Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 15:34

 

Être chercheur de trésor se conçoit aisément tant les mystères qui nous entourent et nous constituent sont de grands et immenses trésors. Ces trésors ne peuvent, si nous ne sommes pas trop obtus, que nous passionner. Nous sommes aussi bougrement intéressés par la chasse aux lingots d’or parce que nous ne sommes pas riches (si vous l’êtes la suite ne vous concerne pas !).

Dans notre monde de crapules les politiques et les financiers sont au balcon pour nous rendre la vie dure non seulement en nous délestant de notre patrimoine personnel (la demeure campagnarde de mes grands-parents du Razès, habitée par mes rêves d’enfant, appartient maintenant à une famille allemande) mais surtout parce qu’ils détournent habilement le flux monétaire, secrètement amassé dans des caves anonymes dont ils ont les clés.

Bon, voilà c’était ma petite crise introductive dédiée aux lingotières de la banque de France !

 

Je ne m’attarderais pas sur ceux qui croient être les maîtres du monde alors qu’ils sont incapables d’allonger leur vie d’un iota. Pourtant leur impulsion meurtrière leur fait assassiner les trouveurs pour les remplacer par des chercheurs. L’affaire du biologiste Mirko Beljanski en est un bel exemple (voir le livre de son épouse Monique Beljanski : Mirko Beljanski Chronique d’une « fatwa » scientifique, édité chez Trédaniel en 2003).

L’avidité de richesse qui leur fait surveiller fiévreusement leur trésor, les rend prédateurs inconditionnels. Tout est bon à bouffer comme ces requins qui avalent les poubelles qui flottent dans le sillage des navires. Oui, ils sont tellement dominés qu’ils n’hésitent pas à tuer la poule aux œufs d’or et donc à s’autodétruire.

Cela caractérise l’époque-charnière de notre histoire. Elle est d’autant plus heureuse que le phénomène s’accentue et de plus en plus de « picsous » s’investissent bien malgré eux dans des œuvres philanthropiques. Nous assistons à l’émergence du pôle opposé des « antpicsou » dont les mouvements écologiques font partie ainsi que l’intérêt mondial suscité par le mystère de Rennes le Château. Les premiers veulent protéger notre terre et pensent à leurs enfants. Les seconds sont divisés en deux clans : les minables « picsous » qui se baladent avec une pelle et une pioche, et l’écrasante majorité des autres qui sentent que ce mystère repose sur une énigme en rapport direct avec les « erreurs » profondes des Églises et surtout en étroite harmonie avec les lois de « l’univer sel », comme l’écrit Béranger Saunière dans un de ses manuscrits et que j’ai signalé à la page 147 de mon livre Rennes le Château, les cartes des trésors, puis repris et interprété par Aline Ximénès dans son beau livre : Etude de la biographie de Béranger Saunière. Ce développement s’effectue dans son ouvrage qui étudie autant la dimension psychologique que spirituelle permettant de découvrir un nouveau visage de ce curé et de comprendre que l’alchimie a pu être son pôle d’intérêt.

BIOGRAPHIE ORIGINALE DE BERANGER SAUNIERE.


Le ressentir particulier d’une autre dimension et du spirituel, qui, pour l’alchimiste siège en toute matière, ne manque pas d’attirer des sociétés dites sociétés initiatiques qui prennent conscience que leur substrat ésotérique demande à être relié aux sources, relié à la lumière.

Après avoir parlé d’une centaine manière de l’art d’Hermès au point de laisser dans l’expectative certains élèves de l’école de Fulcanelli et Canseliet, je puis ici, pour clore cette étude, aborder les fondements de l’alchimie en espérant que cessent certaines incompréhensions.

Pour illustrer ce substrat essentiel de l’alchimie le plafond peint de l’église de Brenac, non loin de Montazel (où naquit Béranger Saunière ), s’y prête à merveille tant les médaillons symboliques sont expressifs. J’ai déjà développé le sens alchimique de certains.

RENNES LE CHÂTEAU : LES 3 OISEAUX DE BRENAC 

RENNES LE CHÂTEAU : LES 2 VAISSEAUX DE BRENNAC

RENNES LE CHÂTEAU : LA CHAPELLE INITIATIQUE DE BRENNAC


Je vais maintenant poursuivre et terminer l’explication des images qui agrémentent ce plafond.

 

 

Le sujet central de l’alchimie est l’énergie. Cependant la notion telle que la conçoit la physique actuelle est étrangère à l’idée qu’en a la philosophie alchimique. En effet, la force expérimentée par les alchimistes est encore insaisissable par les procédés expérimentaux des physiciens actuels. Et pourtant... ça tourne ! aurait dit un astronome célèbre.

Par ailleurs peut-on parler de « philosophie alchimique » ? Je ne crois pas puisque les concepts de l’alchimie découlent directement d’expérience et d’états intérieurs, plus exactement d’états spirituels. De ce fait l’appellation de « mystique expérimentale » comme le prône fort justement René Alleau (voir son livre Aspects de l’alchimie traditionnelle aux éditions de Minuit) me semble plus approprié.

Le médaillon suivant permet de mieux saisir ce que j’essaye de dire.

 

bre04

Sortant des nuées célestes, la main et l’esprit ou lumière de Dieu

planent sur la création après avoir plané sur les eaux.

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

 

Une main va se saisir d’un animal couché qui semble être un loup[1]. Autour de lui quatre volatiles. Les deux qui sont à droite regardent le loup. Alors que les deux qui sont à gauche regardent la main. Le triangle d’or rayonne sur tout avec une moindre intensité après avoir traversé les nuages.

Ici est exprimé clairement un conseil prodigué aux alchimistes : un ciel nuageux fait écran aux rayonnements, que pour l’instant j’appelle « rayonnement cosmique ».

Quant à l’interprétation religieuse elle semble exprimer la création faite par Dieu dès les premières pages de la Genèse :

C’est donc de la genèse qu’il nous faut partirpour constater que Dieu créa les oiseaux le cinquième jour avec les autres animaux tel le loup. Avec ces cinq animaux, c’est de ce cinquième jour qu’a voulu parler le peintre, cinquième jour qui correspond aux cinq doigts de la main. Cela ne saurait mieux désigner les manipulations.

 

Tous les alchimistes sont unanimes pour assimiler l’œuvre de l’alchimiste à la création de l’univers.

Entendons-nous bien, le travail au laboratoire est similaire à la création, mais il n’est pas identique, le mot comparable est plus approprié.

Donc, pas d’ambiguïtés : l’alchimiste ne cherche pas à s’introniser créateur comme Dieu, a être l’égal de Dieu lui-même. Donc prière aux psychologues qui sont en embuscade entre les cuisses de Freud de ne pas se précipiter pour vilipender des désirs d’érections immodérés (là ça chauffe !)

.

Certes, parmi ceux qui se disent alchimistes il en existe d’assez fous pour affirmer leur position de démiurge. Dans ce cas vous aurez compris que nous sommes aux portes de l’hôpital psychiatrique.

 

L’alchimiste va donc imiter l’œuvre de création de Dieu dans le modèle réduit que constitue le Grand Œuvre, ce qui n’a pas échappé à Serge Hutin :

 

« Le Grand Œuvre alchimique se trouve traditionnellement assimilé à l’organisation du chaos terrestre par la lumière divine : dans la cornue ou le creuset, l’adepte contemplerait donc – estime-t-il – ce qui s’est passé à l’origine même du présent cycle terrestre. Il ne s’agit pas là d’une simple formule symbolique, mais d’un processus concret, tangible, palpable : l’alchimiste se construit une sorte de véritable modèle réduit animé de la création, avec reproduction sur ce globe en miniature du jeu même des cycles solaires, lunaires et planétaires qui régissent la Terre. L’alchimiste Canseliet nous racontait ainsi comment, une nuit, il vit se reproduire sous ses yeux, en petit, tout le déroulement de l’éclipse de lune qui se produisait dans le même temps sur la voûte céleste.

Les alchimistes occidentaux n’ont pas manqué de faire un parallèle entre le déroulement du Grand Œuvre et les étapes successives du processus cosmogonique décrites dans la Genèse. » (Serge Hutin, Histoire de l’alchimie, p 45-46, Éditions Marabout ? Vervier Belgique 1971. Les parties soulignées le sont par moi-même)

 

Cette citation à elle seule pose les fondements de l’alchimie comme l’a bien illustré l’abbé Courtade au plafond de son église de Brénac.

Mais la réussite d’une pareille expérience ne saurait reposer seulement sur un mélange d’ingrédients. D’autre part il serait naïf de s’imaginer qu’il s’agit là d’une influence du psychisme de l’alchimiste sur la matière. Une histoire pareille est bonne pour faire briller les yeux des crédules qui ne cherchent qu’à titiller leur insatiable besoin de mystère. « Faite moi peur que je puisse me régaler » est leur devise !

Aujourd’hui la mode, chez les « allumés », est de se « chouter » à l’étrange et au surnaturel. Croyez-moi car je vois cette jouissance, à faciès de perdition, dans beaucoup d’yeux. À la moindre de mes causeries elle s’éveille et puis s’envole comme une sorcière sur son balai ! Je sais alors que les disciples d’Harry Potter ne pourront maîtriser leurs fascinations. Ainsi naissent des fantasmes, qui ont la redoutable particularité de piéger dans un univers artificiel. C’est de cette manière que se dresse un obstacle obstruant l’accès à un réel intérêt seul capable d’ouvrir les portes de l’initiation. Les questions qui me sont posées démontrent ce naufrage irréversible dans les brumes de l’imaginaire.

Il faut le dire : tout le monde est appelé mais tout le monde ne répond pas et reste bloqué, en qualité de non élu, dans la couche épidermique du phénomène mystérieux. Le reste est une affaire de sieste. Si l’on se régale, pourquoi faire un effort ? De ce fait on vient quémander son biberon au ventilateur qui passe et l’on ingurgite goulûment les absurdités du premier venu pourvu qu’il y ait, dans son discours, moult mystères. Le livre Da Vinci Code le démontre avec ses aberrations qui vont jusqu’à tordre (de rire peut-être) le méridien de Paris pour qu’il puisse se balader dans la blanche Albion.

 

À la place de la « puissance » de notre misérable psychisme pour faire se promener des planètes dans l’athanor il faut quelque chose de plus sérieux et de plus conséquent que l’activité d’un petit dieu à la pensée étriquée s’imaginant être l’égal du créateur lui-même. Ça sent le dingue tout ça ! ! ! Et comme le dit si justement mon amie la judicieuse Marie-Thérèse c’est digne du « nouille-age ».

 

Le petit dieu doit accepter d’être un singe, le singe de la création, disent les alchimistes. Imiter, tel est le fin mot de l’histoire. L’alchimiste passe sur les empreintes du créateur en utilisant une matière déjà crée par lui, un chao originel (ou matière première) qui lui reste à modeler. Oui, l’homme est créateur, mais n’est pas LE Créateur ! De ce fait il entre dans l’Église de Pierre avec sous le bras la mystique de Jean.

J’espère avoir été suffisamment explicite pour dissuader les exaltés de la carafe qui rêvent de chaparder le sceptre à Jupiter.

 

«  C’est que l’alchimiste, dans son patient travail, doit être le scrupuleux imitateur de la nature, le singe de la création, suivant l’expression génuine de plusieurs maîtres. Guidé par l’analogie, il réalise en petit, avec ses faibles moyens et dans un domaine restreint, ce que Dieu fit en grand dans l’univers cosmique. Ici, l’immense ; là, le minuscule. À ces deux extrémités, même pensée, même effort, volonté semblable en sa relativité. Dieu fait tout de rien : il crée. L’homme prend une parcelle de ce tout et la multiplie : il prolonge et continue. Ainsi le microcosme amplifie le macrocosme. Tel est son but, sa raison d’être ; telle nous paraît être sa véritable mission terrestre et le cause de son propre salut. En haut, Dieu ; en bas, l’homme. Entre le Créateur immortel et sa créature périssable, toute la Nature crée. Cherchez : vous ne trouverez rien de plus ni ne découvrirez rien de moins, que l’Auteur du premier effort, relié à la masse des bénéficiaires de l’exemple divin soumis à la même volonté impérieuse d’activité constante, d’éternel labeur.

Tous les auteurs classiques sont unanimes à reconnaître que le Grand Œuvre est un abrégé, réduit aux proportions et aux possibilité humaines, de l’Ouvrage divin. » (Les demeures Philosophales, tome 1, pages 255-256. Éditions J. J. Pauvert. Paris 1973)

 

Donc il nous faut revenir à la Bible au moment de la création. André Chouraqui traduit le premier verset de la sorte :

 

« La terre était tohu-et-bohu,

une ténèbre sur les faces de l’abîme,

mais le souffle d’Elohims planait

sur la face des eaux. » (Bible d’André Chouraqui, la genèse verse 1)

 

Le tohu-et-bohu est le chao primordial. Le souffle d’Elohims désigne toutes sorte de déplacement d’air (air qui n’existait pas encore) mais ici le souffle[2] d’Elohims est le souffle de la vie et de l’esprit source de toute création et de toute vie.

Ainsi, le souffle ou l’esprit divin imprègne le chao primordial est de ce fait la matière première qui permettra de réaliser le Grand Œuvre alchimique capable de réaliser une nouvelle création.

D’où l’expression de récréation hermétique employée parfois par les alchimistes pour désigner leur nouvelle création ou recréation hermétique. C’est pourquoi récréation hermétique est le titre d’un manuel d’alchimie très prisé par les « amoureux de science » ou alchimistes en herbe.

 

Ne croyez surtout pas que je vous balade hors sujet. Je n’ai jamais perdu de vue la description de l’image précédente.

Ainsi l’esprit divin qui planait sur la création est-il bien représenté sur cette peinture par le nuage d’où sort la main pour bien spécifier que cette nuée est bien celle du souffle de Dieu à l’aube des temps. Cet esprit est représenté ici corporifié dans le règne animal, mais il l’est également dans le règne végétal minéral et humain. Ne soyez pas étonné si je ne fais pas descendre l’homme du singe ! Ne soyez pas non plus étonné si je n’ai pas prêché une « fatwa » à mort contre Darwin et les évolutionnistes… Il faut que « connerie » passe ! Mais là n’est pas, pour l’instant, mon propos et je n’ai pas l’intention de caresser quelqu’un à rebrousse-poil.  Ce qu’il faut retenir ici c’est que TOUTE MATIERE possède, en potentiel, la possiblilité de réaliser le Grand Œuvre. D’où des expressions disant qu’on foule la matière première aux pieds. Évidemment un choix judicieux doit être fait correspondant aux capacités des minéraux, et au climat. On n’œuvre pas de la même manière à Paris que dans le midi ou en Amérique du sud. Mais le message des alchimistes du monde entier et de toutes les époques ne changera pas d’un iota car le principe est immuable est le restera à jamais dans… Les siècles des siècles !

Il serait temps de prendre conscience du sens de l’Église solaire ou mystique à séparer impérativement des caricatures que sont (hélas) nos religions chrétiennes actuelles ! L’église de Courtade est si expressive en ce sens que l’on peut supposer que cette église abritait une Église indépendante de l’Église catholique regroupant les ecclésiastiques initiés. La chapelle initiatique l’accrédite et l’ancienne photo de plusieurs prêtre autour d’un livre , dont Béranger Saunière, (voir l’article sur la chapelle initiatique LIEN) est probablement le livre de la genèse qui s’inscrit dans la logique de ce que je dit.

Si vous croyez que je vous dit cela parce que je vois des mysères partout, c’est à désespérer… Revenons à la toison d’or de nos moutons…

 

L’esprit divin corporifié est appelé « esprit astral » par cet alchimiste anonyme du début du XIXe siècle qui signa son célèbre opuscule du pseudonyme Cyliani, que vous trouverez dans toutes les librairies. Il est également appelé « or astral, dont le centre est dans le soleil »

Dans l’un de mes précédents articles je développe la particularité de la lumière dorée du soleil qui donnait lieu à une initiation Rose+Croix non folklorique comme dans nos actuelles sociétés bidon. Tout alchimiste est Rose+Croix sans adhérer à quoi que ce soit et payer une cotisation, et il est Rose+Croix dans le sens ou seul il sait  cueillir les roses de la création. Le praticien de cet Art « dialogue » avec l’esprit astral primordial qui imprègne tout et se laisser guider par lui, imite Dieu avec humilité, comme tout brave singe qui se respecte ! Après cela notre artiste singe mais confident de Dieu obtient la rose (pierre rouge) sur sa croix (creuset). Un rose+Croix est celui qui est capable de cueillir la Rose pour explorer les mystères de tout l’univers, et croyez-moi sur parole il y a des choses à voir à faire pâlir de jalousie les meilleurs auteurs de science fiction !

LUMIERES SUR L’ALCHIMIE ET L’ASTROLOGIE 


Ce « dialogue » avec la lumière solaire permet de saisir que l’Esprit est véhiculé par la lumière, comme le montre fort bien l’image que je décris. Donc il n’est pas surprenant que certains auteurs affirment parfois que l’esprit et la lumière désignent la même chose et comme l’abbé Courtade l’illustre dans les symboles de son église ou ses rayonnement jaune d’or sont dans toutes les images.

Ainsi peut-on parler de l’eau primordiale ou onde , ce qui se représente par des ondulations comme celles que l’on peut observer quant on jette une pierre dans une mare. En mer les vagues en sont de belles illustrations.

Le symbole alchimique du sel en est l’expression lorsque les deux parties sont décalées constituant ainsi le schéma d’une sinusoïde qui caractérise toutes les ondes qu’elles soient visibles ou non comme les ondes sonores.

SEL SINUSOIDE

À Brenac l’onde est représentée symboliquement par l’ancre qui plonge dans l’eau, ce qui est une illustration d’autant plus judicieuse qu’elle est baignée d’une lumière ne provenant plus d’un triangle mais d’une étoile qui ne saurait mieux représenter l’éther du firmament nocturne ou l’Esprit. Mais c’est aussi le signe distinctif de la Vierge mère. La fixation (ou coagulation) est ici figurée par l’ancre organe stabilisateur des vaisseaux (vaissels). Ce phénomène est à l’origine de la fable du rémore, ce petit poisson capable d’arrêter, selon la légende, les plus grands vaisseaux. La symétrie de l’ancre montre son lien, si ce n’est son identité, avec le « rebis » ou corps double.

 

« Cette eau, nous dit Eugène Canseliet, donne naissance à l’homuncule alchimique, au tout petit poisson que les hermétistes dénommèrent rémore et qu’ils nous conseillent sans cesse, avec leur coutumier amour du jeu d’esprit, de pêcher dans leur mer, cabalistiquement, leur mère. » (Alchimie, p 130, éditions J. J. Pauvert, Paris 1978)

 

Nota : Le lecteur notera le double sens du jeu d’esprit, qui ne se cantonne pas seulement aux jeux de mots mais à la matière fondamentale dépositaire de l’esprit.

 

bre10L'encre noire qui s'accorde avec la nuit.

  Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

 

La matière première de l’alchimie est donc en dormance en attendant le printemps provoqué par l’adepte et l’éveil de la nature. Pour désigner cette particularité l’expression végéter est employer. Cela n’a évidemment pas de rapports avec le règne végétal. Fulcanelli l’exprime sans ambages :

 

« C’est un fruit vert et acerbe, comparé au fruit rouge et mur. C’est la jeunesse métallique, sur laquelle l’Évolution n’a pas ouvré, mais qui contient le germe latent d’une énergie réelle, appelée plus tard à se développer. C’est l’imperfection actuelle d’où sortira la plus grande perfection future. » (Le mystère des cathédrales p 121 Éditions J-J. Pauvert, Paris 1964)

 

Mais le symbole de l’ancre est, comme de nombreux symboles alchimiques polysémiques. Ainsi il désigne aussi la voie alchimique dite voie humide.

L’ancre a aussi, comme je l’ai dit, le sens d’œuvre au noir, ce qui est montré par l’étoile qui brille la nuit.

Une autre signification est liée à l’anagramme du mot ancre qui est crâne. Les alchimistes parlent de caput mortum ou tête morte. C’est un résidu sans vie et donc sans valeur qui est séparé et rejeté ou jeté… comme l’ancre. Dans la sténographie alchimique la tête morte ou caput mortum est représentée par un crâne.

 

Chacune de ces significations prête leurs sens à des niveaux différents de l’œuvre et à différentes voies. Leur signification précise se définit en fonction de ce qui est réalisé.

 

L’éveil va donc se réaliser dans l’athanor souvent représenté par une tour, une tour qui loge l’or ou tour de l’horloge comme le nom premier de la tour Magdala de Béranger Saunière curé de Rennes le Château. Endroit particulièrement prisé par notre ecclésiastique pour préparer différentes « sauces » à chacun des trois niveaux dont j’ai explique le sens dans mon livre Rennes le Château : la carte des trésors.

 

bre07La tour athanor recevant l'esprit.

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

  

La tour désigne aussi le tour de main nécessaire pour les travaux au laboratoire que Rabelais appelle Trinc. Si la tour désigne l’athanor avec son immense porte afin que pénètre largement l’indispensable lumière ou esprit, la main qui lui est associée est celle du créateur qui sort des nues dans la première image de cet article.

À gauche de cette tour est un palmier dont le stipe semble brisé dans sa partie supérieure comme si le végétal se redressait après avoir été avachi. À côté on devine un personnage appuyé contre son « tronc ». L’explication nous est fournie par l’évangile de l’enfance de Kessæus qui narre l’accouchement de Marie et que cite Fulcanelli à la page 274 du tome 2 des Demeures Philosophales (op. cit.):

 

« Lorsque le moment de sa délivrance approcha, elle sortit au milieu de la nuit de la maison de Zacharie, et elle s’achemina hors de Jérusalem. Et elle vit un palmier desséché ; et lorsque Marie se fut assise au pied de cet atbre, aussitôt il refleurit et se couvrit de feuilles et de verdure, et il porta une grande abondance de fruits par l’opération de la puissance de Dieu. Et Dieu fit surgir à côté une source d’eau vive, et lorsque les douleurs de l’enfantement tourmentaient Marie, elle serrait étroitement le palmier de ses mains. »

 

Il s’agit ici de la matière première (Marie) ayant l’esprit en son sein qui ranime le palmier avec l’esprit qui est en elle. Comment dire autrement que seul l’esprit peut agir ? Rien n’est plus clair pour désigner la dimension alchimique de cette tour-athanor ayant à sa droite une arche de pierre qui sert de portique naturel à l’entrée du terre-plein qui est au pied de l’athanor de pierre. Il s’agit ici d’un jeu cabalistique qui fait corresponde l’arche de pierre avec l’art de la pierre ou alchimie. Je ne saurais passer sous silence le rôle essentiel de la ville d’Arque non loin de Rennes le Château avec sa tour et ses autres particularités.

 

Cette précieuse énergie présente ici-bas dès les premières lignes de la genèse est conserve dans le saint des saints qui n’est autre que l’Arche d’alliance… Cet Art qui fait alliance avec Dieu.

 

bre05

L'arche d'alliance qui crée un lien permanent entre le Créateur et les hommes.

Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

 

L’arche ou l’arque d’alliance gardée par les chérubins, est Arche de Noé salvatrice pour ceux qui suivent la route pleine d’épines de leur rédemption individuelle. Car l’alchimie est bien là route de rédemption par excellence pour les hommes de bonne volonté qui œuvrent autant au laboratoire qu’à l’oratoire avec l’esprit.

 

À la place du triangle divin habituel on voit au-dessus de l’arche un disque solaire rayonnant, montrant que lumière et esprit sont confondus pour irradier l’arche sur le couvercle de laquelle sont agenouillés deux Chérubins. Les chérubins étant la hiérarchie spirituelle la plus élevée et la plus proche de Dieu et que les mystiques voyaient comme les autres membres de la hiérarchie dont les anges occupent le plus bas niveau et sont donc les plus proches des hommes. Elle renferme les tables de la loi qui, lorsqu’elles seront respectées par tous les hommes alors apparaîtra la Jérusalem céleste décrite pas saint Jean.

Ici le message nous dit, je le répète, que la rédemption peut être individuelle. L’esprit aidera, revivifiera à la condition d’œuvrer au laboratoire la matière pétrie de vie portant l’empreinte du Créateur et aussi qu’entre les manipulations l’oratoire voit la purification de notre propre esprit. Qui se doit d’être esprit saint.

 

L’esprit est lumière ce que confirme l’abbé Courtade en utilisant en dominante la couleur jaune signe de son omniprésence. Elle s’exprime avec plus de force dans la chapelle initiatique où le néophyte s’incline vers le Christ couché à ses pieds pour lui prêter une allégeance éternelle.

 

Et l’abbé Boudet, me direz-vous, comment a-t-il manifesté son statue de « Fil de Science » ? Je ne vous surprendrais pas en vous disant qu’il a dévoilé ses batteries avec son livre La vraie langue celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains.

Dès le titre il nous parle de l’expression du vrai sel (vaissel) alchimique qu’il appelle vraie langue celtique et dont il donne la composition comme composé lié au potassium.

C’est pourquoi dès les premières lines de son avant-propos il affirme sans ambage :

« Le titre de cet ouvrage semble, au premier abord, trop prétentieux pour être rigoureusement exact. »

 

En effet, son titre n’est pas rigoureusement exact puisqu’il écrit Cromleck, au lieu de Cromlech. Il attire ainsi notre attention sur le k, dont on se demande ce qu’il vient faire là ! sauf si on l’associe au symbole chimique du potassium. Ici le k est mis à la place de la lettre h qui aurait du y figurer.

Le H étant le signe de l’esprit invisible, de l’esprit qui est donc dans le sel de K. La forme circulaire du cromlech, ou œuvre de pierre, se superpose au symbole solaire, reliant ainsi l’esprit à la lumière. Il insiste sur le H de l’esprit de la genèse dont il développe dans son livre les faits en disant que :

 

« Dieu s’oblige et s’astreint pour ainsi dire à faire servir sa puissance à la conservation des choses crées. » (p. 30),

 

La puissance de Dieu pour conserver (si l’on peut dire !) les choses crées est symbolisée par H, son éternelle présence. Boudet  confirme cela en écrivant menir au lieu de menhir… toujours une œuvre de pierre., toujours un H invisible dans la pierre, pierre sur laquelle, n’en doutez pas, le Christ a construit son Église. Actuellement cette pierre est détruite et les portes de l’enfer claquent dessus à tout vent.

Quant au sieur Pomiés éditeur fantôme, il porte la même pomme que l’enfant Jésus que Béranger Saunière a découpé dans le journal Lacroix pour le coller sur son cahier. Cette pomme avec une croix au-dessus se trouve dans la nomenclature alchimique comme symbole de l’antimoine et du cinabre.

Je laisse aux chercheurs érudits le soin de décrymper l’ouvage de Boudet qui nous signale fort à propos :

 

« Qu’il ne faut pas descendre fort longuement dans la généalogie des enfants d’Adam pour y rencontrer la science des métaux. » (p 40)

Mais admirez la suite :

« Les hommes habitaient le monde depuis seulement trois cent quatre-vingt-quinze ans. Adam était encore au milieu de ses descendants pour les aider de ses conseils et les initier aux travaux industriels… Adam assistait aux travaux de ses enfants, et sa présence indique suffisamment d’où venait les connaissances acquises. »

 

Inutile de savoir lire entre les lignes pour trouver le secret de la longévité d’Adam, 389 ans s’il vous plait ! Adam, un véritable dieu de la forge, porté à travailler les métaux (Boudet ne nous parles pas d’objets manufacturés) et surtout à transmette son savoir dont l’origine est due à qui ? Question à 1 euro !

Je vais vous faire une confidence, j’ai bien rigolé en lisant Boudet. À la suite de quoi on comprend aisément que les aristocrates, souvent initiés à l’alchimie, aient reçu ce livre avec beaucoup de déférence. Quant à nos barbes académiques, toujours à côté de la plaque, elles ont démontré leur proverbiale cécité.

 

Que vous souhaiter de plus sinon que vous puissiez voir l’esprit comme les anciens le voyait ?

 

Avec toute mon amitié.

 

FIN.

 

P. S. Je ne saurai trop vous inciter à relire mes articles en ne perdant pas de vue ce que je viens de dire. Car il est de rigueur, comme le veulent les noces de Cana, de garder le meilleur pour la fin.

 

bre09Photo Christian Attard http://www.reinedumidi.com/rdm/brenac3.htm

 

 

 



[1] L’antimoine, appelé par les alchimistes « Loup gris », est capable de purifier de sa gangue métallique le plus noble des métaux qui est l’or. L’image se traduit donc par : « dans ma création prenez le loup gris et rendez-le volatil. »

[2] Le livre de Jasher le Juste (Jasher portait le bâton de commandement de Moïse) il est dit :

« Au commencement les ténèbres s’étendaient sur toute la nature.

Et l’éther s’élevait à la surface du chaos. »

De là est venu le terme éther des anciens physiciens (cher à l’alchimiste Newton) pour désigner une structure  fluide immatérielle remplissant l’espace à priori vide. Un moment abandonnée après l’avènement de la Relativité, la physique actuelle tend à réacréditer ce concept.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Pamphile 12/05/2011 16:37


Fiat lux bis repetita !

J'ai compris bien plus en lisant ces lignes qu'en plusieurs années à m'arracher les cheveux sur des ouvrages classiques d'alchimie. Cette série sur Brenac est essentielle !

Pamphile


Hermophyle 12/05/2011 19:22



Pamphile, vous avez raison les choses sont claires à Brénac.


Si elle le sont pour vous, j'en suis hereux.


Bonne soirée.



Alain Gros 09/05/2011 17:58


Salut Léon !
Alors là c'est un feu d'artifice à Brenac. Je suis sur le derrière, la tête tournée vers la voûte pour me laisser transporter (si ailes) ou trans-muter à livre ouvert par ta grâce, à l'Esprit sain
qui m'anime. Vraiment merci !
Alain


Hermophyle 10/05/2011 16:00



Salut Alain,


Ma dernière causerie t'a permis de mieux apprécier cet article.


Je penses que nos sorties sont terminées. C'était choses prévisibles car je n'avais pas suffisemment mesuré les égos.


Je reste sur d'excellents souvenirs et de belles amitiés. Peu-être Brigitte fédèrera le groupe pour de bonnes rencontres ou balades.


Personnellement je me retire sur la pointe des pieds car je ne veux rien froisser..


Amicalement.


Léon.


 



Présentation

  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
  • Contact

Recherche

Liens