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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 15:57

 

 

 

JANUS 4

Voici une lettre que m’a fait parvenir une lectrice à la suite de mon article LETTRE OUVERTE AUX CUL-NON-BENITS .

 

Je suis tentée pour une fois, cher ami, de m’inscrire en faux contre ce déni de l’église traditionnelle.
Non pas que je sois une catho pratiquante ni un cul béni, puisque mon chemin s’est considérablement éloigné des enfantillages enseignés par un certain clergé bouché, mais d’une part, je crois qu’aujourd’hui ce clergé obtus n’est plus majoritaire et que bon nombre de prêtres acceptent de se poser les bonnes questions et d’autre part, en ce qui me concerne l’éducation Chrétienne Classique que j’ai reçue m’a donné les bonnes bases qui m’ont permis d’aller plus loin.
Quant à ces définitions, émanant de divers auteurs sur les mystères, je les trouve appropriées, car les mystères doivent être d’abord acceptés sans être compris si on veut un jour les comprendre.
Il faut les laisser mûrir, (ou cuire, voyez-vous) pour leur laisser une chance d’éclater un jour, au grand jour.
A mon avis celui qui refuse de croire tant qu’on ne lui a pas expliqué ou qui veut tout savoir, tout de suite, ne saura rien.


Pour moi, les fameux mystères sont de vrais tremplins vers la connaissance lorsque par une porte ouverte ils se révèlent, d’eux-mêmes, dans toute leur lumineuse vérité.


Mais pour cela, il faut d’ abord admettre les postulats que vous citez par leur référence de pages d’ouvrages, p28, p56, p566 ……

Pardon mon ami de vous contredire.

Bien affectueusement.

 

T

rès grand merci mon amie de m’écrire avec ce fond de vérité et de gentillesse que l’on rencontre trop rarement. Je n’ai absolument rien à vous pardonner mais surtout à vous dire encore merci pour avoir exprimé le fond de votre pensée avec cette délicatesse qui caractérise les êtres attentifs de ne point heurter ses amis et les autres en général, ce qui —à mon avis — caractérise l’attitude d’un être désireux de progresser.

Quand, dans votre urbanité, je vous compare avec cet « alchimiste » qui me traite de névrosé (toujours à propos de ce même article) sans autre forme de procès, comprenez que j’apprécie grandement votre manière de procéder !

 

Oui, le clergé obtus tend, apparemment, à disparaitre car il ne fait plus recette. Il est donc progressivement supplanté par des ecclésiastiques à l’esprit, apparemment, ouvert. Oui, tout n’est qu’apparence en ce domaine.

Pourquoi parler d’apparence avec autant d’insistance ?

Ce terme repose sur un fait trop souvent passé sous silence concernant l’ordination des prêtres. A cette occasion ils prononcent ce qu’ils appellent la « promesse d’obéissance canonique ». En d’autre termes ils promettent l’obéissance immédiate, au doigt et à l’œil si je puis dire, à leur évêque.

Le prêtre est donc libre de raconter ce que bon lui semble à ses paroissiens, c’est même recommandé d’aller dans le sens du poil de ceux qui le questionne. D’être ésotériste avec les ésotéristes, francs Maçon avec les francs maçons, socialiste ou rose-croix, etc. selon le sens du vent. Le curé fait tout pour séduire ceux qui s’adressent à lui, surtout ceux qui ne sont pas dans le giron de l’Eglise. Ils n’hésitent pas à dire, pour ces nombreux paroissiens devenus bouddhistes, que le bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie ce qui est faux évidemment. Un historien des religions, tel Otton Vallée, se fera un plaisir de vous l’expliquer. Mais ici on n’hésite pas à induire en erreur afin de dire aux bouddhistes anciens chrétiens que le bouddhisme qu’ils pratiquent ne les sépare pas du christianisme, qu’il n’y a aucune incompatibilité et qu’ils sont toujours au sein de l’Eglise Catholique ! Ils suivent cependant en qualité de catholique irréprochable, mais à titre personnel, un chemin spirituel particulier que l’Eglise ne saurait leur reprocher.

Vous voyez chère amie où le bât blesse par rapport à la vérité dont ils devraient être les premiers défenseurs, à l’image du Christ qui proclame si souvent en introduction de ses paraboles : « En vérité, en vérité je vous le dit… »

La séduction du marketing religieux s’exerce bien souvent au détriment de la vérité.

Il y a plus encore. Nos prêtres on des obligations de raconter tout ce qu’ils font à un bras droit de l’évêque que l’on appelle Vicaire épiscopal ou Protonotaire mais plus souvent Vicaire Général.

Si vous avez dit à votre curé que vous souhaiteriez parler de votre expérience spirituelle marginale pas rapport à l’Eglise, il a accepté avec plaisir et a mis une salle de conférence à votre disposition. La veille de la causerie votre curé viendra vous dire que le lieu n’est pas disponible car, sans vous le dire, il a fait un rapport dont la teneur a été refusée par le représentant de l’évêque... comme il doit obéir au doigt et à l’œil à son prélat, il est impossible de faire confiance à ce que raconte les simples prêtres.

Ainsi plusieurs de mes amis ont vécu des expériences similaires. L’un d’eux m’a même dit :

« Ils te tendent les bras et toi, tout confient, tu t’y précipite, mais juste avant d’arriver ils les referment avec une grimace de trois pans de long. »

L’éducation chrétienneclassique que vous avez reçue, dites-vous, vous a donné de bonnes bases qui vous ont permis d’aller plus loin ?

Je présume qu’en effet vous êtes plus proche de l’esprit de vérité lequel repose essentiellement sur votre désir de bien faire et d’avancer.

Parlons-en de cette éducation chrétienne « classique » qui n’a des chances d’avoir une valeur réelle que si vous êtes née  en l’an… 1100 environ ! Je ne parviens pas à saisir, sans que je mettre en doute pour autant votre bonne foi,  ce que l’éducation chrétienne « classique » reposant sur des mots, a pu vous amener de « sérieux » dans votre formation mystique fondamentale, si ne n’est, rendons lui justice en cela, d’avo amorcé le processus de spiritualisation. Vous a-t-on appris à vous mettre en présence de Dieu (comme le conseillent les missels) sans prendre le risque d’évoluer dans un phantasme ou d’élaborer un dialogue qui n’est qu’un monologue ?

Ce que je dis ici peut prêter à confusion, je suis profondément chrétien (névrosé pour certains) et donc je ne cherche absolument pas à détruire quoi que ce soit, à le redresser peut-être en prenant le risque de le torturer.

Disons d’une manière globale qu’aucun des trois aspects du christianisme que sont le catholicisme, les diverses orthodoxies et les différents protestantismes, n’est dépositaire de la vérité. Si nous faisons un triangle avec ces trois aspects, la vérité se trouve au milieu. Je partage en cela l’opinion du grand mystique Philippe Nizier (1849-1904):

« Le partage des vêtements du Christ. Il y a trois religions issues de l’enseignement primitif, qui se sont éloignés de la vrai religion, formant les trois angles d’un triangle, dont le centre est la vraie croyance » (paroles du 30 avril 1903) in Vie et paroles du maître Philippe p. 110 par Alfred Haehl, Dervy-Livre 1980.

Pour mieux saisir qu’aucune des trois religions n’ont accès à la vérité, remontons dans le temps. En 1500, le protestantisme n’existait pas, la « vérité » était donc partagée entre catholiques et divers orthodoxes.

Si nous nous projetons à l’an 1000, en ce temps là les catholiques et les orthodoxes n’existaient pas. Seule existait l’Eglise universelle (cette Eglise n’était absolument pas l’Eglise Catholique actuelle même si le mot catholique veut dire universel) où tous les chrétiens orientaux et occidentaux vivaient sous le même toit. C’était le moment où se bâtissaient les églises romanes. Le pape n’existait pas, il existait seulement des patriarches responsables des différentes zones géographiques, des « méga évêchés » en quelque sorte.

C’est à cette église que je me réfère, à sa mystique, à sa discipline ecclésiastique. C’est la seule qui soit réellement compatible avec l’alchimie, même si plus tardivement des monastères gardèrent cette connaissance de nos jours oubliée.

Cette Eglise unie était appelée gallicane car elle unissait les Gaules qui comprenaient non seulement la France mais aussi tout les pays de l’empire Romain d’Occident (grande Bretagne (dont le pays de Galle est évocateur), Espagne (où la Galicie en témoigne), Italie… auquel était joint les pays de l’empire méditerranéen Oriental (souvenons nous de la Galilée). Ce n’est donc pas sans idées précises que les apôtres débarquèrent d’abord en Gaule.

On retrouve cette union Orient-Occident jusque dans l’architecture romane comme dans la ruine de l’église sainte Marie à Alet les bains (Aude). Allez voir la façade côté cimetière et vous découvrirez l’orientalisme architectural de l’époque romane.

A cette période de l’histoire le christianisme ne se vivait pas, sur le plan mystique, de la même manière qu’actuellement. Cela nous est révélé par l’écrit le plus antique du christianisme qui était un précis de l’enseignement des apôtres lequel fut rédigé dès le premier siècle et que l‘on croyait disparu mais qui fut découvert à Constantinople en 1875. C’est un ouvrage qui traversa les siècles sans subir de déformations. Il s’agit de la Didachée (qui signifie enseignement).

Cet opuscule nous apprend combien la hiérarchie ecclésiastique actuelle est dépourvue de bon sens ou la mystique et les phénomènes paranormaux ont cédés la place à des animations télévisuelles sur fond de musique rock. Tout cela n’est pas propice au développement spirituel de l’être qui croit dans le silence ou un silence « mystiquement » orchestré avec le chant grégorien.

Mais la destruction d’un milieu favorable à la méditation n’est pas mon propos, pas plus que celui de la suspicion d’inefficacité dont étaient sujet les intello. (Docteurs en théologie) relégués, par nos Pères, au rang de tapisserie… J’aurais l’occasion d’aborder ces problèmes au moment opportun.

Ce qui est capital dans cet opuscule c’est l’insistance avec laquelle les auteurs soulignent la nécessité de s’inscrire d’abord sur le livre de vie. Cela va être au cœur de la formation des prophètes qui célèbreront l’eucharistie tandis que les apôtres garderont, comme à l’époque du Christ, le rôle d’itinérants.

« Il y a deux chemins : celui de la vie et celui de la mort. »

Telle sont les premiers mots la Didakée !

Et s’inscrire sur le livre de vie n’est pas une mince affaire. Cela nécessite un vouloir profond, une acceptation des échecs et s’acharner à surmonter sans broncher un sentiment d’impuissance et d’abandon.

Etre conscient instantanément, et viscéralement, du sens profond d’un acte avant de l’effectuer et cela d’une manière qui ne nécessite aucun effort d’attention.

Je ne saurais savoir ou votre lumière vous a conduite, aussi chère amie, pardonnez mes propos s’ils vous semblent dépourvus d’intérêt et vous paraissent anodins… Mais il y a les témoins à cet échange qui pourraient trouver là quelques originalités !

L’acquisition de ce genre d’attitude spontanée n’est pas liée à un conditionnement moral, ce n’est pas le fruit d’une croissance paisible car elles ne se révèlent pas d’elles mêmes. Nous devons prendre une épée et nous battre !

Vous serez inscrite sur se livre sacré quand montera du plus profond de vous-même la perception d’un langage que la tradition attribue à l’ange gardien. Oui, le premier pas est d’instaurer un dialogue sans paroles, mais fait de compréhension intantanée, avec l‘ange.

Cette inscription dans le livre sacré n’est pas le fruit d’un lent murissement mais celui d’une lutte, d’une conscience aigue de notre impuissance, ce qui revient à accepter viscéralement, et non théoriquement, notre petitesse.

Par ailleurs la « cuisson » dont vous parlez par allusion à l’alchimie est très réelle car elle est la résultante de nos blessures, de notre souffrance au combat ! Les alchimistes oublient trop souvent que la souffrance est universelle, elle se manifeste jusque dans le monde dit inanimé ou minéral. C’est la souffrance qui fait évoluer l’être et aussi la matière, d’où la dynamisation… mais là n’est pas mon propos. Loin de moi l’idée de me comporter en sado maso selon les psys en quête de terminologie pour orner mon portrait.

Accepter, dans un premier temps, les mystères sans les comprendre ? Comment faire autrement ? Evidemment il n’a jamais été question de les comprendre tout de suite ! L’essentiel est de ne pas les considérer comme incompréhensible et de refuser d’être définitivement dominé par l’interdiction de discernement, interdiction qui émaille les catéchismes illustrés par l’histoire de saint Augustin… Lequel n’a pas su comprendre que tout est dans tout ! (les cabalistes saisirons en langage des dieux que : « tout est dans le trou ») ce qui marque déjà sa séparation avec les connaissances des origines du christianisme… son « cœur » qui est la véritable intelligence (cerveau droit) ne fonctionnait pas ! Alors ne nous étonnants pas que face aux interrogations de Saint Jérôme il ait pris, sans raisons, l’initiative aussi brutale qu’irréfléchie de réfuter la nécessaire réincarnation, ce qui vaudra à Origène d’être un docteur de l’Eglise dont la doctrine est « entachée d’hérésie ». Un docteur de l’Eglise hérétique, il fallait oser le faire ! Car cet hérétique se range aux côtés de saint Thomas d’Aquin et de sainte Thérèse de Lisieux !

A mon tour très chère amie de vous demander pardon d’avoir osé vous contredire sans cette aimable prévenance et gentillesse dont vous avez sue faire preuve à mon égard.

Je souhaite de tout cœur que cet échange consolide notre amitié.

Bien affectueusement à vous.

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