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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:29

 

Gabalis02

Poursuivons donc la saga léonine de l’été, d’ailleurs cela n’est pas fortuit puisque Léon, tout comme Léo c’est le nom du lion en latin, la constellation céleste du Lion étant le domicile astrologique du soleil qui s’exalte pendant les vacances d’été du 24 juillet au 24 aout.  C’était donc le moment, ou jamais, de vous raconter des anecdotes sur le « lionsot » qui s’éveille à la vie pour découvrir le monde à partir de sa Citroën natale.  Mes amis hermétistes incorrigibles blagueurs mais de bonne compagnie, ne trouvent rien de mieux que de m’affirmer avec le plus grands sérieux qu’ils comprennent enfin pourquoi  je sens la quinte essence. Diable ! Pour être franc, je ne saurais vous affirmer en toute certitude si cette remarque olfactive est en odeur de sainteté.

Quoi qu’il en soit mon véhicule à quinte essence m’a conduit jusqu’à Narbonne ou bébé-Léon (certains disent caméléon) braillait comme un adjudant qu’il ne fut jamais. Et oui, il était beaucoup trop cool pour briller dans une carrière militaire de sous officier aboyeur.  Rapidement catalogué comme bon à rien, cela lui ouvrit tout les possibles, ce dont il ne s’est pas privé. J’entends d’ici les rouages rouillés de la cervelle brumeuse, des psychos de salon, étiqueter le « lionsot » comme sado maso. C’est hilarant, ne trouvez-vous pas, tout ces « branchés » devenus magistrats ?

Je me dois ici de vous rapporter ce que m’a dit un jour ma concierge. Cette dame toujours observatrice et à l’affut d’une bonne blague me dit un jour : « Savez vous ce qui reste quant on débranche un ‘branché’ ? » Evidemment je donnais ma langue au chat. Elle me répondit alors en riant de bon cœur : « Cher Monsieur il reste un moulin à vent ! » Devant cet Himalaya de sagesse je ne me suis autorisé aucun commentaire.

J’ai du mérite d’aimer les femmes, puisqu’elles m’ont joué des tours pendables à n’en plus finir. J’ai même fini par croire que j’étais né pour être le punching-ball de ces dames.

Pour initialiser ce processus de démolition ma première institutrice me distribua les premières baffes avec moult générosité. On l’avait surnommée en « verlan » occitan « camba des boès » (jambe de bois) par analogie avec la solidité de son pied qu’elle nous envoyait quelque part.

Cette dame respectable fut odieuse au dernier degré au point de m’humilier en permanence, et cela pratiquement tout les jours. Tantôt elle me faisait monter sur son estrade et me présentait à la classe comme un futur monsieur à embonpoint tantôt elle me mettait la tête dans une mesure à grain en disant que j’étais un crétin. Elle ne manquait pas de me demander ce qu’elle venait de dire en ayant choisi judicieusement le moment ou j’étais distrait. Donc surveillance malveillante de tous les instants. Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un laïus sous le titre : « Si peau de vache m’était conté ».

Les petits copains espiègles, mais ayant saisi son parti pris, en profitaient pour lâcher généreusement des pets (nous disions des « loufes ») en disant que c’était moi. Comme dans la cervelle de cette dame cela ne faisait aucun doute, je finissais la journée, malgré mes violentes protestations, dans le couloir à nouer des amitiés avec les mouches du plafond. Ainsi fut perfectionnée  ma très haute instruction.

Cette dame, à la rigidité cadavérique, je la remercie même si cela fut accepté comme un supplice qui m’a fait détester l’école à jamais… Oui, je la remercie au delà du possible de m’avoir évité ce formatage de l’école primaire et secondaire qui verrouille la pensée dans des systèmes.

Surtout elle m’a fait saisir que je n’étais rien et en même temps je savais intuitivement que j’étais tout, absolument tout au-delà du plausible, et cela dans un élan du cœur. A partir de là ma vie devint une aventure une véritable conquête enivrante de ce qui portait le nom invraisemblable d’impossible. Oui, je me suis tout autorisé surtout quant on disait que c’était « dingue ».

Comment expliquer les méandres de ma cervelle en mutation qui dicta ce genre d’action que j’assimilais à une conquète ? D’une manière abrupte schématisant à outrance les faits c’est se placer de face à un obstacle réputé infranchissable, jauger la moindre amorce de faille, le moindre creux de faiblesse et puis se lancer à l’asseau, démolir, frapper, mordre tout donner ignores toute fatigue, toute usure toute opposition, se mettre en étroite communion avec les invincibles force de vie pour continuer à démolir et arracher dans la certitude inébranlable de réussir. D’un seul coup tous cède comme par miracle, tout s’effrite et apparait alors le ciel étoilé qui donne cette force, ce rugissement de victoire qui roule une puissante reconnaissance vers les infini constellés. Non ce n’est pas de la poésie même si ça y ressemble !

Ma plus longue bataille et la plus importante qui fut déterminante pour une vie entière dura cinq ans au sein d’une institution scientifique. Autour du « Léon camé » c’était le vide, plus personne pour s’opposer à cet être détestable. Seul « Léon-fada », comme l’on disait, poursuivait une lutte de barjo réellement à visée utopique face à un colosse inébranlable détenteur de tous les pouvoirs… et il n’était rien ce Léon si ce n’est ridicule, ridicule moustique. Pour tous il était progressivement devenu moins que rien, pour tout dire c’était un cinglé.

Soudain, dans sa lutte incessante d’usure apparut au cœur de son espérance intacte la réussite que plus personne n’attendait et que j’ai passée sous silence à mes collègues médusés car elle est de l’ordre de l’incroyable et de l’intime. Elle eu lieu brusquement en septembre le jour de la St Michel Archange le grand patron des armées. Il était abasourdi le « Lion fada » car l’être puissant qui était devant lu s’effondra à ses pieds en pleurant et demandant pardon. Ce que je dis là est strictement vrai. Cet ennemi est devenu mon ami sur l’instant car il ne faut pas manquer de grandeur pour avouer aussi humblement sa défaite. Vous comprendrez pourquoi je fais en sortes que nul ne puisse le reconnaitre car les amis sont sacrés.

Personne n’aurait jamais cru à une telle conclusion si ce n’est mon internement dans un hôpital psychiatrique. Je ne nie pas que je sois un peu fou et ça me fait bien rigoler… Plus on est de fous plus... Oui, il avait raison ce Napoléon de corner à tout vent qu’impossible n’est pas français !

Rassurez-vous je vais bientôt donner du grain à moudre aux chercheurs de Rennes le château, et peut-être à d’autres chercheurs aussi ? Ne vous impatientez pas nous nous baladons dans la saga de l’été et puis j’ai envie de lambiner (le thermomètre marque 34 degrés).

Si j’ai une tête à claques certains l’ont accepté comme telle sans obligatoirement lui taper dessus. Je vais m’attarder sur un instituteur qui m’a accepté tel quel. C’était un homme extraordinaire, en avance d’un siècle sur son temps et qui aimais ses petits élèves. Je dis ici son nom car je voudrais lui rendre hommage et vous comprendrez bientôt pourquoi. Il s’appelait Barbaza. Pardon : Maître Barbaza, car c’était un vrai Maître, aussi bon pédagogue qu’artiste.

Au fond de la classe nous avions une petite presse à imprimer ou nous composions un petit hebdomadaire où les plus doués exerçaient leur jeune talent. Il nous préparait des bobines de diapo et nous les projetaient en nous demandant notre avis sur tel ou tel sujets. En fin de journée il prenait son violon et nous faisait chanter sous le grand préau. C’était pratiquement l’époque ou se déroulais le film à succès Les choristes (de Christophe Barratier avec Gérard Jugnot sorti en 2004). Notre chorale atteignit une certaine notoriété à tel point qu’un album fut enregistré et que nos chants passèrent à la radio sous le nom des petits chanteurs de l’école Montmorency. A ce moment nous chantions (grimés comme il convient) dans des pièces de théâtre. C’est là que j’appris le terme de « rang d’oignon » (ou « rang d’ognon ») de la part d’un metteur en scène qui étudiait l’agencement des acteurs de la pièce. Si mon instit m’avait enseigné ce mot à l’école je ne l’aurais pas enregistré, ainsi vont les choses… La vie n’est-elle pas la meilleure éducatrice ? En tout cas j’ai compris là que je ne pouvais qu’être autodidacte tellement les systèmes et méthodes fauchent les fleurs de la vie.

Ne vous impatientez pas, j’achève de me lustrer le nombril, lustrage qui est un prologue nécessaire à ce qui va vous intéresser… Désolé, en regardant mon nombril et en m’imaginant le tableau, un fou rire me prend au risque de retarder encore les choses !  

Un jour notre instit nous conta l’histoire de Montmorency dont notre école porte le nom. Ainsi j’appris que le cardinal de Richelieu poursuivait ce bravache François de Montmorency-Bouteville (1600-1627) pour être passé outre l’interdiction de se battre en duel promulgué par le ministre ensoutané qui devint cramoisi de rage et fit arrêter cette forte tête, séance tenante, pour le raccourcir durant les festivité aussi populaires que sanglantes de la place de Grève à Paris.

Mais notre cardinal d’épouvante aimait la hache ensanglantée mais il n’aimait pas les Montmorency. Aussi, il en exécuta un autre à Toulouse et éteignit ainsi sa lignée.

exécution du duc de montmorency

A Toulouse plaque au sol dans la cour intérieure de l’hôtel de ville commémorant l’exécution du deuxième duc de Montmorency (cinq ans après Montmorency- Bouteville) qui intriguait contre le pouvoir, sanguinaire, aussi retord qu’ombrageux, du cardinal de Richelieu.  La pratique de la charité chrétienne, de ce haut dignitaire de l’Eglise, reste un profond mystère.

L’arrestation du duc de Montmorency-Bouteville, ce jeune révolté de 27 ans, eu lieu à Narbonne là où fut construite notre école qui en est un vivant souvenir d’autant plus prégnant qu’elle se situe sur le boulevard Lacroix, (docteur Lacroix plus exactement) humaniste, homme bon et grand résistant devant l’éternel digne successeur du docteur Ernest  Ferroul le « docteur des pauvres » qui joua un rôle déterminant lors de la révolte des vignerons du Midi en 1907 s’opposant farouchement aux ordres d’un Clémenceau inique et violent qui fit tirer sur la foule. Tout cela pour dire que nous sommes là en pays de rébellion contre le pouvoir établi et cela dure depuis le massacre des chrétiens hérétiques Wisigoths et celui des Cathares tout aussi hérétiques !

Maître Barbaza n’échappais pas à la règle car il ne voulait rien savoir du système d’éducation qui régnait. Il était mal considéré par les parents vertueux qui s’efforçaient de faire changer d’école leur progéniture en danger, car chanter était une perte de temps, imprimer des textes de la bêtise. Il y avait un mystère derrière cette attitude de maître Barbaza car jamais personne ne s’opposa à lui. Toutes les critiques les plus virulentes ne trouvaient point d’échos auprès des plus hautes autorités. Elles perdaient vite leur souffle et s’effaçaient dans un curieux silence une sorte de non-dit respectueux… comme si on regrettait d’avoir trop parlé.

 

Un jour maître Barbaza nous annonça que pour nous remercier d’avoir bien chanté, il nous avait organisé une petite excursion.

Un matin de très bonne heures nous voilà partis dans un car qui nous amena je ne sais où. Qu’à cela ne tienne nous étions tous content. Il faut dire qu’au début des années 50 ce genre de ballade faisait exception tout comme la consommation de glace qui s’appelait « bombe glacée » par analogie avec la bombe atomique qui à cette époque avait un franc succès à un tel point que la ville avait organisé un grand loto « super atomique » dans toutes les salles de la cité ou mon papa avait assuré la liaison phonique entre tous ces lieux dont le centre était le « palais du travail » non loin de la gare sncf (Cncf à cette époque).

Evidemment personne n’avais encore mesuré la dimension dramatique de cette expression puisqu’au bal de quartier on chantait : « sacara… boum ça y est la bombe a éclaté » en soulevant la cavalière le plus haut possible pour la joie des bambins comme nous fort heureux de contempler un panorama unique du dessous des choses.

Le bus nous amena à Carcasonne ou notre instit nous fit visiter la cité puis… la station d’épuration des eaux (?), l’une des premières de France qui se situait non loin de l’actuelle sortie ouest de l’autoroute. Maitre Barbaza était accompagné d’un monsieur qui semblait fier de lui présenter son œuvre. Nous partîmes sur la route de Limoux. Notre intit. N’était plus avec nous. Par la lunette arrière nous le voyons dans une voiture qui nous suivait en portant, sur son aile avant, un petit drapeau, bleu blanc rouge.

Après avoir traversé Limoux, le car emprunta la route de Couiza. Juste avant d’arriver à Alet les Bains, il s’arrêta devant un petit monument aux morts érigé sur le bord de la route, non loin du pont de chemin de fer. Maitre Barbaza et le monsieur qui l’accompagnait avait l’air tristes. « Savez-vous, nous dit notre intit, que si cette route est libre, si notre pays est libre nous le devons à ceux qui son morts ici, ils avaient juste le double de votre âge. Ils ont essayé d’arrêter un convoi allemand qui empruntait la vallée et se rendait à Couiza. Quand vous passerez ici, pensez à eux » puis il nous fit faire une minute de silence.

Actuellement, quand j’emprunte cette route, pour aller à Rennes le Château, je pense toujours à eux, à maitre Barbaza le pédagogue hors pair libéré de toutes contraintes par son statue d’intouchables résistants de la dernière guerre mondiale. Souvent j’ai voulu m’arrêter pour remercier ceux qui son tombés là, et qui étaient surement les compagnons d’arme de maître Barbaza… mais la route est si étroite qu’il est pratiquement impossible de le faire, c’est un peu comme si ces héros disait « passez, la voie est libre maintenant ».

Notre car poursuivi sa route jusqu’à Couiza. Là nous avons visité une chapellerie. Je m’en souviens encore comme si c’était hier car entrer dans ce lieu sombre plein de vapeurs avait quelque chose de diabolique…

Devant des machines des hommes et des femmes travaillaient dans cet antre obscur un peu comme s’ils étaient devant un tour de potier. Avec leurs mains ils affinaient les formes des futurs couvre chef. Un ouvrier me fit un large sourire en me disant : « Tu sais que c’est très chaud, brûlant, il faut beaucoup de temps pour pouvoir toucher le feutre… touche ! » j’avançais la main et mit le doigt sur le feutre en le retirant immédiatement car c’était en effet brûlant. L’homme me montra ses mains pourvus de grands cals rouges. Les dames ne regardaient pas et continuait à poser leurs mains sur le feutre ardent.

J’imagine aisément la vie qu’avait due être en ces lieux celle de Marie Dénarneau, la future servante du curé « aux milliards » de Rennes le château. J’imagine ces jeunes femmes ne pouvant caresser le visage de leur bébé que du revers de leur main. Quel embarra  pour les jeunes filles comme Marie au point de dissimuler leus mains meurtries dans les grandes poches de leur tablier.

Voilà ou m’amena la première excursion de mon enfance après être né 10 ans plus tôt sur cette même route.

Devant cette monumentale synchronicité devais-je ou non refuser de m’intéresser à l’énigme de Rennes le Château ? Il est vrai que je trouve énormément de choses à dire à ce propos… faut-il s’en étonner ?

Avec toute mon amitié.

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