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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 20:37

 

© pour tout le blog.

Je me suis levé tard ce premier janvier après avoir discuté âprement de problèmes liés à l’Anthropie et à l’évolution des espèces, pas celle de Charles Darwin ni celle de la Bible. Décidément pas de repos pour le guerrier fatigué et toujours pressuré ! Mais ce fut un repas de réveillon du nouvel an très agréable. Merci à la cuisinière Claudine qui dit souvent avoir loupé ses plats alors qu’elle nous régale ! Je sais qu’elle me traitera d’hypocrite, mais qu’elle soit rassurée car je persiste et signe. Nous avons non seulement bien mangé et… bu, mais surtout beaucoup gambergés sur la trame du futur roman de mon ami Jean-Pierre dont le nœud papillon m’hypnotisait car voyez-vous je ne sais même pas faire un nœud de cravate ! Lui est homme du monde, hélas, moi pas. Il a toute la prestance qu’il faut, moi je ne l’ai pas. Je suis un chien dans un jeu de quilles. C’est sûrement regrettable de ne pas savoir jouer comme l’exige la société et pour aggraver la situation, je ne suis pas mélomane puisque je confonds du Mozart avec un tir de mitrailleuse. Bon, ça va j’exagère un peu et peut être beaucoup ! Ce qui me rassure tout de même, quant à ma marginalisation, c’est qu’Albert Einstein était hisute, tirait la langue et ne mettait pas de chaussettes !

 

Allez, je vais vous révéler un secret. Mon armoire contient de vieilles cravates toutes nouées prêtes à l’emploi dans le but de me rendre présentable illico presto devant une notoriété qui me réclame. Heureusement cela n’arrive jamais et j’en suis fort aise. Soyons net : dans ma grosse normande il y a plus de cravates pré-nouées en dormissions attendant leurs services pour orner le col de mes chemises mal repassées. Pour éviter cette déchéance de ma notoriété j'achète des chemises qui restent impec quand on ne les repasse pas. Mes amies me disent toutes que je ne suis présentable que sous le nom de clodo, ou de mendigot. Tout ça pour vous dire que je ne suis pas aimable du tout et encore moins sortable. Comme en plus je n’ai ni l’age ni la geule pour être sélectionné à Hollywood, vous voyez le tableau mesdames ! Quelque part ça me réjouit, non pas parce que je suis fier de ma prestance quelque peu médiocre et probablement répréhensible, mais parce que je me demande parfois si c’est moi ou la société qui doit changer. Je sais depuis l’école élémentaire que la juste raison fuit toutes extrémités. Sans vouloir édicter une loi universelle il semble que de nos jours seules les extrémités sont occupées et elles jouent à la balançoire. Comme le disait mon humoriste préféré « Ma poule, c’est normal le coup de la balançoire puisque tout le monde s’en balance ! »

 

Ne buvant habituellement que de l’eau la première coupe de champagne m’a rendue bavard comme une concierge pipelette qui fut abandonnée pendant trois mois sur une ile déserte. Imaginez, après cet exil, la diarrhée verbale... à maintenir à distance comme un chien qu'on amène à la fourrière ! Maintenant que je prends le temps de respirer avant de parler, je dois vous confier mon désarroi devant les conversations amicales et les messages reçus dans mon blog.

 

 

Ceux qui m’écrivent me posent de multiples questions sur le grand œuvre alchimique auxquelles je ne réponds pas toujours. Soyons net : s’ils veulent progresser en alchimie ils sont à côté de la plaque, bien à côté, car ce n’est pas du tout la manière de procéder.

Outre qu’ils oublient que je corne à qui veut l’entendre que je ne suis pas un enseignant, ils n’entendent dont rien. Ils sont sourds. Que voulez-vous dire à ces handicapés ? Certes, je puis concevoir les bonnes intentions, mais encore faut-il ne pas s’arrêter à la dimension mystérieuse, paranormale, étrange. Pour donner le frisson du mystère il existe des blogs beaucoup plus appropriés. De tout ça, j’en ai rien à battre (excusez mon franc parler), et tout alchimiste, quelle que soit la voie qu'il adopte, qui entre dans ces considérations a des soucis à se faire pour sa future réussite. Tel est le chant des sirènes qui ne lésine pas sur les amplis.

La question fondamentale consiste à s’interroger sur la manière dont cet enseignement se dispense. Réalisons qu’il ne saurait être identique à celui des académies dont l'orientation pédagogique est unilatérale. Il est essentiel de bien s’en convaincre, car l’alchimie n’est pas une science matérialiste alors que l’enseignement que nous recevons dans nos Universités est adapté à l’acquisition et à la compréhension de la science actuelle. À but différent enseignement différent. Si dans les universités vous avez un prof qui vous raconte un cours, en alchimie le cours n’existe pas, l'elève doit le découvrir par ses propres moyens. L'apprenti alchimiste est autodidacte, Il apprend seul tout en étant guidé. C'est l'un des sens des labyrinthes des cathédrales. Fini le jeu de l’éponge qui absorbe tout ce qu’on lui dit, fini l’exercice du perroquet qui récite bêtement ce qu’on lui a appris. Le rôle du prof est d'établir une relation de confience non dépourvue d'affection et de dire seulement si ce que l’on a découvert est bon. S’il ne dit rien il faut continuer à travailler, mais l'accompagnateur veille à la manière d'un parrain (pas celui de la maffia). Et une loi est capitale et conservée depuis des millénaires : L’étudiant ne doit jamais poser de questions ! Seul le prof a le droit d’interroger et généralement il met le doigt là où ça fait mal !

Aussitôt qu’il commence à être enseigné un élève sait une chose capitale : les connaissances alchimiques ne sont pas pour sa poire (incurable!) et encore moins pour pavaner. Dès le début il cherche la perfection dans ce qu’il apprend car son rôle essentiel sera de transmettre l’alchimie à d’autres et de ce fait il doit TOTALEMENT posséder son sujet, toutes les subtilités, toutes les variantes.

Voilà pourquoi l’élève fait une promesse de silence non pas à son enseignant, mais à celui qui a mis sur sa route une pareille merveille. Si un petit rigolo (indécrotable !) se sent transformé en maître à la suite d’une étincelle dans un fusible usagé, ou si l’on veut, s’il a pété un plomb, le magistrat qui décide de son sort ne dépend d’aucune société.

Dans cette formation, les connaissances que l’on a acquise dans le domaine de l’ésotérisme peuvent un jour servir. Cependant il est un obstacle pratiquement insurmontable, c’est celui de ramener ce que l’on a appris en alchimie à ce que l’on vous a enseigné par ailleurs. Quand on apprend en comparant on court vers un échec lié au conditionnement qui rattache à autre chose comme un élastique, ou fil à la pate, qui ne donne qu'un petit degré de liberté illusoire. En bref, c’est quand on a terminé la formation que l’on peut comparer en toute lucidité.

Comme l’étudiant compulse des auteurs de toutes les périodes historiques, il doit s’évertuer à bien se souvenir qu’un texte de l’époque de Louis XIV ne peut s’interpréter avec l’esprit du XXIe siècle. De ce fait les dictionnaires d’ancien français s’avèrent nécessaires et la fréquentation de quelques textes d’époque, permettent d’éviter des erreurs monumentales. Les interprétations du travail de l’alchimiste abordées avec les idées des chimistes actuel caractérisent un mélange absolument indigeste et sans portée réelle. Cette démarche, par ailleurs honnête et bien intentionnée, est illustré par Pierre Laszlo dans son petit livre Qu’est-ce que l’alchimie édité chez Hachette en 1996.

Intituler un livre Qu’est-ce que l’alchimie ? en réduisant cette définition à 143 pages d’un carnet alors que Fulcanelli et Canseliet on consacrés plus de dix ouvrages et de multiples articles à établir cette définition sans compter les multiples livres des anciens, il y a de quoi s’interroger sur le bien fondé du texte ainsi présenté. André Savoret a écrit un article portant le même titre que le livre de Laszlo en étant parvenus à circonscrire son sujet car il savait de quoi il parlait.

Dan Brown dans son livre Le symbole perdu a fait connaître au  grand public la noétique, qui est un changement de direction de la science matérialiste vers une dimension spiritualisante ou l'étude des textes anciens prend une couleur déjà mise en exerge par la gnose de Priceton écrit en 1974 par Raymond Ruyer.
Ne soyez pas leurré par les avancées matérialistes dans le domaine de l'hermétisme car les travaux au laboratoire alchimiques et autres doivent leurs réussites au travail sur l’alchimiste. Donc, que les choses soient claires: un scientifique fut-il oréolé de notoriété peut se brosser (c'est pas littéraire ça) pour découvrir quelque chose d’important avec l’esprit matérialiste.

Pour terminer je me permettrais de dire avec la prétention d’usage que Dan Brown a fait des progrès en symbolisme depuis son Da Vinci Code, et que son œuvre très critiquable est plus importante, sur le plan social, que l’on croit généralement. Ceux qui savent voir les répercutions au-delà des imperfections comprendrons aisément.

 

Je terminerais pour vous dire que mon prochain article sera retardé car j’entre dans une période dormance (comme les arbres) car mon travail ne me permetras pas durant deux semaines au minimum de vous raconter des histoires. Nous sommes dans un monde où tout est compressible y compris les hommes, d'où les crêpes de la chandeleurs, fête dont le pendant laïque est la fête du travail laquelle aurait du avoir lieu le premier avril mais on n'a pas osé pour ne pas avoir l'air de noyer le poisson (tout ça, c'est faux ! ! !) Mais le temps ne se réduit pas en crèpe. Lui reste immuable. et ne se mange pas mais on peut le perdre, ce que je ne vous conseille pas . Je vous dis à bientôt en vous promettant de répondre à vos commentaires.

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 15:32

 

Mon filleul Mickaël 7 ans, se promenait en ma compagnie sous l’ombre fraîche des platanes. C’était à cet endroit du village de Grabels où surgit une source d’eau fraîche qui fait d’autant plus la joie des enfants que parfois surgit de la verdure des berges de la Mosson, un héron cendré au vol majestueux. Les ailes bien étendues, il glissait superbe sur le ciel en occupant la quasi-totalité du zénith bleue, là où les arbres des rives rapprochent leurs cimes. C’était un spectacle qui allumait invariablement chez l’enfant une étincelle d’émerveillement. Il lâchait alors ma main pour partir en galopant sur les traces de cette beauté du ciel qui disparaissait bien vite dans le secret d’une rive, au grand désappointement de cette frimousse avide du spectacle de la vie.

Il revenait vers moi quand passa une vieille femme courbée, au visage fermé. Elle ne répondit pas à mon bonjour discret. L’enfant s’arrêta et lui dit haut et fort un « bonjour madame » cristallin qui sembla remuer jusqu’aux plus dures écorces des vieux chênes. La femme s’arrêta, brusquement immobilisée sur la pente de sa destinée. Je me souviendrais toujours de ce moment étrange, ou l’être écrasé par son devenir se redresse physiquement puis se retourne vers l’enfant qui lui souris et marmonne hébétée sous la surprise « On m’a dit bonjour ! ». Et là le miracle se produisit. Ce visage fermé se transforme en sourire émerveillé où brille une larme provenant je ne sais d’où, d’un bonheur que l’on croyait perdu peut-être ?

 

Ce que j’ai vécu là avec mon filleul, je l’ai trouvé bien traduit pas un petit texte que j’ai découvert sur la toile où écrivent des médecins. Je ne puis résister au bonheur de vous le faire partager :

 

« Un sourire, ça s'attrape comme la grippe. J'ai commencé à sourire aussi. Je marchais dans la rue, et quelqu'un a vu mon sourire. Quand il a souri à son tour, je me suis rendu compte que c'était moi qui le lui avais transmis. J'ai pensé à ce sourire, et je me suis rendu compte de sa valeur.

Un seul sourire comme le mien pourrait faire le tour du monde. Alors si tu sens un sourire qui se déclare sur tes lèvres, encourage le !
Vite, commençons une épidémie, et infectons le monde entier !

Chaleureusement.
Xavier.

 

Avec mon filleul et à côté de Xavier que je ne connais pas, je vous dis 365 bonjours sourire aux lèvres, afin que ces 365 jours de l’année 2010 qui s’annoncent soient pour vous une année sourire, une année bonheur.

 

Votre ami.

 

 

P. S. Aussi paradoxal et impossible que cela puisse paraître, que ceux qui se disent mes ennemis ou se comportent comme tels sachent que je suis leur ami. Je les aime et les plus virulents le savent. Je leur souhaite très sincèrement qu’ils sourient et cessent de se battre contre eux-mêmes et acceptent mon souhait de bonne année au moins l’espace d’un instant.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 10:12

© 2009 pour tout le blog.

Cet article permet à celles et ceux qui ne sont pas familliarisés avec l'alchimie de découvrir comment se transmet la connaissance. Quant à ceux qui travaillent depuis longtemps, je sais qu'il y en a parmis mes lectrices et lecteurs, il pourront glaner ça et là quelque perles suceptibles de les aider.

Donc, en lisant ce court exposés il s'agit de prendre conscience que chaque parole est comme une médaille, elle posséde son endroit et son envers. Ce qui est le plus amusant c'est que le choix de l'endroit n'est pas toujours évident... d'où le second interêt de ce petit article : fait prendre conscience de la relativité des choses.


A

u clair de la lune est une chanson enfantine écrite vers 1790 qui véhicule un message alchimique afin que les générations successives ne puissent oublier les bases essentielles de la science d’Hermès.

Quand elle fut écrite c’était l’époque ou les révolutionnaires détruisaient aveuglément beaucoup de symboles laïques non seulement statuaires et architecturaux, mais aussi ceux qui ornaient les meubles. Il fallait donc pérenniser la connaissance par un autre procédé moins évident et moins sujet au vandalisme aveugle. La comptine inoffensive assuma ce rôle à côté d’une nouvelle dimension symbolique tant sur le plan littéraire qu’architectural, que le XIXe siècle devait faire fructifier. C’est la raison pour laquelle dans mon dernier livre Les secrets alchimiques de Montpellier, je ne néglige pas, dans la visite de la ville, les parures architecturales des hôtels particuliers ou des simples demeures du siècle romantique.

Qui dit comptine dit expression verbale et donc jeux phonétiques, ce que les alchimistes appellent cabale, terme à ne pas confondre avec la kabbale hébraïque.

La raison essentielle de la phonétique est ici mise en évidence, montrant aussi bien sa simplicité non dépourvue de subtilité que son indispensable utilisation pour décrire en un second langage un processus opératoire. Au risque de me répéter je souligne qu’un symbole bien compris, et la phonétique est symbolique par analogie de sons, se doit d’être une sorte de « panneau de signalisation » qui indique un chemin vers une réalisation concrète. Si ce fait n’est pas en bout de piste le symbole, même s’il ne manque pas d’intérêt, perd sa raison d’être, et j’irais plus loin : ce n’est plus un symbole, c’est une spéculation parmi tant d’autres.

Quant à notre comptine célèbre, elle illustre parfaitement le fait essentiel que l’alchimiste doit apprendre à acquérir un certain état d’esprit hors de nos systèmes d’analyse. Et du moment qu’il est marginal par rapport à notre monde verbal habituel, il ne saurait être étudié avec une démarche intellectuelle, rationnelle. La sémantique est ici libérée et notre analyse surrationnelle du texte peut ainsi prendre son envol. Elle atteint son seuil de non-retour quand la dimension « raisonnable » de notre pensée tend à considérer cette démarche comme étant absurde et superficielle. Ceux qui ne parviennent pas à franchir ce cap ne seront jamais alchimistes. S’ils le sont, il ne réussiront pas car l’Esprit ne peut les enseigner. Nous mettons là le doigt sur un phénomène très particulier et essentiel. Il faut accepter la bêtise en soi, ce qui nécessite de ne pas se prendre pour l’élite même si on sort d’une grande école prestigieuse. Et ça c’est un obstacle terrible soigneusement évité par les spiritualistes et bidouilleurs que l’on appelle humilité et dont les orateurs spiritualistes se gargarisent en plastronnant… ainsi va la misère humaine.

Dans notre petite chanson, ou chanson pour petits, le premier message peut se résumer en quelques mots : « Si vous voulez comprendre retrouvez la pureté de l’enfance. » De ce fait toutes les versions érotiques (car il y en a !) fussent-elles des plus académique se doivent d’être interprétées sur le registre alchimique.

Commençons donc l’interprétation :

« Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot, »

 

 

 

Sens alchimique :

Le clair de lune, sa lumière polarisée est nécessaire dès le départ pour informer les cristaux salins. C’est un phénomène analogue à la piézoélectricité, en beaucoup plus subtil sur le plan énergétique.

Les produits dérivés de ces cristaux « informés » vont être attirés (« ami » dérive d’amour et amour provient d’aimant) par la pierre ronde « Pierre-o » qui sera appelée soufre philosophique.

 

« Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot. »

 

Sens alchimique :

La plume est ici le feu de cheveux de Geber. Ces structures capillaires sont très légères. En tombant sur la matière elles forment un écrin (écrire) autour du O (mot).

 

 

« Ma chandelle est morte,
Je n'ai plus de feu,
Ouvre-moi ta porte,
Pour l'amour de Dieu. »

 

Sens alchimique :

Toute cette partie s’adresse à la matière première : « Ma  chant-d’elle est morte ». Son chant vital est mort car elle manque de feu.

L’alchimiste va lui ouvrir la porte. Pour saisir le sens de cette porte rappelons qu’un ballon de Pyrex est constitué par trois parties : Le goulot, le col et la panse. Si le goulot a donné son nom à gullivert (la gueule verte) et à Gargantua (quelle gargante tu as). La porte dans ce contexte se réfère à d’autres appellations. Le col du ballon est aussi appelé la rue (voir ce terme dans mon petit dictionnaire l’alchimie expliquée par son langage.) De ce fait la porte est le goulot qui s’ouvre dans la rue. En d’autres termes il faut introduire la matière première « morte », par manque de feu, par le goulot du ballon. Cela sous entend qu’il faut la pulvériser.

La fin insiste sur deux mots : amour et Dieu. Je ne vous ferais pas l’injure de vous expliquer le sens de ces deux mots qui reviennent en lei motif car je suppose que des bidouilleurs chercheurs d’or ne lisent pas cette prose. Retenez tout de même que la réussite du Grand Œuvre est appelé « Don de Dieu ». Ohé Francs Maçons ! Si le grand Architecte de L’Univers ne fait pas partie de votre vocabulaire, allez vous r’habiller !



« Au clair de la lune
Pierrot répondit :
"Je n'ai pas de plume,
Je suis dans mon lit. »

 

Sens alchimique :

La pierre-o n’a pas de feu de plume, elle est allongée, tassée dans le lit ou fond du ballon.

 

 


« Va chez la voisine,
Je crois qu'elle y est,
Car dans sa cuisine
On bat le briquet. »

Sens alchimique :

Pour continuer le travail on change de lieu pour aller dans la cuisine voisine. En effet, pour œuvrer correctement une cuisine suffit. Dans la cuisine on peut avancer pour réaliser la conjonction du mâle et de la femelle, ou formation du rebis, car au moment de la rédaction de cette chanson l’expression populaire « battre le briquet » désigne les ébats amoureux. Dans l’iconographie alchimique on voit souvent un couple nu enlacé pur désigner la conjonction des contraires.

 



« Au clair de la lune
L'aimable lubin
Frappe chez la brune,
Elle répond soudain,
Qui frappe de la sorte ? »

Sens alchimique :

Le lubin est un moine dépravé qui est ici plein d’amabilité. C’est insister sur la consolidation du rebis avec une dimension spirituelle (moine) sous jacente. Ce qui frappe est la manifestation de la couleur brune qui fonce, plus les « chocs » de la dynamisation, sont energiques.

 


« Il dit à son tour :
Ouvrez-moi la porte
Pour l'amour de Dieu. »

Sens alchimique :

Ici le lubin-rebis est sorti du ballon pour la suite des opération.



« Au clair de la lune,
On n'y voit qu'un peu :
On chercha la plume,
On chercha le feu. »

Sens alchimique :

Les deux première lignes spécifient qu’il ne faut pas trop éclairer la cuisine car la matière est photosensible. Il faut aller chercher un autre feu qui n’est plus le feu de plume. « On changea le feu. »

 


« En cherchant d'la sorte
Je n'sais c'qu'on trouva,
Mais j'sais que la porte
Sur eux se ferma »

Sens alchimique :

Ce feu particulier la chanson ne veut pas en parler, à moins qu’une partie soit perdue, car il permet de passer du blanc au rouge. Parvenu à ce stade il faut fermer le ballon sur le rebis rouge. Cette fermeture du ballon est nécessaire pour la dessiccation de la pierre. Mais ce n’est pas en l’enfermant qu’elle va sécher. Le passage « Je ne n’sais c’qu’on trouva. » exprime bien qu’il y a un corps étranger dans le ballon qui n’est autre qu’un dessiccateur comme un carbonate de potasse.

 

Il est inutile que je commente la variante suivante quand on sait que la pierre blanche, ou pierre lunaire, ici « enfant tout blanc », après avoir été multipliée (croissant) transmute en argent.

 

« Au clair de la lune
Pierrot se rendort.
Il rêve à la lune,
Son cœur bat très fort ;
Car toujours si bonne
Pour l'enfant tout blanc,
La lune lui donne

Son croissant d'argent. »

Ici le cœur correspond au soufre et les battements de cœur expriment, avec une certaine exagération, la dynamisation du soufre philosophique.
Les quatre premières lignes concernent la pierre rouge et les quatre dernières la pierre blanche.

 

Voilà je vous ai livré quelques explications qui n’ont pas servi à  flatter mon ego. Je souhaite de tout cœur qu’elles vous soient utiles si vous y trouvez un quelconque intérêt. N’oubliez pas que le clair de la lune est aussi fructueux pour les amoureux que pour les amoureux de science : « Croissez et multipliez » disait le grand initié égyptien Moïse dans sa Genèse. Après ça si vous croyez que nous sommes judéo-chrétien je vous répondrais comme les égyptologues qu’il est évident que nous sommes egypto-chrétiens. Il serait peut-être temps de s’en rendre compte et de suivre, en compagnie du Christ, la route de Memphis. Ce n’est pas Fulcanelli qui me contredira en son frontispice évocateur du Mystère des Cathédrales, signifiant sans ambiguïté que le mystère des cathédrales est alchimique et égyptien

 

 

Bonne année à vous toutes et à vous tous, et que la pleine lune vous soit favorable.

 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 11:34

 

 

Je suis profondément bouleversé par certains messages que je reçois, surtout au moment où j’écris à propos de la porte qui ouvre le passage de notre univers à un autre. Cette orientation de mes courts articles ou « monographies » découle de l’analyse rapide du dernier livre de Dan Brown : Le symbole perdu.

 

Parmi ceux qui me lisent, certains m’écrivent. Tous les messages n’ont pas, vous vous en doutez, la même teneur. Le plus étonnant résident dans le fait que les FM que je ne ménage pas me lisent par milliers et aucun ne m’écrit ! Dans une autre catégorie il y a les jaloux, méchants et vindicatifs, qui veulent me démolir à tout prix. Je ne vais pas m’étaler sur cette misère humaine. Nous avons ensuite ceux qui espèrent pouvoir se faire enseigner l’alchimie pratique en se présentant comme de bons bougres élevés spirituellement. D’autres sont réellement avancés, qui cherchent et me disent être perdus dans une forêt inextricable. Ils me demandent de venir les chercher en hélicoptère. L’image est belle, mais je n’ai pas d’hélicoptère ! Ceux-là je voudrais les aider mais je ne puis le faire par correspondance. La zone géographique ou ce genre de chose est possible se situe bien au sud de la Loire. Certains départements notamment ceux qui bordent l’Atlantique sont trop loin. D’où ce paradoxe qui fait que j’ai des relations plus faciles en Martinique ou je séjourne un mois de temps en temps que dans la région parisienne.

Parmi ceux qui m’écrivent les plus poignants sont mes amis lecteurs que je ne connais pas (on ne connaît pas tous ses amis car on oublie trop souvent que le mot ami est forgé avec le mot amour et, quand on a compris, on peut aimer sans obligatoirement connaître) et dont la vie va s’éteindre au moment où la lumière se manifeste en ce jour de Noël. La lumière ouvre les portes du royaume, lieu ou la vie se poursuit sans ce substrat biologique dont elle n’a nul besoin, car la clé du courant vital ne réside pas dans la substance où se déroulent les divers phénomènes biochimiques. Croyez-moi si vous le voulez, la mémoire n’a point besoin de cerveau. Dans le cas contraire, l’alchimie serait sans fondement et ne serait pas une médecine. J’expose cela dans mes derniers articles.

Je dois préciser que la structure biologique en panne, comme le cerveau, lui empêche de jouer son rôle de relais. L’individu est malade, mais le mental réel n’est pas atteint, n’est jamais atteint. C’est sur cette constatation que réside l’efficacité de l’élixir de longue vie des alchimistes qui rétablit le lien avec notre corps invisible. Voir mes articles à ce propos.

 

Je vais être dur…Les pseudos initiés parlent, n’en finissent plus de baratiner et s’écrasent lamentablement le nez sur la rude barrière de notre monde qui est maintenue par leur aveuglement et leur propension à se prendre au sérieux au point de ne pas avoir conscience du ridicule et d’être sourd au rire homérique des dieux. Cette opinion est monolithique, je le sais, mais peut-on faire des nuances littéraires quand on s’adresse à des menteurs verbeux amoureux du clinquant qui maintiennent la lumière sous le boisseau ? Tout être devient infâme quand il fait obstacle à la progression de ceux qui cherchent le chemin vers la lumière.

 

Ceux qui savent qu’ils vont franchir cette puissante barrière qui sépare les mondes car leur corps fatigué ou malade n’est plus apte à véhiculer leur conscience, font le bilan et s’éveillent au seuil d’un périple merveilleux.

Quand ils sont alchimistes, ils ont ce geste suprême de se retourner avant de sortir pour regarder leurs frères qui œuvrent et les bénir. Ceux qui restent en on bien besoins dans leur sombre condition humaine où le soleil est occulté par des grenouilles qui veulent être aussi grosse que des bœufs...

Cette obscurité nous la créons aussi par notre matérialisme aveugle, si bien cristallisés par les éditeurs de revue scientifique qui, prisonniers de leurs casuistiques matérialistes, nous dissimulent par leurs sélections dictatoriales les articles révolutionnaires proposés pour rendre notre vie meilleure.

N’oubliez pas ce qu’écrivait Clémenceau:

« Chaque goutte de pétrole est une goutte de sang. »

 

Mais ne restons pas dans un sombre réduit. La vérité ne reste jamais cachée. Mon vieux maître me disait qu’on ne peut jamais la dissimuler. « Comme un serpent souterrain elle se fraye un chemin et puis un jour, dix ans, vingt ans, cent ans même après avoir été dissimulée elle surgir à la lumière. »

Nous sommes à une époque ou de multiples vérités sont sur le point de surgir poussé par le comportement excessif des homme d’affaire et des responsables politiques. Si vous ne comprenez pas allez vous faire vacciner une seconde fois contre la grippe porcine ou prenez votre petit déjeuné en étalant du tamiflus sur votre confiture.

Certains parlent de la fin d’un monde en 2012. J’ai tendance à les croire car on peut voir ça et là d’énormes lézards sur notre édifices. La plus catastrophique nous vient de la réunion des marchants de Copenhague réunis pour sauver leurs bas de laine au lieu de la planète… tout le monde peut se tromper, mais tout le monde sait que l’humanité est trompée. Petit à petit la vérité sort de sa prison. Nous y sommes presque à une crise économique près !

Vous savez comme moi que malgré tout ce que nous vivons nous allons vers la lumière. Alors pour noël fêtez la lumière en regardant l’étincelle de joie dans les yeux de vous enfant, dégustez non seulement un bon repas mais aussi la chaleur familiale. En ce lieu réside une vérité que nul ne pourra vous voler.

Joyeux Noël à toutes et à tous et plus particulièrement à ceux qui galopent à quatre pattes.

 

Votre ami.

 

 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 18:14

 

 

À partir de la lecture de certains ouvrages, comme la symbolique Maçonnique de Jules Boucher, et Le symbolisme hermétique d’Oswald Wirth, j’ai rédigé le texte suivant qui n’a donc aucune prétention sur quelques plans que ce soit. Il peut donc présenter des imperfections, ce dont je m’excuse auprès des spécialistes de la question.

 

 

La FM est une société se disant volontiers discrète, mais dont les activités sont souvent secrètes, et cela même si les rituels furent divulgués. Je donnerais pour exemple les degrés hiérarchiques particuliers dont la transmission est strictement individuelle et orale ; Ils sont appelés arcana archanorums. Cette connaissance concerne plus particulièrement certaines loges, notamment Memphis Misraim. La ruse actuelle consiste à faire courir le bruit, que cette connaissance n’existe plus car le dernier détenteur l’a emportée dans sa tombe. En disant cela ils disent la vérité et livrent le plus grand des secrets initiatiques qui puissent exister. J’y reviendrais car cela n’est pas toujours été bien saisi, me semble-t-il – si j’en crois mon courrier,– par certains hermétistes.

 

La FM cherche à promouvoir l’évolution de l’homme et de la société par un travail sur les symboles. Dans cela la plupart des Loges peuvent se reconnaître.

 

Certaines, comme le Grand Orient, mettent l’accent sur la dimension sociopolitique. De ce fait l’étude des symboles y est moins importante et la spiritualité fondamentale quasiment impossible d’accès.

 

En France, comme ailleurs, la Franc-Maçonnerie pratique divers rites ou cérémonies qui diffèrent entre eux par certains détails qui peuvent être significatifs.

 

À l’heure où le livre de Dan Brown "Le Symbole Perdu" met l’accent sur la Maçonnerie américaine, il est capital de connaître l’organisation globale de cette société, car il y a souvent des confusions qui font de la maçonnerie une seule organisation dépourvue de différences. Afin d’éviter un amalgame, comme l’a fait l’Église, notons qu’elle est constituée de plusieurs Obédiences ou fédérations de Loges qui ne pratiquent pas le même rite et n’ont pas le même esprit.

 

En France la plus importante fédération de Loges est le « Grand Orient » qui groupe plusieurs rites et dont la laïcité (mal comprise) est une aberration… désolé de devoir le dire. C’est cette laïcité dépourvue de compréhension profonde qui devait préparer la séparation de l’Église et de l’état après l’évacuation du Grand Architecte de l’Univers. Cette exclusion, de la prépondérance du suprasensible, se déroula en 1877 dans un conflit politico matérialiste orchestré par un religieux : le pasteur Frédéric Desmons.

 

Un religieux qui ne comprend pas le substrat du christianisme à ce point est consternant ! Il est vrai qu’un ecclésiastique, qui fut formaté par une manière de penser, comprend mal le substrat non religieux de la spiritualité. Cette véritable aberration, nous la devons donc à un être aveuglé par sa formation intellectuelle et son impossible rapport avec la liberté. Oui, il y a là une dimension contre nature confondante, qui montre l’ampleur délétère de cette décision reposant sur le conditionnement d’un religieux au discours convainquant mais non obligatoirement vrai. N’oublions pas qu’à cette époque la rhétorique était reine et les ronds de manches romantiques et ronflants à l’honneur. Dans cette période électorale J’espère que vous êtes convaincu qu’orateur rime souvent avec menteur !

 

Quant aux « Grandes Loges » elle regroupent des loges pratiquant le même rite. La plus importante est La Grande Loge de France.

Ces deux Loges sont étroitement unies et se « reconnaissent » et échangent des « Gages d’amitié ». On peut dire que ces deux organisations constituent l’épine dorsale de la FM de France avec un esprit très particulier. Ces deux courants de la Maçonnerie ont la particularité d’être rejetées par la FM Anglo saxonne car le Grand Orient a exclu, comme je l’ai dit, le Grand Architecte de l’Univers ou Dieu ou Grand Démiurge. Telle est la différence entre la FM dont parle Dan Brown et la FM de France. De ce fait la quête du symbole, et la compréhension de l’homme et de l’univers, va être différente en pays anglophones et chez nous.

 

Dans le monde anglo-saxon, la franc-maçonnerie ne se mêle plus, en Amérique, de politiques économiques et sociales, comme le Grand Orient de France, et cela depuis la fameuse affaire William Morgan (1775-1826). À la suite de cette histoire, impossible à démêler, la FM est devenue uniquement caritative et approfondit la dimension des symboles, ce qui lui donne déjà une dimension beaucoup plus orientée vers la spiritualité et la mystique et donc vers l’alchimie et les « mystères » qui lui sont associées. Comme dans ce pays ne fleurit pas un « rapport parlementaire des sectes », de ce fait la liberté nécessaire à la connaissance peut s’épanouir. Évidemment, ceci étant dit sans nier la réelle nocivité de certains groupements qui existent aussi en Amérique avec une dangerosité qui dépasse toute imagination et que Dan Brown a le talent de décrire remarquablement avec son imagination romanesque. Il en fait à juste titre le cœur de son intrigue et Mal’ack l‘impitoyable et cruel assassin castré-tatoué qui personnifie ces forces noires puissantes dont l’action souterraine n’est pas très éloignée de la réalité.

Mais notre célèbre auteur a eu un trait de génie en donnant le nom de Salomon à cet être abject, montrant par la que le rôle du Roi biblique fut l’un des responsables de l’assassinat d’Hiram. La raison en étant sa jalousie de voir la reine de Sabat tomber sous le charme du grand architecte. Voir mon article à ce propos.

Dans ce roman la pyramide de pierre est au cœur de l’intrigue. Elle est censée ouvrir une porte.

Dans la tradition le passage se fait soit par la mort, soit en état cataleptique dans le sarcophage sans couvercle de la chambre du roi de la grande pyramide d’Égypte. C’est dans ce sens que j’ai parlé de phénomène anthropique, puisque le fait de savoir qu’il y a un passage pour sortir de notre univers anthropique, n’est pas suffisant si l’on ignore vers quoi il s’ouvre !

Pour un alchimiste la réitération de solve et coagula au-delà de cinq fois ouvre la porte de notre univers anthropique, ce qui fait disparaître la pierre.  

La porte qui nous est ouverte à un autre caractère, c’est celle du  passage d’une hiérarchie à une autre, comme l’indique l’échelle à neuf barreaux tenue par l’alchimie au fronton de Notre-Dame de Paris. Cette porte se superpose aux portes de la mort, car quitter notre univers anthropique c’est quitter l’univers adapté à la vie, à notre vie, grâce au maintien de ses constantes physiques. Pour sortir par cette porte, il est impossible de le faire avec le corps physique qui ne survivrait pas. Les portes de la mort qui permettent d’accéder au barreau supérieur au nôtre sur l’échelle des hiérarchies ne peuvent s’ouvrir que par le processus initiatique ultime si bien illustré par Lazare. Cela est bien traduit par la dernière planche du Mutus Liber ou l'adepte s'élève jusqu'au soleil et dont les phylactères proclament : "Tu t'en vas clairvoyant" .Cela fait écrire à Eugène Canseliet dans son commentaire de la quinzième planche du Mutus Liber:

"L'être nouveau, ressuscité en chair et en esprit, désormais habitant du plan extra-terrestre..."


Vous trouverez plus amples explications à ce propos en parcourant mes articles.

 

Je souhaite à chacune et à chacun de vous une magnifique fête de Noël entouré de ceux que vous aimez. Et que l’année 2010 soit pour vous toutes et tous pleine de bonnes choses. Je suis de tout cœur avec vous.

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 11:40


Avant d’aborder ce petit article, voici les statistiques de mon blog :

 

4072 visiteurs durant le mois de novembre 2009.

8027 pages vues pour le même mois.

 

La fréquentation provient pour les ¾ des moteurs de recherche.

La fréquentation est importante pour les Francs-Maçons et les hermétistes.

 

Depuis la création du blog le 16/05/2006 (Un an d’interruption) j’enregistre 100 578 pages lues correspondant à 46 748 visites

A ce jour 131 articles publiés et 284 commentaires.

Les abonnés à la newsletter sont au nombre de 81.

 

L’article le plus lu est :

LES TROIS POINTS ALCHIMIQUES de la FM avec près de 500 visiteurs dans le mois.

 

 

Parfois j’ai l’impression de perdre la boule quand mon courrier m’affirme péremptoirement que je confonds entropie et anthropie. Et nonobstant je suis traité de rigolo qui cherche à en mettre plein la vue avec des mots qui n’existent pas, afin de faire semblant de cacher un  secret nauséabond dans mes chaussettes.

 

Phonétiquement parlant le mot entropie est identique à anthropie. Il est donc capital de ne pas confondre ces deux termes sous peine de ne rien comprendre à ce que je raconte.

 

L’entropie est issuee de la thermodynamique statistique. Elle peut être interprétée comme la mesure du degré de désordre d'un système.

 

Si je casse un verre, me disait mon prof de physique à la fac des sciences, j’augmente l’entropie du monde. Ainsi nos poubelles sont des lieux d’entropie. Et la merveilleuse élaboration d’un enfant dans le ventre de sa maman se déroule à l’inverse. C’est une magnifique néguentropie. Il en est de même pour les bourgeons des plantes qui montrent que le printemps est propice à certaines opérations alchimiques, puisque l’alchimie est inséparable de la biologie.

 

Le principe anthropique (du grec anthropos, homme) est le nom donné aux conséquences de l'existence de l'humanité sur la nature des lois de la physique. J'ai défini ce terme, dans mes dernier articles en fonction des hiérarchies (et donc de l'alchimie interne) et non par analogie avec l'alchimie au laboratoire.

L'idée générale étant d’exprimer que l'existence même de l'humanité (ou plus généralement, de la vie) permet de déduire que les lois de la physique sont nécessairement telles qu'elles permettent à la vie d'apparaître.

Le principe anthropique dans sa formulation scientifique est à mettre au crédit du physicien Brandon Carter.

 

C’est ainsi que l’univers dans lequel nous vivons se caractérise par des constantes (vitesse de la lumière, constante de Planck, etc.) qui nous permettent de vivre.

Tout le monde peut ne pas être d’accord, mais de là à me dire  avec des propos un tantinet malcéants voire mensongers que je me mets le doigt dans l’œil jusqu’au coude, il y a une marge que je ne tolère pas, sauf si ces remarques sont sensées, comme toutes les 300 autres, et formulées  avec la plus élémentaire hurbanité. 

 

Toutes ces remarques ont pour but d’installer une polémique que je refuse. Donc je ne répondrais pas à ce genre de provocation. Cela vous fait comprendre pourquoi je suis obligé de filtrer mon courrier. Sur cette question deux messages mal intentionnés furent mis à la poubelle par mes soins. Comme promis, je ne vous dissimule rien.

Puisque j’en suis aux choses désobligeantes j’en profite pour vider mon sac et rappeler à deux individus que mon blog est protégé. Évidemment ceux qui impriment mes articles pour mieux les lires ne sont pas concernés. D’ailleurs l’un deux a eu la politesse, et le gentillesse, de me le dire. Je le remercie ici.

 

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne fin de semaine.

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 07:44

© 2009 Pour tout le blog..

 

Je vous transmets ici une interview avec un journaliste d’une revue connue. Je suis persuadé que ceux qui lisent mon blog qu’ils soient alchimistes, Francs-Maçons, anthroposophes et spiritualistes de tous horizons, y trouveront matière à se fixer les idées où tout au moins à s’orienter, en tout cas c’est ce que je souhaite.

Souvent il m’a été demandé de définir l’alchimie. La tache était si ample que j’ai maintes fois reculé car l’alchimie ne se laisse pas circonscrire facilement puisque, sa « dimension » varie en fonction du point de vue où l’on se place. À son propos une image me vient à l’esprit : l’alchimie est un continent. Continent qui reste à explorer et à ré explorer au fur et à mesure que notre éveil et nos connaissances progressent.

Cette série de questionnements réponds donc en grande partie à ceux qui cherchent à circonscrire le continent alchimique.

Je m’excuse d’avoir été obligé de pénétrer un peu dans les terres de la physique quantique, notamment à propos du principe anthropique. Il était difficile de faire autrement pour aborder le concept de hiérarchies qui nous concerne de très près et fut matérialisé à Notre Dame de Parie par l’échelle à neuf  barreaux que présente l’alchimie à la porte du temple chrétien.

Les anciens, notamment Paracelse, et plus près de nous Rudolf Steiner, traduisirent les états hiérarchiques par les symboles planétaires. Paracelse joignit à ces planètes des carrés magiques, sortes de matrice mathématique illustrant, selon les procédés des anciens, les « déplacement » des constantes en fonction de chaque univers planétaire. Ainsi, par exemple, la « constante » de Saturne correspond à 15, celle du soleil à 111, et celle de la lune à 369.

Par ailleurs j’ai employé le terme de néo cartésianisme pour bien spécifier qu’il n’avait rien de commun avec le cartésianisme et donc avec René Descartes qui était un mystique comme la Reine Christine de Suède qu’il rencontrait. Les scientifiques Français ont mis Descarte sur le lit de Procuste, coupant tout ce qui ne leur convenait pas, créant ainsi le néo cartésianisme, et un concept quelque peu tendancieux de la science dont on commence actuellement à mesurer les effets délétères.

 

 

Question : Des recherches alchimiques se poursuivent-elles aujourd’hui ?

 

Réponse :

 

Parler de recherche en alchimie est quelque peu paradoxal puisque l’alchimiste n’est pas un chercheur dans le sens où on l’entend actuellement.  

Il est nécessaire de ne pas perdre de vue que l’alchimiste n’est pas confronté à un processus opératoire qu’il doit adapter pour découvrir un phénomène physique, biologique ou autre en employant divers procédés qu’ils soient logiques ou hasardeux.

Tout alchimiste digne de ce nom sait où il va, ce qu’il doit faire, il a en main le protocole expérimental qu’il a appris durant des années afin de bien l’approfondir en ses multiples sens analogiques, et aussi de parfaitement le mémoriser.

Nous nous écartons déjà considérablement du processus expérimental classique et ce n’est pas fini car, pour être complet, je dois aborder des concepts qui provoqueront des réactions violentes de rejets de la part des fervents supporters du néo cartésianismes. L’alchimie est ce qu’elle est et non ce que nous voudrions qu’elle soit.

Si un alchimiste n’a pas développé une logique globale du langage libérée de ses référents habituels, s’il n’a pas un sens aigu de l’analogie sur divers plans, que ce soit celui de l’image, de la couleur et des sons, s’il n’est pas attentif à la synchronicité et qu’il cherche au hasard sans connaître la manière de procéder et les substances à employer, il est appelé « souffleur », c’est-à-dire un faux alchimiste. Le terme de « souffleur » est employé par dérision vis-à-vis de ceux qui activent leur feu avec un gros soufflet de forge, alors que ce feu n’est pas toujours nécessaire car il est fréquemment exothermique à la suite d’une réaction chimique.

Nous voyons déjà combien la pédagogie alchimique s’éloigne de celle de nos universités et grandes écoles, ce qui n’empêche nullement à des polytechniciens ou centraliens et docteurs scientifiques, qui ne se prenant plus pour l’élite de la nation, d’être d’excellents alchimistes.

Quand un alchimiste passe au laboratoire, il n’est pas un chercheur puisqu’il a parcouru plus de la moitié du chemin en apprenant à observer. Son seul souci est de mener à bien, avec les procédés dont il dispose, le protocole que lui a transmis son maître et qu’il a intégré. Ce protocole est simple et identique depuis des siècles, mais très difficile à saisir dans son essence car il nécessite le développement d’un langage non verbal et, comme je l’ai dit, d’un sens aigu de l’observation.

Comme il y a un monde entre la théorie et la pratique, la réussite peut demander plusieurs années. Par exemple, il a fallu trois ans à l’alchimiste parisien Nicolas Flamel pour réussir après qu’il eut connaissance de la théorie. Remarquez que plusieurs décennies furent nécessaires à cet alchimiste parisien du moyen Age pour comprendre la théorie alchimique.

 

 

Êtes-vous un alchimiste ?

 

Dans mes conférences je préviens toujours le public que je ne répondrais à aucune question me concernant.

 

Avez-vous été l’élève d’Eugène Canseliet ?

 

J’ai échangé de la correspondance avec lui. Je ne l’ai pas fréquenté en qualité d’élève attitré.

 

Eugène Canseliet a-t-il été l’élève de Fulcanelli ?

 

Je ne me suis jamais intéressé à la question, pas plus qu’à l’identité de Fulcanelli.

Canseliet était pince sans rire, mais il m’est impossible de croire qu’il fut menteur. Quand il affirme avoir été l’élève de Fulcanelli pour moi, cela ne fait aucun doute.

Eugène Canseliet, montre par ses écrits, qu’il fut un maître digne de ce nom et très inspiré par Fulcanelli.

 

Les alchimistes sont-ils organisés en sociétés comme les Francs-maçons ou les compagnons ?

 

Un alchimiste est libre et n’a besoin de personne, ci ce n’est de son maître qui l’a initié. D’où les fières devises comme celle de Jacques Cœur : « Jacques Cœur fait ce qu’il veut, le roi fait ce qu’il peut. » Cependant les alchimistes peuvent se retrouver au sein d’association, mais ils ne travaillent jamais ensemble. Le rôle de ces associations peut être caritative ou encore de transmission du savoir pour palier aux graves carences de la Franc-Maçonnerie et des rosicruciens qui ont déformé à outrance l’alchimie, depuis environ 200 ans, au point de la rendre méconnaissable.

Le chimiste du XIXe siècle François Jolivet Castelot avait tenté de créer une association d’alchimistes qu’il appela Société alchimique de Françe. mais ce fut un échec car il n’avait pas saisi l’esprit de l’alchimie qui est une quête personnelle et nécessite l’élaboration de nouveaux paradigmes et dont la démarche n’a pas de rapport avec celle de la science actuelle. Cela n’empêche nullement les alchimistes d’avoir un impact social souvent très important comme St Vincent Depaul. Leur action se fait toujours dans la discrétion et l’anonymat.

 

Est-il possible de savoir combien d’adeptes pratiquent l’alchimie aujourd’hui ?

 

Difficile à évaluer. Il y en a beaucoup qui travaillent au laboratoire, mais il y en a très peu qui travaillent correctement. Souvent est négligée la dimension psychologique et spirituelle.

Ceux qui pratiquent uniquement au laboratoire, ceux qui pratiquent uniquement l’alchimie psychologique comme celle de Carl Gustav Jung ou d’Etienne Perrot, ceux qui pratiquent uniquement l’alchimie spirituelle comme les Francs Maçons, et ceux qui pratiquent uniquement l’alchimie du verbe ou l’alchimie mystique ne sont pas alchimistes. L’alchimie c’est tout cela ensemble plus un effet synergique résultant de cette union qui ne peut être mesurée ni prévu.

Pour répondre précisément à votre question, je ne puis que vous donner des approximations personnelles : J’évalue à peu près à une réussite par an sur la planète entière pour quatre mille pratiquants environ dont la quasi-totalité est anonyme. À l’université de Montpellier j’ai connu un professeur de physique en activité qui pratiquait l’alchimie. Je l’ai su sous le sceau de la discrétion par l’intermédiaire de sa fille mathématicienne qui était ma voisine de pallier.

 

L’alchimie est-elle une science au sens moderne du terme ?

 

J’ai déjà répondu à cette question. J’ajouterais que l’alchimie peut se définir comme philosophie ou plutôt mystique expérimentale à connotation biologique. C’est assez saugrenu pour un esprit néo cartésien et pourtant l’alchimie est inséparable des phénomènes vitaux qu’elle aborde avec des procédés différents de ceux de la biologie et médecine actuelle.

C’est une méthode différente de celle de la science pour aborder les lois universelles. Pour elle les constantes universelles, comme la vitesse de la lumière, ou la constante de plank n’existent pas, ce sont des paramètres plus difficiles à faire varier que les autres… j’en parlerais plus tard.

L’alchimie est pourvue d’une terminologie différente, car ses vieux maîtres puisèrent dans les mythologies qu’ils créèrent pour pérenniser leur protocole à l’instar de certains contes.  La manière de procéder est donc différente, et surtout l’état d’esprit n’est pas le même, puisque la dimension spirituelle est fondamentale pour réussir, ce qui n’a jamais fait partie d’un protocole expérimental scientifique. Cependant les démarches scientifiques et alchimiques partagent le même sens de la logique et de la rigueur, évidemment chacun dans leur secteur très particulier d’activité.

 

La notion de progrès a-t-elle un sens en alchimie ?

 

J’ai dit que l’alchimiste travaille suivant un protocole expérimental qui lui fut transmis. Le seul progrès qui se manifeste est dans l’utilisation de certains appareils comme ceux qui permettent de mesurer la densité optique de l’huile de lin qui blanchit au soleil de mars montrant l’apparition de rayons « durs » capable de rompre de longues molécules. C’est à ce moment qu’il est bon de débuter le travail. Les anciens avaient beaucoup de difficultés à discerner ce moment. Je vais répondre sur le fond de votre question par une autre question : Peut-on faire progresser une science parvenue à son plus haut degré d’évolution ?

 

Que pensez-vous de l’idée selon laquelle l’alchimie est l’ancêtre de la chimie ?

 

Puisque l’alchimiste exécute un protocole manipulatoire existant depuis des millénaires, il ne saurait être le fondateur de la chimie, et ceci même s’il travaille au laboratoire.

Cependant, en attendant que certaines réactions alchimiques se déroulent il expérimente sur des matières qui n’ont pas de rapports avec son activité d’alchimiste. Par leurs découvertes les alchimistes furent en effet les premier chimistes. Donc, on ne peut pas dire que l’alchimie est l’ancêtre de la chimie. En résumé, si les alchimistes furent les pères de la chimie, l’alchimie n’en est pas pour cela la mère. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on ne peut séparer la symbolique chimique des anciens, comme celle de Nicolas Lémery, de celle des alchimistes que les vieux maîtres élaborèrent.

 

Pensez-vous que certains domaines de la science moderne doivent quelque chose à l’alchimie ? Lesquels et pourquoi ?

 

Les sciences ne veulent pas entendre parler de l’alchimie même s’ils s’en inspirent.

En physique théorique l’alchimie a toujours été en avance, mais elle fut mal comprise et même méprisée. Les choses n’ont pas changé.

Cela ne permet pas d’obtenir le moindre atome de crédibilité. Impossibles donc d’être écouté par les gens qui se disent sérieux. Nous devons cette méprise aux chercheurs d’or avide de richesses et aux patachons avide de longue vie pour pouvoir jouir éternellement des plaisirs de la chair ou de la puissance. Ces gens-là ne reculèrent devant rien et pratiquèrent le charlatanisme depuis les temps les plus reculés. C’est ainsi que l’alchimie perdit toute crédibilité. Mais actuellement avec une prise de conscience de l’importance de la nature, il semble que l’alchimie, science de la nature par excellence, ait une nouvelle chance à conditions évidemment que le monde de l’occultisme finisse par être éjecté et remis à la place qui est la sienne. Tout ce qui gravite autout du paranormal, de la magie et de la sorcellerie constitue, pour l’alchimie, une légion d’arapèdes qui, comme tout parasite s’accroche à tout ce qui pourrait lui apporter un brin de crédibilité ou de prestige.

 

Posons « l’axiome », ou plutôt la lapalissade :les lois de l’univers sont les mêmes pour tous. De ce fait il est normal qu’il y ait convergence de certains concepts, dont la science s’empresse de s’attribuer la paternité, en disant que les alchimistes l’ont rêvé ! On ne pourra jamais lire que la science doit quelque chose à l’alchimie, mais que le délire alchimique a donné des prémonitions exactes ! Le plus important est celui de l’unité de la matière et celui de la transmutation, comme celle du mercure en or qui fut réalisé dans un cyclotron.

L’alchimie connaît depuis toujours le phénomène « anthropique fort » que l’on doit de nos jours au physicien quantique Brandon Carter. Pour l’alchimie ce phénomène est évident, il est la marque de notre « exil », de notre enfermement dans un monde particulier à des fins bien précises dont l’explication n’a pas sa place ici.

Si, d’après le phénomène anthropique, les lois de la nature et les caractéristiques de l’univers sont telles qu’elles permettent l’existence de l’homme, ce phénomène met aussi en évidence notre « prison » dont les murs sont les constantes universelles qui en maintiennent les structures.

Pour l’alchimiste l’univers anthropique n’est pas tout l’univers, c’est seulement un sous-ensemble (qui caractérise le principe anthropique fort ). Disons, pour résumer d’une manière abrupte, que l’alchimiste va être capable de « repousser les murs » de l’univers humain. Certains physiciens actuels, je pense à Jean-Philippe Uzan et à Bénédicte Leclerc, s’interrogent sur les constantes notamment sur leur valeur permanente dans l’espace et le temps. D’ailleurs, la théorie des cordes peut fort bien imaginer des univers avec des constantes différentes des nôtres.

Si cette remise en cause des constantes s’avère évidente, alors nous assisterons à une révision fondamentale des conceptions de l’univers, rejoignant ainsi les idées alchimiques qui les ont précédés depuis des siècles.

Il faut ici spécifier qu’un univers à constantes différentes des nôtres implique l’impossibilité pour l’homme et la vie de se manifester avec les mêmes structures biologiques. Nous avons là une notion connue par les anciens sous le nom de hiérarchies qui sont représentées au portail de Notre Dame de Paris par une échelle à neuf barreaux, ou chaque barreau correspond à une hiérarchie et donc à un univers particulier avec constantes particulières. À une structure correspond un état que les anciens alchimistes (Gébert, VIIIe siècle) formulaient par la théorie de la balance : à toute genèse, ou élaboration de structures nouvelles, correspond une exégèse ou état d’esprit différent.  Le contraire étant vrai.

Dois-je spécifier que de nombreux « spiritualistes » et « alchimistes » bricoleurs au laboratoire ou désireux d’expliquer l’alchimie par la science passent sous silence tout ce qui concerne le principe anthropique fort qui laisse supposer des dimensions évolutives successives en harmonie avec les biocycles de la nature.

 

 

Dans une interview récente, en ligne sur votre site, vous répondez, à la journaliste qui vous demande si l’alchimie pourrait nous aider, par exemple, à gérer nos déchets nucléaires, par l’affirmative. Mais pourriez-vous être plus précis ? En quoi l’alchimie a-t-elle quelque chose à dire sur la transmutation ?

 

Dans l’interview dont vous parlez, j’ai bien spécifié que la gestion des déchets nucléaires, par le biais de l’alchimie, ne pouvait être envisageable et envisagée de nos jours essentiellement pour une fin énergique de non recevoir de la part du milieu scientifique cartésien suivi du refus absolu de coopération. D’autre part une pareille intervention est contraire à l’esprit des alchimistes qui refusent d’orchestrer des démonstrations tapageuses.

 

Sur le plan théorique je puis seulement dire que si l’atome est détruit par la fission nucléaire, l’alchimie procède par fusion à la température ambiante. Un atome en morceaux peut donc être « recollé ». C’est cela que j’ai voulu dire à propos de la gestion des déchets radioactifs.

En supposant que le procédé soit autorisé (ce n’est pas demain la veille) pour réaliser un pareil « recollage », les techniciens du nucléaire recommenceraient à pratiquer la fission à plus grand échelle en disant que ce n’est plus grave. Ceci pour vous dire que les mentalités ont besoin de changer. Un alchimiste ne saurait se manifester à contrario de nos mentalités. C’est une loi irréfragable. Non, on ne peut faire entrer un alchimiste « rêveur » dans un labo de chimie ou de physique…

 

Il semble que l’alchimie du 13è et du 14è siècle ait été plus proche des sciences modernes, cherchant notamment à comprendre la matière et son évolution dans la nature. Plus tard, elle semble avoir été bien plus spéculative. Où en est-on aujourd’hui ? L’alchimie cherche-t-elle à comprendre la matière en mettant à jour des lois ou est-elle toujours plus spéculative ?

 

J’ai lu les vieux textes, j’ai même consulté les remarquables travaux du chimiste Pierre Lazlo. Ce dernier a trouvé plus facile d’expliquer l’alchimie à partir des textes du 13e ou 14e siècle. Cela ne signifie nullement que l’alchimie de cette époque soit plus proche de la science, mais que certains scientifiques on trouvé plus facile d’appliquer sur ces textes leur grilles de décryptage.

Quant à la dérive spéculative de l’alchimie elle n’est pas due aux alchimistes mais aux Franc-Maçon.

 

Pourquoi l’alchimie n’évolue-telle pas ?

Change-t-on une formule qui gagne ?

 

Pourquoi selon vous y a-t-il encore aujourd’hui des alchimistes ?

 

Un véritable alchimiste est équilibré psychologiquement parlant. Ceci pour évacuer ceux qui courent après l’or et leur désir d’immortalité. En excluent ces individus qui ont tant fait de mal à l’alchimie et qui continuent à en faire en promettant monts et merveilles, les raisons de la persistance de l’alchimie sont diverses.

La première est une déception vis-à-vis de la science et du comportement des politiques. Le refus du vaccin, par de nombreux soignants, contre la grippe porcine en est une illustration.

La deuxième est l’abdication de la religion catholique qui est devenue incapable, depuis longtemps déjà, de faire accéder ses ouailles au suprasensible. À la suite de cela se manifeste alors un flux social vers les centres initiatiques et l’alchimie qui ne pourra jamais être endigué par le biais du rapport parlementaire des sectes.

 

Un laboratoire alchimique d’aujourd’hui est-il semblable à un laboratoire du 13è ? En quoi est-il différent ?

 

Dans un laboratoire d’alchimiste actuel, au lieu d’utiliser de lourds baquets de bois, on se servira de bassines en plastique dans laquelle on fera la même chose que nos ancêtres avec leur baquet. De nos jours le laboratoire sera beaucoup plus encombré qu’au moyen age car tous les produits vendus dans le commerce sont impropres à l’œuvre. Cela est dû aux procédés de purification qui ne sont plus adaptés depuis les années 50. Quant aux produits d’origine électrolytiques ils sont aussi impropres malgré, où à cause, de leur pureté. Il faut donc que l’alchimiste devienne d’abord chimiste pour fabriquer certaines substances selon les anciens procédés. Pour le reste, le tube de venturi peut aider, ainsi que le densimètre optique dont j’ai déjà parlé.

 

Peut-on visiter un laboratoire alchimique ?

Si un alchimiste vous fait visiter son laboratoire, il n’est pas alchimiste. L’expérimentateur a une « empreinte » que l’alchimiste se garde bien de « brouiller ». Son « dialogue » avec sa matière ne saurait supporter la présence de visiteurs. On peut comparer l’entrée d’un étranger dans un labo d’alchimie à un adultère.

C’est encore une différence avec le labo scientifiques qui peut être ouvert à tout vent.

 

Pourquoi êtes-vous si remonté contre les francs-maçons et leur usage de la symbolique alchimique ?

Vous avez raison de dire que je suis remonté contre les FM. Mais je tiens à préciser qu’ils ne sont absolument pas mes ennemis, bien au contraire. Je suis fatigué et irrité par cette attitude qui consiste à prendre la symbolique alchimique au sens figuré. Le laboratoire est proscrit et méprisé. Tout ce qui est raconté chez eux, n’est pas de l’alchimie ce sont des paroles qui stérilisent l’alchimie. Dans leur communauté personne n’est Franc, c'est-à-dire libre car il y a toujours un haut gradé qui vient remettre les pendules à l’heure. C’est à prendre ou à laisser. J’ai reçu du courriel de la part de jeunes Francs-Maçons qui ne supportent plus le mandarinat. Aucun dialogue n’est possible car ils considèrent qu’eux seuls pratiquent l’alchimie véritable. Personne n’a le droit de penser en dehors des règles établies arbitrairement. Le discours de René Guénon et son attaque larvé de l’œuvre de Fucanelli sont suffisamment éloquents à ce propos.

 

La franc-maçonnerie est-elle incompatible avec l’alchimie ?

 

La Franc-Maçonnerie est fondamentalement et merveilleusement alchimique, en disant cela je pèse mes mots. C’est un endroit idéal pour enseigner l’alchimie et ce fut d’ailleurs une école d’alchimie extraordinaire. Quant aux Francs-Maçons leur état d’esprit les rend incompatibles avec l’alchimie. C’est très dommage et c’est pour cela que j’ai tendance à sortir de mes gongs quand je voie cet insupportable gâchis !

 

N’y a-t-il pas beaucoup d’alchimistes francs-maçons ?

 

Il y a partout des alchimistes. Ceux qui proviennent de la Franc-Maçonnerie sont rares. La quasi-totalité ne parviennent pas à être formés car leur état d’esprit ne se prête plus à une remise en question sérieuse. Fort aimables au demeurant, ils restent d’honnêtes gens dont l’amitié est indéfectible. Avec tout ce que je leur dis d’énergique sur mon blog, ils sont restés d’une amabilité exemplaire. C’est tout à leur honneur, et je le pense réellement.

 

 

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 12:08

 

© Léon Gineste 2009 pour tout le blog.

Deux individus ne tiennent pas compte de la protection de ce blog. Ceci est un avertissement.

 

Cet article vous informe des misères que votre serviteur doit subir pour rester en contact avec vous. Il se bagarre avec son ordinateur qui est sorti handicapé de la clinique « Bidouille ». À la suite d’une lobotomie il est devenu caractériel et manifeste envers son bon maître des sautes d’humeur  incontrôlables ce qui lui fait faire toutes les bévues possibles. Mes points de repaires ont disparu, de l’antivirus à l’agencement de mon courrier. Pour l’instant quand j’écris un courriel, il est mystérieusement avalé en quelques antres où je ne le retrouve plus. Alors soyez patient car en qualité de nul en informatique je suis long à la détente même pour découvrir une évidence !

 

Alors, pour éviter de m’énerver, et de flanquer ce tas de ferrailles prétentieux à la poubelle, je me raconte une histoire paisible qui calme les enfants et les endors dans la béatitude des nuits merveilleuses. C’est le conte de la belle Blancheneige et des sept nains que j’ai choisis. Ne riez pas parce je suis revenu au biberon ! Pour l’instant ça me convient. J’aime ce rêve qui marque l’âme enfantine pour de pertinentes raisons, car l’enfant qui s’éveille à la vie possède ce don étrange de percevoir ce qui le rattache au monde que nous ne voyons pas et de percevoir ce qui le rapproche d’un bonheur antérieur. Comprends qui voudra !

Ici pas question d’analyses dans le style du conte saisonnier basé sur le mythe de Perséphone ou l’hiver (la reine) s’oppose au printemps (Blancheneige), et les nains mineurs sont assimilés aux divinités chtoniennes.

Pas question non plus d’en faire un conte moral pour inculquer les bonnes manières ou transformer cette histoire en conte oedipien mettant en évidence le conflit mère-fille dont la psychanalyse c’est régalée notamment avec les œuvres de Bruno Bettelheim et Marie-Louise von Franz.

Enfin je laisserais de côté le conte initiatique féminin ou Blancheneige  fait son éducation de jeune fille dans le chalet des nains asexués ! Éducation qui se réalise par les tâches domestiques en attendant le « prince charmant » qui la délivrera du désir qui l’étouffe symbolisé par la pomme empoisonnée.

Tout cela ne manque pas d’intérêt mais il est une dimension à ne pas négliger, c’est l’ampleur initiatique dans le sens général du terme, qui contient en potentiel toute les interprétations possibles et dont l’exactitude de chacune d’elles ne fait aucun doute.

En d’autres termes la dimension alchimique véritable contient in extenso tout en potentiel, comme chaque cellule d’un être vivant contient l’individu entier non manifesté et pourtant bien réel. J’ai développé cela dans mon livre Holoscopie de la spiritualité Occidentale.

Seule notre acuité, notre culture, notre éveil permet de découvrir ou non une dimension particulière de cette multiplicité concentrée en un seul processus, d’où l’expression populaire : « Un point c’est tout. »

La vérité est une disent les alchimistes, mais cette unité se déploie en un bouquet riche de forme et de couleurs agrémentant la beauté confondante de notre univers. C’est cette extraordinaire particularité qui fait dire aux alchimistes maîtrisant leur Grand Œuvre dans sa dimension holoscopique : « Un dans tout » et « Tout en un ».

Ceux qui étudient chaque fleur du bouquet de la création ne peuvent croire à l’unique vérité, c’est tout le problème de l’esprit scientifique actuel et celui, hélas, beaucoup plus dramatique, de la spéculation symbolique des centres se disant initiatiques. Comprenez-vous pourquoi je m’insurge contre leurs procédés ?

 

J’essayerais donc de montrer la stature alchimique et de ce fait universelle et holoscopique qui scande ce récit simple, épuré de tout artifice littéraire, plein de grâce et d’enseignement, récit qui nous fut transmis depuis un temps, ou des temps au-delà du temps, et dont l’origine reste indéchiffrable. C’est aux racines des livres sacrés que la source de cette histoire roule son eau vive, son eau-de-vie. Oui, vous venez de comprendre que malgré notre civilisation rationaliste et incrédule à souhait, elle nous demande de redevenir petit pour accéder à l’origine de toute connaissance et pousser notre réalisation tant physique que psychique bien au-delà des limites imperscrustable d’un univers et d’un destin que nous sommes à cent lieues de maîtriser… Un point c’est Tout !

 

Deux frères amoureux des traditions populaires et des contes.

 

Le conte de Blancheneige, comme celui de Tom Pouce ou de La Belle au Bois dormant ainsi que Le Petit Chaperon Rouge ne sont pas le fruit de l’imagination des spécialistes de la littérature enfantine ou d’évasion, comme ce fut le cas pour les productions de Lewis Carol ou Hans Christian Andersen. Ces belles histoires ne furent pas inventées par les deux frères Grimm qui nous les ont seulement transmises fidèlement sans les altérer.

 

Les frères Grimm étaient professeurs à l’université de Goëttingue en Allemagne.

L’un, Jacques-Louis-Charles Crimm (1785-1859) était philologue et Charles-Guillaume Grimm (1786-1863) était passionné par le folklore. Il étudia non seulement la grammaire des siècles précédents, mais aussi les traditions populaires, les légendes et les vieilles coutumes.

Après avoir été destitués de leur chaire professorale pour des raisons politiques, ils se mirent à parcourir l’Allemagne pour recueillir les légendes, anecdotes et contes, qui au début du XIXe siècle étaient très répandues dans les campagnes allemandes. Ils écoutaient de préférence les illettrés, les simples, dont ils transcrivaient méticuleusement les paroles, mot pour mot, et souvent dans le patois même du narrateur.

C’est à ces deux frères, associés dans la même œuvre que la littérature mondiale – la traduction en ayant été faite dans toutes les langues – doit les célèbres contes de Grimm qui parurent pour la première fois en 1812 sous le titre Les contes des enfants et du foyer. L’édition complète, en trois volumes, parut en 1819.

Quoi de plus délicieux, de plus mystérieux aussi que la lecture de Blanche-Neige dont les dessins animés surent exalter la grâce ?

 

L’esprit de l’histoire de Blancheneige.

 

Il ne faut pas ignorer que ce conte fut inévitablement, comme tous les autres, déformé au fil du temps, et cela bien avant que les Frères Grimm ne les immortalise. Aucune mémoire n’est infaillible, même si nos deux anthropologues disent qu’elle peut parfois être d’une fidélité surprenante. Et à ce propos ils racontent, dans la préface de la première édition, qu’une femme de cinquante ans épouse d’un éleveur de bestiaux, était pourvue d’une mémoire telle qu’elle connaissait toutes les anciennes légendes et les répétaient invariablement à la virgule près, si je puis dire !

 

Malgré les travaux des deux inventeurs, de nos jours cette érosion se poursuit inexorablement comme ces falaises qui reculent et précipitent des maisons dans le vide. Pour ne citer qu’un exemple, celui qui consiste à donner un nom à chacun des nains est une invention récente que les frères Grimm ne mentionnent pas. Point de simplet, de grincheux ou de timide !

 

Comprenez la raison de mon choix d’anciens traducteurs fidèles tel Henri Mansvic et Valentin Picnik qui œuvrèrent au tout début de XXe siècle.

 

D’autre part, l’interprétation que je vais entreprendre est à l’image de tous les textes alchimiques. Le conte ne traduit pas un déroulement linéaire du procédé, de A jusqu’à Z. Chaque phrase, chaque paragraphe a un sens qui peut se retrouver ailleurs exposé autrement. Des redondances donc à multiples facettes toujours instructives.

 

Je souhaite, vous qui tentez de suivre les méandres de ma pensée bancale, que votre songe dans la forêt de Blancheneige soit aussi instructif que l’exposé qu’une nymphe « modèle de la beauté » fit à l’alchimiste Cyliani dans un rêve prophétique qui inspira le mysticisme de Balzac dans son livre La recherche de l’absolu.

 

Petite explication de texte hermétique.

 

Voici la première phrase du conte :

 

« C’était en hiver, les flocons de neige tombaient du ciel comme du duvet. »

 

Interprétation :

 

Les flocons de neige sont ici assimilés au sel blanc qui tombe du ciel du ballon sur la terre du Grand Œuvre. Cela est confirmé par le mot « duvet » qui fait allusion aux aigles dont parlent Fulcanelli. Durent cette opération, le sel philosophique est utilisé sous forme plumeuse (feu de cheveu) et l’alchimiste le laisse tomber doucement sur sa terre ou matière.

 

Voyons la suite :

 

« Une reine était assise près de sa fenêtre dont l’encadrement était en ébène et brodait. Soudain elle se piqua avec son aiguille, et trois gouttes de son sang tombèrent dans la neige. En voyant le joli effet du rouge sur la blancheur de la neige elle se dit : Je voudrais un enfant blanc comme la neige, rouge comme le sang et noir comme le bois de ce chambranle.

Elle eut peu de temps après une petite fille qui était blanche comme la neige, rouge comme le sang et dont les cheveux étaient noirs, comme de l’ébène ; c’est pourquoi elle fut appelée Blancheneige. La reine mourut quand elle naquit. »

 

Interprétation :

 

La reine, au lieu de se chauffer au coin du feu est assise en plein hiver devant une fenêtre ouverte, et en plus il neige ! ne trouvez-vous pas que cela a quelque chose de surréaliste à moins d’interpréter fenêtre comme faire-naitre, ce qui ne manque pas d’à propos.

 

La reine se piqua et trois gouttes de son sang tombèrent dans la neige.

Trois gouttes, ni plus, ni moins. Nous trouvons là une concordance étrange avec les trois chutes du Christ sur trois stations (3, 6, et 9) du chemin de croix des églises.

La réalité alchimique correspond à la description de la phase coagula avec ses trois imbibitions de la pierre blanche recevant à trois reprises des gouttes de quintessence rouge comme le sang. Ces trois imbibitions sont à l’origine du changement de couleur. En effet, la pierre devient d’abord jaune, puis orangée et enfin rouge. Soulignons ici le nom de Trèbes les capucins jouxtant Carcassonne dans l’Aude. En occitan ce nom signifie trois B, pour trois blessures, ce qui nous ramène à notre sujet avec une dimension christique.

 

La reine souhaite un enfant blanc, rouge et noir. Ce sont là exactement les couleurs du Grand Œuvre, où la tradition à fort probablement fait glisser le noir en troisième position alors que c’est la première couleur stable qui se manifeste. Elle est suivie de la couleur blanche puis de la rouge.

Spécifions enfin que dans tout récit alchimique la pierre philosophale est associée à la mort de ses parents. Des cendres de la mère, ou matéria prima, va naître le soufre philosophique puis la pierre philosophale.

 

Un an après le décès de la reine, le roi se remaria : 

 

« Sa seconde femme était très belle, mais elle était fière, hautaine, et ne pouvait souffrir qu’on la dépassât en beauté. Elle avait un miroir magique. Qand elle s’y regardait et lui demandait :

Miroir, petit miroir au mur, quelle est la plus belle de tout le pays ?

    Le miroir répondait :

Madame la reine, c’est vous qui êtes la plus belle.

Et elle était heureuse, car elle savait que son miroir disait la vérité. »

 

Interprétation :

 

Ici le centre de l’attention est un miroir magique qui parle, c’est la réplique du miroir (miroir de l’art) que l’alchimiste utilise pour irradier la matière qui devient noire comme la reine et dit la vérité comme la couleur verte qui se manifeste alors à la surface du compost. Nous sommes là au cœur de la dissolution qui se traduit ici autant au sens propre qu’au sens figuré.

Le miroir de la reine est capable de sonder l’univers pour savoir qu’elle est la femme la plus belle.

 

Ce miroir de l’art a double face, il est aussi représenté par les adeptes sous la forme d’un bain de mercure dont le surface métallique est convexe. Les miroirs convexes ont la particularité de montrer des images à une échelle réduite. C’est une manière de dire qu’il explore grâce aux images du petit monde ou microcosme, le grand monde ou macrocosme.

 

 

« C’est dans ce miroir, – nous dit Fulcanelli en étudiant les gardes du corps ornant le mausolée de François II, duc de Bretagne, – disaient les maîtres, que l’homme voit la nature à découvert. C’est grâce à lui qu’il peut connaître l’antique vérité en son réalisme traditionnel. Car la nature ne se montre jamais d’elle-même au chercheur, mais seulement par l’intermédiaire de ce miroir qui en garde l’image réfléchie. Et pour nous montrer que c’est bien là notre microcosme et le petit monde de sapience, le sculpteur a façonné le miroir en lentille plane convexe, laquelle possède la propriété de réduire les formes en conservant leurs proportions respectives. L’indication du sujet hermétique, contenant en son minuscule volume tout ce qui renferme l’immense univers, apparaît donc voulue, préméditée, imposée par une nécessité ésotérique impérieuse, et dont l’interprétation n’est pas douteuse. » Tome II, p. 277 Édit. J. J. Pauvert 1964.

 

La particularité de ce miroir est mise en évidence quand il est précisé  qu’il est : « petit miroir au mur ». Le mot petit exprime bien qu’il représente le petit monde ou microcosme. Quant au mur sur lequel il est fixé, c’est une structure solide qui sépare ou délimité deux espaces que sont ici le microcosme virtuel du miroir et l’univers macrocosmique.

 

Quand l’alchimiste mondifie, c'est-à-dire créé des mondes, ce n’est pas un vain mot, une image vide de sens. Je ne m’y arrêterais pas car c’est un développement qui n’a pas sa place dans cette « exégèse ». Je rappellerais cependant la théorie aritmético-alphabétique (théorie des nombres-idée) des métaux dite théorie de la balance élaborée par l’alchimiste arabe Jabir ibn Hayyan appelé Géber en occident (VIIIe siècle). Je la signalerais en son expression philosophique : « À toute genèse  correspond une exégèse ».

Certains contes comme Blancheneige sont les vivantes « exégèse » d’une « genèse » qui s’observe dans le miroir de l’art.

 

« Cependant Blancheneige croissait en âge comme en beauté, et à sept ans elle était belle comme le jour et plus belle même que la reine. »

 

Interprétation :

 

Nous avons là la mise en évidence du cycle de sept ans qui préfigure l’entrée en scène des sept nains.

Tous les sept ans les cellules de notre corps sont entièrement renouvelées montrant pas là qu’une autre phase de la vie commence.

Les sept jours de la semaine sont là pour nous montrer le rythme septénaire de notre vie. La fabrication de la pierre philosophale n’échappe pas à cette structure temporelle. Il faut en effet 28 mois philosophiques soit quatre cycles de sept.

Et la naissance de la brillante beauté de Blancheneige est ici expliquée en peu de mots :

 

« Vers la septième réitération du processus, – nous dit l’alchimiste Eugène Canseliet à la page 249 de son Alchimie expliquée sur ses textes classiques, – c’est-à-dire vers le septième jour, la terre, qui était noire et obscure, tout au début, revêt une couleur blanche et de plus en plus brillante. »

 

Cette citation montre l’inévitable rencontre de Blancheneige avec les sept nains porteurs de lumière. Nous verrons cela plus tard.

Évidemment il faut éviter de considérer ces valeurs sept avec l’exactitude d’un chronomètre. Il s’agit d’ordres de grandeur. En effet, des facteurs difficilement contrôlables peuvent faire varier la dimension temporelle comme la qualité des matières, et des phénomènes extérieurs telle la température et aussi, et surtout, nos erreurs !

 

Soulignons en passant que les cycles économiques, reflets de notre vie sociale, se produisent dans la plupart des économies modernes, en épousent la forme de vagues, avec des longueurs qui varient entre trois ans et demi et sept ans.

 

« Un jour la reine demanda à son miroir :

—Miroir, petit miroir au mur, quelle est la plus belle de tout le pays ?

Le miroir répondit :

—Madame la reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blancheneige est mille fois plus belle que vous. »

 

Interprétation :

 

Dans cette affirmation de la grande beauté de Blancheneige se glisse la multiplication alchimique à la suite de trois réitérations.

Quand le Grand Œuvre est réalisé pour la première fois la capacité transmutatoire de la pierre est nulle. Lorsque le Grand Œuvre est réitéré pour la première fois, la pierre est capable de transmuter 10 fois son poids en or. Réitérée pour la seconde fois, elle transmute 100 fois son poids en or. À la fin de la troisième réitération elle devient capable de transmuter 1000 fois son poids en or. C’est cette série des réitérations qui inspira l’alchimiste écossais John Napier (1550-1617) baron de Merchiston (Néper en français) pour inventer les logarithmes.

Il faut préciser qu’il s’agit là encore d’un concept théorique.

Dans la pratique les résultats peuvent êtres différents, notamment en fonction de la pureté du sel et surtout de la dextérité de l’œuvrant car lors des réitérations ou multiplications le temps pour réaliser le Grand Œuvre diminue considérablement.

Dernier point, la pierre philosophale se pare parfois du nom de « Pierre Belle ». Nous voyons donc que Blancheneige personnifie la pierre philosophale, 1000 fois plus belle que les plus belles pierres du monde.

 

La reine voulut donc se débarrasser de Blancheneige et demanda à un chasseur de l’emmener dans un bois et de la tuer. Mais le chasseur laissa la vie sauve à l’enfant et rapporta comme preuve à la reine le cœur et le foie d’un chevreuil.

 

« L’affreuse marâtre les fit apprêter par le cuisinier et les mangea. »

 

Interprétation :

 

Si Blancheneige représente la pierre philosophale à tous les stades de fabrication, la marâtre symbolisme les aléas et la matière rejetée ou âme damnée dépourvue d’âme, c'est-à-dire manquant de sel de soufre ou de mercure. L’âme damnée ou matière noire et pestilentielle va donc absorber la pierre philosophale, mais ne l’empoisonneras pas, ne la digéreras pas. Le conte est des plus expressif à ce propos.

 

Dans la forêt Blancheneige aperçut à la nuit tombée « une petite maison où elle entra pour se reposer. »

Tout était minuscule dans cette maison. Elle mangea et but dans chacun des sept assiettes et se coucha dans le septième lit qui était à sa taille et dans lequel elle s’endormit.

 

Interprétation :

 

En mangeant dans chacun des sept couverts l’un après l’autre cela traduit les sept rations de sel qui doivent être utilisées pour nourrir la pierre.

Le septième lit montre que la pierre est endormie dans le compost dont elle est l’étoile. L’étoile du compost ou Compostelle est analogue à Blancheneige.

 

« Il faisait noir quand les maîtres de la maison rentrèrent. C’étaient les sept nains qui dans les montagnes creusent les mines. »

Ils constatèrent que leur maison était dérangée. Il s’approchèrent des lits…

« Mais le septième nain en approchant de son lit vit Blancheneige qui dormait. Il appela les autres qui accoururent et furent émerveillés. Ils allèrent chercher leurs chandelles et éclairèrent Blancheneige. »

 

Interprétation :

 

Les sept nains qui creusent les mines sont ici des « rongeurs », car il s’agit de sept réitérations de l’application d’une substance purificatrice qui ronge les impuretés. Cette phase est particulièrement bien représentée à l’église de St Siffrin de Carpentras par une boule rongée par les rats qui orne la porte des juifs. Cette représentation est loin d’être unique. La plus significative reste celle sculptée sur une miséricorde des stalles de Champeau en Brie (Ile de France). En effet, la substance purificatrice ronge des impuretés que les alchimistes appelent fécès, ce qui ici n’est pas dépourvu d’humour puisque la miséricorde permet d’appuyer les fesses des moines qui se tiennent debout ! Par ailleurs c’est la raison pour laquelle le chat est accroché aux basques du fou ou alchimiste représenté par la carte du jeu ne comportant pas de numéro. Le chat est le nom de la substance, et le rat son effet sur la terre ou ter ou trois… La substance « provoque » l’effet. Le rat purifie donc avec le K (ne pas confondre avec cabaret) la substance ternaire en boule ou soufre philosophique.

 

«  Vous posséderez alors ce Chaos des Sages «  dans lequel tous les secrets cachés se trouvent en puissance, ainsi que l’affirme Philalèthe, et que l’artiste habile ne tarde pas à rendre actif. »

 

Si vous avez lu cette citation du Mystère des Cathédrale (p197 edit. 1964) en ouvrant bien vos oreilles, vous ne mettrez pas en doute ce que je raconte.

 

Évidemment les nains, s’ils creusent, ne sont pas des rats. L’anagramme de rat est art, ce qui fait des sept petits compagnons les serviteurs de l’Art ou alchimie qui éclairent donc Blancheneige, car le blanc de la neige est analogue à la lumière. Je ne spécule pas et reste dans le registre de la terminologie alchimique telle que vous pourrez la découvrir chez Fulcanelli ou Canseliet. Je n’ai pas le temps d’aller vous chercher des citations. Bougez-vous un peu !

 

Les nains sont des gnomes, transmetteurs de la connaissance et donc de la lumière.

« Les gnomes, écrit Fulcanelli à la page 367 du premier tome de ses Demeures Philosophales de 1964, sont les génies préposés à la garde des trésors souterrains, artisans nocturnes de l’ouvrage hermétique, familier au sage qu’ils servent, honorent, enrichissent de leur labeur incessant. Ce sont les possesseurs des secrets terrestres, les révélateurs des mystères minéraux. Le gnome, créature fictive, est l’expression ésotérique de la vie métallique, du dynamisme occulte des corps bruts que l’art peut codenser en une substance pure. La tradition rabbinique rapporte, dans le Talmud, qu’un gnome coopéra à l’édification du temple de Salomon, ce qui signifie que la pierre philosophale du y entrer pour une certaine part. » p367 tome I, op. cité.

 

Je m’arrêterais là et vous dispenserais de l’explication du mot V.I.T.R.I.O.L (Visite l’Intérieur de la Terre, en Rectifiant tu trouveras la pierre cachée) signalé par l’alchimiste Bazille Valentin et qui orne le cabinet de réflexion des Francs Maçons. C’est un classique rabâché qui a le don de me donner des boutons ! Je le laisse pour que les doctes érudits aient quelque chose à raconter… Qu’ils ne se perdent pas à force de visiter leur Intérieur de la terre ou de Rectifier à coup de distillatoire, ça pourrait leur sauter à la figure !

 

Blancheneige resta chez las nains en s’occupant du ménage et en cuisinant pour leur préparer le repas à leur retour de la mine.

Mais la reine sut, grâce à son miroir que Blancheneige était en vie. Elle décida de s’en débarrasser.

 

« Elle se teignit le visage et s’habilla comme une vieille marchande. »

 

Ainsi accoutrée elle se présenta à Blancheneige et lui vendit un corset de satin rose.

Blancheneige se laissa lacer le corset par la reine déguisée qui serra si fort les cordons que Blancheneige tomba inanimée.

Les nains la délivrèrent en entaillant le corset et elle revint à la vie.

 

Interprétation :

 

La teinture du visage de la reine traduit la première teinture de coagula, ce qui donne à la pierre un aspect vil comme le déguisement de la reine. L’utilisation du corset qui prive d’air la pierre montre qu’il faut l’isoler de l’humidité de l’air pour qu’elle puisse se fixer (sécher). Dans le cas contraire la pierre reste humide et les teintures ne peuvent se dérouler correctement. Actuellement une cloche à fromage et un dessiccateur d’air que l’on trouve facilement dans le commerce suffisent. À défaut on peut utiliser comme dessiccateur le carbonate qui sert à fabriquer le sel philosophique.

 

La deuxième tentative de la reine consiste à fabriquer un peigne empoisonné. Elle enfonça dans sa chevelure le peigne et immédiatement le poison agit :

 

« Mais dès que la vieille lui eut enfoncé le peigne dans les cheveux, le poison agit et elle tomba inanimée. »

 

Les nains la délivrèrent une seconde fois.

 

Interprétation :

 

Le peigne qui s’enfonce dans la chevelure noire de Blancheneige exprime que le feu de cheveux (selon Gébert) sur la pierre noire doit être utilisé à bon escient, sans cela il risque de la « tuer » en l’empoisonnant par surdose. Ces capillarités salines sont très puissantes et leur dosage doit être réduit de moitié par rapport aux cinq autres adjonctions salines.

 

Soulignons ici que le pecten jacobeus (peigne de Jacques) ou mollusque bivalve dont la coquille caractérise les pèlerins sur la route de saint Jacques à Compostelle, a le même sens.

 

À la troisième tentative, la reine se teignit le visage et alla offrir à Blancheneige une pomme empoisonnée. « Mais quiconque la toucherait des lèvres mourrait. »

La reine offrit à Blancheneige une moitié de pomme rouge qu’elle mangea et tomba raide morte.

Cette fois les nains ne purent la ranimer.

 

Interprétation :

 

Nous sommes là à la troisième teinture comme le signale la teinture du visage de la reine déguisée. La pomme offerte est rouge comme la pierre après la troisième imbibition de teinture rouge.

Ici un obstacle sérieux est signalé : Sous aucun prétexte il faut toucher la pierre. En effet, tout contact organique pourrait « l’empoisonner » et donc la « tuer ». D’autre part on ne doit pas la diviser ou la réduire en morceaux comme le montre ici une mastication mortelle.

 

Les nains placèrent Blancheneige, qui semblait dormir, dans un cercueil de verre et y gravèrent son nom en lettres d’or. Puis ils exposèrent le cercueil au faite d’une montagne voisine.

Il advint qu’un prince vît le cercueil, et demanda de l’emporter. Il fut donc transporté, mais un domestique buta contre une racine d’arbre et la secousse imprimée à Blancheneige fit qu’elle rendit le petit morceau de pomme. Aussitôt elle revint à la vie.

Le prince la demanda en mariage, et leur noce fut célébrée avec pompe et magnificence.

 

Interprétation :

 

Il est ici évident que le cercueil de Blancheneige n’est autre qu’un ballon de verre fermé dans lequel la pierre est placée.

Elle est en état de léthargie car insuffisamment rouge et purifiée. Pour y parvenir il est une opération dont l’expression, selon les vieux maîtres, ne saurait être plus expressive. Il s’agit de « lui faire rendre gorge » ! C’est-à-dire exsuder et se séparer ainsi du dernier petit reste de substances toxiques.

La pierre grâce à une dynamisation, ou cinquième feu léger, va être déplacée, ce qui va permettre de la purifier sur toute sa surface et lui faire rendre gorge. À la suite de cette opération elle est prête pour la multiplication.

 

La reine se rendit à la fête. Quand elle arriva, « des souliers de métal rougis au feu avait été préparés pour la maratre. On les plaça devant elle et elle du les chausser et danser tant qu’épuisée elle tomba morte à terre. »

 

Interprétation :

 

L’esprit de ce conte n’est pas cruel. Donc cette fin ne saurait être prise au sens propre. C’est une métaphore que l’on peut traduire en ces termes :

« Tu m’a suffisamment empoisonné la vie. Maintenant à mon tour de te casser les pieds ! »


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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:28

 

© 2009 pour tout le blog.

 

Vous avez dû remarquer que parfois je suis mal embouché. Je dois dire pour ma défense face aux gens biens (si j’ai une défense à assumer vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose qui m’accuse) que dans ce blog je suis dans mon espace de liberté et donc je donne libre cours à mes humeurs du moment. Je suis ici chez moi et donc je vous reçois en toute simplicité parfois en pyjama. Quand vous me lisez, vous êtes immédiatement mon ami. Pourriez-vous me reprocher ça, cette familiarité bon enfant qui vous rend complices de mes envolées lyriques ou les fausses notes ne manquent pas ?

 

Par ailleurs, et je suis sûr que vous l’avez toutes et tous compris, mes articles sont ce qu’ils sont, c'est-à-dire relatifs. Ils traduisent mon opinion du moment liée à ma compréhension du moment. Loin de moi le désir de vous les asséner comme une inaltérable vérité. En me lisant vous suivez mon chemin à la recherche d’une fenêtre sur moi-même et l’univers. Ne soyez donc pas bouleversé si mes concepts ne correspondent pas aux vôtres. Tout ça est relatif, soyez en convaincu et restons bons amis au lieu de traiter de stupide ce que j’écris. Vous avez peut-être raison et je sais depuis longtemps que je suis stupide en plus de mal embouché. Je pense cela très réellement. Comprenez-vous pourquoi je suis un inadapté au milieu de mes frères humains qui s’entourent de titres ronflants et de prétentions méritées !

 

Quant à ceux que je vise parfois pour secouer les puces, jamais je n’ai l’intention de leur envoyer une flèche empoisonnée. Cette manière de procéder n’est pas dans mon tempérament et sincèrement je m’excuse auprès de ceux qui saignent. Ma manière de vivre est là, libre sans agresser mais sans trahir la vérité. C’est une acrobatie difficile comme ceux qui ont le derrière sur deux chaises. J’aurais pu dire la phrase qui précède plus élégamment, mais j’aime choquer un peu les gens bien éduqués tout en leur conservant une réelle amitié, un amour même. Quel bonheur de les charrier !

 

Mon meilleur ami était un aristocrate de haute lignée dont le cousinage avec le roi du Portugal et de France était incontestable. Le blason de sa mère, analogue à celui de Paris, figurait et figure encore, sur la coupole du parlement de Toulouse. Haut en couleur nous nous entendions à merveille. Un jour en sa gentilhommière il reçut un membre très aristo de sa famille dont le verbe affecté faisait naître chez mon complice un petit sourire moqueur, signe précurseur d’un se ses coups d’éclat qui firent de lui un être infréquentable par la haute société au sang bleue. La conversation vint sur les princes de l’Église, puis sur les évêques. C’est alors que son parent imbu de ses titres lui dit avec un sérieux admirable « cher comte, que pensez-vous de votre évêque ? ». Je sentis dans l’air comme un souffle de bonheur. Face à moi l’œil de mon ami brillait espiègle. Je m’enfonçais instinctivement dans mon grand fauteuil empire en prévision d’un coup de rapière ravageur. La bouche pincée il répondit guindé, le visage haut faussement énigmatique : « Notre évêque est en effet très particulier. » La mine interrogative de son interlocuteur montrait son désir d’en savoir d’avantage, alors qu’il tombait dans un piège grossier. Il insista manifestement très captivé, montrant par là que le poisson était ferré : « Vous avez donc une opinion précise sur ce saint homme ? pourriez-vous me le définir ?» À ce moment la joie de mon ami rayonnait quand il répondit avec emphase : « Oui, je puis vous le définir fidèlement en peu de mots ! » son œil ne me quittait pas et mon malaise grandissait tellement que j’étais sur le point de prendre congé. J’esquissais un geste pour me lever quand il fit un signe discret de la main me demandant de rester pour assister à l’épilogue sanglant pour la haute société. « Cher baron, je puis vous dire que mon évêque est, comme beaucoup de braves évêques, n’en doutez surtout pas, de la vraie chiasse en bas de soie (sic) ».

 

Vous voyez, j’ai été à la bonne école chez un véritable aristocrate… comme je les aime évidemment ! Et croyez-moi si vous le voulez, avec lui nous parlions abondamment d’alchimie et de réalisation spirituelle en des domaines non disciplinés par les lois de ceux qui veulent tout régenter.

 

 

À Narbonne, dans l’Aude, quand j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école communale Montmorency, j’étais là en qualité de cancre et de lanterne rouge de ma classe. En ce lieu de supplice pour mon besoin de liberté, je me souviens que mon institutrice de CM1 a un jour défini l’alchimie avec un mépris qui a fait sursauter mon âme d’enfant et l’a marquée à jamais. Plus d’un demi-siècle plus tard cette définition est restée gravée dans ma mémoire au milieu des cadavres de règles d’orthographe défuntes depuis des lustres. Elle a dit avec mépris : « C’est l’art, pratiqué par des rêveurs, voulant fabriquer une pierre capable de transmuter les métaux en argent ou en or. » Allez savoir pourquoi cette phrase m’est restée alors que tout le reste s’est évaporé ?

 

Bien plus tard j’ai pu lire que l’alchimie est une pseudoscience du Moyen Age, plus exactement une science occulte chimérique. Disons le tout net, c’est un piège à c… ou plus poliment à fous, à cupides et à insensés. Son royaume est celui des dupes et des crédules.

La seule chose positive à son actif est sa qualité d’ancêtre de la chimie. Les chercheurs hallucinés ou détraqués découvrirent, en maniant au hasard leur verrerie, des substances chimiques seuls résultats tangibles de leurs folles prétentions. Avouez que ce n’est pas glorieux pour l’auréole de nos fondateurs des sciences de la matière !

 

En résumé, l'un des objectifs de l'alchimie est le grand œuvre, c'est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, notamment des métaux "vils", comme le plomb ou le mercure, en métaux nobles, l'argent, l'or.

Un autre objectif est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie avec un élixir de longue vie.

 

Pour revenir à mon institutrice abhorrée, monument légendaire de sévérité, je suis surpris aujourd’hui de sa connaissance d’une pierre capable de transmuter. Cela laisse supposer que sa culture en la matière était loin d’être superficielle. Son développement du sens de l’alchimie a du être plus important que m’a mémoire réticente à sa pédagogie violente et catastrophique, a bien voulu me restituer.

 

Sens du terme alchimie.

 

Peut-on définir l’alchimie en peu de mots ? L’étymologie permet d’en esquisser un contour très général. C’est déjà une approche globale même si la signification de ce terme est entaché d’incertitudes. Ce nom provient de l’Arabe, ce qui n’est pas surprenant puisque les musulmans furent les vecteurs de cette connaissance issue de l’Égypte hellénisée. El-kimya signifiait donc la chimie, puisque el est l’article. Le mot « chimie » n’est pas d’origine arabe, mais est issu de l’égyptien Kam-it ou kam-it qui signifie « noir ». Ce qualificatif était le nom de l’Égypte dont la terre devenait noire par les alluvions du Nil. Ce nom apporte donc d’utiles renseignements quant à l’origine de cet art sacré.

 

Ajoutons enfin que par un jeu phonétique les alchimistes disent que l’alchimie est la chimie de Al ou chimie de Dieu. Al étant pris ici dans le sens d’Aloim ou Eloim, puisque les voyelle sont permutantes. Ce sens a la particularité d’attacher une dimension spirituelle à l’alchimie, sens trop souvent oublié de nos jours ou le laboratoire est mis trop souvent en exergue, alors que sa pratique unilatérale conduit inexorablement à l’échec par manque de maturité et de pertinence spirituelle. Car la spiritualité est aussi une « technique » dont il est nécessaire de ne pas négliger la dimension qui n’a rien de commun avec des discours confiturés comme l’a mis à la mode le culte du sacré cœur de Jésus.

La spiritualité est inséparable de l’exploration de la partie invisible de l’univers dont il convient de découvrir non seulement l’organisation, mais aussi notre place. C’est l’indispensable complémentarité de l’alchimie au laboratoire qui œuvre sur l’univers visible. Œuvrer la matière sans dimension spirituelle c’est œuvrer en aveugle à l’instar des souffleur qui ignorent ce qu’il faut faire au laboratoire. Quand on ignore l’oratoire on est aussi un souffleur !

 

La philosophie hermétique.

 

L’alchimie étonne la philosophie, car – comme je viens de le dire, – l’objet de la recherche des alchimistes s’appelle pierre philosophale. Certes, cet adjectif indique qu’il ne s’agit pas du domaine de la philosophie, mais d’une très ancienne tradition qui appelle philosophes, philosophes par le feu les alchimistes. Quant à l’enseignement il se nome philosophie. Le célèbre livre du moyen age La tourbe des philosophes en est un témoignage ainsi que Le livre de la philosophie naturelle des métaux (1567) de Bernard le Trévisan et Les douzes clefs de la philosophie (1624) de Basile Valentin et aussi, plus près de nous, Les clefs de la philosophie spagyrique (1722) de Le Breton.

 

Le fameux Vocabulaire technique et critique de la philosophie d’André Lalande n’élude pas le fait (depuis la première édition de 1902 à 1903) dans son article philosophie où il signale à la page 773 de la dixième édition de 1968 (Presses Universitaires de France) :

 

[ Au Moyen âge, les alchimistes. « Le sel, le soufre et le mercure des philosophes… » De là, les expressions « pierre philosophale », « Lampe philosophique », etc. ]

 

 

Je rappelle qu’il y a, en alchimie, quatre appellations sous le vocable de philosophie : Philosophe, philosophal et philosophique qui constituent une sorte de progression marquant les principales étapes de l’évolution de la matière dans l’athanor. Quant au terme philosophale il s’applique seulement à la pierre réalisée.

Le mot philosophe, comme pierre des philosophes, caractérise les substances brutes issues du minerai et non œuvrées. Il caractérise aussi les substances issues du premier œuvre ou séparation.

Le terme philosophal est intermédiaire entre philosophe et philosophique.

L’expression philosophique caractérise essentiellement le sel préparé selon les procédés chimiques, d’où l’appellation sel philosophique (dans un premier temps) et les substances du second-œuvre dans l’opération de solve (dissolution) ou se forme le rebis, ou matière double ignée. Cette matière à double complexion n’étant pas parvenue à maturité prendra le nom de soufre philosophique. Quant au soufre des philosophes il qualifie la matière sulfureuse séparée du mercure et du sel dans la première partie du Grand Œuvre.

Le soufre philosophique est capital en alchimie car parvenu à maturation il prend le nom de pierre philosophale. Soulignons ici que le sel philosophique s’intègre harmonieusement au soufre philosophique et accompagne sa maturation.

L’importance capitale de ce corps double, appelé aussi rebis, ou androgyne, et telle que les alchimistes des siècles passés lui avaient consacré un symbole à doubles significations. La première désigne le tartre des tonneaux (lie de vin solidifiée) d’où peut s’extraire aisément le carbonate nécessaires à la fabrication du sel philosophique. La seconde est celle du soufre philosophique lui-même à triple constitution. D’où, dans la nomenclature des anciens chimistes, le symbole formé d’un triangle avec trois tiges lancéolées partant du milieu de sa base. Nous laissons la parole à Eugène Canseliet en son ouvrage l’alchimie expliquée sur ses textes classiques :

 

« Le fils de science notera que le triangle et ses trois tiges lancéolées, qui expriment la lie de vin solidifiée, désignent également le soufre philosophique. » p 169.

 

Spécifions ici que le sel des alchimistes n’est pas le chlorure de sodium de notre salière, mais une substance ionique double qui lui est analogue par deux points : la couleur blanche et la cristallisation. Dans le Grand Œuvre cette substance est utilisé durant la cuisson de la même manière que le sel de cuisine, c'est-à-dire à petite dose raisonnable. En cuisine comme en alchimie un excès rend impropre à la consommation le résultat final. Dans les deux cas les substances trop salées rejoignent la poubelle.

Signalons en outre les mois philosophiques qui caractérisent la durée symbolique des philosophes œuvrant dans le cadre du Grand Œuvre pour fabriquer le pierre philosophale (28 mois).

 

Il importe de souligner ici un fait capital. Si André Lalande, signale, dans son vocabulaire, le sens alchimique de philosophie, il renvoie tout de même à un « savoir rationnel, science, au sens le plus général du mot. ».

Donc, il ne dit pas pourquoi le terme philosophal s’est différentié de philosophique, ni ce qui justifie que l’alchimie soit considérée, comme philosophie en qualité de savoir rationnel.

 

N’oublions pas que ce vocabulaire volumineux qui fait encore autorité en la matière, fut rédigé dès les premières années du XXe siècle. La première édition a plus d’un siècle, ce qui signifie que l’auteur est issu d’une époque a la mentalité différente de la nôtre où l’intuition jouait, malgré l’apparente rationalité, un rôle non négligeable. Le testament spirituel de Bergson (1859-1941) en est un bel exemple quant il disait : « L’univers est une machine à fabriquer des dieux. » Les dieux meurent. Où sont donc leurs couronnes ? Telle est la question à laquelle l’alchimie répond…

Le terme philosophie a donc deux faces. L’une est rationnelle véhiculée par la philosophie « académique ». L’autre plonge dans le sur rationnelle attaché au sens alchimique.

 

Bernard Joly en son beau livre Rationalité de l’alchimie au XVIIe siècle, (Éditions Librairie philosophique J. Vrin, Paris 1992) ne manque pas de relever cette opposition dès la deuxième page de l’introduction :

 

« Prendre au sérieux la solidarité que les mots ont imposé entre la philosophie et l’alchimie, voila la tache que nous nous sommes fixée.

Cela ne va pas, bien sur, sans difficulté, tant est enraciné dans nos mentalités contemporaines l’opposition entre la rationalité du discours philosophique, rationalité qui constitue son essence même, et l’irrationnel des entreprises alchimiques. D’un côté, le travail rigoureux du concept et l’usage prudent et réfléchi des catégories logiques de la pensée ; de l’autre, le déploiement de la rêverie et de l’imaginaire, porté par le jeu des symboles et des analogies. »

 

La philosophie alchimique apparaît comme irrationnelle alors qu’en réalité elle est surrationnelle. Cette méprise est pardonnable puisque le rationnel est incapable de saisir ce qui le dépasse, comme une intuition juste ou une synchronicité.

Dans ces remarques nous avons l’exemple d’une ignorance entretenue par les mandarins depuis la condamnation sans appel, durant les années 80, de la dimension holoscopique de l’homme, notamment son espace psychique, et celui de l’univers.

 

Si Bernard Joly avait été informé des découvertes des neurosciences il aurait proposé une réponse satisfaisante et constructive à ces oppositions dans le concept de philosophie. En effet, la cohabitation dans notre psychisme d’une dimension rationnelle et d’une autre surrationnelle, confondue, comme je viens de le spécifier, avec l’irrationnel, est tout à fait normale.

En d’autres termes la philosophie est autant celle des philosophes rationalistes que celle des alchimistes. C’est l’union des deux qui est la philosophie. Telle est la raison pour laquelle André Lalande manifeste une contradiction qu’il ne parvient pas à résoudre et que seule les neurosciences expliquent.

Je ne saurais exposer ici un long développement sur la physiologie du système nerveux central sans prendre le risque d’endormir la galerie. Aussi, comme je l’ai déjà fait, je vais vulgariser et résumer avec le risque que cela comporte de laisser supposer des faits simplistes qui n’existent pas.

Nous savons depuis les années 70 que nos deux encéphales cérébraux n’ont pas les mêmes rôles, ils ne fonctionnent pas de la même manière.  Ainsi quand nous dessinons un objet, l’encéphale gauche traduit les détails et le droit les formes générales, la globalité. La particularité de l’encéphale droit est sa capacité de réaliser des extractions d’invariantes, en d’autres termes de « voir » de l’ordre là ou pour notre cerveau rationnel il n’y en a pas. Les hémisphères cérébraux fonctionnent naturellement par le croisement de ces deux capacités que les biologistes appellent logique cruciforme.

Il est bien évident que l’hypertrophie du rationnel ou celle du sur rationnel forment des êtres déséquilibrés, des sous-hommes manipulables ! Un intellectuel spéculateur est un inadapté, ce qui fait des exposés maçonniques ou « planches » des procédés de « contre initiation ». Le déséquilibre est aussi présent chez le « non-penseur » qui ne peut vivre en permanence dans le sur rationnel sans prendre le risque de se « déconnecter » de la société et surtout de se tromper.

Le milieu social actuel fabrique des sous-hommes en favorisant la dimension rationnelle au détriment de celle qui ne l’est pas.

Ceci pour dire que la philosophie alchimique est autant rationnelle que surrationnelle. Cet équilibre étant fondamental pour éveiller l’intuition et la compréhension de l’univers grâce à la cabale qui va au-delà des mots et se caractérise comme verbe de notre encéphale cérébral droit alors que le gauche a comme verbe la parole « académique ».

À partir de là on peut saisir pourquoi les alchimistes se disaient dépositaires de la science par excellence, contenant les principes de toutes les autres, expliquant la nature, l’origine et la raison d’être de tout ce qui existe y compris l’univers et sa destinée. C’est cette capacité qui fut gardée secrète et mise à l’actif du personnage réel ou imaginaire Hermès Trismégiste (le Thoth des Égyptiens).

Telle est la raison pour laquelle la philosophie des alchimistes s’appelle Philosophie hermétique.

 

L’alchimie théorique.

 

L’alchimie comporte une pratique au laboratoire, in vitro, qui doit être précédé d’une connaissance théorique du déroulement des opérations ou Grand Œuvre. Une partie de l’alchimie est donc une technique nécessitant non seulement de la dextérité, mais aussi une logique aussi rigoureuse que celle des scientifiques.

Contrairement à ce qu’affirment de nombreux auteurs, l’alchimiste n’est pas un théoricien. Son art ne repose pas sur des postulats. Dans son athanor il ne s’imagine pas que telle réaction est due à tel phénomène ou à tel autre. Il se limite a appliquer son protocole expérimental que lui a enseigné un maître. C’est pour cela qu’il est appelé le singe de la création, terme qui n’implique nullement la bêtise, mais l’art d’oublier ce que l’on sait, et d’apprendre à partir de ce que l’on observe. Donc ne pas attendre tel ou tel phénomène, surtout si l’on est chimiste.

La théorie ne s’élabore qu’après avoir avancé dans la pratique, mais surtout pas avant. Elle est le reflet, le miroir, de l’alchimiste, de ce qu’il a observé et compris, et non le résultat de ce que les autres on dit. Elle est donc en perpétuel changement et progresse en même temps que l’alchimiste et en fonction de lui-même. Étant individuelle à un alchimiste, son alter ego en quelque sorte, elle ne peut donc faire l’objet d’un livre sans prendre le risque d’être toujours biaisée. Les livres sur les théories alchimiques doivent donc être lus avec beaucoup de circonspection…

En clair l’univers est immuable, mais l’alchimiste ne l’est pas et sa perception des théories universelle ne peut être complète et donc vraie que lors de sa réussite finale.

 

L’alchimie pratique.

 

L’alchimie pratique repose sur une série de manipulations ou Grand Œuvre appelé aussi Grand Opéra qui se réalise sur une paillasse de laboratoire ou à défaut dans une cuisine. Le but de ce travail est de fabriquer la pierre philosophale.

L’outillage est des plus rudimentaires : un fourneau, une bassine, un entonnoir, une cornue, deux ballons, des bouchons en caoutchouc ou en plastique, un mortier et son pilon, un filtre en tissu, une passoire non métallique. Les fours sont là par tromperie. Ils peuvent cependant servir à fabriquer la chaux en « cuisant » des coquillages. Un conseil, si vous désirez un four à chaux servez-vous d’un grand bidon enterré ou alors utilisez un four électrique.

Durant ces travaux l’adepte doit observer une succession de couleurs précises. Certaines sont intermédiaires et ne se manifestent pas longtemps. La première est la couleur noire, ensuite vient la blanche. Les dernières sont la jaune, l’orangé et la rouge. La couleur rouge caractérise la pierre philosophale qui peut également être jaune comme l’intérieur de la pierre. C’est d’ailleurs pour cela que la pierre philosophale est appelée œuf.

C’est durant l’œuvre au noir que l’alchimiste récolte la première médecine ou quintessence.

La pierre au blanc permet de transmuter les métaux en argent. La pierre rouge transmute en or. Les métaux transmutés sont laminés au marteau et plongés dans de l’alcool. Cette macération métallique transforme l’alcool en élixir de longue vie ou médecine universelle. Celle contenant l’argent est réservée aux femmes. Celle contenant l’or est réservée aux hommes.

Je n’ai abordé ici qu’une manière de procéder pour réaliser le Grand Œuvre qui s’appelle voie humide. Il existe d’autres voies dont la voie dite sèche car le sel est utilisé sous forme de cristaux. Nous avons aussi la voie brève ou sacerdotale, etc.

La première phase des travaux est appelée travaux d’Hercule. C’est une phase capitale qui donne une première maîtrise du Grand Œuvre. C’est la clé de l’alchimie impossible à réaliser sans l’acacia ou des végétaux similaires. Elle caractérisait, dans la Franc-Maçonnerie primitive l’accession à la maîtrise. Le récipiendaire pouvait dire en toute vérité : « l’acacia m’est connu. », ce qui n’est plus le cas de nos jours et rend caduque la maîtrise qui n’est plus une initiation. Q’Iram m’entende !

 

 

L’alchimie spirituelle.

 

Tout en ignorant ce qui précède les cénacles de francs-maçons ont décrété que l’alchimie était uniquement spirituelle. C’est comme si l’alchimie, règne de l’unité pouvait se décliner en tout domaines jusqu’à l’incohérence.

Les frères à trois points ont choisi la déclinaison spirituelle, condamnant l’alchimie pratique qui n’existe pour eux qu’en qualité d’occultisme de bas étages. Nous voilà donc embarqué dans la spéculation pure et simple ou la terminologie alchimique prend uniquement un sens figuré, ce qui donne du grain à moudre aux bavards de toute obédiences. Ainsi fabriquons-nous de l’or spirituel. Le but de l’alchimie devient l’épuration de l’âme et les métamorphoses de l’esprit pour parvenir à la pierre philosophale analogues à l’homme transformé, transmuté.

La question que je me suis posée en lisant ces spéculations alchimiques, qui pour moi sont non seulement fausses dans leurs affirmation, mais déroutantes dans leurs complexités : « Est-il nécessaire d’utiliser la terminologie alchimique pour baliser le progrès spirituel ? » Depuis longtemps j’ai répondu « non ! ». Et j’imagine que tout le monde peut parvenir à la même conclusion. Cela met en évidence que le symbolisme alchimique des Loges est utilisé dans un but qui n’est pas de l’ordre de la spiritualité. Son rôle est de rendre inoffensive l’alchimie véritable. L’intégrer en la déformant (l’Église à suivi une démarche analogue en christianisant dolmen et menhir) était le meilleur moyen de s’en débarrasser. Cela devenait d’autant plus urgent que le symbolisme des loges est basé sur l’alchimie et que la connaissance alchimique spirituelle et surtout celle du laboratoire des premiers temps est perdue… comme la Parole, dite perdue, qui est concomitante à l’alchimie et plus particulièrement à l’alchimie du verbe et de la linguistique ou langue des oiseaux ou encore langue verte. Cette philosophie est simple : spéculons et condamnons ce que nous ne comprenons plus !

Les convaincus de la dimension uniquement spirituelle de l’alchimie citent fréquemment comme preuve ce passage des Sept chapitres d’Hermès :

 

« L’Œuvre est avec vous et chez vous, de telle sorte que, le trouvant en vous-même, où il est continuellement, vous l’avez aussi toujours quelque part que vous soyez, sur terre et sur mer. »

 

Cette citation justificative de l’homme athanor, de l’homme creuset du Grand Œuvre spirituel ne tient pas debout quant on est un peu versé en alchimie. N’oublions pas que le but essentiel de la dimension matérielle de l’alchimie est l’étude de la vie assoupie sous l’épaisse écorce des choses. C’est la raison pour laquelle de nombreux alchimistes étaient médecins. Si l’alchimie est inséparable de la vie, elle est inséparable de tout être vivant, d’où cette phrase, car les phénomènes vitaux suivent des processus alchimiques naturels. L’alchimiste et médecin Anglais Robert Fludd (1574-1637) le précise d’ailleurs fort bien à la page 223-224 de son De mystica sanguinis anatimia (sec. I, part. III,  lib. I) :

 

« Le vrai alchimiste imite la nature. En commençant son œuvre, il réduit la matière en parcelles, il la broie et la pulvérise ; c’est la fonction des dents. La matière ainsi divisée, il l’introduit par le bec dans la cornue ; ce tuyau représente l’œsophage ; la poche de la cornue est la poche stomacale.

Ensuite il mouille la matière avant de la soumettre à l’action de la chaleur, comme le suc gastrique humecte les aliments ingérés dans l’estomac. Enfin il ferme exactement l’appareil (à ce moment la matière est dans un ballon) et l’entoure d’une chaleur humide égale et modérée en la plaçant dans un bain-marie et dans du fumier de cheval (comprenez : dans le sel liquide qui entoure le soufre philosophique et dans le soufre non amalgamé). C’est ainsi que l’estomac est naturellement entouré par le foie, la rate, les intestins qui le maintiennent à une température égale. L’opération alchimique est assimilée à la digestion ; les parties élaborées (chyle) sont mises à part et servent à alimenter le Grand Œuvre (il s’agit ici le la récupération des trois corps séparés) tandis que les matières excrémentielles (parties non récupérables que les alchimistes appellent fèces  – elles sentent comme les selles – et terrestreïtés) sont rejetées comme inutiles. »

 

Cette étude analogique de la voie humide montre à elle seule que tout individus porte le Grand Œuvre avec lui et en lui où qu’il se trouve. Les connaissances actuelles confirment cet aspect par le rôle essentiel du potassium intracellulaire à l’origine de la conduction de l’influx nerveux (potentiel d’action) et donc solidaire non seulement de nos battements cardiaques, mais aussi de nos mouvements et de nos pensées. Je rappelle que le potassium est un métal fondamental en alchimie par sa présence sous forme d’hydroxyle dont il assume le bon déroulement tout comme il assume dans notre organisme, sous forme ionique, l’équilibre hydrominéral et le potentiel électrochimique nécessaire au bon fonctionnement nerveux et cardiaque (balancement des ions).

Je n’insisterais pas sur le rôle des carbonates dans les échanges gazeux et les transports ioniques, ni sur celui des sulfamides. Ceci étant dit pour les intellos… que les autres ne s’affolent pas, ça ne sert à rien si ce n’est pour que je ne sois pas pris, par l’intelligentsia, pour un débile qui vous raconte n’importe quoi !

Durant les processus biochimiques les molécules se rangent en couches contenant celles qui sont identiques. C’est une analogie importante avec les surnagea qui séparent trois couches moléculaires dans l’œuvre au noir.

Il faut cesser de vouloir justifier une attitude qui n’a pas sa raison d’être. L’alchimie est une, autant pratique que spirituelle, et psychologique. René Alleau la définie comme mystique expérimentale dans son unité. De grâce,  cessons de la décliner dans des desideratas qui n’ont aucune raison d’être si ce n’est d’éluder notre incompréhension !

 

Le grand Art ou Art magna.

 

Le qualificatif d’art royal ou d’Art Magna (Grand Art) ne désigne pas une super alchimie ou une alchimie particulière. C’est l’alchimie tout simplement.

Face à ces multiples déclinaisons de la philosophie hermétique il m’arrive de m’imaginer que l’alchimie se découpe en rondelles comme un saucisson. Et je suis stupéfait de voir qu’est confondue une tranche avec le saucisson entier ! Face à la multiplication des fines sections, ne soyons pas surpris s’il est impossible de dépasser le stade apéro.

J’ai envi de tirer les oreilles de Serge Hutin (paix à son âme) quand, dans son livre l’Alchimie de la collection Que-sais-je ? il qualifie l’Art Magna de « conception grandiose de l’alchimie. » Et voilà qu’il cite, au débotté, André Savoret (il aurait pu citer Fulcanelli ou Canseliet) en son fascicule très instructif Qu’est-ce que l’alchimie, réédité à moult reprises et dans lequel cet excellent auteur ne dit pas qu’il parles d’alchimie « grandiose » mais d’alchimie tout simplement !

Déclarer que l’Art Magna ou Art royal est une alchimie particulière, alors que notre célèbre spécialiste de l’ésotérisme ne manifestait pas cette opinion quand nous cheminions ensemble pendant que je lui faisais découvrir, il y a quinze ans de cela, les secrets alchimiques de Montpellier… C’est surprenant, à moins que les exigences sorbonarde de la collection ait réclamées un chapitre de plus ! N’en doutez pas, je me perds en conjecture en découvrant un chapitre intitulé Alchimie mystique (encore une rondelle !), alors qu’il fallait parler de la mystique de l’alchimie une et indivisible.

 

André Savoret (1898-1977) donne donc une définition de l’alchimie qui dépasse amplement les bricoles au laboratoire :

 

« L’alchimie vraie, l’alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature, et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique, a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa plénitude et ses prérogatives primordiales. »

 

Il ne s’agit pas là d’une suprême Grand Œuvre, œuvre mystique, voie de l’absolu ou encore œuvre du phénix permettant grâce à sa pratique le réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale. Non et non ! il existe un Grand Œuvre tout court, indivisible inaliénable et unitaire dans sa démarche. Désolé d’en décevoir certains, le Grand Œuvre, même si c’est une cuisine, ne se pratique pas a la carte !

Si vous voulez bidouiller dans un coin de votre cuisine, si vous voulez spéculer à perte de vue sur les symboles alchimiques d’une Loge Maçonnique ou rosicrucienne, éclatez-vous ! Si vous souhaitez vous mettre en présence de Dieu, comme le disent les vieux missels, allez-y ça vous fera du bien ! Si vous voulez pratiquer l’alchimie, c’est autre chose, elle est tout ce qui précède avec un oratoire à portée de main.

L’expérimentateur influence toujours par sa seule présence les expériences qu’il réalise. Il faut donc œuvrer sur l’expérimentateur pour qu’il puisse œuvrer sur la matière.

L’univers a intégré l’homme en son sein, ce qui veut dire qu’il s’est adapté pour que l’homme puisse vivre et n’a pas mis du cyanure dans l’air alors qu’il le pouvait. Cette adaptation est le phénomène anthropique des physiciens.

Pour sortir de ce trou, un seul chemin : Suivre les lois immuables de l’univers même si elles sont a contrario des lois sociales. Si vous adoptez un dogme, une croyance c’est l’échec assuré… Chrétiens, Bouddhistes, Musulmans, devenez Chrétiens, Bouddhistes, Musulmans autrement. Seul l’Univers est dépositaire de la réalité et peut vous aider à monter sur l’échelle à neuf barreaux que tient l’alchimie sculptée a la porte de Notre Dame de Paris.

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:09

 

Même si je modère mon courrier, je rappelle que je réponds à tous les messages sauf à ceux qui émanent d’un seul individu d’une manière directe ou indirecte. C’est d’ailleurs pour cet individu que j’ai décidé de modérer mon courrier. Ceci pour vous dire que je ne cache rien.

Il vous suffit de taper mon prénom et nom sur Google et de vous attarder sur les forums pour comprendre pourquoi je modère les messages.

Je dois dire que les frères à trois points ont eu un comportement digne d’éloge. Je ne suis pas toujours tendre avec eux, mais aucun n’a eu un comportement insultant et calomnieux. C’est surtout cela que je voulais dire afin d’être juste envers eux.

 

Je profite de ce petit message pour vous dire que mon livre Les secrets alchimiques de Montpellier est maintenant sorti des éditions Fortuna.

Il est préfacé par Paul et Annie CAPREDON directeurs du site expérimental d’architecture de Cantercel sur le Larzac (la Vacquerie 34). La raison de ce choix est que mon interprétation des symboles architecturaux est au centre de l’ouvrage. D’autre part leur ouverture d’esprit et leur accueil ont eu tôt fait de les désigner pour présenter le livre. J’ai eu l’occasion de participer à des repas animés sous les étoiles, accompagné du chant des grillons, ou les jeunes architectes s’en donnaient à cœur joie dans la gaîté de l’échange. Jeunesse, joie, accueil, sens de l’autre, bonté… Je n’ai pu faire autrement que de leur proposer la présentation de ma prose. Ils étaient tout désignés pour ça. Aussi, si vous êtes architecte ou intéressé par l’architecture, l’habitat harmonieux, adapté à votre famille, à l’environnement alors avec GOOGLE vous trouverez leur adresse et vous pourrez leur rendre visite. Vous serez accueillis cordialement et… gratos !

 

Dans ce livre j’ai laissé une large place pour définir l’alchimie, son histoire et celle des adeptes les plus connus qui fréquentèrent l’université. Je fais aussi le point entre l’alchimie et les connaissances actuelles. Après avoir expliqué comment les alchimistes s’expriment, une balade alchimique à travers la ville permet de mieux comprendre les symboles architecturaux et autres.

Il est possible que je vous guide à travers la ville et à cette occasion je tiens les livres à votre disposition.

 

Voilà, en espérant ne pas vous avoir trop fatigué avec ce petit discours croyez, surtout les soixante-trois abonnés à ma newsletter, à ma réelle amitié, même si je ne vous ai jamais rencontrés…

 

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  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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