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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 17:22

Ce blog est en voie d'être fermé. Tous les articles sont dans mon site:

http://adam-alchimie.org

 

© LG 2010.

 

Je l’ai souvent écrit, les symboles de la Franc-Maçonnerie sont inégalables pour former les néophytes à l’ésotérisme et surtout à l’alchimie, c’est une prise de contact avec les sciences spirituelles préfigurant l’entré au laboratoire d’une manière sérieuse, à la condition fondamentale de ne pas croire ce que l’on dit, notamment que le laboratoire de l'alchimiste est une vue de l'esprit qu'il n'existe qu'en qualité d'occultisme de bas étage.

Le temple maçonnique contient un vrai trésor dans lequel je puise avec un étonnement et un émerveillement chaque jour plus important. Avec mon style, ma maladresse, mes coups de gueule, j’essaye de vous le faire partager. Je comprends que parfois vous soyez lassé par mon discours d’étrillé. Rassurez-vous, je me soigne pour acquérir une auréole de componction ! Mais jamais je ne m'inclinerais devant des pseudo initiations. Cela fait partie de mon sale caractère.

Il est difficile de communiquer ce bonheur, cette magnificence (le mot n’est pas superfétatoire) du message de nos pères car au fil des siècles l’érosion l’a rendu squelettique pour les raisons que j’ai expliquées dans mes articles précédents. Ainsi va la vie qui ne suit pas toujours les méandres des artères nourricières. Alors je dédis cet article à ceux qui ont les yeux ouverts vers cet infini ou s’entrelacent en vastes méandres, tels les serpents du caducée, tous les courants vitaux qui nous aspirent en un fulgurant ballet universel.

Le tableau de Loge d’apprenti.

La mise en place du Tableau de Loge obéit à un rituel. On l’installe à l’ouverture de la cérémonie. On appelle cela, dans le jargon FM, « le créer ». À la fermeture on le désinstalle, en terme maçonnique on « le défait ». Ainsi pour plagier un ministre connu : « Faire et défaire c’est toujours travailler »…

Ce tableau, constitué de symboles, représente le Temple qui fut élevé à Jérusalem par le roi Salomon. À l’aube de la Maçonnerie, tout lieu où se réunissait les FM pouvait être transformé en Temple. Il suffisait pour cela de tracer à la craie, sur le sol, le "Tableau" symbolique du degré auquel l’Atelier ou la Loge travaillait, ici celui d’apprenti. Ensuite on effaçait ce "Tableau" après chaque réunion (ou "tenue").

Plus tard on se servit d’une toile peinte que l’on déroulait lors des assemblées. C’est ainsi que le « tableau » se retrouve dans certaines compositions de peintres avec les mêmes symboles dissimulés soit sous une construction géométrique soit par des images englobées dans une représentation banale, celle d’un paysage par exemple. En disant cela je pense en particulier à l’œuvre de Nicolas Poussin.
         Actuellement, le Temple des FM reproduit tous les symboles de ce "Tableau". Ils font partie de leur mobilier. Le « Tableau » est l’emblème de base et rappelle que les maçons doivent :

« Élever dans leurs cœurs un Temple à la Vertu dans le même degré de perfection qu’avait le Temple de Salomon tel qu’il est décrit dans la Bible. »

Je devais signaler ces lignes aux néophytes mais je ne reviendrais pas sur l’inanité de ces termes surréalistes constituant une « spiritualité » en trompe l’œil derrière laquelle s’élaborent parfois des comportements absurdes en contradiction totale non seulement avec la spiritualité mais aussi avec l’urbanité.

 

Tableau d’apprentitableau d'apprentit-01

Je n’ai nullement l’intention d’analyser dans son entier le tableau d’apprenti. En effet j’ai déjà consacré des articles à certains symboles qui le constituent. C’est le cas pour la planche et la pierre à pointe.

PLANCHE... A TRACER, alchimie & Franc-Maçonnerie 1 et PLANCHE... A TRACER, alchimie & Franc-Maçonnerie 2  F M & Alchimie et L’ALCHIMIE & la Pierre des Francs-Maçons.

J’ai aussi abordé partiellement le symbole des deux colonnes sans m’y appesantir.

Description des colonnes à l’entrée du temple.

Je vais donc l’analyser ici d’une manière plus précise en me référant aux dires de Jules Boucher en sa Symbolique maçonnique mainte fois réédité dont vous n’ignorez plus que je possède la vénérable publication sous le label Dervy estampillé du sexagénaire millésime 1948 en sa troisième édition.

À travers les diverses explications qu’il a pu glaner tantôt chez Ragon dans son Rituel de l’Apprenti maçon (1860), tantôt chez l’historien Flavius Josèphe en ses Antiquités judaïques (traduction Julien Weill 1926) il tente de reconstituer les colonnes avec le plus de crédibilité possible. C’est sur cette restauration sérieuse que je base mes commentaires, car la symbolique alchimique – telle que je la conçoit, cela vas s’en dire – corrobore la globalité de cette description.

L’étude de Ragon est des plus intéressantes, malgré des critiques parfois infondés sur les proportions :

« Les deux colonnes sont censées avoir 18 coudées de hauteur, 12 de circonférence, 12 à leur base, et leur chapiteau 5 coudées ; total 47, nombre pareil à celui des constellations et des signes du zodiaque, c’est-à-dire du monde céleste. »

Remarquez au passage la connaissance par la Franc-Maçonnerie du XIXe siècle sur les hiérarchies céleste. Ce n’est pas moi qui ai mis en italique « monde céleste » mais Ragon lui-même. Ensuite il poursuit :

« Leurs dimensions sont contre toutes les règles de l’architecture. »

À ce propos Jules Boucher fait remarquer fort judicieusement qu’il est probable qu’il y eut confusion dans ces dimensions entre la circonférence et le diamètre, empruntant en cela les erreurs de Guillemain de Saint-Victor en son Recueil précieux de la Maçonnerie Adoonhiramite (1787).

Les commentaires qui suivent sont des plus regrettables en leurs insignifiantes, car cette entorse aux règles serait pleine de sens, avalez cette coupe :

« [Cette erreur est là] Pour nous avertir que la sagesse et la puissance du divin Architecte sont au-dessus des dimensions et de jugement des hommes. »

À partir de cette interprétation aussi facile que fallacieuse je vous demande de comprendre mes égarements verbaux, car de tels passages ne manquent pas, par leur vacuité, de me faire monter la moutarde au nez.

Poursuivons cette citation :

« Elles sont d’airain pour résister au déluge, c’est-à-dire à la barbarie : l’airain est ici l’emblème de l’éternelle stabilité des lois de la nature, base de la doctrine maçonnique. Elles sont creuses, pour renfermer les nos outils qui sont les connaissances humaines ; enfin c’est auprès d’elles que nous payons les ouvriers et les renvoyons content par la communication des sciences. » (Fin de citation)

Ici Jules Boucher fait remarquer que le déluge est passé depuis belle lurette et qu’il ne fut pas trouvé de vestige de pareille inondation au moment où furent érigées les colonnes.

Nous voyons très bien comment s’effectuent des glissades intempestives vers le superficiel par les meilleurs auteurs. Il est vrai que le XIXe siècle avait tendance à adopter le style fanfare dans les remarques de tout genre. Évidemment les roulements de tambour il fallait les inventer. Ne dites surtout pas que je ne suis pas gentil…

Je comprends fort bien la moue dubitative de Jules Boucher de voir les colonnes transformées en placard, alors que les outils sont dans le temple et dans les tableaux d’Apprentis et de compagnon. Dans cette présence curieuse des colonne-placards il y a là quelque chose de décalé qui pourrait prêter à sourire (ceux qui entrent peuvent se tromper de porte) mais à coup sûr manifester une totale disharmonie avec le sacré.

Je n’ai pas l’intention de vous citer par le menu toute les citations qui permirent à Jules Boucher de réaliser un livre fondamental.

Je résumerais donc que l’auteur fait des recoupements entre divers textes pour dessiner une colonne la plus proche possible de toutes les descriptions

Les colonnes étaient creuses et en bronze.

Hauteur 9m 80.

Surmontée d’un chapiteau à base cylindrique de 2m 75 dont la partie supérieure (constituant donc le somme de la colonne) est en forme de lys.

La base cylindrique de ce grand chapiteau est emmaillotée dans un filet où est accrochée à la partie supérieure une rangée de deux cents grenades. Une rangée identique se retrouve dans la partie inférieure du treillis.

Hauteur totale de la colonne : 12m 65.

L’alchimie de Jachin et Booz.

 

JB2 Image alchimique des deux colonnes.

 

Inutile d’entrer plus loin dans les détails pour constater la dimension alchimique de ces deux colonnes dont celle de droite s’appelle Jachin et l’autre à gauche Booz.

Les termes à analyser sont mis en évidence à la fin du chapitre précédent. Je les rappelle ici :

1 Le filet qui enserre la partie inférieure du chapiteau.

2 Les deux cercles de deux cents grenades chacun.

3 Le sommet de ce même chapiteau est pourvu de fleurs de lys.

1 Le filet qui enserre la partie inférieure du chapiteau.

Le filet est présent de différentes manières dans la littérature alchimique. C’est un instrument de laboratoire extrêmement précieux pour l’alchimiste. Dans son graphisme il traduit aussi bien une forme géométrique que l’on trouve dans la cristallisation, qu’un signe associé à l’étoile ou plus concrètement encore aux mailles d’un filet ou aux entrelacs tressés d’un panier. Donc, c’est un symbolisme riche et précis qu’illustre avec beaucoup de clarté l’alchimiste Fulcanelli. Ainsi il parle d’une manière suggestive de la ceinture d’Offerus (Saint Christophe) :

« La ceinture d’Offerus est piquée de lignes entre-croisées semblables à celles que présente la surface du dissolvant losqu’il a été canoniquement préparé. Tel est le Signe, que tous les philosophes reconnaissent pour marquer, extérieurement, la vertu, la perfection, l’extrême pureté intrinsèques de leur substance mercurielle. Nous avons déjà dit plusieurs fois, et nous le répétons encore, que tout le travail de l’art consiste à évertuer ce mercure jusqu’à ce qu’il soit révêtu du signe indiqué. Et ce signe, les vieux auteurs l’ont appellé Sceau d’Hermès, Sel des Sages (Sel mis pour Scel), – ce qui jette la confusion dans l’esprit des chercheur, – la marque et l’empreinte du Tout-Püissant, sa signature, puis encore Etoile des Mages, Etoile polaire, etc. »

Ce passage du Mystère des Cathédrales (page 189 de l’édition 1964) est une petite leçon de Cabale alchimique qui nécessite de savoir que le mot canoniquement signifie, préparé selon la règle… Quelles règles ?

Je ne vais pas me perdre dans les détails et faire tourner en bourrique le lecteur assidu. Aussi je me contenterais de quelques remarques claires. La première est d’être attentif au fait que certains mots comme « vertu » désignent parfois la couleur verte. C’est ce que je m’efforce de montrer dans mon petit dictionnaire L’alchimie expliquée par son langage (chez Dervy). 

Fulcanelli est charitable quant il dit que le scel peut désigner le sel. Mais si le célèbre adepte livre une règle cabalistique c’est pour éveiller l’attention sur le reste de son exposé. Soyons attentif au fait que le mot « signe » et « signature » sont répétés anormalement. C’est ce genre de remarques qu’utilisent les cryptographes pour « casser » un code. Mais ici il ne s’agit pas d’un chiffre sophistiqué, mais de tirer la sonnette d’alarme car il est impossible de parler plus clairement. Tout est là pour comprendre, tout est simple car tout est donné pour accéder au sens sous-jacent.

Cabalistiquement « signe » et « signer » c’est « saigne et saigner ». Ce saignement caractérise le sceau d’hermès ou scel d’Hermès. Il est inutile d’insister pour que vous puissiez comprendre le reste.

Sans vouloir trop insister, car ce symbolisme rejoint la patte feuilletée de la galette des rois, disons que l’important c’est le signet (pas celui qui saigne !) qui se glisse entre les feuilles telle la fève, ce qui s’exprime par un livre tantôt ouvert (pour récupérer la fève, et dans ce cas on peut parler de « Pécheur de lune ») tantôt fermé, mais cela est une autre histoire. Cela exprime que le filet des colonnes J. et B. enserre en ses mailles l’enfant Royal ou la pierre philosophale naissante.

2 Les deux cercles de deux cents grenades chacun.

Ici les choses sont simples. Phonétiquement « cents » désigne encore le sang. Cela est confirmé par la couleur des grenades. Les granulations de la grenade sont analogues aux granulations observées durant l’Œuvre. C’est d’ailleurs pour cela que dans le sacrifice de la messe les deux substances utilisées sont constituées, à l’origine, par des grains : grains de raisin pour le vin, grains de blé pour le pain.

Les deux cercles de grenades comportent en tout quatre cent grenades, ce qui désigne le nombre 40 qui est une clé de la durée du Grand Œuvre, clé que l’on retrouve dans la Bible avec les 40 jours du déluge. Les anciens maçons connaissaient tout cela, c’est pourquoi Ragon dit que les colonnes sont en airain pour résister au déluge. En disant cela il avait à l’esprit ce que je viens de dire mais ne pouvait l’écrire clairement.

3 Le sommet de ce même chapiteau est pourvu de fleurs de lys.

Ici il est aisé de comprendre que l’on est au sommet du Grand Œuvre quand on parvient à la couleur blanche et que l’odeur suave du lys se manifeste.

La raison pour laquelle le sens alchimique est concentré sur le chapiteau de la colonne, c’est pour orienter l’attention vers le chapiteau de la cornue et la partie haute du ballon.

Je reste persuadé que vous ne désirez pas une indigestion, aussi je vous épargnerais une salade avec les nombres constituant les diverses proportions des colonnes.

En conclusion l’entrée du temple maçonnique est essentiellement alchimique, comme tout le reste. Allez, au boulot les enfants ! vous avez du pain sur la planche !

Que le printemps vous soit favorable.

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Hermes 27/08/2014 20:18

Vous profanez la tradition maçonnique!

Hermophyle 28/08/2014 09:57

Bonjour Hermes. Je ne profane rien car je ne suis pas Maçon et ne l'ai jamais été. J'expose seulement ce que j'ai compris ou cru comprendre. Si vous lisez attentivement mes articles, Il semblerai que les profanateurs de la tradition maçonnique soit les FM eux-même, par leurs multiples dérives, et non le chercheur insignifiant et profane que je suis et devrait être à vos yeux.

isis 24/01/2014 12:57

Bonjour,
En tant que Franc-Maçonne, je trouve inadmissible que de tels documents se trouvent sur internet ! La Franc-Maçonnerie doit rester personnelle, de Tradition orale, où chaque symbole doit faire retentir en Soi des émotions et des prises de conscience qui vont nous faire évoluer et nous transformer. Je crois qu'en publiant ce genre de documents, vous n'avez pas compris le vrai sens de la méthode maçonnique qui doit se vivre intérieurement. Nous devons lutter pour que notre transformation puisse faire évoluer le monde extérieurement, et non pas l'inverse.

Hermophyle 24/01/2014 15:32

Bonjour cher Isis,
Vous semblez vous méprendre.
En qualité d'auteur de cet article je n'ai fait que traduire ce que j'ai compris. Par ailleurs n'étant pas franc-Maçon et ne l'ayant jamais été, j'ignore ou est le "mal" car je ne saisis pas la spiritualité de la même manière que celle qui est exposé dans votre message.

hermophobe 02/05/2010 14:04


Il s'est glissé sur ma tête et s'est accroché ,tombé d'un arbre suremnent c'est le tique.
A la campagne tout est possible.

Merçi a vous et au plaisir de vous relire.


Hermophyle 02/05/2010 15:31



Tient, je coyais que les tiques c'était au mois d'Aout.


C'est quoi les aoutas du Razès ?


 



hermophobe 02/05/2010 13:39


Aprés la Galette une bonne salade de nombres sa passe.
Il est toujours possible de faire un trou Normand pour faciliter la digestion et de reprendre avec un chevreau de lait Laqué au miel de chêne et sa garniture de fêves poêlé.
En attendant votre dernier article sur l'écclésia ma donné beaucoup de réponse politiquement corec a mon puzzle.
En esperant que vous profitez de ce printemps dans les bras d'un jardin acceuillant.
au plaisr de vous relire
l'iréductible hermophobe pour vous servir


Hermophyle 02/05/2010 15:30



Malheur ! votre cuisine est sublime, mais la recette a l'air embrouillée.


Pas étonnant qu'il faille un trou normand pour digérer.



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