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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 10:06

 

Avant toutes choses sachez que je suis chrétien et que je ne bouffe pas du curé. Hélas, ces malheureux méritent le plus souvent d’être assaisonnés en sauce poivrée ou, bien pigmentée

 

 Il m’est arrivé d’échanger des idées avec des ecclésiastiques. Quelle que soit leur Église, petite, grande, catholique, traditionalistes, orthodoxe, rosicruciennes, gallicane, celtique ou autre, toujours se manifeste la même attitude de jugement des propos à l’aune de leur conditionnement. C’est soit bien ou mal par rapport à ce qui leur fut inculqué. Quand je leur ai dit que je m’intéressais à l’alchimie c’est un haut le corps contre l’action démoniaque. Et cela, bien évidemment, sans que je puisse leur explique de quoi il s’agit.

 

Actuellement dans les Églises la liberté de penser est anéantie, le personnel de cette entreprise est devenu incapable de mettre un pied en dehors du sentier, en dehors d’une ligne blanche qu’il ne faut pas franchir.

Combien d’échanges stériles, combien de lutte inutile contre des moulins à vent qui ne se mettent à tourner que sous le souffle de leur Dieu qui est à leur image et non le contraire.

 

Et bien oui tous ces abbés ne savent plus que l’esprit souffle ou il veut. Allons, pas de désordre, l’Esprit c’est eux ! Et l’Esprit leur obéit, ils décident où il doit aller. N’en doutez pas mes frères, le reste n’est que vanité.

 

En réalité les choses ne sont pas aussi tranchées puisque nos fins lettrés sont des diplomates futés qui mènent leur barque en mettant de la pommade sur nos concepts déviants afin de pouvoir nous évangéliser…

 

Discours biaisés, discours jésuitique, discours de perroquet… C’est ainsi que le Christ est injurié.

C’est ainsi aussi que l’esprit des conciles a codifié cerclé, encerclé puis remplacé la vérité.

 

Lagneau-d-finitif.jpg

Parlons donc des conciles. Le Littré définit ce terme comme : « Une assemblé d’évêques et de docteurs de l’Église pour statuer sur des questions de doctrine et de discipline ».

Il est bien évident que les questions soulevées provoquent des divergences qui sont exposées puis étudiées par les membres de l’assemblée qui mettent aux voix leurs conclusions, qui s’imposent alors par la majorité des suffrages obtenus. Parfois le pape refuse une majorité comme lors du concile Vatican II qui avait voté à 80% l’impossibilité au pape d’imposer un veto. Il s’agit donc d’une assemblée « démocatico-dictatoriale ». C’est exactement ce qui se passe dans les assemblées civiles où les politiques dissimulent à peine le côté dictatorial. Et n’allez pas ma raconter que nous sommes en démocratie ! En république ? peut-être…

Le concile est donc l’image exacte de ce qui se passe à notre palais Bourbon. Suivant les époques et les mœurs, les partisans de droite ou de gauche (surtout rien de plus !) appuyés par le nombre de leurs électeurs, érigent en loi leurs conceptions personnelles, auxquelles tous doivent se soumettre. Vous avez dit démocratie ? Ben j’aurais tendance à voir un match de boxe ! Les vaincus n’existent plus même s’ils représentent 40% des suffrages, des nuls, ils sont bouffés par les lions dans l’arène ! Mieux, on leur refile le supplice de la baignoire s’ils font un zeste pour parler… Tantôt sur le pied droit, tantôt sur le pied gauche la démocratie joue à la marelle en nous prenant pour des lampions.

 

Les conciles portent un nom évoquant la conciliation et non un système d’élection, et pourtant c’est comme au palais Bourbon. Dans ces assemblées d’êtres spirituellement évolués toute discussion devrait reposer sur la compréhension, l’acceptation d’une thèse différente. Et bien non, c’est toujours le plus grand nombre de voix qui emporte l’adhésion et qui fera la loi.

Déjà qu’à l’époque d’Internet cette façon de procéder est difficilement tolérable au point de vue civil, mais alors cela devient totalement inacceptable, inadmissible même, quand il s’agit de religion, de spiritualité.

 

Quel est l’homme, fut-il pape, qui peut prétendre pouvoir juger des choses spirituelles et divines et imposer aux autres son point de vue, ses opinions personnelles (dogmata) à ce sujet ? Et cependant c’est ce qui n’a cessé de se passer au cours des conciles multiples dans le sein de l’Église et en particulier lors des 21 grands conciles dits œcuméniques dont le premier fut celui de Nicée en 325, convoqué par l’empereur Constantin car à cette époque ou l’Église Orthodoxe et Latine vivaient sous le même toit il n’y avait pas de pape mais plusieurs patriarches qui se débrouillaient fort bien.

À Nicée (Asie mineure) les magouilles à grandes échelles se firent jour. Des évêques influents soufflèrent à Constantin des consignes qu’il suivit sans trop réaliser les conséquences d’une pareille cabale inique. Ainsi quand les 2048 évêques se présentèrent avec leurs femmes et leurs enfants, il expulsa 1730 prélats car les 318 qui restaient les avaient jugé hérétiques ! Et après les décisions conciliaires de 318 évêques seulement, les 1730 prélats exclus durent signer sous peine d’exil. Ça vous ne le trouverez pas dans les histoires de l’Église. L’historien Socrate qui rapporte les faits est superbement ignoré par les spécialistes bigots des enjolivures.

 

Je vous invite à lire Histoire des conciles de Nicée à Vatican II,  de Francis Dvornick (Editions du Seuil 1961) et là vous découvrirez le silence coupable des historiens catholiques. On vous fait avaler que seuls trois cent dix-huit prélats furent présents ! (p.15-20)

En fin de compte dans cette foire à l’empoigne présidée par Constantin qui était loin d’être un saint, puisqu’il avait fait assassiner son fils et plusieurs membres de sa famille, lui qui méritait de se balader menotte aux mains, sous la vindicte publique, via la chambre à gaz ou la chaise électrique, et bien ce criminel fut le seul a avoir prononcé des paroles de sagesse pour essayer de calmer les outrances des prélats qui s’injuriaient comme des chiffonniers !

 

Le mot œcuménique vient du Grec oikox : maison, et du verbe méno : rester, subsister. Un concile œcuménique devrait donc être par définition, une assemblée délibérante (véritable sens du mot ekklésia : église) où l’on essaye de concilier divers points de vue (dogmta) sur la façon d’administrer la maison et d’en éduquer les habitants sur le plan spirituel afin qu’ils demeurent unis.

 

On est obligé de constater qu’en fait de conciliation, ces fameux conciles n’ont jamais abouti qu’à des divisions et des séparations spectaculaires. La raison en est que les hommes refusent l’effort de rédemption et restent des hommes, uniquement des hommes et que de ce fait ils sont bien incapables de toutes avancées spirituelles.

Cela signifie aussi que l’enseignement correct au sein des séminaires est lourdement déficitaire sur le plan mystique.

 

Dans l’Église chacun se fait une idée et une représentation de Dieu à « son image » suivant ses conceptions et son entendement. Et c’est pourquoi vouloir le définir suivant la loi de la majorité est une ineptie capitale : car la foule, ce que les latins appelaient turba n’a d’autre objectifs et préoccupations que ses satisfactions matérielles. Son élévation spirituelle et son dévouement au prochain, à la cause publique, passent au second plan et bien souvent ne l’effleure même pas.

Dans la turba chacun ne demande pas mieux que tout le monde soit satisfait et heureux mais chacun pense à lui d’abord, ce qui est tout le contraire de l’enseignement du Christ.

Il faut un minimum d’abnégation et de renoncement personnel pour prétendre parler de choses de Dieu. C’est tout le contraire que de pontifier en son nom et d’imposer des points de vue qu’on érige en loi, appuyé par une majorité démagogue, comme ça l’a toujours été au cours de ces rassemblements prétendus conciliaires.

 

Dans son Esquisse de l’histoire Universelle (1920), l’écrivain Britannique H. G. Wels (1886-1946), le célèbre auteur de La guerre des mondes et de La machine a explorer le temps, a parfaitement compris et stigmatise ce qu’est devenue l’Église (p335-336) au mains de ses pontifes qui se veulent tout puissants :

 

« Le christianisme cessa presque tout de suite d’être purement prophétique et créateur. L’Église était devenue dogmatique. Ses prêtres et ses évêques étaient plus façonnés par des dogmes, des croyances et des procédures fixes : lorsqu’ils étaient d’âge à devenir cardinal ou pape, c’était déjà des hommes vieillissants, accoutumé aux luttes politiques en vue d’avantages immédiats et bien incapables d’aperçus universels. Ils ne désiraient plus voir le Royaume de Dieu, fondé sur le cœur des hommes : ils voulaient voir la puissance de l’Église, qui était leur puissance, s’exercer sur tous les hommes. Ils n’admettaient ni questions ni réserves, non parce qu’ils étaient sûrs de leur foi, mais parce que celle-ci était vacillante. »

 

Ces lignes sont sévères mais justes ! Si cette prétendue foi vacille, rien de plus naturel car elle repose depuis toujours sur des appréciations terre à terre.

La véritable foi émane du cœur et de ce silence d’où jaillissent l’humilité et la communion permanente avec l’indicible et Dieu.

L’homme est fait pour sa rédemption et donc pour se retrouver au cœur de la création pour créer à son tour dans les limites permises par le créateur lui-même, comme le préconise l’antique alchimie.

Non, la véritable foi n’a pas besoin de hiérarchies pontifiantes pour l’imposer.

Le jour où l’Église se débarrassera de ses « Princes » mitrés pour les remplacer par des « Prophètes » libres et inspirés, elle sera sauvée et sans besoins de conciles. Hélas, trois fois hélas, ma sœur Anne ne vois rien venir !

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