlée était le Languedocien ou Occitan qui exprime « le lion » par « Lo lion » qui se prononce aussi « lou lion » transformant ainsi phonétiquement le lion en loup.  

Reconnaissons que Montpellier avec son œuf situé au pied de son sphinx (représenté avec l’œuf sur des façades urbaines, à la place de l’opéra ) ne peut qu’attirer l’attention des ésotéristes et laisser supposer quelques importants mystères.

Disons au passage que ce pic a longtemps attiré les chasseurs de « soucoupes volantes ». Durant les années 70 et 80 c’étaient, durant les nuits d’été, un lieu de rencontre des observateurs. Même l’auteur de science-fiction Jimmy Guieu y traîna ses pénates. Plusieurs m’ont dit avoir très réellement observé des appareils « extraterrestres ». Je vous rapporte seulement ce que l’on m’a dit, libre à chacun de se faire une opinion. Mais je puis vous affirmer qu’aucun ne s’est posé au sommet pour jouer au phare, même si le phare culturel de la ville de Montpellier aurait pu donner lieu à ce genre de bêtise de carabin en goguette.

J’aime certaines blagues estudiantines quand, par exemple, ces polissons changent nuitamment les noms de rues en « rue des magouilles ministérielles » mais j’ai particulièrement dégusté cette revendication devant la préfecture. Les polissons versèrent de la poudre à laver dans la fontaine de la place de la préfecture engluant dans sa mousse gigantesque CRS et pandores dans une joyeuse mêlée. Tout cela est hélas quelque peu confiscatoire puisque ces joyeusetés parfois salasses furent à l’origine de la disparition du carnaval dans la ville. Le défilé qui sonna le glas de ce genre de festivités fut le char de la faculté de médecine représentant un bateau avec ses hublots montrant des faces hilares. Durant le défilé nos étudiants assoffés appuyèrent très fortement sur la bouteille et au lieu de montrer leurs trognes d’éméchés il montrèrent leur derrière dénudé. Toute la bonne bourgeoisie bien pensante, celle qui fréquentait assidûment ses garçonnières, en fut offusquée et fit interdire le défilé carnavalesque pour son manque de moralité.

Bien sûr j’abrège car ce n’est pas là mon sujet. C’était pour montrer que depuis le Moyen Age les mentalités n’avaient pas changé et que le bon Rabelais dû s’y instruire et s’y défouler. Pour ma part, laissez-moi vous avouer que je me suis sacrément éclaté !

Revenons à nos moutons ou plus précisément à notre pic St Loup découpant dans le ciel la forme d’un lion couché qui aurait donné son nom au golfe du lion.

Ce lion est particulièrement évident lorsque l’on aborde Maguelone par la mer. C’est le repaire visuel qui permettait de savoir que l’on est à proximité de l’île.

Mais en plus de ce repaire optique, il y en avait un sonore. La cathédrale de Maguelone était pourvue d’une très grosse cloche, qui n’est plus là de nos jours, non seulement pour jouer la corne de brume lors du mauvais temps, mais aussi pour sonner l’alarme jusqu’à Montpellier pour prévenir de l’arrivée de pirates. Cette cloche était associée à la voix de le belle Maguelone. De ce fait, elle était pourvue de propriété magique concernant l’histoire de la belle amoureuse de Pierre de Provence.

Frédéric Mistral fit un jour allusion à cette cloche dans un discours qu’il prononça en français :

« Les compagnons du Tour de France, cette élité des ouvriers, cette élite du peuple, s’était donné pour mission d’aller se perfectionner, chacun dans son métier, en visitant et contemplant, en admirant tous les chefs d’œuvres de leur père, tout ce qu’il y avait de beau sur la terre de France…

En Languedoc, on allait voir le pont du Gard, l’église d’Albi, le clocher de Rodez, la Campano de Magalouno, si grande que quatre cordonniers pouvaient y travailler dessous… »

Le souvenir de cette cloche sera toujours vivace dans la région de Montpellier car elle avait la réputation de porter bonheur aux futurs mariés. Faut-il s’en étonner en ce lieu consacré par l’amour ? La tradition voulait que les jeunes filles grimpent sur le toit de la cathédrale pour la faire tinter. C’était le gage d’un mariage heureux accompagné de beaucoup de bonheur. Pourquoi ? Parce que la belle Maguelone de la légende, symbole très fort de l’amour, veillait sur elle et exaucerait tous leur voeux. Apparemment cela se réalise car dans la ville de Montpellier, on rencontre beaucoup de splendides filles qui ont dû combler de bonheur leurs parents puisqu’elles s’appellent Maguelonne, nom d’un amour comblé, après que leur future maman ait jouée l’acrobate, au risque de se rompre le coup en grimpant, comme des chattes de gouttières, sur le toit de la vénérable cathédrale.

Alors ne nous étonnons pas que Jonny, notre super star de la chanson, soit venu à Montpellier chercher ses gages de réussite et de bonheur.

Avec toute mon amitié.

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commentaires

cyril de rennes 12/05/2013 03:25

bonjour,
très intéressant votre blog, passionné d'histoire et de mystères, je ne peux m’empêcher d'évoquer le fait que le village de Bouzigues viendrait de "poly-gium" "face au sphynx". Quand on se rend sur la rive nord de thau (autrefois appelé stagne volcania) au dessus de Bouzigues, on se rend compte que le mont st clair (sétius mons) est bien un sphynx dont les pattes courent jusqu'à Maguelone. voila je me trompe peut-être mais j'ai passé un bon moment à vous lire monsieur.
merci
Cyril

hermophyle 12/05/2013 07:38

Bonjour,
Honoré de savoir que vous me lisez et je vous en remercie. Vos recherches sont très intéressantes sur le plan de la toponyme et montre combien il faut du temps pour saisir ce qui rattache un paysage à un nom. J'ai mis près de 30 ans pour saisir certains fait de l'histoire de Montpellier et j'en découvre encore... Ce que vous m'écrivez est pour moi un plaisir car vous m'aidez à mieux situer centaines particularités que j'avais remarqué quand j'étais jeune étudiant à la station océanographique de Sète.

Très cordialement..

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