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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 15:33

Gabalis02

 

J’ai dit et écrit que le Razès était inséparable de mon enfance. Il me fu demandé de rédiger à la vas-vite un petit texte pour me présenter sur le site social Viadeo où mes lecteurs me demandèrent un développement plus conséquent. Je n’ai pas l’intention de raconter ma vie et  je me cantonnerais à ce que j’ai déjà écrit, évidemment je vais  l‘agrémentant de quelque détails mais sans l’étaler au point de contribuer à l’écriture d’un roman.

Je vais donc reprendre mes anciens textes et vous en parler un peu d’une manière parfois poétique car ces souvenirs ont le don de m’émouvoir. Libre à vous de croire que j’ai utilisé la brosse à reluire pour astiquer mes souliers, ou tout autre chose, vos sous-entendus désobligeant ont peut-être leur raison d’être car c’est aujourd’hui le 14 juillet jour ou cette activité hautement narcissique au niveau national devient une maladie contagieuse pour tous les membres de la population.

Certains ont laissé entendre que le Razès de mon enfance était un argument publicitaire pour vendre mes deux livres sur Rennes le Château. Qu’à cela ne tienne, je les comprends fort bien dans leur immense détresse de se savoir un peu en retrais. C’est pour cela que je n’ai pas hésité à prendre la brosse à reluire une nouvelle fois pour les offusquer dans leur jalousie congénitale. Je confesse que j’ai un pan de caractère tout entier qui s’apparente à l’espièglerie infantile un peu folle mais proche de la joie de vivre dont j’assume toute les responsabilités même si elles m’attirent des accusations non fondées. J’ai ainsi perdu récemment des amis… ou qui se disaient tels ! N’est-ce pas une magnifique « machine à laver » ?

Moralité : Le goût amer ne provient pas seulement des endives cuites.


 

C

eux qui lisent mes articles sur Rennes-le-Château, ne peuvent savoir combien je suis attaché au Razès pour avoir goûté dès ma plus tendre enfance (il y a bien plus d’un demi-siècle) non seulement au bonheur d’y aller depuis Narbonne quand la nature printanière éclaboussait le flanc des collines des plages violacées de la bruyère ou du jaune d’or des jeunets. Quelle joie enfantine, dans les rires cristallins, de jouer dans le fourrage ou la paille des vastes greniers, là ou les poules venaient cacher leurs œufs en criant victoire. Galop éperdu vers le nid secret  pour remplir nos paniers destinés à la future omelette aux champignons. Joie  de galoper dans la campagne, de fouiller ses recoins secrets, et d’écouter mes oncles me parler de cette terre avec une profonde vénération, et une pointe de mystère aussi. Car j’en ai entendu des histoires d’esprits frappeurs ou d’apparitions mystérieuses — dont l’abbé poudré (un peu vaurien) d’Alet les bains ce fameux Montfaucon de Villars, à su traduire l’atmosphère. Que de trésors sur les rives tumultueuses de la haute vallée de l‘Aude.

Caillaux, village sur son caillou, sur sa « montagne ». Tout en haut était l’église avec son clocher couvert non pas d’ardoises ou de tuile mais, sous la forte insistance de son seigneur, de céramiques vertes ! La porte du lieu sacré s’ouvrait sur un petit terre-plein, une sorte de grand balcon haut perché qui projetaient les fidèles, dès la sortie de l’église, dans le ciel d’un paysage bucolique et de cette  infinie beauté qui tapisse encore mes rêves.

Mon oncle paternel Noël c’est marié là dans une liesse champêtre qui concernait tout le village et dont les remous arrivaient jusqu'à Brugairolles (le pays des bruyères) avec son curé l’abbé Oms cet érudit aristocrate. Et le bruit de cette réjouissance  parvenait peut-être jusqu’à Villarzel-du-Razès, là où officiait le curé archéologue-motocycliste qui devait payer cher un jour sa passion pour la vitesse puisque lors d’un accident il perdit la mémoire. Ainsi son enfant de cœur lui rappelait à tout moment où en était la messe. Le soir il vérifiait toujours, et à plusieurs reprises, s’il avait bien fermé la porte de son presbytère. Des auteurs de livres sur Rennes le Château prétendaient qu’il avait peur d’être agressé ! Devrais-je dire que ce n’est pas tout à fait la vérité ?

Sur le haut du Cailloux de Caihau, tout à côté de l’église dominant sa paroisse mon oncle Noel et ma tante Lucie (la lumière qu’elle a toujours été dans sa discrétion) avaient installé là leur havre de paix, leur « Lumière de Noël » pour dire vrai, lumière qui a marqué à jamais mon cœur.

Toujours souriant mon oncle ce paysan au regard bleu et aux mains calleuses me parlait souvent le soir au coin du feu. Son visage buriné prenait alors une étrange vie à la foi douce et énergique. Nos échanges se croisaient dans cette pénombre bienfaisante, propice au recueillement ou les flammes animaient les ombres sur les murs et accrochait leurs éclairs sur le grand balancier de cuivre d’une pendule enfermée dans un meuble de bois aussi vieux que les pierres.

Etrange impression quand mon regard rencontrais celui bleu de mon oncle Noel. M’appeler  Léon cet inverse de Noel m’interrogeait. Est-ce son nom qui est l’inverse du sien, ou le contraire ? Curieuse symétrie en tout cas qui alliais l’étrange avec la réalité. A cette particularité je dois mon intérêt précoce pour les jeux de mots qui m’ont conduit à la phonétique et finalement au moyen d’expression des alchimistes ou cabale. Plus tard j’ai compris que sur un certain plan, non biologique, j’étais son fils… lui qui n’en a jamais eu à son grand désespoir.

Ce n’est pas lui qui me donna mon prénom mais l’oncle Léon frère de ma mère contrebandier de son état sévissant à la frontière franco-espagnole. Comme le trafic était l’alcool et les cigarettes je n’ai vu aucune raison de lui jeter l’opprobre. Il me racontait comment il faisait passer les chiens chargés de sacs de cigarette, dans les sentiers montagnards des Pyrénées et cela bien sur au nez et à la barbe des douaniers. Arrivés sur une route départementale les toutous s’engouffraient dans une voiture qui partait en 4 ème vitesse, avec moult détours, vers Narbonne. Sa vaste organisation avait son centre névralgique dans l’est de le ville, ou le grand patron un certain Redouté (c’était son nom) stockait l’alcool, sous couvert de distillation, dans des cuves découvertes lors de la démolition.

A sa morts mon oncle eut droit à un substantiel héritage qui lui permis de faire construire une luxueuse villa dans le village d’Oraisons, fief des vicomtes d’Armissan, au pied des Corbières, (chez lequel officia Alfred Saunière dans un rôle de précepteur disent les un ou de filou voleur d’archives disent les autres) et d’acheter une ligne de transport de voyageurs sur la route de Narbonne à Couiza. Son magnifique car de la marque « Chausson » faisait mon admiration et ma fierté.

C’était midi quand, sur cette route nationale 613, je suis né dans la voiture de mon oncle Léon au moment ou la constellation du lion montrait son nez à l’horizon. Mon lieu de naissance avait donc quatre roues. C’était une antique Citroën dite « tractions avant », la même que celle des films de gangster en noir et blanc. Ma maman attendait l’heureux évènement quand me pris l’envie intempestive d’aller voir dehors. Le fait accompli J’arrivais à l’Hôtel Dieu (l’hôpital de l’époque) en braillant comme un pilier de cabaret.

Ma ligne de vie était donc la même que la route départementale 613 (jadis nationale) qui va de Narbonne à Couiza au pied de Rennes le Château.

Au début de mon adolescence mon vieux vélo rouillé mais solide me poussait parfois sur ces lieux ou une source d’eau fraiche (de nos jours tarie) sourdait au pied d’une maison en ruine. Elle était la bienvenue autant pour étancher notre soif que pour repérer les crevaisons de la chambre à air des roues de mon vélo fatigué. Ainsi à l’ombre des cyprès de la tombe des vicontes d’Armissan, je collais minutieusement une rustine sur une chambre à air déjà abondement rapiécée. C’est à l’ombre de ces cyprès centenaires qu’un jour je fus intrigué par la croix celtique de fer (ou de vert ?) qui surmonte l’obélisque du fondateur de l’Ordre de Philadelphie de Narbonne, considéré aussi comme l’un des pères de l’ordre maçonnique de Memphis Misraïm. C’était trente-cinq ans avant la rédaction de mon livre Rennes le Château la carte des trésors. Depuis j’ai eu le temps d’y réfléchir même en me trouvant au cœur de l’océan Indien…

Avide d’explorer les lieux, c’est en cet endroit que je découvris, inclue dans un bloc de calcaire, la pyrite dorée qui brillait comme un morceau d’or. J’ai découvert là l’existence de la vitesse du son quand je vis un vigneron planter un piquet. Le bruit du coup de marteau prenait du retard… Face à la tombe étaient les ruines d’un château que mon oncle me présenta comme le château de Castellas.

Un jour l’un des membre du spéléoclub de l’Aude et de l’Ariège ma fit visiter une grotte située non loin du château ou les chauves souries avait élu domicile depuis des temps immémoriaux. Son nom occitan: La ratapenada. C’est-à-dire la rate volante ou chauve souris, il fallait s’y attendre ! L’épaisseur du guano est considérable et mon guide m’a dit (peut-être plaisantait-il ?) « La dessous il n’est pas impossible qu’il y ait le trésor du châtelain. »

En prenant le bus conduit par mon oncle Léon, j’avais droit à des commentaires sur les paysages ou sur l’histoire.

C’est ainsi qu’un jour il me parla de Pierre Benoît (1886-1962) le romancier académicien qui s’ajournais souvent dans le village de Bizanet dans les Corbières. De là me disait-il lui est venu l’inspiration de son livre à grand succès L’Atlantide. Il prétendais le contraire mais ici nous savons de quoi il parlais… je m’arrête ici car je n’en finirais plus de me passer la brosse à reluire.

 

Avec toute mon amitié à toutes mes lectrices et plus particulièrement à ceux qui œuvrent à Rennes le Château..

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 13:31

 

 

LEON_n-copie-1.jpg


Mon dernier article QU’EST-CE QUE LA RELIGION ? a fait fureur, aussi on m’écrit en liesse pour me féliciter, je vous laisse lire ces lignes admiratives de l’un de mes lecteur haut placé dans la sphère spirituelle:

« Que c'est lourd et indigeste à lire tout cela?
Où est la foi en Christ dans ces recherches d'explications tapageuses ? Que d'orgueil et d'étalage pour essayer de dire QUOI? C'est pour cela que les religions dites chrétiennes ont assez vécu.
C'est pour ces raisons que l'Islam pur et dur arrive pour effrayer (Le grand Effayeur). Bonne journée bon chrétien. 
»

 

E

t oui, mon texte est lourds et indigeste mais cependant explicite car je n’ai point voulu qu’il se situe dans le registre de la poésie et encore moins dans la sentimentalité amoureuse. La raison en est que la religion se doit d’être connue dépourvue de ces artifices dont l’affublent les croyants plus ou moins évaporés.

L’auteur de ces lignes pleine de bienveillance chrétienne rédige un blog orienté vers la culture l’ésotérisme la cabale la religion et surtout l’alchimie spirituelle (alchimie spirituelle QUI N’EXISTE PAS sans le laboratoire) ou j’ai pu relever cette phrase dont il convient au lecteur de la comprendre selon sa vision des choses :

« Nuit de contact cosmique avec la nature divine de la réalité humaine. » Ce contact a eu lieu le 13 mars 2012.

Non ! et encore NON ! ! ! Je n’adhèrerais jamais à cette manière de concevoir la religion et la spiritualité. Je laisse chacun de croire en cela et je ne me permettrais pas de laisser un message sur le blog de ce Monsieur pour lui dire qu’il raconte ou non des balourdises. Parce que, mes lecteurs l’auront compris, la première attitude sur le chemin de l’éveil est de ne pas faire aux autres des petits cadeaux que l’on n’aimerait pas recevoir. Sans cette attitude nous pouvons nous aligner pour accéder très réellement à la spiritualité. Et si j’ai développé d’une manière abstraite la signification de la religion EN GENERAL c’est pour mettre l’accent sur quelques points fondamentaux, et dépourvus d’artifices, qui n’ont pas échappé à certains de mes lecteurs, car la religion est trop souvent définie comme ce qui relie avec le sacré et « basta », la caravane passe !

Les sans scrupule ne peuvent se poser la question sur le scrupule lui-même puisqu’ils n’en ont pas. Ce petit caillou dans la chaussure qui nous rappelle à l’ordre dans le trajet de notre réalisation et nous conduit progressivement à l’éveil ne concerne malheureusement pas ceux qui marchent sur les nuages.

En expliquant un peu mieux ce qu’est la religion certains spiritualistes évanescents se trouvent gênés aux entournures puisqu’ils se baladent dans le septième ciel en côtoyant les anges. Donc nul n’est sensé les remettre en cause. Je ne le ferais pas car j’estime ne pas en avoir le droit mais qu’ils ne viennent pas me chercher des poux ! Si, ils  peuvent me critiquer mais à la condition de s’expliquer dans la plus chaleureuse urbanité car, en effet, l’échange fraternel est souhaitable car il est des plus fructueux.

Une dame de mes amis est une croyante à sa manière que je n’approuve pas toujours et l’inverse est aussi vrai. Nous restons amis dans le plus profond respect l’un pour l’autre et cela au-delà de nos concepts car nous avons compris l’essence du christianisme.

Oui, je suis orgueilleux car l’orgueil est le chienlit de l’humanité. Je ne m’en débarrasse pas en me disant que je suis humble ou le copain du bon Dieu. Je m’en débarrasse (un tout petit peu peut-être) en comprenant chaque jour que je suis zéro, nul ! Ce que je crois avoir fait de mon propre chef ne provient pas de mes neurones en effervescence mais d’une inspiration qui nous est envoyé à travers le miroir des apparences.

Jouer notre rôle dans la société sans être le JE du rôle comme un acteur malade est hélas ce qui perd le monde autant sur le plan spirituel que matériel. Développez, je n’ai pas le temps !

Ne nous leurrons pas. Nous ne sommes pas libre du programme que nous devons suivre mais nous somme libre de le bâcler ou de nous y applique au mieux. C’est comme ça que je comprends le Christ et son sermon sur la montagne.

Désolé cher lecteur de vous avoir abreuvé d’une exaltation un peu débordante car je n’ai pu accepter que l’on dise ex cathedra que je  défigure le christianisme. C’est peut-être vrai, mais alors il faut expliquer, dialoguer, véritablement échanger avant de proférer des jugements lapidaires qui n’ont de vrai que leur mirage.


Avec toute mon amitié.

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 21:00

 

CRIST AU FALUN

 

D

epuis que je m’intéresse à ce phénomène fondamental et essentiel de l’humanité qu’est la religion, et depuis que je traine ma bosse sur les sites sociaux, et que je rencontre des responsables d’Eglises , je lis et j’entends toujours, y compris de la part des plumes érudites ou autorisées, la même définition : La religion m’affirme-t-on d’une manière assez péremptoire et universellement adoptée c’est « Ce qui relie ». Car le sacré, disent-ils,  se défini comme une relation. Avec cette explication abrégée de cet indéfinissable lien entre Dieu et les Hommes qui est, pour les hermétistes, une relation entre le « bas » (microcosme) et le « haut » (macrocosme) comme le dit le fameux texte de la Table d’Emeraude :

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas pour accomplie le miracle d’une seules chose. »

Nous sommes dans un terrain vague qui caractérise, sous le nom de syncrétisme, ou d’œcuménisme mal fagoté, bien des incertitudes pour ne pas dire des faussetés.

Nous tenons une corde par un bout mais nous ignorons qui (ou quoi) tient l’autre extrémité. Mais la religion peut-elle se résumer à cette ficelle, à ce lien ? Et bien non !

Dire que « La religion est ce qui relie » est à moitié juste et procède d’une étymologie à demi fausse. Nous somme ad incertum revocare  (laissés dans le doute) diraient les latinistes du Vatican qui se gardent bien de rectifier une définition qui les concerne pourtant au premier chef, mais qui risque d’égarer bien de fidèles dans le domaine des interdits ou mise à l’index des inquisiteurs dont on n’entend plus parler depuis le concile Vatican II, mais qui existe encore dans les faits. C’est un réflexe typiquement humain que l’on retrouve aussi dans les partis politiques et l’enseignement des grandes Ecoles Nationales : celui du maintient des structures… au risque de grever l’avenir en le ramenant aux proportions d’une cage de zoo ce qui nécessite, évidemment, d’égratigner la vérité.

Le mot « Religion » vient du latin religo qui n’a pas le sens unique de lien mais désigne surtout l’attention scrupuleuse, l’inquiétude des consciences, la crainte pieuse, la dévotion cultuelle et l’effacement d’une culpabilité par un sacrifice expiatoire.

En plus le mot Religion a une double étymologie.

Les théologiens, dont l’érudition ne sauraient être mises en cause, « oublient » bien souvent de mentionner que ce terme est issu, d’après Cicéron, de relegere qui exprime l’idée de repasser, de reitérer, qui concerne tout apprentissage et nous renvoie aux réitérations alchimiques pour œuvrer avec l’Esprit Universel (ou Esprit Saint unificateur lien entre les êtres et les choses) datant de l’époque où cet Art était indéfectiblement lié à l’Eglise chrétienne mais aussi au judaïsme et à certains courants de l’Islam et au bouddhisme, car le cœur de la spiritualité est universel. Dans la chrétienté elle était pratiquée aussi bien par les moines que par les prélats et même les papes... Comme ce sens est tombé dans l’incompréhension à l’instar du sens de l’ancienne messe (avant 1968) ou messe de Saint Pie V dite encore messe Tridentine car mise sur pied par le concile de Trente (1545-1563) sur le modèle de l’antique office des gaules (gallican).

Nous avons donc là également les réitérations dans l’apprentissage, lire et relire un ouvrage, conseil fameux pour les catéchèses que l’on trouve aussi dans les bons manuels d’alchimie sous l’expression : Prie, lis, lis, lis, relis, travaille et tu trouveras, répétitions qui caractérise la méthode orientale d’enseignement autrefois unie à l’Eglise Gallicane du premier millénaire. Relegere  est aussi porteur du sens de recueillement des valeurs traditionnelles ayant fait leurs preuves afin d’en enrichir le présent. Cet aspect renvoie à des connaissances qui ne sont pas obligatoirement cataloguées par les théologiens actuels qui ignorent bien souvent la tradition orale car leur fermeture au suprasensible (et à la mystique même) est proverbiale puisque leur rôle est de maintenir en place une idéologie et non d’essayer de comprendre et encore moins de promouvoir, au-delà des leçons apprises, le trésor de leurs traditions religieuses seraient-elles des plus fécondes. Ils ne formulent plus un discours sur Dieu mais sont beaucoup plus des psycho-politico-cliniciens de la religion. Handicap bien humain, universellement répandue, mais impitoyable reflet dramatique de notre petitesse ou les pensées les plus nobles font le jeu des spécialistes de l’abstraction, ces êtres « diaboliques » qui désespéraient saint François d’Assise.

La religion était pour les Romains une crainte pieuse (que l’on retrouve dans le catholicisme) qui renvoyait à des principes et pratiques traditionnelles qui incitaient au recueillement et à la récollection de l’âme. En ce sens, la religion est étroitement liée à d’anciennes traditions profondément enfouis dans le passé. Comprise au premier degré, en ignorant ce que recèle le passé et les traditions, elle ne peut devenir, comme c’est le cas actuellement, qu’un frein considérable à l’ouverture d’esprit, vis-à-vis de notre culture. C’est une entrave à l’adaptation intelligente et donc à l’innovation… plus qu’un lien entre les êtres.

Mais tous les citoyens d’une même ville sacrifiaient aux mêmes dieux et, après la conversion au christianisme, la communauté religieuse s’étendit aux dimensions de l’Empire constituant une religion gallicane universelle (union des Gaules) jusqu’au début du deuxième millénaire. La religion apparait alors, — avant tout schismes et donc avant 1054 avant que l’Eglise Latine schismatique (dite Catholique) ne se sépare de l’Eglise d’Orient (Eglise véritable et de ce fait Orthodoxe), — comme un lien spirituel, un attachement aux mêmes valeurs, un trait d’union entre l’Homme et Dieu comme entre les membres d’une même Eglise. Il est donc tentant de faire dériver religio de religare, en lui donnant le sens de « relier ».

Toute l’Europe et tout les pays méditerranéens (qui vit passer l’immense armées du Brennus (chef) gaulois Bellovèse qui laissa sur son passage des colonie telle la Galilée) étaient ainsi unis, reliés ensemble au même Dieu avant que l’Empire d’Orient ne devienne musulman repoussant le christianisme Oriental dans certains pays Baltes et en Russie.

Cette étymologie populaire, historiquement fausse, est théologiquement juste et, dans son Epître aux Romains (XII, 41), saint Paul rappelle que « comme nous avons plusieurs membres d’un seul corps, nous sommes un seul corps en Christ ». La religion devient lien social et chaine mystique. C’est la raison pour laquelle, les cathédrales romanes et gothiques étaient suffisamment grandes pour accueillir tout les paroissiens d’une même ville sous leur architecture cruciforme symbole du corps du Christ.

Ce passage précédant de saint Paul est éminemment expressif quant à la nécessité de l’unité de toutes les Eglises qui célèbrent l’Eucharistie quelle que soit leur théologie. Actuellement les différentes Eglises se heurtent car elles ont perdu leurs racines mystiques remplacées par un ego digne de celui d’Harpagon… « Hors de MON Eglise point de salut » singent-elles misérablement dans un combat de chef aussi stérile que dépourvu de dimension spirituelle.  Honte à elles !

Oui, la reliure du vénérable bouquin des Evangiles a pris du plomb dans l’aile !

Pour les Grecs la religion (therapeia) était un « soin » aux dieux et aussi aux Hommes, d’où, dans l’Eglise gallicane des premiers siècles, l’exaltation thérapeutique de l’alchimie (spagirie) médecine inséparable du sacré, directement issue de l’Esprit Divin. Pour les Chinois (jiao) c’était un « enseignement » des maîtres à leurs disciples, particularité que nous retrouvons dans les enseignements hermétiques de l’Eglise sous couvert d’herméneutique. Chaque culture a favorisé un aspect plutôt qu’un autre du sens de la religion pour la baptiser selon ses convenances et de ce fait, si nous faisons abstraction de la terminologie et du milieu culturel, les termes peuvent être inversés et considérer la religion chinoise comme une thérapie (le taoïsme est d’abords, comme la spagirie occidentale, une médecine sacrée) et la religion grecque comme un enseignement (la gnose et les cultes à mystères tels ceux d’Eleusis ou de Samothrace). En réalité la religion est une dans ses rapports avec l’Esprit divin plus ou moins prononcé. Et oui l’œcuménisme n’a pas besoin de palabres… Les partisans de l’abstraction, ces idéologues qui s’écoutent parler, ne peuvent qu’être sujets à division car leurs misérables paroles offensent bien souvent le Verbe.

Cette double étymologie latine (religio et religare) s’applique bien à la plupart des systèmes religieux du monde. Ce qui somme toute est normal dans la mesure où la religion est une recherche des rapports avec l’esprit divin.

La religion est inséparable, comme je l’ai signalé au début de cet article, d’une certaine hésitation à agir par  crainte de froisser ou de provoquer un scandale. Un chrétien sans scrupule est une anomalie. En réalité religion et scrupule sont liés : la religio est un scrupulum… A l’origine le scrupulum est un petit caillou, un scrupus, c’est-à-dire une pierre pointue. Le scupule est donc à l’origine une petite pierre pointue, une gêne à l’action, comme un caillou dans la chaussure. C’est une présence permanente, une vigilance, qui ne manque pas d’éveiller l’attention car il s’agit d’auto-surveillance de ses pensées, de ses propos et de ses actes. C’est une petite veilleuse à la lumière incisive toujours présente dans l’esprit afin de ne jamais faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse. Le scrupule est donc la « veilleuse » permanente de la charité et du comportement en général. La douleur du petit caillou dans la chaussure annihile les pensées négatives fidèles desservantes ! Mieux vaut la douleur à l’erreur…

Ce frein de la morale peut venir de la peur de Dieu et la Bible nomme « Craignant Dieu » tous les croyants. Une Eglise Protestante, La Société des Amis, est même connue sous le nom de Quakers, les « Trembleurs » (devant Dieu), qui est désormais une célèbre marque de corn-flakes. Mais une crainte scrupuleuse ne suffit pas a établir un système de croyance même si elle doit rester son centre de gravité par une auto-surveillance permanente dictée beaucoup plus par la mystique que par la morale. En effet cette action permanente est un moteur de transformation chez le mystique mais reste un obstacle au développement chez celui qui n’en voit pas l’intérêt autre que moral pouvant dériver jusqu’au la névrose du puritanisme intolérant qui ignore que le scrupule ne s’impose jamais aux autres.

Une crainte obsessionnelle ou non et révérencieuse ou non, ne suffit pas à créer un système de croyances et de pratiques. Pour devenir une religion instituée, il lui faut aussi tisser des liens entre fidèles, nouée une amitié entre membres d’une même communauté que l’Islam nomme oumma et le christianisme « Eglise » (du grec ecclésia qui signifie « assemblée »).

Plus la religion relie, plus elle divise. Elle creuse un fossé entre croyant et incroyants, fidèles et infidèles, pieux et impies. En multipliant les obligations alimentaires ou vestimentaires, une religion crée l’uniforme entre les siens et le contraste avec les autres. Lorsque la différence n’est plus vivable, il n’y a que la guerre pour rétablir le droit d’autrui… les évènements récents en sont l’illustration. A moins d’être stupide ou inconscient il devient  possible de dire, sans être pour cela prophète, que ce n’est pas fini puisque les dieux sont immortels.

Le lien religieux est, comme le nœud gordien, si serré qu’il fait le trancher pour le défaire. Bientôt l’épée ne suffiras pas, il faudra d’abord l’imbiber du sang de cette « chair à canon » dont parlaient les poilus de la première guerre mondiale.

On peut amender une loi, modifier un contrat, voire organiser un divorce, on ne négocie pas une religion.

Tous ceux qui l’on tenté ont échoué. En Inde, l’empereur Ashoka essaya de convoquer un concile (vers 244 avant J.-C.) pour réconcilier les écoles bouddhiste rivales, mais cette tentative durcit les antagonismes et aboutit à la rupture entre Doctrine des Ancien (Theravâda)et les nouveaux adeptes du Grand Véhicule (Mahâyâna). L’empereur Constantin convoqua le concile de Nicée (325 après J.-C.) qui aboutit à la rédaction d’un Credo (Symbole de Nicée) aussitôt contesté par les 1730 évêques fidèles au prêtre Arius, qui furent forcés de signer, sous la menace d’exil proféré à leur encontre par l’empereur Constantin. Ainsi furent rendues les conclusions de ce « grand » concile réunissant 318 évêques seulement sélectionnés d’office par l’empereur, parmi les 2048 qui se présentèrent avec leurs femmes et leurs enfants (d’après l’historien Socrate).

L’idée même de compromis, nécessaire à tout œcuménisme semble une injure à la vérité, confondue avec l’erreur.

Si la religion divise, la « Terre sainte » est le lieu de toutes les divisions où rivalisent quatorze confessions chrétiennes traditionnelles auxquelles s’ajoutent de nombreuses communautés protestantes plus récentes, soit une trentaine d’Eglises pour une seule foi et un seul baptême. Les édifices du culte sont des lieux de conflit : à Bethléem, orthodoxes, arméniens et franciscains se partagent et se disputent la basilique de la Nativité. A Jérusalem, catholiques latins, grecs orthodoxes, arméniens, syriaques, coptes et éthiopiens cohabitent difficilement au Saint-Sépulcre dont la clef, pour éviter les disputes de chiffonniers est confiée à une famille… musulmane !

Ainsi est vérifiée la prophétie de Jésus dont nul ne s’inquiète du sens profond et se garde bien d’en rougir de honte :

 

« Pensez-vous que je suis venu apporter la paix sue terre ? Non ? Plutôt la division. Désormais s’il y a cinq personnes dans une maison, elles seront divisées : trois contre deux et deux contre trois » (Luc XIII, 51)

A moins d’être dépositaire d’un esprit particulièrement retord n’allons pas nous imaginer que la division soit une valeur évangélique. Certain – de mauvaises foi croyons-nous – sacralisent les bagarres, et donnent ainsi un prétexte sacré à l’échec inéluctable des conciles œcuméniques ! Le Christ lui-même s’oppose à l’union gardons-nous, sous peine de pécher, d’aller dans le sens contraire… Petitesse humaine qui ne cherche pas à comprendre cette parole de division de la part de celui qui est par essence même l’union sacrée.

Tant que la jalousie sera dans les cœurs, tant que l’orgueil sera le credo des assemblées avec cette fierté d’appartenance, à un groupe qu’il ait comme nom partie politique, club de pétanque, oumma, loge maçonnique ou rosicrucienne ou ecclésia (Eglise) la spiritualité leur fera défaut au point de ne plus être lié au créateur. Pourtant l’union est nécessaire pour lutter contre l’individualisme. Mais qu’est-ce que l’individualisme si ce n’est l’égoïsme ? Réunir plusieurs égoïsmes cela donne un ego monstrueux, un égrégore (esprit de groupe) qui ne pourra qu’être pernicieux même au sein d’un antre « sacré » que se soit une église où un temple maçonnique ou encore rosicrucien.  C’est lui, ce monstre, ce générateur de guerre entre les peuples, que le Christ nous demande d’anéantir, comme les chevaliers légendaires terrassent le dragon à sept têtes gardien de la toison d’or, sous peine de discorde car il est nécessaire de l’occire si l’on désire ouvrir les monumentales portes du Royaume.


 Avec toute mon amitié.

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 06:55

 

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L’alchimie est habituellement comprise comme « science » des transmutations et l’art de préparer un élixir d’immortalité. Au-delà de ces réalités quelque peu fantasmagoriques et fascinantes, elle est beaucoup plus difficilement assimilée à une « science » spirituelle nécessitant quelques efforts sur soi-même si bien définie comme une « mystique expérimentale » par le brillant philosophe et alchimiste René Alleau, (Aspect de l’alchimie traditionnelle. Editions de Minuit, Paris, 1953 et article Alchimie de l’Ecyclopædia Universalis).

Ces deux aspects qui caractérisent le laboratoire et l’oratoire furent néfastes à l’alchimie et cela perdure de nos jours car le fantastique stimulé par certains auteurs avides d’exalter leur capital financier « surfèrent » en délirant opportunément sur ce besoin d’évasion qui caractérise notre société laquelle tend à  se vautrer dans cet hédonisme artificiel créé et exalté par les techniques agressives et liberticides de marketing. Ainsi s’établit, à la place d’un savoir vivre harmonieux, des pratiques sournoise de corruption, dont la face très obscure a pour nom escroqueries (légitime ou non), drogue, beuverie ou libertinage. L’amour se défigure en sentimentalisme impuissant à exalter en tendresse la libido. Ce misérable substitut à l’amour ne résiste à aucunes épreuves, ce qui multiplie les familles recomposées. Jeter l’éponge est devenu une caractéristique de notre société et l’un des signes de sa décadence.

L’unique rêve, des laborantins amateurs à la vie spirituelle marécageuse, est de surprendre l’éclair jaune du métal précieux et de voir refleuris leur jeunesse pour mener à bien leur désir insatiable de sexualité effrénée.

Peut-on demander des efforts de réalisation spirituelle à ce genre d’individu ?

Oui, j’exagère au point de caricaturer parfois un peu trop, mais comment peut-on se faire entendre sans amplifier fortement la tonalité du discours ?

L’alchimie, ainsi prise en otage par des charlatans qui exploitent uniquement sa dimension transmutatoire des métaux en or ou ses capacités bio-régénératrice, ne peut délivrer son véritable message qui est essentiellement spirituel et christique.

 

Evidemment ici il ne saurait être question du profond encrier qui vit naître le littéraire Alchimiste de Paulo Coelho, petit cousin lointain de  Zenon l’alchimiste de L’œuvre au noir créé il y a plus de 45 ans par la talentueuse romancière Marguerite Youcenar (1968), dont le symbolisme élémentaire, subtilement exprimé, ne doit pas tromper puisqu’il n’aborde pas réellement la dimension alchimique.

 

L’alchimie traditionnelle, et non romantique ou littéraire, ne fait qu’un avec l’esprit — le Saint Esprit même, — de l’Eglise universelle et cela dès le premier millénaire du christianisme unifié.

L’Esprit, ce donneur de vie qui procède du créateur, irrigue ce double concept de la mystique chrétienne : l’Ecriture et la Nature. Ces deux livres sont sacrés, ils sont l’endroit et l’envers d’une même réalité. Le texte de l’un correspond à celui de l’autre même si les « alphabets » sont différents.

Ce concept existe encore d’une manière prégnante dans certaines Eglises Orthodoxes comme il existait dans l’Eglise Gallicane ou Eglise catholique initiale et donc réellement universelle (comme le mot catholique — issu de grec — l’indique) puisque sous son règne, qui dura tout le premier millénaire, chrétiens Orientaux et chrétiens Occidentaux vivait sous les même voutes romanes.

L’écriture de la « Nature » fut évacuée progressivement de l’Eglise Catholique devenue hérétique (ajout illégal du « filioque ») et schismatique après sa séparation avec l’Eglise Orientale. Il convient d’insister : oui, c’est l’Eglise catholique (et donc le pape) qui s’est séparée des Eglises Orthodoxes et non le contraire. D’ailleurs le terme orthodoxe (dans les règles) est suffisamment expressif.

Que les choses soient claires : l’Eglise catholique n’est pas catholique (c’est-à-dire universelle) même si elle porte —convenons-en en toute impartialité — ce nom. Son véritable nom est « Eglise Latine ».

Des prêtres estiment célébrer une messe sur le monde quand ils officient dans la nature et élèvent leur hostie ou leur calice vers de magnifiques montagnes enneigées ou de splendides forets. Evidemment ce n’est pas de cela que les Gallican anciens parlaient, mais de la racine de ces beautés naturelles de leurs atomes et molécules constituant leur substance ainsi qu’à  l’agencement musical de leurs espaces.

L’écriture de la nature n’est pas constituée de lettres ordonnées mais de substances et de mélodies harmonieusement assemblées. La langue humaine est une harmonique de la parole des choses, comme le chant des oiseaux répond au verbe des Hommes. Ce verbe va être tantôt musique accompagnant les modifications des structures moléculaires dans la mélopée intime de toute matières vivantes, tantôt silences et omniprésence sur un échiquier bigarré, tantôt appel d’un animal puis éclosion d’un chant d’oiseau.

Sur le chœur des becs chanteurs, sur le rythme vital des cœurs et la cadence éternelle des respirations s’est édifié le chant grégorien, cette grille de silence sur laquelle se trame l’hymne à la vie… Dissolution du langage humain dans le foisonnement rayonnant des multiples efflorescences du Verbe divin. Chant qui va au fond des être et des choses, qui atteint à leur substance même, à leur vérité, exhalant la force de vivre et la volonté d’agir, traduisant la réelle communion des personnes entre-elles et avec la nature, imitant la juste cadence du sang qui parcourt l’organisme, véhiculant les influx divins des puissances angéliques, charriant la tumultueuse sève christique.

Cet hommage grandiose s’est perpétué jusqu’au milieu du XXème siècle qui a vue se lézarder les valeurs morales et spirituelles.

 

Ne connaissant pas le Christ, si vous œuvrez au laboratoire sous les conseils éclairés d’un vieux maître, que découvrez-vous ? En ce lieu se dégagera un fait monumental, irréfragable, celui d’une PRESENCE exceptionnellement puissante, irradiante qui occupera pleinement « l’espace des vivants » et qui aimantera votre cœur et fera palpiter votre âme vous poussant fermement vers plus de bonté, de bienveillance, de compassion et de patience. C’est cela, cette présence vivante, qui fait dire que le laboratoire est plus spirituel que l’oratoire. En réalité l’oratoire est le parvis du laboratoire lequel est le véritable temple sacré ou se manifeste l’Esprit qui habite toutes choses y compris évidemment les matières minérales sur lesquelles œuvre l’alchimiste.

C’est le moment de mesurer l’absurdité d’un chimiste ou d’un physicien désireux de découvrir les secrets de la transmutation ! Tout au long de l’histoire de l’alchimie nous rencontrons ces feux follets de la connaissance, ces « souffleurs » ou « brûleurs de charbons » (souvent séduisant discoureurs reconnaissons-le) comme les appellent les véritables alchimistes hantés par l’étincelle divine au point de tout sacrifier pour entrer en communion avec l’indicible. C’était la dimension qui manquait à Jolivet-Castelot et celle qui manque aussi à Pierre Laszlo, professeur à l’Université de Liège (voir son Qu’est-ce que l’alchimie ? Edité chez Hachette en 1996)

L’œuvre de l’alchimiste sera calquée sur la Nature et la nature se révèlera être un duplicata de la vie et de l’œuvre du Christ, son Evangile secret… C’est cette reconnaissance du Christ Universel qui caractérise l’esprit de l’Eglise Callicane ancienne et indivise. Cette Eglise n’est pas uniquement l’antique Eglise de France, mais aussi celle d’Afrique du nord, d’Espagne du Portugal, d’Italie de Sicile d’Allemagne de Belgique de Pologne et d’Angleterre… En un mot c’est la véritable Eglise d’Europe, celle de l’empire de Charlemagne. Sons esprit se perpétuera durant plusieurs siècles notamment tout au long de moyen âge. Les Templiers en furent fortement imprégnés et certains monastères le perpétuèrent même jusqu’au début du XIXème siècle.

Les cloîtres conservèrent ce dépôt précieux « Christo-alchimique » pour deux raisons essentielles. La première pour la particularité de la spagirie de permettre la fabrication d’une pharmacopée si nécessaire sans ces milieux de vie collective et aussi pour soigner les populations alentour. Telle est la raison pour laquelle au moyen âge les médecins étaient souvent des moines.

Le lecteur doit être un peu désorienté par l’emploie du terme spagirie. La spagirie n’est pas l’alchimie, c’est la méthode alchimique appliquée sur les végétaux ou animaux (sur les phanères ou les mues de reptiles ou d’insectes qui contiennent des principes régénérateurs). Elle permet d’extraire la quintessence végétale et de la solidifier sous la forme de pierre végétale. Chaque plante produira une pierre spécifique avec une concentration maximale du principe thérapeutique. La fabrication de ces différents remèdes s’appelle iatrochimie. De ces préparations est issue l’homéopathie et les différentes phytothérapies.

Il ne faut donc pas confondre la spagirie avec l’alchimie qui elle œuvre sur un minéral, donc plus ancien que la plante et contenant un PRINCIPE VITAL INDIFFERENCIE. De ce fait son médicament sera une substance (élixir) qui agira sur TOUT l’organisme, d’où l’appellation de médecine universelle.

La deuxième raison, et de loin la plus essentielle sont les rapports de l’alchimie avec le Christ. D’où ces décorations alchimique que l’on peut découvrir dans certains monastère comme celui de Cimiès au nord de Nice. Ils exaltent les valeurs de l’alchimie de cette alchimie qui fit dire à l’évêque Dom Belain in fine de ses Aventures du Philosophes Inconnu : « Et cette pierre était le Christ » en référence aux Ecritures qui le disent en la première épitre de Paul aux Corinthiens (X,5). Magnifique jonction entre les « textes » des Ecritures et les « textes » de la nature.

Vous pouvez me reprocher d’être tendancieux, alors tournez vous vers ce titre de livre ou Le mystère des cathédrales, de Fulcanelli quel est-il ce mystère ? Lisez l’œuvre d’Eugène Canseliet ou les rapports entre l’alchimie et l’Eglise sont permanents. Allez visiter le monastère de Cimiez et alors vous saisirez cette inséparabilité entre les lois universelles et le fondateur de l’univers que ne peuvent qu’exalter les moines en quête de communion avec le divin.

 

Le vase de cette énergie divine salvatrice n’est autre que la Vierge.

La Vierge Marie tient une place capitale autant dans l’Eglise catholique qu’en alchimie, on découvre d’ailleurs très facilement cette dimension extraordinaire dans l’Epître de l’Immaculée Conception qui est lue durant l’office du 8 décembre. J’ai été obligé de me référer à de vieilles Bibles contenant ce passage des Proverbes (8, 22-35) afin d’éviter les textes systématiquement mal traduits pour chercher à faire coïncider le sens de cette épitre avec des idées préconçues effaçant la dimension alchimique incontestablement présente chez les premiers rédacteurs.

Vous avez là l’occasion de vous rendre compte de cette déformation des textes originaux car tout les missels (même ceux du milieu du siècle dernier) ont des traductions aussi fantasques les unes que les autres, vous pourrez comparer avec le texte ci-dessous.

J’ai donc été obligé de me référer à la Bible du Chanoine Crampon éditée en 1938 pour que la dimension alchimique puisse apparaître d’une manière similaire à celle du Mystère des cathédrales (1922) de l’alchimiste Fulcanelli :

 

« Le Seigneur m’a possédé au commencement de ses voies. J’étais avant qu’il formât aucune créature. J’étais de toute éternité avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore, et déjà j’étais conçue. Les  fontaines n’étaient pas encore sorties de la terre ; la pesante masse des montagnes n’étaient pas encore formée ; j’étais enfantée avant les collines. Il n’avait créé ni la terre ni les fleuves, ni affermi la monde sur ses pôles. Lorsqu’il préparait les Cieux, j’étais présente ; lorsqu’il environnait les abîmes de leurs bornes et qu’il prescrivait une loi inviolable ; lorsqu’il affermissait l’air au-dessus de la terre ; lorsqu’il donnait leur équilibre aux eaux des fontaines ; lorsqu’il renfermait la mer dans ses limites et lorsqu’il imposait une loi aux eaux afin qu’elles ne passassent point leurs bornes ; lorsqu’il posait les fondements de la terre, j’étais avec lui et je réglais toutes choses. »

 

Toutes les liturgies (avant 1968) sont structurées avec des citations des textes sacrés. On peu même dire que tous les offices sont des agencements, des « chapelets » de citation issues de l’ancien ou du Nouveau Testament. L’extrait des Proverbes ci-dessus en est un exemple.

Ainsi cette citation des Proverbes illustre sous un voile très transparent la corporification de l’Esprit Universel Christique au sein de toutes substances. Et l’alchimiste devra établir un échange avec cet esprit si bien exalté par les dévotions mariales et plus particulièrement les litanies, avec ces différents noms de la Vierge à connotations alchimiques et si proches des mantras Orientaux, rappels du christianisme oriental gallican.

Pour accéder à cet échange l’alchimiste devras choisir la substance la plus apte, la plus malléable en quelque sortes, dont l’interface matière-esprit sera la plus « transparente » possible, et à un tel degré que les diverses expressions de l’esprit qui participe à l’agencement de la matière choisie, manifeste ses états par un changement de couleur ou une variation de structure dont la forme étoilée est la plus évidente... Il s’agit là d’analogies pour exprimer l’inexprimable, que la lectrice et le lecteur veuille donc pardonner cette approximation quelque peu simpliste qui a l’avantage d’être expressive.

Des substances choisies est né le terme de matière première qui, somme toute a très peu d’intérêt par rapport à son contenu où première matière des mondes d’où les analogies expressives à propos de la Vierge Marie qualifiées de Vase Spirituel mettant en évidence le contenu qui va incarner le Christ. C’est de cette première matière divine qu’il est question dans cet extrait fascinant des Proverbes permettant par la même occasion de situer le véritable registre sur lequel s’exprime l’alchimie qui mérite bien son nom d’Art Royal.

 

Bien souvent cet aspect est difficilement accepté par ceux qui prônent une alchimie musulmane ou encore taôiste qui leur semble n’avoir aucune accointance avec la dimension chrétienne. Certains suggèrent même une indépendance radicale de l’alchimie vis-à-vis des religions, opinion difficilement défendable.

Si le mot catholique veut dire universel, L’Eglise catholique n’est pas, comme je l’ai souligné, universelle. Elle est, malgré son nom et sa grandeur (en nombre de croyants seulement) une Eglise parmi toutes les autres car l’Eglise universelle est l’union de toutes les Eglises non seulement celles d’Occident et d’Orient mais aussi avec les petites Eglises sans exception du moment qu’elles célèbrent l’eucharistie (messe).

Le ciment mystique du silence plein de puissance étant perdu, ce n’est pas avec les chicaneries stériles et amphigouriques des théologiens matérialistes que cette union peut-être envisagée.

 

La relation qui s’établit entre la pratique de l’art sacerdotal et la célébration du sacrifice chrétien est historiquement démontré, depuis que l’on a découvert que les plus anciennes liturgies de la Gaule (liturgie gallicane ancienne) comportaient des fragments entiers  de livres hermétiques alexandrins. Cet aspect est rappelé fort judicieusement par Bernard HUSSON, dans son commentaire de la planche XXVI du Vidarium chimicum ou Le Jardin Chymique. (Editions Librairie de Médicis. Paris 1975).

Par ailleurs le célèbre alchimiste chrétien et Rosicrucien, d’origine allemande, Michel Maïer reconnait, dans le 11e chapitre de son Symbola Aureae Mensae que la messe est le lieu de jonction entre l’Eglise et l’art sacerdotal :

« Rien parmi les choses de la terre n’est plus semblable à ce grand œuvre céleste (la messe) que l’élaboration de la teinture ».

La teinture étant ici la pierre philosophale car elle est capable, comme la teinture communique sa couleur à un tissus, de communiquer sa puissance à tout ce qu’elle touche, tout comme l’hostie communique sa capacité régénératrice à l’âme du fidèle lors de la communion à l’occasion de la Messe.

La comparaison entre l’eucharistie et la pierre philosophale a souvent été faite bien souvent par les alchimistes de France et en particulier par Pierre Jean Fabre en son L’alchimiste Chrétien (Editions S.E.H.A. Paris et ARCHE Milan 2001, p173)

L’œuvre de Fulcanelli, tout comme celle du pieux alchimiste parisien Nicolas Flamel (voir l’Alchimie de Flamel par le Chevalier Denis MOLINIER, édition d’Art Savary, Carcassonne 1989) présentent un aspect beaucoup plus significatif. En effet l’un et l’autre sont connus pour avoir réalisé le grand œuvre d’alchimie et sont donc parvenu à ce degré d’éveil comparable à l’ouverture du Satori des Orientaux. Aucun des deux adeptes couronné, ayant accès, par le fait de leur réussite, à une réalité absolu n’a voulu retirer de son œuvre tout ce qui concerne les analogies avec le Christ. Peut-on croire à un artifice ?

Le christianisme est essentiellement alchimie, il ne peut être compris hors du contexte alchimique. Il est l’alchimie réelle et totale. Suivre le Christ et devenir Adepte c’est tout un.

Qu’est-ce que l’alchimie ? Autant à l’oratoire qu’au laboratoire c’est la séparation d’avec l’impur d’un élément toujours plus pur, c’est la transmutation du mal en bien. D’opération en opération et de participation en participation à l’eucharistie, elle doit ainsi progresser sans fin. L’Art Magna , ou Art Royal, a pour but la libération et le déification de l’homme, la maitrise de l’énergie universelle, la transfiguration des corps, la régénération du cosmos car tout être humain est inséparable de l’immensité étoilée… La Pierre est, comme le pain et le vin eucharistique notre viatique pour le long cheminement de notre transmutation…

L’évangile doit devenir pour chacun de nous ce qu’il est en réalité : une musique supérieure de l’être, une source inépuisable d’énergie créatrice et d’intuition si nécessaire au laboratoire, un outil de puissance intégrale, autrement dit la clef de la christogénèse en notre monde sublunaire. En ce sens, et en ce sens seulement, évangile signifie bonne nouvelle, heureux message.

 

Avec toute mon amitié.

 

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 11:01

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B

eaucoup de chrétiens affirment péremptoirement qu’il faut distinguer les sectes de leur religion ! Et cependant… il est impossible de différencier clairement les sectes des religions.

En notre triste monde sublunaire il est une sorte de lutte chauvine et insensée cherchant absolument une élévation glorieuse de notre opinion religieuse bien personnelle pour la couronner, aux yeux du monde entier, comme l’unique et inaltérable vérité.

Vacuité du monde sous les herbes folles qui s’enracinent avidement dans le terreau spirituel pour tenter de tout drainer vers leurs ego collectifs intolérants et surdimensionnés. Ah les orgueilleuses Eglises phare de la chrétienté en réalité falote noctiluque bien incapable d’éclaire. Mais ne nous égarons pas dans l’obscurité des méandres théologiques ou dans les caves obscures et puantes de l’inquisition.

Précisons avec fermeté, et soulignons trois fois, que malgré les bonnes volontés quelque peu rageuses, face à leur vacuité, les pouvoirs civils comme religieux, sont incapables de donner une définition précise de la secte.

Non ! Et n’en déplaise aux sectes anti sectaire fanfaronnes et quelque peu liberticides, porte parole des pouvoirs muselés mais désireux de mordre rageusement, il n’y a pas de définition césarienne de la secte. Cependant… Si ! il y en est une de surréaliste et  abondement adoptée. Elle nous est livrée d’une manière quelque peu impudente et lapidaire par Odon Vallet :

« On est secte quand on ne vous aime pas, on est religion quand on vous admet. »

Le professeur des Religions (Sorbonne) Odon Vallet nous parle joliment du sens à accorder au terme « secte ». Les cabalistes ne pourront qu’apprécier :

« Car il n’y a pas de définition précise de la secte. Le mot a lui-même a une origine complexe. Il est issu du verbe latin sequi (suivre) mais il a été influencé par le latin secare (couper). Entre le sectateur qui suit son chef et le sécateur qui coupe la plante, le différence de son est minime et l’écart de sens réduit. Car suivre aveuglément un chef, c’est aussi se retrancher du monde ; suivre obstinément une ligne de conduite, c’est se couper du bon sens. » In Petit lexique des idées fausses sur les religions p 220, Editions Albin Michel, 2002.

Le disciple d’une secte emprunte donc une voie qui fera de lui un adepte, quelqu’un qui a atteint le but (adeptus = ayant atteint). Il « suit » un maitre ; en même temps, il se coupe du reste de la communauté humaine… Evidemment cet aspect développé par le psychiatre Jean-Marie Abgrall (in La Mécanique des sectes, Editions Payot 1996) reste aléatoire. En effet comment qualifier les adeptes du Christ et de Bouddha ?

Une religion est, comme l’on dit souvent et à juste titre, une secte qui a réussi. C’est un groupuscule devenu grand, un carré de fidèles transformé en légion et rebaptisée Eglise. Ne nous y trompons pas, l’aspect numérique ne définit pas l’appellation d’Eglise. Ce qui détermine ce terme c’est beaucoup plus la dimension mystique,  initiatique et pédagogique de l’assise « doctrinale » laquelle repose sur la responsabilité lucide de chacun et non sur des règlements ou dogmes contraignants.

Le Nouveau Testament parle de la secte de Jésus (Actes des Apôtres 24, 5 et 14 ; 28, 22) car le Christ avait pris la tête d’une dissidence, très minoritaire dans le judaïsme. Celle-ci était une « hérésie » (hairèsis), c’est-à-dire un choix contesté, une doctrine minoritaire.

Donc, ne l’oublions pas, le christianisme est, à son origine, un groupuscule sectaire d’hérétiques.

De même parle-t-on souvent des multiples « sectes » du bouddhisme qui sont plutôt des écoles de pensée, des groupements spirituels, des « véhicules » (yana) de progression morale. En ce sens, une religion peut être une somme de « sectes » qui ne sont pas sectaires, sinon pour leurs adversaires.

Les grandes sectes ou Eglises, surtout là Catholique, ne reconnaissent pas les petites Eglises, ou écoles de pensées, et voudrait que le sectarisme dangereux se définisse à partit d’un trop petit nombre de pratiquants afin de faire condamner ces « hérétiques » qui entravent leur suprématie.

Quand le christianisme fut en proie aux grandes controverses doctrinales sur la nature d Christ (IVe et Ve siècle), chaque opinion fut tour à tour orthodoxe et hérétique, officielle et sectaire.

Ainsi, l’Empereur Constantin, convoqua en 325 le Concile de Nicée. Voulant supprimer les évêques « Ariens », il expulsa 1730 évêques « Ariens » sur les 2048 qui se présentèrent, avec leurs femmes et leurs enfants (sic). Après les décisions de 318 évêques seulement les 1730 exclus durent signer les conclusions du concile sous peine d’exil. Dans les conciles suivants ce furent, à l’inverse, les non Ariens qui figurèrent parmi les expulsées… Ainsi va la balle de ping pong durant tous les conciles dits christologique, cherchant qui condamner ou non en fonction des pouvoirs politiques ou... de l’air du temps.

Dans cette lutte idéologique, les sectes prospérèrent sur l’irrationnel et l’indémontrable. Selon la formule de Voltaire, « Il n’y a point de sectes en géométrie : on ne dit point un euclidien, un archimédien. Quant la vérité est évidente, il est impossible qu’il s’élève des parties et des factions. Jamais on n’a discuté s’il fait jour à midi » (Dictionnaire philosophique).

Mais on a « disputé » (comme à l’occasion du concile de Nicée) pour savoir si le Fils était semblable ou identique au Père, car les Evangiles sont loin d’être explicites à ce propos et prêtent bien à controverse quant on veut que le Fils soit en communion et consubstantiel au Père alors qu’il déclare lui-même à propos du moment ou surviendra la fin du monde :

« Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul » (Matthieu, 24, 36)

Donc, dirent les « Ariens », dans une logique que seul les rhétoriciens fallacieux détournent : Si le Christ ignore ce que mijote le Père, ils ne sont pas pareil… ce qui ne veut absolument pas dire que le Fils ne partage pas la divinité du Père. Telle était la théologie des Wisigots méridionaux.

Et c’est ainsi que les « Arien » furent accusés de nier la divinité du Christ et que Rome mandata un roitelet Belge à sa solde, alias Clovis, pour nettoyer le midi « arien » de la Gaule et le couronner Roi… Ce fut la première « croisade » contre des hérétiques Languedociens. Pays trop « libertaire » aux yeux des moralistes et formalistes venant du froid et de l’orgueilleuse Rome, ou la sanguine impériale se confond avec la charité chrétienne.

Pour distinguer une secte d’une religion, on a essayé le critère du nombre qui ferait d’une secte une religion de poche. En fin de compte si vos idées sont originales ou marginale vous pouvez être une secte à vous seul ! Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Cependant il est vrai que la plupart des sectes ont du mal à prospérer à cause de leur intransigeance et que les grandes religions sont d’anciennes sectes qui ont accepté des compromis. Si une Eglise chrétienne exigeait de ses membres qu’ils suivent à la lettre l’ordre du Christ : « Viens, quitte tout et suis-moi », ce suivisme aveugle serait sectaire.

Ces compromis des Grandes Eglise ont engendré une certaine paresse chez les chrétiens. De ce fait si une petite Eglise à forte connotation ésotérique (sans pour cela être secrète) propose un effort en toute liberté, il est refusé ou noyé dans un verbiage inactif et les chrétiens préfèrent la quiétude du grand lit à roulette de plus en plus rembourré (pour les conduire jusqu’au ciel) que leur présentent les idéologues religieux (« cathocrates », disent les mauvaises langues en parlant des théologiens ). Ce genre d’attitude est évidemment de plus en plus étranger au christianisme. Tel est le replâtrage  des somptueux textes éternels trépassés sous leur blanc linceul.

Or, le suivisme aveugle est aujourd’hui exigé par certains organismes extérieurs aux grandes religions comme par d’autres qui leur sont liées telles ces communautés nouvelles du catholicisme qui ne diffèrent en rien d’une secte par leurs règles extrêmes. Combien les désertent la déception au cœur après avoir gâchées leurs jeunes années. Une de mes amies m’a confié sa profonde déception après avoir été participante enthousiaste  de la communauté de Notre Dame de Vie. Aujourd’hui, désemparée elle vit en couple dans une marginalité effrayante… avec un conditionnement si tenace qu’elle est incapable d’envisager un autre christianisme que celui qui lui a lavé le cerveau. De ces naufrages nul n’en parle car trop liés aux grandes Eglises dont le pouvoir permet une certaine dissimulation…

Le courant de Notre-Dame de Vie (dont la dimension alchimique n’aurait du échapper à personne) comme celui des communautés similaires se rattache à une philosophie chrétienne pervertie et cependant non séparée  du catholicisme qui de ce fait a d’importantes connotations sectaires dont le catéchisme actuel reste un perpétuel opprobre par la manière abstraite de sa rédaction. Les 676 pages du Cathéchisme de l’Eglise Catholique (Editions Mame et Plon 1992) sont un monument d’abstraction qui escamote les problèmes de fond rebutant les mieux intentionnés. Moralisme sans dimension suprasensible mais éveillant la sensiblerie comme les réseaux soucieux en témoignent.

Mais il est aussi des courants qui relèvent d’un syncrétisme inclassable. On peu fonder une secte néo-hindouiste en se réclamant de Krishna ou inaugurer un syncrétisme universel en se présentant comme le « Messies cosmo-planétaire », mais dans ces deux cas, ces créations sont distinctes des grandes religions traditionnelles.

Il n’en est pas de même avec certains mouvements charismatiques apparus au sein du catholicisme ou du protestantisme, souvent (comme Notre Dame de Vie) avec l’accord de la hiérarchie des Eglises. Certaines communautés nouvelles appliquent les recettes éprouvées de l’abus de pouvoir et de la manipulation mentale en pervertissant les règles des grands ordres religieux. Comment distinguer sûrement un dominicain sectaire d’un dominicain conciliaire aux idées ouvertes ? La multitude des congrégations (dans le catholicisme) et des Eglises (dans le protestantisme) favorise la confusion. Ajoutons à cela la prolifération des petites Eglises chrétiennes dont la tolérance n’est pas toujours au rendez-vous. Généralement elles sont traditionnalistes avec une tendance à refuser le sacerdoce féminin. Souvent elles ne font qu’imiter l’Eglise Catholique et ne présentent aucun danger sectaire sauf d’avoir érigé la croyance en lieu et place de la connaissance. Il y a aussi quelques Eglises alchimique libérales difficile à apprécier comme les Eglises gnostiques. Dans le lot se trouvent de gais lurons qui, sous les caméras de télévision, grimpent sur les femmes pour les exorciser. Bref un salmigondis généralement peu dangereux avec de gentils fumistes.

Des critères de discernement ont été proposés par une commission d’enquête parlementaire sur les sectes, en relation avec les enquête quelque peu suggestive des anciens Renseignements Généraux qui n’ont pu condamner l’Anthroposophie, crée en 1913 par Rudolph Steiner,  car le juge a tiré les oreilles des espions des R.G. qui colportait des calomnies. Devant leur impuissance ils ont classé rageusement l’Anthroposophie dans les sectes qui pourraient être dangereuses. Vous l’avez compris nous sommes en plein jeux de pouvoirs et de recherche de destruction massive. Cela est confirme car « la secte qui a réussi » propose par la voie de Mgr Vernette, des critères qui ont pour seul but d’exonérer l’Eglises catholique de toutes suspicions. Personne ne peut, mystiquement parlant, définir une secte. Et bien les tribunaux l’on fait lors d’un jugement de la Scientologie diffusé au journal télévisé. L’expert auprès du tribunal a dit que l’Eglise de scientologie n’était pas une Eglise. Tout aurait pu être crédible si cette opinion émanait d’un historien des religions, d’un psychologue ou encore d’un sociologue. En réalité cet expert était un prêtre catholique, ce qui m’a fait bondir de ma chaise et pourtant je n’aime pas la scientologie, mais là c’est le pompon d’une manipulation… Une grosse secte qui juge une petite, une chrétienne qui juge une non chrétienne, c’est effarant, surréaliste. C’est du guignol mal attifé. Les magouilleurs, devrait être plus discret !

Donc, aucun spécialiste sérieux des sectes  ne retient comme critère le petit nombre des adeptes (les zoroastriens sont à peine cent mille dans le monde mais sont les ultimes représentants d’une grande religion), ni la nouveauté du mouvement (le caodaïsme vietnamien n’a pas cent ans mais n’est surement pas une secte, pas plus que l’Eglise Libérale des Anglo-Saxons). Pour compliquer le tout, il ne peut exister, en droit français, aucune définition d’une religion et, donc, d’une secte. En effet, selon l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, « La république ne reconnaît aucun culte ».

Et elle ne reconnaissait aucun religieux sous la Révolution. L’article 12 de la Constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795) comme l’article 6 du titre 2 de la Constitution du 3 septembre 1791 précisent que la qualité de citoyen se perd par « l’affiliation à une corporation étrangère qui exigerait des vœux religieux ». Entre le vœu et le vote il fallait choisir et l’obéissance à une règle de vie était jugée aliénante, le père abbé ou la mère abbesse apparaissaient aussi illégitime que le gourou d’une secte. La confession la plus répandue au monde, l’Eglise catholique, était alors tenue pour aussi nuisible aux libertés qu’un groupuscule sectaires.

Raisonnablement on ne peut distinguer une religion d’une secte. La question que vous devez vous poser est : pourquoi cet article ? J’ai voulu dire que chacun est libre de choisir sa religion et dans ce choix le rapport parlementaire des sectes est illégitime et même pas digne de confiance donc nul et non avenu. Il est fait pour influencer d’une manière illégale les individus crédules et apeurés et les diriger vers le giron protecteur des grandes religions.

Un de mes amis que j’ai connu sur les bancs de la Fac à achevé une brillante carrière professionnelle dans une opulence certaine. Je lui ai demandé s’il avait poursuivi ses recherches dans l’ésotérisme et en particulier l’alchimie. Il m’avoua avoir abandonné tout cela car c’était dangereux pour sa vie professionnelle… ais-je raison de verser une larme ?

Avec toute mon amitié. 

 

 

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 18:49

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J’ai reçu un faire part de la parution d’un ouvrage qui pourrait intéresser certains lecteurs. Je ne saurais vous livrer pour l’instant une critique de ce livre qui, au premier abord, a l’air intéressant. Affaire à suivre donc.

 

Ce roman est de Jak BAZINO publié aux éditions Publibook (Mon Petit Editeur) sur l'alchimie birmane. Son titre :


Zawgyi, l’alchimiste de Birmanie


        Ce roman d’aventure initiatique (m’écrit l’auteur) a pour toile de fond la « Révolution de Safran », révolte des moines qui a secoué le Myanmar en 2007. A ce titre, le mois de septembre 2012 sera l’occasion de commémorer le cinquième anniversaire de cet épisode sanglant de l’histoire birmane.

La Birmanie connaît aujourd’hui une mutation politique inattendue, qui s’est concrétisée par la large victoire de la Ligue Nationale pour la Démocratie, parti du Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, aux élections législatives partielles d’avril 2012. Il est certain que nous continuerons à parler de la Birmanie dans les mois à venir dans les médias, comme c’est actuellement le cas avec la visite d’Aung San Suu Kyi en Europe.

        Cet ouvrage est le fruit de cinq ans de recherches et de travail sur les alchimies birmanes, indiennes et européennes, sur le Bouddhisme ésotérique et sur l’histoire de la Birmanie. A ces études théoriques sont venues s’ajouter les observations personnelles que j’ai pu faire tout au long des quatre années que j’ai passées dans ce pays et au cours des fréquents voyages qui j’y effectue encore. 

   
         Pendant mes séjours, j’ai pu visiter des régions et des sites encore fermés au tourisme, qu’il s’agisse de certaines zones ethniques reculées ou de la zone du gazoduc de Total. Ces pérégrinations et ma passion pour la photographie m’ont ainsi amené à collaborer à la rédaction du guide de voyages «To Myanmar with love», publié aux éditions Things Asian Press en 2009.


         Etant diplômé en sciences politique et en sociologie, je me suis également intéressé à l’histoire politique, aux structures sociales et à la philosophie du Myanmar, afin d’en apprendre davantage sur les courants qui transcendent la société birmane et sur l’essence de cette culture passionnante, riche et si différente de la nôtre.


         De même, j’ai voulu partager à travers cet ouvrage le chemin que m’ont fait suivre mes recherches et mon intérêt pour l’alchimie vers une certaine forme d’illumination, qui n’est pas sans rappeler parfois celle décrite dans les philosophies orientales.

         C’est cette longue initiation, mon amour de l’écriture et ma volonté de partager ma passion qui m’ont poussé à rédiger « Zawgyi, l’alchimiste de Birmanie ». Mon roman est aujourd’hui disponible à la vente sur les sites Internet de mon éditeur, d’Amazon et de la Fnac, ainsi que dans l’ensemble du réseau des librairies partenaires des éditions Publibook.


Avec toute mon amitié.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 16:20

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Si j’aborde un pareil sujet c’est pour montrer combien le besoin sexuel des Homme, aussi vital que la nourriture et le sommeil,  fut mal admis par les religions qui ont tendance à le ranger dans la case des péchés non mignons comme la luxure ou l’ivrognerie. Peut-être que le fait de ranger ces organes si précieux (bijoux de famille pour certains) dans des culottes est-il à l’origine de leur dissimulation jusque dans la pensée elle-même ? Je ne suis pas psychanalyste (Dieu m’en garde !) mais je ne puis m’empêcher de comparer ce rejet  du plaisir sexuel partie intégrante du bonheur de vivre (peut-être l’un des rares que nous ayons)  au refus de la morts.

Je verse une larme en regardant les nus victorieux de la chapelle Sixtine massacrés par adjonction d’un voile pudique qui n’est en rien différent d’un péché contre l’esprit.  

Vous pourriez me reprocher d’être un gai luron quelque peu salace dont l’exercice préféré est omni par les chastes Eglises du monde entier. Détrompez vous, je suis pour la chasteté trop  souvent confondue avec la continence alors que sa devise est : « J’en use mais n’en abuse » !

Le mariage ne conduit pas au bonheur même si l’on aime profondément son conjoint. Nul couple ne saurait me dire le contraire. Ce que je veux exprimer est très élémentaire. C’est que le fait d’être amants prend tout son sens indépendamment de celui de procréation. Il permet aux conjoints de s’abreuver à des moments de communion donnant la force de pardonner et de supporter les inévitables épreuves de la vie. Boire à la même coupe est un renouvellement du mariage.

Telle est la raison pour laquelle dans l’Eglise Gallicane primitive à l’occasion d’un mariage le prêtre donnait aux époux une coupe dans laquelle il versait le vin consacré. Ils buvaient successivement puis conservait le vase qui était le cadeau le plus précieux, le plus sacré aussi, car repère concret et permanent de leur union. Ainsi pouvaient-ils boire ensemble régulièrement afin de resserrer leurs liens par leur pardon mutuel dans un baiser de paix après une dispute ou pour se réconforter après un deuil.

La philosophie qui sous-tend cette cérémonie est qu’une union réunit des êtres dissemblables en certains points qui doivent d’entraider, et non s’entredéchirer, afin de progresser ensemble vers leur mutuelle amélioration. Quand cette dimension s’efface c’est briser la coupe,  briser un serment, briser le fruit des efforts mutuels, briser le lien qui nous rattache à la sagesse spirituelle.  Ce seul acte de la part de celle ou celui qui brise la coupe compromet à jamais sa vie mystique et son grand œuvre alchimique.

Toutes les religions sont marquées par cet abandon de l’effort de réalisation de soi. Accepter l’épreuve est maintenant assimilé à une démarche sadomasochiste et liberticide. D’où le taux de divorces de concubinage et de familles recomposées devenue monnaie courante et signe d’un abandon du sens de l’engagement et des responsabilités. Avoir un chef d’Etat concubin est signe de cette dégradation sociale. A quel sens de l’engagement faut-il s’attendre ? Ceci étant dit sans opinion politique puisque je n’en ai aucune.

Ainsi vont les chaises musicales, en quelque sorte, où notre auguste derrière change de reposoir en fonction de la mélodie… Hélas la vie n’est pas un jeu et encore moins un renoncement, de ce genre de renoncement que manifeste la fonction exponentielle du nombre de suicides au point de retarder la marche de nos TGV.

 

D

e nombreux Occidentaux, marqués dans leurs jeunesses par les interdits sexuels du moralisme chrétien, voient dans le bouddhisme une religion moins rigoriste : refusant la dualité de l’esprit et de la chair, des béatitudes et de la concupiscence, elles conjuguerait la félicité du corps et la sérénité de l’âme.

Quelle erreur ! ! !

En effet, dans les pays d’Asie de l’Est (comme l’Indochine où si vous voulez le Vietnam) où se côtoient catholiques et bouddhistes (et dans les communautés asiatiques d’Europe), on ne peut distinguer les fidèles des deux religions par leur conduite sexuelle : la fréquence des concubinages, de l’adultère et du divorce n’est guère différente. Et tout voyageur en pays bouddhiste remarque un trait de civilisation typiquement catholique : l’importance d’un clergé célibataire. Et le plus fascinant sont les raisons similaires essentiellement liée a la peur de perdre la main mise sur les individus et leur propriétés.

Le bouddhisme, surtout dans le Petit Véhicule et le Véhicule de Diamant, suscite de nombreuses « vocations » monastiques exigeant le respect des vœux de pauvreté et de chasteté. Certes, il existe des moines mariés au Japon et au Tibet mais ils demeurent aussi minoritaires dans le bouddhisme que les prêtres catholique mariés au sein des Eglises d’Orient.

La règle du célibat ecclésiastique dans le catholicisme comme dans le bouddhisme correspond à une peur du sexe et à une crainte des fils : si un moine veut bien obéir à son abbé, en serait-il de même de son héritier ?

Les clergés héréditaires avaient laissé un mauvais souvenir dans le brahmanisme (comme dans le judaïsme) où les temples étagent des propriétés privées transmissibles de père en fils avec leur trésor de richesses et leurs myriades d’acolytes. D’ailleurs, l’école tibétaine des Sakyapa, l’une des rares écoles bouddhistes dont les moines soient mariés, est dirigée par la même famille depuis … neuf cent cinquante ans !

Comme le Nouveau Testament censure le désir (éros) auquel succède la charité (agapé), les Ecritures bouddhiques condamnent le désir (kâma) que remplace la compassion (karunâ). Le désir sexuel est la première victime de cette substitution qui transforme l’appétit pour le corps en bienveillance pour autrui. Inutile de souligner ici la dimension névrogène d’une pareille attitude pour ceux qui ne sont pas taillés pour une telle ascèse.

Cette mutation (source de nombreuses œuvres charitables) eut parfois dans le bouddhisme, un caractère obsessionnel : selon des sources mahayanistes, le schisme entre Petit et Grand Véhicule eut pour origine la condamnation, au concile de Pâtalipura (vers 245 avant J.-C.), de la pollution nocturne des moines : pour la Doctrine des Anciens (Theravâda), un désir, même involontaire, était condamnable.

La doctrine réformée du Grand Véhicule refuse le rigorisme et le Mahâyana a généralement fait preuve d’une morale sexuelle relativement libérale.

Comme pour les prêtres catholiques exclus en cas de relation féminine sérieuse, il en est de même pour les moines bouddhistes (cela pose le problème des enfants), les relations masculines ont parfois été tolérées : au Japon, une « voie des éphèbes » (shûdô) où les moines initiaient les novices, présentait des analogies avec la pédérastie grecque et ce qui se passe encore sous le sceau du secret dans l’Eglise Catholique… Les tribunaux qui condamnent de nombreux ecclésiastiques pédophiles en sont la manifestation !

Tout cela montre combien les religions détachées de leurs racines par les interprétateurs (Le Christ et Bouddha n’ont pas laissés d’écrits) sont souvent à l’origine de perversion dont l’émergence est inévitable car la sexualité est aussi puissante que la vie puisqu’elle est son vecteur. Vivre harmonieusement sa vie c’est donc vivre harmonieusement sa sexualité. Refuser l’équilibre et l’épanouissement sexuel conduit tôt ou tard à des excès ou à des perversions dont les religions bardées de règles ou de dogme sont  un inéluctable terroir.

Ainsi nos ex catho. Attirés par le bouddhisme manifeste un tel manque sur le plan sexuel que leur intérêt de porte, d’une manière parfois salace, sur le tantrisme, doctrine et pratique érotique et mystique non spécifiquement bouddhique.

Ma concierge et voisine de pallier, dont vous voudrez bien pardonner la trivialité, me rétorque souvent en levant les bras au ciel que beaucoup de bigot ne savent pas conduire et font des têtes à queue… Ne n’ai jamais su si elle parlait du Grand ou du Petit Véhicule !


Avec toute mon amitié.

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 12:46

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Le concept de réincarnation est d’origine Grecque (appelée palingénésie) et Indoue alors que le mot est… français ! Il fut probablement inventé par le Lyonnais Allan! Kardec (1804-1869). Je dis bien que c’est  PROBABLEMENT le fameux spirite qui fut à l’origine de ce terme car il explique, dans son Livre des esprits, que l’esprit peut progresser par des réincarnations successives dans des corps imposés « aux uns comme expiation et aux autres comme mission » Le corps devenant alors un fardeau ou un outil vers un monde meilleur… nous verrons que ce terme est en réalité beaucoup plus ancien malgré une terminologie différente.

Lyon fut aussi en centre diffuseur de cette idée tant dans la mystique chrétienne, en marge des religions établies, que dans le milieu très riche de l’ésotérisme du XIXe siècle.

Ainsi en est-il de Nizier Anthelme PILIPPE (1849-1905) de renommée internationale qui concentra autour de lui les plus grands noms de l’ésotérisme tel Papus (Docteur Gérard Encausse), son gendre Marc Haven (Docteur Lalende), Paul Sédir (Yve Leloup) et bien d’autres encore qui restèrent dans l’anonymat tel Eugène Chevreul (1786-1889) et Fulcanelli (1839- ? )… pour ne citer que les alchimistes connus.

PHILIPPE appelé Maitre Philippe de Lyon outre des guérisons extraordinaire (telle que la régénération d’un membre amputé !) qui rayonnèrent jusqu’à la cour des Tzars et celle d’Angleterre, enseignait un christianisme mystique de puissante portée spirituelle où la réincarnation jouait un rôle central. Le retour dans un nouveaux corps avait pour but de nous faire évoluer spirituellement à travers les différentes épreuves de l’existence. Tout cela étant en réalité au cœur du christianisme primitif mais rejeté très tôt, pour des raisons politico-financières, par les mêmes théologiens qui finirent, tardivement, par interdire le mariage des prêtres et le sacerdoce féminin :                     )

« Par la pluralité des existence, disait le thaumaturge de Lyon, Dieu nous donne le temps de devenir meilleur. » (in Le Maitre Philippe de Lyon, p.328, du docteur Philippe Encausse. Editions Traditionnelles, 1988. Le sérieux de cet ouvrage ne saurait être contesté car il reçu trois prix : en 1954 celui de l’académie des sciences morales et politiques, puis celui de la société des gens de lettre de France et en mai 1988 celui de l’Académie Française)

Il exprime également les changements de l’être au fil de son apprentissage :

« Tout ce que l’âme a acquis de lumière dans une incarnation, elle le conserve à l’incarnation suivante. Il n’y a que l’erreur, les fausses opinions qui disparaissent… » (idem supra p 330 )

Et cette marque de libéralité :

« On n’est pas obligé de croire à la réincarnation ». (idem supra p.329)

 

« Réincarnation » est un mot formé sur « incarnation », terme exprimant le mystère par lequel le Dieu des chrétiens a pris chair (une seule fois) en Jésus avant d’être ressuscité (une seule fois) le jour de Pâques. Or, la réincarnation désigne habituellement le séjour d’une même âme dans une succession de corps différents qu’elle quitte à leur mort pour entrer dans la chair d’un nouvel être vivant. Logiquement, lors des incinérations, les hindous donnent un coup de maillet sur le crâne du défunt pour permettre l’envol de l’âme hors de son enveloppe corporelle.

Les indiens nomment ces mouvements de l’âme samsâra, littéralement « parcours ensemble », comme si l’âme était ce relai qui passe de main en main, de corps en corps dans une course par équipe où les relayeurs font le tour de la vie dans une ronde du temps. Cette transmigration de l’âme peut-être justement nommée « réincarnation » dans l’hindouisme, mais il vaut mieux parler de « renaissance » dans le bouddhisme, religion qui (du moins à son origine) ne postule pas l’existence d’une âme : cette renaissance y est la transmission d’une existence à une autre comme la flamme d’une bougie s’allume à sa voisine.

Les Indiens sont-ils les inventeurs de cette croyance ? Les plus anciennes religions connues par des textes, comme celle des Egyptiens ou des Mésopotamiens, n’y font pas référence. En Inde même, elle ne semble apparaître que vers le VIe siècle avant J.-C. et correspondrait à la foi à une démocratisation de la vie éternelle (tous les êtres humains pourraient survivre après la mort, alors que l’éternité était réservée auparavant aux dieux eu aux rois) et à une responsabilisation des êtres humains (les mauvais revivront dans un corps pénible et les bons dans un corps agréable). Les chefs promettaient ainsi à leurs sujets une longue suite d’heureuses vies s’ils étaient obéissants et résignés. Toutes les religions nées en Inde (hindouisme, Jaïnisme, bouddhisme, sikhisme) professent une succession d’existences.

Dans l’hindouisme, la réincarnation peut se faire dans un corps de divinité, d’homme, d’animal, voire dans une plante ou une pierre (ces deux dernières formes de renaissance n’existent pas dans le bouddhisme). Les actions bonnes ou mauvaises ont une conséquence. C’est le karma : ainsi une bonne « action » génère du karma positif ou De chez le Chinois, ce qui assure une réincarnation dans une catégorie supérieure. Une mauvaise action engendre un karma négatif ou Yo des Chinois, ce qui provoque une rétrogradation en un corps inférieur. Il est à noter que chaque homme porte sur lui son karma négatif sous la couleur noire et le karma positif sous la couleur blanche à la manière d’une aura. Tout être s’efforce donc de ne pas perdre son karma positif. Ainsi quand le Yo ou Karma négatif noir est trop important l’être devient aveugle à toute spiritualité…Dans la vie sociale il y aurait ainsi échange de karma entre les individus au fil de leurs relations. Si un individu vous frappe et que vous ne réagissez pas, vous lui prenez du De ou karma positif tandis que lui engrange une certaine quantité de karma négatif ou Yo… Ce qui n’est pas sans relation avec ce passage de l’évangile que propose au croyant de tendre l’autre joue après qu’on l’a frappé.

Par ailleurs le but est d’engranger le plus possible de karma positif ou blanc, ce qui est en étroit rapport avec le blanchiment de la pierre philosophale des alchimistes… le pur ne saurait provenir de l’impur, ce qui implique la pureté de l’alchimiste lui-même (son blanchiment) s’il désire réussir cette opération capitale au laboratoire qui consiste à blanchir la pierre. Quant on a compris cela, disent tout les vieux grimoires, on peut brûler ses livres car on sait tout.

Tout cela explique la présence du concept de réincarnation dans les milieux religieux fortement marqués par l’ésotérisme, ainsi en est-il chez les musulmans druzes de même que certains mystiques soufis et… dans la mystique juive de la Kabbale qui accorde une large place à la réincarnation. Elle influença de nombreux courants ésotériques et gnostiques tel l’hermétisme fondé sur une connaissance supérieure dont la clé fondamentale est l’alternance du blanc et du noir représentée par le pavé mosaïque des Francs Maçons, ou le fil du rasoir consiste à ne jamais quitter le blanc ou à ne jamais être dans le noir et aussi l’étendard blanc-noir ou beaucéant qui signifie bicolore (en héraldique « sable » ou noir et « argent » ou blanc) des Templier. Notons au passage que l’argent correspond au mercure (vif argent des anciens)

La question que l’on ne manque pas de se poser est pourquoi la réincarnation n’est-elle pas présente dans le christianisme ?

Essentiellement pour une question de terminologie car Le mot résurrection a cinq sens différents.

Celui de la résurrection du Christ, dans sa réalité corporelle pour un accomplissement de son « corps glorieux » et l’accession à l’immortalité. C’est la raison pour laquelle il demande à Marie Madeleine de ne pas le toucher immédiatement après sa resurrection… « Ne me touche pas car je ne suis pas encore remonté vers le Père » (Evangile de Jean XX, 17)

Celui de la résurrection de la chair de tous les hommes. Ce phénomène précédant la fin des temps.

 Celui plus général de retout à la vie après ce que nous appelons une « morts clinique » comme celle de Lazare que le Christ ressuscita.

Celui du retour à la vie par une nouvelle naissance dans un nouveaux corps humain. Cette résurrection, ou réincarnation, est rejetée par les chrétiens actuels.

Celui de retour à la vie, grâce au sacrement de pénitence de l’âme morte à la suite d’un péché mortel. Cette définition fut inventée récemment par l’Eglise.

Avant la venue du Christ et à son époque, ainsi que dans l’Eglise primitive, on employait indifféremment le mot résurrection dans les quatre premiers cas que je viens d’énumérer. C’est autour de cet unique terme que se trouve donc la clé de la disparition, dans la tradition chrétienne du phénomène de réincarnation.

Si j’ouvre Un vieux bouquin de 1703,  plus particulièrement le tome 2 du Dictionnaire de la Bible, à la page 432. L’auteur, un certain Révérend Simon, prêtre et docteur en théologie. Là je m’arrête au terme Résurrection. On ne peut que constater que l’ecclésiastique désigne la réincarnation :

« Résurrection :

Nouvelle vie à laquelle on retourne après avoir été mort »

Si l’auteur pensait à la résurrection après une mort clinique, il aurait écrit : « Vie à laquelle on retourne » et non « NOUVELLE VIE ».S’il avait parlé de la résurrection de l’âme après un péché mortel, il aurait dit « nouvelle vie de l’âme à laquelle on retourne ».

L’Ancien testament confirme cette opinion qui n’est pas loin d’une preuve de l’existence su concept de réincarnation dans certains milieux de l’Eglise car ce genre d’ambigüité dans les écrits ne s’accorde pas avec la rigueur intellectuelle des théologiens.

L’ancien testament lui aussi montre que le l’idée de réincarnation n’est pas étrangere aux auteurs notamment à celui des Psaumes, où dans le 40ème (verset 11) le prophète roi est persécuté et trahi par son fils et ses amis. Aussi il n’hésite pas à demander à Dieu de le réincarner pour qu’il puisse faire justice :

« Seigneur, ayez compassion de moi et ressuscitez-moi, et je leur rendrais ce qu’ils méritent ».

Si le prophète fait cette demande à Dieu c’est que des résurrections-réincarnations sont non seulement possible mais ont déjà eu lieu.

Dans les évangiles nous rencontrons certains faits qui ne laissent aucun doute quant à la croyance, par les Apôtre et la Christ, à la réincarnation. Cela est tellement clair qu’il est difficile de saisir pourquoi la réincarnation fut rejetée par l’Eglise alors que les textes évangéliques font loi pour l’Eglise.

En voyant un aveugle de naissance, les Apôtres demandent au Christ :

« Est-ce le péché de cet homme, ou celui de son père et de sa mère qui est cause qu’il est né aveugle ? » (Jean IX)

En interrogeant ainsi, les Apôtres trouvent normal de supposer que cet homme ait pu pécher avant de naître, mais où ? Certainement pas au « ciel » !

Autre fait troublant :

Dans l’évangile de Mathieu, les disciples interrogent le Christ à propos du retour d’Elie :

« Ses disciples l’interrogèrent alors, et lui dirent : Pourquoi donc les scibes disent-ils qu’Elie doit revenir ? Il leur répondit : Elie est déjà venu ; ils ne l’ont point connu et ils l’ont traité comme ils ont voulu ; ils feront souffrir de même le Fils de l’Homme. Les disciples comprirent alors qu’il leur avait parlé de Jean-Baptiste. » (Math. XVII, 10-13)

Ce seul passage suffit pour montrer sans ambigüité possible ce que pensait Jésus sur les « résurrections-réincarnations’. Après cette lecture, affirmer que le christianisme a toujours refusé la réincarnation dépasse l’imagination.

D’autre part Jésus, par son attitude, montre qu’il ne stigmatise pas la croyance à la réincarnation :

« De là Jésus s’en alla avec ses disciples dans le bourg de Césarée de Philippe et sur le chemin il leur demanda : qui dit-on que je suis ? Ils lui répondirent : « Les uns disent que tu es Jean-Baptiste, d’autres Elie, et d’autres quelqu’un des prophètes ». Et vous qui dites-vous que je suis ? Pierre lui répondit : tu es le Christ. » (Marc, VIII, 27 et suiv.)

Ce même épisode est rapporté par Matthieu :

« Comme Jésus allait dans le territoire de Césarée de Philippe, il demanda à ses disciples : qui dit-on que je suis moi le Fils de l’Homme ? Ils répondirent: les uns disent que tu es Jean-Baptiste, les autres Elie et les autres Jérémie, ou quelqu’un des prophètes. Et vous, leur dit Jésus, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre prenant la parole dit : tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Mathieu, XVI, 13 et suivants)

On remarque que Jésus ne se fâche pas quand les Apôtres lui disent qu’il est la réincarnation d’Elie, Jean-Baptiste Jérémie où quelqu’un des prophètes. Il est ainsi indéniable que le Christ approuve la croyance en la transmigration des âmes ou réincarnation. Si le contraire avait été vrai, Jésus l’aurait signalé comme une grave erreur. Mais pouvait-il le faire puisqu’il les avait mis sur cette voie en leur disant que Jean-Baptiste était la réincarnation d’Elie ?

Les deux citations qui précèdent ont aussi un sens profond, elles signifient : « Vous hommes vous devez, (comme Elie, Jérémie, Jean-Baptiste et tous les hommes) vous réincarner pour vous améliorer afin de vous avancer vers le Père de plus en plus purs. Moi fils du Dieu vivant je ne passe pas par ce cycle mais je suis venu vous ouvrir les portes, vous montrer la voie. Alors soyez attentifs à ce que je vous dis car je vous livre les clés essentielles pour avancer plus rapidement vers votre perfection! »

En d’autres termes le rejet, irrecevable, par les chrétiens actuels de la réincarnation est plutôt facteur de découragement qu’une stimulation à progresser. En effet, devenir parfait en quelques dizaines d’années d’existences est tout simplement surréaliste.

Comme les Apôtres, tous les juifs croyaient à la réincarnation. Ils disaient que le Christ était Jean-Baptiste ressuscité.

« En ce temps-là, la renommée de Jésus parvint aux oreilles d’Hérodes le tétrarque qui dit à ses familliers : « Cet homme est Jean-Baptiste ! Le voila ressuscité des morts : d’où les pouvoirs miraculeux qui se déploient en sa personne ! » (Matthieu XIV, 1-2)

Le deuxième verset de cette citation confirme que le mot ressuscité est bien synonyme de réincarné. A. Chouraqui commente ces lignes en ces termes :

« Hérode Antipas attribue la puissance de Jésus au fait qu’il est ressuscité des morts, adoptant la thèse populaire selon laquelle il serait la réincarnation d’Elie, l’annonciateur du messie. » (In La Bible traduite et commentée, Matyah, p.210. Edit J.-C. Lattes, Paris, 1992.)

Est-il nécessaire de poursuivre plus avant cette démonstration dont de plus amples développements sont disponibles des pages 466 à 490 de mon livre Holoscopie de la spiritualité Occidentale ?

Le problème de la réincarnation se heurte aux mêmes déviances que celles qui on fait refuser le mariage des prêtres et le sacerdoce féminin. Réincarnation, mariage des prêtres et sacerdoce féminin son confirmés par les textes sacrés (évangiles, Actes des Apôtres) qui sont des textes canoniques et dont articles de loi inviolable.

C’est donc à chacun de décider ou non de respecter la loi en se souvenant que ce n’est pas l’opinion des scribes et d’une écrasante majorité qui défini la vérité.

Quoi qu’il en soit, sachez qu’adopter ou non la réincarnation n’est une obligation pour personne puisque l’essentiel est l’ici et le maintenant qui consiste à maintenir en permanence un effort vers l’amélioration ou le blanchiment de notre être ; afin que nous puissions progresser sur le chemin de notre épanouissement.

Disons en passant aux alchimistes mes frères que l’œuvre au laboratoire trouve SEULE sa voie quand nous avons trouvé la notre… au-delà des carnets de laboratoire et des discours spirituels faciles corsetés par des croyances ou des maîtres à penser.

Bonne route à vous tous dans vos cycles de purification… que la peur de la mort s’éloigne de vous (car notre vie polyphasée est intemporelle) et que Christ vous garde.

Avec toute mon amitié.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:38


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Une ère s’achève et une autre s’amorce qui va bouleverser bien des habitudes et surtout transformer tout pouvoirs qu’il soit politique ou religieux. Même si les grandes écoles sont des lieux de conditionnement où l’on apprend dévotement à être le serviteur du système établit. Le but de tout cela est de pérenniser les idéologies (quitte a publier des décrets antidémocratiques comme garde-fou) pour que continuent à régner les vizirs et les califes qu’ils soient ministres ou présidents.

Ceci étant dit sans visées séditieuses (je suis apolitique) puisque c’est le fruit d’une simple observation à la portée de tous.

Cette première manifestation d’un scrutin passe pratiquement inaperçue et pourtant, même si elle n’est pas encore au point (dit-on), elle est le germe d’une future manière de s’exprimer : c’est celle d’avoir autorisé le vote par internet des ressortissants français vivant à l’étranger. Les autorités ont mis en place cette manière de procéder par obligation et donc avec beaucoup de réticence (d’où des retards d’application sous « prétextes » de problèmes techniques) car elle favorise trop l’expression du peuple sur n’importe quel sujet.

En d’autres termes avec le vote informatique les référendums peuvent êtres multiples sur divers sujets, ce qui ne manqueraient pas d’amoindrir une autorité trop souvent antidémocratique qui caractérise nos hommes politique ; puisque les électeurs signent un chèque en blanc à leurs élus dont ils profitent sans vergogne en prenant des décisions en fonction de leur propre vérité et non de celles et de ceux qui les ont élu sur un critère indéfini de promesses électorales généralement non tenues puisque assujettis aux mots d’ordre d’un parti politique lesquels s’inclinent devant leur leader.

Tout cela rend un vote, quel qu’il soit, insensé sauf sur la plan numérique car il peut être fréquent de placer le société au cœur de nombreuse décisions étatiques.

Avant l’ère d’internet le bulletin de vote dans un isoloir était la seule solution, la moins « guignolesque » pourrait-on dire, sauf que les rideaux de l’isoloir et le rideau de guignol… sont les même !

Actuellement c’est un nouveaux procédé qui s’impose avec une mutation qui change notre fausse démocratie en une véritable. Que les citoyens se rassure il y aura toujours des « imperfections techniques » pour retarder indéfiniment ce genre de scrutin.

Donc, de ce nouveau moyen d’expression vous n’en entendrez pas parler avant longtemps puisque les politiques marqueraient un but contre leur camp !

Mais l’utilisation d’internet par d’autre pays comme la Suisse, obligeras tôt ou tard nos dirigeants à adopter, bon grés mal grés, ce genre de scrutin.

Avec toute mon amitié.

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 21:09

bre04

T

out commence au XVIIe siècle. Le maitre à penser de l’époque dans le domaine de la… pensée est incontestablement René Descartes qui, en cinq pages de son ouvrage le fameux  Discours de la méthode a influencé l’opinion de plusieurs générations jusqu’à nos jours. L’instinct et la raison, écrit-il, marques de deux natures. Et nous voilà embarqué dans un quiproquo qui orienta l’esprit scientifique d’une manière unilatérale vers la raison raisonnante, alors qu’il faut crever le tambour dit pertinemment René Alleau. Et de ce fait tout ce qui sort de ce cadre subit l’ostracisme des barbes académiques, lesquelles sont gardiennes du dogme scientifiques à l’instar de la curie romaine qui veille sur les dogmes religieux. Nul n’est fait académicien s’il s’inscrit en marge des paradigmes officiels comme nul évêque ne sera nommé cardinal s’il s’avère un tantinet hétérodoxe. Tout cela s’établi dès les grandes écoles et dès le séminaire, tout deux fabriquent les futur cadre autour d’une idée unique qui engendre la pensée unique : celle du maintenir les structures !

Autant dire qu’il s’agit là du même canevas qui préside à l’instinct animal qui est celui de la perpétuation de l‘espèce. Dans ce but la nature les a pourvu, et nous a pourvus aussi, d’un cerveau formaté pour cela et qui est le plus bas qui puisse exister, que les neurophysiologistes appellent cerveau reptilien. Cette structure encéphalique est pratiquement identique à celle des animaux. C’est par la que je vais commencer.


I

l fut un temps où les hommes ne devaient pas savoir  compter. Mais ne pas savoir compter n’implique nullement que l’on n’ait aucune notion du nombre ; seulement, cette notion se trouve limitée à une sorte de sensation numérique, c’est-à-dire à ce qu’une perception immédiate permet de reconnaitre d’un seul coup d’œil. L’homme primitif devait très probablement se trouver dans l’incapacité mentale de concevoir les nombres pour eux-mêmes, c’est-à-dire sous l’angle de l’abstraction.

De grâce, de cette incapacité n’en concluez pas que nos ancêtres étaient des abrutis ! D’ailleurs peut-être utilisons-nous trop vite le terme d’« incapacité ». J’y reviendrais…

J’appelle sensation numérique une capacité de discernement de l’importance d’un petit groupe d’objets.

Ainsi, dans des cas très simple, une mère prouve par des signes non équivoques, qu’elle sait si un ou plusieurs de ses petits lui ont été enlevé. Pas plus tard qu’hier l’un de mes correspondant me disait avoir trouvé un jeune corbeau tombé du nid, aussitôt il subit l’attaque en règle des parents qui voulaient récupérer leur progéniture.

Chez les oiseaux cette particularité est très développée, justement chez le corbeau. Un exemple célèbre est rapporté par Tobias Dantzig (Le nombre et le langage de la science, pp. 1-25. Edition française 1974).

Ainsi, un corbeau est-il capable de différencier des qualités concrètes allant de « un » jusqu’a « quatre » et cela évidemment sans aucun dressage. Voici donc l’histoire :

Un châtelain avait pris la ferme décision de tuer un corbeau qui avait eu la malencontreuse idée de faire son nid dans la tour de gué du château. Il avait essayé, plusieurs fois, de surprendre l’oiseau, mais, à son approche, le corbeau désertait son nid, se perchait sur un arbre voisin et revenait dès que notre homme quittait la tour.Le châtelain eut alors recours à un habile stratagème : il fit entrer deux de ses compagnons dans la tour ; au bout de qualque minutes, l’un s’éclipsait pendant que l’autre restait. Mais loin dêtre la dupe de ce stratagème, le corbeau attendait que le second fut parti pour regagner sa place. La foi suivante, l’on fit entrer trois hommes dont deux s’éloignèrent ensuite ; le troisième put alors attendre tant qu’il le voulait l’occasion d’attraper le corbeau, ce rusé volatile attendait plus patiemment encore que lui. Les fois suivantes, on recommença l’expérience avec quatre hommes, mais toujours sans succès. Finalement, la ruse s’avéra concluante avec cinq personnes, notre corbeau n’étant plus en mesure de distinguer quatre hommes de cinq…

Il convient de noter que cette sensation numérique est limitée. Donc en réalité les animaux ne peuvent pas compter, sauf si on le leur apprend évidemment. Dans ce cas ils dépassent largement cette sensation numérique.

Il y a donc, en réalité, la capacité d’abstraction chez les animaux, ce qui l’empêche de se développer c’est qu’ils ne transmettent pas à leurs enfants leur connaissance, sauf dans des cas particulier comme certains anthropoïdes dressés transmettent à leur petit leur connaissance. Ce fait fut observé en laboratoire seulement.

Cela est suffisant pour constater que cette capacité d’abstraction n’est pas inhérente à l’homme.

Sans vouloir faire un exposé sur le comportement animal, n’importe quel bouquin d’éthologie ou de psychophysiologie animale peut y pourvoir, passons au fond du problème.

Dans notre cerveau nous avons cette structure « animale » mais pourvue en plus d’un cerveau beaucoup plus élaboré qui nous permet l’abstraction associée à une bonne mémoire liée à une transmission de génération en génération de notre savoir.

Chez l’homme il s’est passé un phénomène de rupture à un moment donné ou la perception directe des faits et des choses a cédé la place à un besoin d’abstraction. Ainsi chaque partie de notre corps est devenu un aide mémoire en plus des dix doigts qui bien plus tard donnèrent le système décimal que nous utilisons pour compter.

Progressivement notre besoin d’abstraction augmenta tout en vivant une cohabitation harmonieuse avec notre perception immédiate similaire à la sensation numérique.

Cette sensation était beaucoup plus importante chez nous que chez l’animal au point de saisir des choses invisibles que nous ne voyons plus… mais que l’animal perçoit encore.

L’exemple d’Oscard, ce chat d’une clinique américaine qui perçoit quant un patient va mourir en est un bel exemple.

En d’autres termes au fur et à mesure du développement de notre capacité d’abstraction nous avons perdu notre contact avec le réel que notre perception nous permettait de saisir. De ce fait se sont développées des « mystères » comme ceux d’Eleusis pour exercer ces capacités et faire découvrir à l’homme l’univers invisible et multitemporel.

Tout cela c’est perdu et nous vivons actuellement dans le monde artificiel de l’abstraction et des sciences. Cela permet de comprendre combien nous sommes loin du Réel. Nous avons donc devant nous une immense reconquête à faire sans pour cela renier la science mais en lui donnant un autre esprit.

Cet esprit n’est malheureusement pas prêt de changer car il lui faudra passer du rationnel au sur rationnel, ce qui dépasse notre raisonnement habituel. C’est dans ce domaine que se situe l’alchimie qui ne rencontrera donc jamais la science qui est aux antipodes de sa pensée.

Je précise cela car beaucoup veulent croire que l’alchimie n’est qu’un ancêtre de la science et plus particulièrement de la chimie alors qu’elle n'a absolument rien de commun avec elle. Ainsi les chimistes qui veulent croire à la dimension « scientifique » de l’alchimie perdent leur temps notamment le chimiste Pierre Lazlo qui par ailleurs a réalisé un travail remarquable sur la langage de la matière. Si celle attitude est de bonne volonté, tout cela reste prisonnier de l’abstraction qui supprime la vison directe. Telle est la raison pour laquelle dans le langage courant l’expression « je vois » est devenu identique à celle « je comprend ».

Avec toute mon amitié.

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