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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 17:12

 

Le symbolisme, voilà le mot-clé de la Franc-Maçonnerie et aussi de tout ésotériste qui se respecte. J’en ai déjà parlé dans divers articles, mais c’est un sujet tel que plus on le pressure d’une manière particulière plus il en sort une substance onctueuse et nutritive.

 

Mesdames et Messieux les Maçons/nes, rosicruciens /nes, toutes celles et tous ceux qui fréquentent un temple sacré donc y compris certaines églises. Allez le soir seul/e dans votre temple, mettez-vous au milieu et regardez autour de vous cette forêt de symboles, regardez les biens, un à un sans penser à rien, à absolument rien ! gardez votre tête « vide » une minute. Soyez présent/e ici et maintenant et laissez passer une idée qui vous assaille et refaites le vide après pour continuer à regarder défiler sous vos yeux la gent symbolique dans votre silence. Soyez à l’écoute. Regardez, regardez encore de toute votre âme comme si vos yeux avaient le pouvoir de percer leur écorce pour saisir au-delà des mots leur vie secrète. Surtout ne cherchez point à les analyser, laissez leur vivre leur propre vie dans votre silence traversé parfois par – nuage noir déchiqueté par le vent – une pensée que s’en va vidée de sa substance.

Quand votre pensée analyse le symbole elle en fait une substance morte dont les spéculations peuvent s’étendre à l’infini sans livrer la moindre parcelle de sa profonde vérité.

À travers le silence vous découvrirez alors cette réalité profonde : ce n’est pas à vous de parler du symbole mais au symbole de parler en vous. Laissez les doctes avec les doctes, il n’y a aucun avenir avec eux, ils ne pourront jamais ouvrir les portes du suprasensible qui échappe à la dimension analytique et pratiquent de ce seul fait une contre initiation.

Soyons conscient/e que l’on vide les symboles de leurs richesses lorsqu’on essaie de les revêtir d’abstractions.

 

Ne nous égarons pas, dire que le monde est illusion ou que par la connaissance, nous pénétrons jusqu’à la vérité, c’est dire beaucoup, et pourtant bien peu. Chacune/un ressent à sa manière l’interprétation qu’il donne aux phrases précédentes. C’est pourquoi il faut parvenir à ce que le sang de l’âme circule à travers ces idées et conséquemment à travers les symboles qui les illustrent et les synthétisent d’une manière telle que l’esprit rationnel devient incapable de les comprendre. L’esprit des symboles n’est rien sans notre esprit. Le laisser se manifester en nous pour qu’il émerge et rencontre celui des symboles est l’entreprise initiatique fondamentale. Silence donc pour qu’émerge notre esprit, pour qu’il puisse observer le monde par la « fenêtre » de « l’athanor » et nous le traduire dans son langage. Ce langage sera fait de symboles imprégnés d’esprit dont l’interprétation ne pourra se réaliser que pas l’esprit lui-même. Si à la place de l’esprit se trouve la pensée, cette pensée fait mourir le symbole.

L’Homme n’est pas un être isolé. Ce qui s’exprime dans ses paroles et ses pensées est en relation avec tout le cosmos. Chaque mot, chaque sentiment, chaque pensée a un prolongement. Ainsi celle ou celui qui foule le sentier de la connaissance éprouve un fort sentiment de responsabilité qui lui dit :

« Toutes tes actions humaines ne se déroulent pas seulement à cet endroit isolé où tes lèvres prononcent des mots, où tu penses, ou ton cœur bat ; elles s’insèrent sans l’univers. Si tes actes sont féconds, ils sont féconds pour l’univers ; s’ils sont des erreurs destructrices, ils introduisent dans l’univers une force destructrice. »

Hors spéculer sur le symbole est une force destructrice. Aborder le symbole dans notre silence et notre cœur, l’écouter parler sans mots dans un silence parcouru de courant vitaux, cela nous pousse vers des régions plus hautes.

Ce que nous ressentons alors peut être traduit en mots et jugé à l’aune de notre raison. Mais ce ressentir change en fonction de chaque être, du trajet de son existence et de son devenir. Cette adaptation de l’esprit du symbole à l’esprit de chaque femme et de chaque homme caractérise son universalité.

N’étudions pas les symboles, apprenons à les écouter. Cette démarche est aussi essentielle pour un chercheur de la vie spirituelle que pour un artiste et même un scientifique.

 

À vous dans le silence universel ou scintillent les étoiles.

 

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commentaires

Azurelline 11/02/2010 10:35


Merci cher Hermophyle pour votre travail en général, en dehors des épisodes de grand cirque, que la société de cabaret vous contraint à cotoyer puisque c'est aussi en nous confrontant aux autres
que nous avançons en ayant ainsi du grain à moudre... et, si je puis me permettre, davantage d'eau à notre moulin..! Oui, merci, et en particulier pour ce message sur les saints bols... Votre
dernière. phrase, pour moi est à relier et à prolonger avec ce dernier vers de la Divina Commedia : c'est " l'Amour qui meut et le Soleil et les autres étoiles " Oui, un sourire subtil non pas de
Joconde, mais très amical à vous cher ami, celui de la reconnaissance et de la gratitude fraternelle. Azurelline


Hermophyle 11/02/2010 17:13


Azurelline ! Quel plaisir de vous lire, et merci d'avoir compris combien il est parfois difficile d'échapper à un petit démon fourchu qui nous dicte une conduite que nous allons regretter...
Dantes avait la tête dans les étoile, même si son enfer est célèbre ! L'amour concrétise dans l'absolu les puissances de l'esprit, celles qui dans notre monde agrège les mondes et féconde les
fleurs.
Heureux d'être votre cher ami. Mon amitié vous accueille.
Hermophyle.


nina kck 10/02/2010 22:36


dans la citation de votre article, cette phrase resonne de manière étrange...

"elles s’insèrent sans l’univers"


Hermophyle 11/02/2010 07:01


Ce n'est pas pour jouer que les anciens disent que l'univers est l'uni-vers, c'est à dire est l'unité inversée. C'est la multiplicité de l'hologramorphisme de l'univers UN, dans lequel l'homme
s'insère tel un fragment image de la totalité. Sans l'univers c'est être l'univers soi même dans l'une de ses multiples parties, comme l'Hommes (le H majuscule désigne l'espèce, donc aussi les
femmes) est, selon la religion, à l'image de Dieu. Chacun de nous est l'Univers et le constitue. Difficile à expliquer, je ne sais si je me suis fait comprendre. Les mots sont souvent des outils
bien imparfaits destinés à des emplois beaucoup plus matériels que de traiter des sujets d'ordre cosmique. Donc nous pouvons aussi écrire "elles s'insèrent dans l'univers" c'est peut-être moins
dépaysant...


nina kck 10/02/2010 21:15


M. Gineste, vous plus que quiconque, entendez la fragmentation des êtres, et quels rôles mirroirs nous nous renvoyons, tous...Cela me fait tellement plaisir lorsque je rencontre une personne qui
peut voyager du jeu à l'en dehors!!
Alors, je vous remercie. Pour tout, pour les leçons, pour l'article.
Je vous remercie d'être.
Et vous envois de sincères pensées aussi immenses qu'un simple petit bourgeon de printemps.

J'ai été spectatrice de Pelléas et Mélisande, il y a peu, (Alors, on aime ou on aime pas, mais ce n'est pas le propos) et je dois dire que là, devant cette oeuvre j'ai eu une impression trés forte
qui m'a permise de COMPRENDRE la notion de "ressentir un symbole." Cet Opéra en est truffé, ce fût un delice de se glisser dans les méandres tendres d'une phrase à plusieurs sens sur différents
plans. Il y a l'émotion qui reçoit par l'histoire, les sens par la composition de la mise en scène et les sons, et puis il y a une autre partie de moi, infime mais ô combien tant chérie... et c'est
elle qui VOIT et trouve la justice du language qui s'étend derrière les symboles tréssés si adroitement .

Bon sang... j'aime vraiment ma vie, parfois! (rire)

Au plaisir de vous relire.


Hermophyle 11/02/2010 06:18


Voila qui me réchauffe le coeur de savoir qu'au-dela de la substance (je ne sais pas qui vous êtes) il peut exister un fil ivisible, le même que celui qui caractérise notre immortalité.
Le printemps est éternel dans les âmes de celles et de ceux qui écoutent fredonner la nouvelle Eve et le nouvel Adam.


Vandemoère 10/02/2010 19:21


Ce texte est absolument magnifique.

Jean-Pierre


Guern de Bé 10/02/2010 18:13


Vous avez écrit : "elles s’insèrent Sans l’univers"...comme le s est juste à côté du d sur le clavier et pour ce que je comprends, j'imagine que vous avez voulu écrire "elles s'insèrent Dans
l'univers"...
Je vais suivre vos conseils...


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  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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