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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 18:24

Hendaye lune 

Vous visitez un musée et fasciné par une peinture, vous ne cessez de l’admirer pendant près de 15 minutes. Assis devant ce tableau vous hésitez tellement  à quitter les lieux que le gardien en a la larme à l’œil. Il est tellement bouleversé le brave homme qu’il vous en aurait fait volontiers cadeau de cette œuvre. Non, il ne viendra pas vous consoler mais ce n’est pas l’envie qui lui manque !

Vous ne pouvez pas reste là toute la journée à déguster couleurs et lumières, il faut vous arracher à cette brulure amoureuse.

D’un seul coup vous vous levez et déchirez ce tissu coloré qui vous emprisonne dans cette toile. Vous quittez le musée sous l’œil attendri du gardien qui vous suit jusqu’à le porte. Vous êtes l’un de ces visiteurs rarissime auquel il voudrait serrer la main avant de le voir partir.

Bien évidemment il ne vous viendra pas à l’esprit de remettre en cause le fait que vous avez décidé parfaitement librement de l’instant précis où vous avez pris la décision de vous arracher à votre contemplation… Et pourtant sachez que vous n’avez fait que vouloir quelque chose… qui avait été déjà prévu par votre cerveau quelque centaines de milli secondes avant et cela sans que vous vous en rendiez compte. Soit, en d’autres termes tout à fait indépendamment de votre conscience (laquelle pouvant être très sommairement définie comme la perception claire que nous avons de nos pensées et comportements). Plus encore les neurones de l’encéphale avaient commencés à stimuler les aires motrices nécessaires à l’action de nous lever de votre siège pour quitter le musée. Rassurez-vous tout de même, les larmes de tendresse du gardien n’étaient pas programmées par votre matière grise… en réfléchissant bien peut-être que l’inséparabilité quantique… Tout ça soulève le problème des « atomes crochus » dont les crochets pourraient bien être préfabriqués. Je m’égare !

Ne vous imaginez surtout pas que ma cervelle avide de sensationnel invente ce qui précède, qu’elle invente que notre cerveau est déjà au courant des décisions que nous n’avons par encore prises. C’est un constat qui fut publié en 2005 par le professeur de neurobiologie Patrick Haggard de l’University College of  London (Grande Bretagne) Pour les puristes voir sa publication de juin 2005 intitulée « Conscious intention and motor cognition » in revue Trends in Cognitive Science.

Cet enseignant a analysé les résultats d’expériences menées dès les années 80 jusqu’en 2004… La conclusion de ces travaux est cette troublante découverte, qui révèle que lorsque nous décidons de faire un geste quel qu’il soit nous ne faisons que vouloir ce que certaines zones de notre cerveau viennent de décider à notre insu !

 

« Nous sommes généralement convaincu que lorsque nos effectuons une action par exemple tendre le bras pour attraper une veste lorsqu’il fait froid, nous le faisons parce que nous l’avons voulu, expose le Pr Haggard. Or c’est faux ! L’exécution de ce geste est d’abord initiée par notre cerveau indépendamment de notre conscience. Et ce n’est qu’ensuite que nous prenons conscience de notre volonté d’effectuer ce geste, et que nous le faisons ».

 

Plus précisément, si nous sommes évidemment conscients des motivations qui guident nos actes, c’est le choix de l’instant précis qui nous voit les réaliser qui, lui, échappe à notre volonté.

Ainsi le visiteur de musée quitte bel et bien les lieux comme il avait prévu, mais il ignorait quand cela se produirait exactement car c’est une décision prise à son insu.

Pour ceux qui doivent prendre un avion et sont en retard et s’en retournent chez eux furieux en mettant la radio à fond qui leur apprend brusquement que leur avion c’est scratché, d’où  provient le signal retard salvateur du cerveau des rescappés ? Et puis zut, je m’égare encore !

Ainsi notre libre arbitre, soit la faculté d’agir sous l’influence de notre seule volonté, s’avère bien plus mince que ce que nous aimons à croire.

C’est un constat passablement humiliant pour la « liberté » républicaine et qui révolutionne un débat philosophique vieux de plusieurs siècles.

Si l’apport des neuroscience ne permet pas encore de trancher sur la nature du libre arbitre, il éclaire en tout cas d’un nouveau jour les positions défendues par les philosophes à ce sujet… quitte à les contredire tout net ! Tel René Descartes (1596-1650) pour qui chaque action est le fruit d’un choix librement effectué par l’individu entre les différentes possibilités qui se présentent à lui : une vision rudement malmenée par les travaux des neurophysiologistes. Ne sentez-vous point venir les lézardes dans le fameux « Discours de la méthode » sur lequel s’appuie toute démarche scientifique ? Il faut dire pour ce brave Descartes que nous avons fait preuve de discrimination à son égard (Charles Darwin a subit les mêmes torture) car personne ne parles du Descartes et sa nuit mystique, personne ne parles non plus de celui qui cherchait à entrer en relation avec les alchimistes Rose-Croix et tout le monde fait silence sur ses relation avec la Reine Christine de Suède brillante alchimiste. Pauvre philosophe qui fut passé sur le lit de Procuste et ne nous livre que l’ombre de lui-même ou néo-cartésianisme réduit au scientifiquement correct.

A l’opposé des concepts de Descartes nous avons celle de l’écossais David Hume (1711-1776), elle aussi battue en brèche. En effet pour ce philosophe la sensation de vouloir effectuer un acte donné est une sorte d’illusion rétrospective générée par le fait que nous sommes déjà en train d’effectuer cette action. Or, d’après B. Libet et A Sirigu de 1983 (voir mon Holoscopie de la spiritualité Occidentale) la conscience du geste survient quelque millisecondes avant son exécution, même si la décision de l’exécuter est prise avant d’en avoir conscience.

Comme je suis un brin cocardier je dois souligner que les conclusions de Patrick Haggard reposent essentiellement sur les travaux de Angéla Sirigu de l’institut des sciences cognitives de Lyon. Je passe sur le protocole expérimental que les puristes pourront aisément découvrir dans les diverses publications des sciences cognitives.

La conclusion est toujours la même : Le déclanchement du geste est bel et bien initié par le cerveau avant que le sujet décide consciemment de le faire !

Cependant le libre arbitre existe si nous avons le temps de réfléchir à ce que nous faisons. Si nous voulons acheter une voiture en pesant le pour ou le contre afin de prendre une décision, l’action d’acheter sera faite en toute liberté, c’est pourquoi nous pouvons dire que notre palais Bourbons n’est pas sous la coupe d’une bande de cerveaux de députés faisant la loi pour nous, hélas avec les magouilles en vigueur cela ne change pas grand-chose !

D’où peuvent provenir ces ordres d’agir précoces ? Les neurosciences donneront peut-être un jour une réponse. Mais cette réponse risque fort d’être biaisée si le corps est uniquement perçu comme matière.

 

 

Voila chère lectrice et cher lecteur Jevous ai parlé pour l’ultime fois  de notre cervelle. Je n’y reviendrais plus car presque personne ne lit ce genre de prose, emporté que je suis par ma formation, grâce à laquelle je barbe abondement. Ne voulant point empoisonner mes gentilles lectrice et mes aimables lecteurs je vais laisser ce genre de sujet au fond de mon escarcelle ou il se déposera pour former un dépôt poussiéreux ou de rares individu viendrons pécher leur poisson d’argent

J’ai toujours été passionné par le système nerveux central et plus particulièrement le cerveau. C’est une structure très complexe mais bourrée d’énigme et dont nous ne somme pas prêt à découvrit le fonctionnement intime qui parfois s’avère fascinant.

Le parallélisme est à faire avec l’étrangeté de la physiqiue quantique. Ces deux aspects de la science qui bousculent quelque peu ce que l’on croyait définitivement acquis prépare une période charnière ou les mentalités deviendront différentes et plus aptes à envisager un univers inséparable de l’être.

Nous ignorons généralement que notre cerveau est capable d’effectuer des « extractions d’invariances » c’est-à-dire de résoudre, de tête, une équation mathématique très complexe et cela instantanément comme le montrent certains calculateurs prodiges. Evidemment il est difficile de vulgariser un pareil sujet sans trahir quelque peu la réalité comme le font bien souvent les amateurs du nouvel âge en schématisant à l’excès les activités des encéphales droits et gauche.

 

Avec toute mon amitié.

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commentaires

Domica 01/04/2012 01:51

Il y a bien longtemps que je n'étais passée, bravo, quelle envolée, passionnante et surprenante !
Comme quoi réfléchir avant d'agir ...
nous avons également "tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler"
là encore les mots nous échappent souvent ...
Uranus doit y être pour quelque chose.
Bon dimanche à vous

Hermophyle 01/04/2012 07:33



Merci Domica, oui Uranus est à surveiller surtout s'il est dissonant. Méfions nous des coups de tête du Bélier...


Bon dimanchz à vous aussi.



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