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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 07:04
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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 08:10

© juin 2010.

 

Bonjour, à toutes et à tous. Le printemps est exigeant car c’est le moment où il pétrit les chairs et toute matière vivante pour la régénérer. Aussi j’ai tenu à assister à cela dans l’isolement. Les conséquences furent donc l’arrêt de ma correspondance et l’arrêt de la rédaction de mes articles. À cela est venu se greffer une panne informatique qui m’a totalement isolé. Je demande donc à celles où à ceux qui m’ont écrit un courriel et n’ont pas reçu de réponse de ma part de bien vouloir réitérer leur message.

 

Cet article aborde le conte de Tom Pouce dans sa symbolique alchimique. Il est précédé par des considérations marginales ayant trais à ma découverte d’une ancienne traduction connue de ce conte au marché aux puces de la ville de Montpellier.

 

Tout exposé sur l’alchimie n’est jamais un exposé linéaire qui explique de A jusqu’à Z la manière de procéder pour élaborer la pierre philosophale. Attendez-vous donc à une sorte de puzzle où votre rôle seras de mettre à leur place respectives les parties éparses.

Autre point essentiel : la partie pratique qui concerne le laboratoire n’est jamais isolée de la symbolique et surtout de l’aspect moral et spirituel.

Cet article portera tous ses fruits si vous avez compulsé au préalable mon dictionnaire L’alchimie expliquée par son langage.

 

Pour faciliter la lecture je n’ai pas reproduit le texte en une seule fois mais en le divisant pour faire suivre chaque partie par son interprétation.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture et d’excellentes vacances si vous devez bientôt partir.

 

Hors d’œuvre

 

Le chaud soleil méridional, celui qui fait chanter à tue-tête les cigales, n’éclaire pas seulement les joyeusetés de la vie. Psalmodier quand on est heureux, c’est une expression de la chair vivante et chaude; bref c’est naturel. Mais quand des nuages noirs s’amoncèlent, les chœurs se taisent et le silence devient lourd et presque douloureux.  

Actuellement un nuage fait une grosse tache d’encre noire sur le bleu éclatant du ciel. Oyez braves gens un fait apparemment bénin: Le marché aux puces de la ville a perdu ses libertés pour la gente trotte menue.

 

C’est à Montpellier que cet évènement apparemment banal a eu lieu. Certes, le marché est toujours là, mais en réalité c’est son fantôme ! Ce lieu paisible, cette promenade du dimanche matin qui absorbait les fatigues et tourments de la semaine n’offre plus, comme ces dernières années, ces belles opportunités de la découverte d’objets hétéroclites ou de vieux bouquins bistrés. C’était la surprise à chaque pas, un émerveillement à l’ombre fraîche des platanes, oui, c’était le repos du guerrier, la messe solennelle des mécréants.

 

De profondis, ce bazar est mort fliqué dans ce qu’il avait de plus vivant et inattendu. Je ne le fréquente plus comme beaucoup de mes amis, car les antiquaires et professionnels de la vente ont pris ombrage vis-à-vis des, excusez l’expression, peignes cul miséreux qui leur font une concurrence déloyale en vendent le peu qu’ils ont pour offrir à maman un cadeau, ou pour s’acheter l’indispensable en débarrassant sa maison. Cette vente à prix imbattables faisait donc ombrage au portefeuille des nantis qui osent affirmer, aux politiques étrangement crédules, souffrir davantage de la misère que ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté. Ceux qui vendent tout ce qui peut améliore d’un seul euro le contenu de leur assiette sont des voleurs de clientèle. Ainsi la gamelle des plus démunit rétrécit chaque jours d’avantage alors que le Secours Populaire ou la Croix Rouge n’arrivent plus à les aider.

 

C’est ainsi que disparaissent les traditions, les endroits de rencontre inopinée entre les gens et les choses, voilà comment s’éteint une mémoire par étouffement d’un lieu de liberté où beaucoup de petites gens trouvent un bonheur nécessaire à leur survie.

 

Ici, ce n’est pas la seule catastrophe de ce genre ayant provoqué l’enterrement d’un endroit vital irremplaçable. Nous avons l’exemple de l’œuf de Montpellier, ce rond-point qui était présent à la fin des années 60. C’était un endroit de rencontre ou le traulet, cahin-caha, déversait chaque soir des grappes d’étudiants. Actuellement il est devenu une trace, un souvenir qui disparait par abandon pour devenir une ligne symbolique sur le carrelage d’une place, rendant ridicule la présence des célèbres trois grâces qui n’ont de sens symbolique profond qu’au centre d’un œuf surélevé et peuplé de bouquinistes ou d’autres activités.

Cet œuf a disparu sous le nom éviscéré (on a vidé son sous-sol pour en faire un parking) de comédie qui ne veut plus rien dire sinon, peut-être : mascarade ! Tout le monde traverse la place mais plus personne ne s’arrête pour se balader sur  l’œuf comme à Narbonne, à cent kilomètres de là, on fait les barques sur le quai du canal de la Robine entre la rue du Pont des marchants et celui de la Liberté.

Au nom de la loi, ou des parkings, fini ces larges trottoirs à dimension humaine, fini ces carrefours ou s’élaborent une mémoire de la cité, qui construit sa particularité sur des échanges hétéroclites et cela depuis que les galées de Jacques Cœur déversaient en joyeux désordre, sur les quais du port de Latte, leur fabuleux trésor d’Ali Baba qui allait redonner du baume au cœur à une France épuisée par la guerre de 100 ans.

 

La réalité de cette mémoire vitale, j’ai pu le découvrir en rédigeant mon livre sur le trésor alchimique de Montpellier, trésor qui a pu se perpétuer grâce à certains lieux de rencontre comme l’université et la place royale du Peyrou, site de balade aussi précieux pour la ville que l’est le marché aux puces pour la misérable banlieue de la Paillade, trop vite associé à la pègre de la cité.

 

La Paillade dites-vous ? Je ne connais pas ce lieu sordide aujourd’hui disparu !

Ce nom honteux d’un ghetto ou s’entassent les misères silencieuses, au milieu desquelles je respire les souffrances, fut remplacé récemment par celui de Mosson, qui est celui du stade de foot qui rayonne sa gloire et sa probité. Mais il faut mouiller sérieusement son maillot pour éclipser cette indigence qui ronge les berges de l’avenue de l’Europe, dans tous les sens du terme évidemment...

 

Introduction

 

En parcourant les puces défuntes j’ai déniché un vieux livre jauni, à la couverture dentelée par l’érosion des ans, intitulé Contes choisis des frères Grimm. Sur sa page de garde est écrit un nom à la plume gauloise. Dans son  graphisme flexible ou s’harmonisent gracieusement les pleins et les déliés se dégage un sens du beau que l’usage actuel du stylo à bille a définitivement aboli.

L’encre palie par les décennies dessine en courbes gracieuses le nom d’un propriétaire aujourd’hui pratiquement centenaire si Dieu lui prête encore vie.

Édité chez Flammarion, au début du XXe siècle, j’ai découvert que cette traduction de l’allemand par Henri Mansvic est celle utilisée de nos jours dans les beaux livres à jolie couverture colorée que l’on trouve dans les rayons pour enfants. Imaginez ma joie de pouvoir puiser à la source d’une excellente traduction dans laquelle j’ai découvert des contes que je ne connaissais pas. C’est là que j’ai trouvé l’histoire de Tom Pouce, merveilleuse de symbolisme dont je voudrais vous faire partager la saveur. Je ne suis pas psychologue aussi pardonnez-moi de ne point aborder l’interprétation dans cette dimension. D’ailleurs existe-t-il réellement une volonté de leurs auteurs en ce sens ?  Il est vrai que les créateurs sont inconnus puisque les frères Grimm ne les ont pas rédigés puisqu’ils les recueillirent durant la première décennie du XIXe siècle dans les campagnes allemandes en écoutant les illettrés dont ils transcrivaient scrupuleusement les paroles, mots pour mots en se gardant bien d’altérer la naïveté du récit.

Et là combien j’ai été heureux de découvrit que la tradition alchimique, telle que je la comprends, surnage dans ces textes comme elle enveloppe de son mystère certaines maisons et monuments de l’architecture urbaine. Je vais tenter de vous faire écouter la mémoire qui monte du fond de cette histoire simple.

 

Grimm

 

Les frères Grimm

 

Voici le début du conte suivi de son commentaire. Les mots en bleue sont importants.

 

Texte 1 :

« Un pauvre laboureur assis un soir au coin de son feu dit à sa femme qui filait à côté de lui :

— Quel grand chagrin pour nous de ne pas avoir d’enfants. Notre maison est si triste tandis que la gaieté et le bruit animent celle de nos voisins.

Hélas ! dit la femme, en poussant un gros soupir, quand nous n’en aurions qu’un gros comme le pouce, je m’en contenterais, et nous l’aimerions de tout notre cœur.

Sur ces entrefaites, la femme devint souffrante et mit au monde au bout de sept mois un enfant bien conformé dans tous ses membres mais n’ayant qu’un pouce de haut. »

 

Commentaires :

 

Dans un conte ou une légende le laboureur désigne un alchimiste qui œuvre sur sa terre ou travaille sa terre.

Fulcanelli le précise en son Mystère des cathédrales quand il écrit :

« L’alchimie portait le nom d’Agriculture céleste, et ses adeptes de laboureurs. » p 118, édition 1964 chez J. J. Pauvert.

 

Pour souligner le fait qu’il s’agit bien d’alchimie, le laboureur est au coin du feu. En effet, les alchimistes outre le nom de laboureur sont aussi appelés philosophes par le feu  Eugène Canseliet l’exprime en ces termes :

 

« Au reste, entre l’alchimiste et la matière, le contact physique doit s’établir dès le début et constamment se maintenir. Tout de suite le toucher n’est pas peu de choses, par lequel s’installera l’échange du magnétisme, allant bientôt en augmentant, et  en s’intensifiant avec l’aide du feu. Celle-ci se montre tant décisive, quant au résultat, que l’opérateur deviendra bientôt le philosophe par le feu des anciens traités. » L’Alchimie expliquée sur ses textes classiques, p 151, chez J. J. Pauvert 1972.

 

Ainsi comprenons-nous pourquoi le conte gravite autour du toucher, et donc d’un doigt : le pouce ! Ce pouce qui permet la préhension et aussi la con-préhension et donc l’intelligence des manipulations.

 

Le non de Tom, diminutif de Tomas, est déjà significatif puisqu’il est en rapport avec l’apôtre St Tomas qui ne croit que ce qu’il voit. En d’autres termes il va s’agir, dans ce conte, de choses concrètes et visibles.

Pouce dérive du latin pollex qui a donné pollicis. Ce mot est apparenté au grec polios qui signifie blanchir. Hors tout l’effort de l’alchimiste sera orienté vers le blanchiment de la pierre. Blanchiment qui nécessite une certaine dextérité que François Rabelais appelait le trinc de sa dive bouteille (bouteille = cornue ou ballon de verre = vaisseau et vaisselle) qui correspond au truc argotique.

Mais Tom signifie aussi la mésange azurée ou charbonnière, ce qui confirme les étroits rapports avec la langue des oiseaux qui est confirmé par le terme « mot » qui est Tom lu à l’envers. En effet, la langue des oiseaux repose sur des jeux de mots. Et ici les jeux de Tom s’avère être de mauvaises farces pour les gens mal intentionnés.

 

 

 

Et voilà que Tom Pouce nait au bout de sept mois au lieu de neuf. C’est donc mettre l’accent sur le nombre sept. Et l’on sait qu’il est présent dans la Bible à plusieurs reprises. Plus exactement 7 apparait 77 fois… pas question de vous écrire une litanie sur ce nombre.

Pour éviter le risque d’être piégé par des spéculations sur le sept, la seule issue est de constater les relations de ce nombre avec les lois de la nature.

 

Ainsi le critère de pureté d’une substance est le cristal. Certains cabalistes y distinguent une relation avec le nom du Christ, mais cela est évidemment anecdotique, même si la cristallisation se déroule en alchimie, alchimie que les adeptes appellent chimie de « Al » ou chimie de Dieu… Christ-Al.

Quoi qu’il en soit, les cristaux ne se solidifient pas en des formes désordonnées puisque les cristallographes finirent par découvrir qu’ils se classent, selon leurs axes de symétrie, en sept systèmes différents. La non-plus ne restons pas piégés par des analyses symboliques spéculatives sur ces formes en relations plus ou moins fidèles avec les fameux cinq solides de Platon. Cependant certains adeptes firent la relation, comme Képler en son Mystérium cosmographicum, avec les quatre éléments : le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau.

Cette correspondance, impossible à expliquer autrement que par des analogies géométriques, nous pousse, – encore et toujours,– vers la spéculation.

 

La réalité est tout autre et extrêmement simple, comme d’ailleurs beaucoup de choses apparemment complexes que se complaisent à nous servir, avec art, les alchimistes cachottiers. Nos adeptes joueurs font comme nos administrateurs, ils exercent l’art de faire compliqué ce qui est simple mais les raisons sont diamétralement opposées, l’une a un caractère sordide l’autre est bon enfant.

Tout cela pour dire qu’une substance cristallisée va être à l’origine des quatre éléments. Il faut se souvenir que dans le temps toute substance à l’état gazeux était de l’air, tout liquide de l’eau, tout solide de la terre… De ce fait les quatre éléments correspondent au changement d’état d’une même substance qui se présente à l’origine sous forme cristalline, c’est-à-dire à l’état pur.

Tous chercheurs comprendront l’importance de cette recommandation des vieux maître qui insistent pour que nous lisions les textes d’alchimie (ou autres) en nous plaçant dans l’esprit et la culture de l’époque où ils furent écrits.

Il ne faut pas négliger non plus que les sept variétés de cristaux ne furent découvertes qu’au début du XXe siècle. À la fin de XIXe on n’en dénombrait que six, comme le dit expressément A. de Lapparent à la page 10 de son classique Cours de minéralogie publié en sa seconde édition, de 1890, qui est devenue une véritable « Bible » des cristallographes actuels, notamment pour les arrangements géométriques étudiés avec une cohérence mathématique inégalée.

Cette précision m’a paru nécessaire pour montrer l’intuition nécessaire, et en perpétuel développement, pour accéder à certaines connaissances « avant l’heure » en utilisant harmonieusement les capacités surrationelles de notre cerveau.

Tel est le sens de l’or (hors) du temps que fit inscrire André Breton sur sa tombe (« Je cherche l’or du temps »). En bref, l’hors du temps précède, et permet, d’extraire l’or de l’absolu ou or du non-temps qui n’est autre que l’éternité... Ainsi s’exprime le concept de repos éternel et d’immortalité.

 

 

Mais là ne s’arrêtent pas les analogies du sept avec les lois fondamentales de la matière. Si les cristaux sont constitués d’arrangements d’atomes dont la disposition est à l’origine de la classification en sept familles (tien ! le jeu de sept familles est issu de là ? mystère aussi profond que celui des sept boules de cristal !) l’atome lui-même est entouré par sept champs énergétiques sur lesquels gravite ces « nains » que sont les électrons.

Le sept est donc en relation étroite avec le fondement de toutes substances, c’est pourquoi il revêt un caractère sacré en directe relation avec les sept jours de la création selon la Bible et que ce même sept apparaît 77 fois dans ce livre.

Telle est aussi l’apparition de ce septénaire dans les cycles de la vie comme au niveau biologique, en effet le renouvellement cellulaire s’effectue tous les sept ans, ce qui correspond à des cycles de développement et évènementiels de notre vie qui sont à l’origine de l’age de raison à sept ans. Cela fut traduit en astrologie par les cycles lunaires aux multiples de sept correspondants à 28 jours ou 28 ans liés au temps d’enfantement de la pierre philosophale qui n’est autre ici que Tom Pouce né après sept mois de grossesse de sa mère au lieu de neuf comme on aurait pu s’y attendre.

Telle est la raison fondamentale pour laquelle Fulcanelli commence son livre Le mystère des Cathédrales par cette phrase des plus significative : 

 

« La plus forte impression de notre prime jeunesse, – nous avions sept ans, – celle dont nous gardons encore un souvenir vivace, fut l’émotion que provoqua, en notre âme d’enfant, la vue d’une cathédrale gothique. »

 

Si vous souhaitez approfondir cette dimension psychobiologique des septaines humaines je vous renvoie à l’ouvrage en cours d’édition d’Aline Ximénès (accompagnatrice en biographie) dont vous trouverez les coordonnées dans un article précédent.

 

 

 

La représentation géométrique du nombre sept est généralement symbolisée par un carré (4) surmonté par un triangle (3).

 

Sept 02

 

À La lumière de ce j’ai dit sur les quatre éléments, ainsi que sur la triade alchimique (sel, soufre et mercure), on peut dire que cette figure est très expressive et se résume en quelques mots :

Le sel soufre mercure constituant la minière sur lequel œuvre l’alchimiste va être sublimé (d’où la place du triangle sur le côté supérieur du carré) grâce à l’action des quatre éléments.

Cette particularité se trouve dans l’idéogramme astrologique et astronomique du mercure ou l’union du soleil= soufre (cercle) et de la lune = mercure (cornes) se réalise au dessus du creuset (croix)

Mercure01

Telle est la raison pour laquelle le feu sulfureux aérien est représenté par un triangle de feu (sommet orienté vers le haut) se manifestant au-dessus du creuset symbolisé par une croix.

soufre01

En effet, l’action des éléments a la propriété de maintenir, dans la partie supérieure du ballon (airs, ou vent) la substance trine (à l’apparence duelle). Cela permet de comprendre pourquoi le matras doit être bouché. Telle est l’origine de cette expression alchimique que l’on peut lire sur le célèbre texte appelé Table d’émeraude :

« Et le vent l’a porté dans son ventre ». Ici le ventre est la panse du ballon, panse dont on aura l’occasion de parler durant les pérégrinations de Tom Pouce.

 

 

 

Le conte du nain Tom pouce est tout entier consacré au métal jaune qu’est l’or. Sa particularité, – qui est rappelons-le universelle,– se retrouve exprimée autrement en d’autres domaine.

 

C’est ainsi que le jeu du nain jaune a le même sens. L’ancien nom : lindor est significatif puisque sa phonétique n’est autre que nain d’or. Dans le centre du jeu de forme quadrangulaire est un nain de couleur jaune. qui tient en main un sept (sceptre) de carreau (ko…). Tout cela montre non seulement que le nain jaune a un rapport avec l’or, mais aussi que ce nain est lié, comme Tom Pouce, au nombre sept. Cela confirme que le nain d’or a un rapport avec l’alchimie car le fait qu’un joueur rafle toutes les mises et gagne, on dit qu’il fait Grand Opéra, c’est-à-dire le Grand Œuvre. Ce terme de Grand Œuvre, au masculin, caractérise le travail alchimique indispensable pour fabriquer la pierre philosophale.

Telle est l’universalité du conte de Tom Pouce ce nain d’or fils de laboureur faisant le Grand Œuvre tout en étant lui-même le  symbole de la pierre philosophale.

 

Reprenons maintenant la suite du conte ou nous l’avons laissé à la suite de la naissance du nain Tom Pouce.

 

Texte 2:

« Ils dirent :

Il est tel que nous l’avons souhaité et nous ne l’aimerons pas moins de tout notre cœur.

Ils l’appelèrent Tom Pouce à cause de sa taille… Ils ne le laissèrent manquer de rien ; cependant l’enfant ne grandit pas et conserva toujours sa petite taille, il avait les yeux vifs, la physionomie intelligente et se montra bientôt avisé et adroit, de telle sorte que tout ce qu’il entreprit réussit.

Le paysan s’apprêtait un jour à aller abattre du bois dans la forêt et il se disait à lui-même : « Ah ! si j’avais quelqu’un qui voulut conduire ma charrette ! »

Père, s’écria Tom Pouce, je la conduirai bien, vous pouvez vous reposer sur moi, elle arrivera dans le bois à temps.

L’homme se mit à rire.

Comment cela est-il possible, dit-il, tu es trop petit pour conduire le cheval par la bride.

Ca ne fait rien, si maman veut atteler je m’installerais dans l’oreille du cheval et je crierai où il faudra qu’il aille.

Eh bien dit le père nous allons essayer.

La mère attela et installa Tom pouce dans l’oreille du cheval. Le petit homme lui cria le chemin qu’il fallait prendre. « Hue ! dia ! Hue ! dia ! » et le cheval marcha ainsi, comme s’il eût été guidé par un véritable charretier ; la charrette arriva dans le bois par la bonne route. »

 

Commentaires :

 

Tout ce qu’entreprenais notre lindor, alias Tom Pouce, était une réussite, comme le laisse supposer la pierre philosophale qu’il personnalise, car c’est une petite pierre qui n’a rien de commun avec un gros galet de rivière, mais tout ce que cette petite pierre « entreprend » est couronné de succès, en particulier les transmutations métalliques.

Nous relevons ensuite une première anomalie qui devrait donne matière à réflexion à nos parapsychologues et noéticiens : Notre petit bonhomme pratique la transmission de pensée !

Ainsi notre paysan se disait à lui-même , et j’imagine mal qu’il puisse le dire à haute voix devant son fils, à moins de faire montre d’une maladresse pour le moins blessante à l’égard de sa petite taille et à son incapacité pour assurer certains travaux : « Ah ! si j’avais quelqu’un qui voulut conduire ma charrette ! ». Et voila que Tom Pouce lui répond comme s’il avait entendu prononcée tout haut cette pensée. Certains pourront attribuer cela à des erreurs de traductions ou à des abus de langage. Je les laisse à leurs supputations…

 

Soulignons au passage que la pierre philosophale n’est pas uniquement la transmutation métallique qui n’est absolument pas un but en soi mais seulement la mise en évidence d’une réelle action de la pierre philosophale sur certaines constantes universelles. N’omettons pas que les effets physiologiques ne sont pas négligeables. Ils sont loin devant le concept de transmutation des métaux, car la transmutation peut se conjuguer à plusieurs genres, temps et… règnes.

 

Tom s’installa dans l’oreille du cheval pour lui crier ses ordres. Ici sont associés deux termes complémentaires dans la symbolique alchimique : le cheval et l’oreille. Cela répond au fait que la phonétique est appelée cabale par les alchimistes. Cette cabale ne doit pas être confondue avec la Kabbale hébraïque qui veut dire tradition alors que la cabale des alchimistes signifie cheval. En effet, le cheval s’appelait caval en occitan, qui se prononce cabal, nom du cheptel en Languedoc, d’où est issu le mot cabale, la langue secrète des chevaliers qui se transmettaient un noble savoir.

La cabale est un parler reposant sur la phonétique qui fut mis en lumière par Grasset d’Orcet et ensuite par Fulcanelli. Il s’agit donc d’identité plus ou moins parfaite de son. Par exemple, cette poudre d’écorce de chêne destinée au tannage est appelée tan. Pour le cabaliste il s’agira aussi du temps. Donc la cabale est l’instrument de transmission orale qui ne s’appuie pas sur le texte écrits. C’est ce que véhiculent les contes et légendes propagés verbalement de chaumière en chaumière. Ici Tom Pouce et le petit Poucet sont le petit poussin, plus connue sous le nom d’enfant royal qui va donner naissance à l’oiseau d’hermès. Cet oiseau d’hermès est appelé cygne (signe).

Dans son hymne à Délos (vers 250 à 255) Gallimaque écrit en parlant des cygnes :

« Ils tournèrent sept fois autour de Délos… et ils n’avaient pas encore chanté la huitième fois, lorsqu’Apollon naquit. »

Nous comprenons pourquoi le conte insiste sur le nombre sept. En effet cet oiseau va voler à sept reprises pour permettre la conjonction du corps double (soufre-mercure) appelé rebis  qui sera petit au départ et poussé vers le haut du ballon…

 

Texte 3:

 

« Au moment où la voiture tournait au coin d’une haie, tandis que le petit criait : Dia, Dia ! deux étrangers vinrent à passer.

Grand Dieu, s’écria l’un d’eux voilà une charrette qui marche sans que l’on voie le charretier et cependant on entend sa voix.

C’est étrange, en effet dit l’autre, suivons-là et voyons où elle s’arrêtera.

Elle poursuivit sa route et s’arrêta juste à l’endroit ou se trouvait le bois abattu.

Quand Tom Pouce aperçu son père, il lui cria :

Vois-tu, père, me voilà avec la voiture, maintenant viens me faire descendre.

Le père saisit la bride du cheval de la main gauche et de la main droite retira de l’oreille son fils et le déposa à terre. Celui-ci s’assit sur joyeusement sur un fétu. En voyant Tom Pouce les deux étrangers ne surent que dire dans leur étonnement. L’un d’eux prit l’autre à part et lui dit :

Ecoute, ce petit être ferait notre fortune si nous l’exhibions pour de l’argent dans les grandes villes. Achetons-le.

Ils s’adressèrent au paysan et lui dirent :

Vendez-nous ce petit bonhomme, nous en aurons bien soin.

Non répond le père, c’est mon enfant et il n’est pas à vendre pour tout l’or du monde.

Cependant, en entendant cette proposition, Tom Pouce avait grimpé le long des plis des vêtements de son père. Il se posa sur son épaule et de là lui souffla dans l’oreille :

Livrez-moi toujours, père, je saurai bien revenir.

Son père le donna donc aux deux hommes pour une belle pièce d’or.

Où veux-tu te mettre ? lui demandèrent-ils.

Posez-moi sur le bord de votre chapeau, je pourrai m’y promener et voir le paysage ; je ne tomberais pas.

Ils firent comme il le demanda et quand Tom Pouce eut fait ses adieux à son père ils l’emmenèrent avec eux. Ils marchèrent ainsi jusqu’au soir. A ce moment le petit homme leur dit :

Posez-moi un peu par terre, j’ai besoins de descendre.

Reste là-haut, dit l’homme, qui le portait sur la tête, ça n’a aucune importance, les oiseaux ne se font pas non plus faute d’y laisser du leur.

Non pas, dit Tom Pouce, je sais ce que je veux, descendez-moi au plus vite.

L’homme ôta son chapeau et en retira Tom Pouce qu’il déposa dans un champ près de la route. Aussitôt il s’enfuit parmi les mottes de terre, puis il se glissa dans un trou de souris qu’il avait cherché exprès.

Bonsoir, mes amis, rentrez sans moi, leur cria-t-il moqueur.

Ils voulurent le rattraper et fourragèrent avec des baguettes le trou de souris, mais ce fut peine perdue. Tom Pouce s’y enfonçât toujours plus avant, et, comme la nuit était venue tout à fait, ils durent rentrer chez eux les mains vides.

Quand ils furent partis, Tom Pouce sorti de sa cachette souterraine. Il est si dangereux de s’aventurer la nuit dans les champs, on a vite fait de se casser une jambe. Il rencontra par bonheur une coque vide de limaçon.

Dieu soit loué, dit-il, ici je pourrais passer la nuit en sureté ; et il s’y installa. »

 

Commentaires :

 

Ce texte montre que Tom Pouce vaut de l’or non seulement parce qu’il rapporte à son père une « belle pièce d’or » mais aussi parce qu’il refuse (au premier abord) de le vendre « pour tout l’or du monde ». Nous restons là dans le contexte alchimique que représente Lindor ou le nain d’or.

Don Tom Pouce va truander les deux acolytes avides de richesse, ce qui est un message pour ceux qui pratiquent l’alchimie dans une visée mercantile…

Lorsqu’il fut acheté notre petit bonhomme désira s’installer sur le bord d’un chapeau. C’est une demande curieuse qui ne peut être compris qu’avec la cabale ou langue des oiseaux, ce que précise celui qui porte ce couvre chef en répondant à Tom Pouce qui voudrait descendre:

 

« Reste là-haut, dit l’homme, qui le portait sur la tête, ça n’a aucune importance, les oiseaux ne se font pas non plus faute d’y laisser du leur. »

 

En d’autres termes : « Laisse là tes fèces ! », mais cette opération nécessite le chapeau = k-eau ou ko, dont tout amateur de chimie minérale élémentaire aura tôt fait de définit l’identité dont le k-eau précise l’état liquide.

A la suite de quoi la petite pierre s’enfoncera sous terre comme Tom Pouce dans un trou de souris. Cela  se réalisera durant l’œuvre au noir, comme l’indique la nuit tombée qui provoque l’abandon des recherches de nos deux lascars.

Ensuite la pierre se revêtira d’une coque, ce que ne saurait mieux exprimer Tom Pouce dans sa coquille de limaçon, c’est-à-dire d’escargot dont la forme spirale analogue à celle du jeu de l’oie est suffisamment expressive et dont les diverses cases ont un sens alchimique, comme le spécifie Eugène Canseliet en son Alchimie édité chez J.J. Pauvert (Paris) en 1978 :

 

« Et l’on connait le noble jeu de l’oie ou se remarque le puits, l’hostellerie, le labyrinthe, la mort, la prison, lesquels ont tous une signification hermétique. »

 

jeu de l oie

 

Enfin, le même auteur spécifie dans le même ouvrage :

 

« Et c’est ici le lieu de rapprocher cabalistiquement, de son homophone français chêne, non chuinté en langue d’oïl, le terme grec khen, qui désigne l’oie et dont le radical kaaino, signifie s’ouvrir, s’entrouvrir, être béant. »

 

Telle est la raison pour laquelle Tom Pouce se cache dans un trou de souris qui s’ouvre devant lui, et aussi dans le labyrinthe d’une coquille spiralé dont le resserrement des spires contigües, comme celle du jeu de l’oie, marquent la contraction du temps au fil des réitérations.

Mais l’oiee désigne l’ouïe en ancien français. C’est ainsi que nous l’apprend Frédéric Godefroy en son Lexique de l’ancien Français édité en 1994 à Paris chez Honoré Champion.

Quant à l’oïe, c’est l’action d’entendre, c’est un son perçu par l’oreille… Cela évidemment nous oriente vers la phonétique omniprésente en ce conte. Mais l’intérêt de ce mot réside en son second sens qui le rattache à celui de petite ouverture pour aérer un lieu quelconque. Ainsi retrouvons nous notre trou de souris indissolublement lié au soupir (soupirail) et donc à la respiration et à la phonétique.

 

 

Poursuivons notre conte interrompu au moment ou Tom Pouce est sur le point de s’endormir en toute sécurité dans sa coquille spiralée d’escargot :

 

Texte 4:

 

« Sur le point de s’endormie, il entendit passer deux hommes dont l’un dit :

Comment s’y prendre pour dérober son or et son argent au riche curé ?

 Je vais vous le dire, interrompit Tom Pouce.

Que veut dire ceci ? s’écria l’un des voleurs effrayé ; j’ai entendu quelqu’un parler.

          Ils s’arrêtèrent et prêtèrent l’oreille. Tom Pouce répéta :

Emmenez-moi et je vous aiderai.

Mais qui es-tu ?

Cherchez par terre, répondit-il, à coté d’où vient la voix.

Les voleurs finirent par le trouver.

Comment peux-tu avoir la prétention de nous être utile, petit drôle ? lui demandèrent-ils.

Je me glisserai à travers les barreaux dans la fenêtre du curé, et je vous passerais tout ce que vous voudrez.

C’est bien, répondirent-ils, nous allons voir ce que tu sais faire.

Quand ils furent arrivés au presbytère, Tom Pouce se coula dans la chambre du curé, puis il se mit à crier de toutes ses forces :

Vous voulez tout ce qu’il y a ici ?

Les voleurs furent effrayés et lui dirent :

— Parle plus bas, tu vas éveiller tout le monde.

Mais Tom Pouce feignit de ne pas avoir entendu et cria de nouveau :

— La servante qui reposait dans la chambre contigüe entendit ces mots, elle se leva sur son séant et prêta l’oreille. Les voleurs avaient commencé à battre en retraite, mais ils reprirent courage, et, pensant que la petit drôle voulait s’amuser à leurs dépends, ils revinrent sur leurs pas et lui dirent tout bas :

Allons, sois sérieux et passe-nous quelque-chose.

Alors Tom Pouce cria encore une fois, le plus fort qu’il put :

Je vous passerai tout ; tendez-moi les mains.

Cette-foi, la servante entendit bien nettement, elle sauta à bas de son lit et se précipita vers la porte. Les voleurs s’enfuirent comme si le diable eut été à leur trousses, mais n’ayant rien remarqué, la servante alla allumer une chandelle. Quand elle revint, Tom Pouce alla se cacher dans le foin, et la servante, ayant fouillé partout sans avoir rien pu découvrir, cru avoir rêvé les yeux ouverts et alla se recoucher. »

 

Commentaires :

 

Tom Pouce récidive en roulant des gens mal intentionnés. Il leur empêche de commettre leur larcin en les dénonçant sans pour cela être délateur. Tout cela ne serait que banalités si le conte ne disait pas qu’il s’agit de l’or et de l’argent d’un riche curé.

C’est donc de l’or et de l’argent sacré, puisqu’il est prémédité de dévaliser un presbytère ou se trouve outre les crucifix et objets de piété comme le baiser de paix mais aussi les vases sacrés tels les calices, les patènes, les ciboires et les ostensoirs ainsi que les navettes et encensoirs. Ces objets sont pour la majorité sacrés et leur argent et leur or est aussi sacré que l’argent et l’or d’origine alchimique. En réalité les métaux précieux du presbytère sont ceux de l’alchimie, c’est ce que le conte veut dire. De ce fait les malfrats sont tenus à l’écart. Tel est le sens symbolique de l’attitude de Tom Pouce qui réveille la gardienne du lieu en faisant fuir les voleurs.

Cette particularité importante étant soulignée, « Tom Pouce-Pierre philosophale » va poursuivre sa maturation dont les étapes se superposent au chemin initiatique du petit bonhomme.

 

Texte 5:

 

 « Tom Pouce s’était blotti dans le foin et s’y était arrangé une bonne place pour dormir ; il comptait s’y reposer jusqu’au jour et puis retourner chez ses parents. Mais il dut en voir bien d’autre, car ce monde est plein de peines et de misères. La servante se leva dès l’aube pour donner à manger aux bestiaux. Sa première visite fut pour la grange où elle prit une brasée de foin là où se trouvait précisément endormi le pauvre Tom. Mais il dormait d’un sommeil si profond qu’il s’aperçut de rien et ne s’éveilla que quand il fut dans la bouche d’une vache qui l’avait pris avec son foin.

— Mon Dieu ! s’écria-t-il, me voilà dans le moulin à foulon.

Mais il se rendit bientôt compte où il se trouvait réellement. Il prit garde de ne pas se laisser broyer entre les dents, et finalement glissa dans la gorge et dans la panse. « Les fenêtres ont été oubliées dans cet appartement, se dit-il, et l’on n’y voit ni le soleil ni chandelle ». Ce séjour lui déplut beaucoup et, ce qui aggravait encore la situation, c’est qu’il arrivait toujours de nouveau foin et que l’espace qu’il occupait devenait de plus en plus étroit. Il se mit alors à crier le plus haut qu’il put :

— Ne m’envoyez plus de fourrage, ne m’envoyez plus de fourrage !

La servante à ce moment était justement en train de traire la vache. En entendant parler sans voir personne, et, reconnaissant nt la même voix que celle qui l’avait déjà éveillée la nuit, elle fut prise d’une telle frayeur qu’elle tomba de son tabouret et répandit son lait.

Elle alla de toute hâte trouver son maître et lui cria :

— Ah ! grand Dieu, monsieur le curé, la vache parle.

— Tu es folle, répondit le prêtre.

Ils se rendirent cependant à l’étable afin de s’assurer de ce qui se passait.

À peine y eut-il mis le pied que Tom Pouce s’écria de nouveau :

Ne m’envoyez plus de fourrage, ne m’envoyez plus de fourrage.

La frayeur gagna le curé lui-même et, s’imaginant qu’il y avait un diable dans le corps de la vache, il dit qu’il fallait la tuer. Ainsi fut fait, et l’on jeta au fumier la panse où se trouvait la pauvre Tom Pouce. »

 

Commentaires :

 

Tom Pouce ou la pierre philosophale en préparation est donc dans le foin, ce qui ne saurait mieux désigner la couleur verte ou ce produit issu du végétal qu’est le sel alchimique dissimulé derrière la célèbre phrase des Francs Maçons : « L’acacia m’est connu ». En réalité, le sel alchimique est contenu dans tous les végétaux, mais seuls sont aptes certains parmi eux à procurer cette substance. L’alchimie est un art, ne l’oublions pas, et de ce fait les impuretés spécifiques à certains végétaux vont être nécessaires. C’est sur ce critère que furent recommandés le robinier, l’acacia, le chêne et la fougère. C’est cela qui fit dire, en langue des oiseaux, au grand alchimiste de Bethléem :

 

« Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dit que Salomon, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? » (Sixième chapitre de l’évangile de Mathieu, versets 26 à 31)

 

Prenant conscience qu’il est entre les mâchoires d’une vache Tom s’imagine être dans un moulin à foulon.

À ce moment, inutile d’être grand clerc pour comprendre qu’il s’agit du concassage préliminaire du minerai appelé matière première par des alchimistes. Cela laisse supposer que les étapes de la fabrication de la pierre philosophale sont analogues à celles qui se déroulent dans un tube digestif.

L’alchimiste et médecin anglais Robert Fludd (1574-1637)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              est des plus explicite à ce propos dans son De mystica sanguinis anatomie (section 1, partie 3 libellé 1 des pages 223 à 224) :

 

« Le vrai alchimiste imite la nature. En commençant son œuvre il réduit d’abord la matière en parcelles, il la broie et la pulvérise ; c’est la fonction des dents. La matière ainsi divisée, il l’introduit par un tuyau dans la cornue ; ce tuyau représente l’œsophage ; la poche de la cornue c’est la poche stomacale.

Ensuite il mouille la matière avant de la soumettre à l’action de la chaleur humide égale et modérée en la plaçant dans un bain Marie et dans du fumier de cheval… »

 

Robert Fludd

 

Nous voyons là pourquoi la panse de la vache (panse du ballon)  sacrifiée est jetée au fumier.

Je signale au passage que mon petit dictionnaire L’alchimie expliquée pas son langage (édition Dervy) approfondie cette manière d’interpréter les textes hermétiques.

 

Nous avons laissé Tom Pouce sur son fumier toujours enfermé dans la panse de la vache :

 

Texte 6:

 

« Il eut beaucoup de mal à se démêler de là et il commençait à passer sa tête quand survint un nouveau malheur. Un loup affamé qui passait par là avala la panse de la vache avec le petit bonhomme d’une seule bouchée. Tom Pouce ne perdit pas courage. « Peut-être se dit-il, ce loup sara-t-il traitable ». Et de son ventre où il était enfermé il lui cria :

— Cher loup, je vais t’indiquer un bon repas à faire.

— Et où cela ? dit le loup.

— Dans telle et telle maison ; tu n’auras qu’à te glisser dans le soupirail de la cuisine, et tu trouveras des gâteaux, du lard, des saucisses à bouche que veux-tu.

Et il lui indiqua exactement la maison de son père. Le loup ne se le fit pas dire deux fois. Il s’introduisit de nuit dans le soupirail et s’en donna à cœur joie dans le buffet aux provisions. Quand il fut repu et qu’il voulut sortir il s’était tellement gonflé de nourritures qu’il ne put venir à bout de repasser par la même voie. C’est là-dessus que Tom Pouce avait compté. Aussi commença-t-il à faire dans le ventre du loup un vacarme effroyable, hurlant et gambadant tant qu’il put.

— Veux-tu te tenir en repos, dit le loup, tu vas éveiller le monde.

— Eh quoi ! répondit le petit bonhomme, tu t’es régalé, je veux m’amuser aussi moi.

Et il recommença son tapage.

Il finit par éveiller son père et sa mère qui se mirent à regarder dans la cuisine par la serrure. Quand ils virent le loup, ils coururent s’armer, l’homme d’une hache la femme d’une faux. »

 

Commentaires :

 

Quand le loup avale la panse de la vache jetée dans le fumier Tom Pouce commençait à passer la tête pour en sortir. Tel est le caput mortum, ce qu’exprime à sa manière Eugène Canseliet à la page 80 de son Alchimie (Chez J. J. Pauvert 1964) :

 

« Dans le riche chaos, universel et gros de naissance latente, dont les anciens auteurs répètent à l’envi, qu’il est la vraie matière de leur ouvrage gigantesque, il est permis de concevoir que préexiste également le fumier nécessaire à toute germination, ce caput mortuum, cette tête morte qui se sépare de la substance mondée sous-jacente. »

 

Basile Valentin en ses 12 clefs de la philosophie est des plus explicite quant à la nécessité que Tom Pouce soit avalé par un loup :

 

« C’est pourquoi, si tu veux travailler par nos corps prend le loup très avide (…) en proie à une faim la plus violente. Jette, à ce Loup même, le corps du roi, afin qu’il en reçoive sa nourriture… »

 

Basilius Valentinus-Portrait

 

Quand l’opération est terminée, il devient possible de regarder par le goulot du ballon qui et ici le trou de la serrure puisque le goulot est analogue à une porte puisqu’il permet de fermer le ballon.

 

Donc les parents de Tom Pouce accourent armés d’une hache et d’une faux :

 

Texte 7:

 

« Reste derrière dit l’homme, à la femme au moment d’entrer, je vais lui asséner un coup avec ma hache, et s’il n’en meurt pas du coup, tu lui coupera le ventre.

Tom Pouce qui entendit la voix de son père lui cria :

— Cher père, c’est moi, je suis dans le ventre du loup.

— Dieu soit loué ! s’écria le père plein de joie, notre cher enfant nous est rendu.

Et il ordonna à sa femme de mettre la faux de côté afin de ne pas blesser Tom Pouce. Puis il leva sa hache et porta au loup un coup qui l’étendit mort.

Il lui ouvrit ensuite le ventre avec des ciseaux et un couteau et en tira le petit Tom.

— Ah ! dit le père, que nous avons été inquiets sur ton sort !

— Oui père, j’ai beaucoup couru le monde, heureusement que je puis enfin reprendre l’air frais.

— Où as-tu été ?

— Ah père, j’ai été dans un trou de souris, dans la panse d’une vache et dans le ventre d’un loup. Mains maintenant je veux rester avec vous.

— Nous ne te vendrons plus pour tout l’or du monde, dirent les parents en l’embrassant et le serrant contre leur cœur.

Ils lui donnèrent à manger et à boire, et ils firent confectionner d’autres vêtements, car les siens avaient été gâtés pendant le voyage.

 

FIN

Commentaires :

 

Rien n’est plus expressif pour dire que la pierre est sortie du ballon. Pour effectuer cette opération il faut le casser en faisant bien attention de ne pas abîmer la pierre en frappant sur la panse. Cela correspond bien à l’exécution du loup pour tirer Tom Pouce emprisonné dans son ventre.

L’échange entre le père et le fils ressemble étrangement aux dialogues que l’on trouve dans le catéchisme du Cosmopolite (début du XVIIe siècle) repris par le baron de Tchoudy en son rituel alchimique puis expurgé par les Francs Maçon dans le texte intitulé l’Étoile Flamboyante dont les commentaires par l’honorable société sont malheureusement biaisés par l’unique optique spirituelle :

 

« Question : Êtes-vous voyageur ?

Réponse : J’ai parcouru toute la mésopotamie et la Palestine.

Question : Prouvez-le-moi.

Réponse : j’ai vu mon maître… »

 

Il est aisé de comprendre que la Mésopotamie qui signifie « région entre deux fleuves » symbolise les deux liquides alchimiques abreuvant la terre des philosophes qui n’est autre que leur pierre.

Quant à la Palestine, son nom signifie « Pays des Philistins » dont le véritable nom hébreux ancien est : « Pays de Canaan ».

Mais ici seule la dimension cabalistique est significative. Le préfixe « pal » signifie changement de couleur.

Cette dernière définition s’accorde avec « l’eau » des deux « fleuves » qui font changer de couleur la pierre. L’un la fait passer du noir au blanc, l’autre du blanc au rouge.

Quant à Tom Pouce relatant son voyage, il dit avoir été en premier lieu dans un trou de souris. Évidemment ce nom ne doit pas être pris dans son sens étymologique mais cabalistique. Ainsi, « sous » qui a donné « saut » va désigner un mouvement de bas en haut, ce qui caractérise la première phase de l’œuvre si bien suggérée par Fulcanelli dans sa description de l’alchimiste de Notre Dame de Paris (Le mystère des cathédrales). C’est cette poussée alternée qui va placer sous terre, dans son trou de souris, Tom Pouce.

Son passage dans le ventre de la vache est sa réception du sel blanc comme le lait mis en évidence par le seau de lait de la servante du curé en train de traire la vache et qui renverse à terre le lait quant elle entend la vache parler. D’ailleurs, les adeptes parlent de lait de vierge et de nourriture lactée.

Ce sel blanc il le reçoit quand il est enfermé dans la panse d’un ballon de verre dur (verdure du fourrage avalé par la vache).

Le voyage dans le ventre d’un loup signale le changement de couleur du blanc au rouge, ce qui est symbolisé par le carnivore qu’est le loup. La pierre aura augmenté de volume et sera de couleur rouge mais sentira mauvais, c’est pourquoi ses parents lui font confectionner des vêtements neufs, qui montrent que la coque de l’œuf est parvenue à la perfection. L’œuf étant évidemment Tom Pouce habillé de neuf.

En résumé : la pierre étant fixée (sèche) pour la seconde fois alors elle peut prendre l’air, c’est ce que veut dire Tom Pouce quand il dit à ses parents qu’il peut enfin prendre l’air. 

Pour lui parfaire le vêtement on la pose généralement dans une assiette et on l’abreuve pour la troisième et dernière fois. C’est pourquoi les parents de Tom Pouce lui donnèrent à manger et à boire et lui confectionnent des vêtements neufs qui sont ceux de la pierre philosophale achevée ou oeuf.

 

 

Conclusion

L’histoire de Tom Pouce qui est constamment privé d’air pour achever son voyage dans la lumière caractérise autant un périple initiatique que la fabrication de la pierre philosophale. En réalité les deux ne font qu’un. Toute la problématique de bon nombre de milieu spirituel consiste à ignorer cette unité et de poursuivre un chemin qui ne peut que se désagréger s’il n’est plus le reflets des lois de la natures. Tout comme l’ouroboros, ce serpent que se mord la queue, la loi fondamentale est celle du recommencement. Le grand œuvre alchimique doit être réitéré et la vie humaine doit l’être aussi. C’est cela qui explique combien certains théurges n’ont pas besoins du laboratoire puisqu’ils y sont déjà passés.

L’Église ancienne, avant 325 étaient acquise au concept de réincarnation. Elle ne saurait se perpétuer sans revenir à cette évidence. Sans cela la vie se présente comme un couloir de la mort dans lequel nous entrons dès la naissance pour aboutir à l’exécution finale. Ce qui se déroule entre l’alpha (la naissance) et l’oméga (notre mort) est notre degré de liberté, notre chemin initiatique qui pourra fleurir au-delà du visible et du temps. Il est là pour nous faire découvrir la manière de sortir de la panse de la vache sacrée ou du ventre du loup pour retrouver ceux que nous aimons au-delà des limites de notre univers aussi étouffant et « obscur » que « pédagogique ». L’Église actuelle vous dira la même chose… en êtes-vous sur ?

 

En toute amitié de la part de Tom Pouce.

 

 

 

 

 

 

Frédéric Godefroy est l’auteur du Grand dictionnaire de l’ancienne langue française qui est le répertoire le plus considérable de la langue du moyen âge que l’on possède actuellement.

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 07:44

© mai 2010.

 

Si, aujourd’hui, je parle de la noétique c’est parce qu’un certain Daw Brown, de la blanche Albion, célèbre auteur du livre critiquable et abondement critiqué Da Vinci Code, l’a mise au gout du jour en faisant s’exprimer, à son propos, dans son roman Le symbole perdu, (Editions JCLattès. Paris 2009) une héroïne nommée Katherine Salomon. Cette scientifique « marginale », au laboratoire ultra perfectionné, comme seul un roman peut nous en fournir, démontre – à qui veut l’entendre – que la pensée influence :

 

« La croissance des plantes, la direction dans laquelle un poisson nage dans un bocal, la synchronisation des systèmes mécaniques indépendants, les réactions biochimiques et jusqu’à la structure cristalline d’un solide en cours de formation… et aussi la façon dont les cellules se divisent dans une boite de Pétri… » (p. 74)

 

Pour aborder ce sujet, j’ai attendu sagement que les Francs-Maçons aient achevé de manifester à l’auteur leurs louanges (le livre est tout à leur honneur puisque la narration tourne autour d’un sieur Salomon et de « l’initiation » maçonnique et de ses symboles avec, notamment, la description de leur « cabinet de réflexion ») et que l’effervescence des « ésotéristes » de toute obédience se soit un peu tassée, et aussi que les cervelles surchauffées aient enfin retrouvées leur température de croisière…

 

Avant toutes choses, que signifie le mot noétique, est-il une autre expression de la parapsychologie ?

Le mot noétique  est dérivé du grec noese qui est une branche de la philosophie qui étudie la pensée en ce sens elle est inséparable de la psychologie (dans le sens Jungien) et des neurosciences.

Son centre d’intérêt fondamental consiste à étudier le fonctionnement de la pensée humaine et les liens entre elle et le « penser » divin.

Donc, ce terme fut employé à mauvais escient pour désigner une discipline, en vogue aux Etats Unis dont la porte-parole est Lynne McTaggart (La science de l’intention éditions Ariane, Paris 2008), qui cherche à démontrer que notre esprit influence la matière. Là nous constatons que la noétique, telle qu’elle est comprise devient une annexe de la parapsychologie alors qu’en réalité, tout en ne changeant pas d’objet d’étude, c’est un secteur fondamental de la spiritualité et de la mystique.

 

Dans un résumé, pratiquement lapidaire, on peut dire que la noétique est l’étude de la connaissance universelle dépassant amplement ce que l’actuelle science pourrait nous expliquer.

La fameuse noosphère (sous « pression » de plus en plus convergente) de Teilhard de Chardin en dérive. Elle fut fort bien comprise dans ses conséquences ultimes par les auteurs du film Matrix. La noologie d’Edgard Morin ou encore la noèse de Husserl sont aussi des enfants de la noétique.

 

Nos amis d’Amérique du Nord (contrairement aux amérindiens qui, dans leur wigwam enfumé, en ont saisi l’essence depuis toujours) on singulièrement restreint ce concept à des observations matérialistes dans le style échange d’informations à distance impliquant la transmission de pensée, le tout étant saupoudré de mécanique quantique pour tenter de donner une assise scientifique aux phénomènes.

 

Nous savons que la physique est encore loin de connaitre tout ce qu’impliquent les phénomènes quantiques. C’est une science naissante, en construction, et donc incomplète mais avec laquelle nos « néoticiens » cherchent malgré tout à explorer l’inconnu… permettez-moi de dire que ce n’est pas sérieux ! Si vous avez une  opinion contraire, évidemment c’est votre droit, mais permettez-moi de vous regarder de travers !

 

En disant cela je ne cherche nullement à dévaloriser la noétique, dont je suis, contrairement aux apparences, un chaud partisan. Je veux dire seulement que la piste suivie anticipe trop sur la réalité des choses et néglige des faits essentiels dont Dan Brown est un porte-parole fortement sujet à caution, tout comme l’américaine Lynne McTaggart.

 

 Cela, je pense, ne doit étonner personne sauf les inconditionnel du mystère à bon marché. Cependant je ne saurais stigmatiser la démarche de Lynne qui n’est par romancière et est de bonne volonté. Sa sensibilité lui a fait ressentir d’une manière « surrationnelle » la réalité du monde. D’ailleurs le beau film Matrix repose sur le même constat.

 

L’américaine Lynne McTaggart propose de plonger dans l’infiniment petit pour observer les comportements et interactions de particules subatomiques. Ainsi, dit-elle, peut-on comprendre le processus d’action de la pensée sur la matière. On peut le comprendre en effet, mais seulement par analogie ! En effet, il n’est pas possible d’extrapoler les phénomènes quantiques des particules à ceux qui régissent la mécanique macromoléculaire. Cette jonction n’est pas encore réalisée. Donc, pas d’interprétations prématurées.  

 

J’ouvre ici une parenthèse pour dire que je ne suis pas un  rationaliste aveugle, mais lorsque je lis des articles sur le paranormal, mes cheveux se dressent sur la tête en lisant des inepties telles que je comprends pourquoi beaucoup de nos contemporains préfèrent rester dans le domaine scientifique pur et dur.

C’est un refuge en quelque sorte… mais il est dommage que beaucoup trop d’individus intelligents dépassent les limites du raisonnable dans des extrapolations extravagantes. Ils ont raisons dans leurs idées mais se fourvoient dans leur manière de les démontrer.

Il est temps de s’apercevoir que la science est démunie, qu’elle est loin de pouvoir mesurer certains phénomènes et même de découvrir qu’ils existent.

Face à tout ce que suppose la noétique, l’investigation scientifique est désarmée. Une image montre mieux ce que j’essaye de dire.

Le livre des Rois de la Bible, relate le combat du petit David contre le géant Goliath. David terrasse Goliath, à l’aide de sa fronde. L’analogie la voila : c’est comme si on demandait à David de descendre avec sa fronde un avion supersonique qui passe au dessus de sa tête à 15 kilomètre de hauteur ! Oui, l’outil scientifique n’est pas, si je puis dire, à la hauteur. Il est analogue à la fronde de David qui est effiace seulement contre Goliath. Les phénomènes noétiques sont le supersonique encore hors de porté pour notre arsenal  scientifique.

Je signale en passant que cette impossibilité de comprendre, pour la physique, se retrouve en alchimie.

Là où l’investigation chimique de la pierre philosophale ne trouvera, par exemple, que des cristaux de potasse caustique agrémentés de quelques molécules de soufre, elle sera incapable de déceler l’information liée à ce cristal et conclura, au mieux, à une supercherie. La physique de solides ne pourra aller plus loin que la piézoélectricité. La dimension qualitative de l’information lui échappera. Certes, des progrès sont faits en ce sens, mais nous sommes encore loin du compte.

 

La noétique cherche donc à apporter une explication scientifique aux phénomènes paranormaux alors que la parapsychologie se borne à les constater. Cette attitude est beaucoup plus raisonnable puisque, comme je viens de le dire, l’outil scientifique actuel n’est pas toujours capable d’expliquer ces manifestations que sont, par exemple, la transmission de pensée ou la télékinésie.

 

Mais ce n’est pas parce que les scientifiques ne peuvent que donner des jugements de non lieu que l’on doit baisser las bras et conclure comme eux que cela s’explique d’une manière prosaïque ou n’existe pas. Si on en reste là on est un piètre chercheur.

 

L’école anglo saxonne de noétique ne jure que par « l’intrication » quantique, dont l’inventeur est le français Alain Aspect qui en parle sous le nom d’inséparabilité. Je ne vais pas approfondir cette question que j’ai abordée dans mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale.

 

J’explique, toujours dans cet ouvrage, la différence de la manière de penser de nos deux hémisphères cérébraux. L’un le gauche est le siège de la pensée rationnelle tandis que le droit se caractérise par une pensée intuitive. Sa particularité est de pouvoir sauter aux conclusions sans passer par un raisonnement logique. Ne soyons pas étonné de cela puisque cette manière de procéder est analogue au saut quantique d’un électron qui change d’orbite sans qu’il soit possible de discerner des positions intermédiaires… le TOUT du monde est UN…

Seule cette pensée « intuitive », surrationelle permet d’accéder aux phénomènes noétiques, alors que le raisonnement logique est rapidement impuissant.

C’est là que je vous demande de revoir le film Matrix et de bien écouter les dialogues, dont la sagesse profonde permet de comprendre comment le héro est parvenu à accéder au delà du réel pour vaincre la matière qui veut l’asservir.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les critiques de fils citent mon livre l’alchimie expliquée par son langage.

Ce genre de message ne peut être délivré que par le cinéma et la poésie, lieux ou la pensée rationnelle n’a pas le monopole.

Il me semble qu’il n’est pas sans intérêts que cela soient dit surtout aux amateurs de vie spirituelle. Peut-être comprendrons-t-ils pourquoi je suis en pétard envers les sociétés « initiatiques » qui parlent de leurs magnifiques symboles en spéculent dans un immobilisme qui fait froid dans le dos.

 

Merci de m’avoir lu et amitié au-delà des mots.

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:49

© mai 2010.

 

Dans mes deux ouvrages Rennes le Château : La carte des trésors, et Hermestine, Rennes le Château, j’ai abordé la dimension alchimique de l’histoire de ce village dont le curé richissime reste une énigme et fait couler beaucoup d’encre. A tel point qu’un habitant du village me disait :

« Ici il y a eu et il y a encore tellement de magouilles et de mystères que les écrivains s’en donnent à cœur joie et publient des livres à n’en plus finir. Sans exagérer on peut dire que la rivière Aude qui coule au bas du village devrait s’appeler fleuve noir »

 

Vous vous doutez qu’il y a beaucoup de choses à dire sur cet énigmatique curé de campagne, aussi mes deux livres n’étaient pas assez volumineux pour contenir le fruit de mes recherches qui au fil des ans s’enrichissent de diverses manières à un tel degré que j’envisage la rédaction d’un ouvrage supplémentaire. En attendant d’achever ce triptyque je voudrais vous faire part de quelques-unes de mes observations dont je n’ignore pas que les « mordus » sont friands.

 

Au passage je préviens les plagiaires sans vergogne et les piqueurs d’idées que ce site est protégé et que les dates de publication font office de référence judiciaire. Malgré la présence de quelques margoulins qui pourrisse notre vie en société je n’avais pas à cœur de passer sous silence le fruit de mes amusantes cogitations afin que vous puissiez en profiter selon vos goûts et vos opinions.

 

Je n’ai pas l’intention d’embrasser un domaine trop vaste impossible à contenir dans un résumé spartiate de quelques pages. Je vais donc limiter mon sujet à divers aspects de l’ambiance alchimique qui caractérise cette région du Razès particulièrement riche en ésotérisme, en magie et en alchimie. Lieu habité par les manes de Montfaucon de Villard qui fut assassiné sur la route de Lyon pour avoir révélé à travers son livre Le comte de Gabalis (ou le conte cabalistique) les secrets des Roses croix, ce qui est absolument faut mais n’enlève rien au mystère.

Est-il nécessaire de souligner qu’il est absurde d’attribuer un assassinat aux Roses+Croix mais plutôt à des sortes d’illuminatis allant, – comme actuellement avec leur colossale fortune issue de l’exploitation des hommes, – à contre courant de la vie et de la dimension spirituelle de l’humanité qu’ils asservissent.

 

Ici, je voudrais parler plus particulièrement d’une femme dont la grandeur et la culture alchimique dépasse bien des érudits en ce domaine. Il s’agit de la Reine Christine de Suède, qui de prés ou de loin est mêlée à l’histoire alchimique du trésor de Rennes le Château. Un fait est certain, elle donne une dimension inattendue à cette histoire tout en répondant à l’interrogation de mes amies, quelque peu féministes, laissant entendre que l’alchimie est le monopole des machos.

Mesdames, si vous voulez faire graver une plaque de marbre avec les noms de celles qui firent la grandeur de l’alchimie je vous propose la liste suivante :

Cléopâtre la savante.

Marie la Prophétesse, sœur de Moise.

Perenelle, épouse de Nicolas Flamel.

Martine de Bertereau, baronne de Beausoleil.

Christine, reine de Suède.

Dorothée-Juliane Wallichin.

Sabine Stuart de Chevallier, de la famille royale d’Ecosse.

Thérèse de Lubac.

Marie d’Hautpoul baronne de Blanchefort.

Et bien d’autres inconnues…

Quatre laissèrent des écrits d’une très grande valeur : Martine de Bertereau, Christine de Suède, Dorothée-Juliana Wallichin et Sabine Stuart de Chevallier.

Nonobstant mon réel plaisir de côtoyer la prestigieuse gent féminine, ne perdons pas de vue que nous sommes ici pour faire connaissance avec l’étrange reine Christine.

 

 

La reine Christine (1626-1689) fut couronnée à 24 ans en 1650. Parlant le français, elle eu des rencontres régulières et enrichissantes avec les philosophes. Ainsi elle fut la protectrice de René Descartes et conversait avec Blaise Pascal. Descartes voulait rencontrer les Roses+Croix, et nul ne sait si sa découverte fut couronnée de succès. Le philosophe décéda à Stockholm, mais une rumeur tenace affirme qu’il eut des obsèques simulées et qu’en réalité il s’était retiré en Laponie ou il vit encore. C’est un on-dit fréquent chez les alchimistes. Nicolas Flamel n’en fut pas exempté… La reine Christine non plus !


René Descartes KristinaRené Descartes aux cotés de la reine Christine de Suède.


L’érudite et brillante souveraine de Suède perdit tout intérêt pour les affaires politiques car cette activité s’avérait de plus en plus en contradiction avec l’acquisition de la sagesse dont le mot clé est vérité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Christ dit souvent, « En vérité, en vérité je vous le dit… » ou « Par amen je vous le dit » ce qui est exactement pareil. Pour mémoire je souligne ici que l’équivalence « Amen » = « Ainsi soit-il » est une fausse traduction qui induit une grave erreur (intentionnellement entretenue) sur le plan spirituel, et mystique, mais là n’est pas mon propos.

 

Afin de mieux se consacrer aux travaux hermétiques, elle abdiquera et embrassa la religion Catholique en 1655, ou le pape Alexandre VII en personne lui administra la première communion. Ensuite elle se retirera à Rome en 1658 en son palais Riario où son intelligence et ses connaissances étaient un sujet d’étonnement. A son arrivée régnait le pape Innocent XI, dont la devise selon Saint Malachie répond étrangement à l’exil de la Reine Christine :

 

Paenitentia glorieuse : La pénitence glorieuse.

 

Je signale aux curieux l’importante date de 1655 gravée à Alet les Bains sur une pierre à l’angle d’une rue. Je vous la laisse trouver pour votre plaisir. Ayez soin de regarder en hauteur…

 

Dans son palais elle fit aménager plusieurs laboratoires afin d’y travailler elle-même et inviter à œuvrer les alchimistes de passage. Elle possédait d’inestimables collections qui furent acquise, après son décès, par le musée du Vatican. Elle fonda à Rome, l’Académie Clémentine qui fut dite Académie des Arcades, dans laquelle se trouvaient des alchimistes-poètes, dont le fameux Labouisse-Rochefort de Castelnaudary qui écrivit un voyage à Rennes les Bains qui ne tarissait pas d’éloges sur un alchimiste, également de Castelnaudary : le médecin Pierre-Jean Fabre. J’aborde tout cela plus en détail dans mon ouvrage Rennes le Château : La carte des trésors. Ce médecin issu le l’Université de Montpellier transmuta un 22 juillet, le jour de Saint Marie Madeleine qui est le nom de l’église du village. On imagine aisément un faisceau d’évènements qui convergent vers cette histoire pour lui donner un relief inattendu, et très réellement hors du commun.

Un autre membre éminent de l’Académie des Arcades fut le pape Léon XIII, dont le blason figure en bonne place à l’église de Rennes le Château. Il est sculpté sur la clé de voute de la porte et est accompagné de la devise de Saint Malachies : Lumen in coelo = La lumière dans le ciel, ce qui souligne l’indispensable lumière (polarisée ou non) de la voute céleste (d’où la place du blason sur la clé de voute) pour réaliser le Grand Œuvre. La comète qui figure sur le blason est significative quant au feu de cheveux (comète vient du latin  como qui signifie « avoir une chevelure »). Sur ce même blason on peut voir un cyprée qui pointe vers la comète, désignant avec force le « feu » sidéral si indispensable aux travaux de la sainte science ou alchimie. En effet, le nom de cyprée est une sorte de redondance du « feu » cométaire car son nom provient ici du latin cyparissias qui désigne un météore igné qui tire son nom de la forme du cyprès. Donc, rien de mieux pour dire que l’église de Béranger Saunière ne peut être décryptée que par les philosophes par le feu ou alchimistes. Cela en dit long sur ce souverain pontife, membre de l’académie des Arcade (AA) dont la longévité (1810-1903) reste une « signature » de la face cachée de ses activités accompagnant sa juridiction universelle.

 

Christine se disait fort incrédule et peu dévote. Il est vrai que les ecclésiastiques auraient souhaité la voir se comporter commu une bigotte, ce qui ne convenait absolument pas à son énergie et à son caractère. Ce rejet de la bigoterie est le signe de sa dimension mystique laquelle ne fait pas bon ménage avec une croyance ou à une crédulité. La dévotion, telle qu’elle est comprise, s’accommode mal avec le silence qui permet la communion et le « dialogue » avec l’indicible. Ne nous trompons pas quant à la grandeur spirituelle de cette souveraine qui devint ascète comme son ami Blaise Pascal qui assista, ou pratiqua lui-même, à une transmutation (voir mes ouvrages cités).

 

  Elle œuvra en compagnie d’un cardinal, et tentera d’accomplir le Grand Œuvre alchimique.

 

La reine recevait les alchimistes de son époque, notamment Sandivogius dont je parlerais dans un instant pour dissiper une méfiance à son égard.

Bernard Husson trouva, à la page 513 d’un manuscrit inédit du XVIIe siècle, intitulé cabale les renseignements suivants :

 

« J’ai connu à Paris en 1681, Mr des Novers, vieux garçon âgé de 80 ans… Je vis entre ses mains une résidalle d’argent teinté à moitié en or. Elle avait la même moulure que quand elle avait été fondue et ne pesait pas davantage que si elle avait été d’argent, ce qui faisait douter de la réalité de la transmutation, mais pour la vérifier nous coupâmes une portion de la partie teinte et dans la fonte elle acquit le poids de l’or et son volume se resserra et nous vérifiâmes que c’était de l’or très fin.

Cette résidalle était un présent que la Reine de Suède, cette savante Christine, lui avait fait, le connaissant curieux. Elle en avait une douzaine de pareille que Sendivogius lui avait ainsi transmuées à moitié pour satisfaire à sa curiosité. »

 

Ce texte traduit bien l’esprit critique des alchimistes face à de fausses transmutations. Il montre aussi qu’une transmutation peut être « potentielle », sans que la densité du métal « teint » change.

En d’autres termes le feu est nécessaire à la transmutation qui ne saurait se propager dans un métal froid. Tremper dans l’eau un métal en pleine transmutation stoppe le processus qui peut s’achever si l’on chauffe à nouveaux.

Ce procédé était utilisé par les acupuncteurs orientaux itinérants pour transmuter rapidement leurs aiguilles d’argent et d’or qui furent d’abord « teintées » dans leur laboratoire. Inutile de transporter (au risque de la perdre ou de la détériorer) de la poudre de projection. Cela permet aussi d’éviter d’être qualifié d’alchimiste, ce qui n’est jamais prudent en tout temps et en tout lieu.

Nous voyons dans ce texte que Sandivogius avait transmuté pour la reine Christine. Il est de notoriété publique que cet individu était un faux alchimiste (souffleur) qui aurait utilisé la poudre de projection fabriquée par ce grand alchimiste que fut Le Cosmopolite.

Il y a du vrai dans cela, à ceci près que Sandivogius n’était pas un faux alchimiste. Cela fut démontré par l’alchimiste contemporain Eugène Canceliet.

Sandivogius fut le bras droit de Robert Fludd (médecin et alchimiste anglais) qui fut imperator des Alchimistes Frères ainés de la Rose Croix de 1623 à 1630.

Par rapport à Rennes le Château il ne faut pas négliger que Robert Fludd fut précepteur de la baronne d’Arques et de Couiza (commune la plus proche de Rennes le Château), ce qui laisse supposer que Sandivogius, (l’ami du Cosmopolite) qui fréquentait la reine Christine, n’était pas loin. Nous avons là une véritable « constellation » de « stars » de l’alchimie ou l’étoile de Nicolas Pavillon et celle de son ami Saint Vincent Depaul viennent s’ajouter, puisque la baronne d’Arque, qui était, rappelons-le, la duchesse de Guise, était diocésaine de Nicolas Pavillon.

 

Dans le texte précédent remarquons qu’en 1681 le sieur des Novers âgé de 80 ans est à Paris. La question que l’on pourrait se poser est : Ce monsieur aurai-t-il rencontré la reine Christine lors de son séjour en France durent les années 1656-1657 alors qu’il était aux portes de la cinquantaine ? En tout cas ce monsieur devait être un érudit et surement un alchimiste car la Reine Christine ne recevait que des gens de haute noblesse ou des adeptes confirmés ne manquant pas d’érudition.

 

Est-il nécessaire de commenter davantage cette pléiade des plus grands personnages de l’alchimie européenne se retrouvant dans un endroit aussi restreint ?

 

Retenons pour conclure que la reine Christine avait fait frapper à son effigie une médaille en or d’origine alchimique ; au revers, on voit des nuages (qui caractérisent la nécessité de l’hygrométrie ou humidité de l’air), une couronne royale et la formule latine Et sine té (« Et sans toi » ou  « En plus tu laisse libre »). La couronne correspond non seulement à la royauté de la souveraine mais aussi au sceau d’hermès qui est couronné d’or. Il s’agit de très petites molécules de soufre jaune d’or qui s’élèvent par capillarité sur la paroi de verre du ballon. Le sceau d’hermès préfigure la couleur rouge qu’atteindra la pierre transmutatoire (au moins en surface) dans sa maturité.

Quand cette reine extraordinaire décéda, ce fut la seule femme qui fut ensevelie dans la crypte des papes à saint Pierre de Rome. Là nul ne peut savoir si sa dépouille est réellement présente, et les on dit vont bons train à propos de son immortalité. Peut-être se trouve-t-elle en Laponie en compagnie de Descartes ?

 

Merci de m’avoir lu. Que vos rêves soient fructueux.

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 10:56

 

L’origine de la fabuleuse fortune en or du roi Salomon reste un profond mystère. Depuis près de 3000 ans les mines d’où le métal précieux fut extrait n’ont pas livré leur secret. Ou sont-elles ? Nul ne le sait. Sont-elles encore gardées ? Peut-être !

Ne soyons donc pas surpris si cet endroit énigmatique a donné libre court à l’imagination et fit couler beaucoup d’encre pour inspirer la filmographie qui s’en est emparé à plusieurs reprises avec plus ou moins de bonheur.

Il est vrai que les textes bibliques ne lésinent pas sur la quantité de métal précieux :

 

« Et le poids de l’or qui arrivait à Salomon dans une année était de six cent soixante-six talents. » (1Roi X, 11)

 

Il y a de quoi tourner la tête aux plus endurcis quand on sait que ces six cent soixante-six talents correspondent à 25 tonnes d’or, et que ce petit manège se renouvèle tous les ans !

 

Cet endroit, où nait l’or à profusion, est entouré de légendes d’autant plus prégnantes qu’elles sont étroitement liées à l’érection du colossal temple de Jérusalem, inséparable de la légende d’Hiram et de celle de la reine de Sabbat dont la Franc-maçonnerie ne saurait se passer.

Tout récemment est venu s’y greffer – d’après certains chercheurs,– l’origine de l’or mystérieux du curé de Rennes le Château, village de l’Aude. Cet or, probablement issu d’un trésor wisigoth, proviendrait du sac du trésor de Rome par la tribu des Volques Tectosoges dont la capitale fut Rennes le Château. Ce dépôt précieux aurait contenu le colossal trésor de Jérusalem pillé par les romains.

Ne rêvons pas et gardons cette histoire au conditionnel !

 

En tout premier lieu notons que cet endroit, ou Salomon puisait ses immenses richesses, qui est nommé OPHIS par la Bible.

 

Il faut souligner qu’il a existé et existe encore. Son emplacement est inextricablement lié à des récits légendaires, de telle sortes qu’il est devenu impossible de séparer le mythe de la réalité.

Il semble que tout ai été fait pour que ce lieu ne puisse être découvert car il dissimulait non seulement l’origine de l’or et des pierres précieuses mais aussi l’énigme d’histoires étranges comme celle des gnomes, si bien illustrés chez nous par le conte de Blancheneige, et aussi celle d’Asmodée son étrange gardien. Ce veilleur que l’on peut voir en diable soutenant le bénitier de l’église de Rennes le Château et dont la signature hébraïque, sur son aile gauche, est le « certificat » d’authenticité.

 

Les sources

 

Cette histoire du royaume d’Ophir repose, comme je l’ai dit précédemment, sur des références bibliques. Dans le premier Livre des Rois on peut lire les versets 26 à 28 du chapitre 9 qui disent:

 

« Le roi Salomon construisit des navires à Etsjon-Géber, près d’Eloth, sur les bords de la mer Rouge, dans le pays d’Edom. Et Hiram envoya sur ces navires, auprès des serviteurs de Salomon, ses propres serviteurs, des matelots connaissant la mer. Ils allèrent à Ophir et ils prirent de l’or, quatre cent vingt talents qu’ils apportèrent à Salomon. »

 

Le lieu de départ de l’expédition maritime pour Ophir

 

Le lieu de départ pour Ophir met d’accord tous les commentateurs sur l’emplacement d’Estsjon-Géber. Cet endroit s’appelle aujourd’hui Akaba. Il est situé au fond du golfe du même nom qui s’ouvre sur la mer rouge. Pour fixer les idées remarquons que, sur les cartes, le fond de la mer rouge se termine par deux golfes ressemblant à des « cornes » d’escargots. La « corne » de gauche s’enfonce vers l’Egypte. Elle s’appelle golfe de Suez. C’est au fond de celle-ci que sera creusé le canal de Suez. Quant au golfe d’Akaba, c’est la « corne » droite, plus petite, elle est orientée vers le nord-est.

Entre les deux « cornes » se situe le massif du Sinaï.

Au fond du golfe d’Akaba, non loin d’Akaba existe encore les ruines d’Ailana dont l’ancien nom n’est autre qu’Eloth. Nous voilà donc fixé sur ce lieu de départ qui ne soufre aucune ambiguïté.

Pour se rendre au royaume d’Ophir, nos « argonautes » partirent donc en direction de la mer Rouge, de la mer d’Oman, et de l’Océan Indien.

 

Pour le reste du périple, les commentateurs et historiens sont loin d’être d’accord puisque les latitudes varient entre des mers d’hyperborées jusqu’aux mers tropicales et cela évidemment sans se mettre d’accord sur l’identité du port ou ils ont abordé. Ophis est donc, pour l’instant, un lieu sur roulettes !  Mais ce n’est pas une raisons pour jeter l’ancre n’importe où sans essayer de comprendre. Permettez-moi de radoter un peu… je vous préviens pour la énième fois que je vais vous parler de ce que j’ai compris ou cru comprendre.

 

Au moment ou le texte biblique précédemment cité fut rédigé, nous sommes vers les années 960 avant J-C. Salomon est au faîte de sa puissance. Il étend sa domination de l’Euphrate à l’Egypte. C’est le moment ou il achève la construction du temple de Jérusalem et il n’a pas encore reçu la visite de la reine de Saba qui le fera « craquer ». N’oublions pas que Salomon est « contre les femmes, tout contre » (ce n’est pas de moi, vous le savez), bref, c’est son talon d’Achille…

 

« Salomon s’attacha à elles (les femmes) par amour. Et il avait sept cents femmes princesses, et trois cent concubines ; et ses femmes détournèrent son cœur » (1 Roi, XI, 3)

 

Donc, à ce moment là, l’architecte Hiram « rempli de sagesse d’intelligence et de savoir pour faire toute sortes d’ouvrages d’airain » est encore en vie car il n’a pas entamé la confection de la fameuse mer d’airain que les compagnons, qui l’assassineront, cherchèrent à faire échouer.

La légende d’Ophir est donc concomitante à la légende maçonnique qui caractérise « l’initiation » nécessaire au passage du grade de Compagnon à celui de « maître »... Maitrise, dont il faut rappeler l’actuelle fragilité puisque, comme je l’ai dit dans un précédent article, l’acacia lui est méconnu (au lieu de m’est connu), ce qui lui enlève toute sa validité. Je n’y reviendrais pas.

 

Mais il est un point intéressant à ne pas négliger. Le texte biblique parle de « Matelots connaissant la mer ». Ce genre de navigateur ne pouvait être des juifs qui étaient de piètres recrues. Ce sont des Phéniciens qui étaient de brillants marins, supérieurs à tous autres navigateurs de cette période de l’histoire. En effet, les Egyptiens, les Grecs et les Juifs étaient de misérables caboteurs qui ne s’éloignaient pas trop des côtes alors que les phéniciens s’aventuraient hors de vue du littoral pour se rendre au-delà des limites du monde connu, dans ces océans ou personne n’osait et ne pouvait les suivre. Commerçants, ils savent qu’en allant toujours plus loin, on ne pourra aller ou ils vont, ce qui leur permet d’acquérir de nouveaux marchés. Leur connaissance de la mer les pousse à confectionner des navires à haut bords capables d’affronter l’océan. Ainsi ils connaîtront l’océan Indien, l’Atlantique et le Pacifique pendant que les autres peuples resteront timides et ne quitteront pas le giron sécurisant des côtes.

 

Ophir, le pactole des Nababs et Maharadjas ?

 

Les textes bibliques nous disent :

 

« Les navires d’Hiram qui amenait de l’or d’Ophir, apporta d’Ophir du bois d’almuggim (santal) en très grande quantité, et des pierres précieuses. » (1 Roi X, 11)

 

La cargaison de pierres précieuses ne renseigne pas beaucoup sur la situation géographique d’Ophir, mais le santal désigne diverses essences végétales qui, en dehors de l’Océanie, appartiennent surtout à la région indienne.

Ophir était-il donc un port ou une région de la péninsule hindoue ?

L’hypothèse n’a rien d’invraisemblable, car il est démontré que les phéniciens ont osé perdre de vue les côtes et traverser la mer d’Oman qui sépare l’Inde de l’Arabie.

On situe généralement la ville antique d’Abira, aux bouches de l’Indus, comme étant l’un de leurs comptoirs ou ils entreposaient les marchandises provenant de l’intérieur.

D’ailleurs, l’Océanie n’est pas elle-même en dehors de leur route maritime, puisqu’on a trouvé à Bornéo des témoignages de leur passage, sous forme d’inscription vieille de quatre mille ans.

Alors pourquoi aller chercher plus loin ? Abira, Ophir sont des noms qui se confondent. Ainsi beaucoup d’auteurs sérieux arrêtèrent là leur investigation.

 

Il semble plus prudent qu’avant d’affirmer que ce lieu est Ophir, il est sage de procéder à un supplément d’enquête.

 

Ophir ? Mais c’est le Pérou !

 

Un linguiste, abusant de la langue des oiseaux, affirma, non sans légèreté, que l’Ophir est la côte d’Amérique du sud sur le versant du Pacifique.

Cette localisation s’appuie sur l’ordre des deux syllabes qui composent ce nom : Ophie = Phiro. Et Phiro, n’est-ce pas exactement le même mot que Pérou. Le Pérou, c’est l’Orphir…

« Peut-être ben que oui, peut-être ben que nom ». Il me semble que malgré un intérêt qui reste à définir dans sa prolongation cabalistique, cette hypothèse reste tout de même, excusez l’expression, « A deux balles ! »…

L’or du Pérou ! Va falloir que je creuse un trou dans la place royale du Peyrou à Montpellier, on sait jamais ce qu’il y a dessous (elle est bizarrement surélevée) et si le port de Latte, cher au richissime Jacques Cœur, était Ophis… A vos pioches mes frères !

 

L’Ophir est une cité mystérieuse du Mozambique ?

 

Quand les Portugais abordèrent les côtes du Mozambique (je rappelle aux ignorants de la géographie, comme tout bon français que se respecte, que le Mozambique est un pays d’Afrique qui borde le canal du même nom séparant l’Afrique de Madagascar) et pénétrèrent dans l’intérieur, ils découvrirent le pays du Monamotopa, qui lui-même, aujourd’hui, prend figure de légende et ou s’élevait des ruines grandioses dont on ne savait rien, à cette époque, de leur mystérieuse antiquité. Le Monomatopa est le nom porté par le chef d’un vaste empire Bantou. Il signifiait « seigneur des mines », notamment mines d’or que les Portugais exploitèrent.

Plus tard les explorateurs pénétrèrent à 300 kilomètres des côtes (à partir du ports de Sophala) et découvrirent, les vestiges d’une importante cité pourvue des ruines d’un temple elliptique de 60 mètres sur 80, d’une tour de 12 mètres de hauteur, le tout composé d’épaisses murailles composée d’assises de granit, le tous décoré de symboles liés à un culte solaire similaire à celui que pratiquait, 3000 ans avant notre ère, les peuples sémitiques du Proche-Orient.

Par la suite on découvrit des ruines analogues dans la même région auxquelles les indigènes donnaient le nom de Zimbabyeh. Il s’agirait des vestiges de la capitale dont la grande richesse consisterait en ses mines. Dernière information : le nom Zimbabyeh signifierait « résidence royale ».

Le fait que ces constructions soient de pierre prouve qu’elles ne sont pas l’œuvre des peuplades indigènes de l’actuelle Afrique du Sud, puisqu’elles ignoraient ce genre d’architecture.

Une civilisation bien plus développée a donc occupé ces territoires autrefois.

Qui était-elle ? D’où venait-elle ? Qu’est-elle devenue ? Autant de questions auxquelles on ne peut ignorer l’intérêt mais ces interrogations restent sans réponse.

 

Des études archéologiques montrèrent que ces monuments remontent à l’époque de l’expansion phénicienne. D’où la probabilité d’être en présence des vestiges de l’opulente Ophir car on retrouve là la présence d’anciennes mines abandonnées ainsi que de fourneaux pour le fusion du métal, ainsi que d’autres indices qui semblent confirmer la recherche et l’exploitation de l’or.

Si l’on dit : Zimbabyeh = Ophir, la question est-elle réglée ? Et bien non !

 

Ophis est Ouphas dans le golfe du Bénin ?

 

Les textes bibliques soulignent certains points qui rendent caduques les suppositions précédentes quant à la localisation du fameux Ophis.

En effet, au verset 22 du chapitre X (1 Rois) on peut lire :

 

« Car la flotte de Tharsish qu’avait le roi, tenait la mer avec la flotte de Hiran ; une fois tous les trois ans le flotte de Tarsis venait, apportant de l’or et de l’argent, de l’ivoire, et des singes et des paons. »

 

Ce document semble confirmer l’interprétation précédente. Cependant il risque, pour plusieurs raisons, d’orienter vers une fausse piste.

Si on accepte cette citation sans contrôle on peut  prendre Tharsish pour le propriétaire d’une flotte de bateau alors qu’il s’agit du nom d’un port puisque Tharsish sera plus tard (en grec) Tartessos.

Si l’on considère les paons, les singes et l’ivoire, cela laisse supposer que l’Inde est privilégiée. Les singes y sont communs ; les éléphants, actuellement repoussés vers le golfe du Bengale pouvaient exister alors jusqu’à la côte ouest. Quant au paon, ils sont incontestablement d’origine Indoue.

Sur un seul mot tout va se jouer et faire changer radicalement l’orientation des recherches.

D’après les spécialistes le mot hébreux Thukkijjim = les paons, a été lu et transcrit à tort en lieu et place de Sukkijjim, qui signifie esclaves ! A partir de là, tout change !

Il est incontestable que les esclaves ne viennent pas de l’Inde mais de l’Afrique. De même les éléphants d’Afrique ont une ivoire supérieure à celle de l’inde. Quant aux guenons africaines elles ont toujours été mieux appréciées que les macaques asiatiques…

Cela permet de découvrir une nouvelle Ophir autre que celle du de l’Inde et du Mozambique. Il s’agit du golfe de Guinée. Trois lieux ou les marins Phéniciens devaient exercer leur trafic. Mais la côte des esclaves, qui ne date pas le la découverte de l’Amérique, a fort probablement abrité la seule et unique Ophir. Actuellement la ville d’Ife qui fut Ouphas, fut certainement l’unique Ophir, cette seule permutation de voyelle (chère eux hébreux) est des plus significative. Ouphas et Ouphir sont identiques…

Toute cette contrée, on le sait, est le « pays de l’or » légendaire d’où l’on exportait le précieux métal dès la plus haute antiquité. Ainsi, le Ghana était appelé par les anglais : « Gold Coast », « la côte de l’or ». De cette côte on exportait aussi l’ivoire, les singes, les esclaves nommés dans les textes bibliques.

Somme-nous parvenu à la découverte ultime ? Evidemment non car Ophie était un port, il reste à découvrir les endroits ou les mines du roi Salomon s’ouvraient et peut-être aussi les tonnes d’or dissimulées en attendant leur transport vers le golfe de Guinée. Longtemps une sorte de gardiennage a subsisté en ce lieu, puisque des juifs africains pratiquant encore la religion de Salomon furent découverts récemment en « Ethiopie ».

 

En guise de conclusion.

 

La légende nous dit que des gnomes (c.f. gnose) participèrent à l’érection du temple de Salomon, ce qui signifie que la gnose (alchimie) joua un rôle non négligeable dans la fabrication de l’or, ce que j’ai mis en évidence à propos d’Hiram et de son triangle d’or. En effet, l’or alchimique ne peut être utilisé que de deux manières, l’une pour des œuvres philanthropiques, comme le fit St Vincent de Paul, l’autre pour les temples sacrés, ce que fit Salomon et firent aussi des prêtre en hommage à leur Dieu, car l’alchimie est la chimie de Al ou chimie de Dieu disent les cabalistes.

Je voudrais revenir sur ce passage de le Bible :

 

« Et le poids de l’or qui arrivait à Salomon dans une année était de six cent soixante six talents. » (1Roi X, 11)

 

Ces 666 talents correspondent au chiffre de la bête comme le dit Saint Jean :

« Personne ne peut acheter ou vendre sinon celui qui a la marque, le nom de la bête, ou le nombre de son nom. Ici est la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête, car c’est un nombre d’homme ; et son nombre est six cent soixante six. »

 

Vendre, acheter fut toujours lié à l’or, dont on connait la malédiction qui pèse sur lui à un degré tel que Paracelse et d’autres alchimistes méprisent ceux qui ne jurent que par lui… Les mines du roi Salomon sont introuvables sans un acquis bien rare en nos contrées : la sagesse. Ne soyez donc pas surpris de la crise que traverse notre secteur financier ou l’avenir des hommes est entre les mains de « branleurs » qui ne jurent que par le fric.

 

Etre sage c’est déjà être immensément riche.

 

Merci d’avoir lu cet article jusqu’à le fin.


P.S Je demande à Henri L de M. de bien vouloir m'écrire par le lien qui est en bas de page.

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 18:44

 

Pour bien des gens, la croyance au trésor de Rennes le Château est une nécessité bioénergétique de la pensée, une sorte de drogue psychotrope stimulant la sphère intellectuelle et affective sans laquelle ils dépériraient et cela, indépendamment de la qualité et quantité de vérité dont on les perfuse.

 

Il est même des déséquilibrés chroniques qui tiennent debout grâce à cette passion qui s’inscrit dans la morbidité de leur psychisme. Ces perturbés, que j’ai eu l’occasion de croiser, en retirent un bénéfice non négligeable puisque cette passion dévorante a l’immense mérite de  leur éviter l’hôpital psychiatrique.

 

Souvent la recherche de ce trésor est une des formes d’illusions tournant à l’idée fixe chez ceux qui en sont le jouet et qui veulent absolument le rester dans un flirt indécent avec le mystère car la vie quotidienne leur semble pauvre à en mourir. C’est là évidemment une apparence car la vie est merveilleuse et n’a pas besoin d’un supplément d’âme. La démarche trésoraire à le don de plonger ces individus dans un univers ou leurs désirs élabore une « réalité » factice dans laquelle ils restent piégés.

 

En effet, il est difficile d’expliquer autrement la persistance de certaines convictions qui sont des superstitions pures et simples. Je dois dire que je fus, durant ma jeunesse estudiantine, piégé car cette histoire qui constituait une échappatoire de la lourde atmosphère studieuse, harassante et surtout hyper rationnelle par son contenu scientifique poussée à son paroxysme. Point de commentaires hors des strictes limites du totalement prouvé !

D’une extrême passer à l’autre où les hypothèses les plus farfelues s’entrechoquent est dépaysent au possible mais reste essentiellement délassant.

Evidement les choses ont changées. J’ai laissé tomber cette histoire pendant longtemps, jusqu’à trouver une manière satisfaisante, – pour mon esprit évidemment,– de l’aborder. Il a fallu acquérir une suffisante lucidité afin de pouvoir s’évader sans problème de ces sortes de lieux communs qui constituent le « fond de commerce » de cette histoire rocambolesque mise en place par des « pionnier » dont la crédibilité est essentiellement  bancale.

 

Depuis l’œuvre talentueuse de Gérard de Sèdes (1958), les angles de recherches se rétrécissent et les sujets montrent des signes tel d’épuisement que les auteurs traitent des hors sujets de plus en plus broussailleux ou alors se « pompent » sans vergogne les un les autres pour tenter de soulever quelque insignifiants mystère.

Mais le plus fréquent est la tricherie liée au mensonge qui s’avère nécessaire pour relancer la machine à rêver en inventant de nouvelles preuves. Dans ce genre de prouesse s’est particulièrement illustré le Prieuré de Sion, secte prestigieuse n’ayant jamais existée, mais dont les « accros » au frisson du merveilleux perpétuent une existence fantomatique qui reste à l’image de ses promoteurs quelque peu marécageuse, mais dont les miasmes malodorants et sulfureux restent toujours dangereux pour la santé.

 

C’est sur cet univers fantasmatique que c’est appuyé l’auteur du livre Da Vinci Code qui devin best seller et relança cette histoire aux quatre coins de la planète. Bourré d’erreurs et de mensonge pourtant démontré par divers livres et émissions de télé. Malgré cela, ce livre  poursuit sa carrière en qualité de « bible » de l’histoire secrète de notre pays. Des agences de tourisme déversent leur bus d’américains admiratifs sur le sommet aride des Corbières ou niche le village de Rennes le Château.

Un jour j’ai vu une jeune anglaise en extase sur la tour Magdala construite par le curé. Elle cherchait un champ vibratoire pour établir un contact avec je ne sais quelle entité. Je sais que l’invisible existe, mais l’imbécile aussi ! Nul n’est besoin, comme les zozos, de faire du spectacle ou de s’exprimer avec grandiloquence pour ressentir les choses et agir en conséquence. Soyons assurés qu’en ce domaine les grandes découvertes sont silencieuses !

Les neurones pyramidaux de notre cortex cérébral se comptent par milliards, mais ils sont devenus insuffisants pour renouveler le paysage, et redonner une nouvelle jeunesse à cette histoire centenaire. Cher lecteur, je ne vous mentirais pas en vous disant que cette vieille soupe devient sérieusement rance !

Donc, il n’y a plus d’éléments sérieux pour soutenir une théorie prétendent s’appuyer sur le raisonnable.

Une des directions crédibles est celle de l’investigation sur le terrain. Cela est bien pour parvenir à des éléments neuf, mais l’interrogation qui subsiste reste celle de l’interprétation des résultats qui s’avère être directement proportionnel à la culture et à l’honnêteté de chacun. De plus avec une certaine habileté littéraire, comme l’a prouvé Gérard de Sèdes, il est possible de faire dire n’importe quoi aux résultats. Donc, la recherche sur le terrain prête le flan, tout comme celle documentaire, à une interprétation sujette à caution. Ainsi sont nées moult et moult fausses pistes malgré la bonne volonté des investigateurs et la mauvaise volonté de beaucoup « d’écrivaciers » rêvant de notoriété.

 

Dans toutes investigations la culture du domaine abordée s’avère nécessaire. Ainsi un océanographe ne sachant rien de la mer ne peut que raconter des bêtises. Il en est de même pour tout, y compris pour cette histoire du curé de Rennes le Château.

Mais cette histoire est avant tout humaine. C’est donc par l’homme qu’il faut commencer. Des psy ont donné un verdict si peu peu élogieux qu’il reste à chacun de prendre les jambes à son cou avant d’être reconnu comme triste sire porteur d’une tare psychique incurable. Il est vrai que ces champions de la psyché n’ont pas toujours tord quand ils sont face aux Zozos de ce triste zoo. Sans rire et sans blagues, j’ai entendu un certain 17 janvier une dame, fort honorable, affirmer péremptoirement qu’elle copulait avec les extraterrestres. L’amour dans l’astral est devenue l’amour écolo puisque point de déplacement dans un flux… tendu à l’extrême !

Attention, ne croyez pas que je plaisante, toutes ces histoires sont vraies et se mélangent sans vergogne à celle de Rennes le Château.

 

Des auteurs ont tenté des études astrologiques dont la pauvreté des connaissances n’a rien donné du tout. L’intention y était mais elle n’était pas suffisante. Déjà que l’astrologie est une science oublié ou quelque bribes surnagent loin de pouvoir constituer un corpus sérieux, ce qui arrive de nos jour étaint prévisible : chaque astrologue pratique sa propre astrologie. Ainsi vas-t-on à hu et à dia sur un chemin qui n’existe plus depuis des millénaires. Avec ça étudier une personnalité comme Béranger saunière curé de Rennes le château conduit à l’échec assuré. Ce résultat est confirmé par tout les ouvrages qui on tenté l’aventure. Mais il existe la numérologie et la chronobiologie. Dans cette sorte de connaissance les biographies prennent un relief qui permet d’analyser les seul écrit connu du curé, de comprendre les étapes de sa vie.

La biographie a pour l’instant tous mes suffrages. Aussi je suis curieux de lire le livre d’Aline Ximénès que va être édité. J’ai en tout cas assisté à une conférence convainquant. Evidement cela n’est que mon opinion alors que c’est la votre qui importe.

Cette manière de procéder est un aspect du problème lié à l’interprétation de cette histoire. L’autre est lié aux connaissances ésotériques du curé qui indubitablement était alchimiste. Richart Khaitzine a donné une interprétation. J’en ai donné une autre, c’est à vous de choisir.

Tout cela pour vous dire que peu de rampes d’accès mènent au sommet du mystère. Le point commun à ces chemin est l’approfondissement de la culture humaine et ésotérique. Si vous croyez que j’ai un peu raison, n’hésitez pas, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 10:28

 

En 1931, dans Philosophies vivantes, Albert Einstein disait avec beaucoup de pertinence que :

« La plus belle expérience que nous puissions vivre est celle du mystère. »

La seule migration des anguilles vers la mer des sargasses ou se situe le légendaire triangle des Bermudes pose une interrogation sérieuse, non pas parce que des bateaux ou des avions disparaissent mais parce que aussi bien les courants marins que les « courants » biologiques se rencontrent en un vast tourbillon dont le Gulf stream sort étrangement régénéré après avoir soulevé le niveau de la mer d’une vingtaine de centimètres, et cela en permanence. Oui c’est le seul endroit au monde où tout en étant en mer nous sommes au-dessus de son niveau. Dans ce tourbillon, face aux étranges pyramides à degrés du Yucatan, certains navires ont peut-être été emportés vide de leur occupant submergé après une violente tempête qui attacha quelques sargasses dans leur mâture. Ainsi a pu naître la légende du navire fantôme qui se balade au gré des courants, mais ce ne sont pas les sargasses qui emprisonnèrent le bateau. Ces végétaux sont rares, trop rares pour être des obstacles à la navigation. Par ailleurs une étude botanique montre qu’ils furent enracinés mais que leur support terrestre a un jour disparu.

Disons qu’il y a là mystère, mystère entre niveau de la mer, celui de la migration des anguilles et des saumons et l’étrange présence des sargasses qui surnagent une terre qui leur fut confisquée.

La dogmatique science officielle qui a pourtant constaté toutes ces anomalies ne veut pas se prononcer (je dis bien « ne VEUT pas) car seuls les pontes donnent le feu vert pour publier de pareils résultats. Aucun éditeur scientifique ne saurait déroger à cette règle sans prendre le risque d’être destitué.

 

Mais là n’est pas le cœur du sujet que je voudrais aborder ici. Si les caps qui s’enfoncent dans la mer possèdent souvent par leur nom et leur histoire des dimensions que la géologie ou l’océanographie ne saurait expliquée, il en est de même pour certains golfes.

 

Le cap Finistère de notre Bretagne avec sa baie des trépassés (fin de la vie terrestre) qui marque la fin de la terre laquelle s’enfonce comme un coin dans l’Atlantique est un lieu immuable, à la manière du cap Finistère d’Espagne ou se trouve saint Jacques de Compostelle.

Ce que l’on sait moins c’est que ce qui est actuellement Finistère était lié à l’Angleterre et la Manche n’existait pas. Seul surnage de cet enfoncement le mont Saint Michel. Regardez la presqu’île du Cotentin et son cap de la Hague et peut-être que vous comprendrez…

Ainsi trouvons-nous des alignements de menhir sous-marins aussi important que ceux de Carnac (humez le relent d’obélisques d’Égypte). Ne me dites pas que nos ancêtres avaient inventé les bouteilles de plongée… Ne soyez pas étonné de cet enfoncement récent puisque notre hexagone subit la poussée vers le nord du « radeau africain » qui écrase les Pyrénées d’une manière telle que leurs racines sont plus importantes que celles de l’Himalaya. Toutes ces pressions absorbées ont l’avantage de laisser dormir nos volcans du Massif Central. Jusqu’à quand ?

Certains golfes partagent les mêmes mystères, tel le golfe du Mexique dont je viens de parler. Je voudrais parler du golfe du Lion en méditerranée, dont la phonétique est si proche du pays de Léon du Finistère. Une interrogation subsiste. Pourquoi les grands mystiques qui « voyaient » loin dans l’espace et le temps choisirent ce lieu pour atterrir avec le graal aux Saintes Maries de la mer ?

Pourquoi des siècles plus tard un lieu se mit à attires des hommes et des femmes du monde entier, je dis bien du monde entier, autour de l’énigme d’un humble curé de campagne qui fut curé desservant (au XIXe siècle) du village de Rennes le Château ? Étrange histoire ou le porteur du Graal ainsi que Marie-Madeleine reprennent vie au-delà des arcanes du temps. Socialement cela peut s’expliquer par une littérature magistralement orchestrée. Mais au-delà de ce phénomène subsiste l’interrogation essentielle : « Pourquoi les chercheurs ne se lassent jamais ? Pourquoi certains de plus en plus nombreux découvrent au-delà du trésor l’existence d’un trésor qui les concernent intimement ? » En ce lieu des corbières, qui abritait le centre initiatique pré-christique des corbeaux, la terre est parsemées d’abbaye : Alet-les-Bains, Saint Hilaire, saint Papoul, Rieunette, Lagrasse etc. Tous sont de véritables caps s’enfonçant dans les cieux. Vous voulez mon opinion ? La voici dépourvue de fioritures. Cette attraction a pour rôle de faire prendre conscience à l’humanité du sens réel de la spiritualité INDEPENDANTE DE LA RELIGION. En ce sens si vous voulez comprendre je vous renvoie à l’ouvrage d’Aline Ximénès qui a su montrer le rôle de cet homme, sa véritable dimension liée au futur des humains. Et croyez-moi si vous le pouvez, ce n’est pas un coup de pub car il y a longtemps que je connaissais ce processus, mais cette dame a sue le formuler à travers sa connaissance des cycles universels. Je m’arrête là car je risque d’être accusé de plagia ! ! !

 

Fin du délire.

 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 08:32

© Léon Gineste.2010.

Chez les puristes le dernier article a soulevé une certaine curiosité à propos du gallicanisme qui manifestement n’était pas connue par beaucoup. Devant certaines confusions il m’a semblé opportun de répondre ici à certaines interrogations de la part de mes correspondants privés.

 

D’abord je dois souligner énergiquement que la tournure d’esprit, l’attitude gallicane, est une indépendance LEGITIME non une hostilité, à l’égard de l’Église catholique.

 

Pendant longtemps le patriarche latin de Rome n’était pas pape. C’était un patriarche comme les autres puisque le Concile de Nicée (325) déclara l’égalité des 4 patriarches qui sont : celui de Jérusalem,  d’Antioche, d’Alexandrie et de Rome. Je répète que cette égalité est le résultat d’une consultation démocratique et donc la seule valide pour une Ecclésia qui se respecte.

 

Si par la suite le patriarche Romain est devenu pape, ce n’est pas par une décision de l’Ecclésia, mais par l’attitude d’individus isolés dont on est en droit de supposer un comportement tendancieux lié à des manœuvres d’ordre politique. Les premiers qui furent en faveur de Rome comme ville papale furent les Pères de l’Église Irénée et Tertullien. Cependant le patriarche de Rome Calixte Ier était, quand il fut élu, évêque de Rome. De ce fait il bénéficia d’une position exceptionnelle et fit valoir le passage biblique : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirais mon Église… » (Mathieu 16, 18). Ce passage n’était pas considéré par les premiers chrétiens comme une primauté de Pierre. La décision du concile de Nicée le prouve en donnant les mêmes pouvoirs aux quatre patriarches. Ne me dites pas que l’assemblée des évêque était ignare !

Malgré l’opposition de Tertullien et d’Origène, ce simple patriarche Calixte fonde la conception d’une papauté.

 

Ainsi Le patriarche Romain Damase Ier (366-384) s’autoproclamera « pape » malgré les décision de l’Eclésia du concile de Nicée, et s’empressa de faire expurger la Bible, selon ses desideratas, par St Jérôme (Bible qui prendra le nom de Vulgate) pour éviter d’éventuelles contradictions à partir des saintes Écritures…

 

Ne nous étonnons pas si l’annonce de cette refonte des textes sacrés provoqua un tollé dans toute la chrétienté !

 

Tous les Patriarches portaient la tiare et la croix pontificale. N’importe quel livre d’histoire pourra vous confirmer ce que je dis. Évidemment encore faut-il que cet ouvrage ne soit pas écrit par un prêtre romain qui pèche par omission, car ce concile de Nicée est très gênant pour la papauté comme je le montre dès les premières pages de mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale.

 

Je récuse vigoureusement l’anti-catholicisme dont les historiens académiques (souvent ecclésiastiques catholiques) se plaisent à affubler le gallicanisme qui de plus est considéré comme hérétique sous l’étiquette récemment inventée de « conciliarisme ». Cette attitude trahit un parti-pris et une lecture de l’histoire incomplète et nettement biaisée.

 

L’adhésion au gallicanisme celtique est pacifique essentiellement discrète qui s’appuie sur un attachement souple aux règles d’un droit canonique gallican tel qu’il apparaît dans le « STATUA ECCLESIA ANTIQUA », seul texte de gallican pur datant du Vème siècle. C’est aussi l’adhésion à la pratique liturgique des offices religieux qui avaient cours dans l’Église antique et dont la messe était structurée à partir d’écrits alchimiques d’Alexandrie (ce qui laisse supposer une relation avec le patriarche d’Alexandrie « ésotériste » et non avec celui de Rome). Je souligne que la structure générale de l’ancienne messe de St Pie V est d’origine gallicane. Elle se célébrait bien avant que le concile de Trente ne l’impose à toute la chrétienté, cela est confirmé par les ouvrages du juriste Van-Espen, plus particulièrement dans son Droit Canonique Universel (1788). Cette messe n’est plus célébrée depuis 1968 malgré quelques tentatives récentes de restauration.

 

Le fondement du gallicanisme ancien n’est pas sa liturgie mais sa MYSTIQUE source de métanoïa (changement de la pensée). Cela était pratiqué par Béranger Saunière, Mgr Billard, le pape Léon XIII ainsi que la reine Christine de Suède.

 

À l’époque du gallicanisme, qui correspond sensiblement à la période de l’architecture romane, l’Église Orientale et Occidentale vivait sous le même toit. Les ruines de la cathédrale romane d’Alet dans l’Aude en sont un bel exemple avec les décorations orientales qui entourent certaines ouvertures.

 

Cet aspect mystique impose une lecture des textes sacrés non pas selon la lettre mais selon l’esprit. Je rappelle ici les paroles du Christ annonçant l’établissement de son Église :

 

« Le temps vient et il est déjà venu. Que les vrais adorateurs adoreront le Père en ESPRIT et en VERITE, car le Père demande de tels adorateurs » (Jean VI, 21-23)

 

Malgré leur côté rébarbatif, il m’a semblé que ces précisions ne devaient pas rester dans le domaine de la correspondance privée. 

 

Merci d’avoir eu la patience de lire ce texte peu récréatif.

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 10:21

 

© Léon Gineste 2010.

 

Ce que je vais vous raconter n’est pas étranger à l’alchimie, pas étranger aux Roses Croix, pas étranger aux Templiers, pas étranger aux Francs Maçons, pas étranger à l’ésotérisme tout entier.

Soyez persuadé qu’il ne faut pas stationner sur un lieu commun, ça provoque les radoteurs. N’avez-vous pas entendu dire sous le sceau du secret que « tout est un » ? c’est vrai mais encore faut-il se pencher sur la question au lieu de jacasser ! Bon, soit, je suis toujours excessif, mais c’est ma manière d’être expressif. Je ne suis l’ennemi de personne, mais je ne fais pas de câlins. Maintenant que vous le savez, découvrons ensemble, en toute sérénité, la source de la mystique occidentale.

 

Dans la tradition européenne, la réalisation spirituelle des femmes et des hommes s’appuyait sur une culture spécifique harmonieusement « mixée » allant de l’Oural russe à la blanche Albion. Elle se déployait aussi des marches des pays scandinaves au sud de l’Espagne. Ceci étant, bien entendu, une évaluation grossière non dépourvue de dimension « pédagogique ».

 

Quand je fréquentais, non assidûment, le catéchisme dévoreur de vacances scolaires (vous avez vu combien je parle de moi en polisson dépourvu de modestie !). Durant ce « catoch. » supliciaire, il me fallait écouter une vieille grenouille de bénitier me raconter des histoires assommantes. Imaginez des enfants sous les voûtes sombres d’une église romane alors qu’à l’extérieur les cigales n’en pouvaient plus de chanter la gloire au soleil ! Un supplice je vous dis ! Cela se passait dans l’église St Paul Serge de Narbonne.

Un jour le curé, homme bedonnant Bourré de culture, nous dit d’un ton doctoral : « Vous êtes l’ecclésia ! ». Ce mot « chinois » acheva de couler mon moral déjà en perdition car dans tout ce que l’on me racontait je ne savais plus où était le lard et encore moins le cochon.

 

L’ecclésia, qu’est-ce que c’est ?

 

L’ecclésia est un mot grec qui désigne l'Assemblée Générale de tous les citoyens. C’est une association d’individus ayant accepté non pas une croyance, mais des règles pour vivre harmonieusement ensemble, comme dans tout état.

Décrire le fonctionnement de l’ecclésia c'est parler de l'instance démocratique par excellence, celle dans laquelle la parole de tous les citoyens est établie, et par laquelle ils peuvent agir directement sur le destin de leur groupe, autrement dit sur le leur.

 

L’ecclésia est donc un espace de discussion et de décision qui n’a pas de rapport avec un pouvoir de nature hiérarchique.

Étymologiquement, chacun des membres de l’ecclésia est un ecclésiastique, évidemment sans être curé ou évêque ! Et là nous comprenons immédiatement que l’Église a « abusé » de ce terme, car tout membre de l’ecclésia des chrétiens n’est pas ecclésiastique puisque les ecclésiastiques constituent une hiérarchie d’ordre (clerc, portier, lecteur, acolyte, sous diacre, diacre, prêtre et évêques) et une hiérarchie de juridiction (comme chanoine, cardinal et pape). Mettez-vous bien ça dans la tête : un cardinal ou un pape ne sont que des évêques, rien de plus ! Ils sont à la tête d’une juridiction comme un percepteur est responsable des impôts de mon quartier ou de ma ville ou de mon pays. Je répète : Rien de plus !

 

Tout ce qui précède est un résumé succinct des anciennes hiérarchies ecclésiastiques catholiques avant leur démolition 1968. Ces précisions n’ont pas pour rôle d’empoisonner votre vie avec – comme le dit mon opticien, – des « incidences rasantes ».

Si je vous raconte ça, c’est seulement pour montrer combien les ecclésiastiques rament dans le sens contraire du courant.

D’une ecclésia sans hiérarchie s’est élaboré subrepticement une « ecclésia » d’ecclésiastiques hiérarchisée trahissant la définition et l’esprit du terme. C’est ce que l’on appelle une triche style jésuite.

Cette entorse, coutumière à l’Église catholique, a établi une fausse démocratie qui permet aux ecclésiastiques d’affirmer que l’assemblée des fidèles constitue « l’ecclésia » de l’Église. C’est pourquoi le prêtre se tourne vers les fidèles (rien de plus important que de s’autogratifier) lors de la messe, histoire de tourner le dos à la lumière du soleil levant, reflet du Christ.

 

Quelle acrobatie sémiotique ! Vous êtes l’ecclésia chers frères, mais je suis votre pasteur et l’évêque et le pape mon supérieur ! Ensemble nous sommes l’ecclésia qui constitue l’Église. Ça c’est jésuitique à l’état pur ! Que les politiques les plus pervers apprennent la leçon. Ici un coup de casquette en passant à notre très compétent ministre de l’écologie qui a fait passer le noir au bleu… quel virtuose ! Ben oui, l’Église procède de la même manière et Béranger Saunière, curé de son état, en fut le témoin. J’en parlerais plus bas.

 

Si j’étais un prof de français, je ferais, certes, moins de fautes d’orthographe, mais surtout je rayerais d’un gros trait rouge ces affirmations sur « l’ecclésia » avec un « faux » dans la marge souligné trois fois et une bulle comme notation !

 

Ne nous croyons pas sorti de l‘auberge puisque les doctes avec leur connaissance livresque (doctus cum libro) sauront nous faire avaler des couleuvres puisqu’ils sont capables, à l’instar de tous politiques experts en rhétorique, de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

Restons en là. Finalement c’est à vous de juger si vous êtes roulé dans la farine ou non.

 

Tout ce que je viens de dire permet de comprendre pourquoi l’Église primitive des Gaules, où Église gallicane, plaçait l’autorité des conciles au-dessus de celle du pape, respectant ainsi la démocratie liée à l’ecclésia, ce qui faisait de cette assemblé de chrétien de véritables ecclésiastiques. Cette dimension n’a jamais existé autrement que verbalement au sein de l’Église Catholique.

 

Mais d’abord définissons le gallicanisme des gallicans que nous devrions être, mais que l’Eglise catholique a expurgé de la tête de nos pères par des procédés plus ou moins fallacieux.

 

Généralement l’origine du gallicanisme est assimilé à une prise de position, vis-à-vis du pape par le roi Charles VII.

Les conciles réunis à Constance (1414) puis à Bale (1431), voulurent retourner à l’ecclésia. Ils affirmèrent leur supériorité sur le pape et exigèrent le retour à l’élection des évêques et des abbés… Par ailleurs le roi devenait le chef de l’Église de France. Les conciles lui remettaient leur compte rendu que le monarque remettait au pape. Je n’insisterai pas sur cet aspect dont vous pouvez trouver des développements dans les livres d’histoire.

 

Le véritable Gallicanisme est plus ancien que les évènements ayant provoqué la publication par le roi de la Pragmatique Sanction de Bourges (1438), pragmatique qui décida de prendre des décisions en démocratie excluant la dictature du pape.

Il est trop souvent passé sous silence dans les histoires de l’Église de France rédigée par des prêtres qu’à l’occasion du concile d’Orléan, en 511, Clovis présidait et les conclusions du concile lui furent remises, et non au pape. Ce qui signifie qu’en réalité le gallicanisme est inséparable de la naissance de notre pays !

 

On est l’ecclésia ou on ne l’est pas, telle était la véritable question. Et non uniquement une histoire de gros sous que le pape exigeait des ecclésiastiques de notre pays à un degré tel qu’ils devaient tout vendre, y compris nous dirent les documents (voir mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale) leurs vêtements sacerdotaux, leurs calices et… les tuiles de leur toit ! (authentique).

 

Pour fixer les idées disons que l’Église des gaules était une ecclésia réellement démocratique et que l’Église catholique était dictatoriale et l’est encore. De plus elle était buveuse d’impôts démentiels.

 

C’est pour essayer de redonner le pouvoir au souverain pontife et donc de détruire l’idéal gallican, qu’il fut décidé en 1870 à l’occasion du concile Vatican II de promulguer une monumentale absurdité : rendre le pape infaillible !

Vous voyez, le petit monde de la calotte ne recule devant rien. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Cependant l’interdiction du préservatif peut tuer. Meurt en paix mon enfant, ça te fait grimper au septième ciel ! La proclamation de ce dogme qui a de quoi laisser pantois permet de comprendre l’anticléricalisme et la virulence antidogmatique de la plupart des  centres d’ésotérismes, plus particulièrement l’aile « gauche républicaine » de la franc-Maçonnerie.

 

La fille aînée de l’Eglise.

 

La véritable Église gallicane est la fille aînée de l’Église.

Ce n’est donc pas l’actuelle Église de notre pays qui n’est plus française depuis 1905 : Seigneur, d’avantage pro romaine tu meurs !

Donc, je le répète, l’Église de France actuelle n’est pas la fille aînée de l’Église, mais tout simplement l’Église catholique romaine des envahisseurs (c’est un plagia des aventures d’Astérix le gaulois luttant contre les envahisseurs romains). Ainsi fut détruite l’âme de l’Europe. Tout fut mis en œuvre pour faire disparaître l’Église des gaules y compris en provoquant sciemment des amalgames avec le jansénisme. Manœuvre politique sublime doublée d’une absurdité : l’archevêque de Lyon porte le titre de Primat des Gaules alors qu’il a usurpé ce titre puisqu’il est membre de l’Église romain !

 

Tiens, je vais pousser un coup de gueule gaulois dans le style du grand général Vercingétorix :

« Gaulois, Gauloises que vous soyez de France, d’Espagne, d’Allemagne, de Belgique, du Luxembourg, de l’Italie du Nord, nous avons perdu une bataille mais nous n’avons pas perdu la guerre, résistez à l’ennemi qui nous a volé l’héritage de nos pères si épris de démocratie et de liberté, acceptant la mariage des prêtres et le sacerdoce féminin. Repoussons l'adversaire derrière les alpes et réapprenons notre vie spirituelle débarrassée de tout dogmatisme réducteur. »

Je sais que ce n’est pas beau se plagia du 18 juin, mais ça veut dire ce que ça veut dire. Depuis le temps que personne n’en parle il était temps de débarrasser la spiritualité européenne de ses toiles d’araignée et du poids de l’opprobre injuste et infondé si bien implanté par les cathos collabos à la botte du pouvoir dictatorial du Vatican. Va falloir que je me soigne, maintenant je me suis mis à dos les agents secrets du Vatican !

 

Pourquoi l’ancienne Église de France fut-elle appelée la « Fille aînée de l’Église » ?

Ce titre lui est attribué pour deux raisons essentielle :

La première est que Église établie dans le sud de là Gaule celtique est la plus ancienne de toute la chrétienté. Elle est plus ancienne que l’Église catholique romaine. Avant que l’apôtre Pierre ne s’installe à Rome, arrivèrent les disciples du Christ aux Saintes Maries de la Mer. La fameuse « barque » (qui était en réalité un grand et solide bateau) amena Lazare, Marthe, Joseph d’Arimatie (avec le graal) Saint Marie-Madeleine, Saint Maximin, saint Paul Serge de Narbonne… En plus furent transportées les reliques de Sainte Anne, reçues par le sanctuaire d’Apt. C’est là que les Celtes de Saint Anne d’Auray, en Morbihan, vinrent en recueillir pour leur célèbre sanctuaire et pèlerinage.

 

Le gallicanisme ancien, qu’est-ce que c’est ?

 

Le gallicanisme est à la foi l’Église Celtique et l’Église des Gaules. Première remarque :

 

l’Église gallicane n’est pas uniquement l’Église de France puisque, comme je l’ai dit, le territoire des gaules débordait largement les frontières de notre pays pour englober d’autres nations (ou partie de nations) européennes.

Si vous allez sur Internet ou ouvrez un bouquin sur le gallicanisme, vous serez déçu par le côté uniquement historique ou il est question de bagarre et de gros sous et par une totale ignorance de l’esprit qui donna naissance à ce courant d’idées et de spiritualité qui fit la grandeur de nos pères. Il est vrai que ce genre d’ouvrage est souvent réalisé par des prêtres catholiques, ce qui ne risque pas de nous informer au-delà d’une croyance établie. On ne vote pas contre son propre camp.

 

Il ne s’agit donc pas de parler impôts, régale etc, comme dans  les bouquins d’histoire. Cela a existé, mais n’est pas là spécifié du gallicanisme. Donc en lisant un Que-sais-je ? sur le gallicanisme nous n’avons connaissance que de la partie qui émerge de l’iceberg et nous passons outre la spiritualité européenne qui en est le fondement.

 Il faut être précis : la spiritualité gallicane ne doit pas être confondue avec celle des Catholiques. Soyons conscient qu’il existe une tradition initiatique Européenne, profondément christique non romaine mais issue des plus proches disciples du Christ.

Pour vous situer les choses : Ou que vous viviez, si vous parlez une langue de l’Europe, si vous PENSEZ dans cette même langue, vous êtes de culture gallicane car votre langue est étroitement liée à sa spiritualité sous-jacente qui n’est pas la même que celle de l’Orient.

 

Faisons le point en essayant de ne pas barber le lecteur. On peut dire que les Églises gallicanes actuelles, qui se disent Églises de France, – et que tout un chacun peut découvrir sur Internet, – n’ont pas de spiritualité particulière par rapport à l’Église Catholique. Tout en rejetant l’autorité du pape et en lui préférant l’autorité des conciles, elles sont des adaptations, à partir des canons (règles), de l’Église romaine pour permettre aux femmes d’être diaconesse (pas prêtresse !) et aux prêtres de se marier et de dire la messe de St Pie V qui se disait avant le concile Vatican II.

 

En réalité l’Église Gallicane véritable est l’Église internationale des Gaules, plus exactement l’Église celtique. En effet, comme je l’ai dit, les Gaules ne sont pas uniquement la France, mais pratiquement toute l’Europe. C’est d’ailleurs pour procurer une identité nationale, à notre hexagone, qu’il fut rebaptisé officiellement « France » vers 1190. Donc, redevenez Gaulois et vous serez européen !

 

Le gallicanisme ancien c’est autre chose, tout autre chose. C’est la spiritualité et la mystique de l’Europe. Alors ne vous méprenez pas avec un système de croyances instauré par des religieux voulant imposer leurs prérogatives jusqu’au sein des Églises qui se disent actuellement gallicanes ou catholiques.

 

L’étrange comportement de Béranger Saunière curé de Rennes le château.

 

Les lecteurs qui sont intéressés par l’histoire du curé « aux milliards », savent combien cet ecclésiastique, curé du village de Rennes le château, sis dans le massif des Corbières (jouxtant le Cabardès et le Minervois) du département de l’Aude, fut en conflit avec l’Église catholique, par l’intermédiaire de l’évêque de Carcassonne, Monseigneur de Beauséjour, qui le condamna.

Ce que l’on sait moins, c’est que cet humble prêtre était gallican ! Car à son époque l’Église de France l’était. Et ce gallican de Rennes le Château eut le don, après 1903, d’irriter le Vatican qui tenta d’écraser ce dernier « mohican » qui luttait « encore et toujours contre l’envahisseur ». La bataille entre David et Goliath fut épique et surtout courageuse. Le curé traduisit cet esprit de guerre en faisant construire une tour crénelée préfigurant des remparts en projet ! Il montra qu’il allait se défendre, et il se défendit. Devinez ce qui arriva ? Ce fut Goliath qui creva !

D’habitude on ne sait que penser de la fin de cette histoire, pourtant la victoire de l’abbé est incontestable, car l’évêché de Carcassonne n’hérita pas des biens du prêtre et ce fut une amère déception pour lui car son héritière n’était autre que sa fidèle servante. Aussi l’Église tenta de récupérer cet héritage par des moyens qui ont une odeur de soufre plutôt qu’une odeur de sainteté.

Ainsi, par l’intermédiaire de l’abbé Gau (député de l’Aude) elle passa un marché avec un prisonnier qui collabora avec les nazis. L’abbé Gau le fit libérer contre la promesse (non tenue) de faire en sorte que l’ancienne servante de l’abbé vende à l’Église les propriétés de l’abbé ! Mieux encore, cet individu louche mais à la fortune bien assise, se permit de demander au Vatican, en qualité de démuni, une bourse pour ses enfants. Le cardinal Roncalli (futur Jean XXIII) qui était de passage mena une enquête. Il est évident que l’évêque de Carcassonne fut loin d’être élogieux vis-à-vis de cet individu sans parole ni scrupules qui collabora avec l’ennemi durant la guerre de 39-45.

Encore une foi ce fut David qui gagna puisque la bourse fut accordée par le Vatican. Et oui l’Église avait peur, mais peur de quoi ?

 

Revenons à Roncalli qui, au début des années 50, reçu sa barrette cardinalice des mains du président de la république Vincent Oriol. Vieille tradition gallicane à laquelle le futur pape pourtant italien tint à se plier dans les salons de l’Elysée. Curieuse cérémonie de « l’adoubement » d’un prélat étranger qui ne peut se comprendre que d’une seule façon : Le cardinal était gallican, gallican Italien !

Mais il y a plus encore. Les papes choisissent leur nom bien avant d’être élu par le conclave. Ce nom s’inscrit dans une lignée qui caractérise l’esprit du souverain pontife. Donc, Jean XXIII s’inscrit dans la lignée de Jean XXII, pape français alchimiste qui régna à Avignon. À ce moment l’intronisation du cardinal Roncalli par le président français montre le désir de souligner cette filiation johannique. Dans la tradition autant Rose+Croix que gallicane, l’alchimie s’inscrit dans leur pratique. En cela, Béranger Saunière ne dérogera pas comme je le montre dans mon livre Rennes le Château la carte des trésors.

Voici le marché qu’à pu passer l’individu dont je parles ci-dessus avec Mgr Roncalli.

« Mgr, je n’ignore pas qu’il y a ici une cache contenant non seulement des documents comme les archives de la Compagnie du St Sacrement institué par St Vincent de Paul mais aussi un immense trésor constitué d’or alchimique. Je vous donne les renseignements en ma possessions, et avec ceux que vous avez-vous pourrez accéder à la cache pour puiser dans ce trésor et me verser une confortable pension. Si vous refusez je diffuse les archives compromettantes pour l’Église ».

 

Le futur Pape se trouva confronté à un dilemme : Jamais, au grand jamais de l’or alchimique ne doit être utilisé à des fins autres que philanthropiques.

Pour ne pas toucher à cet or, le futur pape passa outre l’opinion négative de l’évêque de Carcassonne et fit verser à ce sombre individu une pension par le Vatican.

D’ailleurs Béranger Saunière eut la même attitude. Lorsqu’il n’était pas dépourvu d’argent (il faisait construire pour recevoir des prêtres à la retraite), sa soeur lui imposa un choix, soit payer une pension à sa mère avec laquelle il était en conflit, soit la recevoir chez lui pendant six mois (d'après Aline Ximénès en son livre en cours d'édition - éditions Fortuna -  sur Béranger Saunière). Béranger aurait pu payer cette pension mais préféra recevoir sa mère avec qui il était en discorde plutôt que de payer. Cela se passe de commentaire quand à l’origine de son argent. On sait que Béranger était généreux et donc loin d’être radin.

Dans l’histoire de l’Église catholique cela va loin. Quand Jean XXIII fut élu il fit se réunir le Concile Vatican II. Le but était d’instaurer la primauté des évêques sur le pape pour retrouver l’esprit gallican. Il décéda avant d’y parvenir. J’ai montré dans Holoscopie de la spiritualité occidentale que Paul VI refusa d’autorité aux évêques cette suprématie des conciles pourtant voté à 80% !

Le successeur de Paul VI, Jean-Paul Ier, voulut donner aux conciles ce pouvoir. Ce qui lui valut d’être assassiné par les partisans d’une papauté dictatoriale en conflit permanent avec l’esprit gallican des premiers siècles.

Vous comprenez pourquoi l’histoire de ce curé est loin d’être banale et d’avoir livré tous ses secrets. Mais le gallicanisme abhorré était un caillou dans la chaussure du pape qui succéda à Léon XIII. Il fallait à tout prix détruire sa légitimité et pour cela trouver les documents dangereux pour Rome.

Pendant plusieurs années le Vatican et l’évêché de Carcassonne observaient. Béranger n’avait plus la protection de son évêque défun Mgr Billard, ni celle de Léon XII décédé en 1903. Quels pouvoirs avait ce prêtre pour avoir de telles protections ? Pie X, pape conservateur, qui condamna le modernisme qui prônait comme tout mystiques tel saint Bernard et tous les chrétiens qui le précédèrent, que Dieu ne saurait être abordé par la seule force de la raison qui s’avère stérile en ce sens. Cela donna la part belle aux théologiens spéculateurs et surtout fut un barrage à l’émergence de la mystique gallicane.

Toute les issues bouclé, il fut donné l’ordre à l’évêque de Carcassonne d’attaquer le « dernier des mohicans » sous n’importe quel prétexte. Je vous renvoie aux ouvrages sur Rennes le Château pour connaître la suite de cette histoire qui commence ici à devenir un peu longue pour un petit article.

Vous avez maintenant de quoi réfléchir sur bien des choses à propos de l’énigme Saunière dont vous venez de lire un extrait qui est inclus dans mon troisième livre sur le sujet.

 

Je vous souhaite à toute et à tous un joli mois de mai.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 06:51

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La médaille d’argent revient à l’article : LE NOMBRE TROIS Chez les Francs-Maçons & les Roses+Croix, avec 303 visites.

 

La médaille de bronze revient à : PLANCHE… A TRACER, alchimie & Franc-Maçonnerie 2, avec 211 visites.

 

La médaille en chocolat revient à : LETTRE OUVERTE aux FM de bonne volonté avec 209 visites.  

 

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