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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 17:21

OEUF ALCHIMIQUE-01

Je voudrais remercier les responsables de l’association Solidarité Homéopathie notamment sa présidente nationale,  le Dr Marie-Claude Yannicopoulos, et le Dr Jean-Luc Boech président de ’antenne de l’Hérault. Je les remercie de m’avoir invité à faire cet exposé sur l’alchimie à Montpellier où Arnaud de Villeneuve su rénover autant la médecine que l’alchimie en retournant aux sources égypto helléniques et rendant ainsi la médecine de l’université montpelliéraine beaucoup plus indépendantes des doctrines arabes.

Oui, la spagyrie fait partie des racines de la médecine. Elle est en accord profond avec les médecines alternatives que l’association Solidarité Homéopathie enseigne.

Je voudrais remercier aussi mes amis et les lecteurs de mon blog qui sont venus assister à ma conférence et m’ont entouré.

Devant les contraintes d’horaire, je n’ai pu consacrer le temps, que j’aurais souhaité, pour répondre aux questions des participants. Mais cela n’est pas important puisque nous nous retrouverons tous les dimanches pour la visite de la ville et nous pourrons ainsi  échanger en toute liberté.

Voilà chères lectrices et chers lecteurs ce que je voudrais vous dire avant de rédiger en nouvel article qui aura peut-être comme sujet l’alchimie à Montpellier.

Mes amitiés et à bientôt.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 15:50

regule

Cette conférence prépare à la compréhension des symboles alchimiques disséminés sur les divers monuments et façades des anciens immeubles de la ville.

Comme exemple j’aborderais l’étude de la place de la Comédie car à l’occasion de la ballade il est difficile de s’y arrêter sans provoquer un attroupement de curieux goguenards et imbéciles.

J’aborderai ensuite une brève histoire de l’alchimie occidentale afin de reconnaître les étapes de l’Égypte hellénisée à l’occupation romaine et aux conquêtes arabes.

La spagyrie sera abondée afin d’en montrer toutes les dimensions thérapeutiques constituant bien souvent la pharmacopée des anciens médecins.

Un arbre généalogique permettra de situer les différents grands noms de la médecine.

Cet exposé, agrémentée d’une vidéoprojection d’une trentaine de photos  permettra de mieux saisir le symbolisme alchimique.

 

À la fin de la causerie, des questions pourront être posées par écrit, car mon audition déficiente ne me permet que des échanges verbaux avec une seule personne.

 

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 08:40

Association « Solidarité Homéopathie » - Antenne Montpellier -

Président : Docteur Jean‐Luc BOESCH

Contact : 04 67 68 34 88 et 06 29 03 72 09

E‐mail : sh.herault@gmail.com site: www.solidarite‐homeopathie.org

Accès : ascenseur au bas du Corum, côté route de Nîmes En face du tramway

MARDI 16 octobre 2012

 

Le Montpellier Alchimique

Léon GINESTE

 

Pour les participants à cette conférence, la visite de Montpellier se déroulera le 21 oct. à

10 h et les dimanches suivants selon la demande (inscription le jour de la conférence)

 

Les médecins de la Faculté de Médecine de Montpellier furent, du moyen âge au

19e siècle, très attachés à l’alchimie dont le plus célèbre — que s’arrachaient toute les cours royales d’Europe et les papes —fut Arnaud de Villeneuve (1238-1313).

La notoriété de la Faculté de Montpellier s’est établie et consolidée au fil des

siècles grâce à ses alchimistes médecins. De ce fait la ville est pourvue, autant sur ses monuments et hôtels particuliers que sur ses belles demeures, de nombreux symboles alchimiques de différentes époques. Ils permettent de découvrir la ville dans sa dimension hermétique.

La visite débute aux arceaux et s’achève à la place de la Comédie.

L’alchimie étant peu connue, la compréhension de ses symboles, disséminés en

divers lieux de la cité nécessite une conférence préalable.

La causerie s’articule entre l’origine de l’alchimie, ses principes fondamentaux, sa manière de s’exprimer et sa raison d’être à Montpellier. Serontabordés également sa dimension thérapeutique, et ses rapports généraux avec la phytothérapie et l’homéopathie. L’essentiel étant l’échange avec les participants.

 

Tarif conférence : 10€ (adhérents, étudiants et personnes en difficulté : 5€)

Tarif visite : 10 € (adhérents, étudiants et personnes en difficulté : 7€)

Solidarité Homéopathie est une association reconnue d’assistance et de bienfaisance qui finance son action humanitaire en organisant des conférences et des évènements culturels. Venez nombreux !

 

Conférence Santé

Grand Public Montpellier

LE CORUM

Salon du Belvédère – 20H30

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 16:15

 

Le profond mystère des trois luminaires est celui des trois points maçonniques dont généralement les francs maçons ne peuvent saisir qu’une dimension spéculative dans laquelle ils évoluent. J’entant le phénomène spéculatif comme analyse théorique et abstraite, des symboles, diamétralement opposée celle de l’univers artistique, intuitif, spirituel, alchimique et mystique essentiellement surrationnel fort bien décrit actuellement par les neurosciences.

La manière maçonnique de procéder se réduit donc à l’étude du symbole pour le symbole, sans quitter l’univers intellectuel et rationaliste, de ce seul fait essentiellement psycho-« spirituel » et donc essentiellement matérialiste. En ce domaine, soyons-en sur  aucun chemin ne saurait mener à Rome mais dans le désert de Goobie, ou le Sahara, comme je l’explique dans Holoscopie de la spiritualité Occidentale.

A travers l’alchimie j’ai tenté, il y a quelques années déjà, une approche plus fondamentale mais certaines références me manquaient pour exposer la totalité du sens primordial de la triade, sens d’où résulte l’alchimie au laboratoire avec toute sa dimension cosmique.

 

Il y avait longtemps que je n’avais sorti de sa bibliothèque  mon vénérable livre de Jules Boucher La symbolique maçonnique de 1948 qui commence à être fatiguée, car le dos de cette troisième édition se déplume inexorablement comme le coup de certains poulets.

Je l’ai ouvert au hasard, avec les précautions d’usage lié à ses 64 ans de vénérable retraité, pour me trouver face au tableau d’Apprenti agrémenté de ses divers outils et qu’actuellement on pose sur le damier des loges quand vient le moment de l’étudier.

 

Je regarde d’un œil peu amène les Francs Maçons. J’entends d’ici les récriminations acerbes des adeptes endimanchés : « propos inadmissible pour un in-connaissant, un ignorant dans l’erreur, un vulgaire non-initié ! » me crient courroucés  les petits frères haut gradés qui ajoutent la moutarde au nez : « Et en plus vous accompagnez votre fausse accusation, totalement infondée et facétieuse, d’un discours d’une inconvenante et sacrilège espièglerie ! ».

Que voulez-vous que j’y face si les maçon ne sont pas la maçonnerie ? On trouve les mêmes dérives dans le Catholicisme et l’Orthodoxies ou ni l’un ni l’autre ne sont  le christianisme. Comprenez-vous pourquoi je suis un électron libre de l’actuel ésotérisme de fantaisie et de la chrétienté dénaturée?

Donc j’aime la Franc Maçonnerie, son substrat primitif, et non pas ce que les maçons en ont fait. J’aime ses symboles d’une subtilité telle qu’ils plongent leurs racines au cœur de la connaissance et dans celui des hiérarchies céleste jusqu’à l’Architecte Fondateur.

Fort heureusement ces symboles transcendants   restent incompréhensibles quant un embryon de sagesse n’est pas au rendez-vous. Aussi leur interprétation usuelle se limite-elles à de pauvres spéculations « spirituo-psychologique » ou tantôt C.G. Jung, tantôt Freud ou René Guénon se disputent un strapontin.  Ce procédé est bien connu par les astrologues, tarologues, numérologues et géomanciens qui ont cette remarquable capacité de trouver un sens là où il n’y en a pas.

Peuh ! Vous avez raison, cher maître, ça ne vaut peut-être pas grand-chose ce que je vous raconte. C’est vrai que l’on ne peut juger convenablement un initié ou un zombi que de l’intérieur. Vous voyez, je suis concilient et reconnait sans ambages, tout comme vous je présume, que nul n’a la science infuse.

Nos bretteurs de l’ésotérisme feintent avec les mots.  Irrité par  l’incompréhension du discours simple de l’âme qui s’ouvre à d’infinies grandeurs.

 Ceci pour vous dire que je n’ai pas l’intention de traverser un marécage pour vous exposer le sens des trois points. Mais, malgré mes vilaines remarques impossibles à maitriser (je ne vénère personne sauf Le Grand Architecte de l’Univers et le Christ), je suis très heureux de partager avec vous ce que j’ai pu glaner quelle que soit votre obédience.

Rassurez-vous, cher écorchés, j’ai un caractère de cochon et en plus je suis hérétique autant pour l’Eglise que pour les doctes assemblées… Tant il est vrai que je me complais dans l’inconfort de l’entre deux chaises mais quelle ivresse, quels rires tonitruants d’être un caillou dans votre soulier !

 

tableau d'apprentit-01-copie-1

 

C

e tableau d’Apprenti comporte une particularité dans sa partie haute, correspondant à l’Est. Là on peut voir une fenêtre à plein cintre grillagée en losange où théoriquement le soleil levant fait pénétrer ses rayons qui se posent sur la planche à tracer (rectangle dans lequel sont dessiné une sorte de carré et un X) qui est exactement au-dessous de cette fenêtre pour recevoir la lumière.

A droite de ce grillage se trouve le soleil, à gauche la lune.

L’étrangeté de cette représentation est que si le soleil se montre par la fenêtre, pour éclairer la « planche à tracer », il ne saurait être aussi à droite de la fenêtre en opposition à la lune qui est à gauche. En d’autres termes si le soleil est à droite (Sud-Est) il ne saurait être au milieu (à l’Est), à moins que nos pères, férus d’alchimie et de spagirie, aient voulu insinuer qu’il existe un troisième luminaire !

A mon grand étonnement voilà que notre cher Jules Boucher nous parle justement de trois luminaires ! Et là il confond un Vénérable de Loge (aussi brillant soit-il)  avec une lumière ! ! ! Permettez-moi, malgré tout mon respect, d’en douter. A moins d’opter pour un symbolisme bon marché sans réelle portée, croyez moi ou non, cela me parait tiré par les cheveux et dissimule autre chose que ne pouvaient dire, pour diverses raisons, les fondateurs du rituel en rapport direct avec l’énergie vitale :

« Les trois luminaires de la loge sont, d’après les anciens rituels, le Soleil, la Lune et le Maitre de la  Loge. » (Page  178)

Nous voyons bien qu’il y a aiguille sous roche puisque Boucher prend soin de laisser la responsabilité de ses dires à de vagues anciens rituels dont, contrairement à l’accoutumée, il ne cité aucune référence et ne rejette pas de notes en pied de page. C’est donc une façon élégante de dire : « n’essayez pas de comprendre. Mettez ça dans votre poche avec un mouchoir par-dessus ! ». En qualité d’ami de Fulcanelli il ne pouvait trop parler de la structure de notre système solaire qui permet de saisir une diffusion particulière de l’énergie vitale, et aussi de dévoiler le mystère alchimique des trois points de la Franc-maçonnerie. C’est, je crois, la raison de sa discrétion embarrassée.

 

Soleil et lune sont « les deux yeux de notre cosmos » disent les vieux maîtres mais, n’y aurait-il que deux yeux dans notre cosmos ?

Si nous nous fions à la loi universelle de correspondances il semblerait que non !

 En effet, chez les humains tous le monde connait la glande pinéale (en forme de pigne d’où son nom) ou épiphyse (située dans la partie supérieure – préfixe « épi », dessus – du cerveau) qui émerge entre les deux hémisphères cérébraux. Ce serait les restes d’un œil qui existe chez les reptiles et les oiseaux sous la peau de leur crâne. C’est le fameux troisième œil de toutes les traditions ésotériques, ce qui a fait parfois qualifier l’Homme de « fils du serpent »… capable de comprendre le langage des oiseaux. Je ne m’appesantirais pas sur les traditions multiples à ce propos, qui ne sont pas toujours des vues de l’esprit.

L’activité de la glande pinéale consiste à sécréter, la NUIT, l’hormone mélatonine qui régule les rythmes biologiques veille-sommeil et aussi rythmes saisonniers. Elle adapte le corps à l’harmonie des cadences du « vaisseau spatial » Terre. Il faut retenir que cela se fait la nuit même chez les animaux à vie nocturne, ce qui laisse supposer un harmonisateur actif dans la phase obscure du rythme de 24 heures.

L’existence du troisième œil sur le plan biologique  est liée à un « troisième œil » cosmique ou troisième luminaire. C’est ainsi que nous abordons le mystère et la raison d’être des trois point maçonniques qui n’étaient pas ignorés des sages alchimistes fondateurs qui savaient tailler dans la nuit de leur  laboratoire la pierre philosophale.

Mais certains artistes on su, mieux que personne, traduire l’existence de ce « troisième œil cosmique » tel le grand initié Albert Dürer (En Allemand Albrecht Dürer der Jüger qui vécu de 1471 à 1528) avec sa gravure « Mélancolia SI » qui en est une représentation des plus rare et significative.

MELANCOLIA DE DURER

Cette gravure complexe est un concentré de symboles sans pareil que beaucoup on tenté d’interpréter. Evidemment je ne vais pas me comparer à ces spécialiste, mais permettez-moi de vous donner une opinion succincte de l’essentiel de cette création issue de l’imagination fertile d’un peintre, graveur, mathématicien et linguiste et ésotériste aux connaissances exceptionnelles qui donne une valeur  multidimensionnelle, et donc inaccoutumée, à cette œuvre réalisée aux portes de la Renaissance. Dois-je spécifier qu’ici le terme multidimensionnel n’est pas une formule littéraire ?

Nous sommes au pied d’un chantier de construction d’une sorte de tour où l’échelle montre le moyen d’accès, pour les ouvriers, dans la partie haute qui n’est pas représentée. Inutile de préciser que tout se passe en hauteur, dans tous les sens du terme. Cela par opposition avec notre bas monde.

Au pied de cette bâtisse en cours de réparation, des outils dans un grand désordre confirment, s’il le fallait, que nous sommes bien dans un chantier.

Au milieu de ce fouillis un ange, tenant un compas, semble attendre depuis pas mal de temps un phénomène qu’il observe derrière un polyèdre pourvu de deux faces triangulaires, un en haut, l’autre en bas, ce qui exprime le fameux « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » de la table d‘émeraude et caractérise, de ce fait, comme alchimique le creuset qui est à côté et que surveille l’ange dont la posture montre qu’il s’ennuie ferme à « poireauter » ! A côté de lui un angelot, assis sur une meule cassée, que l’on vient de retirer du chantier, prend consciencieusement des notes. Dresse-t-il une liste ? Il semble donc que nous soyons au pied d’un moulin à eau en réparation.

Inutile de préciser que l’image d’un angelot assis sur une meule ne manque pas de rappeler cette « meule » que nous faisons tourner durant  toute notre vie biologique tandis que le petit joufflu nous inscrit ou non sur le livre de Vie.

Le compas est constitué par trois parties essentielles inséparables des deux branches : les deux pointes et l’articulation.

L’une des pointes est « solaire » et se place donc, comme le soleil avec son cortège planétaire, au centre du cercle que l’on désire tracer. L’autre pointe sera « lunaire » ou planétaire et se déplacera autour du soleil central. Mais le plus important reste l’articulation des deux branches. Il faut remarquer que cabalistiquement « l’articulation » est « l’art en action ». Mais jules Boucher dans son tableau d’apprenti a poussé la divulgation jusqu’à représenter l’articulation du compas d’une manière analogue (avec deux cercles) au soleil du tableau. On peut donc dire que ce soleil est celui qui agit sur l’art, c’est art n’est autre que l’alchimie. Le soleil de l’art est dont le troisième point de la triade maçonnique.

L’ange porteur d’un trousseau de clés est donc la clé par son compas et sa large ceinture aux motifs entrecroisés.

On peut lire dans Le mystère des Cathédrales de Fulcanelli ce commentaire très instructif à propos du saint Christophe de l’hôtel Lallemant à Bourges qui porte exactement la même ceinture à motifs entrecroisés que notre ange[1] :

« La ceinture est piquée  de lignes entrecroisées semblables à celles que représente la surface du dissolvant lorsqu’il a été canoniquement préparé. Tel est le Signe, que nous les Philosophes reconnaissent pour marquer, extérieurement, la vertu, la perfection, l’extrême pureté intrinsèque de leur substance mercurielle. (…) Tout le travail de l’art consiste à évertuer ce mercure jusqu »à ce qu’il soit revêtu du signe indiqué. Et ce signe, les vieux auteurs l’on appelé Sceau d’Hermès, Sel des Sages (Sel mis pour Scel), (…) la marque et l’empreinte du Tout-Puissant, sa signature, puis encore Etoile des Mages, Etoile polaire, etc. » p139 edit. 1964.

L’étoile de la composition, la pureté de l’ange et ses clés se prête parfaitement au port de ce signe qui est la clé du grand œuvre alchimique.

Mais outre la ceinture nous avons à ses pieds quatre clous qui précisent la voie du creuset, ou du régule étoilé, comme l’indique sans ambigüité celui que surveille notre ange en s’ennuyant à point fermé ! Nous laissons aux historiens le soin d’étudier cette œuvre alchimique telle que la concevait le génial Isaac Newton. Pour cela compulsant les textes suivants [University Library. Cambridge, Collection Portsmouth MS Add. 3975, f.42 r, v (pagination de Newton, p. 81-82)] 

Comme je ne suis pas Anglophone, je préfère me référer aux livres de Philalèthe annotés par Newton lui-même :

« Faites rougir en un creuset 250 g de pointe de clou de maréchal, et quand vous croyez qu’ils veulent fondre jetez dans le creuset 15 g d’antimoine… »

Ceci pour vous dire que les clous en question sont au pied de l’ange et comble d’humour, notre habitat céleste est assis sur cet instrument à vent qu’est le soufflet qui montre son extrémité dépassant au bas de son ample robe.

 

Sur la bâtisse sont disposés des objets tellement insolites que leur valeur ne peut qu’être symbolique. En voici la liste succincte :

Un carré magique de 16 cases.

Une cloche.

Un sablier et au-dessus un cadrant solaire.

Une balance.

Sur la partie gauche sont disposés ;

Un polyèdre à deux faces triangulaires.

Un chien couché en boule.

Une boule.

A l’horizon sur terre :

Un grand fleuve ou la mer aux eaux étales.

Un village de pécheurs.

A l’horizon dans le ciel :

Un soleil irradiant une lumière noire.

Une sorte d’arc-en-ciel.

Une chauve-souris portant sur ses ailes ouvertes un phylactère sur lequel on peut lire le mot « MELANCOLIA SI »

Evidemment mon propos n’est pas d’analyser tout ces détails. Je me limiterais à signaler ce qui est nécessaire pour mener à bien l’explication des trois points « alchimico- maçonniques ».

Le carré magique de 16 cases est appelle carré magique de Jupiter. Il semble que le choix de cette figure par Durer fut liée aux deux des cases du bas donnent l’année de création de cette œuvre… cependant rien de moins certain, car 1513+1514=3027, ce qui signale une valeur liée à 30 qui est capitale ici ! Quant à la figure joignant les nombres successifs elle forme deux étoiles à l’image des deux « soleils » de l’image : le « noir » sur l’horizon et le « blanc » à droite de l’image comme le montre les ombres portées.

Carré magique 16

Les deux étoiles à 8 branches du carré magique à 16 cases.


Le compas et le « soleil noir ». Le compas tenu par l’ange est des plus expressifs puisque l’écartement de ses branches a  la même valeur que la hauteur du « soleil noir » sur l’horizon. Durer désigne donc un phénomène céleste précis. Lequel est-il ? Il est bien évident que ce n’est  pas une comète, comme l’affirme Louis Barmon prétextant que l’une d’elle traversa le ciel occidental en 1513 et 1514. La concordance entre l’ouverture du compas avec l’élévation de l’astre sur l’horizon ne peut que désigner une étoile fixe bien définie, un astre cependant invisible (comme l’est d’habitude un ange) véritable « soleil noir » qui culmine à  30° au-dessus de l’horizon, d’où le nombre 3027 fruit de la somme de 1515+1514.

Evidemment personne n’a vu un pareil « soleil ». Justement Dürer exprime bien qu’il est invisible. L’arc-en-ciel n’en est pas un. C’est un reflet, une auréole formée par les rayons de l’astre sur ce que l’on peut comparer à une vitre posée verticalement sur l’horizon. Le soleil est de l’autre côté de cet interface, de cette « vitre » qui sépare deux mondes, avec la chauve-souris (animal nocturne) dont elle semble issue. Ce « soleil » invisible (situé dans une autre dimension) ne projette pas de rayons visibles sur les objets de la gravure.

C’est donc un astre à irradiation invisible, d’où sa représentation en « soleil noir ».

Cette connaissance très rare, de cet artiste exceptionnel, provient de la perception du peintre dont Goethe reconnaissait cette naïveté qui caractérise ceux qui voient le monde autrement. Point de secrets issus des Rose-Croix ou de la Franc-maçonnerie. C’est une connaissance liée à l’état d’âme, à la manière d’être et non à des communications confidentielles.

Seul quelque mystiques en parlent qui sont lu et incompris car leur précepte est trop simple pour des personnages aussi grand que des ésotéristes chevronnés et souvent breloqués. Vous voyez, chers/res amie/es je suis toujours aussi iconoclaste envers les galonnés joliment décorés!

Mais retournons à nos moutons pour parler d’un homme, d’un grand mystique qui s’est éteint en 1905 à Lyon. Ses parents savoyards étaient pauvres, aussi ils l’envoyèrent à Lyon chez un oncle qui était boucher où il gagna sa vie durant son jeune âge pour ensuite s’inscrire à la Faculté de médecine. C’était un homme qui guérissant les malades sans médicaments, sans magnétisme ni salamalec.

Je n’en finirais plus d’énumérer ses distinction que se soit celle de la légion d’honneur, de sa nomination de membre correspondant de l’Académie Christophe Colomb de Marseille (Beaux-Arts, Science, Littérature, Industrie). Celle de la ville italienne d’Acrib qui le fit citoyen d’honneur. Quant à la Croix Rouge Française elle l’inscrivit sur son livre d’Or comme officier d’Honneur. En 1886 il est nommé Membre Protecteur de l’Académie Mont-Réal de Toulouse. Quant à l’Académie Royale de Rome elle lui conféra le titre de Docteur en Médecine honoraire. Etc. Et tout cela, plus d’autres distinctions par le prince de Monténégro et le Tsar de Russie, pour les guérisons multiples et toutes sortes d’aides humanitaires.

Cet homme, fut méprisé et appelé charcutier charlatan, à la télévision, par un individu que tout le monde connaît à Rennes le Château, c’est celui qui fit courir des mensonges en qualité de plume assujettie à l’esbrouferie célèbre du « Prieuré de Sion ». Vous l’avez compris c’est Gérard de Sèdes qui ne pouvait pas « piffrer » cet homme hors du commun qui réduisait à néant ses prétentions ésotériques… et malgré cela son filleul le docteur Philippe Encausse (le fils du docteur Gérard Encausse dit Papus) écrivit un livre sur sa vie et ses fait. Savez-vous ce qu’il arriva ? Ces abrutis de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, ceux de la Société des Gens de Lettre et pour couronner le tout les gagas de l’Académie Française le récompensèrent ! ! ! Je ne sais pas si Gérard de Sèdes a pu avaler la pilule… La méchanceté et la calomnie m’ont toujours révoltés alors j’essaye maladroitement de réparer l’œuvre des mauvaises langues en informant le mieux possible.  Avec toutes les fausses informations que diffusa Gérard de Sèdes, de son propre chef et sous l’égide du prieuré de Sion, il y aurait peut-être de quoi remplir pas mal de poubelles du département de l’Aude… J’exagère évidemment ! Cependant des auteurs connus dans le monde entier ont écrit des balourdises en croyant ce pauvre manipulé, comme ce fut le cas pour les rédacteurs des deux gros livres Le Message et L’Enigme Sacrée des anglais Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln. Pour réaliser l’importance de ces détritus de l’histoire n’oublions pas le fameux Da Vinci Code, de Dan Brown, ce spécialiste bidon du symbolisme qui plie la réalité jusqu’à tordre le méridien de Paris pour le faire passer sur sa blanche Albion !    

Mon naturel grincheux reprend du poil de la bête ! Fichtre, qu’est-ce que je suis en pétard. Ben oui j’aime énormément Philippe NIZIER pour sa profonde valeur spirituelle et sa connaissance immense directement liée à l’Esprit et aux puissances de création.

Je fais office d’informateur. Donc je ne saurais influencer votre état d’âme, vis-à-vis de ce grand mystique, entre charlatanisme,  incertitude ou adhésion. 

En toute impartialité je me dois de vous citer quelques passage de l’ouvrage du docteur Philippe Encausse primé par trois académies et de celui d’Alfred Haehl qui suivit l’enseignement de Philippe Nizier, que ses amis appelaient maître, et fut témoin de multiples guérisons et faits extraordinaires :

« Le professeur Brouardel, de la Faculté de Médecine de Paris, est venu se rendre compte de ce que faisait M. Philippe. Il y avait dans la salle une malade haletante, marchant à grand-peine, fortement enflée du ventre et des jambes, qui attira l’attention du professeur. M. Philippe pria ce dernier d’examiner la pauvre femme dans une pièce contiguë à la salle des séances. « Eh bien ! dit-il au professeur, que pensez-vous de cette femme ? » Celui-ci expliqua que cette personne souffrait d’hydropisie généralisée et qu’elle n’avait probablement que quelques jours à vivre. Lorsque la femme revint dans la salle, soutenue par les élèves, elle avançait avec la plus extrême difficulté ; sa respiration courte et oppressée faisait mal à entendre. « Marche ! » lui dit M. Philippe. « Mais je ne peux pas ! – Marche plus vite ! » Et voici qu’au bout d’un instant, sa marche hésitante se fit plus aisée, et elle s’écria joyeusement : « Et maintenant je vais danser ! » Tout en retenant ses vêtements devenus subitement beaucoup trop amples. L’enflure du ventre avait disparue comme celle des jambes ; la joie de vivre était revenue dans son corps que la Faculté avait condamné un instant auparavant. Et il n’y avait sur le plancher aucune trace d’eau. Le professeur Brouadel s’avança vers M. Philippe et lui dit : « Je m’incline, mais la science ne peut comprendre ce qui vient de se passer ». Puis, saluant M. Philippe et les témoins, il se retira. »

Un second exemple donnera une idée des capacités de Philippe NIZIER :

« Un homme de trente-cinq ans avait reçu un coup de pied de cheval à l’épaule gauche qui lui avait brisé la clavicule. Il avait été opéré et des fragments d’os lui avaient été enlevés. Depuis un an il avait le bras rigide. Le Maître lui dit qu’on ferait quelque chose pour lui et il ajouta : « Vous vous souvenez de ce malade qui est venu à la séance avec un doigt coupé qu’il avait mis dans sa poche ? ». Plusieurs personnes présentes répondirent affirmativement. « Vous vous rappelez qu’il revint ensuite avec son doigt entier et guérit ; et bien ! il va en être de même pour cet homme, les os de son épaule repousseront et il pourra se servir de son bras ». Quelques instant après, M. Philippe demanda au malade : « Trouves-tu un mieux à ton bras ? – Oui. – En es-tu sûr ? » Il répondit encore affirmativement. En effet nous pouvions tous voir cet homme mouvoir son bras et sa main. »

Un troisième et dernier exemple donnera une idée de la dimension de cet être élevé dans la hiérarchie spirituelle qui n’est plus de l’ordre de la guérison mais de la mort :

« Un jeune homme nommé Fier, qui avait un goitre, avais fait demande au Maître pour sa guérison.

       A quoi bon, dans un an il doit partir de l’autre côté.

Après cette réponse catégorique j’osais insister en lui disant : « Malgré tout je vous en supplie, ô Maître, daignez guérir Fier de son goitre ». Quelques jours plus tard, je vis Fier venir à moi et me remercier d’avoir obtenu sa guérison. Je lui fis remarquer que le Maître seul devait être remercié.

Un an plus tard, le Maitre me dit : « Fier est bien malade ; veuillez aller voir si sa mère a quelque besoin ».

Je me rendis auprès de Fier qui était au plus mal. Sa mère en pleurant me dit : « Vous voyez ma triste situation ; non seulement mon père que vous voyez malade est au lit depuis longtemps mais mon fils est à ses derniers moments. Cette nuit je vais sans doute me trouver toute seule et j’appréhende de le voir mourir ».

Je fis tous mes efforts pour réconforter cette pauvre mère et, au moment ou je lui disais que le Maitre m’envoyait à elle, le Maître entrait et, s’approchant du lit de Fier, il dit après quelques secondes de silence : « Fier, regarde ».

Et élevant la main il lui désigna un endroit.

-         Vois-tu ce que je te montre ?

-         Oh que c’est beau !

-         C’est beau ! c’est là que tu vas aller. N’oublie pas, lorsque tu seras là, ceux que tu laisses ici-bas.

Puis après quelques secondes, le Maitre dit au jeune homme : « Fier, rend-moi ton âme ».

A ce moment, Fier, dont un sourire baignait les lèvres, poussa un profond soupir et rendit son âme à celui qui là lui demandait.

Mme Boudarel, Mlle Félicie, ainsi que la mère de Fier étaient présentes. »

 

Outre ces capacités, directement liés à sa profonde et puissante spiritualité christocentrique, Maître Philippe (n’en déplaise aux thuriféraires de Gérard de Sèdes et de René Guénon) avait connaissance des lois de l’univers. Il va donc éclairer notre lanterne sur le sens caché de l’œuvre d’Albert Durer :

« Le jour ; il y a le soleil qui donne la vie et la force à la matière et aux organes qui travaillent la nuit. La nuit, il y a un autre soleil ; il donne lui aussi la vie et la force à la matière et aux organes qui travaillent le jour. C’est le soleil des morts, c’est-à-dire de ceux qui, quoique vivants, ne peuvent voir l’autre lumière. Il émet des rayons invisibles qui traversent toutes choses. »

Outre la compréhension de l’origine du ying et du Yang des orientaux nous saisissons pourquoi nous reprenons nos forces la nuit et pourquoi le processus de guérison des malades se déroule la nuit…

Par ailleurs le travail de l’alchimiste nécessite, pour « tailler » la pierre le « burin » particulier de cette énergie solaire, d’où le creuset à côté du polyèdre dans la gravure mélancolisa SI de Dürer. De ce fait pour ne pas perturber sa transmission à la matière ce rayonnement ne doit pas interférerez avec des ondes électromagnétiques générées par tout appareil électrique. Cette précaution est valide pour toutes les voies alchimiques et de ce fait le laboratoire ne peut être éclairé qu’avec des bougies ou par la lueur lunaire. Nous retrouvons là les bougies du cabinet de « réflexion » de la Franc-maçonnerie où le crâne, posé sur une table et la noirceur du lieu, est en directe relation avec la lumière « noire » des « morts ».

Maître Philippe poursuis :

« Ce soleil n’est pas noir, quoi qu’en disent les Hindous, il est lumineux comme l’autre. Il luit dans les ténèbres et nous ne le connaissons pas. »

C’est exactement le sens de l’Evangile de Jean :

« Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des Hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’on point reçues…

Cette lumière était la véritable lumière… » (Jean I, 1-9)

Le prêtre catholique récitait ce passage à la fin de la messe Tridentine, analogue à la fin des temps lors de la réintégration des être symbolisé par le retour à la sacristie. Car le mot messe veut dire renvoi. Retour de l’endroit d’où nous venons, autant dans nos foyers que dans une vie qui est réellement la notre et que nous avons quitté. Evidemment ce que je dis là ne fait que compléter les interprétations diverses de cette citation. Tout texte mystique possède, par sa surrationalité, des explications de différents niveaux, parfois intellectuellement insaisissables, qui s’interpénètrent et se révèlent en fonction de l’attitude de chacun…

« Il sera visible pour les hommes au renouvellement des choses. Dès maintenant il est sur l’horizon, à un angle de 35°environ. C’est la vraie lumière…

Outre la confirmation des paroles de St Jean, nous voyons la correspondance avec l’ouverture du compas (cher aux francs-maçons) de l’ange de la gravure et l’élévation du soleil dont la noirceur est confirmée par la chauve-souris tenant son phylactère sur lequel on lit « MELANCOLIA SI. »

Certes cela n’est pas étranger à l’œuvre au noir alchimique nécessitant cette lumière invisible mais finalement ce n’est pas là le principal mais bien ce troisième luminaire, avec le soleil et la lune, qui est un  « vénérable » inconnu (qui doit être vénéré) devenu le point situé au sommet du triangle qui caractérise les frères du soleil noir et donc les frères alchimistes ou frères à trois points…  

Evidemment cet article succinct ne fait que compléter les précédents que j’ai écrits sur les trois points alchimiques.

La Franc Maçonnerie et son symbolisme alchimique est dépositaire de richesses insoupçonnées. La loi d’analogie et celles des correspondances qui établissent des liens entre ce que nous connaissons et ce que nous ne connaissons pas nous réserve bien des surprises. Ce que nous considérons comme impossible ne l’est pas systématiquement. Pour accéder à cet impossible, tel le monde des causes, le seul chemin est la simplicité. L’Homme doit se débarrasser d’un carcan qu’il s’est infligé à lui même au fil des siècles, c’est celui de sa complaisance dans l’abstraction et la complexité. Il suffit d’observer notre système administratif pour découvrir cette lèpre qui ronge tous les domaines de notre vie et les spécialistes des sciences en meurent étouffés, aveugles puis condescendants. Ce n’est donc pas sans raisons que le « Claudo » de Nazareth a dit un jour : « Laissez venir à moi les petits enfants ». Mais enfin, je ne vais pas vous faire l‘injure de vous raconter ce qui vous reste à faire !

A la gloire des trois luminaires, des trois points et du creuset des alchimistes qui nous tire vers le haut en nous ouvrant les portes de l’univers suprasensible et de sa tangible existence.

 

« MORT, OU EST TA VICTOIRE ? MORT, OU EST TON AIGUILLON ? »

(Premier épitre aux Corinthiens. XV, 51-58)

 

 

Avec toute mon amitié.

 

Bibliographie 

La symbolique maçonnique, J. Boucher, éditions Dervy. 1948 (réédité)

Le mystère des Cathédrales de Fulcanelli.

Les demeures philosophales de Fulcanelli.

La lumière du chemin, Isha Schawaller de Lubicz.

La Maitre Philippe de Lyon, Docteur Philippe Encausse, Editions Traditionnelles, 1988.

Vie et paroles du Maître Philippe. Alfred Haehl. Editions Dervy, 1980.

 



[1] Motifs entrecroisés que l’on retrouve aussi sur les fenêtres des tableaux de loges des Francs-Maçons.

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 10:58

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L’Eglise de nos pères, du premier millénaire, celle qui mérite le nom d’Eglise Universelle car indivise (à ne pas confondre avec son homonyme l’Eglise Catholique qui se dit universelle du seul fait qu’elle est  présente partout !), cette Eglise primitive n’avais pas subit les ravages égocentriques de l’intellectualisme et était encore imprégnée de l’enseignement du Christ. Elle pratiquait énormément le symbolisme dans la liturgie et ses relations avec le suprasensible. L’on comprend fort bien que les milieux de l’ésotérisme, notamment la Franc Maçonnerie, aient cherché à perpétuer cette dimension avec plus ou moins de bonheur.

Cependant les prêtres cultivés du XIXème siècle, siècle d’or de l’occultisme, pouvaient approfondir le sens spirituel des symboles d’une manière beaucoup plus pertinente que les laïcs car ils avaient à leur disposition des histoires « confidentielles » de l’Eglise conservés dans leurs bibliothèques presbytérales comme à Alet-les-Bains (ancien évêché ou régnait Nicolas Pavillon ami de l’alchimiste saint Vincent Depaul) administrée (au XIXeme siècle) par le curé érudit J.-Th. Lasserre accompagné de son  jeune vicaire l’abbé Béranger Saunière.

Actuellement le rejet, ou la séparation du symbolisme avec sa dimension mystique chrétienne fait passer à côté de bien des trésors et de bien des compréhensions comme cette irritante énigme du nombre 17, omniprésent à Rennes le Château, dont j’ai donné par ailleurs une interprétation (Rennes le Château la carte des trésors) mais dont l’origine liturgique fut quelque peu négligée alors que son importance, en fonction des protagoniste de cette histoire, est pourtant des plus évidente.

Evidemment nous ne pouvons que rester dans le symbolisme de la messe tridentine que célébrait l’abbé Saunière et ses successeurs jusqu’en 1968, année ou les réformes du concile Vatican II furent appliquées dans le désarroi que l’on connait au point de profondément perturber saint Padre Pio qui en perdit, non sans pertinentes raisons, son sourire…

La liturgie antique recèle des trésors insoupçonné car étroitement liée à l’esprit des premiers chrétiens dont la préoccupation essentielle était de tout sacraliser, y compris les lois de la nature, et surtout de se diviniser, ce qui permit une effervescence alchimique dans les officines des monastères. De ce genre de recherches spagiriquo-alchimique nous sont resté des vins ou liqueurs à fin thérapeutiques comme la bénédictine et la chartreuse ou encore la fameuse blanquette de Limoux (qui était élaborée selon la méthode non champenoise. Actuellement les producteurs nous abreuvent faussement de « blanquette champenoise » en cherchant à surfer sur la notoriété du champagne). La blanquette d’origine est un vin doux fruité naturel et pétillant. Il n’existait pas de blanquette brute ou demie brute. C’était donc un vin effervescent de dessert à consommer avant les sucreries, peu alcoolisé mais fruité sans adjonction de sucre. Son action était donc essentiellement énergétique et thérapeutique sans négliger pour cela le plaisir de la table.

Actuellement on abreuve les touristes d’un « vin » pétillant sec ou artificiellement sucré sous le nom de blanquette traditionnelle. Ceci étant dit pour prévenir celles et ceux qui veulent profiter pleinement de la quintessence du terroir de l’ancien comté de Razès. Ne vous fiez pas aux gros revendeurs mais aux tout petits producteurs… si vous en trouvez !

Il est vrai que je ne suis pas hors sujet puisque je vais parler de la messe (que les bouffeurs de curé me pardonnent mon outrecuidance !) durant laquelle le prêtre dégustait un vin doux qui n’était autre que du muscat comme dans les Pyrénées Orientale… Muscat dont on vient d’inventer la version sèche (comme il se doit !) à faire frémir d’indignation les dieux ! Je dis cela car notre monde a besoin de douceur au lieu de s’éclater le palais avec des produits décapants, pour les chiottes, sortis de l’imagination de  Belzébuth le dieu des mouches « à miel », bras droit de Mammon le saint patron du fric.

Durant cette messe, que pratiquent toujours les   Traditionnalistes, le prêtre encensait, dans la partie de l’office appelée « offertoire », les offrandes (hostie et calice). Avec l’encensoir il traçait, au dessus du pain et du vin eucharistique, trois croix qu’il entourait de trois cercles. Cette manière de procéder est très ancienne et remonte à la primitive Eglise des Gaules, à l’époque ou fleurissaient les voutes romanes du premier millénaire. La croix inscrite dans le cercle était un symbole fondamental de l’Eglise Gallicane ancienne ou Eglise primitive universelle. Donc ne croyons pas à sa simple adoption par l’Eglise Celtique, mais à son universalité. En effet, à l’occasion de l’ordination d’un clerc, moment ou on imposait la tonsure, l’évêque coupait – en signe d’adoption par l’Eglise – cinq mèches de cheveux à l’ordinant prélevées sur le front, la nuque, puis les tempes gauche et droite. On voit là que le cercle est symbolisé par la tête et la croix par les cinq coupes de cheveux.

Ce symbole était analogue au cercle du soleil se levant sur la croix de l’autel orienté à l’Est dans toutes les églises.

La tête de l’ordinant, ou l’ordinant lui-même dois se confondre avec le Christ solaire, en en mot entreprendre la démarche, vers la lumière, de sa divinisation dont les étapes successives seront les sept ordinations menant à l’épiscopat. Ces niveaux de croissance nécessaires furent malencontreusement supprimés par le concile Vatican II. De ce fait les prêtres et les évêques perdent la validité de leur ordination car non étayée et non murie par la réception de sacramentaux particuliers et le franchissement de paliers successifs nécessaires à la « maturation ». Ainsi, selon l’Eglise traditionnaliste, le pape Benoîts XVI n’est pas évêque (donc n’est pas pape légitime) car il fut invalidement consacré épiscope selon le cérémonial (Pontifical et cérémoniaire des évêques — invalide, je le répète —de Paul VI) issu des décisions imprudemment concoctées par les cardinaux du concile Vatican II. Je me suis permis cet aparté quelque peu iconoclaste et hérétique, pour les bons Catho et papistes inconditionnels, car il me fallait donner du bon grain à moudre à ceux qui s’intéressent à la prophétie des 111 papes attribuée à saint Malachie d’Armagh (1094-1148)…

Le cercle associé à la croix était un symbole fondamental, autant était-il celui de l’illumination intellectuelle que de l’illumination mystique. C’est pourquoi dans la cire du cierge pascal, (la flamme est assimilée à la lumière du Christ) de coupe circulaire étaient planté en forme de croix cinq clous symbole de la passion, et cela même si en réalité il n’y en eu que quatre ou peut-être même trois seulement.

Ces cinq clous étaient disposés d’une manière identique aux cinq coupes de cheveux lors de l’ordination à la cléricature ou premier ordre mineur (il y avait cinq ordinations mineures) symbole d’adoption provenant d’une pratique usité chez les romains qui s’officialisait, dans l’empire, par une cérémonie durant laquelle l’adoptant coupait une mèche de cheveux à l’adopté.

Actuellement l’officiant dispose d’une hostie monumentale dont la grandeur se rapproche tellement d’un ustensile de spectacle que j’en reste stupéfait avec une envie irrépressible de rigoler. Je dois me faire violence pour rester conciliant, en ce théâtre, car on ne saurait exiger des peoples de cultiver la discrétion !

Depuis fort longtemps il existe des hosties de huit à dix centimètres de diamètre à l’usage du prêtre, et cela depuis les temps immémoriaux ou la table de communion en sigma reproduisait le croissant lunaire… mais là n’est pas mon propos, même si l’analogie alchimique est fascinante… faut-il en être surpris ?

Durant l’office la grande hostie du célébrant était posée au centre d’un linge blanc ou  corporal (support de corps du Christ, d’où le nom de ce linge sacré). Mais le remarquable ouvrage La Messe, études archéologiques sur ses monuments (1883) de Charles Rohault de Fleury qui fut édité par A. Morel et Cie, libraires-Editeurs, nous livre bien des particularités en usage dans la liturgie des premiers siècles que l’on a pu relever dans les bas-reliefs des sarcophages, dans les miniatures du manuscrit de Cambridge ou dans l’ivoire du Dôme de Milan. Ainsi la page 32 du premier volume nous apprend que pour la Noël, à l’occasion de la Transfiguration (fêtée le 6 août) et à l’Ascension, la grande hostie était accompagnée de plusieurs petites, dont 4 formaient une croix avec la grande au centre, puis 12 autres étaient disposés en cercle autour de la croix, formant ainsi une croix celtique avec 17 hosties.

Nous retrouvons cette croix « celtique » autant au sommet de l’obélisque érigée sur la pierre tombale du vicomte de Chefdebien (sur l’ancienne route nationale de Narbonne à Couiza) que dans l’église de Rennes le Château agencée par l’abbé Béranger Saunière.

Au-dessus du bénitier, derrière les quatre anges qui forment le signe de la croix, on peut voir une belle croix celtique dont le cercle est agrémenté de 16 billes (4 fois 4) dont la 17ème est au centre de la croix.

Soulignons au passage que le grand œuvre alchimique (voie du cinabre) repose sur le facteur 4 à l’instar de bien des passages de la Genèse. Ainsi 40 est la clé alchimique du récit de Moïse.

Dans le Grand Œuvre, la phase dite Solve (la matière est soit en solution soit à l’état liquide comme l’eau du bénitier) se déroule en 8 mois philosophiques (ne correspondant pas à des mois de notre calendrier tout en lui étant proportionnel). Ce chiffre 8 est, comme l’on sait, un multiple de 4 (4X2). Solve caractérise donc « l’ouverture » de la matière première, son changement d’état, ici de l’état solide à l’état liquide, afin de pouvoir devenir apte à capter l’énergie nécessaire à sa mutation, laquelle poussée à l’extrême est une véritable métamorphose.

J’ouvre une parenthèse pour dire à ceux qui bidouillent dans un labo, pour trouver la pierre qui transmute en or, qu’ils peuvent s’atteler s’ils n’ont pas trouvé l’esprit. Je parles là à plus de 80% des « alchimistes ».

Il faut dire que la partie méridionale de notre pays est favorisée comme le souligne l’alchimiste Cambriel (qui fut, oh ! surprise, fabricant de draps à Limoux) d’autant plus favorisée qu’elle se trouve en hauteur comme le village de Rennes le Château.

Telle est, avec ce chiffre 8, l’une des raisons ésotérique de la forme octogonale des anciens baptistères dont l’eau baptismale correspond à la matière liquide (solve) chargée d’esprit lequel va se communiquer au baptisé lorsque le prêtre lui dira : « ephata (ouvre-toi) ».

Solve est une phase nécessaire et donc universelle qui caractérise toutes les « voies » alchimiques issues de la Genèse de Moïse, que ce soit celle du cinabre, du régule étoilé ou du verre avec la « rosée » dite aussi voie humide. C’est la raison pour laquelle les auteurs parlent tantôt de l’un, tantôt de l’autre, de ces procédés en se gardant bien de spécifier qu’ils mélangent tout. Evidemment cela ne fait pas la joie des chercheur (sauf de ceux qui ont lu et relu pour la énième fois), mais, comme disait l’ancien humoriste Fernand Reynaud : « C’est étudié pour »…

Il est en effet une maladie mortelle très répandue qui consiste à lire, pour s’informer et à oublier en se gardant de relire et relire, action qui caractérise uniquement les gens motivés. Sans lire, relire et relire autant faire pipi dans un violon… et après ça on veut connaître la musique ? L’attitude ne saurait être différente en ce qui concerne le décryptage de toute énigme y compris celle de Rennes le Château.

La croix celtique de notre bénitier est très particulière, puisque le cercle qui entoure le centre de la croix comporte 16 billes, plus exactement 4x4 ce qui est, dans la voie du cinabre, le nombre de mois philosophiques nécessaires pour fixer (solidifier) la pierre ou coagula. Mais ce n’est pas tout, une 17ème bille est placée au centre de la croix répondant au 17 constitué par les deux lettres surnuméraires du « LE » incongru de l’inscription : PAR CE SIGNE TU LE VAINCRAS qui aurait due s’écrire PAR CE SIGNE TU VAINCRAS. La lettre L est la 12 ème de l’alphabet et le E la 5ème. La somme donne un 17 très particulier puisqu’il correspond à la croix constituée avec 5 hostie dans un cercle de 12 Il y a donc un désir de désigner la croix celtique de l’aube de l’Eglise. Nous avons aussi une désignation de l’est avec insistance pour désigner un lieu sacré inviolable dans un carré bien défini.

A la lumière de ce que je viens de vous raconter il semble que le livre intitulé La vraie langue celtique et le cromlech de Rennes-les-Bains écrit par l’abbé Boudet ait une raison d’être des plus essentielles car le cercle d’hosties se superpose aisément au cercle du cromlech. Au chercheur de trouver la croix !

Aurais-je tord de croire que notre curé avait des accointances avec l’Eglise primitive ? Il est aisé de comprendre que face à une Eglise ayant perdu l’Esprit (et cela dès le XVIIème siècle), certains êtres profondément motivés aient éprouvé le besoin d’approcher davantage « le flambeau » de la vérité qui jaillit au centre de la croix (logique cruciforme). Trop souvent l’on ne prend pas conscience qu’une recherche de la rectitude, dans une profonde spiritualité active engendre, sans l’intermédiaire du livre ou de la logique rationnelle, la Connaissance.

Et cette connaissance conduit à bien des trésors, trésors des  plus concrets que l’intelligence la plus vive n’aurait jamais permis de découvrir.

Avec toute mon amitié.

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 15:57

 

 

 

JANUS 4

Voici une lettre que m’a fait parvenir une lectrice à la suite de mon article LETTRE OUVERTE AUX CUL-NON-BENITS .

 

Je suis tentée pour une fois, cher ami, de m’inscrire en faux contre ce déni de l’église traditionnelle.
Non pas que je sois une catho pratiquante ni un cul béni, puisque mon chemin s’est considérablement éloigné des enfantillages enseignés par un certain clergé bouché, mais d’une part, je crois qu’aujourd’hui ce clergé obtus n’est plus majoritaire et que bon nombre de prêtres acceptent de se poser les bonnes questions et d’autre part, en ce qui me concerne l’éducation Chrétienne Classique que j’ai reçue m’a donné les bonnes bases qui m’ont permis d’aller plus loin.
Quant à ces définitions, émanant de divers auteurs sur les mystères, je les trouve appropriées, car les mystères doivent être d’abord acceptés sans être compris si on veut un jour les comprendre.
Il faut les laisser mûrir, (ou cuire, voyez-vous) pour leur laisser une chance d’éclater un jour, au grand jour.
A mon avis celui qui refuse de croire tant qu’on ne lui a pas expliqué ou qui veut tout savoir, tout de suite, ne saura rien.


Pour moi, les fameux mystères sont de vrais tremplins vers la connaissance lorsque par une porte ouverte ils se révèlent, d’eux-mêmes, dans toute leur lumineuse vérité.


Mais pour cela, il faut d’ abord admettre les postulats que vous citez par leur référence de pages d’ouvrages, p28, p56, p566 ……

Pardon mon ami de vous contredire.

Bien affectueusement.

 

T

rès grand merci mon amie de m’écrire avec ce fond de vérité et de gentillesse que l’on rencontre trop rarement. Je n’ai absolument rien à vous pardonner mais surtout à vous dire encore merci pour avoir exprimé le fond de votre pensée avec cette délicatesse qui caractérise les êtres attentifs de ne point heurter ses amis et les autres en général, ce qui —à mon avis — caractérise l’attitude d’un être désireux de progresser.

Quand, dans votre urbanité, je vous compare avec cet « alchimiste » qui me traite de névrosé (toujours à propos de ce même article) sans autre forme de procès, comprenez que j’apprécie grandement votre manière de procéder !

 

Oui, le clergé obtus tend, apparemment, à disparaitre car il ne fait plus recette. Il est donc progressivement supplanté par des ecclésiastiques à l’esprit, apparemment, ouvert. Oui, tout n’est qu’apparence en ce domaine.

Pourquoi parler d’apparence avec autant d’insistance ?

Ce terme repose sur un fait trop souvent passé sous silence concernant l’ordination des prêtres. A cette occasion ils prononcent ce qu’ils appellent la « promesse d’obéissance canonique ». En d’autre termes ils promettent l’obéissance immédiate, au doigt et à l’œil si je puis dire, à leur évêque.

Le prêtre est donc libre de raconter ce que bon lui semble à ses paroissiens, c’est même recommandé d’aller dans le sens du poil de ceux qui le questionne. D’être ésotériste avec les ésotéristes, francs Maçon avec les francs maçons, socialiste ou rose-croix, etc. selon le sens du vent. Le curé fait tout pour séduire ceux qui s’adressent à lui, surtout ceux qui ne sont pas dans le giron de l’Eglise. Ils n’hésitent pas à dire, pour ces nombreux paroissiens devenus bouddhistes, que le bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie ce qui est faux évidemment. Un historien des religions, tel Otton Vallée, se fera un plaisir de vous l’expliquer. Mais ici on n’hésite pas à induire en erreur afin de dire aux bouddhistes anciens chrétiens que le bouddhisme qu’ils pratiquent ne les sépare pas du christianisme, qu’il n’y a aucune incompatibilité et qu’ils sont toujours au sein de l’Eglise Catholique ! Ils suivent cependant en qualité de catholique irréprochable, mais à titre personnel, un chemin spirituel particulier que l’Eglise ne saurait leur reprocher.

Vous voyez chère amie où le bât blesse par rapport à la vérité dont ils devraient être les premiers défenseurs, à l’image du Christ qui proclame si souvent en introduction de ses paraboles : « En vérité, en vérité je vous le dit… »

La séduction du marketing religieux s’exerce bien souvent au détriment de la vérité.

Il y a plus encore. Nos prêtres on des obligations de raconter tout ce qu’ils font à un bras droit de l’évêque que l’on appelle Vicaire épiscopal ou Protonotaire mais plus souvent Vicaire Général.

Si vous avez dit à votre curé que vous souhaiteriez parler de votre expérience spirituelle marginale pas rapport à l’Eglise, il a accepté avec plaisir et a mis une salle de conférence à votre disposition. La veille de la causerie votre curé viendra vous dire que le lieu n’est pas disponible car, sans vous le dire, il a fait un rapport dont la teneur a été refusée par le représentant de l’évêque... comme il doit obéir au doigt et à l’œil à son prélat, il est impossible de faire confiance à ce que raconte les simples prêtres.

Ainsi plusieurs de mes amis ont vécu des expériences similaires. L’un d’eux m’a même dit :

« Ils te tendent les bras et toi, tout confient, tu t’y précipite, mais juste avant d’arriver ils les referment avec une grimace de trois pans de long. »

L’éducation chrétienneclassique que vous avez reçue, dites-vous, vous a donné de bonnes bases qui vous ont permis d’aller plus loin ?

Je présume qu’en effet vous êtes plus proche de l’esprit de vérité lequel repose essentiellement sur votre désir de bien faire et d’avancer.

Parlons-en de cette éducation chrétienne « classique » qui n’a des chances d’avoir une valeur réelle que si vous êtes née  en l’an… 1100 environ ! Je ne parviens pas à saisir, sans que je mettre en doute pour autant votre bonne foi,  ce que l’éducation chrétienne « classique » reposant sur des mots, a pu vous amener de « sérieux » dans votre formation mystique fondamentale, si ne n’est, rendons lui justice en cela, d’avo amorcé le processus de spiritualisation. Vous a-t-on appris à vous mettre en présence de Dieu (comme le conseillent les missels) sans prendre le risque d’évoluer dans un phantasme ou d’élaborer un dialogue qui n’est qu’un monologue ?

Ce que je dis ici peut prêter à confusion, je suis profondément chrétien (névrosé pour certains) et donc je ne cherche absolument pas à détruire quoi que ce soit, à le redresser peut-être en prenant le risque de le torturer.

Disons d’une manière globale qu’aucun des trois aspects du christianisme que sont le catholicisme, les diverses orthodoxies et les différents protestantismes, n’est dépositaire de la vérité. Si nous faisons un triangle avec ces trois aspects, la vérité se trouve au milieu. Je partage en cela l’opinion du grand mystique Philippe Nizier (1849-1904):

« Le partage des vêtements du Christ. Il y a trois religions issues de l’enseignement primitif, qui se sont éloignés de la vrai religion, formant les trois angles d’un triangle, dont le centre est la vraie croyance » (paroles du 30 avril 1903) in Vie et paroles du maître Philippe p. 110 par Alfred Haehl, Dervy-Livre 1980.

Pour mieux saisir qu’aucune des trois religions n’ont accès à la vérité, remontons dans le temps. En 1500, le protestantisme n’existait pas, la « vérité » était donc partagée entre catholiques et divers orthodoxes.

Si nous nous projetons à l’an 1000, en ce temps là les catholiques et les orthodoxes n’existaient pas. Seule existait l’Eglise universelle (cette Eglise n’était absolument pas l’Eglise Catholique actuelle même si le mot catholique veut dire universel) où tous les chrétiens orientaux et occidentaux vivaient sous le même toit. C’était le moment où se bâtissaient les églises romanes. Le pape n’existait pas, il existait seulement des patriarches responsables des différentes zones géographiques, des « méga évêchés » en quelque sorte.

C’est à cette église que je me réfère, à sa mystique, à sa discipline ecclésiastique. C’est la seule qui soit réellement compatible avec l’alchimie, même si plus tardivement des monastères gardèrent cette connaissance de nos jours oubliée.

Cette Eglise unie était appelée gallicane car elle unissait les Gaules qui comprenaient non seulement la France mais aussi tout les pays de l’empire Romain d’Occident (grande Bretagne (dont le pays de Galle est évocateur), Espagne (où la Galicie en témoigne), Italie… auquel était joint les pays de l’empire méditerranéen Oriental (souvenons nous de la Galilée). Ce n’est donc pas sans idées précises que les apôtres débarquèrent d’abord en Gaule.

On retrouve cette union Orient-Occident jusque dans l’architecture romane comme dans la ruine de l’église sainte Marie à Alet les bains (Aude). Allez voir la façade côté cimetière et vous découvrirez l’orientalisme architectural de l’époque romane.

A cette période de l’histoire le christianisme ne se vivait pas, sur le plan mystique, de la même manière qu’actuellement. Cela nous est révélé par l’écrit le plus antique du christianisme qui était un précis de l’enseignement des apôtres lequel fut rédigé dès le premier siècle et que l‘on croyait disparu mais qui fut découvert à Constantinople en 1875. C’est un ouvrage qui traversa les siècles sans subir de déformations. Il s’agit de la Didachée (qui signifie enseignement).

Cet opuscule nous apprend combien la hiérarchie ecclésiastique actuelle est dépourvue de bon sens ou la mystique et les phénomènes paranormaux ont cédés la place à des animations télévisuelles sur fond de musique rock. Tout cela n’est pas propice au développement spirituel de l’être qui croit dans le silence ou un silence « mystiquement » orchestré avec le chant grégorien.

Mais la destruction d’un milieu favorable à la méditation n’est pas mon propos, pas plus que celui de la suspicion d’inefficacité dont étaient sujet les intello. (Docteurs en théologie) relégués, par nos Pères, au rang de tapisserie… J’aurais l’occasion d’aborder ces problèmes au moment opportun.

Ce qui est capital dans cet opuscule c’est l’insistance avec laquelle les auteurs soulignent la nécessité de s’inscrire d’abord sur le livre de vie. Cela va être au cœur de la formation des prophètes qui célèbreront l’eucharistie tandis que les apôtres garderont, comme à l’époque du Christ, le rôle d’itinérants.

« Il y a deux chemins : celui de la vie et celui de la mort. »

Telle sont les premiers mots la Didakée !

Et s’inscrire sur le livre de vie n’est pas une mince affaire. Cela nécessite un vouloir profond, une acceptation des échecs et s’acharner à surmonter sans broncher un sentiment d’impuissance et d’abandon.

Etre conscient instantanément, et viscéralement, du sens profond d’un acte avant de l’effectuer et cela d’une manière qui ne nécessite aucun effort d’attention.

Je ne saurais savoir ou votre lumière vous a conduite, aussi chère amie, pardonnez mes propos s’ils vous semblent dépourvus d’intérêt et vous paraissent anodins… Mais il y a les témoins à cet échange qui pourraient trouver là quelques originalités !

L’acquisition de ce genre d’attitude spontanée n’est pas liée à un conditionnement moral, ce n’est pas le fruit d’une croissance paisible car elles ne se révèlent pas d’elles mêmes. Nous devons prendre une épée et nous battre !

Vous serez inscrite sur se livre sacré quand montera du plus profond de vous-même la perception d’un langage que la tradition attribue à l’ange gardien. Oui, le premier pas est d’instaurer un dialogue sans paroles, mais fait de compréhension intantanée, avec l‘ange.

Cette inscription dans le livre sacré n’est pas le fruit d’un lent murissement mais celui d’une lutte, d’une conscience aigue de notre impuissance, ce qui revient à accepter viscéralement, et non théoriquement, notre petitesse.

Par ailleurs la « cuisson » dont vous parlez par allusion à l’alchimie est très réelle car elle est la résultante de nos blessures, de notre souffrance au combat ! Les alchimistes oublient trop souvent que la souffrance est universelle, elle se manifeste jusque dans le monde dit inanimé ou minéral. C’est la souffrance qui fait évoluer l’être et aussi la matière, d’où la dynamisation… mais là n’est pas mon propos. Loin de moi l’idée de me comporter en sado maso selon les psys en quête de terminologie pour orner mon portrait.

Accepter, dans un premier temps, les mystères sans les comprendre ? Comment faire autrement ? Evidemment il n’a jamais été question de les comprendre tout de suite ! L’essentiel est de ne pas les considérer comme incompréhensible et de refuser d’être définitivement dominé par l’interdiction de discernement, interdiction qui émaille les catéchismes illustrés par l’histoire de saint Augustin… Lequel n’a pas su comprendre que tout est dans tout ! (les cabalistes saisirons en langage des dieux que : « tout est dans le trou ») ce qui marque déjà sa séparation avec les connaissances des origines du christianisme… son « cœur » qui est la véritable intelligence (cerveau droit) ne fonctionnait pas ! Alors ne nous étonnants pas que face aux interrogations de Saint Jérôme il ait pris, sans raisons, l’initiative aussi brutale qu’irréfléchie de réfuter la nécessaire réincarnation, ce qui vaudra à Origène d’être un docteur de l’Eglise dont la doctrine est « entachée d’hérésie ». Un docteur de l’Eglise hérétique, il fallait oser le faire ! Car cet hérétique se range aux côtés de saint Thomas d’Aquin et de sainte Thérèse de Lisieux !

A mon tour très chère amie de vous demander pardon d’avoir osé vous contredire sans cette aimable prévenance et gentillesse dont vous avez sue faire preuve à mon égard.

Je souhaite de tout cœur que cet échange consolide notre amitié.

Bien affectueusement à vous.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 11:28

 

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Ce titre peu orthodoxe et désobligeant vis-à-vis de ces bon chrétiens, frisant le puritanisme exalté, ces culs-bénis — comme l’on dit —je le doit à Cavanna qui édita chez Albin Michel, en 1994, un ouvrage remarquable pétrit de vérités qu’il intitula Lettre ouverte aux culs-bénits.

Dans cet ouvrage il précise (en quatrième de couverture) qu’il écrit bénit avec un « t » de dérision, comme dans « eau bénite » en précisant qu’il s’adresse aux vraies grenouilles qu’il se fait un devoir d’injurier ! Je sais que ce livre est, malgré ses sarcasmes bien envoyés, profondément vrai car je suis de la même génération que l’auteur et je reconnais dans cet ouvrage ce qui a pétri son enfance autant que la mienne, tout les problèmes que posaient et posent encore une religion chrétienne tellement torturée par l’église qu’elle impose à ses ouailles des tords boyaux qui en réalité ne devaient pas exister !

Mais allez le faire comprendre aux fidèles conditionnés à mort (le mot n’est pas trop fort) ! Je dois préciser que les démissions de prêtres furent nombreuses au XIX et XXème siècle, et qu’un certain abbé Saunière, curé de Rennes le Château, en faisait partie car, en 1870, le concile Vatican I souleva des polémiques immenses (et savamment camouflées par l’Eglise Catholique) à l’occasion de cette décision pour le moins maladroite, pour ne pas dire déraisonnable, ayant dogmatisée l’infaillibilité du pape.

L’attitude de l’Eglise est tellement grave, et Cavanna est loin d’avoir tout dit, même s’il ne parle pas de l’inquisition et du « code noir », car il ne pouvait aborder le sujet que dans l’optique actuelle et en qualité de témoin.  Il traita le sujet par le biais de l’humour mais d’un humour aussi féroce que grinçant pétrit de vérité, et non dépourvue de conditionnement sentant la défunte SFIO bouffeuse de curés, ce dont je ne saurais lui faire le reproche puisque mon propre père y fut affilié. Le but, indubitablement intelligent est d’avoir su manier cet humour de charretier éduqué afin de supprimer toutes prises possibles aux abbés poudrés, à ces intello bourrés de théologie  jusqu’à l’indigestion et officiellement castrés mais puissamment amoureux de leur autorité.

Alors que le conditionnement déshumanise et bouche complètement l’horizon d’un homme qui ne dépasse pas la condition d’un chien de Pavlov… et pourtant c’est comme cela qu’on « l’éduque ». En d’autre terme les chrétiens qu’ils soient kato, orthodoxe ou protestants sont par définition fermés, cristallisés sur leur idéologie qu’ils appellent « foi ». Dans ces conditions ils sont tout sauf chrétiens. Aussi ne soyez pas surpris de cette exclamation de Cavanna :

« Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une foi pour toute dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « foi ». Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, ils l’on touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça. » p 7.

 

Sans vouloir faire une critique exhaustive du livre de Cavanna, il y a là un point capital qui concerne la croyance ou  plus exactement la manière de « croire ». Et ne nous leurrons pas, ne nous débattons par, cher chrétien, pour dire non à ce texte avec une tête de buté qui devient tête à baffe.

Cavanna a totalement raison de s’exprimer de la sorte. Dans la croyance inconditionnelle il est un zeste d’imbécilité. Soyons précis : la fermeture dans une croyance est l’inverse de toutes les lois de l’univers qui est constitué (en termes de thermodynamiques) par des systèmes ouverts, c'est-à-dire qui échangent de l’énergie et de la matière avec tout ce qui l’entoure. Si la vie est mouvement elle est essentiellement échange d’énergie à travers la nourriture la respiration, la fermentation etc… De ce fait tout ce qui est fermé, dans l’univers, n’échange plus et est voué à la mort ! Puis-je être plus clair ? Et bien cher lecteurs, malgré ce que je viens de dire rien ne changera pour les « bon » chrétiens. Mais je devais le dire pour ceux qui peuvent s’en sortir pour tenter de vivre leur « foi » autrement et d’une manière plus grandiose. Et terme bref disons qu’il faut passer de la croyance à la connaissance. Et la l’Eglise pose encore un obstacle qui n’existait pas dans l’Eglise primitive, (tout comme la « foi » selon le concept actuel) c’est celui de mystères.

Pour ne pas prendre le risque de tromper mes lectrices et lecteurs sur le sens de mystère, j’ai ouvert le Catéchisme de l’Eglise Catholique édité en 1992 par Mame/Plon, avec une introduction du pape Jean-Paul ll. J’ai donc cherché à l’index le mot mystère. Surprise ! Le mot y figure bien, mais dans un index thématique ! Cela signifie qu’il faut avaler « X » chapitres qui traitent le terme. Il n’existe pas une définition claire, simple et assez courte du mot mystère à laquelle on puisse accéder directement comme dans un dictionnaire ou tout autre ouvrage. En d’autres termes on vous endoctrine d’abord.

Je me suis ensuite référé au Catéchisme pour adultes édité en 1991 Par les évêques de France. La même chose, si ce n’est que l’index thématique est un index analytique beaucoup plus maniable et donc permettant de reconstituer une définition.

Ainsi à la page 28 j’ai pu obtenir cette information aussi précieuse qu’imprécise :

« Le « mystère », c’est-à-dire, au sens premier du mot, le dessein de Dieu, enveloppé dans la création depuis l’origine… »

Tandis qu’à la page 56 nous apprenons que la définition du mystère repose en fin de compte sur un… poème !

« C’est dire l’impossibilité pour les hommes de l’enfermer dans les idées qu’ils se font de lui. « Aucune parole ne l’exprime, il dépasse toute intelligence » (poème attribué à Grégoire de Nazianze). »

Impossible encore une foi d’obtenir une définition synthétique du mot mystère. Alors j’ai ouvert le Catéchisme Hollandais ou introduction à la foi catholique (qui fit couler beaucoup d’encre) Edité en 1968 par Charles Ehlinger.

La encore nos auteurs tournent autour du pot. J’ai pu cependant pécher à la page 566 une phrase significative :

« Les mystères de la foi sont les expressions qui nous sont données pour dire l’inexprimable qui se révèle dans chaque chose et dans chaque personne. »

Je n’ai pas envie de poursuivre et de m’ennuyez profondément en votre compagnie à lire des discours qui ne sont que des filets de camouflages. La philosophie globale de cette attitude peut se résumer ainsi : La culture de masse ayant augmentée il faut noyer le poisson d’une manière sévère en ayant recours à une philosophie d’évangélisation tarabiscotée et insaisissable.

Avant la première guerre mondiale beaucoup d’hommes et de femmes étaient analphabètes, aussi les théologiens s’exprimaient clairement car leur définition ne présentait aucun risque de polémique. Ainsi le Cours d’Instruction religieuse par Mgr Cauly, édité en 1911 par la librairie Poussielgue est précédé d’un bref du pape Léon XIII, et fut édité plus de 50 fois. Dans ce livre la définition du mot mystère est nette et sans bavures :

« Le mot mystère signifie, en général, une chose que nous ne comprenons pas. Dans la religion, un mystère est une vérité que nous ne pouvons pas comprendre, mais que cependant nous devons croire. » p 29

Voilà un premier devoir de bon chrétien, difficile à avaler pour tout individu actuel et tout individu raisonnable. Et l’on comprend que Cavanna se soit insurgé :

« J’aimais bien, étant enfant, que les choses fussent logiques, sans savoir que ça s’appelait comme ça. Avec Dieu tout là-haut, tout ça tenait bien ensemble, c’était du solide.

Il y avait bien quelques points où ça s’accrochait mal, l’abbé nous expliquait que c’était des « mystères », qu’il ne fallait pas chercher à comprendre, Dieu les avait voulus tels, l’intelligence qu’il avait donné à l’homme, bien que très grande, était toutefois insuffisante pour comprendre les mystères, mais Dieu, avec son intelligence infinie, les comprenaient parfaitement, lui, il s’en débrouillait très bien, on pouvait lui faire confiance.

Et bon, je lui faisais confiance. Même, cette idée de mystère m’enflammait l’imagination, un peu comme les conte de fées dont j’étais fort friand.

J’étais un enfant intelligent. Peut-on être intelligent et continuer à croire ? Il paraît que oui, des tas d’exemples l’attestent. Alors, c’est que quelque chose perturbe, sur ce point précis, le fonctionnement normal de l’appareil à raisonner.

Quoi qu’il en soit, on ne peut pas croire toute sa vie au père Noel. Moi, en tout cas. Vint un moment où, à la première question du catéchisme : « Qu’est-ce que Dieu ? » j’eusse répondu par : « Le père Noel des grandes personnes. »

Je ne supportais plus ces « mystères » qu’on nous avait présentés comme portant sur des points accessoires et qui, en fait, je le voyais clairement désormais, escamotaient l’essentiel. La merveilleuse architecture logique de la foi était bâtie sur des échappatoires. » p 15 à 16.

Cette citation est capitale, car Cavanna à absolument raison. Dans l’Eglise naissante les mystères n’étaient aucunement des phénomènes que l’intelligence humaine ne pouvait saisir. En disant cela l’Eglise Catholique, un peu moins l’Eglise orthodoxe, n’a pas dit toute la vérité. Elle ne pouvait la dire puisque son personnel était beaucoup plus administratif que mystique. L’Eglise par ses instances ecclésiales était donc devenue incapable de saisir la globalité du phénomène sur lequel reposent les mystères et encore moins de l’enseigner. Il fallut donc trouver une justification. Les théologiens (les scribes) eurent tôt fait de découvrir une position simpliste et confortable en décrétant l’impossibilité pour l’homme de comprendre ce que Dieu fabrique. Incompréhension, disent-ils, directement liées aux conséquences du péché originel. Comme le « péché originel » est pour moi un mystère je n’irais pas plus loin dans les obscurités théologiques bien commodes — par sa logique aristotélicienne et sa terminologie qui emberlificote — pour noyer des bancs de poissons tout entiers.

Un fait est certain : tout le monde n’est pas logé à la même enseigne à propos des mystères. Les hommes peuvent les comprendre. Pour le découvrir revenons à nos classiques qui sont indéboulonnables et directs dans leurs expressions. Je veux parler des Evangiles. Pour saisir le fait dans son essence il suffit de se référer à l’évangile de Matthieu. Au paragraphe 13 on peut lire (verset 10) :

« Les disciples s’approchèrent et lui dirent : « pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il répondit : « A vous il est donné de connaitre les mystères du royaume des cieux, mais à eux cela n’est pas donné. »

Là nous avons une aiguille sous roche. Les théologiens n’ont pas tout dit puisque ce seul texte prouve que les mystères peuvent êtres compris par certains hommes, ici les disciples du Christ. Donc le message est clair : « soyez les disciples du Christ et vous comprendrez les mystères ! »

Ouvrez le vénérable Dictionnaire du Foyer Catholique (Editions Librairies des Champs Elysées, Paris 1956) au mot « Mystère ». On vous raconte l’histoire de saint Augustin :

« Saint Augustin se promenait un jour sur une plage tout préoccupé du mystère de la Trinité dont il tentait d’explorer les profondeurs pour les exposer dans l’ouvrage qu’il composait alors sur ce sujet, lorsque son attention fut attirée par un petit enfant qui faisait constamment le va-et-vient entre le et un petit trou qu’il avait creusé dans le sable ; il transportait une coquille qu’il remplissait d’eau de mer et déversait ensuite dans ce petit trou. « Que fais-tu là, mon enfant ? demanda Augustin. — J’essaye de vider la mer pour la verser dans ce trou. — Mais ce trou est bien trop petit et la mer bien trop grande. — N’est-il pas plus impossible encore, répondit l’enfant, de faire entrer dans votre esprit le mystère de la sainte Trinité ? »

Les auteurs de cet ouvrage concluent à la limitation de l’intelligence humaine pour saisir la profondeur des mystères :

« Cette anecdote insiste sur la disproportion qui existe entre le mystère vérité divine que nous a communique la Révélation, et l’intelligence humaine qui dans toute sa grandeur, reste celle d’un être fini, donc limité, donc incapable d’embrasser l’infini. »

L’interprétation ne manque pas de rapidité (l’Homme est-il réellement un être fini ?) et ne considère pas l’image, son symbole, qui est pourtant profondément significatif. Saint Augustin lui-même ne pouvait saisir cette évidence en qualité d’intello, et donc (excusez mon manque de déférence) de « roitelet » de la patristique.

Le message est en réalité le suivant, oui ta raison ne peut saisir actuellement le mystère de la sainte trinité, comme celui de l’Incarnation et de la rédemption. Regarde-moi (et vois) et tu auras la solution pour parvenir à comprendre.

Pour cela tu dois être petit très petit, que dis-je rien, zéro.  Alors tu pourras accéder, comme les apôtres, à cette compréhension, tu possèderas la connaissance ne nécessitant plus la croyance.

En d’autre terme saint Augustin, cet évêque d’Hippone (Afrique), ce docteur et « père » de l’Eglise bardé de « connaissances » était trop grand pour comprendre !

A chacun de saisir le sens de cette grandeur… et celui de la réelle petitesse. Le problème fondamental des mystères est là ainsi que celui des sciences sacrées, et cet art sacerdotal comme l’alchimie dont nous verrons la promiscuité puisque dans ce cas il s’agit des mystères de la création étroitement lié à celui de l’Incarnation. Mystères inséparables de ceux de la nature… « Allez évangéliser la création toute entière » dit le Christ à ses apôtres. (Marc XVI, 15)

Certains ne manqueront pas de demander : comment savoir si l’on est petit ?

Il est des attitudes caractéristiques comme celles associées au pardon. On peut presque dire que la capacité de pardonner est inversement proportionnelle à la grandeur. Plus on pardonne facilement et du fond du cœur, plus on est petit.

Cet article n’étant pas un cours de savoir vivre et encore moins un catéchisme, je m’arrêterais là. Certains me reprochent d’être un donneur de leçon, alors comprenez ma réserve.

J’ai souvent dit que l’homme était pourvu d’un cerveau extraordinaire, ce qui me fait dire que l’être humain n’est pas un être fini incapable d’embrasser l’infini.

Ce qui nous relie à l’infinie n’est évidemment pas notre intellect rationnel, matérialiste, celui que revendique Cavanna comme étant dépositaire de la vérité drapée de laïcité. Ce cerveau rationnel ne représente, en fait, que 10% de notre intelligence. Il réside essentiellement dans les rouages de notre encéphale cérébral gauche.

En d’autres termes nous possédons le support physiologique nécessaire pour dialoguer avec l’infini. Cependant il ne peut fonctionner normalement car nous sommes trop « grands ». Oui, nous sommes bouchés ! Je ne vais tout de même pas vous mettre les points sur les « i » en disant que cet indécrottable bouchon en ciment est l’ego ? J’entends d’ici les discours aussi concave que stériles de nos spiritualistes bavards prônant la nécessité de maitriser l’égo comme ils le font eux-mêmes ces cuistres, au gigantisme incommensurable, sous le couvert de leur fausse modestie.

Je ne vais évidemment par réécrire ici mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale. Mais accéder à la connaissance nécessite d’abord, vous l’avez compris, la recherche de l’attitude juste au point de mesurer la porté des paroles et des actes.

Cette attitude est à l’origine d’un fait très particulier qui, généralement, n’éveille pas l’attention : notre chemin de vie est pourvu de « panneaux de signalisations », notre attention est spontanément en éveil lorsque des risques apparaissent, alors qu’avant d’avoir franchi cette étape non nous laissions souvent surprendre, car insuffisamment concernés et donc endormis et somnambules.

Quand ces « panneaux de signalisations » apparaissent c’est le signe qu’une étape capitale est franchie, que l’on ne vit plus par et pour la simple « morale ».

Cela signifie que l’être est inscrit sur le « livre de vie » car il est réellement vivant, il mérite de vivre car cela en vaut la peine. C’est cela la véritable Vigilance… Cette prise de conscience est le premier pas vers la connaissance. En effet, nous commençons à nous connaître nous-mêmes sans être passé sur le divan d’un psy. C’est déjà un timide déblocage de l’une de nos capacités non rationnelles nous mettant en harmonie avec les puissances universelles.

Disons, en guise de conclusion, qu’il existe aussi un « livre de mort » dont il n’est pas question ici de développer le sens mais dont le seul nom est suffisamment expressif.

Evidemment, et cela se conçoit aisément, la sélection de « ceux qui en valent la peine » se fera en fonction de l’inscription sur le livre de vie.

Par ailleurs je ne suis pas convaincu que la bousculade géante et musclée  des élus vêtus de blanc (du 21 décembre de cette année), qui devrait se dérouler à l’entrée d’un OVNI stationné à Bugarach (pour sauver la fleur de l’humanité) soit un mode de sélection crédible. L’avenir proche nous le dira !

 

Avec toute mon amitié.

 

 

 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:29

 

Gabalis02

Poursuivons donc la saga léonine de l’été, d’ailleurs cela n’est pas fortuit puisque Léon, tout comme Léo c’est le nom du lion en latin, la constellation céleste du Lion étant le domicile astrologique du soleil qui s’exalte pendant les vacances d’été du 24 juillet au 24 aout.  C’était donc le moment, ou jamais, de vous raconter des anecdotes sur le « lionsot » qui s’éveille à la vie pour découvrir le monde à partir de sa Citroën natale.  Mes amis hermétistes incorrigibles blagueurs mais de bonne compagnie, ne trouvent rien de mieux que de m’affirmer avec le plus grands sérieux qu’ils comprennent enfin pourquoi  je sens la quinte essence. Diable ! Pour être franc, je ne saurais vous affirmer en toute certitude si cette remarque olfactive est en odeur de sainteté.

Quoi qu’il en soit mon véhicule à quinte essence m’a conduit jusqu’à Narbonne ou bébé-Léon (certains disent caméléon) braillait comme un adjudant qu’il ne fut jamais. Et oui, il était beaucoup trop cool pour briller dans une carrière militaire de sous officier aboyeur.  Rapidement catalogué comme bon à rien, cela lui ouvrit tout les possibles, ce dont il ne s’est pas privé. J’entends d’ici les rouages rouillés de la cervelle brumeuse, des psychos de salon, étiqueter le « lionsot » comme sado maso. C’est hilarant, ne trouvez-vous pas, tout ces « branchés » devenus magistrats ?

Je me dois ici de vous rapporter ce que m’a dit un jour ma concierge. Cette dame toujours observatrice et à l’affut d’une bonne blague me dit un jour : « Savez vous ce qui reste quant on débranche un ‘branché’ ? » Evidemment je donnais ma langue au chat. Elle me répondit alors en riant de bon cœur : « Cher Monsieur il reste un moulin à vent ! » Devant cet Himalaya de sagesse je ne me suis autorisé aucun commentaire.

J’ai du mérite d’aimer les femmes, puisqu’elles m’ont joué des tours pendables à n’en plus finir. J’ai même fini par croire que j’étais né pour être le punching-ball de ces dames.

Pour initialiser ce processus de démolition ma première institutrice me distribua les premières baffes avec moult générosité. On l’avait surnommée en « verlan » occitan « camba des boès » (jambe de bois) par analogie avec la solidité de son pied qu’elle nous envoyait quelque part.

Cette dame respectable fut odieuse au dernier degré au point de m’humilier en permanence, et cela pratiquement tout les jours. Tantôt elle me faisait monter sur son estrade et me présentait à la classe comme un futur monsieur à embonpoint tantôt elle me mettait la tête dans une mesure à grain en disant que j’étais un crétin. Elle ne manquait pas de me demander ce qu’elle venait de dire en ayant choisi judicieusement le moment ou j’étais distrait. Donc surveillance malveillante de tous les instants. Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un laïus sous le titre : « Si peau de vache m’était conté ».

Les petits copains espiègles, mais ayant saisi son parti pris, en profitaient pour lâcher généreusement des pets (nous disions des « loufes ») en disant que c’était moi. Comme dans la cervelle de cette dame cela ne faisait aucun doute, je finissais la journée, malgré mes violentes protestations, dans le couloir à nouer des amitiés avec les mouches du plafond. Ainsi fut perfectionnée  ma très haute instruction.

Cette dame, à la rigidité cadavérique, je la remercie même si cela fut accepté comme un supplice qui m’a fait détester l’école à jamais… Oui, je la remercie au delà du possible de m’avoir évité ce formatage de l’école primaire et secondaire qui verrouille la pensée dans des systèmes.

Surtout elle m’a fait saisir que je n’étais rien et en même temps je savais intuitivement que j’étais tout, absolument tout au-delà du plausible, et cela dans un élan du cœur. A partir de là ma vie devint une aventure une véritable conquête enivrante de ce qui portait le nom invraisemblable d’impossible. Oui, je me suis tout autorisé surtout quant on disait que c’était « dingue ».

Comment expliquer les méandres de ma cervelle en mutation qui dicta ce genre d’action que j’assimilais à une conquète ? D’une manière abrupte schématisant à outrance les faits c’est se placer de face à un obstacle réputé infranchissable, jauger la moindre amorce de faille, le moindre creux de faiblesse et puis se lancer à l’asseau, démolir, frapper, mordre tout donner ignores toute fatigue, toute usure toute opposition, se mettre en étroite communion avec les invincibles force de vie pour continuer à démolir et arracher dans la certitude inébranlable de réussir. D’un seul coup tous cède comme par miracle, tout s’effrite et apparait alors le ciel étoilé qui donne cette force, ce rugissement de victoire qui roule une puissante reconnaissance vers les infini constellés. Non ce n’est pas de la poésie même si ça y ressemble !

Ma plus longue bataille et la plus importante qui fut déterminante pour une vie entière dura cinq ans au sein d’une institution scientifique. Autour du « Léon camé » c’était le vide, plus personne pour s’opposer à cet être détestable. Seul « Léon-fada », comme l’on disait, poursuivait une lutte de barjo réellement à visée utopique face à un colosse inébranlable détenteur de tous les pouvoirs… et il n’était rien ce Léon si ce n’est ridicule, ridicule moustique. Pour tous il était progressivement devenu moins que rien, pour tout dire c’était un cinglé.

Soudain, dans sa lutte incessante d’usure apparut au cœur de son espérance intacte la réussite que plus personne n’attendait et que j’ai passée sous silence à mes collègues médusés car elle est de l’ordre de l’incroyable et de l’intime. Elle eu lieu brusquement en septembre le jour de la St Michel Archange le grand patron des armées. Il était abasourdi le « Lion fada » car l’être puissant qui était devant lu s’effondra à ses pieds en pleurant et demandant pardon. Ce que je dis là est strictement vrai. Cet ennemi est devenu mon ami sur l’instant car il ne faut pas manquer de grandeur pour avouer aussi humblement sa défaite. Vous comprendrez pourquoi je fais en sortes que nul ne puisse le reconnaitre car les amis sont sacrés.

Personne n’aurait jamais cru à une telle conclusion si ce n’est mon internement dans un hôpital psychiatrique. Je ne nie pas que je sois un peu fou et ça me fait bien rigoler… Plus on est de fous plus... Oui, il avait raison ce Napoléon de corner à tout vent qu’impossible n’est pas français !

Rassurez-vous je vais bientôt donner du grain à moudre aux chercheurs de Rennes le château, et peut-être à d’autres chercheurs aussi ? Ne vous impatientez pas nous nous baladons dans la saga de l’été et puis j’ai envie de lambiner (le thermomètre marque 34 degrés).

Si j’ai une tête à claques certains l’ont accepté comme telle sans obligatoirement lui taper dessus. Je vais m’attarder sur un instituteur qui m’a accepté tel quel. C’était un homme extraordinaire, en avance d’un siècle sur son temps et qui aimais ses petits élèves. Je dis ici son nom car je voudrais lui rendre hommage et vous comprendrez bientôt pourquoi. Il s’appelait Barbaza. Pardon : Maître Barbaza, car c’était un vrai Maître, aussi bon pédagogue qu’artiste.

Au fond de la classe nous avions une petite presse à imprimer ou nous composions un petit hebdomadaire où les plus doués exerçaient leur jeune talent. Il nous préparait des bobines de diapo et nous les projetaient en nous demandant notre avis sur tel ou tel sujets. En fin de journée il prenait son violon et nous faisait chanter sous le grand préau. C’était pratiquement l’époque ou se déroulais le film à succès Les choristes (de Christophe Barratier avec Gérard Jugnot sorti en 2004). Notre chorale atteignit une certaine notoriété à tel point qu’un album fut enregistré et que nos chants passèrent à la radio sous le nom des petits chanteurs de l’école Montmorency. A ce moment nous chantions (grimés comme il convient) dans des pièces de théâtre. C’est là que j’appris le terme de « rang d’oignon » (ou « rang d’ognon ») de la part d’un metteur en scène qui étudiait l’agencement des acteurs de la pièce. Si mon instit m’avait enseigné ce mot à l’école je ne l’aurais pas enregistré, ainsi vont les choses… La vie n’est-elle pas la meilleure éducatrice ? En tout cas j’ai compris là que je ne pouvais qu’être autodidacte tellement les systèmes et méthodes fauchent les fleurs de la vie.

Ne vous impatientez pas, j’achève de me lustrer le nombril, lustrage qui est un prologue nécessaire à ce qui va vous intéresser… Désolé, en regardant mon nombril et en m’imaginant le tableau, un fou rire me prend au risque de retarder encore les choses !  

Un jour notre instit nous conta l’histoire de Montmorency dont notre école porte le nom. Ainsi j’appris que le cardinal de Richelieu poursuivait ce bravache François de Montmorency-Bouteville (1600-1627) pour être passé outre l’interdiction de se battre en duel promulgué par le ministre ensoutané qui devint cramoisi de rage et fit arrêter cette forte tête, séance tenante, pour le raccourcir durant les festivité aussi populaires que sanglantes de la place de Grève à Paris.

Mais notre cardinal d’épouvante aimait la hache ensanglantée mais il n’aimait pas les Montmorency. Aussi, il en exécuta un autre à Toulouse et éteignit ainsi sa lignée.

exécution du duc de montmorency

A Toulouse plaque au sol dans la cour intérieure de l’hôtel de ville commémorant l’exécution du deuxième duc de Montmorency (cinq ans après Montmorency- Bouteville) qui intriguait contre le pouvoir, sanguinaire, aussi retord qu’ombrageux, du cardinal de Richelieu.  La pratique de la charité chrétienne, de ce haut dignitaire de l’Eglise, reste un profond mystère.

L’arrestation du duc de Montmorency-Bouteville, ce jeune révolté de 27 ans, eu lieu à Narbonne là où fut construite notre école qui en est un vivant souvenir d’autant plus prégnant qu’elle se situe sur le boulevard Lacroix, (docteur Lacroix plus exactement) humaniste, homme bon et grand résistant devant l’éternel digne successeur du docteur Ernest  Ferroul le « docteur des pauvres » qui joua un rôle déterminant lors de la révolte des vignerons du Midi en 1907 s’opposant farouchement aux ordres d’un Clémenceau inique et violent qui fit tirer sur la foule. Tout cela pour dire que nous sommes là en pays de rébellion contre le pouvoir établi et cela dure depuis le massacre des chrétiens hérétiques Wisigoths et celui des Cathares tout aussi hérétiques !

Maître Barbaza n’échappais pas à la règle car il ne voulait rien savoir du système d’éducation qui régnait. Il était mal considéré par les parents vertueux qui s’efforçaient de faire changer d’école leur progéniture en danger, car chanter était une perte de temps, imprimer des textes de la bêtise. Il y avait un mystère derrière cette attitude de maître Barbaza car jamais personne ne s’opposa à lui. Toutes les critiques les plus virulentes ne trouvaient point d’échos auprès des plus hautes autorités. Elles perdaient vite leur souffle et s’effaçaient dans un curieux silence une sorte de non-dit respectueux… comme si on regrettait d’avoir trop parlé.

 

Un jour maître Barbaza nous annonça que pour nous remercier d’avoir bien chanté, il nous avait organisé une petite excursion.

Un matin de très bonne heures nous voilà partis dans un car qui nous amena je ne sais où. Qu’à cela ne tienne nous étions tous content. Il faut dire qu’au début des années 50 ce genre de ballade faisait exception tout comme la consommation de glace qui s’appelait « bombe glacée » par analogie avec la bombe atomique qui à cette époque avait un franc succès à un tel point que la ville avait organisé un grand loto « super atomique » dans toutes les salles de la cité ou mon papa avait assuré la liaison phonique entre tous ces lieux dont le centre était le « palais du travail » non loin de la gare sncf (Cncf à cette époque).

Evidemment personne n’avais encore mesuré la dimension dramatique de cette expression puisqu’au bal de quartier on chantait : « sacara… boum ça y est la bombe a éclaté » en soulevant la cavalière le plus haut possible pour la joie des bambins comme nous fort heureux de contempler un panorama unique du dessous des choses.

Le bus nous amena à Carcasonne ou notre instit nous fit visiter la cité puis… la station d’épuration des eaux (?), l’une des premières de France qui se situait non loin de l’actuelle sortie ouest de l’autoroute. Maitre Barbaza était accompagné d’un monsieur qui semblait fier de lui présenter son œuvre. Nous partîmes sur la route de Limoux. Notre intit. N’était plus avec nous. Par la lunette arrière nous le voyons dans une voiture qui nous suivait en portant, sur son aile avant, un petit drapeau, bleu blanc rouge.

Après avoir traversé Limoux, le car emprunta la route de Couiza. Juste avant d’arriver à Alet les Bains, il s’arrêta devant un petit monument aux morts érigé sur le bord de la route, non loin du pont de chemin de fer. Maitre Barbaza et le monsieur qui l’accompagnait avait l’air tristes. « Savez-vous, nous dit notre intit, que si cette route est libre, si notre pays est libre nous le devons à ceux qui son morts ici, ils avaient juste le double de votre âge. Ils ont essayé d’arrêter un convoi allemand qui empruntait la vallée et se rendait à Couiza. Quand vous passerez ici, pensez à eux » puis il nous fit faire une minute de silence.

Actuellement, quand j’emprunte cette route, pour aller à Rennes le Château, je pense toujours à eux, à maitre Barbaza le pédagogue hors pair libéré de toutes contraintes par son statue d’intouchables résistants de la dernière guerre mondiale. Souvent j’ai voulu m’arrêter pour remercier ceux qui son tombés là, et qui étaient surement les compagnons d’arme de maître Barbaza… mais la route est si étroite qu’il est pratiquement impossible de le faire, c’est un peu comme si ces héros disait « passez, la voie est libre maintenant ».

Notre car poursuivi sa route jusqu’à Couiza. Là nous avons visité une chapellerie. Je m’en souviens encore comme si c’était hier car entrer dans ce lieu sombre plein de vapeurs avait quelque chose de diabolique…

Devant des machines des hommes et des femmes travaillaient dans cet antre obscur un peu comme s’ils étaient devant un tour de potier. Avec leurs mains ils affinaient les formes des futurs couvre chef. Un ouvrier me fit un large sourire en me disant : « Tu sais que c’est très chaud, brûlant, il faut beaucoup de temps pour pouvoir toucher le feutre… touche ! » j’avançais la main et mit le doigt sur le feutre en le retirant immédiatement car c’était en effet brûlant. L’homme me montra ses mains pourvus de grands cals rouges. Les dames ne regardaient pas et continuait à poser leurs mains sur le feutre ardent.

J’imagine aisément la vie qu’avait due être en ces lieux celle de Marie Dénarneau, la future servante du curé « aux milliards » de Rennes le château. J’imagine ces jeunes femmes ne pouvant caresser le visage de leur bébé que du revers de leur main. Quel embarra  pour les jeunes filles comme Marie au point de dissimuler leus mains meurtries dans les grandes poches de leur tablier.

Voilà ou m’amena la première excursion de mon enfance après être né 10 ans plus tôt sur cette même route.

Devant cette monumentale synchronicité devais-je ou non refuser de m’intéresser à l’énigme de Rennes le Château ? Il est vrai que je trouve énormément de choses à dire à ce propos… faut-il s’en étonner ?

Avec toute mon amitié.

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 11:30

 

Gabalis02

 

 

 

L

es deux premiers articles sur le Razès de mon enfance sont des histoires véritables, cependant comme toute vie a une face cachée que « certains on saisi » à travers la dimension poétique ou plutôt, devrais-je dire, que « certaines ont saisi ». En effet, les femmes sont plus sensibles aux expressions formulées affectivement qu’effectivement.

Les hommes ont fait de la dimension affective et de la tendresse une faiblesse et on inventé, avec l’inconséquence qui les caractérisent pour affirmer leur suprématie, l’expression « sexe faible ». Cette formule, parfumée à la testostérone, est une monumentale erreur de l’ordre de la discrimination, qui frise l’inconvenance. Parler d’un « sexe faible » qui est en réalité le plus fort, c’est ne pas vouloir (ou pouvoir) regarder sa propre décadence. Parlons-en du « sexe » car — disons le — il est souvent question de lui d’une manière ou d’une autre, jusque dans la chambre…  des députés. Devrais-je rappeler les évènements récents, du cri de rut de certains élus lorsqu’une jeune ministre pris la parole à l’assemblée ? Que dire du titre de ce livre si expressif écrit par une femme : La putain de la République ?

Je viens de m’égarer car mon tempérament supporte difficilement certaines injustices et attitudes des hauts dignitaires de l’Etat dont la féminisation traine lamentablement... et pour cause ? Je vais tenter de la mettre en évidence cette cause. Vous l’aurez compris, je ne parle plus d’un processus endocrinien dont l’épicentre turbulent est dissimulé au-dessous de la ceinture.

 

J’ai expliqué d’une manière simple, tout en ne déformant pas la réalité, comment fonctionne — d’une façon globale et « à la portée de tous » — notre cerveau. Je ne saurais transcrire ici, sans risque d’altérations, ce qui me demanda plusieurs pages d’explications simples dans Holoscopie de la spiritualité Occidentale. Je vais donc sauter directement aux conclusions en laissant aux lectrices et lecteurs le soin de se documenter d’avantage si elles/ils désirent mieux saisir la dimension psychique de la féminité et surtout son avenir proche.

Je mets de coté les défauts inhérents au déterminisme de notre sexe car cela ne m’intéresse pas ci ce n’est pour signaler qu’ils existent et que donc je n’idéalise absolument rien quand je parle seulement des qualités féminines.

Je dois signaler d’abord un fait récent. Le psychologue néo-zélandais James Flynn, grand spécialisé de l’étude du QI, affirme que pour la première fois les femmes obtiennent des résultats supérieurs aux hommes.

Jusqu'alors, les dames présentaient des scores, en moyenne, cinq points inférieurs à ceux des hommes tandis qu'aujourd'hui, cet écart s'est inversé.

La raison avancée par James Flynn est que les femmes ont une "vie bien plus remplie que les hommes et elles s'émancipent plus".

Vous pouvez adhérer si vous le souhaitez au discours des psychologues qui ont cette regrettable tendance à être fâchés avec la physiologie cérébrale comme j’ai pu le constater à plusieurs reprises auprès de mes amis psychologues ou psychocliniciens. De ce fait ils négligent d’autres facteurs, étudiés par les neurosciences, susceptibles de fournir une réponse tout aussi cohérente et peut-être plus intéressantes montrant que nous ne sommes qu’au début, qu’au balbutiement, d’un processus qui laisse supposer une extraordinaire aventure de l’espèce humaine vers plus de conscience.

En ce sens l’on peut dire que la femme est l’avenir de l’Homme, c’est-à-dire l’avenir de l’humanité par un processus d’éveil qu’elle est en phase d’initialiser. Les premieres manifestations de cette prise de conscience sont inhérents à l’augmentation de son QI dont on peut prévoir un saut considérable dans la prochaine génération, tandis que le QI des hommes aura tendance à trainer.

Certes le changement de milieu de plus en plus complexe favorise une malléabilité cérébrale, mais elle éveille aussi (et surtout!) des capacités endormies dans l’espèce humaine.

La question que l’on pourrait se poser est : « Pourquoi le QI de l’homme ne se développe-t-il pas parallèlement à celui de la femme ? »

La raison en est que le cerveau de l’homme, s’il possède les mêmes fonctionnalités que celui de la femme, ne s’active pas de la même manière au sein de notre société. Le rôle qu’il joue en qualité de responsable, de matérialiste, freine considérablement son épanouissement psychique et donc sa réalisation globale, son « individuation » dirait C. G. Jung.

Pour expliquer cet aspect de l’avenir de la psyché humaine je rappelle que notre cerveau est pourvu de deux encéphales ne fonctionnant pas de la même façon. Le gauche est le siège de la rationalité, de l’intellect abstrait. Le droit possède des capacités inouïes et longtemps ignorées qui consiste à pouvoir trouver la solution d’un problème sans passer par un raisonnement logique. C’est le « cerveau » de l’artiste véritable de l’inventeur et du mystique. Sa mémoire et son intelligence sont illimité, plus de 10 fois supérieures aux capacités de notre encéphale gauche intellectuel, au point d’avoir considérablement perturbé le physicien et grand philosophe Gaston Bachelard quant il ne parvint pas à saisir la logique qui présida à l’érection de la table périodique de classification des Eléments par Mendeleïev.

Puisque je suis dans le chapitre de mon enfance, je vais vous raconter ce qui est réellement arrivé au gamin Léon, en culottes courtes, au collège Victor Hugo de Narbonne. A cette époque les collèges allaient de la 11eme (actuel CP) à la classe de terminale. J’étais donc en 8eme (CM1), mon instituteur était très gentil aussi je m’efforçais de lui faire plaisir tout en "n’en foutant" le moins possible. Un jour il nous demanda de résoudre un problème. En qualité de nul indécrottable, je ne savais que faire, car j’ignorais comment y parvenir en ne connaissant pratiquement rien du programme enseigné. Alors, j’utilisais ma propre logique s’apparentant au pifomètre, puis je fis quelques opérations qui ressemblaient à un raisonnement pour aboutir à un résultat qui me paraissait bon.

L’instituteur, un capitaine à la retraite, se mit en colère en nous rendant les copies. Il nous regarda un moment puis lâcha : « Un seul a trouvé la solution c’est Léon ! » Tous les copains me regardaient la bouche béante de stupéfaction. L’instituteur s’approcha alors de moi et croisant les bras il me dit en me regardant dans les yeux : « Léon il faut que tu m’expliques comment tu es parvenu à un résultat juste avec un raisonnement faux ! » Je ne pouvais lui dire qu’il n’y avait pas de raisonnement du tout. Aussi la réponse il l’attend encore, ce qui lui a laissé largement le temps de mourir avec son point d’interrogation dans la poche.

Dans la résolution de ce problème j’ai utilisé, sans le savoir, les immenses capacités de mon encéphale droit qui m’a donné la solution sans passer par un chemin logique.

 

Pour solliciter les immenses possibilités de l’encéphale droit, il suffit parfois de transposer ce que l’on désire apprendre dans la dimension imagée ou phonétique ou encore chantée.

Faite un essai avec les quatre chiffre du code de votre carte de crédit. Associez-le à un air que vous aimez et vous verrez le résultat…

D’ailleurs les publicistes l’utilisent à bon escient. Vous vous souvenez certainement de la voie enfantine qui chantait les numéros 118 712… Eux, ne sont pas pilotés pas les conjonctures de l’Education Nationale, c’est le résulta qui compte.

J’ouvre une parenthèse pour souligner combien l’Education  Nationale, dont la formation des maîtres est un abime d’imperméabilité face aux avancées des sciences biologiques, n’acceptera jamais de faire apprendre les élèves avec des techniques ludiques ou le chant qui sollicité les immense possibilités de mémoire et de compréhension. Ils ont oublié que la pédagogie est un ART, c’est l’art d’apprendre. Un art ne s’enferme pas dans des formules ou des concepts puisqu’il va même au-delà des paradigmes et axiomes !

J’ai vu lors d’un JT un prof de math présenter un résultat extraordinaire. Il avait réussi à faire apprendre toute les formules de trigonométrie (inbuvables à l'unanimité !) à tous ses élèves, sans exception en leur faisant composer un « Rapp » dont les paroles reprenaient les formules. Si vous croyez que ce chant a été retenu par l’Education Nationale vous vous trompez, il fut jugé avec mépris par les indécrottables intellos aux monstrueux egos. Et les lycéens continuent à oublier leurs formules de trigo dans le superbe je-m’en-foutisme des barbes académiques traditionalistes jusqu'à la fossilisation.


La femme initialise le processus de développement psychique de l’espèce humaine par sa plus grande maitrise de ses capacités intuitives créatrices et artistique, ce qui ne la gène en rien dans ses rapports avec le rationalisme qui n’est pas son pole essentiel comme c’est la cas pour l’homme, qui est de ce fait considérablement freiné dans sa compréhension des multiples phénomènes qui nous entourent et nous constituent. La souffrance de la femme dans l’enfantement et parfois tout au long de la vie par sa nature même valait bien ce « coup du destin » qui la hisse aux premières loges. Et puis, pour progresser l’homme a besoin d’être humilié, car l’amour propre est son pire ennemi. Il est solide et bien… (excusez l'expression) « bêteonnez » ! Certes il existe chez la femme, mais il n’a pas dépassé les bornes du déraisonnable…


En résumé, dans notre société l’homme joue le rôle de « cerveau gauche » et la femme de « cerveau droit ».

Mais le cerveau droit « féminin » nous permet d’extrapoler jusqu’à l’infini ce que notre cerveau gauche « masculin » considère comme impossible et même absurde.

A partir d’un fait le cerveau droit est capable d’en reconstituer la totalité et cela, évidemment, sans passer par un raisonnement logique qui y perdrait si latin !

J’ouvre une parenthèse pour signaler en passant que c’est exactement le genre d’adaptation que l’on demande à tout néophyte en alchimie, tout comme on va lui demander d’aider sa mémoire par des procédés antiacadémiques grâce à la transformation d’un discours abstrait par un discours reposant sur la phonétique (discours cabalistique) ou l’image. C’est la raison pour laquelle l’alchimiste Fulcanelli démontre l’importance de ce procédé dans le chapitre intitule « Cabale hermétique » en son ouvrage Les Demeures Philosophales. Inutile d’insister sur la nécessité de pareil procédés pour accéder à un autre plan de compréhension non seulement de l’alchimie mais aussi de soi-même et de l’univers… le « Connais toi toi-même » inscrit au fronton du temple d’Apollon à Delphes ne doit surtout pas être compris dans cette dimension psychologique, fut-elle Junguienne, qu’on lui accorde de nos jours y compris dans des centres dits, indûment, « initiatiques ».

Si nous restons dans la dimension rationaliste, que propose la psychologie actuelle, nous ne saurions à partir de se genre de connaissance de soi connaitre l’univers et les dieux comme l’affirme cette même inscription grecque du célèbre sanctuaire en Phocide dont le fameux  E (inscrit dans le vestibule qui fut révélé par le géographe Pausanias le Périégète qui vécu de 115 à environ 180) n’est pas sans poser, encore une fois, l’énigme de l’Etre selon Plutarque, mais que tout alchimiste ne peut qu’associer à la lettre initiale du mot élément, c’est-à-dire des quatre éléments substrats énergétiques de la matière analogue, pour les alchimistes, au sceau de Salomon ou étoile à six branches reposant sur la divine trilogie à l’origine de toutes créations.

Mes deux premier articles sur le Razès de mon enfance étaient prémédités afin d’illustrer mon propos actuel. J’ai voulu montrer qu’une partie de notre vie est à l’image de sa totalité, qu’elle permet de comprendre une existence entière et de mieux l’assumer… à condition d’accepter ce que nous « souffle » le cerveau « féminin » dépourvu de rationalisme mais non de logique.

Ma naissance sur la route de Narbonne à Couiza préfigure mon intérêt pour Rennes le château le Razès et les Corbièreou toute ma famille paternelle  a élu domicile. Dans les Corbière j’ai été amené à participer aux recherches sur l’homme préhistorique de Tautavel avec un matériel de télédétection capable de « voir » ce qui se présentait sous terre. Le lieu est non loin de Latour de France là ou est né, au XIXème siècle, l’alchimiste Cambriel qui fut fabricant de draps à Limoux. Cet endroit n’est pas très éloigné de Périllos, fief du seigneur de Reymond de Périllos, grand maitre de l’Ordre de Malte et alchimiste s’inscrivant dans la lignée des Frères Ainés de la Rose Croix (Farcs) qui m’enseignèrent les rudiments d’alchimie… Ce que je veux dire, c’est qu’une observation attentive des étapes initiales de la vie permet de découvrir la suite et de s’y préparer… Car elles en contiennent en germe la totalité. C’est ce que l’on appelle la vision, ou compréhension, holoscopique ou représentation de la totalité à partir d’une partie qui contient donc le tout... Evidemment, quand on sait regarder !

Le gamin Léon vous souhaite d’acquérir cette vision holoscopique qui fit observer et dire, aux vieux maitres, que Tous est dans tout. Mais où est donc passé l’univers ? Question à cent- cinquante-trois millions d’euros !

 

 

Avec toute mon amitié sans discrimination de sexe, d’accent ou de teinture.

 

 

 

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 13:50

 

Gabalis02

 

 

Le premier article sur le Razès LE RAZÈS DE MON ENFANCE a fait l’unanimité des lectrices et des lecteurs dans le désir de connaître la suite. Je réponds donc à ce souhait en ne sachant trop où cela aboutira si ce n’est à quelques discordances puisque le texte complet je ne le connais pas moi-même.

Quoi qu’il en soit ce n’est pas une corvée de raconter mon vécu. Et puis c’est l’occasion de prendre des vacances en abandonnant pour un temps les articles sérieux habituels. Passons donc à la saga de l’été.

 

E

poque mémorable, celle de ma rencontre avec le diablotin qui peut se dissimuler dans un sucre d’orge.  J’ai toujours aimé le silence qu’il soit celui qui parcourt les forêts et habite les troncs d’arbres creux ou celui qui tapisse les couloirs des vieilles demeures là ou palpite des âmes. Quant à celui des églises je ne l’aimais pas particulièrement, surtout celui de la basilique Saint Paul Serge à Narbonne je le trouvais un tantinet hypocrite, aussi le catéchisme était pour moi une école buissonnière. Au fil du temps c’est devenu mon sport favori si agréable que j’appliquais cette même recette à l’école primaire… C’est pour ça que j’ai été collé lamentablement au Certificat d’Etudes Primaire et que maintenant je fais beaucoup de fautes d’orthographe ! Qu’Aliboron le seigneur des ânes, Maitre Bourricot, me garde sous sa protection…

Dans le bénitier de cette sombre église Romane, qui plonge ses racines dans le christianisme primitif, était une grenouille la fameuse « gragnotte » de St Paul qui faisait (et fait encore) la fierté de Narbonne, et  aussi mon admiration.  Une belle grenouille ! il y avait de quoi m’intriguer. Etant trop petit je ne pouvais l’atteindre tout au fond de son bénitier, car mon rêve était de la toucher, de la caresser.

Un jour je trainais une chaise jusqu’au pied de la vasque et là, sur mon perchoir je me mis à la bichonner ma grenouille, elle était entre mes mains toute frémissante de vie !

Mais, n’oublions pas, que j’étais un gamin en culottes courtes et mes mains étaient aussi noires que celles d’un charbonnier. De claire, l’eau du bénitier devint quelque peu glauque comme celle d’une mare. Je descendais de mon piédestal satisfait de mes flatteries « grenouillesques » quand le sacristain s’empara de mon oreille dans un silence… hypocrite. Mis en présence de monsieur le curé  je fus invité dans un silence… hypocrite à m’asseoir sur une chaise.

—Tu sais ce qu’est un sacrilège ?

—Oui monsieur le curé, c’est quand on jette par terre un crucifix et qu’on saute dessus à pieds joints et qu’on lui crache dessus.

—Tu as fait ça ?

—Non je n’ai pas fait ça.

—Et qu’as-tu fait dans le bénitier ?

—J’ai caressé la grenouille.

—Tu n’as pas fait de sacrilège ?

—Non Monsieur le Curé !

—Sais-tu que l’eau du bénitier est sacrée et qu’en mettant tes mains sales dedans tu as commis un sacrilège ? Et en plus si Monsieur de Guibert vient faire le signe de croix avec de l’eau sale, la veste de son costume blanc sera salie. Tu regrettes ce que tu as fait ?

—Oui Monsieur le Curé.

—Je te donne l’absolution à condition que tu récite un « Notre Père » et un « Je vous salut Marie »… Si je comprends bien tu ne connais pas tes prières…

Nous les récitâmes ensemble mais dès le lendemain une vieille toupie, demoiselle bénévole, grenouille de bénitier à faciès de souris s’occupa de mon cas désespéré en me faisant rabâcher les prières. Heures sombres, sur les bords du canal de la Robine, où la dame avec son chignon serré de religieuse manquée grignotait parfois à mon oreille une biscotte… Comme une souris qu’elle était.

Quand je rencontrais le sacristain, il m’attrapa par le bras et m’amena à l’écart et me dit :

« Je vais te raconter pourquoi il y a une grenouille dans ce bénitier. Un jour de printemps une grenouille entra dans l’église, c’était déjà un sacrilège car les animaux ne doivent pas entrer dans une église. Elle ne trouva rien de mieux que de plonger dans le bénitier. Celle-là était particulièrement culotée, comme le sont certains enfants » Il glissa vers moi un regard en coin qui me fis rougie. « Elle eut une audace inouïe. Quant vint l’élévation de l’hostie pendant la messe, moment ou tout le monde s’agenouille en signe de respect, cette bête se mit à chanter, enfin si on peut appeler chant le coassement d’une grenouille. Tout le monde fut scandalisé, même le bon Dieu qui est sur sa croix là-bas. Il se tourna vers elle et la transforma en pierre pour la punir de son audace. »

Depuis ce jour je redoublais de prudence. Quand j’allais à la messe j’évitais de passer devant le crucifix. On ne sait jamais quelle lubie pourrait lui passe par la tête à celui-là, surtout en me voyant. Pourtant je restais persuadé que depuis le temps qu’elle était pétrifiée cette pauvre grenouille elle avait du apprécier que je m’occupe d’elle ! D’autant plus que les grenouilles n’aiment pas particulièrement les eaux propres. Pas loin de là, dans la campagne, il y en avait beaucoup qui chantaient à tue tête dans les fossés qui bordent les vignes.

Le silence de cette vénérable église ne valait pas celui que je trouvais dans le Razès chez mes oncles Marcel et Noel. J’aimais sa  lourde présence chargée de mémoires qui glissait sa douceur dans les couloirs d’une vieille maison de maitre déserte. J’allais, avec mes amis invisibles, de chambre vide en chambres vides… J’humais un foisonnement de vie, mais impossible de le partager sans être pris pour une andouille.

Un jour je découvris un antre obscur où le bruit de gouttes tombant d’une énorme manche, grande comme ces drapeaux creux qui donnent la direction du vent. Elle était accrochée au plafond, la pointe vers le bas. Des goutes odorantes chantaient doucement « Léon goûte-moi c’est bon ! »

Une comporte de bois recueillait le liquide doré chargé d’une odeur fruitée qui immédiatement m’attira comme devaient l’être mouches, guêpes et abeilles que l’obscurité repoussait. Mais contre Léon à l’aube de sa 10ème année rien ne pouvait le repousser.

Un verre était là sur le bord de la fenêtre, ce fut une explosion de délice un vrai bonheur des papilles, des dents et d’un bout à l’autre de l’intestin. Et belotte et rebelote et re-rebelotte. Le nectar me donnait une humeur joyeuse mais un diablotin m’avait chaussé de rollers par surprise. Je ne parvenais pas à tenir debout avec ces roues aux pieds. En m’appuyant contre les murs j’arrivais à avancer quant la porte s’ouvrit et je vis ma tante accompagnée de sa sœur jumelle que je ne connaissais pas. Et un grand cri me fit exploser les oreilles :

« Léon a la mounine »

Et oui, Léon venait d’attraper sa première cuite et tout le village s’esclaffait. Mais cette cuite mémorable avait pour diablotin une succulente blanquette de Limoux que mon oncle fabriquait et qui de nos jour n’existe plus. Vers l’an mille elle était réalisée amoureusement de la même manière par les moines de l’abbaye de St Hilaire dans le Razès. Personne ne pouvait résister à la blanquette et un jour, même un moine s’y laissa prendre je ne sais s’il prit une cuite mais c’est probable. Il s’appelait Don Pérignon, c’est le papa du champagne que la bonne blanquette de Limoux inspira. Non je n’ai pas honte de ma première cuite et je m’en lèche encore les babines.

Je trinque à votre sante et à notre  amitié… hic !

 

 

 

P. S. Je n’ai pas trouvé le mot « mounine » dans les dictionnaires occitan que j’ai compulsé, c’est le terme employé dans le Razès pour désigner l’ivresse.

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