Initiation

Dimanche 11 octobre 2009
- Par Hermophyle

Copyright: L. G. 2009.

 

Régulièrement une lectrice ou un lecteur m’écrit pour me demander comment être initié à l’alchimie. En recevant un pareil courrier cela me met très mal à l’aise car je ne me considère pas comme un alchimiste et cette demande me place dans la position d’un enseignant que je ne suis pas et dont je ne pourrais jamais assumer la responsabilité par manque de temps.

Le rôle de mes articles et de mes livres, même si leur titre est en rapport avec le mystère de Rennes le Château, ou avec les neurosciences, est justement de répondre à cette interrogation sans passer par une pareille demande. Lisez donc ! À travers mes écrits je m’efforce, de mon mieux, de délivrer des données fondamentales afin que toutes lectrices et tout lecteur puissent aborder avec ses propres forces et d’une manière honorable la voie initiatique de l’alchimie. Ne négligez pas les écrits de Fulcanelli et d'Eugène Canseliet.

Par ailleurs ce genre de demande ne se formule pas comme l’inscription dans un club ou une association, fut-elle à visée initiatique. Évidemment elle perd son sens si elle est formulée sous la pression de la curiosité. Elle devient nulle et non avenue quand l’individu désire seulement apprendre sans s’investir, un peu comme si un apprenti menuisier voulait devenir professionnel sans toucher une scie ou un rabot.

Je rechigne à engager un néophyte dans ma voie. Il doit être déterminé car il devra soutenir les diatribes des neo philosophes. J'en ai des exemples à chacune de mes conférences. La mode est aux discours enberlificotés des "branchés" qui distillent des élucubrations stériles qui ne mêment à rien ! Allez faire comprendre ça à des individus en verve qui s'écoutent parler et revendiquent haut et fort le droit à l'Initiation et à l'abolition du secret ! Grand Dieu, heureusement qu'il existe face à des individus pareils ! Ecoutez-les papoter sur la vérité qui n'existe pas. Ah, cette superbe vérité (ou non-vérité !) que ces fats vous jettent à la figure ! Je vais être franc, un néophyte doit être solide face à ces têtes à baffes !
Je sais très profondément que notre monde est relatif et donc très souvent illusoire et que les fumées de nos désirs masque trop souvent le magnifique réel. Combien ai-je vu d’alchimistes fous à des degrés divers et aussi d’individus aveugles hauts placés dans les sphères spirituelles et détenteurs de quintessence bidon à effet placebo, qui se disent voyants ou guérisseurs et ne se doutent même pas de leur affreuse laideur.

Sans être Franc-Maçon (ni rosicrucien d’ailleurs) je pars à l’aventure, aventure passionnante, ou chaque instant est semé de découvertes. J’avance cependant sur un damier miné ou chaque pas peut-être fatal. Mais j’ai un guide qui ne m’impose aucune vérité.

Vous vous souvenez de ce clodo qui se baladait à travers la Palestine en disant à ses douze copains complètement paumés : « L’esprit saint vous enseignera ? ».

L’essentiel de la voie alchimique consiste à se préparer à rencontrer ce drôle de truc évanescent qui soit disant vient du ciel. Les anciens y croyaient dur comme fer au point de lui ouvrir le passage pour le laisser passer. Ainsi pour l’élection d’un pape ils enfermaient les cardinaux dans une maison sans toit pour que l’esprit saint leur tombe convenablement sur la tête et puisse leur faire prendre la bonne décision ! Vous comprenez pourquoi l’aboutissement d’une telle croyance ne pouvait s’achever que d’une seule manière dans un délire politisé : l’infaillibilité du pape !

Je ne veux pas embarquer mes lecteurs dans une pareille esbroufe, même si elle est accréditée par des sommités.

Je ne suis pas initié, et je ne peux pas passer par une porte de la Jérusalem céleste. Alors cherchez un maître ailleurs qu’en mes contrées où vous ne pouvez que rencontrer un ami et non un formateur. Des formateurs vous pourrez en trouver, ils pullulent. Apprenez des textes alchimiques et si vous êtes diplomate suffisamment intelligent avec une bonne mémoire, les portes s’ouvriront. Moi je m’intéresse aux gens que j’aime, c’est-à-dire ceux qui sont pratiquement incultes mais bons, ceux qui ne prétendent à rien, et ne sont déformés par rien et qui ont les mains calleuses comme furent les miennes quand j’étais charpentier. Ceux-là qui se collètent à la matière et font chaque jour un chef-d’œuvre et qui  sont désireux d’avancer, ceux là sont mes frères et je les aiderais de mon mieux. Je suis sûr que le clodo de Palestine me donnerait son feu vert. Ça va ? Ai-je été assez clair ?

 

Que le ciel ne vous tombe pas sur la tête… Ça fait mal !

 


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Dimanche 27 septembre 2009
- Par Hermophyle

© L. G. 2009, pour tous les articles de ce blog. Pour cet article illustrations en couleur Wikipédia. 

 

Soyons clair, le chapitre suivant ne fait pas partie du résumé de ma future conférence, c’est un jeu de vilain qui survient chez moi par crises épisodiques. Puissiez-vous me pardonner deux fautes graves. La première qui consiste à introduire un sujet sérieux par une plaisanterie, la seconde mon langage assez peu protocolaire pour les puristes. 

 

 

Discours désabusé d’un dinosaure aux grenouilles enflées.

 

Mes chers amis, j’ai coutume de dire que je suis un dinosaure enfermé au fond d’un placard. Je fais de mon mieux pour que l’horizon de ma vie ne se borne pas à celui d’un écran d’ordinateur. J’essaye d’élargir mon domaine en faisant sauter de temps en temps l’une des neuf étagères de mon réduit à balais. Aussi, c’est avec joie que j’accepte périodiquement de préparer une conférence. C’est pour moi l’occasion de voir des têtes de tous les calibres où se manifeste la vie de différentes manières. Il en est comme dans mon courrier, des jaloux, des contents des heureux. Je les accepte tous car ils sont la vie, la beauté de la vie, sa bêtise incarnée aussi. Rassurez-vous je ne me mets pas au dessus du panier. Je n’ai pas du sang bleu comme celui de certains mollusques pourvus en vanadium au lieu de fer et je présume que les aristocrates de toutes les époques ne pouvaient pas travailler avec du sang azur de pareille origine.

Dans mon placard les bruits du monde me parviennent lointains et j’ai parfois l’impression qu’il s’agit d’un sacré cirque. Dans tous les domaines, ils se racontent des balivernes pour faire briller les yeux des autres et se faire mousser. La mousse est telle qu’elle fait sauter le bouchon comme celui d’une bouteille de champagne. Et oui, ils finissent par perdre la tête, ce que traduit à sa manière  désobligeante ma concierge qui dit à qui veut l’entendre : « ils deviennent aussi c… qu’une valise sans poignée ». Il faut dire qu’elle en voit passer de tous les calibres dans sa « loge » ma veuve gardienne ! Franchement ce n’est pas de la haute philosophie, mais ça veut dire ce que ça veut dire. À force d’inventer des paradigmes plus délirants les uns que les autres on finit par perdre de vue les axiomes. On en rajoute avec des anglicismes débile style Free-lance qui remplace le simple mot indépendant, on en perd totalement les pédales et un dinosaure comme moi qui ne connaît pas un traître mot d’anglais est projeté dans un monde qui perd son identité. Je préfère encore le langage des ados avec leur SMS. La phonétique de notre langue a le mérite d’être vectrice de messages sensé et même spirituel. Celui de nos bellâtres rigolos qui vous regardent avec mépris car vous utilisez le mot guide, conseiller, entraîneur ou nautonier à la place de coach. Cette fleur de bêtise qui vous parle la bouche en oviducte avec une emphase idiote me stupéfie ! Cela suffit pour comprendre pourquoi notre économie s’est effondrée. Les phénomènes sociaux ne sont que le reflet de la superficialité confondante de chacun de nous. Quand règne l’esbroufe et le vent on récolte la tempête, et ça commence à chauffer dans tous les sens du terme !

 

Heureusement qu’aucun coach en alchimie n’a pu ouvrir mon placard. S’il l’avait fais, il aurait eu droit au frisson de la mort comme dans le film Parc du jurassique. Dois-je vous confesser que je lui aurais mordu le derrière férocement, pour l’humilier dans sa bêtise affectée, le cuistre ! Coach, coach…seules les grenouilles savent de quel gargarisme il s’agit. Dans notre société grégaire, c’est la mode du franglais. Notre troupeau est coaché par l’individu alpha. « Dites, vous m’avez regardé ? J’avais bien la bouche en cul-de-poule quand j’ai dit coaché ? »

 

Toutes bonnes intentions ont une fin, la récréation est finie. Maintenant que vous avez bien rigolé, car rire est nécessaire pour une bonne santé, c’est une autre page qui se tourne. Je vais être sérieux comme un pape puisque je vais vous parler d’alchimie, d’Ordre du Temple et d’histoire en général où le graal est omniprésent. Ce qui suit est la préparation d’une conférence pour mes grands amis Belges. Cela leur évitera de prendre des notes et d’être un peu plus attentif au langage non verbal.

 

 

 

C’est quoi le Graal ?

 

Le célèbre livre PercevalLe roman du Graal de Chrétien de Troye (1135-1183) fut écrit en 1180 sur la demande de Marie de Champagne (fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi de France Louis VII), dont le fils Henri II (1166-1197), fut roi de Jérusalem.
 

Aliénor d'Aquitaine femme lettrée qui protégea, avec sa fille Marie de Champagne, Chrétien de Troyes er Robert de Boron. Marie commanda au poète Chrétien de Troye la queste du Graal. Remarquons qu'Aliénor fut d'abord reine de France puis reine d'Angletaire, ce qui explique peut-être que la queste du Graal ait traversé le chanel.

L’histoire – romancée pour satisfaire aux cours lettrée d'Aliénor et de Marie,– se déroule en Bretagne et l’auteur dit avoir trouvé son sujet dans un livre mystérieux que de nombreux historiens s’acharneront ensuite à identifier. Ce livre, Wolfram von Eschenbach (1170-1220) l’a trouvé.

  Miniature du templier souabe Wolfram von Eschenbach.
Quand j'ai vu cette illustration les oreille de Wolfram on eu le don d'éveiller mon illarité. Jusqu'au moment ou j'ai compris que notre illustre chevallier voulait attirer l'attention sur la phonétique cabalistique.

Wolfram d’Eschenbach, était un Templier allemand que l’on appelait le Templier Souabe, originaire de la région qui vit naître, en 1193, Albert le Grand, comte de Bollstädt, alchimiste de l’école de Montpellier, maître de st Thomas d’Aquin et évêque de Ratisbonne. Wolfram reprit le sujet, en 1207, soit 27 ans après Chrétien de Troyes, Son œuvre maîtresse est Perceval. Il semble que notre Templier allemand ait puisé, aux mêmes sources que son prédécesseur, ce qui lui fait affirmer que ces drames correspondent à une réalité historique. Pour lui ces évènements ne se déroulent pas en Bretagne, mais dans le midi de la France.
  Cette particularité fut mise en évidence en 1979 par Paulette Duval qui relève dans l'histoire des expressions d'origine espagnoles (La pensée alchimique et le conte du Graal. Edition Honoré Champion, Paris 1979)

 

Cette particularité ne surprend pas quand on sait que Perceval fut, d’après certains textes, couronné Roi Pécheur gardien du Graal dans la cité du roi en Corbière. Et nous savons que Corbière, près de la Méditerranée, est très réellement un lieu montagneux méridional chargé de mystères, où résidait le centre initiatique, pré chrétien, des corbeaux. Il n’est donc pas anodin de remarquer que le nom de Wolfram est composé de wolf, qui signifie loup en langue germanique et de hramm qui a le sens de corbeau. Dans cette région des Corbières ou se trouve Narbonne et Carcassonne, le vicomte de Carcassonne, ville sise aux pieds du massif, s’appelait Trencavel, ce qui en langue occitane signifie exactement Perceval.


Il existe deux descriptions du Graal : une coupe et une pierre.

La coupe est le graal pour Chrétien de Troyes.

La pierre est le graal pour Wolffram d’Eschenbach.

Et Wolffram fait le lien entre le graal et les Templiers. Mieux, pour lui les templiers sont les gardiens du Graal. Voici ce qu’il écrit :

 

«  je connais bien le Graal. Il est défendu à Montsalvage parent de braves et nombreux Templiers qui souvent s'éloignent pour courir les aventures...

Ils forment une troupe redoutable. Ils ont un mode particuliers de se nourrir que je dois vous apprendre ; leurs vivres proviennent d'une pierre, dont la nature est incorruptible et qui ce nombre lapis exillis. C'est par la vertu de cette pierre que le Phénix se consume et renaît de ses cendres, oui, le Phénix jette sa dépouille aux Flammes et, revêtu de plumes étincelantes, en sort plus beau qu'auparavant. Point de malade et elle empêche également la vieillesse.

Cette pierre se nomme aussi le Graal. »

 

Toutes ces qualités du bétyle appelé lapis exillis (petite pierre ou encore pierre d’exil) correspondent à celles de la pierre philosophale, exilée d’un autre espace. Et des termes tel le phénix, cet oiseau imaginaire au corps écarlate renaissant de ses cendres, sont couramment employés en alchimie. Fréquemment cet oiseau figure dans les frontispices des livres d’adeptes de cet art.

Gravure du phénix, XIXe siècle.


Remarquons que le mot phénix est synonyme de cinabre et aussi conséquemment de vermillon issu du cinabre, car le mot grec phoinix signifie rouge. Il faut dire en passant que les rubriques écrites en vermillon dans le missel, reposant sur l’autel de l’église chrétienne latines, ont aussi le sens de résurrection.

De cela il faut en conclure que le sang du Christ coagulé (coagula alchimique) recueilli dans sa coupe est le graal. Si l’on voit le contenant, le graal est la coupe. Si l’on voit le contenu le graal est la Pierre rouge. Il n’y a donc pas d’incompatibilité entre les deux définitions. Cela est d’autant plus évident puisqu’il ne peut exister de graal-pierre sans le vase comme il ne peut exister de graal-vase sans la pierre. L’alchimie le démontre, lorsque la Pierre  naît dans la verrerie ou vaisseau ou vaissel qui tangue violemment sous la poussée des vagues de la mer rouge.

   Illustration du Roman du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table ronde d'Alfred W Pollard, 1917.


Si les templiers gardent la pierre, probablement contenue dans un vaisseau ou coupe, c’est que les techniques de fabrication et la dimension spirituelle qui accompagnent sa fabrication étaient transmises par le grand maître au sein de l’enseignement de l’Ordre du Temple. De ce fait Wolfram von Eschenbach savait de quoi il parlait et le dit quand il assimile les gardiens du Graal aux Templiers dépositaire d’une connaissance plusieurs fois millénaire.

 

Origine de la connaissance alchimique des Templiers.

 

Tout à commencé un siècle avant que ne paraisse les textes de Chrétien de Troyes, en 1118, au moment ou le roi Baudoin II de Jérusalem pactise avec l’Ismaélien Aboul-Fawa et échange Tyr contre Damas.

 

Baudoin II, cousin de Baudoin I, donne aux pauvres chevaliers du christ une maison proche du temple de Salomon, d’où leur nom de Templier.

 

Cette entente entre l’islam et la chrétienté ne peut se comprendre que si l’on connaît mieux l’ismaélisme d'où sont issus les fatimides.

 

1 L’ismaélisme.

 

L’Ismaélisme est un mouvement révolutionnaire islamique dont la chrétienté actuelle aurait bien besoin. Il est né au milieu du VIIIe siècle, fondé sur le principe de l’imama, c'est-à-dire sur la reconnaissance de l’autorité d’un chef non élu, mais désigné par son prédécesseur.

Ce mouvement religieux est issu des Chiites en 765. Le calife est choisi parmi les descendants d’Ali, cousin et gendre de Mahomet.

Leur philosophie était un hymne à la tolérance préconisant une pluralité de voies pour accéder au salut.

Ce qui nous intéresse ici c’est la réforme sur laquelle il repose et qui consiste à faire triompher l’Esprit sur la Lettre et la vérité sur la loi.

Dans le domaine intellectuel l’Ismaélisme libère l'esprit de tous ce qui pourrait lui faire obstacle ou le conditionner.

Cette réforme s'exprime aussi par l'élévation de la fois et de la pensée à un niveau tel que disparaissent toutes oppositions entre l'une et l'autre et qu'elle deviennent alors complémentaires dans la poursuite du même but : l'intégration complète de l'homme à l'existence. Sur le plan politique et social, ce mouvement réformateur lutte pour mettre en œuvre l'égalité et la justice, au profit de tous ceux qui vivent dans la société islamique, qu'ils soient arabes ou non arabes, musulmans ou non musulmans.

Durant le califat fâtimide, les Ismaéliens acceptèrent dans leur administration toutes personnes choisies selon le mérite et la compétence. Ainsi les membres des autres obédiences de l'Islâm ainsi que les Juifs et les Chrétiens étaient admis aux plus hautes fonctions.

En 1004 le sixième calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah fonde au Caire la Maison de la sagesse, Dâr al-Hikma, dans laquelle sera favorisée l’étude des sciences hellénistique. Juristes, médecins, astronomes, astrologues, mathématiciens et alchimistes fréquentent son importante bibliothèque. Si l’on considère toute la période fâtimide dans son ensemble, on doit souligner que Musulmans, Juifs, et Chrétiens ont vécu paisiblement et ont travaillé ensemble.

Ces lieux sont des sortes d'universités[5], dans la lignée de la bibliothèque d'Alexandrie de l'Époque hellénistique.

À partir de 1060, le territoire des fâtimides se réduisit jusqu'à ne plus comprendre que l'Égypte.

Il est aisé de découvrir d’où provient cette connaissance des Fatimides.

 

2 De la bibliothèque d’Alexandrie aux Maisons de la Sagesse

 

Alexandrie, l’an 332 avant JC. Le roi d’Égypte Ptolémé construit une gigantesque bibliothèque à Alexandrie contenant tout ce que la terre peut livrer de document dans tous les secteurs de la connaissance. En ce lieu se réunissent pour enseigner tous les plus grands savants du monde connu.

L’importance de la bibliothèque est telle que plusieurs centres verront le jour dans des localités du delta éloignées de plusieurs kilomètres. Ces centres posséderont des copistes pour dupliquer les documents de la grande bibliothèque. Ils deviendront à leur tour d’importants centres ou enseigneront des maîtres. C’est dans l’un d’eux que Bolos Démocritos enseigna l’alchimie en 144 avant JC. Il aurait écrit un livre Physika kai Mustica, qui est probablement le premier livre d’alchimie.

Les Fatimides qui règneront plus tard sur l’Afrique du Nord de 910 à 969 chez les Berbères (ce qui explique leur actuel rejet par les musulmans algériens) devinrent maître de l’Égypte de 969 à 1171, où ils fondent le Caire. Dans cette ville le calife fatimide Al-Hâkil fonde une maison de la sagesse. Ils eurent à leur disposition un véritable duplicata de la bibliothèque d’Alexandrie qui avait brûlé, mais dont les documents, ou leur reproduction, n’avaient pas disparu dans les agglomérations situées à la lointaine périphérie de la capitale.

Les maisons de la sagesse (en arabe بيت الحكمة, transcrit par Dâr al-Hikma, Bayt al-Hikma ou Beit Al-Hikma) étaient donc des hauts-lieux du savoir puisé dans les plus anciennes connaissances. Dès le VIIIe siècle La maîtrise de la fabrication du papier permis de rédiger de nombreux livres que l’on trouve par milliers, encore de nos jours, dans des châteaux du désert, notamment en Mauritanie. Fort heureusement, la communauté européenne se préoccupe actuellement de leur sauvegarde.

 

3 Les maisons de la sagesse et le savoir des Templiers.

 

Les juifs et les Templiers fréquentèrent les maisons de la Sagesse. Les « cadres » de l’Ordre furent formés non seulement à l’alchimie, mais aussi à la spiritualité fondamentale qui n’a pas de frontières religieuses. C’est probablement là qu’ils connurent l’existence de l’Amérique.

Au sein de l’Ordre l’alchimie se transmettait en sept degrés, comme le dit fort clairement Johann Valentin Andreae (1586-1654) en ses Noces chymiques de Chritian Rose-Croix., en ses sept jours constituants chacun un chapitre du livre.

Chez les Templiers, les futurs alchimistes étaient formés par les maîtres de commanderies.

La dimension spirituelle prenait tous son sens universel indépendant de tous préceptes religieux. Il était capital que l’alchimiste soit prêt au moment de la mondification, ou création des mondes. Sans cette préparation le risque est grand de sombrer dans la folie. Il ne s’agit par là d’un effet d’annonce mélodramatique. En effet, ce moment crucial de la naissance des mondes tournant sur eux-mêmes (roue-bis) est celui où l’adepte devient la matière qu’il œuvre. On appelle cela les noces chimiques. Christian Rose-croix s’en est fait l’écho dans son livre Les noces chymiques. divisées en sept étapes correspondant aux sept degrés de formations dont je viens de parler. Ce sont ces noces qui inspirèrent les troubadours et leurs cours d’amour.

Cette fusion nécessite d’abord un amoindrissement considérable de l’ego et surtout une prise de conscience génératrice de notre métamorphose provoquant la paix de l’âme vis-à-vis de nos inévitables transgressions. Les Orientaux diraient que le karma dans ce qu’il a de nécessaires rachats est vécu ici et maintenant dans le creuset d’une âme en plein bouleversement. Dans un certain sens c’est déjà l’œuvre au blanc. Ce n’est qu’à cette condition que la conscience peut être enlevée pour le voyage initiatique fondamental qui n’a rien de folklorique et rien de cérémonieux dans quelques temple secret truffé de symboles qu’ils soient fondamentaux ou non.

La quasi-totalité des sociétés dites initiatiques ne font que singer (excusez ma dureté) le voyage initiatique réel dont elles ont perdu jusqu’aux notions les plus élémentaires concernant la mystique.

Il est donc possible de juger si un alchimiste l’est réellement dans son attitude dans la vie. Il est bien évident qu’un violent, revendicateur, médisant etc, imbu de ses connaissances et dépositaire de la vérité jusqu’à devenir gourou est, pour employer la terminologie de ma technicienne de surface, « à côté de la plaque. » Les « alchimistes » fous ou délirants abondent, j’en connais. Si certains parviennent à se ressaisir, et je les applaudis du fond du cœur, je pense en particulier à Jean Laplace qui fut un moment hypnotisé par l’aigle universitaire. Malheureusement beaucoup d’autres sombrent corps et biens.

Quant un adepte vous affirme « mon heure est venue afin de révéler la vérité » vous pouvez dire que le bonhomme est complètement sonné. Les tentatives réitérées de la sublimation ou se consomment des noces chymiques systématiquement ratées, les précipitent progressivement dans l’abîme car il ne sont pas prêts et n’obtiennent que le rire homérique des dieux.

Johann Valentin Andreae a publié en 1616 à Strasbourg Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. 

Christian Rose Croix le spécifie en son premier jour de noces chymiques :

« Prend garde à toi,

Examine-toi toi-même ;

Si tu ne t’es pas purifié assidûment

Les noces te feront dommage.

Malheur à qui s’attarde ici-bas.

Que celui qui est trop léger s’abstienne. »

 

4 Que s’est-il donc passé chez ceux qui perdent la raison ?

 

La mondification est le moment crucial où la conscience de l’être est aspirée vers le haut. Suivre le courant ascendant n’est pas une mince affaire. Christian Rose-croix en donne une image avec une corde à laquelle il faut s’accrocher :

 

« On descendra une corde : celui que s’y suspendra, sera délivré. »

À peine eut-elle achevé ce discours, que la vieille dame ordonna à ses serviteurs de lancer la corde dans la tour à sept reprises et de la ramener avec ceux qui auront pu la saisir. »

 

Toute la difficulté réside à saisir la corde et à rester accroché pour que les forces supérieures puissent nous hisser jusqu’au sommet.

 

Évidemment il s’agit là du symbole de la verticalité de l’être. Mais son sens n’est pas théorique puisque c’est la réussite de cette épreuve de « sublimation », quand le « résidu stérile » ou compost retombe, qui conditionne la réussite du Grand Œuvre. On ne peut saisir toute l’importance de cette phase ascensionnelle si on ignore le sens des neuf hiérarchies spirituelles et par la même occasion notre aventure consciente post mortem.

 

C’est pour souligner cette extraordinaire dimension que Violet Leduc a fait figurer l’alchimie à l’entrée de la cathédrale de Notre Dame de Paris. Assise sur son cathèdre et tenant une échelle à neuf barreaux, elle délivre deux puissants messages. D’abord que l’évêque peut être une femme, comme dans l’Église des Gaules et ensuite que tout alchimiste doit connaître les neuf étapes du Grand Œuvre. La réussite n’est totale que lorsque l’adepte, propulsé par le feu de la sublimation, monte les échelons de l’échelle, c'est-à-dire est suffisamment pur pour rencontrer une à une les neuf hiérarchies céleste dont la plus basse est celle des anges et celle qui la précède les Archanges, et un échelon plus haut les Archées... J’ai déjà parlé de ces neuf hiérarchies que l’on retrouve dans les neuf carrés du corporal, ou linge blanc, sur lequel le prêtre posait l’hostie quand il célébrait avant 1968 le sacrifice eucharistique (messe). Une telle rencontre ne se fait, comme je l’ai dit, que post mortel, mais ici, c’est avec les yeux ouverts que l’adepte monte à l’échelle.

 

Petit aparté, l’épée excalibur du roi Arthur a le même sens cabalistique que celui d’échelle, contraction du mot « escalier » et « pur » avec reversement – comme celui de la boule  du b en p. C’est ainsi que la boule est devenue poule. Cela donna naissance à la haute lignée des Hautpouls sise dans les Corbières et dépositaire des secrets de Rennes le Château étroitement liée à l’initiation des corbeaux et à celle de l’alchimie.

 

Quant à cette ascension dans les sphères célestes, je n’ai pas de texte à soumettre à votre jugement, mais seulement la dernière gravure du Mutus liber, ou livre muet, ce livre d’image relatant par des planches toutes les étapes du Grand Œuvre.  La quinzième et dernière a le même sens que la quinzième et dernière station du chemin de croix des églises qui se fait face à Dieu, devant l’autel. Pour les puristes, l’échelle devenue inutile et couchée à terre est pourvue de 11 barreaux au lieu de neuf car dans ce livre sont pris en considération les deux étapes du hors d’œuvre (d’où le terme culinaire puisque l’alchimie est une « cuisine »). La première est la fabrication du sel et la dernière la projection qui provoque la transmutation, nécessaire à la préparation d’élixirs.

 

Dans cette planche deux phylactères portent chacun la même inscription (inscription bissée donc à double sens) : Oculatus abis, c’est à dire  « tu t’en vas clairvoyant. ». J’invite le lecteur à lire cette inscription « l’œil d’Apis », dieu égyptien qui porte le soleil entre ses cornes et réside à Memphis. De même l’anagramme de l’auteur Jacobus Sulat marque la signature du Sieur des Marez.

Je m’égare un peu puisque mon but n’est pas de commenter le Mutus Liber, si bien réalisé, depuis des lustres, par Eugène Canseliet, F. C. H. qui continu à apprendre dans la lumière glorieuse de la bienfaisante éternité.

 

Quand l’adepte revient de ses neufs étapes, sa besace n’est pas vide. Il est devenu Adepte (avec un A majuscule) et ne peut que quitter l’endroit où il vivait, car sa divinisation est accomplie.

 

Rêvons un peu. On peut dire que certains templiers sont parmi nous. Vous pouvez les croiser dans la rue. Mais ils se gardent bien de s’intégrer à une société initiatique. Ils sont des électrons libres aidant celles et ceux qui sont réellement avides d’avancer. Fort heureusement pour eux, il n’y en a pas beaucoup, et de ce fait le coach free-lance a un bizness cool ! ! !

 

Des maisons de la sagesse à la papauté d’Avignon et à Montpellier.

 

En 1314, la fin tragique de l’Ordre du Temple n’a pas affecté la transmission des connaissances issues de la Bibliothèque d’Alexandrie et des Maisons de la Sagesse. La liberté de l’esprit se paye toujours très cher. Les cathares le savent. Les Fatimides le savent aussi qui sont encore persécutés par les intégristes musulmans algériens jusque dans leur réminiscence en basse Kabylie au pays des Berbères.

Donc, l’Ordre du Temple fut persécuté, torturé, brûlé… Cependant beaucoup se réfugièrent dans d’autres Ordres religieux ou s’exilèrent notamment en Allemagne, Espagne ou Angleterre. Ces proscrits, détenteurs de la connaissance des sciences spirituelles cherchèrent à transmettre leur savoir. C’était leur devoir sacré, même si la difficulté paraissait très dangereuse.  En effet, ceux qui s’étaient intégrés à d’autres ordres religieux ne pouvaient transmettre leur savoir car lié par les règles de leur communauté d’adoption. Épisodiquement quelque moinillon recevait une formation dans le laboratoire d’une pharmacie-infirmerie du monastère. C’est probablement de cette lignée qu’est issu en Allemagne le célèbre moine-alchimiste Bazille Valentin. Le laboratoire dans l’oratoire était pour eux une extraordinaire opportunité qui ne pouvait qu’engendrer des Adeptes dignes de ce nom. Cependant la lignée de transmission restait difficile à perpétuer. Ce rôle vital, essentiel, reposait donc sur les épaules des exilés, libres de leurs activités.

Certains se réfugièrent en Angleterre, mais le roi ne tarda pas à les traiter en bannis, de telle sorte que leurs biens et aussi leur sécurité étaient menacés. Certains se réfugièrent en Écosse. En ce lieu paisible les dépositaires de la connaissance alchimique (un était docteur ès alchimie) purent faire le point sur leurs savoirs et éventuellement compléter celui de leurs compagnons d’infortune. Ces échanges durèrent plusieurs mois. Ainsi, dans cette école écossaise, se forma un groupe de 25 chevaliers dépositaire d’une solide connaissance des sciences spirituelles et alchimiques héritées de l’Égypte antique, des Grecs d’Alexandrie et des Ismaéliens Fatimides du Caire et d’ailleurs. En 1317 le groupe d’alchimiste décida de revenir en France sous le nom de Frères aînés de la Rose+Croix.  Ce nom marquait leur origine qui était celle de la Fille aînée de l’Église ou Église des Gaules (Église Gallicane ancienne) et celle des mystiques Roses+Croix dépositaires des sciences spirituelles et de l’alchimie.

Leur mission fut de perpétuer la connaissance mystique et alchimique. Donc il ne fut pas question de restaurer l’Ordre du Temple, mais de pérenniser les connaissances templières sans se rallier à des groupements portant l’étiquette de Templiers ou de Rose+Croix. Très mystique, mais indigné par le comportement du pape à leur égard, ils créèrent une Église indépendante de la papauté. Ainsi naquit l’Église templière (qui existe encore de nos jours sous le nom d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance) et dont le siège social est à Montpellier. Ils prirent comme blason celui du cardinal du Luxembourg comportant un pélican nourrissant ses trois petits. Il est encore à l’honneur actuellement.

Le 7 août 1316, JEAN XXII est élu pape à Avignon.  Le 17 novembre le groupe sollicitait une audience de Sa Sainteté. À La suite de cet entrevue il les logea au palais et le souverain Pontife fut formé à l’alchimie. Le groupe garda son rôle d’enseignant et leur Église persista, ce qui ne manque pas de paradoxe.

Le groupe quitta Avignon 1333, et s’installa dans le Var dans la commanderie templière de Montfort-sur-Argens. Ils quittèrent la commanderie en 1334, et se séparèrent pour perpétuer leur mission.

À La suite de quoi des imperators se succédèrent à la tête de l’Ordre jusqu’à nos jours.

 

Salut dinosaurien tonitruant à tous ceux qui eurent le courage de lire la présente.                                     

 

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Mardi 8 septembre 2009
- Par Hermophyle

J’aime beaucoup la Science Fiction pour la pertinence de certains auteurs qui malheureusement pour nous sont en majorité anglophones. Notre série style « fleuve noir » est, hélas, aussi médiocre que la majorité de nos téléfilms, souvent maladroite imitation des séries américaines. Il y a des idées, plein d’idées, mais elles ne peuvent être développées car écrasée par la pression économique lié au trop faible taux de vente ainsi qu’ à la gourmandise des intermédiaires et à la fiscalité. Un jour l’écrivain de SF Jimmy Guieu me confia qu’il était prisonnier de l’exigence des lecteurs et de l’esprit de la collection. « Souvent, me disait-il, j’aurais aimé développer un peu plus un sujet, mais il m’était impossible de prendre le risque de ralentir le fil de l’action ». Jimmy se sentait de plus en plus prisonnier de son personnage et des exigences alimentaires.

Un fleuve noir ça se vend dans les gares et les aéroports, un bouquin plus sérieux ça se boude à moins d’avoir autant de points de ventes qu’aux états Unis. Voilà le problème de la « minisculite » de notre SF qui existe partout y compris en sciences exactes. Je me souviens de la réflexion de mon prof de biologie à la fac des sciences qui disait éditer ses bouquins d’abord en anglais et ensuite seulement en France où sa notoriété s’établissait grâce à sa diffusion anglo-américaine mais restait pratiquement nulle en français ! Et oui, un invendu gaulois peut être une perle pour le lion ou l’aigle anglophone mais il passe au pilon. Ni vu, ni connu ! C’est ainsi que notre culture passe sur le lit de Procuste.

J’ai lu de très bons auteurs de SF de chez nous, mais j’ai acheté leur bouquin à la brocante !

Bon, vous pouvez juger mon opinion quelque peu caricaturale, mais reconnaissez tout de même le bien-fondé de certains points essentiel !

 

 

Les auteurs de SF ont, certes, de l’imagination, mais ils ont en commun une conscience réaliste des problèmes humains. Leur sensibilité les a souvent conduits à s’intégrer à des sociétés initiatiques qu’ils jugent avec un regard lucide.

Ainsi, au marché aux puces j’ai acheté un livre de L’américain Richard Lupoff intitulé « Trinité » (the triune man) Traduit et édité en 1980 par la librairie des Champs-Élysées dans la collection « Le Masque » (ISBN 2- 7024 – 1088 – X).

Voici ce que j’ai lu aux pages 164 à 168, et qui devrait inciter à la méditation les rosicruciens et FM emprisonnés dans leurs concepts d’évasion et d’appartenance qui bride toute leur démarche spirituelle. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a peu d’alchimistes chez eux. Grand dieu, ça nécessite de vider les lieux, de se débarrasser de ce concept d’appartenance !

Lupoff met en scène Buddy Satvan, l’auteur d’une bande dessinée à succès : « Diamond Sutro ». Il est en opposition avec un cinglé extrémiste nazi, Roland Washburn (que j'ai rebaptisé Kashburn) qui méprise violemment sa personnalité et son œuvre.

Chers ésotéristes, méditez ce passage que j’aurais pu (et peut-être dû) écrire. Mais comme il n’est pas de moi peut-être sera-t-il mieux accueilli car, selon l’adage, nul n’est prophète en son pays…

 

[« Mr Satvan, » fit Kashburn méprisant. « Cet écrivassier pour les crétins et les dégénérés ! »

« Je ne vous permets pas de dire ça ! Buddy fait un travail merveilleux ! » Tara ne pouvait plus se contenir ; elle se tourna vers son patron. « Dis-lui, Buddy. Explique-lui la finalité réelle de Diamon Sutro, pourquoi c’est important pour les gens ! »

Buddy repoussa la mèche de cheveux qui lui barrait le front. « Eh bien… euh… »

Après un petit moment de silence, Buddy s’exécuta et se tourna vers Roland Kashburn. « Bon. Je ne pense pas que vous ayez une juste compréhension de ce qu’est Diamon Sutro, Mr Kashburn. Euh… Roland. »

« Mais si, je comprends très bien. Ce sont de foutaises sans la moindre valeur, de la littérature d’évasion. Cela fait partie d’une machination destinée à distraire l’esprit des gens de sorte qu’ils ne se rendent pas compte des forces qui les manipulent. Mais un jour, le peuple reconnaîtra ses vrais ennemis et les écrasera. Comme ils auraient dû être écrasés il y a soixante ans de cela ! »

« Non, » répliqua Buddy, très calme.  « Je ne pense pas que votre vision du citoyen moyen corresponde à une réalité. Pas dans ce pays, pas dans cette société qui est la nôtre. Les gens du commun ne vivent pas sous la menace de quelque force sinistre et mélodramatique. C’est… »

« C’est un complot international ! »

« Non, Roland, c’est faux. » Buddy secoua posément la tête, prit la main de Tara et la serra très fort. « Prenez l’homme de la rue, à quels problèmes se trouvent-ils confronté ? Des petits soucis tout ce qu’il y a de plus ordinaires. Rien de catastrophique. Rien qui soit au-dessus de ces forces. Le lecteur-type de Diamon Sutro travaille en usine à… Mettons Topeka ou Buffalo ou Galveston. Vous me suivez ?

Il est tourneur et gagne son pain quotidien en façonnant des pièces qui serviront à construire des appareils ménagers. il a 42 ans. Tout cela, vous comprenez, c’est un portrait moyen ; si nous étions dans les bureaux du syndicat, je pourrais vous montrer des statistiques plus précises.

Bon. Revenons à notre lecteur. Il travaille sur ce tour depuis qu’il a obtenu son diplôme de fin d’études, 23 ans auparavant. Sur les bancs du lycée, il a connu une fille avec laquelle il s’est marié. Depuis, elle s’est empâtée, elle a vieilli, mais il continue à l’aimer… À sa façon, quoique, depuis une bonne quinzaine d’années, la vie qu’il mène auprès d’elle lui paraisse bien morne. Lui-même, d’ailleurs, n’a rien à dire : Il commence à devenir chauve et la bière la doté d’une assez belle bedaine, elle s’ennuie tout autant que lui avec elle. »

Il se plaça différemment sur sa chaise et reprit sa respiration. Ils avaient tous les yeux fixés sur lui, attendant qu’ils poursuivent.

« il ne comprend pas ses enfants et n’a aucune autorité sur eux. Chaque jour, au travail, son patron lui fait sentir sa médiocrité. chaque jour, dans le car de ramassage de l’entreprise, il voyage avec un type qui lui met les nerfs à fleur de peau ; mais il ne sait que faire, car s’il prend sa voiture pour aller à l’usine, sa femme ne l’aura plus pour faire ses commissions. »

Buddy s’interrompit pour reprendre à nouveau son souffle.

« Aussi loin qu’il se souvienne, sa belle-mère lui a toujours cassé les pieds.

Il croule sous les impôts et sous les traites, et chaque fois que son revenu augmente de 10 %, ces dépenses augmentent de 15. Il ne voit pas comment cela pourrait changer.

Le matin, il se lève. Toute la journée, il travaille. Et le soir, il rentre, Mange, regarde la télé est vas se coucher. Sa vie sexuelle est pour ainsi dire inexistante et fait, de toutes façons, partie du train-train.

Il a des copains avec qui il va au bowling toutes les semaines depuis près de 10 ans, et il ne marque jamais plus de 50 points. Le samedi, il tond la pelouse si on est en été, dégage un chemin dans la neige si on est en hiver, et tente de rafistoler sa maison lui-même parce que la main-d’œuvre est beaucoup trop chère. »

Kashburn exprima bruyamment son mépris.

« Je vous en prie », dit le Dr Ettmann. « Laissez-le continuer. Tout cela est extrêmement... euh... Instructif. »

«D’a... D'accord », balbutia Buddy. « De toute façon, j'ai presque terminé. Bon, alors... euh... Ce type de Topeka... Ou de l'autre bled, d'ailleurs... Oui, j’en ai presque terminé avec lui... Donc, voyez-vous, il... Ah oui, le dimanche. Eh bien, le dimanche Matin, sa femme l'oblige à aller à la messe alors qu'il n'en a pas la moindre envie, et le dimanche après-midi, il regarde le match de football à la télé. Son seul regret est qu'il n'y a pas des matchs toute l'année. Vous comprenez ?

Voilà. C'est pour lui que je fais Diamond Sutro. Pour ce type du Kansas. Il est la raison d'être de mon travail. »

 Kashburn bondit de sa chaise et asséna son poing sur le bureau. « Qu'est-ce que c'est que ça ? que viennent faire là toutes ces foutaises ? Vous ne comptez tout de même pas nous faire avaler de pareilles niaiseries ? Dr Ettmann, allez-vous tolérer que cet individu nous fasse subir plus longtemps le crétinisme de ces théories ? c'est précisément ce prétendu citoyen moyen dont vous parlez, sinistre imbécile, qui constituent les forces vivent de la ligue pour le Renouveau ! Cet homme que vous dites ordinaire est la victime d'une mafia internationale dirigée par la haute finance et la gauche intégrationniste !

Cet homme doit marcher la tête autre ! Et sous ma conduite, il le fera ! »

Le Dr Ettmann se leva et fit le tour du bureau. «Voyon, Roland », dit-il. « Laisse donc Buddy terminer son exposé. Vous avez peut-être fini, Mr Satvan ? »

« Oui, presque. Voyez-vous, docteur, voyez-vous, Mr Kashburn, Coland... La vie de cet homme se caractérise par... euh... L'expression correcte et, je crois, un désespoir tranquille. Il a désespérément besoin de rompre l’ennui que lui inspire sa vie, son travail, sa femme, le car de ramassage, sa belle-mère, ses enfants qui se foutent de lui, les impôts... Et tout le reste. Mais qui peut l'aider ? Que peut-il faire ?

il... Voyez-vous, cet homme est le type même de ce qui adhère à des organisations comme les rosicruciens. Vous connaissez les rosicruciens ? Ce sont des gens calmes, inoffensif, qui se réunissent en secret pour pratiquer leur espèce de fétichisme sans causer de tort à personne. Eh bien, notre Américain moyen va, pour quelques dollars par mois, se payer un prétendu savoir secrètement transmis d'initié à initier. En fait, ce qu'il va acheter, c’est un peu de relief dans sa vie. Il a beau habiter une maison mal bâtie, identique à toutes les maisons voisines, vivre avec une femme terne, aller tous les jours faire un travail qui l’ennuie, il est malgré tout un rosicrucien !

Il est détenteur d'un savoir occulte ! Il est membre d'un ordre mystique dont le pouvoir s'étend au monde entier et dont l'origine se perd dans la nuit des temps ! À ses propres yeux, il n'est pas n'importe qui. Dans toute son existence, le fait d'appartenir à la rose-Croix est peut-être la seule chose qui est une réelle valeur. La seule chose qui lui donne une certaine estime pour sa propre personne, si ce n'est même un petit peu de bonheur. »

Il s'interrompit pour demander un verre d'eau.

« Et, s’il ne rejoint pas des rosicruciens, des francs-maçons, les chevaliers de ceux-ci ou de cela… »

« Les Chevaliers Mystiques de la Mer », précisa Roland d’un ton aigre.

« Oui, c'est ça. S'il ne se laissa pas embarquer chez les adorateurs de soucoupe volante, ou dans la scientologie... Vous avez déjà entendu parler de la scientologie, n'est-ce pas ?... Ou dans n'importe quelle secte de ce genre, il risque de devenir la proie d'un groupe politique extrémiste qui, offrant la facilité d'une solution mélodramatique à tous les problèmes, saurait flatter son besoin d'aventures. »

« Et vous, individu mesquin, que lui offrez-vous ? » Demanda Roland.

« Voyez-vous, j'ai commencé de réfléchir à ma bande dessinée bien avant d'en concevoir le premier épisode. J'ai été assistant, j'ai été encreur, j'ai effectué toutes sortes de travaux pour le compte d'autrui. Et pendant tout ce temps-là, j'apprenais mon métier et je préparais ce que j'allais faire.

Ce qu’offre Diamond Sutro à ses lecteurs, c'est le caractère surnaturel, les pouvoirs magiques et les splendides costumes de son héros. La richesse et la science de son alter ego, Arnaud Subhuiti. Des décors exotiques. Des aventures palpitantes. De très belles femmes, voluptueuse, excitantes... Voyez Crystal Knight, Astaroth Anderson. Et attendez, vous ne connaissez pas encore Aphrité Anubis !

J'offre à mes lecteurs le romanesque !

C'est exactement ce que les gens ont toujours demandé aux stars de cinéma, ce que les jeunes d'aujourd'hui cherchent dans... Les Beatles, Mickael Jackson, par exemple. Le sens de l'unique. Un remède à l'effrayante banalité de leur vie.

"C'est exactement ça », dit-il en soulignant ainsi l'accord qu'il donnait à sa propre conclusion. « Tous les matins, pendant cinq minutes, en ouvrant son journal, mon petit ouvrier de Topeka devient Diamon Sutro ou Arnaud Subhuti, et il oublie totalement la banalité de son existence. Si c'est une femme qui lit la bande, elle devient Crystal ou Astaroth ou Aphrite Anubis. Et au diable les supermarchés, au diable les couches, au diable l'ennui.

Voilà ce que j’offre aux gens ! » ]

 

Tout prétendant à la vie spirituelle devrait, à mon avis, réfléchir longuement sur cette citation. La vie intérieure ne doit à aucun prix être un succédané au long fleuve tranquille d’une vie sans relief. Le fait d’en avoir trouvé un dans une société initiatique quelconque devient alors un obstacle insurmontable pour bondir en avant. Scotché là, conditionné à mort, et membre fantôme d’une famille fantôme  détentrice de secrets de polichinelle qui nous offre un ticket d’entrée pour le cimetière morne de ceux qui ont traversés leur vie sans rien faire du tout. Mort au champ des inutiles dira la rubrique nécrologique du journal local, illustrée avec Diamon Sutro !

Secouez-vous bon sang ! Réalisez la gangue de baratin qui vous emprisonne et vous empêche de germer ! Les mots, quelle plaie. Savoir aller au-delà des mots est une victoire décisive capable de nous propulser vers les étoiles.

Écoutez avec tout votre cœur ce chant de l’alchimiste médecin Michael Maier (1568-1622), médecin personnel de l’empereur Rodolphe II, qui présente son livre Atalante Fugitive avec les cinq lignes suivantes :

 

« Grande mère des fruits, grande mère des hommes,

je te salue, ô Terre de Saturne : j’ose

Entrer pour ton amour dans l’antique domaine

De gloire, et libérer les sources d’eau vivantes.

Dans les cités de fer je chante un chant d’étoile. »

 

Avec toute mon affection aux chercheurs d’absolu.

 

 


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Jeudi 4 juin 2009
- Par Hermophyle

Cet article est inspiré, en partie, de l’opinion de l’abbé Henri Stéphane, prêtre agrégé de mathématique chassé de son diocèse pour ses idées subversives. Enseignant dans les classes de préparation aux grandes écoles, ses conférences privées furent tellement prisées par ses élèves qu’ils les réunirent en un livre, édité par Dervy, sous le titre Introduction à l’ésotérisme Chrétien.

À travers l’histoire de ce prêtre, influencé par René Guénon et les philosophies orientales, se manifeste des réflexions réalistes sur l’évolution qui furent l’occasion de traiter différents sujet. La zone d’action des sciences matérialistes est ici clairement définie. Quant à celle de la science spirituelle, elle permet d’aborder l’origine d’un chapelet de causes clé de l’évolution et répondant en fin de compte à la question fondamentale que chacun de nous se pose : Qui suis-je ?

 

 

 

I

l est des marginaux de la religion comme des marginaux des états, ils sont exclus avec perte et fracas. Certe, les choses ne sont pas aussi violentes que le laisse supposer cette phrase lapidaire, mais d’une manière douce ou violente aucun marginal quel qu’il soit ne peut survivre dans une société lobotomisée car il donne des pustules aux appareils de pouvoir qui en font des brebis galleuses.

 

La raison de ce rejet inconditionnel est simple c’est celle de ne pas prendre le risque de voir détournée de leurs « devoirs » les électeurs ou les ouailles parquées en sécurité, avec œillères, dans les limites d’une bétaillère. Cependant, une bizarrerie est strictement appliquée : pas de cloches !

État, Église, (remarquez les mêmes initiales que celles d’Euro) tous deux luttent à leur manière et pour y parvenir l’un va créer l’École Nationale d’Administration (E.N.A.) l’autre le petit et le grand séminaire. De l’un sortiront les Préfets, de l’autre les prêtres et évêques. Leur but essentiel sera de maintenir les structures en pratiquant le conditionnement afin qu’aussitôt franchie certaines limites, naisse chez les individus dissidents un sentiment d’insécurité, de peur d’être déconsidéré et évincé ou d’être excommunié, ce qui revient au même.

 

Acquérir sa franchise, sa liberté, n’est pas chose facile, et il faut une réelle force de caractère pour accepter l’exclusion. C’est ce qu’a affronté l’abbé Henri Stéphane, de son vrai nom André Gircourt, issue d’une petite noblesse lorraine. Il est né à Nancy en 1907, et mort en 1985. Il fut appelé D.G.M, c’est-à-dire le Dernier Grand Maître (de l’ésotérisme chrétien). Avant lui, le G. M. de l’ésotérisme chrétien fut Nizier Philippe Vachod appelé Maître Philippe de Lyon, qui à l’inverse de l’abbé Gircourt n’écrivit pas, mais fut un grand mystique et théurge sans être prêtre.

C’est donc grâce à des textes recueillis par ses amis qui assistaient régulièrement à ses conférences privées que l’abbé montra sa dimension d’ésotériste et aussi sa différence vis-à-vis de ses collègues ecclésiastiques.

 

Ayant obtenu son bac de Mathématique, il passe sa licence de math et réussit l’agrégation en 1933. En 1934 il entre au séminaire et en 1939 obtient une licence et un master de théologie. En 1940 il est ordonné prêtre sous les bombes de la seconde guerre mondiale, ce qui laisse supposer aisément la suite…

 

C’est en 1942 qu’il découvre le symbolisme de la croix de René Guénon, ce qui lui valut d’être appelé « prêtre guénonien » car le discours de Guénon convenait à son esprit mathématique. À travers ses réflexions élargies il découvre les doctrines orientales et en parle dans son cours d’instruction religieuse. Averti, l’évêque le convoque, et sans entendre ses explications lui retire le pouvoir de confesser et le chasse du diocèse. Ici une remarque s’impose : le prélat a outrepassé ses droits car une pareille sanction ne pouvait provenir que des décisions d’un tribunal ecclésiastique. Cette précipitation au mépris du droit canonique traduit une peur viscérale de voir certaines vérités dérangeantes être dévoilées. Actuellement cette attitude de mépris des lois et la peur n’a pas changée. On retrouve d’ailleurs le même comportement dans l’appareil d’État, et pour des raisons analogues (C.f. Rapport parlementaire des sectes dont l’illégitimité frise la mascarade mais atteint son but : apeurer le troupeau et garder chaque individu tremblant  (avec œillère et sans cloches ! ) dans la prison d’une bétaillère).

 

Rejeté en qualité de prêtre desservant ou aumônier, car privé d’une partie de ses pouvoirs sacerdotaux, Gircourt aurait pu se défroquer mais il choisit de devenir professeur de mathématique à l’école Ste Geneviève de Versaille tenue par les Jésuites et consacré à la préparation aux grandes Écoles scientifiques. Dans sa profession Gircourt entretenait de bons rapports avec certains professeurs, en particulier avec Pierre Leroy, qui était professeur et directeur du laboratoire de biologie du Collège de France et ami personnel (et disciple) du jésuite Teilhard de Chardin. Leur chambre était voisine et l’appui amical de l’abbé l’a souvent réconforté. Un autre de ses amis fut le professeur de lettre, Jean Palou, auteur de livres réputés sur la Franc-Maçonnerie et grand guénonien, mais l’abbé refusa catégoriquement de se faire initié dans la Maçonnerie.

Avec le jésuite Leroy, il du avoir de longues conversations sur l’évolution des espèces. Le vieux professeur lui confia son malaise sur ce sujet qui fut à l’origine de l’ostracisme, jeté par l’Église, sur Teilhard de Chardin.

 

À l’instar de mon article précèdent (NOTRE CORPS INVISIBLE, le Feu & le temps. ) Gircourt ne consacre pas la théorie de l’évolution comme une vérité fondamentale, mais comme une vérité qui reste à prouver !

Avec pertinence il fait remarquer le scepticisme de Jean Rostand vis-à-vis de l’évolutionnisme :

 

« C’est une hypothèse (la théorie de l’évolution) dont on ne peut se passer, c’est, pour l’instant, la seule explication rationnelle de la « genèse » des êtres vivants. » (Page 391 de L’introduction à l’ésotérisme chrétien, édition Dervy, Paris 2006)

 

Et je fus séduit pas cette affirmation d’ésotériste réel, pourvu de cette profondeur qui manque à la quasi-totalité des sociétés secrètes ou discrète qui ne sont initiées à « pas grand-chose » ; car à travers l’étude des symboles on retrouve la même attitude d’esprit que celle des sciences matérialistes. Aussi, j’ai éprouvé un vrai bonheur quand ce prêtre marginal – porte cigarette au bec, et regard vif – atteint en une phrase le fond du problème, et le fond du mal qui ronge notre société et l’empêche d’aller au-delà d’une certaine « réalité », au-delà du visible au cœur d’une réelle initiation :

 

« Ce besoin d’explication rationnelle est une maladie mentale – ou une « passion mentale » – de l’homme moderne qui, incapable de saisir les vérités essentielles, cherche à compenser son impuissance métaphysique par la « recherche » scientifique. » (idem supra)

 

Et notre prêtre, avec cette lucidité prophétique, pose le problème comme il se doit, comme le firent les alchimistes modernes tel Roger Caro à la page 54 de son ouvrage Bible Science et alchimie réédition (2004):

 

« Si l’homme descendait du singe, on se demanderait pourquoi il y a encore des singes et pourquoi ils n’ont pas la même morphologie que nous, ne serait-ce que dans le nombre de chromosomes qui, on le sait, est particulier à chaque espèces. »

 

Gircourt pense de même et se demande pourquoi on se pose une pareille question. Il va plus loin que Roger Caro en parlant de nos ancêtres reptiles dont le lézard sera pris en exemple. Et il fait remarquer que la réalité voudrait que l’homme soit inclus dans le lézard (à fortiori dans le singe), au moins génétiquement parlant et que le lézard, tout comme le singe, serait donc potentiellement un homme ! Et il conclut fort à propos que ce genre de raisonnement n’intéressent pas nos contemporains qui préfèrent les brumes de la phénoménologie (philosophie qui consiste à comprendre l'essence des choses par la conscience) et de l’existentialisme (Doctrine fondée sur le fait que l'homme est libre et responsable de ses actes). Avec ça, nous allons loin ! ! !

 

Et notre abbé excédé nous dit en levant les yeux au ciel :

 

« Qu’est-ce que cela peut bien me faire, à moi, que l’homme descende, ou non, du lézard ? » ( idem supra)

 

C’est à ce moment qu’il enfonce le clou, si je puis dire. Il s’exclame excédé que l’homme actuel est atteint d’une étrange manie qui consiste à vouloir faire sortir le plus du moins, le supérieur de l’inférieur ! Il affirme, non sans raison, que cette tendance démocratique à tout faire sortir « d’en bas » à quelque chose de morbide qui répugne à tout homme sain d’esprit !

 

Peut-on situer l’origine de l’humanité sur le plan même de l’existence ? Et Jean Rostand répond :

 

« En admettant l’hypothèse de l’évolution, on ne pourra jamais connaître la cause de cette évolution. »

 

Tel est l’aveu d’impuissance, car la cause est essentiellement d’un autre ordre que ses effets, rejoignant en cela le phénomène de potentialité contenu dans toute néguentropie (sens inverse de le l’entropie destructrice) comme celle qui fait surgie cet ordre moléculaire et cellulaire qui préside à l’élaboration d’un petit d’homme dans le ventre de sa mère. L’effet de la fécondation est connu, mais la cause, où est-elle ? D’une manière globale l’enchaînement des « causes » se confond avec la « verticalité ». De « cause » en « cause », ou de plan en plan, on aboutit à la cause première qui est « en dehors » de tous les plans et « au-dessus » de toutes les causes. On reconnaît là l’empreinte de René Guénon et plus particulièrement son symbolisme de la croix que Gircourt a su extraire de son abstraction pour lui donner visage humain. Mais ce disant notre prêtre aborde une verticalité « parallèle » si je puis dire, responsable du chapelet des « cause », il s’agit des hiérarchies spirituelles qui ne restent pas inactives dans leurs béatitudes ! Sans cela pourquoi existeraient-elles ? Par exemple l’ange incorpore en l’homme l’intelligence universelle et est donc la cause de notre conscience du Moi, et de notre propre pensée. Il est la cause de nos inspirations. Cette seule connaissance vaut son pesant d’or pour les alchimistes.

La cause se trouve donc sur un autre plan alors que les sciences matérialistes évoluent sur un plan tout à fait « horizontal » et ne parviendront donc jamais à en sortir et à nous fournir la « cause » qui se situe à un niveau, évidemment supérieur qu’ils se refusent à imaginer.

Et notre prêtre de remarquer :

 

« Mais cette question de causalité n’intéresse guère nos contemporains : ils se complaisent dans la « recherche » pour elle-même, indéfinie et sans but : l’art pour l’art ! »

 

Oui, la « verticalité » n’intéresse pas les scientifiques racornis refusant d’écouter leur cœur et leur intuition. Combien ai-je pu rencontrer, parmi mes anciens collègues scientifiques, des ergoteurs sur les protocoles expérimentaux qu’ils rendaient aussi complexes que l’entortillement sophistiqué de leurs neurones cérébraux paumés. Le résultat pourrait s’appeler : l’art d’accoucher d’une souris ! Ne nous étonnons pas si presque tous les scientifiques cherchent et aucun ne trouve. Mais seulement voilà, c’est par là que passe l’argent des contribuables... Et ça, ça me révolté !

 

 L’interrogation essentielle n’est pas celle si bien mise en exergue depuis des décennies par les Presses Universitaires de Frances (P.U.F.). Ce repaire de diplômés et de mandarins, fer de lance des sciences matérialistes, se rallie en effet sous la devise : « Que sais-je ? ». Alors que l’interrogation essentielle, fondamentale est : « Qui suis-je ? ». J’ose espérer qu’un éditeur ouvert saura créer cette collection sans se borner à des interrogations psychanalytiques ou aux cérémonies vaudoues...

À ce « Qui suis-je ? » aucune hypothèse ou recherche scientifique ne peut répondre. À cette interrogation Quel est mon père, et quelle est ma mère ? Peut-on répondre que c’est cet homme et cette femme qui m’ont conçu dans leur communion amoureuse ? Non, car se faisant ils ne savaient pas que c’était « moi » ; cela aurait pu être « un autre ». L’origine de mon « être » véritable se confond avec l’origine des espèces et l’origine de la vie. Mon être ne provient pas de mon père ou de ma mère biologique, à plus forte raison pas du singe ou du lézard !

 

Il y a bien longtemps, quand je bourlinguais dans l’océan Indien, j’ai eu l’occasion à diverses reprise de visiter la plus grande ile (Noci Bée) de l’archipel des Comores située dans le canal de Mozambique au nord de Madagascar. En ce lieu un roi gouvernait. Son successeur n’était pas son fils biologique. Aidé de son chaman, il rendait visite à son peuple et adoptait ainsi son futur successeur. C’est de cette manière qu’il « trouvait » son véritable fils. Ne croyez-vous pas que cette filiation est aussi valide, si ce n’est plus, que la biologique ?

Évidemment cela nécessite de décoincer un peu notre illusoire sentiment de propriété et d’accepter qu’il soit possible d’enfanter l’enfant d’un autre. L’évolution des évènements tend à nous le rappeler depuis qu’existe des mères porteuses. N’en doutez pas, en réalité toutes les mères sont porteuses !

 

Je dédie cet article à Mickaël mon filleul.

 

 

 


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Samedi 30 mai 2009
- Par Hermophyle

  

Je n’ignore pas que beaucoup d’individus n’acceptent pas l’existence, chez les êtres vivants, d’un corps autre que le corps physique. Je les comprends, car il n’existe rien de tangible, aucune preuve de son existence, car nous ne pouvons le voir à la manière de notre corps et de toutes choses qui nous entourent.

 

Il existe cependant des preuves indirectes de cette existence, de ce corps du temps, qui régule les rythmes biologiques de nos fonctions vitales. Les chronobiologistes (le début des études chronobiologiques date de 1980) se bornent, pour l’instant, à étudier les rythmes vitaux tout en ignorant leurs origines qu’ils supposent génétiques. Ils connaissent certaines conséquences de leurs perturbations, mais le mystère de la palpitation des organes vivants reste entier. Pourtant les cycles du temps sont l’élément qui fonde les parties de notre être en un tout cohérent, et cependant nous sommes peu curieux de cet aspect fondamental de notre nature. La raison essentielle est la dimension inhumaine de notre vie que nous ne voulons pas voir pour des raisons économiques. Les heures de travail ne correspondent en rien à nos heures internes, ce qui contribue à un détraquement de notre horloge biologique et donc de notre santé. Les études sur les perturbations des enfants lorsqu’on passe de l’heure d’hiver à celle d’été restent lettre morte. On impose aux enfants, aux hommes et même aux animaux de ferme, au nom de la productivité, des rythmes mécaniques pathogènes.

 

La première observation qui devrait éveiller l’attention de nos expérimentateurs est une simple mesure. C’est celle de cette immédiate perte de poids du corps au moment même où survient la mort. Cette chute pondérale est, certes, minime mais elle est la même pour tous. Au moment de notre dernier souffle, nous perdons immédiatement 21 grammes d’on ne sais quoi. Certes, il y a de rapides dégradations après le décès, comme celle des médullosurrénales, mais rien n’explique une diminution pondérale aussi soudaine, aussi immédiate (j’insiste sur ce mot). C’est un point d’interrogation qui ouvre la porte à des suppositions, comme celle du corps invisible, ou d’une de ces parties, qui quitterait notre corps. Quoi qu’il en soit, cette mesure de 21 grammes ouvre la porte à des hypothèses et non à des utopies comme ont trop tendance à le dire les néo cartésiens bornés de notre douce France.

Il est vrai qu’il n’est pas envisageable d’expérimenter. Cela n’est pas une condamnation de cette hypothèse car il est possible de dire la même chose à propos de la théorie (je dis bien théories) de l’évolution des espèces.

J’ai, d’ailleurs entendu des inepties à ce propos sous forme d’affirmations péremptoires, et télévisé, sur la découverte d’une preuve que la théorie de l’évolution venait d’être démontrée. La démonstration magnifique et irréfutable je l’ai entendu proférer par une journaliste ingénue du J T. Ce fait incontestable c’est que les poissons se sont adaptés aux filets de pêche en devenant plus petits. Parbleu, il fallait s’y attendre puisqu’on a péché les plus gros ! N’importe quel marin-pêcheur vous le dira en cachette des autorité européennes qui leur impose un quota (hélas douloureux pour eux) pour éviter qu'il ne stérélisent le plateau continental.
Je souligne en passant que si un pareil phénomène s’avérait être vrai il ne s’agit pas d’évolution mais de « variation », ce qui n’est pas du tout la même chose.

 

Voilà ou nous en somme pour les informations que les scientifiques osent accréditer ! Alors ce n’est pas demain la veille que l’on abordera le problème du corps invisible, du corps du temps.

Pourtant un fait devrait attirer l’attention, c’est que les rythmes sont invisibles, nous ne pouvons à aucun moment les percevoir. Ils sont sous jacents à tout ce que nous supposons être constant en nous-même. Pourquoi n’est-il pas possible d’envisager, dans une hypothèse des plus cohérentes, que des rythmes invisibles puissent trouver leur origines dans ce même invisible ?

Pourtant, dans le règne animal et végétal et à tous niveaux d’organisation : écosystème, population, individus, organes isolés, tissus, cellules et même fraction de cellule… il existe des phénomènes qui tendent à accréditer l’existence d’un organisme « extrabiologique » dépositaire de la mémoire.

 

Promenez-vous le long de la plage à midi : des trous minuscules au bord de l'eau découvrent les tunnels habités par ces bestioles presque transparentes et ressemblant aux crevettes on les appelle les puces des sables. Il faut creuser pour les trouver. Mais au coucher du soleil, elle remonte la plage par formations entières. Elles vont se balader, on ne sait où ! Au lever du jour, à nouveau, elles retournent vers le bord de l'eau. Comme elles mangent le plancton qui baigne dans leurs tunnels, leur migration nocturne n'est donc pas une quête pour la nourriture. Il y a mieux. Quand un biologiste italien en transplanta quelques-unes de l'autre côté de la botte de l'Italie, sur les plages de la mer Adriatique, et qu'il les relâcha au bord de l’eau, il vit ses bêtes minuscules se détourner de l'eau et se diriger par voie de terre dans la direction d'où elles étaient venues.

Ces petits crustacés, tout comme les abeilles qui emmagasine le miel, où les oiseaux migrateurs, semble bien avoir une horloge, qui mesure l’invisible, située au-dedans d’eux-mêmes et qui les aident à s'orienter dans l'espace par rapport à des points de repère tels que le soleil et la Lune.

 

Je ne surprendrais personne en disant que l’homme est un être complexe. Sans m’appesantir sur l’originalité de ses fonctions cérébrales, son rapport au temps est des plus étonnants. En effet, sa perception s’avère variable en fonction de l’âge et de l’état de santé, comme si son corps du temps s’intégrait progressivement à son corpq physique.

 

Voici un dialogue, avec un enfant, des plus instructif. Il est rapporté par le professeur Suisse bien connu Jean William Fritz Piaget (1896-1980) :

 

« Quel âge as-tu ?

-         Sept ans.

-         Est-ce que tu as un ami qui est plus vieux que toi ?

-         Oui, celui qui est à côté de moi a huit ans.

-         Très bien. Lequel de vous deux est né le premier ?

-         Je ne sais pas. Je ne connais pas le jour de son anniversaire.

-         Mais voyons, réfléchi un peu. Tu m’as dit que tu avais sept ans et qu’il en avait huit, alors lequel de vous deux est né le premier ?

-         Il faudra que vous le demandiez à sa mère, je ne peux pas vous le dire. »

 

 

Le fait que les enfants n’ont pas la même conscience de la durée que les adultes est interprété par les sciences matérialistes (remarquez le pluriel) comme provenant probablement du rythme différent des fonctions physiologiques. Pour la science spirituelle (remarquez le singulier) il est probable que la conscience de l’enfant ne dépasse pas celle de son être non matériel qui a un age indéfinissable. À sept ans l’enfant ne vit pas encore pleinement les rythmes biologiques d’un organisme adulte. De ce fait sa référence au temps est extra biologique et donc sans référence bien définie par rapport à notre monde.

Un ami me disait qu’étant enfant, il écrivait des lettres qu’il cachait pour les ouvrir plusieurs jours après. Il avait l’impression étrange que c’était un autre que lui-même qui les avait écrites.

Nous voyons donc que le moi est encore indéfini et de ce fait l’individu est dépourvu de référence temporelle.

 

J’ai déjà parlé de l’élément feu interne caractérisant la présence de l’esprit dans les êtres à sang chaud. LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 1. LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 2.  Quand le feu interne augmente, ce qui correspond à une augmentation de la température corporelle, et donc à la fièvre, la notion du temps est perturbée.

 

Le docteur Hudson Hoagland rapporte dans The Voices of Time qu’un jour où sa femme souffrait d’une grippe avec une fièvre de 40 degré il alla sur sa demande à la pharmacie. Il s’absenta une vingtaine de minutes seulement, elle n’en fut pas moins persuadée qu’il était parti pendant des heures. Troublé, Hoagland prit un chronomètre et sans lui fournir d’explication demanda à sa femme de compter jusqu’à soixante à raison d’un chiffre par seconde. Celle-ci, musicienne accomplie, avait un bon sens du temps, néanmoins elle compta jusqu’à soixante en bien moins d’une minute. Il réitéra le test et parvins à la conclusion suivante : Quand la température de son corps était élevée sa femme comptait plus vite ; quand elle était basse, elle comptait moins vite.

 

Le feu interne qui augmente la température du corps est donc un accélérateur temporel.

Mais la négentropie, ou construction d'un organisme, semble un ralentisseur temporel alors que l'entropie ou destruction d'un organisme semble au contraire accélérateur temporel. De ce fait notre notion du temps varie en fonction de l’age. De l’enfant à l’age adulte et à la vieillesse il y a une baisse de l’activité négentropique très importante. Il est donc possible que la forte négentropie chez l’enfant, soit à l’origine du fait que le temps lui parait s’écouler si lentement, alors que chez les personnes âgées dont la négentropie est très basse, le temps passe rapidement. Telle est, pour le moment, l’explication (au conditionnel) des sciences matérialistes.

 

En ce qui concerne la science spirituelle le ralentissement du temps, pour un enfant, serait du à la descente de l’esprit ou Feu, puissant générateur de négentropie, pour permettre d’acquérir la phonation et le langage, et aussi la posture nécessaire à la locomotion. Si la locomotion peut être imputée à une croissance normale de l’organisme, l’acquisition de la pensée et du langage nécessite un investissement massif de l’élément Feu pour adapter le cerveau. D’où un important ralentissement du temps relatif. Mais un tel investissement du Feu (qui n’engendre pas de fièvre !) ne dure que quelques années. À la suite de quoi, surtout à partir vingt-cinq ans, le temps relatif s’accélère sérieusement et finit par passer trop vite, comme l’on dit. Ce n’est pas sans raison que la sagesse populaire, détentrice d’une connaissance initiatique, veut que les jeunes filles parvenues à cet âge coiffent la Ste Catherine.

 

On peut remarquer que les opinions des sciences matérialistes et de la science spirituelle ont des points de convergence à travers une terminologie différente qui peut paraître déroutante. Quoi qu’il en soit, la composante temporelle demeure relative.

 

J’ai beaucoup aimé l’explication d’Albert Einstein désireux d’expliquer la relativité :

 

« Quand vous passez deux heures auprès d’une charmante jeune fille, vous avez l’impression d’être là depuis une minute seulement. Mais quand vous êtes assis sur un poêle bouillant depuis une minute vous avez l’impression d’être là depuis deux heures déjà. C’est ça la relativité. »

 

Dans cette analogie qui n’est pas anodine, la subtilité entre deux feux, l’un interne (hormonal peut-on dire), l’autre externe, détermine la relativité du temps. Le choix de cette anecdote donne un autre visage d’Albert Einstein. Elle laisse rêveur quand à l’origine de son génie. 

 

 

 

Si vous voulez franchir plusieurs fuseaux horaires, maigrir sans souffrir, mieux travailler, mieux aimer, mieux vous soigner, mieux vous distraire, compulsez la petite bibliographie. Vous ne le regretterez pas !

 

Nota : Je ne suis pas payé pour la pub.

 

 

Petite bibliographie.

 

COUDRON O. Les rythmes du corps, éditions Nil. Paris 1997.

 

GIENGER M. Rytmes biologiques et pierres précieuses selon Hildegarde de Bingen. Editions Véga, Paris 2003.

MAGNIN P. Le Sommeil et le Rêve. Éditions PUF  "Que Sais-je", Paris 1990. 

MAGNIN P. Des rythmes de vie aux rythmes scolaires. Éditions PUF, Paris 1993

MARSAUDON E. Initiation à la chronobiologie, éditions Dangles, Paris 2002.

 

MONTAGNER H. En finir avec l'échec à l'école : l'enfant, ses compétences, ses rythmes. Édition Bayar, 1996.

 

REINBERG A, LABRECQUE C, SMOLENSKY MH. In : Chronobiologie et chronothérapeutique. Flammarion Paris, 1991. 2003.

 

RENBERG A. Nos horloges biologiques sont-elles à l’heure ? éditions le Pommier, Paris 2004.

 

RENBERG A Chronobiologie médicale, chronothérapeutique. Édition Flammarion  Paris 2003.

  

SCHWOB M. Les rythmes du corps - Chronobiologie de l'alimentation, du sommeil, de la santé... Éditeur Odile Jacob, Paris 2007.

 

TOUITOU Y. Rythmes de vie chez l’enfant. Arch Pediatr 1999, 6 : 289S-291S

 

TOUITOU Y, BOGDAN A, AUZEBY A, SELMAOUI B.Mélatonine et vieillissement. Thérapie 1998, 53 : 473-478

 

TOUITOU Y. La mélatonine : hormone et médicament. C R Soc Biol 1998b, 192 : 643-657

 

   

 

 

 


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Dimanche 24 mai 2009
- Par Hermophyle

           Dans mon article sur l’épée flamboyante tenue par un Chérubin, L’ÉPÉE FLAMBOYANTE des Francs-Maçons j’ai déjà abordé cette question, mais d’une manière très succincte. Il m’a semblé opportun d’étoffer un peu ce texte car il éveille l’intérêt de plusieurs dizaines de lecteurs.

 

 

 

O

n lit dans la Genèse de la Bible, au 24e verset du troisième chapitre que :

 

« Le Seigneur Dieu mit des Chérubins dans le jardin d’Eden, qui faisaient étinceler une épée de feu, pour garder le chemin qui conduisait à l’Arbre de Vie »

 

Jules Boucher dans La symbolique Maçonnique (p 60 édit. 1948) nous dit :

 

« Les « Chérubins » forment une classe d’Anges… »

 

Voilà une affirmation qui nécessite quelques bémols. En effet, il est nécessaire d’apporter à cette définition un amendement puisque les Chérubins ne sont pas QUE des Anges, pas plus que les Séraphins ou les Archanges !

Pour faire une analogie, c’est comme si nous disions qu’un expert-comptable est seulement comptable, ce qui est une erreur.

Le mot Ange n’est pas un terme générique qui désigne, par un nom particulier, des entités différentes.

Anges est un nom spécifique qui définit une catégorie d’être célestes bien précises qui signifient envoyé, messagers, fils de la vie. En d’autres termes, les Chérubins ne sont pas des anges, même s’ils en ont les qualités, (comme un expert-comptable est aussi comptable). Et Deny l’Aréopagite précise : 

 

« Le nom d’ange convient proprement au dernier rang de la hiérarchie ».

Sur le plan spirituel les Chérubins sont supérieurs aux Anges et jouent un rôle différent. Ils constituent donc une catégorie d’êtres formant, avec d’autres catégories, ce que l’on appelle la hiérarchie céleste.

C’est le Pseudo-Denys l’Aréopagite (vers 490) qui en donna dans son ouvrage Le livre des hiérarchies célestes, la nomenclature en neuf hiérarchies :

 

1– Séraphins.

2– Chérubins.

3 – Les trônes.

4 – Les Dominations.

5 – Les Vertus.

6 – Les Puissances.

7 – Les Principautés.

8 – Les Archanges.

9 – Les Anges.

 

Les Chérubins sont, avec les Séraphins, les plus hautes entités célestes. À travers eux, Dieu rayonne d’une manière impersonnelle, universelle. Cette particularité justifie leur présence aux portes du jardin d’Eden, et aux portes de certains temples, en qualité de lieutenant de Dieu, ou pour employer le terme ecclésiastique, de vicaire de Dieu. Ils maintiennent l’architecture de l’univers car ils sont les esprits de l’harmonie, avec lequel l’alchimiste dialogue pour être en totale concordance avec les lois célestes et terrestres. Donc, quand un Franc-Maçon s’adresse au Grand Architecte de l’Univers ils est entendu d’abord par les architectes qui sont les Chérubins, lesquels tiennent l’épée flamboyante. Ces entités sont seules capables d’ouvrir les portes de l’Eden à ceux qui en sont dignes.

 

Nous voyons là l’importance capitale de l’épée flamboyante dans le rituel maçonnique. Deux chérubins, épée en main, devraient figurer (au moins en peinture murale) à l’extérieur du temple Maçonnique de part et d’autre de la porte d’entrée.

La présence des Chérubins plonge ses racines dans une tradition extrêmement ancienne sur le plan de la science initiatique mais aujourd’hui disparue ou mal assimilée qu’il convient d’essayer de mieux comprendre.

 

Une précision : Le Grand Architecte de l’univers est une émergence culturelle du christianisme, mais du christianisme réel. Il ne s’agit donc pas de doctrine ou de dogmes qui sont, d’ailleurs, contraires au concept initial de christianisme. Le fondement du christianisme repose sur un acte qui fut accompli par le Christ. Et cet acte est de nature telle qu’il n’exerce d’influence que sur celui qui prend la décision de le laisser agir sur lui. En d’autre terme nous avons la liberté de le recevoir ou non. D’agir ou non en harmonie avec le Grand Architecte de l’Univers. C’est tout ! Inutile de faire des commentaires théologiques, ou autres, aussi longs que les nuits polaires !

 

Dans la messe catholique, le prêtre et les fidèles remercient les hiérarchies célestes pour leur présence, qui en réalité ne peuvent s’absenter.

Le problème qui m’est personnel, c’est qu’au catéchisme on ne m’a pas expliqué ce qu’étaient ces hiérarchies. Mais on m’a demandé de prier mon ange gardien. Bref, des anges on en parle beaucoup dans la Bible, mais ce que l’on ne m’a pas dit c’est qu’ils constituent le pallier de la hiérarchie la plus proche des hommes. En d’autres termes les anges sont des êtres qui sont devant nous sur la route de la divinisation. Il a fallu que je trouve ça tout seul car mon brave curé ne m’en a jamais parlé. Il me demandait seulement de croire en eux. Aussi quand j’étais enfant ma maman me donnait pour Noël une pièce de monnaie pour la glisser dans une fente, prévue à cet effet, au pied d’un ange en carton-pâte peinturluré qui inclinait la tête pour me remercier. Il était à côté de la crèche et je me demandais ce qu’il faisait là dans cette merveilleuse odeur d’encens. Il m’amusait au point de vouloir vider le porte-monnaie de ma maman qui, hélas, ne voyait pas les choses sous le même angle ! Je lui souriais de bonheur à l’ange et quand ma maman me tira par la main avant que je la mette sur la paille, je vous assure que l’ange me souriait en me regardant partir sous l’inflexible houlette maternelle. De loin je lui ai dit au revoir avec mon bras libre, et il m’a répondu en inclinant la tête tout seul, sans l’aide d’une pièce de monnaie. C’est pour cela que l’ange est resté un souvenir merveilleux qui est prêt à surgir dans le monde visible.  

 

L’ange est porteur de la sagesse et il peut l’inspirer aux hommes. Par l’activité de l’ange nous pouvons saisir l’intelligence cosmique dans le silence de notre pensée. Il a la capacité de s’incorporer à notre corps invisible dont j’ai parlé précédemment. Voir : LE CORPS INVISIBLE ET LA MÉDECINE ALCHIMIQUE . Il guide notre destin personnel. Voilà en gros ce que j’ai compris… mais pas au catéchisme !

L’Ange se tient immédiatement derrière l’homme. Pour voir l’ange, il faudrait en esprit « se retourner », c’est-à-dire se détourner de la ligne terrestre qui nous a été imposée à la naissance et sur laquelle nous avançons jusqu’à la mort. Le voir, serait donc en même temps découvrir le sens de notre destinée.

Je ne ferais pas l’injure aux Francs-Maçons de commenter une cérémonie où le retournement du récipiendaire a lieu pour se voir dans un miroir. Interpréter cela comme la découverte de soi en qualité de notre propre ennemi est une grave erreur, il faut en convenir.

 

Plus tard j’ai saisi que l’angéologie était une notion très ancienne, beaucoup plus ancienne que la Bible et qui structuraient d’une manière remarquable l’évolution des êtres.

La notion de hiérarchie nous dépasse et embarrasse l’Église. Au 11e, 12e, 13e siècles ces choses là étaient vues, comprises et maîtrisées. Ceux qui vinrent à l’époque de la Renaissance et plus tard ne verrons plus et comprendront de moins en moins jusqu’à ne plus rien comprendre du tout durant le 20e siècle.

 

Ainsi, les alchimistes actuels ne peuvent comprendre Albert le Grand ou Basile Valentin s’ils les lisent nanti des connaissances modernes. L’alchimie n’est pas une super-science, même si certains faits peuvent le laisser croire. Il faut aborder les auteurs anciens en sachant que pour eux ce spirituel était encore une réalité…Qu’ils voyaient ! Alors seulement on comprend comment ils emploient les mots, comment ils s’expriment.

Le chimiste Pierre Laszlo étudie, dans son livre Qu’est-ce que l’alchimie ? (éditions Hachettes, Paris 1996) les textes des alchimistes anciens et tente des interprétions à la lueur de la chimie actuelle. Et naturellement, vu de l’extérieur, expérimenté selon les méthodes actuelles dans un laboratoire de chimie moderne. Ce que dit, par exemple Basile Valentin, est jugé et interprété sans dissimuler une certaine superficialité frisant l’incohérence. Ce genre de conclusion est inévitable à moins de vouloir faire dire aux adeptes ce qu’ils n’ont pas dit ! Basile Valentin par exemple n’a pas dit qu’il décrivait les différentes transformations de la matière au contact du feu. En réalité ses textes sont parfois des fragments d’embryologie. C’est l’évolution de l’embryon sous l’action du feu interne de la mère. Cela est exprimé sous forme d’images et de termes déroutants comme la température du ventre du cheval, ce qui se traduit comme une température « cabalistique ».

Selon la manière de penser actuelle les scientifiques et les historiens ne peuvent qu’y voir une simple expérience de laboratoire. Évidemment cela ne tient pas la route et ne peut déboucher sur rien de consistant. Je dois souligner pour finir que ce livre de Pierre Laszlo ne manque pas d’intérêt sur d’autres plans, notamment sur l’étude des alchimistes à travers l’histoire et la philosophie hermétique de chaque période historique.

 

Il faut retenir que les interprétations de textes alchimiques pré-Renaissans sont délicates. Actuellement pour éviter de manquer des « aiguillages », et donc de mal interpréter, il est nécessaire de maîtriser la langue des alchimistes ou langue du cheval, langue verte ou encore langue des dieux, qui n’est autre que la Parole perdue des Francs-Maçons. N’avons-nous pas la preuve éclatante qu’elle est bel et bien perdue ?

Depuis la Renaissance jusqu’au XVIIIe siècle ces facettes multiples des textes furent de plus en plus voilées à notre entendement, pour l’être totalement au début de XIXe siècle. Et depuis environ deux siècles nous sommes dans une période d’obscurantisme total.

 

La conception moderne du monde a abouti à ceci : Imaginez qu’un homme soit en face de vous. Vous cessez de vous intéresser à lui, et vous ne gardez que ses vêtements que vous suspendez à un portemanteau dont le sommet aurait la forme d’une tête (on en trouve actuellement dans le commerce) et ainsi je néglige l’homme réel. Je me figure que cela, c’est l’homme !... Que m’importe que dans ces vêtements il ait pu y avoir quelque chose ? cela, ce portemanteau, c’est l’homme ! La même chose est arrivée avec la nature. Cela fait sourire que derrière la chaleur il y ait l’action de la hiérarchie des Chérubins ! Que derrière tout ce qui nous entoure se manifeste à notre insu l’action des hiérarchies célestes qui sont la clé des correspondances et analogies des sciences spirituelles. Sans elles ; inutile d’essayer de comprendre hermétisme et l’alchimie ! Foutaise, diront nos modernes cartésiens, tout ça ce ne sont que des histoires ridicules à dormir debout ! Rêve d’utopistes que ces infantilismes ! L’homme il est là tout entier sur ce portemanteau ! Il n’est pas plus que ces vêtements qui y sont suspendus. L’homme-portementeau, c’est l’homme tout entier. Nous sommes viandes et rien d’autre !

Cela c’est le premier acte !

Le deuxième acte commence avec les théories de Kant. Le Kantisme procède ainsi : devant les habits pendus au portemanteau on se met à philosopher sur ce que peut bien être la « chose en soi » de ces vêtements et on découvre que cette « chose en soi » des vêtements reste « inconnaissable ». Très ingénieux ! Vous ne trouvez pas ? Vous comprenez pourquoi Albert Einstein n’était pas dupe et disait non sans humour que chacun à son Kant à soi !

Quant on a d’abord supprimé l’homme et qu’on n’a plus devant soi qu’un portemanteau-viande que sont les vêtements, on peut toujours philosopher sur ceux-ci et échafauder des spéculations très élégantes. On peut dire à la manière de Kant : l’homme ne peut connaître la « chose en soi » ; ou bien que dans ces vêtements il n’y a que des atomes agglomérés qui leur donnent leurs formes. Bravo ! génial !

Hélas, oui ! voilà comment la pensée a évolué ! C’est une ombre de pensée aussi superficielle que les vêtements-viande sur le portemanteau ! Et pourtant c’est dans cette pensée, dans cette forme de spéculation que nous vivons aujourd’hui ! C’est à elle que nous empruntons notre conception scientifique de la nature.

Cela me rappelle une anecdote de ma vie estudiantine durant laquelle je suivais des cours communs avec les chirurgiens.

Dans un petit amphithéâtre ou nous étions peu nombreux, le prof, qui connaissait chacun de nous (il nous appelait par notre prénom) nous laissait souvent la parole pour des échanges fructueux.

Un jour nous nous interrogions sur des régulations physiologiques cardiaques en l’absence de circuit nerveux ou de sécrétions hormonales susceptible d’expliquer ce phénomène.

Un étudiant avança l’hypothèse de l’existence d’une régulation extra-physiologique actuellement inconnue. C’est cela qui mit le feu aux poudres ! Et l’amphi devint aussi turbulent qu’une séance houleuse au palais Bourbon.

Les chirurgiens cartésiens et ultra rationalistes s’opposèrent violemment à cette hypothèse car, pour eux, un mort clinique risquait de ne pas l’être. Le débat glissa donc sur l’autopsie. La majorité était contre prétextant un principe de précaution. Les chirurgiens étaient pour couper en rondelle, sans état d’âme, tout individu (le mot individu signifie indivisible je le rappelle) morts cliniquement. La bagarre faisait rage et le dialogue n’en était plus un. Aussi le prof demanda le silence en reprenant l’étymologie de l’autopsie et en soulignant le préfixe « auto » disant clairement que pour les anciens le mort se voyait disséqué.

Il s’adressa alors aux chirurgiens en leur demandant s’ils n’éprouverait rien de particulier en autopsient leur enfant. Il n’y eu pas de réponse et le débat fut clos mais les chirurgiens ne furent pas convaincus. Il faut reconnaître que rien de convainquant ne pouvait être avancé. Curieusement il y eut ensuite une animosité sous jacente entre physiologistes et chirurgiens car on devinait que ces derniers étaient partisans de l’homme-portementeau. Dans le cadre de cette histoire il faut remarquer qu’il existe fort heureusement des scientifiques qui entrevoient l’homme surnaturel. C’est pour cela que j’ai cru bon de vous raconter ce souvenir de jeunesse.

 

Oui, il faut réintroduire l’homme dans ses vêtements. Les premier frémissements en ce sens se manifestent dans les hopitaux par la lutte contre la douleur, la découverte de la dimension psychologique du cancer, les soins palliatifs, et plus généralement l’émergence de l’homme holistique et holoscopique.

Une chose est certaine la rénovation tend à comprendre l’homme entier corporel et extracorporel. C’est vers cela que s’oriente la science spirituelle. Ainsi redécouvrirons-nous concrètement l’action des hiérarchies spirituelles dans l’homme et dans notre monde sublunaire. Mais encore faut-il nous laisser guider par notre ange gardien !

 


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Mercredi 20 mai 2009
- Par Hermophyle

        Que mes amis lecteurs veuillent bien voir ici un article capital puisque la philosophie d’Aristote est présente dans toutes nos manières de réfléchir et finalement de voir le monde.

Imaginez un instant qu’Aristote nous a trompé ! Les répercutions seraient dramatiques car toute notre manière de réfléchie dans la vie de chaque jour se révéleraient entachées d’erreurs ou carrément fausses et ce que nous croyons impossible ne le serait pas obligatoirement !

Et bien la logique d’Aristote, telle que nous la comprenons est fausse. C’est une trahison de l’œuvre de ce grand initié par des intellos traducteurs aveugles aux idées autres que les leurs. L’heure de la vérité étant proche cette trahison se manifeste à travers la sémantique générale. Cette lézarde dans notre édifice intellectuel seras suivie par d’autres avant que s’effondre notre monde artificiel tombant son masque en ce XXIeme siècle ou réapparaîtra le véritable visage d’Aristote inséparable de la pensée spirituelle dont nous devrons nous remémorer le sens.

 

 

Une société initiatique qui fait reposer son initiation sur des exercices intellectuels et la logique aristotélicienne moderne est une société fantôme. La connaissance n’est pas synonyme de culture et d’érudition. Si on cultive cela, on pratique une contre initiation.

 

J’ai montré, dans mon article précédent : La naissance des Roses+Croix et des Francs-Maçons, que nos perceptions, nos pensées et donc notre connaissance étaient différentes avant la période historique de la Renaissance (XVe-XVIe siècle). l’alchimiste Fulcanelli dit à juste titre que ce nom de Renaissance est un « Nom paradoxal », et il énumère tout ce qui en fait une période historique rétrograde et donc d’obscurantisme ou l’homme, perd sa simplicité sa créativité et un pan entier de sa spiritualité pour sombrer dans le matérialisme et devenir peu à peu un adorateur de Mammon (et du veau d’or) le dieu des valeurs matérielles. La réalité profonde de la rétrograde Renaissance est la mise en sommeil de certaines perceptions qui nous étaient habituelles, faisant ainsi de l’homme un aveugle. Son regard n’avait plus accès à la connaissance spirituelle directe de l’univers. Il ne plongeait plus son regard dans l’extraordinaire harmonie des hiérarchies célestes et ne distinguait même plus son ange gardien.

Cette période douloureuse d’aveuglement s’achève progressivement de nos jours[1]. Pour en connaître la raison d’être :LA NAISSANCE des Roses+Croix & des Francs-Maçons.

 

La science actuelle est ainsi faite que ses observations s’arrêtent à la limite de sa dimension matérialiste alors qu’on peut voir, comme à travers un rideau transparent, ce qui est au-delà de son domaine d’investigation. Son obstination la pousse à ignorer superbement, et à se plier à ses idées, et à ses pensées en niant l’évidence. La contrepartie de cette attitude rigide se solde par des bouleversements fréquents du savoir devenant, périodiquement obsolète.

Ainsi va la science, comme de vieilles paires de godasses que l’on jette quand elles ont fait leur temps. Impossible de trouver des chaussures inusables, alors qu’il suffirait de marcher nus pieds ! La simplicité, ça lui fait mal, à la science matérialiste, comme une ampoule au talon de l’invulnérable Achille. Combien ai-je pu voir d’être méprisant envers les collègues scientifiques chercheurs et obséquieux envers les supérieurs incapables de concevoir un protocole expérimental simple tout en discourant doctoralement sur la théorie des cordes ! Qu’il aillent se faire pendre grand Dieu !

 

Ce refus de l’évidence, j’ai pu l’observer « in vivo » en quelque sorte dans un laboratoire d’embryologie. Sous le microscope l’œuf sphérique fécondé réorientait sa couche moléculaire externe pour finir par se polariser et donc manifester deux pôles bien distincts. Tous les chercheurs pensaient la même chose, mais personne n’avait le droit de le formuler : Cette polarisation est analogue à celle de la terre. Le mot analogie (tout comme celui d’extrapolation) est indécent pour nos matérialistes. Ils refusent l’inéluctable – sous la houlette des mandarins despotes – qui, malgré toutes nos réticences, nous conduira à vivre bientôt, et douloureusement pour les plus sectaires, une Renaissance à l’envers.

 

Les temps sont là où va se manifester une extraordinaire effervescence de l’esprit qui verra s’ouvrir d’immenses horizons de recherche bouleversant la spiritualité et aussi la médecine. Car vivre la Renaissance à l’envers, ce n’est pas revenir au Moyen Age ou à l’âge de pierre. C’est au contraire monter une marche de plus sur l’escalier éblouissant des hiérarchies spirituelles.

 

Les anciens ne lisaient pas des auteurs, tel Aristote (- 384 à - 322), comme nous le faisons actuellement avec notre esprit rationnel dans le mauvais sens du terme.

Aristote était un grand initié (de grâce ne confondez pas son initiation avec celle de nos pauvres – je suis modeste et polis – centres qui se disent initiatiques) qui fut le précepteur et le guide d’Alexandre le Grand (-356 à -323).

Théophraste (vers - 372 à vers - 288) choisit dans l’œuvre de son maître Aristote ce qui pouvait être transmis à l’Occident. L’Occident reçut donc la logique d’Aristote ; Mais la particularité d’Aristote c’est que malgré son abstraction et sa logique, il se lit autrement que les autres écrivains. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne peut se lire correctement qu’après une préparation méditative. En lisant dans ses conditions on a le sentiment qu’il agit à l’intérieur de l’homme physique. Ce n’est pas une logique dont on suit simplement l’exposé, c’est une logique qui travaille intérieurement. Oui, n’en doutez pas, Aristote est tout de même à un degré plus haut que tous les pédants qui sont venus après lui et qui ont édifié leur logique d’après la sienne. On ne comprend les œuvres d’Aristote, d’une manière juste, que si on les considère comme des livres de méditation. Il se produit là quelque chose de merveilleux qui ne peut qu’échapper aux esprits protocolaires qui ne tolèrent pas les jongleurs de Notre Dame.

 

Actuellement nous sommes, dans notre histoire, au moment d’un retour aux sources annonciateur d’un véritable bouleversement,

l’Église, prévenue par ses mystiques, essaye de récupérer cette nouvelle orientation pour éviter son inéluctable naufrage. Elle concrétisa cette vaine tentative par le Concile Vatican II. Le retour aux sources qu’elle prône depuis les années 60 n’est pas le chemin qu’elle nous montre, et nous le savons tous. Sa position surréaliste vis-à-vis du préservatif et des prêtres mariés est suffisamment éloquente de son incompréhension du monde et même de la spiritualité conduisant à la divinisation. On n’entre pas dans les cieux au débotté muni d’une liste de préceptes dogmatiques que l’on se contente d’observer scrupuleusement, même si ceux-ci ont une profonde valeur spirituelle. On y entre par la connaissance non matérialiste qui développe notre clairvoyance et nous guide avec sûreté sur les marches du magnifique escalier montant vers les diverses hiérarchies spirituelles sur lesquelles règne le Christ.

 

Notre époque de transition (de « contre-Renaissance » pourrait-on dire) montre de sérieuses lézardes qui se manifestent dans notre édifice aristotélicien mal compris. La critique la plus significative, traduisant cette nouvelle prise de conscience, provient de la Sémantique Générale[2] appelée aussi et à juste titre « logique non aristotélicienne[3] ou Ā ». Elle fut créée par le Comte polonais Alfred Habdank Korzybski en 1933 avec la parution de son ouvrage majeur Science and Sanity, an introduction to non aristotelian systems and general semantics.

Ne voulant pas assommer mes lecteurs par des développements soporifiques, voici une bibliographie en langue française qui permettra aux puristes d’aller plus loin :

 

Une carte n’est pas le territoire. Par Alfred Korzybski. Éditions de l’Éclat. Paris, dernière édition 2001.

Introduction à la Sémantique Générale de Korzybski. Par H. Bulla de Villaret. Éditions Courrier du livre, Paris 1973.

Puissance et pouvoir des mots, La sémantique générale de Korzybski. Par Harry L. Weinberg. Éditions Courrier du livre, Paris 1996.

La sémantique générale aujourd’hui. Par Michel Saucet. Éditions Courier du livre. Paris 1996.

 

Pour ceux qui souhaitent avoir une idée de la sémantique générale sans passer par des textes, ils pourront lire, tout en se distrayant, les livres du grand auteur de S. F. Alfred E. Van Vogt, dont j’ai montré dans un article les connaissances alchimiques notamment dans le cycle de Linn.

 

Le monde des –A. Éditions J’ai lu. N°362. Traduction de Boris Vian. 1957.

Les joueurs du –A. Éditions j’ai lu. N°397. Traduction de Boris Vian.

La fin du –A. Éditions J’ai lu. N° 1601.

 

Ces trois romans de S.F. ont fait connaître sans conteste la sémantique générale en France.

 Précision : – A ou à ou encore Ā se prononce « non A », dans le sens de non Aristotélicien.

 

Si, au premier abord, la sémantique générale a pour but de nous donner une meilleure compréhension de notre environnement, elle démontre magistralement que la logique aristotélicienne, fut mal formulée par les adaptations successives. La sémantique générale montre l’incohérence de ces adaptations intellectuelles et met donc en évidence que cette logique qui règne en occident fut amputée de sa dimension non intellectuelle. C’est une des conséquences tardive de la Renaissance.

Nous retrouvons d’ailleurs le même phénomène avec Descates, dont j’ai écrit un article précédemment, et qui montre que les cartésiens n’ont rien compris à Descartes. Le cartésianisme français (cocardier, pourrait-on dire, car les Français en deviennent ridicules !) est une incohérence de plus dans notre perception du monde qui, de ce fait, frise l’aberration. La faute dans tout cela ce n’est pas notre bêtise, mais notre persistance à vouloir courtiser en permanence la pensée matérialiste.

 

Heureusement que la pensée mystique aristotélicienne existe toujours dans les mentalités d’Europe centrale, véhiculée par des hommes simples, et elle vit secrètement dans des centres que l’on ignore. De la proviennent des gens comme Jacob Bœhm, Paracelse, Rabelais, Nostradamus. Par des chemins détournés elle atteint la sagesse populaire qui s’en inspire dans un bien plus large mesure que nous ne le croyons habituellement. Elle vit, cette sagesse, elle ruisselle dans de véritables « réservoirs » que sont Bazille Valentin, Paracelse, Jacob Bœhm et beaucoup d’autres dont les noms sont moins connus tel Perillos et Cambriel pour le midi de la France.

 

Le moine alchimiste Basile Valentin a largement puisé dans cet aristotélisme « mystique ». C’est d’ailleurs essentiellement pour cet enseignement capital que Fulcanelli le fait figurer au rang de ses maîtres. À cette époque on cultive, dans les cloîtres, une véritable sagesse alchimique qui ne se contente pas de donner des clartés sur les transformations de la matière, mais qui éclaire les transformations humaines les plus intimes à l’intérieur de l’univers.

 

Quant aux érudits, aux lettrés, ils travaillent sur un Aristote défiguré, passé au crible, dont la logique est déformée, avec lequel cependant la scolastique et plus tard la science ont élaboré la philosophie moderne, et cet Aristote devint pour l’Occident une bénédiction !

Ce n’est qu’au XIXe siècle, alors que personne ne comprend plus rien à Aristote, alors qu’on ne fait que lire Aristote, au lieu d’en faire un livre de méditation, c’est à ce moment que les hommes perdent tout à fait Aristote, parce qu’il n’agit ni ne vit plus en eux, parce qu’ils ne font plus que l’étudier, au lieu de le pratiquer. Mais pendant le XIXe siècle tout va de telle sorte que ce qui était auparavant exercice pratique « pouvoir », devient « savoir ».

Actuellement c’est le règne des « Master », (bravo pour l’hypocrite défense de la langue Francaise !) des « ingénieurs », des « docteurs », l’universitaire ne s’occupe que des pensées. Depuis longtemps l’éloquence n’est plus enseignée et la rhétorique non plus. On ne veut que penser ! Les rhéteurs ont disparu. Ceux qui s’appuient le moins sur l’homme, les universitaires, qui ne tiennent compte que de la tête, ceux-là sont devenus les guides de la formation de la jeunesse.

 

Jusque dans les dernières décades du 19e siècle, on pouvait dire que, bien que corrompu, les derniers prolongements de cette antique science de la nature ont survécu.

L’ancienne alchimie, l’ancienne connaissance, des liens qui unissaient les substances aux forces de la nature, et qui vivait encore si curieusement dans la masse populaire à travers des expressions et l’argot, en étaient les derniers échos recueilli par Fulcanelli né en 1839. Malgré les efforts louables de son élève Eugène Canseliet, aujourd’hui, ils se sont éteints, ils ont disparu, on ne peut plus les trouver, on ne peut plus rien savoir d’eux. Voilà pourquoi de nos jours l’alchimie s’apparente à une recette de cuisine ou une dimension « spirituelle » boiteuse qu’elle vienne de l’Inde ou du « nouvel age » avec ses « chanels » d’opérette, est collée dessus comme un morceau de sparadrap.

Il en est de même pour la logique d’Aristote. Seul est resté ce qui fut apporté par son disciple Théophraste. Le message d’Aristote n’existe plus et sa logique ne peut plus être rattachée à sa « mystique ». Tel est le résultat de notre civilisation matérielle.

Aussi, la sémantique générale non aristotélicienne qui lézarde ce fier édifice d’intello est annonciatrice d’une nouvelle révélation spirituelle. Cela est d’autant plus évident qu’une sévère crise financière et économique sape actuellement les fondements mondiaux de notre civilisation matérialiste.

Le fruit est pourri et ne va pas tarder à tomber pour laisser la place à une nouvelle floraison.

Aujourd’hui, permettez-moi d’affirmer que ceux qui ont compris, ont le devoir (ou alors ils n’ont pas compris) de s’engager pleinement dans le courant de la vie spirituelle. Nous sommes placés au cœur d’une transition très réelle de l’expansion spirituelle de l’humanité. Si nous ne devenons pas conscients de cette merveilleuse connexion, de ce rattachement à ce qui fut magnifique antérieurement, nous dormons à l’égard des évènements puissants qui se jouent actuellement dans la vie courante et spirituelle autour de nous.

 

 

 

 



[1] Sur le plan initiatique les périodes dites modernes, contemporaines et actuelles n’existent pas car durant ces époques l’aveuglement des homme est le même que pendant la Renaissance.

[2] Le terme « sémantique » vient du grec « semainein », qui veut dire « signifier ». Il fut introduit dans le domaine de la linguistique par Michel Bréal en 1883. Pour les linguistes, la « Sémantique » est donc l’étude de la signification des termes du vocabulaire , et des modification qu’elle peut subir.

Dans les années 1920, le terme « sémantique » fut repris par un groupe de logiciens et de mathématiciens polonais avec un sens déjà différent : La « sémantique devint la science des significations symboliques.

Korzybski adopta le terme dans l’expression « sémantique générale ». Je souligne que la « Sémantique alchimique » est la cabale ou art de la cavale, langue du cheval ou langue verte dont la logique échappe à toutes logiques.

[3] Cette logique inspira l’auteur de science-fiction A .E. Van Vogt dans son cycle des A.


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Jeudi 14 mai 2009
- Par Hermophyle

 

Merci de m’avoir signalé toute gêne à propos de la grosseur des caractères et des surlignages trop pétaradants. N’hésitez pas à me faire ce genre de remarque… C’est pour le confort de tous !

 

Cet article pourra vous intéresser si vous vous interrogez sur l’origine des Roses+Croix et des Francs-Maçons. Cela évidemment en marge de l’histoire qui n’est souvent qu’un pâle reflet trompeur de la réalité.

Les historiens qui se posent la question de l’émergence de la théologie intellectuelle à partir d’Abélard en opposition avec celle de St Bernard, trouveront ici la réponse. Quant à la Renaissance, vous en saisirez la raison d’être.

Les ésotéristes qui ignorent le sens profond des carrés magiques associés aux planètes en comprendront mieux le sens. Ils comprendront aussi pourquoi les cathédrales gardent leurs mystères. Quant à ceux qui pratiquent l’astrologie, la géomancie et toutes sortes d’arts divinatoires, ils auront ici matière à réflexion. La nécessité de la fraternité dans la connaissance est ici démontrée dans sa dimension la plus intime et lui donne un sens nouveau et puissant. Puisse ce que je vais raconter vous être agréable, faire fleurir la véritable fraternité et refleurir ce rameau de la Connaissance dont les Cathares savaient qu’il concerne notre temps.

 

 

L

a connaissance des constellations célestes, dont j’ai effleuré un aspect dans l’article « L’appel des étoiles » L’APPEL DES ÉTOILES est un sujet qui repose sur des données astronomiques déconcertantes qui ne peuvent qu’être imputées à des capacités exceptionnelles de perception ou d’observation. Elles sont si difficilement acceptables de nos jours que certains auteurs, un peu rêveurs il est vrai, n’hésitent pas à attribuer ce phénomène à un mystérieux héritage d’une sorte de superscience d’extraterrestres ayant débarqués sur notre globe à plusieurs reprises.

Sans avoir recours aux extragalactiques, tournons-nous plutôt vers l’homme lui-même. À mon avis (mais cela se discute) il s’agirait plutôt d’anciennes aptitudes aujourd’hui disparues. Nul ne saurait s’opposer au fait qu’autant pour la médecine que pour la psychologie, l’homme reste un inconnu. Alexis Carrel (1873-1944) s’en doutait en écrivant son livre L’homme cet inconnu (1935). Je suis convaincu que l’homo sapien possède (ou possédait) des capacités potentielles qu’actuellement nous ignorons ou ne savons pas (ou ne savons plus plus) utiliser.

Nos pères avaient une autre manière de voir le monde y compris les planètes et les étoiles. Cette sorte de clairvoyance des anciens leur faisait décrire le ciel d’une manière totalement différente de la nôtre. Cette particularité, dont les historiens ne veulent pas entendre parler, est tellement singulière que leur façon de voir et la nôtre sont aussi opposées que deux civilisations sises aux antipodes culturels. Ne soyons donc pas surpris si l’astrologie telle qu’elle est pratiquée de nos jours n’est plus du tout la même qu’au début de son histoire. On peut dire qu’elle ne s’adresse pas au même public. Pour ceux qui ont lu mon livre Holoscopie de la spiritualité Occidentale, c’est comme si l’une était issue des particularités physiologiques de l’encéphale cérébral gauche (la notre) et l’autre de l’encéphale droit (celle de nos ancêtres). Aucune compatibilité entre les deux ou si peu !

Pour s’en convaincre, il suffit de réfléchir un peu sur l’origine des phytothérapies. Croyez-vous réellement qu’un ancien cueilleur de simples faisait sa récolte au hasard ? Ne faut-il pas accepter plutôt une perception différente de la nôtre qui lui permettait de faire un choix immédiat et efficace ?

Outre des perceptions différentes, la raison en est que l’« astrologie de l’esprit » ou astrosophie fut élaborée il y a très longtemps en ces périodes historiques où son rôle prédictif et analytique ne reposaient pas sur les mêmes  fondements qu’actuellement. Vision différente implique image du monde différente.

Impossible de parler de cela actuellement. Ce serait comme vouloir décrire les couleurs à un aveugle de naissance.

 Disons, pour fixer les idées et éviter une trop longue digression, que ces capacités de perception existaient dès le tout début du Moyen Age, époque où la manière d’appréhender le cosmos, était donc profondément divergente de celle qui caractérise notre XXIe siècle. En effet, les planètes y compris le soleil, étaient étroitement associées à l’étude des hiérarchies célestes, ce qui échappe actuellement à nos préoccupations, même dans beaucoup de centre d’ésotérisme.

Les hiérarchies spirituelles (Anges, Archanges, Archées, Dominations, Trônes, Chérubins, Séraphins) nous font sourires car cet aspect, qui nous dépasse totalement, nous fait qualifier cette époque comme étant peuplés d’êtres imaginaires qui caractérise l’obscurantisme des périodes historiques reculées.

Le Moyen Age avec sa clairvoyance particulière n’était pas un âge obscur mais une époque où les hommes (pardonnez l’outrage) voyaient plus loin que le bout de leur nez ! Évidemment c’est toujours une opinion qui n’engage que votre serviteur !

D’où peut provenir une connaissance aussi précise d’un monde invisible au point de le structurer d’une manière qui nous échappe ? D’où sortent les carrés magiques planétaires dont nous parle Paracelse (1493 ou 1494-1541) en son Archidoxe magique , à ne pas confondre avec ceux qui furent inventés par le touche à tout docteur Gérard Encausse dit Papus (1865-1916) dans son Traité méthodique de magie pratique. Pourquoi Paracelse en dissertait-il avec une aisance qui nous déconcerte ? C’est parce qu’à cette période de notre histoire les communications spirituelles étaient encore une disposition naturelle chez certains hommes. Ils voyaient ce que nous ne voyons plus et sommes donc incapables d’observer et de prendre au sérieux.

 

Mais cette capacité extraordinaire qui durait depuis des siècles n’a pas survécue. L’homme s’est vu dépossédé de cette particularité exceptionnelle.  Certaines pratiques reposant sur cette perception sont donc devenues orphelines. De nos jours, seuls quelques vestiges surnagent chez ceux que l’on appelle « voyants »[1]. C’est pourquoi la science des astres s’est perdue dans des interprétations théoriques à caractère matérialiste et essentiellement psychologique ou il est facile de trouver du grain à moudre sur le comportement humain et passer à côté de la dimension spirituelle en donnant l’impression du contraire. Il en fut de même pour la géomancie, la numérologie, le tarot (là vous avez de quoi attraper une mémorable indigestion avec les pavés interprétatifs plus subtils les uns que les autres) et même le Y-King… Donc, à partir du naufrage (nécessaire) de nos capacités or du commun (par rapport à notre époque) il fut substitué des interprétations rationnelles et spéculatives, qui ont laissé place à toutes sortes de dérives psychologisantes, ce qui ouvrit la porte au charlatanisme.

Je précise au passage que je n’accuse pas les astrologues actuels de charlatanisme. La grande majorité fait de leur mieux avec des débris difficilement exploitables et en fonction de l’esprit de notre temps. De ce fait chacun élabore sa propre astrologie qui n’a plus rie de commun avec celle des origines.

Donc l’astrologie moderne est une science morte au même titre que celle de l’interprétation des symboles dans les fraternités maçonniques et les centres d’ésotérisme qui foisonnent actuellement et qui reposent sur l’ambiguïté propice à la supercherie et au bagou de bateleur.

C’est comme si nous avions perdu l’usage des yeux. C’est ainsi que pour nous les cathédrales sont devenues un vrai mystère, que les secrets de leurs érections se sont totalement perdus. Il en est de même pour ce que nous a légué la Grèce et l’Égypte antique. Ces connaissances sont hors de notre champ visuel, de notre compréhension intellectuelle qui s’en empare et les accommodent à leur guise, à toute les sauces. Quelle sombre cuisine ! Pour employer un langage vulgaire, tout ce petit monde d’érudits marche doctoralement au pifomètre ! Pinocchio est battu à plate couture. Ainsi le mensonge grandit et n’a plus de limites !

 

Oui, de la réalité nous en sommes loin ! Certes, l’alchimie pratique est fort bien décrite par les imagiers du Moyen Age, mais le secteur le plus incompris concerne l’oratoire, et donc notre âme et l’âme de notre terre, de notre matière. Qui voulez-vous qui saisisse cela en notre monde matérialiste ? Et oui, les hiérarchies spirituelles sont muettes. D’ailleurs que voulez-vous qu’elle nous raconte puisque nous sommes sourds et aveugles ! D’où la floraison d’alchimistes bricoleurs et souvent vaniteux à la recherche de quelques notoriétés illusoires ou de transmutations aussi secrètes que mirobolantes ! Combien ai-je rencontré de ces pauvres ères avides de gloriole et atteint de diarrhée verbale !

 

Nos preux ancêtres naufragés dans la nuit se sont attaqués courageusement et avec une admirable et totale abnégation à ce problème de notre lien avec le suprasensible. Ils ont dû trouver dans l’intimité de leur conscience, en puisant dans leur propre volonté, la possibilité de développer leur clairvoyance en toute liberté. Quelle grandeur de s’être attaque à un tel problème ! C’est comme si un alpiniste tentait l’ascension de l’Everest chaussé de sandales !

En bref il nous a fallu conquérir notre liberté de supra conscience qui nous fut donnée d’une manière innée, puis retirée, parce que nous l’avons pratiqué en toute inconscience.

En ce sens nous pouvons dire que le Moyen Age est une belle civilisation engloutie. La Renaissance est le début d’un voyage dans la nuit où l’humanité s’agrippe aux valeurs matérielles seules visibles pour lui. De ce fait on comprend fort bien l’alchimiste Fulcanelli quant il parle, en son Mystère des cathédrales, de décadence à propos de la Renaissance …

Évidemment nous croyons le contraire dans notre aveuglement. Cette remarque du célèbre alchimiste à « contre croyance » dénote chez lui, une acuité d’esprit qui est une preuve de sa réussite du Grand Œuvre alchimique :

 

« Entraînés par le grand courant de décadence qui prit sous François Ier le nom paradoxal de Renaissance, incapables d'un effort équivalent à celui de leurs ancêtres, tout à fait ignorant de la symbolique médiévale, les artistes s'appliquèrent à reproduire des oeuvres bâtardes, sans goût, sans caractère, sans penser ésotériques, plutôt qu'à poursuivre et à développer l'admirable et saine création française.

Architectes, peintres, sculpteurs, préférant leur propre gloire à celle de l'art, s'adressèrent aux modèles antiques contrefaits en Italie.

Les constructeurs du Moyen Âge avaient en apanage la foi et la modestie. Artisans anonymes de pur chef-d’œuvre, ils édifièrent pour la vérité, pour l'affirmation de leur idéal, pour la propagation et la noblesse de leur science. Ceux de la Renaissance, préoccupes surtout de leur personnalité, jaloux de leur valeur, édifiaient pour la postérité de leur nom. Le Moyen Âge dû sa splendeur à l'originalité de ses créations ; la Renaissance du sa vogue à la fidélité servile de ses copies. Ici, une pensée ; là, une demande. Dans côté, le génie ; de l'autre, le talent. Dans l'œuvre gothique, la facture demeure soumise à l'idée ; dans l'œuvre renaissante, elle la domine et l’efface. L'une parle au cœur, au cerveau,à l’âme : c'est le triomphe de l'esprit ; l'autre s'adressè aux sens : c'est la glorification de la matière. Du XIIe au XVe siècle, pauvreté de moyens mais richesse d’expression ; à partir du XVIe, beauté plastique, médiocrité d'invention. Les maîtres médiévaux surent animer le calcaire commun ; les artistes de la Renaissance laissèrent le marbre inerte et froid. » (Le mystère des cathédrales, éditions Jean-Jacques Pauvert).

 

 

Imaginez ce qu’ont dû éprouver les Templiers et les bâtisseurs des cathédrales ancêtres des Franc-Maçon, et tout autres personnalités mystiques du XIIIe et XIVe siècle qui s’efforçaient d’atteindre la connaissance qui fleurissait en Orient durant les années 1170 à l’époque où la Maison de la Sagesse  réunissant dans une même vision et communion Templiers, juifs et musulmans. Les maîtres clairvoyants formaient les élèves pour qu’ils comprennent le monde. Imaginez, plus tard, des groupes tels que celui-là, qui savaient que les élèves avaient, récemment encore, trouvé un maître. Pensez à ce qu’ils ont dû ressentir quand ils se sont vus réduits à ne trouver la connaissance qu’au moyen de la pensée humaine !!! C’est là que la quête du saint Graal fut écrite car c’est là qu’elle a réellement commencé !

 

Dès le tout début de la Renaissance nous voyons donc des êtres puissamment motivés, notamment chez les anciens Templiers et Maçons, cultiver cette pensée humaine dans des cercles. Nous voyons cette pensée s’élancer sur des voies ouvertes par le zèle intérieur, le don de l’âme le plus total. Telles sont les voies suivies par le grand nombre de ceux qui recherchent l’éveil de leur conscience. Cette investigation poursuivant ses efforts sans faiblir nous arrivons alors à l’époque où la vraie Rose+Croix fut fondée.

 

La Rose+Croix est la conséquence directe d’une transformation complète des rapports entre les hommes et le monde spirituel devenu muet.

 

Depuis le moment où les mystères, au sens antique du terme, n’étaient plus possibles, certains hommes avides de la connaissance qu’on pouvait y acquérir et dont l’âme se débattait dans des luttes intérieures, ces hommes essayèrent toutes les méthodes pour élever leurs âmes et trouver la voie de la conscience.

Ainsi, dans de simples demeures et dans une chaude atmosphère de piété, des hommes réunis cherchent à retrouver cet antique lien sacré.

 

La Rose+Croix authentique, aussi bien que celle qui dégénéra en charlatanisme, tirent leur origine de ces hommes qui dans leurs réunions silencieuse, cherchaient à façonner leur âme pour pouvoir atteindre à une véritable communion avec l’indicible.

 

C’est dans un endroit tout à fait modeste, dans la salle commune d’une gentilhommière que quelques hommes, grâce à des exercices pratiqués en commun, mi-méditation, mi-prière, développèrent une sorte d’état d’âme mystique.

 

Voici donc, pour ouvrir une porte vers ailleurs, une folle petite histoire qu’il vous est loisible de prendre au sérieux ou non…

 

Et un jour, tandis que dans un abandon total de leur conscience ordinaire, dans un état d’âme intensément mystique et sacrifiant toute intellectualité ces quelques hommes se trouvaient réunis, un être vint à eux… vers ces hommes qui l’avaient attiré par leur piété mystique et leurs méditations.

Pour qu’aucun malentendu ne s’élève, j’affirme nettement qu’aucune force médiumnique quelle qu’elle soit n’était là en jeu ; car, en vérité, en raison de certains enseignements remontant à une tradition ancienne et digne de respect, cette petite communauté tenait tout recours aux forces médiumniques et même tout contact avec ces forces comme un péché très grave. En réalité, dans cette société dont je parle, le médiumnisme et tout ce qui lui était apparenté était considéré non seulement comme pernicieux mais surtout comme gravement coupable ; d’autant plus coupable que ces hommes savaient que le spiritisme est lié à une constitution spéciale du corps physique qui livre ses forces spirituelles pour accomplir une « communication ». Donc, avis à nos modernes « channels » dont la pauvreté spirituelle est souvent flagrante… ou repose sur de la soupe sucrée, car l’acte médiumnique ne nécessite pas toujours une invocation mais plus souvent une « possession ».

Or, pour ces hommes, et dans ce genre de communication, le corps physique était souillé par le péché. De ce fait ils auraient en toutes circonstances considérées que les communications obtenues à l’aide des pouvoirs médiumniques ne pouvaient l’être que par les forces du mal, notamment lucifériennes. À cette époque, ces choses-là étaient encore fort bien connues. Donc, il n’y avait là aucun spiritisme mais, au contraire, une pure ambiance mystique de méditation. Et c’est cette ambiance accrue de méditation mystique créée par la communauté qui décida à cet homme à se rendre dans ce cercle.

Il leur dit : pendant une brève période de temps les initiés d’autrefois ne peuvent faire leur tâche. Ce temps reviendra progressivement à partir des dernières années du XXe siècle. Je suis venu pour vous révéler que l’être intérieur de l’homme est resté le même et que cet homme intérieur, quand il se conduit comme il convient, peut trouver la voie vers l’existence spirituelle et divine. Mais la raison humaine est ainsi faite que, pendant un certain temps, elle doit être refoulée pour que l’esprit puisse parler à l’âme humaine. C’est pourquoi il faut persévérer dans votre état d’âme pieuse et mystique.

Voilà, mes chers amis, ma petite histoire d’allumé est terminée, riez si bon vous semble, et comprend qui voudra ! Permettez-moi, tout de même, de vous servir la suite de cet épisode…

À la suite de cette manifestation, le groupe s’organisa. Trois membres furent choisis pour établir un lien tout particulier avec le monde spirituel, et sans l’ombre d’une quelconque médiumnité, mais bien par la pratique assidue de cette méditation pieuse et mystique. Ces trois membres qui furent eux spécialement protégés par les autres et soignés avec une réelle tendresse, purent ainsi de temps en temps s’absenter pour ainsi dire et vivre dans l’esprit. Pendant ce temps qu’ils passaient aux portes éblouissantes de l’indicible ils notaient les révélations symboliques qu’ils tenaient de ce monde spirituel. L’intermédiaire symbolique était nécessaire car la révélation directe en langage normal devait attendre notre siècle. Donc ces révélations nécessairement symboliques furent les premières images grâce auxquelles pu être révélées aux Rose+Croix ce qu’ils devaient savoir sur le monde spirituel. Elle contenait à la fois l’alchimie, une philosophie, une théologie, et une médecine.

Et ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que les quatre autres membres du groupe, grâce à ce qu’ils avaient ressenti devant les visages rayonnant de leurs trois frères pouvaient exprimer en langage ordinaire ce que contenaient les symboles. Les frères destinés à recueillir ses symboles ne pouvaient pas traduire en langage ordinaire humain ces images symboliques qu’ils dessinaient. Les autres le pouvaient et le faisaient. Et beaucoup de ceux à qui fut transmis en partie par la philosophie, l’alchimie et la théologie (non celle des églises actuelles) et par la littérature médicale provient à l’origine de cette source.

 

Les symboles reçus du monde spirituels se répandirent alors dans les petits cercles organisés par les premiers Rose+Croix. Et il fut toujours possible de renouveler ses expériences entre le milieu du XIIe et le milieu du XVe siècle environ mais dans des groupes très restreints. Bien des choses ont été révélées aux hommes par le monde spirituel de cette façon ou d’une autre entre ces trois siècles. Malheureusement, par la suite ceux qui devait traduire ces révélations imagées n’était pas toujours en état de les interpréter fidèlement ; c’est pourquoi ce qu’a transmis la philosophie de ce temps-là n’est pas très claire.

 

Vous devez bien penser qu’au fil du temps ces hommes étaient de plus en plus déconcertés, car ils tenaient leurs hautes connaissances d’une source qui devenait pour eux chaque jour plus incompréhensible plus inquiétante. Il est bien connu que ce que l’on ne comprend pas fait peur. Cette méfiance était due au fait que leurs regards ne pouvaient pas pénétrer dans le monde d’où provenaient ses secrets, puisque leur conscience ordinaire, plongée dans la nuit, ne pouvait y accéder.

C’est la raison pour laquelle on peut comprendre que ces choses aient pu si facilement aboutir au charlatanisme et même à la supercherie. Jamais on ne vit, dans l'ésotérisme, une telle promiscuité entre le pur charlatanisme et ce qu'il y a de plus grand dans le domaine de la révélation. Et c'est parce qu'il est difficile de distinguer le vrai du faux que tant de gens considèrent toute la Rose+Croix comme du charlatanisme. On peut comprendre qu'il en soit ainsi : les vrais Rose+Croix sont extrêmement difficiles à distinguer des charlatans car il faut toujours poser en fait que la révélation spirituelle provient de sources dont la nature même fait qu'elles sont restées cachées.

Permettez-moi d’être profondément sceptique vis-à-vis des Ordres rosicruciens qui ont actuellement pignon sur rue. Ils ont beau jeux pour faire confondre les vessies avec les lanternes. Ils sont même capables de s’inspirer de ce texte pour préparer leur théâtre. Non, un véritable Ordre n’est pas déclaré à la préfecture d’un département. Il est officialisé par le sceau du tout Puissant.

Ceux qui peu à peu, pour ainsi dire, se rassemblèrent à partir des premiers Rose+Croix en une fraternité plus vaste passaient en fait inaperçu ; ils apparaissaient à cette époque ici ou là dans le monde, la plupart du temps en qualité de médecin, ils soignaient les malades et profitaient des circonstances en exerçant leur profession pour propager en même temps leurs connaissances. C’est la raison pour laquelle j’ai qualifié Rabelais, dans un article précédent, de Rose+Croix. Le même qualificatif peut être décerné à Paracelse et à Nostradamus.

Ce qu’il y a de merveilleux avec ses trois membres qui transmettaient des symboles aux quatre autres qui les interprétaient en langage clair, c’est leurs liens. Donc, trois frères ne peuvent réussir pleinement dans ce qu’ils veulent offrir au monde que si les quatre autres travaillent avec eux. ils dépendent absolument les uns des autres. Les trois reçoivent leurs révélations du monde spirituel, les quatre peuvent les traduire en langage ordinaire. Ce que donnent les trois ne serait qu’une image incompréhensible si les quatre autres ne pouvaient les interpréter. Et inversement les quatre autres n’auraient rien à transmettre si les trois ne recevaient pas la révélation du monde spirituel sous forment d’images.

Ainsi pris forme au sein de cette communauté ce qui pendant des siècles a été considéré dans certains cercles comme un élément humain des plus élevé : une fraternité  intime d’âmes, fraternité dans la connaissance, fraternité dans la vie spirituelle. Par leurs efforts, de tels groupes ont appris à connaître la valeur réelle de la fraternité. Et ils comprirent de mieux en mieux que l’évolution humaine vers la liberté et telle que le lien entre les hommes et les dieux serait tout à fait brisé s’il n’était pas correctement maintenu grâce à cette fraternité ou, réellement, chacun dépend des autres.

Cela est d’une extraordinaire beauté et sur bien des écrits de cette époque plane un charme qui ne prend son sens qu’avec la connaissance de cette atmosphère de fraternité humaine née de la vie spirituelle de nombreux cercles européens et qui a imprégné ce genre d’écrit de sa magnifique lumière.

 Telle est la raison pour laquelle une rose à sept pétales symbolise ce groupe et non pas sept roses, car ils sont un et constituent les organes d’une seule fleur.

Tournons-nous maintenant vers les « fraternités » actuelles. Que de tristesse ! Une entraide ou la dépendance spirituelle est remplacée par la dépendance affective de troufion : « Tu es des nôtres… » résume la situation. Un magistrat va favoriser le procès d’un frère, un chef d’entreprise va embaucher un frère, un frère deviendra professeur d’université… Fraternité ça ? Permettez-moi d’en douter. Peut-être que le mot mafia conviendrait mieux ? C’est à votre convenance. Ne soyez pas tristes, vous n’êtes pas seul, les promotions des grandes écoles procèdent de la même manière vis-à-vis de leurs cadets ! Vous devez savoir que l’agrégation est un concours difficile. Ce que vous savez peut-être moins c’est que l’agrégation de médecine, qui couronne les professeurs, est un concours de circonstance.

 

À bientôt, chère lectrice et cher lecteur. J’aurais l’occasion de revenir sur ce sujet qui est au centre de l’aventure humaine.

 

De tout cœur avec vous au-delà du langage binaire.



[1] Malheureusement la véritable dimension spirituelle n’est pas au rendez-vous. C’est la raison pour laquelle cette capacité nous fut provisoirement retirée afin de l’utiliser en toute lucidité et non en extralucidité inconsciente.


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Vendredi 8 mai 2009
- Par Hermophyle

        Une étude globale du symbolisme graphique demanderait la rédaction d’un gros livre. Sachant que ce genre de production n’intéresse qu’un public restreint, autorisez-moi à réduire mon exposé à l’explication d’un seul symbole : celui de l’étoile à six branches ou sceau de Salomon. Il est suffisamment connu pour que chacun en ait entendu parler autant par l’Abbé Constant dit Eliphas Levy (1810-1875)[1], dans ses ouvrages tel le Dogme et rituel de Haute Magie que dans un centre d’ésotérisme comme les Martinistes, les Théosophes et Rosicruciens ou encore dans les ouvrages bien connus de Fulcanelli (1839- ?) et surtout ceux d’Eugène Canseliet (1899-1982).

Cette étoile à six branches livre des valeurs initiatiques tellement universelles qu’elle permet une extrapolation à divers symboles et justifie pleinement d'être la représentate de l'esprit général du symbolisme. Cela est d'autant plus pertinent qu'elle est le symbole le plus prégnant du Grand OEuvre des alchimistes 

 

Afin d’éviter toute méprise, je rappelle que la Rose+Croix dont il est question dans le titre de cet article n’est pas un groupe particulier déclaré en qualité d’association.

Les deux seuls « Ordres » très secrets dignes de ce nom, et indépendants l’un de l’autre ne sont déclarés nulle part. Ils sont formés d’individus de toutes les nations, éveillés et clairs voyants, ayant une grande envergure mystique. L’un se trouvais en Europe centrale et l’autre en Mauritanie (ayant probablement changé de lieu depuis la naissance de la République islamique). Ces derniers furent pendant longtemps les gardiens des bibliothèques du désert dont l’union Européenne commence à se préoccuper, mais dont les traductions se feront aux calendes grecques. Je vais donc me référer ici aux données Européennes.

 

Au début du XIXe siècle il n’y avait que quelques hommes vivants très isolés et n’ayant qu’un tout petit cercle d’élèves qui aient, dans le secret le plus absolu, continué l’antique savoir. Ils existaient depuis longtemps. Une personnalité connue sous le nom de Paracelse et une autre moins connue sous le nom de Perillos, sont entrées, durant leurs voyages en contact avec des solitaires de ce genre qui leur ont appris bien des choses qu’il élaborèrent ensuite grâce à une faculté intérieure. C’est ainsi que Paracelse bâtit une œuvre immortelle et de plus en plus actuelle et Perillos une dynastie de Raimond (roi du monde) méridionale issue d’un centre initiatique d’où sortaient les « corbeaux[2] » du massif des Corbières s’étendant de Narbonne à l’Est de Perpignan.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

Nota 1. J’ai perdu le courrier d’un monsieur domicilié non loin de Montpellier. Pourrait-il me contacter ? Merci à lui.

Nota 2. Cet article est un peu plus long que les autres. J’ai eu quelques difficultés pour le rédiger. S’il n’est pas toujours intelligible, je reste à votre disposition pour répondre à vos questions.


 

L

e sceau de Salomon, où étoile à six branches est constitué, comme chacun le sait, avec deux triangles entrelacés. En alchimie c’est le grand arcane ou le sel du salut, constituant le sceau rouge d’Hermès, mais cela me fait sortir du sujet abondamment traité dans mes articles sur les 4 éléments.

Y

Le sceau de Salomon des Francs-Maçons.

 

En Maçonnerie le compas va rencontrer l’équerre pour constituer cette étoile à six branches. Dans ce cas les pointes du compas sont dirigées vers le bas et l’équerre repose sur son angle, et s’ouvre vers le haut.

 

Je vous passe, chers amis, toute la symbolique spéculative, fort logique et matérialiste au demeurant, qui peut agrémenter l’interprétation « neuronique »[3] de ces deux outils. Ils sont utilisés par beaucoup de corps de métiers, allant du dessinateur industriel (avant la venue de l’informatique) en passant par le menuisier, l’ébéniste, l’ajusteur et le maçon sans omettre le plus important qui est le jardinier ou les branches du compas sont virtuelles… Ah ! j’oubliais, il y a aussi l’arcanne rouge (elle aussi virtuelle) du charpentier !

 

Je voudrais ajouter pour mémoire que 4 équerres forment un carré ou cadrant d’horloge dont le compas constitue les aiguilles. C’est la mise en évidence du facteur temporel si bien compris par André Breton qui fit graver sur sa tombe du cimetière des Batignolles : « Je cherche l’or du temps. » Oui, l’or loge dans la connaissance des biocycles qui montrent qu’ils ne sont pas un éternel recommencement mais une perpétuelle perfection. Tel est le sens de la spirale que trace notre terre dans le cosmos en se déplaçant avec le soleil dans les infinis constellés. Spirale que l’on retrouve en double exemplaire dans la molécule d’ADN qui transmet le message biologique à travers le temps. Tout cela répond à la « loi secrète » qu’invoquait le grand initié Wolfgang Goethe[4].

 

Si nous considérons, avec Jules Boucher[5], que les degrés de l’ouverture du compas se rapportent aux secteurs de « connaissances » nous voila avec des correspondances théoriques, mécaniques, pourrait-on dire, et surtout surréalistes puisqu’elles sont directement proportionnels aux degrés hiérarchique des frères de la Loge, ainsi par exemple l’ouverture à 45° se rapporte au 8e degré. Cette particularité me laisse perplexe quant à la crédibilité d’un pareil système en accointance avec la pensée comptable, matérialiste alors que nous sommes, en maçonnerie, dans une société à vocation spirituelle.

Quelle plus grande erreur, dans la schématisation, de croire qu’en étant esclave d’un système « fraternel » nous puissions avancer autrement qu’en somnambule en état hypnotique profond, inconscient, et coupé de tout ?

 

Poursuivons dans la spéculation symbolique. Ainsi nous apprenons que l’angle de 90° reproduit l’équerre qui est le symbole de la matière et le compas représente l’Esprit et son pouvoir sur la matière.

Nous apprenons également que le compas, ouvert à 45 °, indique que la matière n’est pas complètement dominée (le mot « dominée » jette un froid dans mon échine !), tandis que l’ouverture à 90° réalise intégralement l’équilibre entre les deux forces ; Le compas devient alors « Équerre juste ». Admirez au passage l’exercice de rhétorique pour l’édification spirituelle des sages apprentis ! Passons…

 

En lisant cela j’ai l’impression que l’homme est considéré comme un être que l’on peut mesurer à l’aune des marchands de vins (in vino véritas). Nous arrivons ainsi au concept de débouché qui sent la vieille bonde !

Ainsi passons-nous de l’équerre au compas puis du compas à l’équerre… quelle acrobatie. Il y a là de quoi faire virevolter le compas maître de danse cher aux menuisiers et aux charpentiers et qui fut mon préféré quand j’étais apprenti dans le sens professionnel du terme! J’ai les yeux qui se brouillent et ma tête bourdonne devant des informations vides de sens pour la connaissance de l’esprit. Avaler ce métal pour devenir un initié est au-dessus de ma compréhension et de mes compétences. Je sais, comme l’on dit, que j’en tiens une sacrée couche, mais tout de même !

 

Revenons à nos deux outils. Ils sont disposés à l’Est sur l’autel en formant le sceau de Salomon dit « ouvert », car costitué par deux angles et non deux triangles.

 

Si l’équerre est placée sur les deux branches du compas, cela signifie que la matière domine l’esprit, ce qui caractérise les apprentis.

Si l’équerre est entrecroisée avec le compas (une branche dessus l’autre dessous) comme au grade de Compagnon, matière et esprit s’équilibrent, ce qui veut dire sincérité et discernement, 

Au grand de maître enfin, l’équerre est sous le compas, l’esprit domine la matière surtout si le compas est ouvert de plus de 45°.

 

Ainsi est fait le rapport avec deux X accolés et le monogramme de la Vierge et de la Sainte Famille.

Vous avez compris sans que j’insiste d’avantage qu’il est possible de voir des tas de choses y compris le « AUM » hindou.

Permettez que j’achève ce chapitre par une citation (p 10) :


« Or, à ce degré, le récipiendaire est censé ignorer encore, symboliquement, l’usage du compas ; celui-ci figurant l’Esprit on a voulu signifier par là qu’au-dessus du sentiment (le cœur) il convient de placer non pas la raison, sèche et froide, mais bien l’Esprit initiatique dans toute sa transcendance. »

 

Que voila un discours fait de mots convaincants, comme l’homélie d’un curé conditionné par 14 ans de grand et petit séminaire. Nous sommes confrontés à la raison sèche et froide dont tout ce discours est fait ! Et puis, on nous parle de la transcendance de l’Esprit initiatique. C’est quoi ça l’Esprit initiatique ? La quatrième voie de Gurdjief ? Un bourrage de crâne ? Un Arcana arcanarum ? Je n’ai pas réussi à le comprendre en lisant cet ouvrage depuis plus de trente ans (épisodiquement il est vrai) et bien d’autres encore, notamment ceux d’Oswald Wirth. Tout juste si j’ai saisi une sorte de moralisme. Je voudrais savoir (je ne plaisante pas) ce qu’il y a sous ce terme initiation, au-delà des mots évidemment, et au-delà de l’apprentissage matérialiste des symboles et donc sur le plan mystique et fondamentalement spirituel. Ce n’est pas une provocation, c’est une interrogation sérieuse dépourvue de toute inimitié. Et surtout ne répondez pas comme les moines quand on les interroge sur la manière d’enseigner la mystique dans leur monastère. Ils vous disent invariablement : « Faites-vous moine » ! Ben, voyons…

Pour l’instant je me range à l’opinion charitable de Marius Lepage :

 

« La Franc-maçonnerie, société initiatique traditionnelle, a été dénaturée par l’infiltration en son sein d’éléments qui ne possèdent aucune des qualifications spirituelles requises pour devenir d’authentiques initiés. »

 

Cette dénaturation devenue au fil du temps ubuesque, transformèrent les frères et les officiers de Loge en pantins conditionnés et sapin de noël enguirlandés. Que signifie cette intolérable dérive vers la supercherie au point de jeter aux orties le Grand Architecte de l’Univers ? C’est tout simplement une destruction jusqu’au plus bas niveau qui est parvenue à ce terme dramatique ou l’initiation est devenue un colifichet. La restauration est une entreprise impossible et inutile, car nous sommes au point ou le faux fait office de vérité. Ainsi le dit sans ambages le prélat et alchimiste Synésius (v.370 - v.414) : « Le peuple se moquera toujours de vérités simples : il a besoin d’impostures… »

 

Je connais des petits malins qui gagnent leur vie sur le mensonge. Impossible de le leur reprocher puisque leurs pigeons sont de mèche et que le mensonge bien enrobé se vend beaucoup mieux que la vérité !

 

Croyez, chers maçons, à ma réelle sincérité dépourvue de mauvais esprit, et soyez sûr que lorsque la logique abstraite, celle qui fait des exposés sur les symboles a pris le dessus, l’antique connaissance spirituelle cesse de progresser.

Après ce que je viens de vous raconter, vous avez le droit d’exiger des explications. Elles arrivent !
 

Le sceau de Salomon des Roses+Croix.

 

Une immense sagesse s’est conservée depuis les temps anciens. Dans une petite communauté de l’Europe centrale se donnait, comme je l’ai dit, un enseignement très précis.

On pouvait observer en ce lieu comment un maître véritable et accompli expliquait à ses élèves qu’au premier abord on ne pouvait rien tirer des symboles antiques de formes géométriques comme celui du sceau de Salomon en formation, avant que les deux triangles ne s’interpénètrent pour former l’étoile à six branches.

Dans la tradition hébraïque, ces triangles étaient ornés de mots à chacun des six angles. Je ne vous parlerais pas des envolées lyriques et amphigouriques à propos de ces mots traduits par nos docteurs es Kabbale !

Pour le triangle au sommet dirigé vers le haut on lit à un angle de sa base La lumière et à l’autre : se répand. Au sommet on peut lire: vers le haut.

Pour le triangle au sommet dirigé vers le bas on peut lire aux angles de sa base : La pesanteur et pèse. Sur le sommet : vers le bas. Somme toute rien de plus banal.

 

Je rappelle que ces deux triangles sont en instance d’interpénétration, et l’ensemble ressemble plus au schémas d’un sablier qu’à celui d’une étoile. Mais l’équerre avec le compas le reproduit fort bien, ce qui montre l’existence d’un ancien savoir oublié en rapport étroit avec ce que je vais vous dire.

 

Le maître expliquait à ses élèves motivés l’inanité de l’interprétation symbolique de ce graphique. Ainsi comprenait-ils, grâce à cet enseignement que ce que dit Eliphas Lévi, et ce que raconte la Franc-maçonnerie actuelle n’est que pur verbiage. Pourquoi ? Parce qu’ils apprenaient qu’on ne découvre le sens exact de ces symboles qu’en les retrouvant dans la nature humaine.

 

Cette figure jouait un grand rôle (il le jouait encore au XIXe siècle). C’est la raison pour laquelle il était fréquemment représenté dans les fêtes chrétiennes sous le prétexte de l’origine judéo-chrétienne des catholiques alors qu’en réalité ils sont Egypto-chrétiens, ce qui donne une prépondérance culturelle, et une profonde légitimité, au courant maçonnique christique de Memphis-Misraim.

 

Dans cette petite communauté d’Europe, le maître faisait prendre à ses élèves une attitude précise : il leur faisait  adopter une posture qui pour ainsi dire reproduisait ce symbole : il leur faisait écarter les jambes et lever les bras. En prolongeant les lignes des bras vers le bas, et celle des jambes vers le haut, les quatre lignes ainsi obtenues apparaissaient dans l'organisme humain. Cette ligne réunissait les pieds, celle-là, les mains en haut ; les deux autres étaient saisis par la conscience comme de véritables lignes de force ; en même temps l'élève se rendait compte que les courants en quelque sorte électromagnétique passaient de l'extrémité des doigts de la main gauche à ceux de la droite, ainsi que du pied gauche au pied droit, si bien que les deux triangles emboîtés l'un dans l'autre étaient inscrits dans l'espace par l'organisme humain lui-même.

 

Ensuite l'élève devait apprendre à ressentir ce que contiennent ces mots : « La lumière se répand vers le haut, et la pesanteur tend vers le bas ». Ils devaient l’éprouver au cours d'une profonde méditation faite dans la posture que je viens de décrire. La pratique régulière de cet exercice permettait de tenir immobile les bras levés durant plus d’une heure sans ressentir la moindre fatigue.

 

Peu à peu le maître arrivait à pouvoir leur dire : maintenant vous allez faire une expérience qui a toujours été pratiquée dans les anciens mystères. Et ils faisaient l'expérience vivante et réelle de la moelle présente dans les os de leurs bras et de leurs jambes ; il se sentaient vivre dans l'intérieur de leurs os.

 

La raison de cet exercice est que l'homme quand il se borne à la pensée devenue au cours des temps la pensée courante, quand il se borne à une pensée purement abstraite, il reste extérieur, étranger, pour ainsi dire, à lui-même.

 

C'est exactement le contraire qui se produit quand surgit la conscience de l'intérieur des os. Soyez-en sur, on ne comprend pas grand-chose à l'ésotérisme si l'on ignore que l'homme fait l'expérience de la pensée au moyen de la connaissance intérieure, de la sensation intérieure de son squelette. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce n'est pas avec son cerveau, mais en réalité avec son squelette que l'on pense, quand la pensée suit des lignes rigoureuses[6].

En ce lieu, nous comprenons mieux le sens du G au sein de l'étoile Flamboyante des F. M. et pourquoi il nous parle de géométrie. Alors de grâce ne faites plus de gribouillis sur vos insignifiantes planches à tracer qui ne sont que des plans sur la comète ! Comprenez-vous enfin le sens profond, vivant, de la loi d’analogie ?

 

Quand la pensée devient concrète, elle pénètre dans l'homme tout entier. Mais les élèves de ce maître allaient plus loin encore et apprenaient à ressentir l'intérieur même des os. Ils ont ainsi réalisé une dernière fois l'expérience vivante fréquemment pratiquée dans les écoles antiques de mystères : vivre le symbole, en transformant en symbole leur propre organisme. Car ce n'est qu'ainsi qu'on peut ressentir et vivre réellement le symbole -- vouloir expliquer un symbole est quelque chose d'absurde, et toutes les spéculations raffinées sur les symboles sont absolument dénuées de sens. L'attitude juste à leur égard consiste à les réaliser et ainsi à les vivre et donc les saisir réellement.

Naturellement pour les temps modernes, on a tort d’étudier les six mots écrits en hébreux donnés aux angles du sceau de Salomon, dont j'ai parlé précédemment. N'étant pas de notre langue maternelle ils ne sont pas tout à fait compris, et l'homme actuel n’en est pas intérieurement vivifié. Dans ce cas d'une formulation hébraique de ces textes, il est impossible de vivre le symbole, qui est ainsi détruit, disloqué ; c'est comme si on lui avait brisé les os. Et c'est aussi ce qui arrive, spirituellement bien sûr, quand on prend au sérieux des ouvrages comme ceux d’Eliphas Levi ou des manuels de symbolique maçonnique ou rosicrucienne. C’est pour en avoir soupé pendant trente ans d’immobilisme désespérant que j’ai pu enfin comprendre !
Par ailleur, signalons
en passant tout les inconvénients d'une Messe célébrée en Latin.

Merci en ce lieu aux dieux générateurs de la providence que vous pouvez appeler en toute quiétude synchronicité.  

 

Ces élèves dont je parle apprenaient donc à connaître l'intérieur de leurs os. Mais quand on commence à faire cette expérience vivante de l'intérieur des os, on est plus dans l'homme. Si vous teniez votre index à 40 cm devant votre nez, et que vous le considérez comme un objet quelconque, cet objet ne serait plus en vous ; ce dont vous faites ainsi expérience en l'intérieur de vos os n'est pas davantage en vous -- vous allez vers l'intérieur, mais vous sortez de vous-même – vous sortez                                                                                      vraiment de vous-même. Et sortir ainsi de soi-même, aller vers les dieux, aller dans le monde spirituel, c'est ce que les Élèves de cette petite école ignorée apprenaient à comprendre grâce à ce symbole ; car il leur révélait les lignes qui furent tracées par les dieux pour constituer le monde, et celles qui du côté des hommes, et à travers eux, conduisent aux dieux.

Alors, le maître condensait l'expérience vécue par les élèves en une phrase paradoxale qui naturellement paraîtrait risible à bien des hommes d'aujourd'hui mais qui -- vous le reconnaîtrez d'après ce que je viens de dire -- contient une profonde vérité :

 

Regarde le squelette,

Et tu verras la mort.

Regarde à l’intérieur des os,

Et tu verras celui qui éveille,

Celui qui éveille l'homme à l'esprit,

L’être qui relie l'homme au monde des dieux. 

 
Saisisez le sens de la substantifique moelle de Rabelais... "Et son éclat de rire énorme est un des gouffres de l'esprit" (Victor Hogo)


Bien à vous mes chers amis.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

 



[1] Eliphas Levy fut Franc-Maçon, Initié le 14 mars 1861 dans la loge la Rose du parfait silence, il déclare dans son discours de réception : « Je viens apporter au milieu de vous les traditions perdues, la connaissance exacte de vos signes et de vos emblèmes, et par suite, vous montrer le but pour lequel votre association a été constituée...Car la rose et la croix m'ont tout donné »
(Caubet, Souvenirs, Paris, 1893)

La cérémonie eut lieu en présence d'un grand nombre de frères à qui il tenta d'expliquer que le symbolisme maçonnique est emprunté à la Rose-Croix. Mais ce fut peine perdue, on ne l'écouta pas, tout comme le discours de votre misérable serviteur ne saurait parvenir à la cheville des géants aux costumes bariolé d’étoles, de beaux sautoirs et magnifiques tabliers. Somptueux personnages qui se disent Sages et Grands Initiés par St Neurone ou St Gué-Non son serviteur. Désolé de ce manque de gentillesse. Je suis tellement excédé par le mandarinat universel et les sous-fifres béats que j’ai beaucoup de difficulté à me discipliner.

 

[2] Le corbeau désigne le premier degré initiatique d’une forme d’initiation orientale comportant sept degrés. Le second degré s’appelait occulte, le troisième guerrier, le quatrième lion, le cinquième était Razès ou Aragon.

[3] J’appelle neuronique, tout ce qui ne dépasse pas la pensée rationnelle reposant donc sur l’activité des neurones pyramidaux de l’écorce cérébrale.

[4] Ceux qui désirent approfondir la question peuvent se référer avec fruit, notamment les historiens de l’art, à l’ouvrage remarquable « Formes et forces » de l’académicien René Huyghe. Éditions Flammarion. Paris 1971.

[5] D’après son livre La symbolique maçonnique.

[6] Une autre forme de pensée se manifeste dans la concentration sur les mouvements respiratoires livrés à eux-mêmes et non régentés par une technique plus ou moins d’origine orientale.


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Dimanche 26 avril 2009
- Par Hermophyle

 

 

Après les articles précédents axés sur des concepts qui restent théoriques et donc difficilement vérifiables, il est temps d’accéder à une dimension pratique. Sans cela tout ce que j’ai raconté pourrait être sujet à caution. Dans ce monde de l’ésotérisme où l’imagination tend à se débrider, il existe suffisamment de théoriciens sur la dimension spirituelle pour me faire passer l’envie de me trouver dans le troupeau des élus…

 

Q

uand un alchimiste ou un ésotériste sérieux œuvre convenablement sur lui-même, des changements s’opèrent en lui, et cela bien avant d’œuvrer sur la matière. Notez bien qu’il ne s’agit pas d’expériences du type « paranormal », mais du résultat d’une prise de conscience, d’un développement reposant sur la dimension spirituelle, dont je souligne au passage qu’il est à la portée de tout le monde. C’est une préparation nécessaire fort bien traduite dans le premier chapitre des Noces chymiques de Christian Rose + Croix :

 

« Prend garde à toi,

Examine-toi toi-même ;

Si tu ne t’es pas purifié assidûment

Les noces te feront dommage.

Malheur à qui s’attarde ici-bas.

Que celui qui est trop léger s’abstienne. »

(p6 des éditions Chanteloup, St-Jean-de-la-Ruelle, 1989.)

 

Le résultat du travail sur soi paraît, au premier abord, inquiétant pour l’état de santé mental. C’est la perte de la mémoire que l’on a tendance à mal interpréter en mettant ce handicap sur le compte d’une pathologie ou de la sénilité. En effet, il est incontestable que la mémoire adaptée à la vie extérieure se perd. On a tendance à devenir ce que l’on appelle un paumé avec les reproches qui vont avec ! Car le conjoint, ou les parents, ne voit pas cela d’un bon œil et vous prendra un rendez-vous chez le médecin pour détecter un éventuel début d’Aizheimer.

Ce « dommage » (qui n’en est pas un) peut-être réparé si nous faisons attention à développer un intérêt plus profond, pour tout ce que la vie nous apporte et à y participer davantage. Il est capital de commencer par apporter aux choses qui ont de l'importance pour nous, une attention riche de sensibilité. Auparavant nous avions développé une mémoire mécanique qui travaillait aussi parfois d'une manière sure pour des choses qu'il fallait remarquer sans toutefois les aimer particulièrement ; mais cela cesse. On remarque notamment qu'avec le développement ésotérique on oublie facilement les choses ; elle fuit aussitôt, ces choses pour lesquelles on n’éprouve aucun intérêt sentimental, que l'on arrive pas à aimer, auxquelles notre âme ne s'unit pas. Par contre, celles auxquelles l’âme s'unit, restent d'autant mieux. Il faut donc chercher à créer systématiquement ce lien psychique.

On peut faire l'expérience suivante : supposons une personne qui dans sa jeunesse, alors qu'elle n'était pas encore venue à l'alchimie, ait lu un roman qu'elle n'a pas oublié par la suite et qu'elle peut toujours  raconter à nouveau. Plus tard, ayant commencé le développement ésotérique, elle lit un autre roman ; et celui-ci s'efface aussitôt de sa mémoire, elle est incapable de le raconter. Mais s'il s'agit d'un livre  dont on est convaincu qu'il a une grande valeur et qu'on le lit, et qu'ensuite on recherches à se le remémorer immédiatement, non seulement à se le rappeler, mais à s’en souvenir à rebours, de la fin jusqu'au commencement ; si on prend la peine de revenir une deuxième fois sur certains détails, si l'on s'y attache et si, de plus, sur une feuille de papier on note quelques brèves pensées sur le sujet, et qu'on recherche à se demander à quel point de vue on peut s'y intéresser particulièrement, on verra que par ce moyen on a développé un autre genre de mémoire. Ce n'est plus la même mémoire. La différence se remarque nettement à l'usage : quand on se sert de la mémoire mécanique, les choses remontent dans notre âme comme les souvenirs, mais quand on cultive systématiquement la mémoire dont je viens de parler, en tant qu'ésotériste, les choses que l'on a évoquées de cette façon se présentent comme si elle restait arrêtée dans le temps. C’est un tableau vivant, animé. On apprend à voir dans le temps, à contempler réellement les choses dont on se souvient ; on remarquera qu'elles deviennent de plus en plus imagée, que la mémoire devient de plus en plus imaginative. Si l'on fait ce qui vient être indiqué, disons avec un livre, il suffit, quand il est nécessaire de replacer la chose devant le regard de l’âme, d'évoquer quelque chose qui s'y rattache et on verra pour ainsi dire le moment du temps où l'on était occupé à lire le livre, on se verra en train de le lire. Ce n'est pas le souvenir qui revient, c'est l'image entière qui monte dans la conscience. On pourra alors remarquer que, tandis qu'auparavant on ne faisait que lire le livre, maintenant ce sont les choses elles-mêmes qui apparaissent. On les voit comme éloignés dans le temps ; la mémoire devient une vision d'images présentes dans un certain éloignement du temps.

C'est là, le tout début, le plus élémentaire évidemment, pour apprendre à lire dans la mémoire universelle, ce que certains appellent la chronique de l’Akasha : la mémoire est remplacée par l'acquisition d'une faculté de lire dans le temps passé. Et il peut arriver que quelqu'un ayant fait un certain développement ésotérique perde presque entièrement la mémoire sans que cela le gène en rien, car il voit les choses se reconstituer en remonte dans le cours du temps. Dans la mesure où il s'est lui-même unit à elle, il les voit avec une netteté particulière. Ce que je vous dis là ne peut que faire rire celui qui n'est pas ésotériste par ce qu'il n'a aucune idée qu'il puisse se relier à ce que peut lui dire un adepte de l'ésotérisme, qui assure avoir perdu le souvenir d'un fait et savoir pourtant fort bien ce qui s'est passé, parce qu'ils le voient dans le passé. Personnellement cela ne me fait pas rire du tout, car ce genre de mémoire m'a tiré une épine du pied lorsque j'étais étudiant.

Comme votre serviteur aimait la vie, il est devenu, comme il se doit, biologiste. Mais les études offrent parfois des moments désagréables, notamment la mémorisation de certaines parties anatomiques des insectes. Autant chez le crustacé que chez le moustique vous observez des pièces buccales en n’en plus finir dont la mémorisation est rébarbative. Lors de l'examen le sujet porta sur le nombre et la fonction de ses fameuses pièces buccales. Votre serviteur avait tout oublié. N’ayant rien à perdre, il s’est appuyé nonchalamment contre le dossier de sa chaise et a pensé au moment où le professeur lui dispensait son cours. Et d'un seul coup comme si une vidéo se déroulait voilà qu’il assista à nouveau au cours en présence de l’enseignant au tableau sur lequel crissaient les marqueurs au feutre ! Il copia donc ce que le prof. racontait. Ce qui lui a permis d'avoir une excellente note alors qu’il avait tout oublié !

Évidemment, cette transformation de la mémoire est liée ordinaire a quelque chose d'autre : elle est liée au fait qu'une autre manière du juger se forme pour ainsi dire dans notre être intérieur. Nous ne pouvons notamment pas acquérir ce regard rétrospectif sans prendre en même temps une certaine attitude en face de ce que nous avons vécu là. De sorte que celui qui, à une époque ultérieure, revoit une chose qu'il a accomplie, comme il est dit plus haut à propos du livre, quand il se voit ainsi lui-même, il va de soi qu'ils doit juger s'il était pertinent où non de faire ce qu'il a fait. À cette vision rétrospective, et avec la même force qu'une autre expérience, s'unit nécessairement une sorte de jugement sur soi ; on ne peut faire autrement que se confronter avec son propre passé : on se fait des reproches sur un point, on est joyeux d'avoir réussi sur un autre, bref, on ne peut que juger le passé que l'on observe ainsi. De sorte qu'on devient en fait un juge plus lucide de soi-même et de sa vie passée. On sent pour ainsi dire s'animer en soi le corps invisible, dont j'ai déjà parlé dans un article précédent, on sent ce corps invisible, on corps éthérique, présent en soi comme quelque chose qui vit en nous et qui nous révèle notre propre valeur. Oui, un changement s’opère dans le corps éthérique tel que, souvent, on ressent l'obligation d'une telle vision rétrospective, et qu'on regarde ceci ou cela pour apprendre d'une manière toute naturelle à juger sa propre valeur d'homme. Tandis qu'autrefois on vivait sans le percevoir, maintenant le corps éthérique est perçu par ce regard projeté sur notre propre vie ; et notre vie personnelle devient peu à peu plus pénible quand on fait un travail ésotérique. On doit aller au devant du fait que cette vie ésotérique nous donne de la peine parce qu'on est forcé d'observer de plus près ses qualités et ses forces, ses erreurs et ses imperfections.

Pour développer son corps éthérique on doit d'abord supprimer les impressions des sens et éliminer aussi la pensée ; éteindre peu à peu la pensée abstraite et atteindre à une pensée concrète et imagée. De l'acte de penser on doit passer aux pensées elle-même, et ensuite, laissez aussi tomber celles-ci. Telle est le sens de la métanoïa.

Mais alors, quand le vide de sa conscience est établi, quand il a laissé tomber ces pensées l'homme sent disparaître les pensées qui vivent en lui ; Il sent se fondre ce qu'il avait jusqu'alors produit par son propre effort comme sa propre pensée, et grâce à cela il se sent merveilleusement animer par des pensées qui se déversent en lui, venant comme de mondes inconnus, qui sont là, présentes pour lui.

C'est dans la vie de l'âme humaine un passage que l'on peut caractériser en disant (je vous prie de ne pas mal comprendre) : l'homme cesse d'être intelligent et commence à être sage. Ces quelque chose à quoi se rattache une notion très précise. L'habileté que l’on acquiet intérieurement par le jugement et l'intelligence est un bien terrestre qui disparaîtra avec la Terre...

 

« Heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux est à eux » disait un Nazaréen assis tout en haut d’une colline. Quel magnifique cadeau il faisait en révélant cela !

 

 


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