Vendredi 13 juin 2008

 

 

Apercevez-vous là-bas, là-bas, venant de l’horizon une ample conque marine voguant sur les flots bleus de la Méditerranée ? Le soleil en argente les contours dentelés par la vague écumante.

Mollement bercée au souffle embaumé des caresses de Zéphire, elle approche lentement du rivage mystérieux de Chypre, y échoue, s’entrouvre. Une ravissante créature, née de l’écume et uniquement revêtue d’éclatante beauté surgit à vos yeux éblouis…

 

Vous venez d’assister à la naissance radieuse de la pure beauté Vénus-Aphrodite engendrée par la Méditerranée, « mère-dite-ar-née » (mère dite née de l’Art nous disent les cabalistes, ce qui fait de son sel une autre substance que celle du chlorure de sodium) qui fut fécondée par la semence d’Ouranos (dieu du ciel et frère de Pontos le dieu mâle des flots), ce que Botticelli a traduit par le fameux tableau de Vénus naissant de l’onde et portée par une coquille Saint-Jacques, si chère aux pèlerins de St Jaques de Compostelle et emblème de l’alchimiste Jacques Cœur grand argentier du roi Charles VII.

 

Vénus qui fut appelée Anadyomène (qui signifie sortie hors de l’eau), ou Cypris à cause de son temple de Chypre, où était célébré son culte principal.

Aphrodite (aphros signifie écume) est aussi son nom, puisqu’elle est née de l’écume.

Cette naissance correspond à la vie résultant de « l’information » ou fécondation, par les rayons célestes ou cosmiques, des eaux « salées » primordiales.

 

Si vous souhaitez goûter pleinement aux charmes de Vénus, si vous désirez découvrir les mystères de sa plastique irréprochable et le sens secret de sa divinité, lisez patiemment et avec attention les lignes qui suivent. Vous en devinerez peut-être immédiatement le sens caché. Sinon je vous promets de vous le livrer dans toute sa beauté !

 

Donc, notre splendeur au féminin fait des ravages dans les cœurs masculins (il fallait s’y attendre) mais contre toute attente, elle épouse Héphaïstos-Vulcain, le dieu du feu non seulement laid, mais aussi boiteux. Évidemment elle ne tarde pas à prendre un amant qui est (comme on s’en doutes), Mars le dieu de la guerre. Mais tous les hommes voulaient d’elle, et un autre prétendant sérieux la courtisait ardemment, avec une pointe de jalousie, c’était le dieu du jour ou du soleil : le resplendissant et orgueilleux Phœbus.

Pour se cacher de la vindicte de Phoebus, Mars et Vénus étaient obligés de se rencontrer au crépuscule pour se quitter à l’aube ou leur ami Alectryon surveillait le lever de Phœbus à l’horizon pour les éveiller à temps. Mais une nuit Alectryon s’endormit, et ce fut la catastrophe.

Au lever du soleil, le couple enlacé dans son sommeil est surpris par Phœbus qui, humilié et en colère, prévint aussitôt Héphaïstos de la trahison de son épouse. Pour les punir celui-ci les emprisonnera dans un filet aux mailles arachnéennes et les exposa à la risée des dieux de l’Olympe.

Rouge de honte, Vénus ira se réfugier dans cette ile qu’elle aime, comme l’aimera plus tard sa réincarnation, la fée Mélusine qui enfanta la lignée royale de Chypre : les Lusignans.

Aphrodite se rendra donc chez elle à Chypre (où lui fut élevé son temple principal), ce qui lui valut, comme nous le savons maintenant, le nom de Cypris.

Mais ses amours passionnées avec l’actif Mars porteront leurs fruits. De cette union naîtra Cupidon ou Éros, le dieu espiègle de l’amour aux flèches ardentes qui de nos jours fait encore d’innombrables ravages !

 

Voilà, j’arrête l’histoire ici pour tenir ma promesse et vous exposer les beautés de Vénus… allons messieurs, de la tenue, ne prenez pas ce petit air égrillard ! Décidément, la fin que dis-je, la débandade (peut-être n’est-ce pas tout à fait le mot approprié ?) de notre monde de phallocrate n’est pas pour demain ! Arrêtons là nos crudités trop grasses et un peu indigestes pour un plat plus sain qui me fait dire que la parité des activités professionnelles donnera peut-être à l’amour un peu moins de frivolité. Rêvons à cette nouvelle humanité où les femelles deviennent des femmes et les mâles des hommes. En attendant, quand il m’arrive de dire avec sincérité que j’aime les femmes, mes amis « hommes » me regardent bizarrement comme s’ils voyaient apparaître sur mon visage un groin de porc.

 

Il existait à Malte une sorte de croix dont les bras étaient faits de quatre énormes phallus taillés dans le granite. Nous savons que les organes mâles sont l’emblème du pouvoir créateur. Et bien, vous ne me croirez peut-être pas si je vous dis que le très pieux Ordre de Malte ne laissa pas passer l’occasion de s’approprier ce qui pour un bon chrétien est une obscénité. Quant il s’installa dans l’ile, cet Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, plus communément appelé, suivant les époques, Ordre de l’Hôpital, Ordre hospitalier, Ordre de Rhodes, et enfin Ordre de Malte, stylisa cette croix en quatre triangles se rencontrant sur un globe central et osa en faire l’emblème de sa pieuse mission ! N’en doutez pas, une armée de bigotes et bigots, auréolés par leurs glorieuses continences, devait se retourner dans leurs tombes ! Cette curieuse attitude libérée des dictats religieux donne une idée sur les activités secrètes des hauts membres de l’Ordre liées à l’étude des phénomènes vitaux.  Cette étude n’est autre que celle de l’Alchimie dont certains Grands Maîtres furent férus comme Raymond de Perillos y Roccaful (natif du village du même nom dans les Pyrénées-Orientales) à la fortune aussi inépuisable que colossale, dont l’ancien curé richissime de Rennes le Château, Béranger Saunière, ne devait pas ignorer l’existence et le lieu secret de « stockage ».

La raison de cette secrète analogie sexuelle dissimulée sous la croix de Malte est l’apparence du sel dans son aspect blanc opalescent et glissant. C’est cet aspect qui lui a fait donner le nom de sperme de nature. Ainsi le docte Gaston Bachelard se trompa de cible. Il vit en ce terme, nonobstant son immense culture symbolico-psychanalytique, l’aveu d’un onanisme bien concret. Imaginez un pauvre alchimiste solitaire pleurant dans le secret de son laboratoire l’absence d’une vénus serviable et un peu dévergondée. Derrière les errances alchimiques du philosophe à la barbe fleurie se sont engouffrés incontinents toute une armée d’artistes et de « branchés » aux sens bouillonnants, avide de pouvoir enfin glorifier l’antique sport vénérien au détriment de la tendresse née de l’amour.

Mais ce qui nous intéresse ici ne sont pas les frasques des égarés dans leur désert intérieur ou le X de la lumière fécondante se confond avec celui de la pornographie. Après avoir pu enfin dire ce que j’avais à dire aux intello inconscients de la véritable dimension humaine, retournons à  cette curieuse croix tétra phallique devenue croix de Malte. Avec son cercle central et la croix elle regroupe les différents éléments du symbole de Vénus tout autant que celui de l’antimoine ou du cinabre, tout deux pouvant être représentés selon l’ancienne nomenclature chimique et alchimique, par un cercle surmonté d’une croix, à l’inverse de Vénus et du cuivre correspondant à une croix surmontée d’un cercle. De ce fait, ce cercle est l’organe féminin de la procréation recevant l’un des quatre phalus.

 

 

Cette particularité laisse supposer que ce symbole de Vénus est dérivé de la croix ansée des anciens Égyptiens ou ankh. Cette croix que l’on trouve souvent gravée sur les murs des différents édifices représentait le grand mystère de la vie et de la reproduction dans la nature.

En symbolisme alchimique, la croix représente évidemment les quatre éléments qui « informent » et fécondent la matière, pour constituer des images particulières sur la genèse du système solaire et aussi, dans la phase ultime, où ils élaborent le précieux vase, souvent représenté par celui de Marie-Madeleine car son odeur est suave et ses larmes abondantes régénératrices.

Au-dessus de la croix, ou creuset, s’élève la sphère ou granule, celle qui emprisonne Mars et Vénus – que les plus doctes appellent rebis – et qui donna cette lettre G qui interpelle tant les Franc Maçons qui s’interrogent depuis des lustres sur la raison réelle de sa présence au centre de leur étoile à cinq branches qu’ils appellent étoile flamboyante. N’ayez aucun doute, aucun symbole n’est aussi expressif pour illustrer le cinquième feu indispensable à la génération du soufre philosophique aérien dominant le creuset, formant ainsi l’idéogramme vénusien. Vénus est l’étoile flamboyant qui précède le lever du soleil, comme elle précède tout grand personnage reçu dans une Loge maçonnique.

Quand la croix domine le cercle comme dans le graphisme de l’antimoine et du cinabre, le cercle est toujours le soufre philosophique dont l’élément primordial placé au dessus n’est plus le creuset comme précédemment, mais les « larmes » qui permettent le blanchiment en cette phase appelée aigles par Fulcanelli. Elle consiste à sept adjonctions prudentes et mesurées aussi bien pondéralement que temporellement du nécessaire lait de Vierge. (d’après L’Alchimie expliquée par son langage, éditions Dervy)

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Mardi 10 juin 2008

L’être humain a dû faire une lente mutation, à partir du quadrupède qu’il était probablement, pour parvenir à se redresser et à acquérir la position debout, la verticalité qui caractérise l’humanité.

Ce lent cheminement nous a permis de passer de l’horizontalité à la verticalité.

 

Nous sommes donc un animal debout dont le crâne se dirige vers l’infini du ciel.

Cette posture a entraîné des modifications dans notre cerveau qui a permis le développement de certaines zones, et donc modifié notre intelligence.

Permettez-moi une analogie qui n’est pas sans rappeler l’histoire biblique de Samson qui recevait sa force herculéenne par les cheveux. Chaque cheveu de notre tête, comme les feuilles de l’arbre, peuvent, entamer un dialogue avec les forces du ciel.

Les branches de l’arbre se tendent vers le zénit dans cette aspiration qui les dépassent. Cette force de la photosynthèse lui permet d’exploiter l’énergie solaire pour mieux synthétiser sa matière organique à partir de la LUMIERE et des éléments chimiques du sol.

La verticalité humaine a déployé son corps, mais surtout son cerveau.

C’est grâce aux vertèbres que notre station debout est possible. Par une curieuse convergence la vertèbre reproduit, comme le dit le docteur de Sambucy, la croix ansée OU CROIX DE VIE des Égyptiens ou Ankh qui signale cette analogie dans son ouvrage Pour comprendre le yoga et les lois brahmaniques :

« Une vertèbre, dit-il, se compose d’un morceau de cylindre, plus ou moins circulaire, de deux parties latérales, qui sont destinées à la jonction avec les côtes et d’une partie longitudinale aux deux parties latérales. C’est exactement la croix ansée ».

Notre verticalité « métamérisée » est analogue à celle du tronc d’un arbre, plus particulièrement du chêne. Elle nous place dans ce grand courant qui relie le ciel à la terre. En cela nous rejoignons la sagesse chinoise, mais aussi l’alchimie pratique.

Si nous croyons que l’analogie possède une dimension insoupçonnée, en voici un exemple.

Grâce à sa verticalité, le chêne étale ses puissantes branches sous le flux des rayonnements célestes. La comparaison qui me vient à l’esprit est celle d’un radiotélescope. Ce rayonnement va, si je puis m’exprimer ainsi, l’informer. Il gardera en mémoire cette information dans sa sève. C’est la que le guy ira la chercher avec ses racines, et les druide ne l’ignorait pas. C’est pourquoi l’alchimiste récupérera son bois mort pour préparer son Grand Œuvre. C’est la raison pour laquelle l’alchimiste Rabelais dit en son Ile sonnante (cabalistiquement : lire la sonorité, la phonétique.) :

« Au milieu du silence religieux retentit le « mot » de la bouteille : Trinch (c’est-à-dire « bois »).

Trinch étant le « truc » argotique, et ce truc est que si on écoute la phonétique, au lieu de boire il faut se tourner vers le bois. Sans lui, point de substantifique moelle car son information est fondamentale puisque certains corps de sa sève sont le support d’informations sur l’univers et sa genèse. C’est grâce à cette substance que l’alchimiste pourra élaborer son système solaire en miniature, son microcosme image fidèle du macrocosme, montrant que UN est en tout et que l’univers est holoscopique.




 
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par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Mardi 10 juin 2008

Après le prologue, le premier livre du secret et de la création des êtres développe la théorie des origines premières de toutes choses : corps célestes d’abord, et aussi minéraux, êtres animés et hommes. On y trouve une très complète cosmos genèse.

Pendant un très long temps, le chaos primitif, totalement indifférencié à l’origine, se mit peu à peu en mouvement et s’échauffa. Cette agitation divisa progressivement la matière primitive en couches de plus en plus légères, froide et inerte au centre, chaude et agitée à la périphérie. Le phénomène se prolongea pendant une durée de 60 250 ans puis, brusquement, il y eut en 48 heures le dénouement de cet état instable auquel l’univers était parvenu : le chaud et le froid s’unirent, engendrant le sec et l’humide. La combinaison de ces quatre qualités fut à l’origine des éléments terre, eau, air, le feu ou mouvement existant déjà. En 96 heures, toutes les combinaisons se trouvaient achevées.

À l’époque du directoire ou Sylvestre de Sacy étudiait le Belenous, un sourire narquois était possible devant ce récit, qu’était-ce que ce chaos indifférencié qui se mettait en mouvement, s’échauffait ? Et que signifiaient ces brusques évolutions organisatrices ?

Aujourd’hui, force est de constater que les intuitions du vieux sage alexandrin ressemblent singulièrement aux théories les plus modernes en matière de cosmogénèse, celle de la formation des galaxies (ces univers île de milliards d’étoiles) à partir d’un gaz primitif d’atomes et de poussière, et d’autre par en matière de naissance d’étoiles au sein des galaxies ou de leurs nuages de matière diffuse en mouvement. Les astrophysiciens ne confirment pas les valeurs absolues de durée donnée par Belenous. Ils savent qu’il faut multiplier énormément ces nombres. Mais il remarquent l’exactitude des rapports entre durée des phases préparatoires (par exemple la Protoétoile naissant au sein du gaz froid) et durée des phases de changements brusques (par exemple l’allumage thermonucléaire des protoétoile se transformant brusquement en étoile).

La question se pose immédiatement : D’où viennent ces intuitions d’Apollonius ? s’agit-il seulement d’intuitions géniales ? certains préconisent l’action d’extraterrestres sur- évolués, des sortes de visiteurs d’outre espace. Sans nier la pluralité des mondes, il semble que l’homme soit suffisamment pourvu d’intelligence et surtout d’intuition, pour parvenir à des conclusions avant-gardistes sur l’évolution de la matière. Les intuitions cosmogénétiques d’Apollonius –Belenous sont remarquables. Sont-elles plus mystérieuses que l’existence du calculateur astronomique (vers 80 avant notre ère) trouvé dans une épave près d’Antikhytera, que les théories des mouvements planétaires de Pythagore, où encore que les machines à réaction, à vapeur, de Héron d’Alexandrie ? n’oublions pas que le sage quel qu’il soit utilise son cerveau d’une manière différente de nous. Si ce n’est est pas le cas, il ne serait pas un sage. Voir à ce propos, et en détail, mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale.

Après avoir exposé sa théorie générale de l’origine du cosmos, Belenous aborde dans le second livre du secret de la création des êtres l’origine de notre système solaire, la création des sept cieux planétaires avec les sept planètes gouvernant toutes choses, en particulier les métaux qui lui correspondent.

Belenous s’intéressent tout spécialement à l’origine du mercure et, évidemment, à celle du soufre. Cette étude se révèle un ouvrage des plus importants pour la pensée alchimique et la pensée tout court.

Le troisième livre étudié la formation des substances végétales et le quatrième livre s’attache aux êtres animés et à l’homme. On ne peut s’empêcher de faire un rapprochement entre le court exposé d’Apollonius et le dialogue platonicien du « Timée ». On sait que Platon pythagorisant expose dans cet ouvrage une très complète explication du monde qui, partant de l’Ame du Monde, passe par les dieux célestes et les sept cieux planétaires, pour aboutir aux quatre éléments matériels : terre, eau, air et feu. Les incessantes transformations des trois derniers éléments l’un dans l’autre sont expliquées par une curieuse figuration géométrique faisant appel à trois polyèdres réguliers pythagoriciens : tétraèdre (feu), octaèdre (air), icosaèdre (eau). Le cube de la terre reste plus ou moins immuablement semblable à lui-même. Le cinquième polyèdre : le dodécaèdre aux douze pentagones réguliers symbolise quant à lui le modèle idéal (avec ces 12 faces correspondant aux signes du zodiaque, toile de fond cosmique ou « ciel » sous lequel évoluent les planètes) dont le Démiurge s’est servi pour façonner le cosmos et les cieux planétaires.

Il semblerait que Platon ait voulu signaler aussi, l’apparition de certains cristaux polyédriques particuliers lors de la purification de l’eau-mère des quatre éléments par cristallisation fractionnée.

Le « Timée » expose ensuite l’origine des êtres animés et tout particulièrement de l’homme. Jamais personne n’a tenté de réécrire dans toute sa plénitude la grande cosmogonie platonicienne. Il n’existe que les tentatives scientifiques fragmentaires : origines et vie des étoiles et des planètes, évolution de la cellule vivante, lente filiation des « espèces » successives d’hommes. Les temps semblent pourtant mûrs, en ce début du troisième millénaire, pour tenter de peindre à nouveau la fascinante fresque de la vie universelle.

 

Le secret de la création des êtres se termine par un cinquième livre, très court, qui est la copie de la Table d’Emeraude que le vieillard tenait à la main, cette table sur laquelle se trouvait écrit le résumé de toute la science.

 

Sylvestre de Sacy s’était étonné de ne pas trouver dans l’ouvrage du sage Belenous de recettes pour fabriquer de l’or. Il n’est point question de nier cette préoccupation des alchimistes, mais il ne faut cependant pas en exagérer l’importance. La transmutation d’un composé en un autre, par exemple du mercure ou du plomb en or, n’avait de valeur que dans la mesure où elle prouvait la justesse de la vision alchimique du cosmos. Il serait temps que bon nombre « d’alchimistes » qui oeuvrent uniquement au laboratoire prennent conscience de l’universalité de leurs manipulations. Sans cela leur matière ne peut être fécondée, et leur « œuvre » ne peut être Grand. Un petit œuvre abouti en permanence à une impasse… car la grandeur du Ciel ne peut aider. Les cabalistes précisent que l’alchimie est éternelle (interne elle).

Ne soyons donc pas surpris qu’Apollonius ait consacré à cette vision alchimique du cosmos l’essentiel d’un traité dont l’actualité demeure frappante et la leçon éternelle…

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Lundi 9 juin 2008

Dès les premières lignes du prologue, le sage Belenous pose les principes d’une théorie générale du monde.

 

« Toutes choses sont composées des quatre qualités élémentaires : le chaud, le froid, l’humide et le sec, éléments de tout ce qui existe ; c’est qualités sont combiné les unes avec les autres de telle manière que tout est emporté par un même mouvement de rotation et ne forment qu’un seul assemblage (…), un même composé sans aucune distinction ou différence, jusqu’à ce que des accidents modifient ce composé dont les parties se séparent. Des êtres diversifiés se forment alors entre eux, à raison des différentes combinaisons des qualités élémentaires qui concourent à leur formation (…). C’est là le principe fondamental de la science qui permet de connaître la cause première de la variété des êtres.»

 

D’où Belenous tirait-il ses connaissances ? il conte à ce sujet une belle histoire fantastique.

Il y avait dans son pays une statue d’Hermès en pierre sur laquelle on lisait :

 

« Si quelqu’un désire connaître Le Secret et de la Création des Êtres, qu’il regarde sous mes pieds. »

 

Ceux qui regardèrent n’y virent rien de spécial. Belenou par chance eut un rêve au cours duquel il comprit qu’il fallait creuser sous les pieds de la statue. il mit au jour l’entrée d’un souterrain. Y descendant avec une lampe, il découvrit assis sur un trône d’or un vieillard qui tenait à la main une tablette d’émeraude sur laquelle on lisait un titre :

 

« C’est ici la formation de la Nature. »

 

Au pied de l’homme, un livre :

 

Le Secret de la Création des Êtres et la Science des Causes de toute Choses.

 

Belenous prit le livre et la tablette pour les faire connaître à ceux qui en seraient curieux.

 

Nous savons maintenant le pourquoi de ce nom à première vue singulier : Table d’émeraude, et les raisons de sa concision. Écrit sur une tablette cristalline (l’émeraude en question était sans doute assez impure, ce qu’on nomme le béryl, à la belle couleur vert pale, opalescente), les préceptes résumant « la formation de la nature » ne pouvaient qu’être concis et peu nombreux.

quant au récit fantastique de Belenous, il apparaît somme toute fort classique en matière d’alchimie traditionnelle.un des plus anciens textes de l’alchimie Alexandrine est : choses physiques et choses révélées, attribué à Bolos Démocritos de Mendès du IIe siècle avant notre ère, et dont j’ai déjà parlé puisqu’il est l’auteur du plus ancien livre d’alchimie. les révélations dont il s’agit eurent lieu dans un temple. Après avoir essayé d’évoquer en songe l’ombre de son défunt maître Ostanès pour en recevoir les ultimes enseignements alchimiques, Bolos Démocritos raconte :

 

« Nous nous donnions un mal terrible pour trouver comment s’unissent et se mêlent les substances et les natures. Ayant travaillé à composer la Matière, le temps vint de célébrer une cérémonie dans le temple et d’y faire un repas sacré en commun. Étant dans le sanctuaire intérieur, nous entendîmes une colonne qui s’ouvrait mais nous ne fîmes d’abord rien à l’intérieur… Mais étant penchés, nous y trouvâmes cette formule précieuse : la nature qu’on sait se rassasie de la nature qu’on sait, et la nature qu’on sait l’emporte sur la nature qu’on sait, et la nature qu’on sait maîtrise la nature qu’on sait. Nous fûmes très surpris qu’il ait su résumer en si peu de mots toute sa doctrine. »

 

Évidemment, il s’agit de composés bien précis à mettre en œuvre, ce que connaît le sage qui vient d’en recevoir la révélation.

Que cette révélation soit mêlée à un songe, et que Belenous ait eu besoin d’un rêve pour accéder à la table d’émeraude, n’a rien non plus que de très normal. Héraclite avait dès les années 500 avant notre ère saisit toute l’importance du rêve pour l’exploration du Moi le plus profond de l’homme. Évidemment cela n’exclut nullement toute la dimension symbolique indépendante de cette exploration psychologique.

 

Nous devons reconnaître que cette histoire n’a rien à envier à celle qui fut mise sur pied, beaucoup plus tard, à propos d’un certain Christian Rose croix. Il est dommage que la saga de Belenous ne soit pas plus connue des alchimistes actuels. Quant à Bolos Démocritos de Mendès, il ne saurait mieux souligner l’importance de l’Office si proche d’une messe qui est bien un repas sacré pris en commun, et permettant dans cette communion d’avoir des révélations issues de la « verticalité » de l’Être.

Autre point non moins étrange est celui de la colonne qui s’ouvre pour livrer le secret alchimique. C’est de la même manière qu’auraient été découverts les écrits alchimiques de Bazille Valentin. Ce qui laisse supposer l’origine des connaissances de cet adepte. N’en doutez pas, Le Mystère des des Cathédrales est aussi celui du repas Sacré que Bolos Démocritos partageait déjà avec le Christ... au-delà des arcanes du temps. Alors, ne faisons pas semblant de ne pas voir ou se trouve l’oratoire permettant d’éviter tout individualisme, obstacle puissant à la réalisation de l’être.

 

Cette histoire n’est pas finie. Vous aurez la suite dans mon prochain article.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Dimanche 8 juin 2008

S’il était imprimé, le livre du Secret de la Création des Êtres formerait non pas un ouvrage, mais un opuscule. Il s’agit d’un texte composite, fruit d’additions et de remaniements opéré autour d’un noyau central qui est un récit fantastique raconté par un certain Bélénous. Bélénous étant la transcription arabe du nom grec d’Apollonius. Le plus célèbre étant Apollonius de Thyane, héros d’une sorte de roman philosophico-merveilleux écrit par Philostrate à la demande de l’impératrice Julia Domma, femme de Septime Sévère (193-211). On ignore si Philostrate s’inspira d’un modèle réel. En tout cas les anciens ont cru à sa réalité. Le héros aurait vécu au Ier siècle de notre ère, alors que le Traité du Secret de la Création des Êtres est légèrement antérieur au VIe siècle.

Donc, notre traité n’a pu être rédigé par Apollonius de Thyane. En revanche l’auteur pourrait bien être Apollonius de Laocidée qui, au témoignage de Paul d’Alexandrie, « accuse dans ses cinq livres les Egyptiens (Zozime ?) de s’être trompé sur le zodiaque », c’est-à-dire sur l’organisation du monde. Ors, Le traité du Secret de la Création des Etres compte justement cinq livres plus un prologue. Ceci nous ramènerait donc au IVe siècle de notre ère, faisant alors de cette œuvre un survivant important de l’alchimie théorique alexandrine, d’autant plus important que nous possédons le texte intégral.

Il reste un autre texte important de la même époque ; l’Assemblée des Sages (ou : Turba Philosophorum) lui aussi traduit du grec en syriaque, du syriaque en arabe, de l’arabe en latin, et enfin du latin en français. Ainsi s’explique l’obscurité du texte latin, et surtout de la version française devenue imbuvable ! Traduttore, traditore !... Le secret de la Création des Êtres a été, lui aussi, traduit en latin au XIe-XIIe siècles. Jamais cette traduction latine n’a été imprimée, et n’a jamais été traduite en français.

À signaler cependant l’étude du manuscrit arabe 959 de la Bibliothèque Nationale (qui contient le Bélénous) faite pendant le Directoire (en 1799) par Sylvestre de Sacy. G. E. Monod-Herzen a résumé cette dernière étude dans un de ses chapitres de son Alchimie méditerranéenne (1962).

 

Dans le prochain article j’aborderais l’histoire fantastique de Bélénous.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Dimanche 8 juin 2008

Quand j’étais jeune étudiant à la faculté des Sciences de Montpellier, le Professeur Ernest Kahane, de renommée internationale, nous enseignait la biochimie devant un amphithéâtre bondé d’étudiants de diverses nations. Il s’attardait énormément sur l’histoire des découvertes les plus infimes en nous disant que l’histoire était déjà la compréhension d’un processus et que de ce fait au lieu de la négliger il fallait l’approfondir. J’ai pu constater à diverses reprises que ce « nobélisable » avait profondément raison pour tout, y compris l’alchimie, dont cet homme cartésien au possible, et communiste Russe de surcroît, aurait réprouvé énergiquement que l’on puisse s’y intéresser et encore plus la pratiquer.

 

La Table d’Émeraude, dont j’ai donné le texte complet dans un article qui lui est consacré, était la « bible » de tous les alchimistes du moyen age latin et de la Renaissance européenne. Paradoxalement ils ignorèrent (à de très rares exceptions) la raison de ce nom.

Née très probablement dans une Alexandrie pénétrée de néopythagorisme et de néoplatonisme, la science alchimique y avait longtemps brillé d’un vif éclat avec Bolos Démocritos qui l’enseigna dans la ville de Mendès des 144 avant Jésus-Christ (pour plus de précisions à ce propos compulser mon livre Hermestine Rennes le Château.), avec également Zosime originaire de la ville de Panopolis (actuellement Akhmim), Olympiodore et Synésius l’évêque de Ptolémaïs, ami et élève de la célèbre philosophe néoplatonicienne Hypathie…

Le triomphe du christianisme sonna pour un moment le glas de la science en Occident.

Sortir enfin de la clandestinité grâce à la protection de l'empereur Constantin, la nouvelle religion engagea ouvertement la lutte. Les joutes philosophiques degénérèrent en combats à main armée. Nous retrouverons d'ailleurs beaucoup plus tard, en France, les mêmes réactions des chrétiens, avec la philosophie cathare.

Lorsque l'empereur Théodose ordonna de fermer tous les temples, l'évêque d'Alexandrie Théophile fit mettre le feu au Serapum (temples de Sérapis et nécropole des taureaux sacrés, supposés être l’incarnation du dieu Apis) ; le feu gagna la célèbre bibliothèque d’Alexandrie ou des livres, papyrus et parchemins furent détruits en grand nombre. C’est le moment de préciser que les documents de cette monumentale bibliothèque ne furent pas tous brûlés, loin de là, et que par ailleurs des dépôts d’ouvrages existaient encore dans des « succursales » de la bibliothèque, comme à Mendès où fut écrit le premier ouvrage d’alchimie intitulé physica…Ne soyons donc pas surpris qu’il existe de nos jours dans des bibliothèques privées (je pense au département de l’Aude en particulier) des documents uniques et significatifs en ce qui concerne l’ésotérisme en général et l’alchimie plus précisément.

En 415, l’évêque Cyrille permit que des moines ignorants et fanatiques assassinent avec un sadisme raffiné (préfigurant l’inquisition) la philosophe Hypathie. Affolés par ce massacre inouï (au nom de Dieu rappelons-le !) les autres professeurs s’enfuirent précipitamment, se réfugiant à l’école d’Athènes. reflet vivace de celle d’Alexandrie. Mais l’empereur Justinien interdit aux professeurs non chrétiens d’enseigner et elle fut fermée sur décret impérial.

Les maîtres d’Athènes, accompagnés de ceux d’Alexandrie, s’exilèrent volontairement et se réfugièrent en Perse où le roi Chosroês Ier les accueillit favorablement. La dynastie sassanide qui régnait sur ce pays se montrait très tolérante en matière de pensée. Elle fut fondée par Ardeshir au début du IIIe siècle de notre ère.

Les sages grecs traduisirent en syriaque leurs livres. Le plus connu des traducteurs est Sergius de Res Ayna, mort en 536. Parmi ses productions, on trouve au moins un ouvrage d’alchimie : le Traité du Secret de la Création des Êtres dont la conclusion est justement la si célèbre Table d’Emeraude.

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Samedi 7 juin 2008

Les Compagnons, généralement très chrétiens, n’étaient pas Francs Maçons, même si leur nom figure avec celui d’apprenti et Maître dans les trois premiers grades de la Franc Maçonnerie. Ils semblent, d’après Jules Boucher, qu’ils soient issus d’un même tronc. De nos jours la franc-maçonnerie est développée, alors que le compagnonnage subsiste encore mais a perdu toute importance. Cependant, avec son amour du travail bien fait, sa réputation est des meilleures et son rôle tend à nouveau à s’amplifier.

 

Les compagnons se divisaient en trois « Devoirs » :

Les enfants de Salomon.

Les enfants de Maître Jacques.

Les enfants du Père Soubise.

 

Les enfants de Salomon ou Devoir de Liberté comprenaient :

Les tailleurs de pierre.

Les menuisiers,

Les charpentiers.

 

Les enfants de Maître Jacques ou Devoirs comprenaient :

Les tailleurs de pierre.

Les menuisiers.

Les serruriers.

 

Les enfants du Père Soubise ou Saint Devoir comprenait uniquement les charpentiers.

 

L’Église condamna leurs pratiques initiatiques le 14 mars 1655. Cette déclaration des autorités ecclésiastiques est suivie d’un texte éloquent sur les rituels du Devoir de Maître Jacques et plus particulièrement les Compagnons selliers, cordonniers, tailleurs, couteliers et chapeliers. Je rappelle que les membres des Enfants de Maître Jacques étaient obligatoirement catholiques.

 

N’ayant pas l’intention de rédiger un cours qui nécessiterait plusieurs volumes, j’irais directement au but qui nous intéresse en décrivant le rituel condamné par l’Église car il est trop proche de celui des catholiques, mais par certains points beaucoup plus significatifs.

La cérémonie de réception étant un baptême. Ils célèbrent une messe et péché suprême, en qualité de catholique ils sont reçus par les huguenots et ils les reçoivent à leur tour ! Cette seule particularité aurait largement suffit pour les condamner.

Les compagnons cordonniers prennent du pain, du vin, du sel et de l'eau qu'ils appellent les quatre éléments, les mettent sur une table et ayant mis devant icelle celui qu'ils veulent recevoir Compagnons, le font jurer sur ces quatre Choses par sa fois, sa part de paradis, son Dieu, son Chrême et son baptême ; ensuite lui disent qu'il faut qu'ils prenne à nouveau nom et qu'ils soient baptisés ; et lui ayant fait déclarer quel nom il veut prendre, un des Compagnons, qui se tient derrière, lui verser sur la tête un verre d'eau en lui disant : « je te baptise au nom du père et du fils est Saint-Esprit. » Les parrains et sous-parrains s'obligent aussitôt à lui enseigner les choses appartenant au dit devoir.

Nous constatons immédiatement que les compagnons interrogés ne livrèrent pas la totalité de la cérémonie, notamment les explications qui durent précéder la cérémonie, car faire jurer devant les quatre éléments « moteur » du Grand Œuvre des alchimistes n’est pas banal et surtout est loin d’être anodin car c’est ni plus ni moins une cérémonie ou est donné le nom d’adepte. Dans l’Église, la Confirmation (qui est la confirmation du baptême) accompagnée de la prise d’un nouveau nom et de l’adjonction d’un parrain ou d’une marraine avait cette connotation.

Le rapport dit aussi à propos de Tailleurs que durant leurs cérémonies ils apprennent la signification de tous les objets et décrivent le mystère de la sainte Sainte-Trinité d’une manière symbolique, ce qui encore laisse transpirer le ternaire alchimique.

Ce qui est évident à travers ces cérémonies, c’est la mise en évidence de la dimension initiatique du rituel chrétien, que l’officialité ne pouvait que condamner. Pourtant c’est cette attitude que permettait une entente avec les huguenots.

Je reste persuadé que c’est la voie qu’il faut suivre en analysant le rituel ancien de l’Église (celui d’avant 1968) pour en mettre en évidence toute sa puissance symbolique débarrassée de toute bigoterie et adjonctions récentes afin de transmettre la connaissance et permettre aux fidèles de mieux comprendre le sens profond des rites catholiques.

Tout ce qui précède est un peu bref, mais quelques références bibliographiques permettrons d’aiguiller les plus curieux :

 

J.P. Baillard, Le Compagnonnage en France.

L. Benoist, Le Compagnonnage et les métiers.

E. Coornaert, Les corporations en France avant 1789.

J. Gimpel, Les batisseurs de cathédrales.

D. Macaulay, Naissance d’une cathédrale.

E. Martin Saint-Léon, Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses rite.

George Sang, Le Compagnon du Tour de France.

 

Par ailleurs une extraordinaire documentation est réunie à Tours au Musée national du Compagnonnage, rue Nationale (près du pont de la Loire), Cour du Vieux-Pressoir, abbaye Saint-Julien. Il est ouvert du dimanche des Rameaux au 11 novembre. Se renseigner sur Internet.

 

 

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Mercredi 4 juin 2008

Les alchimistes disent depuis des temps immémoriaux que « l’or » de la vie est un corrosif comparable au vitriol. Ce jeu cabalistique est basé sur le fait que le mot vitriol est l’anagramme de l’or y vit. Ce terme a donc toute sa raison de figurer dans le cabinet de réflexion du Franc-Maçon et dans le laboratoire de l’alchimiste.

 

Lorsque le rituel s’achève et que vient la sortie de l’église ou de la Loge, l’individu est confronté à la vie, c’est là que les choses sérieuses commencent, c’est là qu’il devient possible de voir les fruits et de juger l’arbre d’où ils sortent…

 

Toute vie humaine est nantie d’épreuves qui demandent d’être assumées. Lorsqu’on parle d’épreuves, on pense généralement aux coups du destin, accidents, maladies, difficultés en tout genre. Mais le bonheur, les événements heureux quels qu’ils soient veulent, eux aussi être assumés, et ce n’est pas forcément facile.

 

Chaque épreuve, qu’elle soit heureuse ou malheureuse, est chargée d’un message à notre égard ; chacune à sa manière nous fait sentir notre précarité, nous fait percevoir que nous sommes fragiles, instables, menacés dans notre équilibre et dans nos engagements. Même si nous ne voulons pas l’entendre, les épreuves nous posent question, nous poussent à la réflexion, à la prise de conscience. « Pourquoi mon ballon de Pyrex s’est fendu dans les mains ? Que dois-je faire pour éviter cela ? Ou cette recherche alchimique me conduit ? Quel lien avec l’absolu ? » D’une manière générale, dans notre vie affective et professionnelle, quand surgissent les coups du destin, c’est le VERBE qui cherche à pénétrer en nous et dans notre vie, d’abord sous la forme de la réflexion et du dialogue intérieur pour aiguiser progressivement une perception plus directe, plus intuitive qui nous fasse percevoir la vie qui est au-delà des apparences et des vicissitudes. C’est cette dimension que devrait développer tout centre initiatique et toute Église. La question essentielle la question qui répond à toutes questions est d’apprendre comment faire pour devenir solide à toute épreuve. L’apprentissage du silence des pensées n’est pas négligeable pour conserver notre sérénité, et être à l’écoute des « bruits de fond » de l’univers…

 

Le travail du destin, c’est d’ouvrir l’être à la dimension de la vie véritable, la vie mystique, et chaque épreuve veut être l’occasion d’un débat intérieur suivi d’un silence intérieur qui nous permet de capter la « pensée divine » qui préside à toute destinée. En réalité, chaque épreuve est une semence qui, dans notre vie, devrait porter ses fruits.

 

Si les épreuves sont appelées vitriol par les alchimistes, c’est pour le pouvoir décapant de cet acide qui permet de découvrir sous la crasse, sous notre crasse, l’or pur de la vie. Sans cette démarche fondamentale, inutile d’entrer au laboratoire d’alchimie car l’impur ne saurait purifier la pierre philosophale. Et sans le silence des pensées inutile de chercher la Parole Perdue qui s’adresse à nous, dans notre vie, au-delà des mots.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Mardi 3 juin 2008

 

 

À la fin du XVIIIe siècle vivait à Paris un alchimiste qui écrivit un petit opuscule, Hermès dévoilé, qui fit autorité autant chez les écrivains, tel Balzac qui trouva là l’inspiration pour son alchimiste chercheur d’absolu, et qui chez les alchimistes actuels fait autorité.

Personnellement, et pendant longtemps je n’ai pas compris grand-chose au sens profond de ce texte, si ce n’est sa poésie. Mais il m’a profondément marqué quand, dès la première ligne il écrit :

 

« Le Ciel m’ayant permis de réussir à faire la pierre philosophale, après avoir passé trente-sept ans à sa recherche, veillé quinze cent nuits au moins sans dormir, éprouvé des malheurs sans nombre… »

 

Oui, je fus beaucoup plus marqué par le sens de l’engagement de cet homme que par le mystère dissimulé dans ces écrits. Tenir 37 ans après avoir été la risée publique, être traité de fou, hué, rejeté par sa famille, réduit à la misère au point de devoir vendre ses meilleurs habits. Subir un empoisonnement de la part d’un faux ami désireux de s’emparer de ses écrits, et s’en sortir miraculeusement avec de graves séquelles, pour enfin perdre ses enfants… Ce détachement lié à la certitude m’a si profondément marqué que le récit fabuleux de sa réussite tellement méritée est passée au second plan.

Il est vrai que le manque d’engagement de notre époque a mis en relief par contraste le puissant don total de cet homme transporté pas sa foi.

J’ai acquis une certitude : Il faut être engagé ! Contrairement à la tendance actuelle qui veut que de plus en plus chacun vit pour soi, rien que pour soi. Il semblerait que le monde a besoin d’engagement un peu comme la plante a besoin d’eau. Quand plus personne n’en a alors il se réfugie chez certains individus où il développe sa puissance d’une manière pathologique. C’est pourquoi la plupart de ceux qui sont engagés à fond sont des fanatiques destructeurs, ce sont des individus dont la pensée est bloquée, « possédée » et deviennent les instruments de sombres puissances tant sur le plan suprasensible que matériel. Les extrémismes religieux sont de cela, mais aussi les « parano » de l’économie et des finances. En un certain sens nous sommes sous la coupe des méfaits du désengagement.

Nombreux sont ceux qui ont peur de s’engager parce qu’ils craignent d’aliéner leur liberté. Plus nombreux, sans doute, ceux qui sont incapables de s’engager, à cause de l’impotence de leur pensée et de l’incapacité de mûrir une conviction personnelle ; et lorsqu’ils s’engagent quand même, c’est sans conviction réelle et généralement sous l’influence d’une conviction étrangère. Ainsi on va s’inscrire dans la Franc-Maçonnerie pour étoffer son réseau relationnel ou pavaner avec un discours docte ou sirupeux. Ou encore faire partie de l’Église Gallicane ancienne pour essayer de découvrir certains secrets sur l’alchimie, secrets qui, bien évidemment, ne leur servira à rien. J’ai déjà abordé ce sujet. Bref, vous avez compris, c’est ainsi que naissent les Judas !

Rester libre ! C’est effectivement une nécessité profonde pour chaque être humain. Mais la liberté à laquelle on tient n’est nullement rattachée au plus grand que soi, mais celle de pouvoir agir à chaque instant à sa guise selon l’inspiration du moment, je veux rester mître de ma vie et de mes actes… Quand notre conscience s’affine accompagnée de ce regard intérieur réaliste et sensible, on peut percevoir que dans bien des cas ce n’est pas « moi » qui suis à l’origine de mes actes, et que dans certaines occasions je ferais bien de résister à mes inspirations ou impulsions.

N’en doutez pas, la liberté est d’un accès difficile. Certes, sur le plan relatif à l’homme, la liberté existe. Ainsi un être emprisonné ou contraint d’une manière ou d’une autre n’est pas libre. Il est sûr que le prisonnier libéré est bien libre par rapport à son état antérieur. En résumé pour nous la liberté absolue n’existe pas, seule la liberté relative existe.

Notre espace de liberté est limité par l’influence du milieu. L’individu se sent ou ne se sent pas gêné dans son comportement. Il gagne un degré de liberté, mais il est encore loin d’être réellement libre, quand il sait vraiment ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Il aboutit alors à une conviction qui va générer ses actes et surtout lui permettre de s’identifier à cette conviction. C’est exactement le cas pour l’alchimiste dont je parlais au début de l’article.

L’engagement lui-même se situe au niveau de la volonté. Et chaque être humain a besoin de s’engager, sous peine de déchoir. Car vivre n’est pas un but en soi. Il n’y a que certains clochards pour n’avoir d’autres objectifs… Toutefois l’un d’eu m’a avoué préférer vivre sous les ponts que sous les cons… ce qui est déjà une conviction !

Que l’on ne s’y trompe pas, les « clochards » les plus à plaindre ne couchent pas forcément sous les ponts ; on les trouve partout, même dans les palaces, les Loges Maçonniques ou les Églises. Car ils ignorent que s’en-gager, c’est se donner en gage à une entreprise qu’elle soit matérielle ou spirituelle.

À chacun de voir à qui ou à quoi nous devons nous donner en gage de tout notre coeur. Je vous souhaite cet enthousiasme qui soulève les montagnes.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Lundi 2 juin 2008

Je n’ignore pas qu’aussi bien les « cathos » que les FM seront choqués par ce titre, et pousseront de grands cris effarouchés et n’irons pas plus loin dans la lecture de cet article.

Une précision toutefois aux courageux qui n’ont pas encore déserté cette lecture. Je ne vais pas reprendre ce que j’ai dit dans mon article sur le cabinet de réflexion. Ensuite je n’ai nullement l’intention de vous parler du « baptême » selon le Vatican actuel. En effet, l’Église moderniste de 2000 n’est plus intéressée par les symboles qu’elle considère comme « ringard ». Elle est une idéologie au service de la vie sociale à la manière d’un syndicat. C’est donc du baptême selon l’Église ancienne qu’il s’agit ici, plus exactement de l’esprit de l’Église des Gaules ou Église Gallicane qui n’a pas de rapports avec l’Église Anglicane ou Église d’Angleterre. Le symbolisme de cette Église est profondément alchimique tout comme l’est le symbolisme du cabinet de réflexion.

Le sacrement de baptême, comme l’enfermement dans la « terre » noire du cabinet de réflexion est à l’image d’une semence enfermée au sein de la terre et qui ne déploiera son contenu qu’avec le temps. On ne sort pas « initié » d’un cabinet de réflexion, on ressort (dans le meilleur des cas) « initiable ». Le plus souvent, hélas… comme l’on est entré.

Le caractère de semence appartient au baptême et au néophyte enfermé dans son cabinet de réflexion où il redevient enfant. C’est cela que la maçonnerie a perdu de vue, cette mentalité des touts petits qui seule permet de saisir le monde. L’enfant n’est pas l’aboutissement d’agissements humains, d’experts en symbolisme. C’est la manifestation d’une volonté et d’une sagesse qui émane d’un monde supérieur, ce qui de nos jours n’est plus évident du tout autant dans les Loges que dans les sacristies.

La pensée qui porte et anime l’univers est UNE ; mais les intelligences et les forces agissantes sont multiples. Je vous fais grâce d’une explication en ce sens. Elle est trop douloureuse et démonstrative de l’égocentrisme des hommes que l’on peut mesurer par ces deux affirmations : je suis Catho et seul dans la vérité, je suis FM et seul détenteur de l’initiation.

Les « enfants » comptent sur nous pour leur apprendre la vie ; Quant à nous nous avons besoin d’eux pour apprendre la réalité suprasensible. Au sortir de la cuve baptismale ou du cabinet de réflexion notre entreprise ne sera satisfaisante que si elle est une collaboration avec l’esprit de l’univers, le spiritus mundi des alchimistes.

L’esprit de l’homme et son être profond sont à la dimension de l’univers. Mais son destin le lie à la terre, quel que soit son désir de « s’éclater », de sortir des limites qui lui sont imposées… Donc, pas de « délire » ésotérique sur le sens du mot « initiation ». Il est de plus en plus évident de nos jours que l’histoire du monde est étroitement solidaire de l’évolution de la conscience humaine. C’est dans ce contexte que la venue du Christ et sa démarche terrestre ont une importance décisive SALUTAIRE. Point de dogmes points le landmark. Tout se fait dans notre conscience dont les limbes s’agrandissent et sont les reflets de la vérité ultime attirée, comme un aimant, par notre propre vérité. Alors si vous êtes le partisan d’une vérité polycéphale, comme le pensent bon nombre de symbolistes vous êtes dans « l’horizontalité ». L’eau du baptême ne peut laver votre front et inutile d’entrer dans le cabinet de réflexion, vous ne pourriez en sortir.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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