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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 17:09

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Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous asséner une analyse de texte du Manifeste du surréalisme d’André Breton (1896-1966) ou de vous parler des pensées de Paul Eluard (1895-1952). D’ailleurs, je serais bien ennuyé pour faire un pareil  exposé puisque j’ai perdu ce genre de bouquins à l’occasion de mon déménagement.

Alors, je m’assieds confortablement au coin du feu en mâchonnant un bâton de réglisse tout en me vautrant dans mon fauteuil préféré, je vais vous livrer mes états d’âme sur cette bande d’utopistes révolutionnaires des années 20, ou le communisme européen (1917-1989) était tout neuf et l’ésotérisme encore effervescent tandis que Fulcanelli (1839- ?) surgissait de l’ombre.

Ainsi, à côté de Freud (1856-1939) et de Marx (1818 -1883), les surréalistes Magnifièrent Nicolas Flamel (1330-1418), Eliphas Lévi (1810-1875) et bien d’autres.

L’amour et la révolution forment avec l’alchimie (et quelques bribes de magie) le triptyque du surréalisme. Le but en est de libérer la créativité de toute contrainte et de toute logique.

 

Quel philosophe ignore l’intérêt d’André Breton, et de tous les poètes et peintres groupés autour de lui, pour le rêve, l’alchimie et l’amour ? Ce mouvement surréaliste fut essentiel dans l’art du XXe siècle. Il eut comme adhérents Eluard, Aragon, Desnos, Artaud, Char – pour n’en citer que quelques-uns – qui découvrirent l’ésotérisme.

Le plus curieux, c’est que cette rencontre s’est faite avec une intention étrangère au monde de l’hermétisme, de celui de la franc-maçonnerie ou du rosicrucianisme pourtant en vogue en ce début de siècle où fleurissant la théosophie.

Les surréalistes voulaient libérer les forces créatives que l’aliénation sociale empêche de s’éveiller.

Cependant, le concept révolutionnaire devint utopique lorsque Breton et ses amis se réclamèrent de Marx et de Freud car le marxisme et la psychanalyse sont incompatibles avec leur démarche. Ceux qui me lisent régulièrement savent pourquoi.

L’épanouissement du surréalisme s’est réalisé dans la conjugaison de deux motifs apparemment contradictoires : l’ésotérisme et la révolution.

L’appellation de surréaliste indique que ces artistes s’étaient mis en quête d’une « sur-réalité », c’est-à-dire d’une réalité « autre », d’une réalité invisible qui structure le réel, qui le cré. En ce lieu, nous sommes au cœur de l’alchimie qui œuvre au-delà du réel.

Les surréalistes cherchèrent à accéder et à explorer cette réalité. Ils voulurent changer la vie en l’inscrivant dans leur projet révolutionnaire qui hélas ne pouvait leur être d’une grande utilité par leur dimension intellectuelle. En effet une idéologie, ou un concept, ne peut qu’obscurcir la silhouette de la surréalité. Cela est dû à la structure même du cerveau humain qui ne peut saisir « l’envers du miroir » en intellectualisant sans prendre le risque d’être confronté au mensonge. C’est ce qu’ont observés les expérimentateurs dans les laboratoires des neurosciences : l’encéphale intellectuel (gauche) cherche à donner une explication à tout sans reculer devant le mensonge.

De ce fait, le concept révolutionnaire choisi fut incompatible avec l’approche de la surréalité. Un grand bénéfice en résultat malgré tout car le marxo Freudisme en devenant une véritable religion dans les milieux intellectuels, il permit au surréalisme de se faire connaître tout en le desservant… étrange paradoxe !

C’était le moment où Kandinsky inventait l’art abstrait en voulant rendre visible cet invisible qui structure toutes choses dont l’art figuratif ne représente qu’un habillage. L’invisible est permanent dans l’art quand Watteau et Poussin utilisent le nombre d’or, eux aussi travaillaient, avec discrétion, sur l’invisible.

Le problème est que l’invisible qui imprègne l’art du passé a, autour des années 20, fait exploser ce dernier exactement comme s’il voulait signifier qu’il devenait urgent de le situer vis-à-vis du cosmique.

Intégrer toute forme d’art dans le cormique est le défi du futur qui ne saurait se réaliser qu’en utilisant harmonieusement nos capacités cérébrales révolutionnaires que nous ignorons encore.

Cette communion de la création avec les forces universelles ne caractérise pas uniquement l’art mais notre vision du monde y compris dans les divers domaines scientifiques.

En qualité de science des causes l’alchimie a donc son rôle à jouer, comme l’avaient bien compris les surréalistes. Ce mouvement est le vagissement d’une humanité nouvelle et révolutionnaire qui aurait enchanté Teilhard de Chardin…

L’humanité est une fleur, … nous n’avons pas fini de compter ses pétales.

Avec toute mon amitié.

 

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commentaires

Richard Khaitzine 20/01/2013 17:33

Je vous donne bien volontiers l'autorisation de reproduire le contenu de ces messages.Qu'il s'agisse de mes livres ou de messages postés sur le net, ma démarche est la même, à savoir qu'il me
semble essentiel de fournir des informations permettant une meilleure connaissance d'une époque intéressante par bien des aspects.Je suis de pls en plus persuadé que Roussel - et par conséquent
tous ceux qui gravitèrent autour de lui et constituèrent le cercle "fulcanélien" avaient quelque chose d'important à transmettre à notre génération.Le plus probable, en dehors des enseignements
alchimiques - et Roussel ainsi que cela sera démontré dans le tome 3, alla encore plus loin que son "maître" - doit concerner le changement d'ère. Mais là, il ne s'agit que d'une hypothèse... du
moins au stade où en sont me recherches. Avec mon amitié. Richard

Hermophyle 20/01/2013 18:04



Bonsoir,


Bien évidemment je signalerais vos écrits avec toutes les références nécessaires.


Je n'ai jamais douté, surtout à partir de la croix d'Hendaye que le message de Fulcanelli se  limite à l'alchimie "terre à terre" puisque son extrapolation universelle ne fait aucun doute.
Voilà qui est, en effet, passionnant et je vous souhaite un bon travail de recherche dans ce sens pour que, dans notre période proche de bouleversements le plus grand nombre puisse s'enrichir
afin de savoir en toute lucidité ce qu'il a à faire. Bonne soirée.



Richard Khaitzine 20/01/2013 13:56

" Dès 1952, René Alleau donna des conférences, relatives à l’alchimie, qui furent suivies assidument par Breton et la majeure partie du groupe surréaliste ; elles suscitèrent un réel enthousiasme.
Dès lors, Alleau collabora aux revues surréalistes Medium puis Le Surréalisme. Alleau est indissociable de la Loge Thebah (L’Arche), créée en 1901, par la Grande Loge de France, sise 8, rue
Puteaux, à Paris. Son recrutement était sélectif et l'on y trouvait nombre d'esprits originaux, à la fois tournés vers la tradition et ouverts aux novateurs. René Guénon, qu'admirait Breton, y
avait été initié en 1912. Dans la décennie 1950-1960, le frère le plus marquant fut le docteur Henri Hunwald, d'origine hongroise, admiré à la fois par Breton et par Michel Butor. Féru d'alchimie
et de sciences traditionnelles, Hunwald avait fait connaître en France les travaux d'un médecin alchimiste allemand, Alexander von Bernus, qui fabriquait des médicaments d’origine spagyrique, fort
contestés, en s’en serait douté, par la médecine officielle. Hunwald traduisit, et préfaça dans l'édition française, l'essai de Von Bernus, Alchimie et Médecine, livre qui passionna nombre de
Surréalistes et de Francs-maçons, car Von Bernus y donnait quelques éclairages précieux sur des procédés ayant trait à la pratique alchimique. Le docteur Hunwald professait à l'École
d'anthropologie qui, longtemps, comporta nombre de Francs-maçons, à l'instar de l'Université libre de Bruxelles. Hunwald était très lié avec Maryse Zimbacca qui faisait partie du groupe
surréaliste. En quelques années, la Loge Thebah rassembla en son sein plusieurs Surréalistes parmi lesquels Alleau, Elie-Charles Flamand, Bernard Roger, Guy-René Doumayrou, Roger Van Hecke, Jean
Palou. Un autre maçon de la Grande Loge fut très apprécié par André Breton, et non des moindres : Robert Amadou."

Hermophyle 20/01/2013 15:56



Bonjour Richard,


Merci pour ce commentaire si riche. Il l'est à un degré tel que je serais heureux de pouvoir le partager avec mes lecteurs, sous votre signature, dans le cas où vous n'y verriez pas
d'inconvénients.


Merci encore pour votre autorisation.


L. G.



Richard Khaitzine 20/01/2013 13:54

Bonjour Noé,
C'est toujours un plaisir de lire votre blog, même si le temps me fait défaut pour y consacrer toute l'attention qu'il mériterait.Je partage votre point de vue sur bien des sujets. Une petite
précision concernant ce que vous écrivez ici-même.Vous mentionnez "Fulcanelli" en indiquant (1839...).Cette date de naissance, présumée, ne provient que d'une unique source: Eugène Canseliet.Elle
est fortement sujette à caution.Aujourd'hui, il est assuré que la "clé d'argent" permettant d'ouvrir le "coffre aux secrets" de l'affaire fulcanélienne, est Raymond Roussel. André Breton en avait
eu l'intuition et il l'a exposée dans son "Fronton virage, dès la fin des années 40. Quant à la "clé d'or"elle réside dans le nom du mentor de Raymond Roussel. Dès 1897, Roussel eut entre les mains
les notes devant former les deux livres signés "Fulcanelli". Ce fait est indéniable depuis la lettre récemment publiée, et datée de 1906, de Pierre Dujols à Roussel.D'autres documents permettent de
mieux comprendre cette affaire. Il s'agit des photos montrant Champagne dans un laboratoire. Identifier ce labo équivaut à résoudre l'énigme en totalité. Sur ce sujet, je vous conseille le 2e tome
de la Langue des oiseaux, second opus consacré à Georges Perec, que je viens de faire publier chez Dervy, en poche.Un troisième tome consacré à Roussel est en cours de rédaction. Il contiendra
nombre d'informations quant aux salons littéraires, aux Loges et à ce vivier que fut la NRF, sous la direction de Jean Paulhan... un ami de J.J. Pauvert, ce qui n'est pas anodin. Dans le message
suivant, je vous livre un extrait inédit du 3e tome.
Avec mes sentiments les meilleurs
Richard K.

Hermophyle 20/01/2013 16:23



Bonjour R.


Oui, la date de 1839 concernant Fulcanelli provient en effet de Canseliet, mais il est vrai que je n'ai pas cherché à approfondir. Je complèterais ma documentation avec votre ouvrage sur la
langue des oiseaux qui m'interesse particulièrement car en relation directe avec ma culture et ce que j'ai compris sur son rôle psycho-physiologique dans le cadre de l'éveil. Cela fut
remarquablement traduit par Isha Chwaller de Lubicz.


Merci d'apprécier mes écrit, mais croyez que j'apprécie les vôtres dans vos intervention toujours très riches sur Fasbook


Amitié... Noel à boustrphédon !



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