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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 16:39

  

Je vous livre ici un texte qui fait partie d’une conférence que je prépare pour le quatre juillet 2009.

Comme il doit être parlé et susciter des questions, de ce fait il n’a pas la même rigueur que s’il avait été écrit comme un article habituel.

Je vous demande donc de ne pas être trop sévères pour le juger.

J’analyse ici, d’une manière succincte, les premier éléments du récit d’une transmutation de plomb en or. J’ai essayé de montrer combien une analyse de ces lignes peut être enrichissante, quand on n’est pas obsédé par le sensationnel de la seule transmutation qui finalement s’avère être, et de loin, secondaire. Mais de cette transmutation je n’en parles pas !

Je vous l’ai dit, il s’agit d’un extrait de ma conférence et de ce fait vous pouvez rester sur votre faim. Je vous promets de vous livrer la suite quand j’en aurais le temps. Attention, vous aurez droit à la suite seulement si vous le demandez.

 

 

 

 

L

’enseignement spirituel et alchimique ne fut pas identique à travers les siècles, tout comme il est différent selon les cultures. Vous n’ignorez plus que la Renaissance est, comme je l’ai déjà dit, une période de décadence où commence à apparaître le sens de la matérialité univoque porteuse du culte du progrés inséparable de celui de l’égo. Voir à ce propos Le mystère des cathédrales de Fulcanelli. 

Ce changement correspond au début d’une érosion des valeurs spirituelles et d'une clairvoyance inhérente aux hommes. Cela implique évidemment un changement dans la manière d’enseigner des maîtres spirituels des XVIIe et XVIIIe siècles. On ne parles pas de la même manière à un clairvoyant et à un aveugle de plus en plus borné.

 

 Après le « drame » de la Renaissance les alchimistes tentèrent d’infléchir l’orientation de la pensée débutant sa plongée dans l’intellectualisme devant accoucher d’un  matérialisme de plus en plus aveugle.

 

C’est la raison pour laquelle il y eut durant ces deux siècles de nombreuses transmutations publiques en Europe que l'on peut qualifier de pédagogiques.

C’est une période unique dans l’histoire, c’est celle ou les maîtres alchimistes prodiguèrent un enseignement public de l’alchimie, non pas en fondant des écoles, mais en effectuant des démonstration de transmutation accompagnées d’un discours explicatif sur les principes généraux de la fabrication de la pierre philosophale, allant de le dimension spirituelle nécessaire à ses effets sur les minéraux, son action  thérapeutiques etc.

 

La globalité de leur message est le suivant :

 

« La chimie est en train de naître avec Lavoisier. C’est une fausse route, une fausse manière de comprendre la matière qui engendrera une fausse compréhension de la vie et de l’homme, et donc une science matérialiste. Nous allons vous montrer qu’existe une voie qui conduit vers la compréhension de l’univers indépendemment de celle que vous allez suivre.»

 

Ils ne furent pas écoutés, mais les rapports écrits restent et peuvent encore infléchir nos concepts scientifiques vouées, tôt ou tard, à une stagnation certaine.

 Je le répète, à travers les transmutations, les maîtres diffusèrent un véritable enseignement général qu'il serait peut-être temps de regarder de plus près.

 

L’enseignement des maîtres alchimistes.

 

Je ne puis ici relater toutes les transmutations réalisées à travers Europe durant le XVIIe et le XVIIIe siècle. J’en choisirais donc une qui résume bien ce que les autres adeptes ont dit où fait. Il s’agit de la transmutation effectuée en 1666 par Helvétius médecin du prince d’Orange. Disons pour fixer les idées qu’il était l’équivalent du président de notre académie des sciences.

Ce scientifique n’accordait aucune créance à des absurdités telle la pierre philosophale !

 Si je le l’ai choisi, c’est parce que les historiens et les enquêteurs sont mal à l’aise et préfèrent réserver leur jugement. Voici le début du récit d’Helvétius :

 

«  Le 27 décembre 1666, dans l'après-midi, un étranger se présenta chez moi à la Hayes, l'air d’un plébéien, d'une honnête gravité et d'une autorité pleine de sérieux ; il était de pauvre stature avec un visage menu et allongé marqué de quelques trous de petite vérole, une chevelure presque toutes noires sans aucune boucle, le menton rasé, âgé, me semble-t-il, de 43 à 44 ans, et natif de la Hollande du  Nord. »

 

La date choisie n’est pas quelconque, c’est le chiffre de la bête 666 précédé de l’unité qui caractérise Dieu qui a toujours été représenté autant pas la primauté que par l'unité. Sur un certain plan qui échappe trop souvent aux lecteurs, c’est un choix significatif. C’est  l’année du combat de l’Archange contre la bête. À ce moment l’Archange va être obligé de reculer, si je puis dire, jusqu’au pieds de la croix.

 

Ce portrait montre qu’un quadrat a réussi le Grand Œuvre et non un vieillard, ce qui signifie que contrairement à la croyance générale il n’est pas nécessaire de passer toute sa vie à fabriquer la pierre philosophale, ce que cet adepte ne tarderas pas à confirmer.

D’autre part, c’est un plébéien, c’est-à-dire un être de basse condition, qui n’a pas utilisé son or pour s’acheter de beau vêtement et aller rendre visite à une sommité de la science. Vérité, Simplicité et jeunesse, tel est le premier enseignement. (attention les « vieux » ne sont pas exclus ! ! !)

 

« Après m'avoir salué, il me pria très respectueusement de lui pardonner la grossièreté de son aspect du fait qu'il était grand amateur de l'art pyrotechnique. Il me dit qu'il avait lu quelques-uns de mes petits traités, particulièrement celui contre la poudre sympathique de sir Kenelm Digby ; Il s’était ainsi rendu compte de mes doutes au sujet du mystère philosophique, ce qui était la cause de sa démarche, et il me demanda s’il m’était impossible de croire que la nature renfermât un grand mystère capable de soigner tous les maux. »

 

Ainsi, ce plébéien, qui ne manque pas d’urbanités, lit les publications des scientifiques, ce qui en fait non seulement un homme vrai, jeune et simple mais aussi cultivé et sociable.

Notre pyrotechnicien ou philosophe par le feu veut donc réhabiliter la valeur de la poudre de l’anglais Kenelm Digby en particulier et les capacités thérapeutiques de la pierre philosophale en général.

 

D’abord, qu’est-ce que l’effet de la poudre de Digby ?

 

C’est le même que celle de Paracelse et de l’anglais Robert Fludd (1574-1637) qui expérimentèrent avec grand succès, l’ « onguent des armes ». Appliqué sur l’épée ou le poignard ayant infligé la blessure, il avait pour effet de cicatriser celle-ci à distance et d’une manière presque instantanée.

Digby popularisa ces « cures de sympathiques » opérant à distance et, qui guérissaient les blessures rien qu’en mettant cette poudre en contact avec des linges ayant touché la plaie.

Remarquons que ce mystérieux visiteur d’Helvétius lie les effets de la poudre de Digby avec ceux de la pierre philosophale.

Est-il possible de comprendre quelque chose à propos de ces effets à distance ?

 

Un retour à l’actuel.

 

Je dois au préalable rappeler une expérience physique que je décris en détail (avec moult autres choses) dans mon livre Holoscopie de le spiritualité occidentale. Je résume :

Si on fait interagir deux protons (particules du noyau atomique), ce choc produira deux photons (sans masse) qui s’éloigneront l’un de l’autre à la vitesse de la lumière. Cependant, quand on modifie la polarité d’un des deux photons, l’autre situé à plusieurs millions de km est immédiatement informé et subit instantanément le même changement de polarité. Ces deux particules sont donc reliées à distance, sans aucun lien physique entre-elles.

Les 2 particules sont donc inséparables et constituent un système unique, malgré leurs distances considérables. C’est ce que les physiciens appellent inséparabilité (anciennement appelé "intrication"). 

Cette expérience fut réalisée en 1982 par Alain Aspect (directeur de recherche au CNRS, professeur à l'Ecole polytechnique et membre de l'académie des sciences.)
 

Revenons  au XVIIe Siècle.

 

Vous pourriez me rétorquer qu’à ces siècles reculés les alchimistes ignoraient le phénomène d’inséparabilité. Erreur, ils le savaient et l’enseignaient dans leurs écrits. Nous en avons un bel exemple avec l’alchimiste Don Belin (1610-1677), évêque de Bellay, qui faisait l'admiration de Louis XIV, et écrivait en 1658 dans son Traité des Talismans ou figures astrales :

   

« Vous devez savoir qu'entre tous univers et toutes ses parties, il n’y a pas une moindre liaison et continuité qu'entre un corps entier et ses parties ni une moindre sympathie entre l'esprit universel et tout l'univers qui va partout, qui environnent tout, pénètre tout, anime tout, meut tout, compose tout, vivifie tout, féconde tout et les parties qui compose ce même univers qu'entre un corps particulier et les parties qui le composent.»

 

Une histoire mystérieuse de pierre philosophale.

 

En d’autres termes, les alchimistes connaissaient les liens d’inséparabilité et la pierre philosophale avait une action sur ces liens. C’est ce que met en évidence un évènement survenu en Allemagne dans l’église désaffectée d’un monastère qui servait de terrain de jeux à des enfants. Je résume les faits qui furent révélés par Eugène Canseliet à la page 71 de son introduction aux Douze clefs de la philosophie de Bazille Valentin :

 

Un jour que les enfants jouaient, l’un d’eux fut retenu par les pieds sans pouvoir se dégager, même aidé par ses camarades. Le précepteur n’y parvint pas non plus. Le jeune garçon remarqua des signes inscrits sur un mur et à l’instant il fut libéré.

La nuit le précepteur dégagea du mur une boîte qui contenait une pierre philosophale, et il s’enfuit avec.

La pierre aurait-elle non seulement une action sur la pesanteur, mais serait-elle capable d’agir sur des champs de force, et donc des liens invisibles ?

Donc, en parlant de la poudre de Digby, l’alchimiste qui s’adressait à Helvetius enseignait l’action de la pierre philosophale sur ces liens d’inséparabilité. En d’autres termes l’alchimie n’est pas que la transmutation ! C’est déjà un enseignement qui vaut son pesant d’or si je puis dire.

 

Conclusion pour les amateurs de Science Fiction.

 

Avant que l’univers fût, la matière qui allait lui donner naissance était toute concentrée en un point. En ce lieu les particules génératrices des atomes et de toutes substances des planètes aux galaxies étaient en contact les unes avec les autres.

Lors de l’explosion du fameux Big Bang, la matière fut projetée de tous côtés dans l’espace. Imaginez des élastiques qui joignent toute particule entre elle. Et imaginez encore (attention ne délirez pas !) qu’un artiste puisse jouer sur ses élastiques, les étirer, les contracter, s’y promener comme un funambule. Ne croyez-vous pas qu’il puisse se jouer des années-lumière avec la poudre perlin-pain-pain ?

Voilà, j’ai fini ma crise de folie, et je vous quitte pour embarquer sur mon vaisseau spatial direction l’étoile polaire… Je vous enverrais des cartes postales, car il ne faut négliger aucun liens, surtout pas ceux de l’amitié !




P.S. Certains lecteurs pourront comprendre pourquoi je devais rédiger, à la demande de l'auteur Roger Caro, la post-face de son ouvrage Bible science & alchimie.
 

 

  La suite est l'article : TRANMUTATION ! ! !

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 07:36

Un ami m’a dit que mes articles avaient une connotation de radotage. C’est une critique parmi tant d’autres. Cet article n’est donc pas un règlement de compte. D’ailleurs je ne règle jamais de compte avec mes amis !

 

Cette opinion est, à mon avis, liée essentiellement à une observation précipitée par ceux qui supportent mal la répétition et l’interprète spontanément comme une injure à leur mémoire et à leur intelligence.

Si j’écris cela, c’est parce que cette remarque n’est jamais suivie de discutions. Elle s’apparente à un jugement péremptoire et sans appel : Il y a rabâchage, c’est une constatation donc inutile de discuter !

 

Oui, on retrouve dans mes articles ce que j’ai pu dire au paravent. C’est une redite, c’est vrai, mais elle est voulue pour situer un phénomène sous des angles différents. De cela j’en use et parfois j’en abuse car un texte lu une seule fois n’est pas connu. La superficialité est une mode répandue dans notre société et vous trouverez autour de vous peu d’individus capables de relire un livre sans ronchonner. Beaucoup s’imaginent, même s’ils n’ont pas une mémoire eidétique, qu’une seule lecture suffit. Évidemment c’est une erreur car pour atteindre le cœur du sujet non seulement il faut lire, mais aussi creuser. Permettez-moi de radoter en redisant que j’ai lu, il y a plus de trente ans, sept fois entièrement le mystère des cathédrales de l’alchimiste Fulcanelli. Si vous ajoutez à cela des dizaines de lectures partielles, je dois être un demeuré. Pourtant le radoteur crétin que je suis a acquis, grâce à cela, un certain esprit, que les réfractaires à la relecture n’ont pas. Et ils s’étonnent, les ganaches que le radoteur, puisse comprendre telle ou telle chose du symbolisme alchimique !

Ce n’est pas sans raison que les Orientaux pratiquent la redondance dans l’enseignement. C’est la clé pour développer cette mémoire visuelle qui précède celle qui permet d’aller plus loin que notre mémoire mécanique. Mais cela c’est encore un radotage, vous vous en souvenez, j’espère ? Vous voulez que je vous le rappelle ? Allez vous faire voir chez plumeau !

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 18:05

 

 

Cher(e)s ami(e)s, je vais vous décevoir, car vous ne trouverez pas, dans le texte suivant l’exposition, la description et l’explication des lois  de la langue des oiseaux vous permettant, si je puis dire, de voler de vos propres ailes pour aller à la découverte de multiples secrets. Déçu(e) ? Probablement, mais je vais essayer de vous expliquer pourquoi.  

Les choses ne sont pas aussi simples que le présentent certains articles de la toile. En effet, on peut devenir un expert en jeux de mots et anagrammes et extracteur de racine grecque et latine, sans maîtriser la langue des oiseaux qui fait appel à cette intuition acquise par la fréquente communion avec les textes des vieux maîtres. D’autre part l’intuition juste est inséparable d’une atmosphère faite de vérité et de désirs paisibles pétrit de compassion si nécessaire à notre propre développement. Si ces facteurs déterminants n’existaient pas, les articles très riches que l’on trouve dans les livres et sur Internet auraient formé une armée de décrypteurs compétents et nous savons que ce n’est pas le cas. Ils pratiquent des jeux de mots dépourvus, on peut dire, de racines, et qui de ce fait ne seront jamais des vecteurs de connaissance.

Ceux qui cherchent sans se préoccuper de leur état d’âme me font penser à un magnifique bateau immobilisé à quais car il n’a ni moteur, ni gouvernail. Une coque vide…

Le moteur, quel est-il ? C’est celui d’une connaissance sérieuse de l’ésotérisme et de la spiritualité non inféodée aux Églises, sans pour cela « bouffer du curé » comme disaient les membres rouges sang de la défunte S.F.I.O. ! Soyons raisonnable, dans toutes recherches où expéditions on ne saurait prendre le départ sans préparation. En ce qui concerne l’alchimie, le gouvernail est une familiarisation avec les termes et les expressions qui façonnent progressivement, dans notre inconscient, une connaissance qui échappe à la pensée matérialiste.

Ceci étant dit cet article s’adresse à tous et constitue un exemple simple d’interprétation à partir duquel on peut extraire certaines lois générales qui peuvent servir au lecteur désireux de progresser.

 

 

 

 

C

ombien d’articles et de livres furent écrits sur la langue des oiseaux ? Mon livre, l’alchimie expliquée par son langage édité chez Dervy pourrait,– même s’il traite aussi de la pratique au laboratoire,– en être un exemple parmi une foule d’autre !

 

J’ai pu compulser maints ouvrages dont la complexion et les multiples références m’ont donné le vertige. Il est vrai qu’il existe dans notre société des individus à gros estomacs, votre serviteur se classe parmi les petites cervelles… cervelle d’oiseau comme il se doit, tant il est vrai que ma capacité d’ingestion intellectuelle est réduite au minimum sans pour cela sombrer dans l’idiotie.

 

Le titre de cet article est bref, mais son sens est immense. Ce sens on peut le saisir, l’ingérer sans provoquer une surchauffe cérébrale.

 

Il est vrai que j’ai l’occasion de lire sur le net des exclamations de surprise teinté de reproche. Devinez ce que l’on me reproche ? On me blâme d’être trop simple, trop clair, donc trop facile ! Et oui l’embrouillamini ou les discours brumeux sont devenus des références. Que voulez-vous que j’y fasse si ma cervelle de poulet a horreur de ce brouillard qui a le don d’affoler mes radars.

 

Si l’on sait généralement que la langue des oiseaux fut remise au goût du jour par Grasset d’Orcet et surtout par les ouvrages de l’alchimiste Fulcanelli (Le mystère des Cathédrales et Les demeures philosophales) et ceux de ses élèves Eugène Canseliet et René Alleau, on ignore généralement que le nom de langue des anges provient du 15e verset du chapitre 27 du Coran.

 

Comme mon « comprenoir » (excusez le néologisme qui faisait fureur durant mon enfance narbonnaise) est limité, je me cantonnerais donc à disserter sur la gent ailée qui chante dans nos jardins et flotte dans nos rêves.

 

Et nous saisissons immédiatement que ces deux habitants de l’air volent bien au-dessus des pâquerettes. Cette particularité est contraire à notre manière de percevoir, d’explorer et de comprendre le monde sans décoller du plan horizontal qu’il s’agisse de science ou d’activité vénérienne.

 

Sans crainte de me tromper je puis qualifier la langue des oiseaux et des anges de langue par excellence de la verticalité. C’est elle, qui nous fait quitter notre dédale labyrinthique, bien horizontal, qu’explorent les sciences matérialistes et les jongleurs de symboles qui caquettent beaucoup mais ne pondent pas d’œuf.

 

La langue des zélés nous fait accéder aux autres plans d’expression, comme le suggère le bas-relief du grand porche de Notre-Dame de Paris.

 

Une après-midi d’été, des années soixante, j’achetais,– au pied du palais des archevêques de Narbonne cher à Violet Leduc – Le Mystère des Cathédrales de l’alchimiste Fulcanelli. À la fraîcheur du soir, qui montait du canal de la Robine, je commençais ma lecture. C’est ainsi que je découvrais l’interprétation d’un médaillon en bas relief sculpté à l’entrée de Notre-Dame de Paris, et qui d’après Fulcanelli représente l’alchimie figurée :

 

[ Par une femme dont le front touche les nues. Assise sur un trône elle tient de la main gauche un spectre, – insigne de souveraineté, – tandis que la droite supporte deux livres, l’un est fermé (ésotérisme) l’autre est ouvert (exotérisme). Maintenue entre ses genoux et appuyée contre sa poitrine se dresse l’échelle aux neuf degrés, – scala philosophorum, – hiéroglyphe de la patience que doivent posséder ses fidèles, au cours des neuf opérations hermétiques. «  La patience est l’eschelle des philosophes, nous dit Valois, et l’humilité est la porte de leur jardin ; car quiconque persévérera sans orgueil et sans envie, Dieu lui fera miséricorde.] p. 90, édition J. J. Pauvert, 1954.

 

Longtemps cette explication m’a paru, de la part d’un aussi brillant Adepte, d’une brièveté un peu excessive, j’ai toujours eu ce sentiment. Bien évidemment, cette impression n’est un reproche en rien, elle m’est personnelle et plutôt de l’ordre du ressentir... 

Voyez-vous, c’est comme si le grand Alchimiste, dès la porte du temple sacré, se protégeait contre lui-même et qu’il mesurait la difficulté d’éviter les interprétations qui pourraient être préjudiciables à la diffusion de l’esprit philosophique.

De la sorte, son analyse du médaillon de pierre évite le commentaire des détails, pourtant riches de sens, pour glisser impromptu vers des généralités, fort instructives au demeurant.

Sa retenue dans l'exégèse montre surtout le désir de ne pas prendre le risque d’écorner l’indispensable crédibilité si capitale pour que puisse se manifester sans entraves la résurgence de l’art d’Hermès.

 

Il fallait satisfaire les intellectuels et les mystiques dans un langage adapté mais essentiellement tangible pour les premiers malgré une certaine occultation déchiffrable par les seconds. Ceci afin de pouvoir délivrer un message nécessaire à la prise de conscience et à l’éveil spirituel des générations futures. En ce sens, le livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier (1960), qui fit connaître à sa manière Fulcanelli à un large public, joua le rôle de révélateur en s'appuyant sur le besoin de mystère et de merveilleux auxquels notre espèce ne sait résister.

 

Cette résurgence alchimique, si bien conduite par Eugène Canseliet, est essentielle pour que l’Art Royal puisse assumer actuellement son rôle socio-spirituel de régénération de ceux qui souhaitent (et souhaiteront) de toute leur âme s’asseoir à la droite de celui qui est dans l’éternel présent.

 

Dans ce médaillon, les explications de Fulcanelli sont d’une étonnante discrétion. Il est vrai que l’évidence de cette retenue est telle que le moindre cabaliste non expert en langue des oiseaux, – langue qui s’exprime aussi avec les sculptures, – peut en percer aisément le sens.

 

Ainsi, le livre de pierre est tenu ouvert avec les quatre doigts de la main droite, ce qui exprime l’action des quatre éléments seuls capables de provoquer cette ouverture qui est celle de la terre feuillé. Le silence à ce propos est des plus significatifs et démontre que mon ressentir n’est pas totalement infondé.

D’autre part le livre fermé qui est au-dessous de celui qui est ouvert, montre un fermoir, que la cabale phonétique reposant sur l’homophonie des sonorités ordinaires et « l’à-peu-près » dans l’audition permet de traduire par « vert noir », ce qui souligne l’apparition de la couleur verte fermant la noire. LA COULEUR VERTE EN ALCHIMIE

Verdeur capitale il est vrai, mais ne retenant pas outre mesure l’attention comme le souligne Eugène Canseliet à la page 300 de son alchimie expliquée sur ses textes classiques :

 

«  En ces instants, l’alchimiste affermit son accession ; il est entré dans le domaine transcendant, dont nul ne prend souci à l’ordinaire. Non seulement il sait désormais que l’esprit du cosmos est de couleur verte, mais encore il a vérifié que l’insaisissable agent de la vie se montre néanmoins pondérable et, conséquemment, de matérielle gravité » (Edition 1972, chez J. J. Pauvert)

 

Il faut se rendre à l’évidence de la nécessaire discrétion car s’exprimer de la sorte n’avantage pas l’ouvrage auprès des doctes. Il ne s’agit donc pas d’un oubli de la part de Fulcanelli mais d’une obligation répondant à l’esprit et au rôle du livre.

 

Un de mes amis, qui fut étudiant en lettre moderne, me raconta qu’un jour son enseignant critiqua l’œuvre de Fulcanelli. Mon ami prit un air naïf et demanda béatement au prof. : Vous avez compris quelque chose à ce livre ? Trente ans après il attend encore la réponse !

 

Vous voyez que la navigation à la corne de brume dans les différents concepts de notre époque avide d’imprécision favorise l’émergence d’une littérature de l’absurde. L’incohérence injectée dans un style indigeste assied certaines notoriétés. Oui, il est possible de parler de n’importe quoi y compris de la plus profonde idiotie et recevoir en échange une couronne de laurier. Dans ces conditions un livre d’alchimie peut décrocher l’indispensable imprimatur des académies alors que les membres du jury autant que les lecteurs n’ont rien compris… Faire semblant de comprendre quelque chose qui ne peut être compris en brodant à côté du sujet est un signe de génie. C’est ainsi que la plus haute marche du podium de l’intelligensia est remportée par la bêtise.

 

Si le médaillon circulaire n’est autre que la représentation d’un ballon, les ondes supérieures symbolisent un surnagea liquide de faible densité appelé esprit, et que  Gébert nomme feu de cheveux, ce qui est bien représenté  par la tête qui le pénètre. De ce fait le corps de la dame alchimie se confond avec le mercure de forte densité qui occupe la partie inférieure de la panse de Pyrex. Telle est la raison pour laquelle Eugène Canseliet écrit, dans la seconde préface du Mystère des Cathédrales, justement dans le livre qui s’ouvre sur ce médaillon :

 

« Celui qui sait faire l’Œuvre par le seul mercure a trouvé ce qu’il y a de plus parfait, – c’est-à-dire a reçu la lumière et accompli le Magistère.»

 

Et cette lumière, symbolisée pas la lettre X de l’apôtre André, ne provient pas uniquement du soleil ou de la lune ou encore d’un miroir. Il y a cette lumière intérieure qui donna le nom d’illuminatis à ceux qui la rayonnent. L’échelle à neuf barreaux est des plus explicites à cet égard.

 

Dans ce temple chrétien les prêtres disaient, ou chantaient leur office appelé messe tridentine identique à celle qui est appelée gallicane et qui se célébra dans la cathédrale jusqu’au milieu du XXe siècle. A la fin d’un texte appelé Préface le prêtre disait ou chantait une extraordinaire oraison qui se terminait par ces mots :

 

« C’est pourquoi nous nous unissons aux anges et aux archanges, aux archès, aux trônes, aux dominations… » (Missel d’Avignon de 1822)

 

Cette armée céleste n’est pas quelconque puisqu’elle est composée de neuf cœurs correspondant aux neuf barreaux de l’échelle centrale du médaillon. Il s’agit des neuf étapes de notre divinisation caractérisant notre pèlerinage sur cette verticalité que l’on retrouve sur l’échelle de Jacob si bien représenté par cette vieille BD alchimique de 1677 dépourvue de bulles, d’où son nom de Mutus Liber. L’ouvrage montre sans ambiguité que cette échelle conduit aux cieux.

 

Si le barreau le plus bas correspond au cœur des Anges, celui qui lui est supérieur est occupé par les Archanges. Le troisième concerne les Archées et celui qui le précède réunit  les Puissances. Le cinquième désigne les Vertus, le quatrième les Dominations, le troisième les Trônes, le second les Chérubins et le plus élevé les Séraphins.

 

Cette échelle de divinisation de notre être le plus profond trouve son image virtuelle, son reflet dans la scala philosophorum, image des neuf opérations hermétiques au laboratoire. Rien ne saurait mieux illustrer la correspondance des opérations au laboratoire avec celles de l’oratoire. Ce n’est donc pas seulement pour illustrer des opérations concrètes que dame alchimie a la tête dans les ondes célestes. Nous comprenons le silence de Fulcanelli pour exprimer une pareille, et sublime, comparaison qui n’aurait pas manquée d’éveiller les railleries de nos misérables spadassins toujours prêts à embrocher ceux qui ne se plient pas à leurs critères de laïcité mal comprise.

 

Dans cette hiérarchie, les Esprits du temps ou Archées que les gnostiques appellent Éons, sont fondamentaux car ils accèdent à l’histoire et donc à la mémoire qui se manifeste dans la matière (mater) en gestation. En effet, la matière première des alchimistes, ou « protolithe », est dépositaire des évènements de sa propre création, donc indissociable de la cosmogénèse du système solaire et du Big Bang universel.

Pour percevoir ce message de la nuit des temps, l’image n’est pas suffisante. Encore faut-il en saisir le langage universel qui est celui de la Pierre de fondation, ou langue mère. Évidemment ce langage génétique n’a rien de commun avec celui du psychologue Suisse Jean Piaget.

 

Cette langue primordiale permet de percevoir la signification originelle de tous les mots. Cela, évidemment, avant leur déformation par leurs connotations suggestive et culturelle. Car après ces changements, correspondant à des enrichissements, s’élaborèrent les multiples variantes des vocabulaires, et prononciations caractérisant chaque idiome de différents pays.

Pour utiliser une analogie embryologique, on peut dire que c’est cela qui provoqua une sorte de « morula[1] » où chacune des cellules représente une langue apparemment indépendante, mais constituant en réalité un seul « organisme » (la morula) dont les liens intercellulaires sont ici la phonétique, les racines pérennes du Grec et du latin. Parfois les termes doivent êtres décomposés puis reconstitués par anagrammes. Cette manière de procéder n’est pas sans rapports avec le solve et coagula des alchimistes.

Cela permet de s’abreuver à la Parole Perdue, et donc de retrouver le sens originel des mots et expression qui décrivent les lois et les actes immuables nécessaires à l’Initiation mystique qui est le substrat inaliénable du christianisme bien compris et de l’alchimie en particulier.

 

Laissons la doctrine aux docteurs, car c’est une tueuse de prophètes. (Chevalier d’Éon)

 

Dans le silence des cathédrales dorment des mystères qui parlent aux seuls confidents de l’indicible. (Chevalier d’Éon)

 

 



[1] La morula est le tout premier stade de développement d’un embryon. Elle est constituée par plusieurs cellules identiques agglomérées qui la font ressembler à une mure, d’où son nom.

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 19:33

 

Vous n’ignorez pas que notre monde est fait de gens qui prennent plaisir à nous faire des misères. Je ne parle pas du percepteur qui nous écorche invariablement le portefeuille. Je ne parle pas non plus de ces bonnets de nuits qui s’évertuent à vous faire voir la vie en noir pour caser leurs discours politiques teints en rose comme leur t-shirt de sauveur de l’humanité !

 

Je voudrais parler de ces individus qui, sous l’égide de la spiritualité, distillent du venin envers ceux qui contrarient leur petit chemin pépère. Rassurez-vous je n’ai pas l’intention de déployer un argumentaire apologétique en astiquant mon glorieux nombril. Voici les faits :

 

Il y a huit ans, en 2001, j’éditais un livre aux éditions Dervy intitulé : L’alchimie expliquée par son langage. Depuis sa parution, ce dictionnaire à la portée de tous est apprécié par de nombreux lecteurs. Signe indubitable de l’intérêt qu’il soulève, les exemplaires d’occasion sont très rares, alors que plus de mille ont été vendus, y compris à l’étranger.

 

Certains « ésotéristes » m’accusent d’avoir plagié le dictionnaire de philosophie alchimique écrit par Roger Caro. Évidemment ils disent cela sans avoir ouvert le dictionnaire en question. Tout ce petit monde mal intentionné parle tellement dans mon dos, en mal évidemment, que je me demande si je ne vais pas me transformer en Dracula !

 

Soyons réalistes, si cette histoire était vraie, les ayant droit de l’auteur cité me serait tombé dessus, depuis belle lurette, et en toute légitimité. S’ils ne l’ont pas fait, c’est qu’ils n’ont aucune raison de le faire depuis le temps que mon livre est dans le commerce. Ne croyez-vous pas que depuis près de 10 ans une mauvaise langue m’aurait dénoncé pour que je puisse aller croupir dans quelques prisons délabrées, malodorantes et surpeuplées ?

 

Si l’alchimie elle-même ne peut être trop changée dans sa terminologie, la manière de l’aborder peut varier considérablement !

Deux point essentiels sont développés, dans mon livre, que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans un ouvrage de ce genre : la cabale ou langue des oiseaux et l’alchimie interne. D’autre part le vocabulaire est considérablement plus riche que celui du livre que j’aurais plagié. Il est un fait qui m’étonne, c’est que l’on ne m’ait pas accusé aussi du plagia du dictionnaire de Dom Pernéty ! Au fait, je ne suis pas étonné car l’ignorante crasse (comme disaient les anciens) va de pair avec la bêtise.

 

De quoi va-t-on m’accuser lors de l’édition de mon livre sur l’alchimie à Montpellier ? J’attends avec beaucoup de curiosité que l’on me serve le gruau des calomniateurs. Il n’y a pas de doute, il existe en notre monde sublunaire des gens doués pour la nuisance.

 

Passons à un sujet plus général, mais de la même eau. Il est issue de la jalousie primaire de quelques sectaires exaltés.

On me reproche de faire de l’expression Art Royal un synonyme d’alchimie, alors qu’il serait réservé, soi-disant depuis longtemps, à la Franc-Maçonnerie, plus exactement à la Maîtrise, que l’on appelle troisième degré de la loge symbolique ou loge bleue. Rappelons que la loge bleue est constituée de trois degrés : Apprentis, compagnon et Maître. Seul, ce dernier degré posséderait et mettrait en application les secrets de l’Art Royal. C’est vertigineux tout ça ! En tout cas, me disent les gradés, pas question d’associer cette appellation à l’alchimie. S’il vous plait, terrain privé !

J’ai un point d’interrogation qui voltige au-dessus de ma tête car je m’interroge sur notre monde de l’ésotérisme. Ne grouillerait-il pas de secrets de polichinelle ?

 

Comment ne pas penser de la sorte quand on lit des textes qui plafonnent dans la stratosphère d’un surréalisme flamboyant :

 

« La mise en pratique du processus initiatique a souvent été appelée Art Royal, sans doute parce qu’elle fait de l’Initié un Roi, un « Maître » de soi et de la Nature. »

Géralde (cité par Jules Boucher) p 208.

 

Cest un monument de prétention de dire une pareille ineptie (c’est le mot) alors que l’individu n’a aucune formation sérieuse pour parvenir à un pareil état ! Imaginez les Université sans cours et sans examens où les étudiants, viendraient chercher leurs diplômes en fin d’année. Vous leur donneriez de la valeur à leur parchemin ?

 

En tout cas, nous voilà en plein pugila. Maintenant il va y avoir des bagarres de voisinages comme dans les fameux films de Don Camillo ! Mais dans ce cas j’aurais été soutenu par l’auteur brillant des dialogues, un certain Barjavel, Maçon éclairé qui ne m’aurait rien reproché quand on voit le remarquable schéma d’alchimie PRATIQUE de son livre La nuit des temps… Lui savait ce qu’est l’Art Royal !

 

Me voilà obligé de répondre sous peine d’être accusé encore une foi de plagia. Seigneur ! Je vole à une auguste assemblée un terme qu’elle a emprunté à l’alchimie en 1730. Vous le croirez si vous voulez, mais elle refuse d’admettre que cette expression ait existé  avant le XVIIIe siècle. Soyons sérieux, l’art Royal est l’art de travailler la pierre philosophale à l’oratoire et au laboratoire.

 

J’ai particulièrement siroté comme du petit lait cette remarque de Jules Boucher, ami de Fulcanelli, à la page 249 de son ouvrage La symbolique Maçonnique :

 

« Cet adjectif « royal » nous semble avoir la même importance que la qualification de notre Grande Bibliothèque, qui fut successivement « royale », impériale », « nationale » suivant le gouvernement du moment. »

 

Et Boucher propose le mot « respectable » qu’il considère comme plus exact ! Ensuite il fait remarquer fort diplomatiquement que la qualification de « royal » est attribuée à l’or le roi des métaux. 

J’applaudis vigoureusement Jules Boucher qui savait de quoi il parlait.

 

Il est vrai que l’Art Royal ou alchimie, a été la voie initiatique de la noblesse d’extraction, ce que prouve clairement les monuments, le blason, les devises et les cris de guerre…

Demander à un maître FM d’interpréter le message alchimique d’un monument ou d’un blason et vous pourrez juger s’il est réellement un adepte de l’Art Royal.

Mais je ne voudrais pas être injuste. Aussi je me dois de plaider leur cause en rappelant que l’origine de la Franc-Maçonnerie plonge ses racines dans l’alchimie, comme le montre l’Étoile Flamboyante NON EXPURGÉE, du Baron de Tchoudy, d’où est issu un catéchisme alchimique cité en de multiples occasions et, comme il se doit, mal interprété par les spéculateurs.

 

Résumons la situation. Le sens de l’Art Royal s’est dégradé entre les mains des agioteurs ; donc nous pouvons dire : Oui, la Franc-Maçonnerie est alchimique. Non les Francs-Maçons ne sont pas alchimistes. C’est aussi simple que ça, et de ce fait le terme d’Art Royal est superfétatoire et ne saurait concerner l’initiation des Francs-Maçons.

 

Voici, en guise de conclusion, ce qu’écrivait en 1957 l’alchimiste Eugène Canseliet à propos de son maître Fulcanelli :

 

« Fulcanelli ne laissa, sur le chemin, que la trace onomastique de son fantôme, dont le bristol altier proclame l’aristocratie suprême. »

 

Le mystère des cathédrales, préface de la deuxième édition.

 

Question idiote : C’est quoi l’aristocratie suprême ?

 

 

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 10:28

Cet article est inspiré, en partie, de l’opinion de l’abbé Henri Stéphane, prêtre agrégé de mathématique chassé de son diocèse pour ses idées subversives. Enseignant dans les classes de préparation aux grandes écoles, ses conférences privées furent tellement prisées par ses élèves qu’ils les réunirent en un livre, édité par Dervy, sous le titre Introduction à l’ésotérisme Chrétien.

À travers l’histoire de ce prêtre, influencé par René Guénon et les philosophies orientales, se manifeste des réflexions réalistes sur l’évolution qui furent l’occasion de traiter différents sujet. La zone d’action des sciences matérialistes est ici clairement définie. Quant à celle de la science spirituelle, elle permet d’aborder l’origine d’un chapelet de causes clé de l’évolution et répondant en fin de compte à la question fondamentale que chacun de nous se pose : Qui suis-je ?

 

 

 

I

l est des marginaux de la religion comme des marginaux des états, ils sont exclus avec perte et fracas. Certe, les choses ne sont pas aussi violentes que le laisse supposer cette phrase lapidaire, mais d’une manière douce ou violente aucun marginal quel qu’il soit ne peut survivre dans une société lobotomisée car il donne des pustules aux appareils de pouvoir qui en font des brebis galleuses.

 

La raison de ce rejet inconditionnel est simple c’est celle de ne pas prendre le risque de voir détournée de leurs « devoirs » les électeurs ou les ouailles parquées en sécurité, avec œillères, dans les limites d’une bétaillère. Cependant, une bizarrerie est strictement appliquée : pas de cloches !

État, Église, (remarquez les mêmes initiales que celles d’Euro) tous deux luttent à leur manière et pour y parvenir l’un va créer l’École Nationale d’Administration (E.N.A.) l’autre le petit et le grand séminaire. De l’un sortiront les Préfets, de l’autre les prêtres et évêques. Leur but essentiel sera de maintenir les structures en pratiquant le conditionnement afin qu’aussitôt franchie certaines limites, naisse chez les individus dissidents un sentiment d’insécurité, de peur d’être déconsidéré et évincé ou d’être excommunié, ce qui revient au même.

 

Acquérir sa franchise, sa liberté, n’est pas chose facile, et il faut une réelle force de caractère pour accepter l’exclusion. C’est ce qu’a affronté l’abbé Henri Stéphane, de son vrai nom André Gircourt, issue d’une petite noblesse lorraine. Il est né à Nancy en 1907, et mort en 1985. Il fut appelé D.G.M, c’est-à-dire le Dernier Grand Maître (de l’ésotérisme chrétien). Avant lui, le G. M. de l’ésotérisme chrétien fut Nizier Philippe Vachod appelé Maître Philippe de Lyon, qui à l’inverse de l’abbé Gircourt n’écrivit pas, mais fut un grand mystique et théurge sans être prêtre.

C’est donc grâce à des textes recueillis par ses amis qui assistaient régulièrement à ses conférences privées que l’abbé montra sa dimension d’ésotériste et aussi sa différence vis-à-vis de ses collègues ecclésiastiques.

 

Ayant obtenu son bac de Mathématique, il passe sa licence de math et réussit l’agrégation en 1933. En 1934 il entre au séminaire et en 1939 obtient une licence et un master de théologie. En 1940 il est ordonné prêtre sous les bombes de la seconde guerre mondiale, ce qui laisse supposer aisément la suite…

 

C’est en 1942 qu’il découvre le symbolisme de la croix de René Guénon, ce qui lui valut d’être appelé « prêtre guénonien » car le discours de Guénon convenait à son esprit mathématique. À travers ses réflexions élargies il découvre les doctrines orientales et en parle dans son cours d’instruction religieuse. Averti, l’évêque le convoque, et sans entendre ses explications lui retire le pouvoir de confesser et le chasse du diocèse. Ici une remarque s’impose : le prélat a outrepassé ses droits car une pareille sanction ne pouvait provenir que des décisions d’un tribunal ecclésiastique. Cette précipitation au mépris du droit canonique traduit une peur viscérale de voir certaines vérités dérangeantes être dévoilées. Actuellement cette attitude de mépris des lois et la peur n’a pas changée. On retrouve d’ailleurs le même comportement dans l’appareil d’État, et pour des raisons analogues (C.f. Rapport parlementaire des sectes dont l’illégitimité frise la mascarade mais atteint son but : apeurer le troupeau et garder chaque individu tremblant  (avec œillère et sans cloches ! ) dans la prison d’une bétaillère).

 

Rejeté en qualité de prêtre desservant ou aumônier, car privé d’une partie de ses pouvoirs sacerdotaux, Gircourt aurait pu se défroquer mais il choisit de devenir professeur de mathématique à l’école Ste Geneviève de Versaille tenue par les Jésuites et consacré à la préparation aux grandes Écoles scientifiques. Dans sa profession Gircourt entretenait de bons rapports avec certains professeurs, en particulier avec Pierre Leroy, qui était professeur et directeur du laboratoire de biologie du Collège de France et ami personnel (et disciple) du jésuite Teilhard de Chardin. Leur chambre était voisine et l’appui amical de l’abbé l’a souvent réconforté. Un autre de ses amis fut le professeur de lettre, Jean Palou, auteur de livres réputés sur la Franc-Maçonnerie et grand guénonien, mais l’abbé refusa catégoriquement de se faire initié dans la Maçonnerie.

Avec le jésuite Leroy, il du avoir de longues conversations sur l’évolution des espèces. Le vieux professeur lui confia son malaise sur ce sujet qui fut à l’origine de l’ostracisme, jeté par l’Église, sur Teilhard de Chardin.

 

À l’instar de mon article précèdent (NOTRE CORPS INVISIBLE, le Feu & le temps. ) Gircourt ne consacre pas la théorie de l’évolution comme une vérité fondamentale, mais comme une vérité qui reste à prouver !

Avec pertinence il fait remarquer le scepticisme de Jean Rostand vis-à-vis de l’évolutionnisme :

 

« C’est une hypothèse (la théorie de l’évolution) dont on ne peut se passer, c’est, pour l’instant, la seule explication rationnelle de la « genèse » des êtres vivants. » (Page 391 de L’introduction à l’ésotérisme chrétien, édition Dervy, Paris 2006)

 

Et je fus séduit pas cette affirmation d’ésotériste réel, pourvu de cette profondeur qui manque à la quasi-totalité des sociétés secrètes ou discrète qui ne sont initiées à « pas grand-chose » ; car à travers l’étude des symboles on retrouve la même attitude d’esprit que celle des sciences matérialistes. Aussi, j’ai éprouvé un vrai bonheur quand ce prêtre marginal – porte cigarette au bec, et regard vif – atteint en une phrase le fond du problème, et le fond du mal qui ronge notre société et l’empêche d’aller au-delà d’une certaine « réalité », au-delà du visible au cœur d’une réelle initiation :

 

« Ce besoin d’explication rationnelle est une maladie mentale – ou une « passion mentale » – de l’homme moderne qui, incapable de saisir les vérités essentielles, cherche à compenser son impuissance métaphysique par la « recherche » scientifique. » (idem supra)

 

Et notre prêtre, avec cette lucidité prophétique, pose le problème comme il se doit, comme le firent les alchimistes modernes tel Roger Caro à la page 54 de son ouvrage Bible Science et alchimie réédition (2004):

 

« Si l’homme descendait du singe, on se demanderait pourquoi il y a encore des singes et pourquoi ils n’ont pas la même morphologie que nous, ne serait-ce que dans le nombre de chromosomes qui, on le sait, est particulier à chaque espèces. »

 

Gircourt pense de même et se demande pourquoi on se pose une pareille question. Il va plus loin que Roger Caro en parlant de nos ancêtres reptiles dont le lézard sera pris en exemple. Et il fait remarquer que la réalité voudrait que l’homme soit inclus dans le lézard (à fortiori dans le singe), au moins génétiquement parlant et que le lézard, tout comme le singe, serait donc potentiellement un homme ! Et il conclut fort à propos que ce genre de raisonnement n’intéressent pas nos contemporains qui préfèrent les brumes de la phénoménologie (philosophie qui consiste à comprendre l'essence des choses par la conscience) et de l’existentialisme (Doctrine fondée sur le fait que l'homme est libre et responsable de ses actes). Avec ça, nous allons loin ! ! !

 

Et notre abbé excédé nous dit en levant les yeux au ciel :

 

« Qu’est-ce que cela peut bien me faire, à moi, que l’homme descende, ou non, du lézard ? » ( idem supra)

 

C’est à ce moment qu’il enfonce le clou, si je puis dire. Il s’exclame excédé que l’homme actuel est atteint d’une étrange manie qui consiste à vouloir faire sortir le plus du moins, le supérieur de l’inférieur ! Il affirme, non sans raison, que cette tendance démocratique à tout faire sortir « d’en bas » à quelque chose de morbide qui répugne à tout homme sain d’esprit !

 

Peut-on situer l’origine de l’humanité sur le plan même de l’existence ? Et Jean Rostand répond :

 

« En admettant l’hypothèse de l’évolution, on ne pourra jamais connaître la cause de cette évolution. »

 

Tel est l’aveu d’impuissance, car la cause est essentiellement d’un autre ordre que ses effets, rejoignant en cela le phénomène de potentialité contenu dans toute néguentropie (sens inverse de le l’entropie destructrice) comme celle qui fait surgie cet ordre moléculaire et cellulaire qui préside à l’élaboration d’un petit d’homme dans le ventre de sa mère. L’effet de la fécondation est connu, mais la cause, où est-elle ? D’une manière globale l’enchaînement des « causes » se confond avec la « verticalité ». De « cause » en « cause », ou de plan en plan, on aboutit à la cause première qui est « en dehors » de tous les plans et « au-dessus » de toutes les causes. On reconnaît là l’empreinte de René Guénon et plus particulièrement son symbolisme de la croix que Gircourt a su extraire de son abstraction pour lui donner visage humain. Mais ce disant notre prêtre aborde une verticalité « parallèle » si je puis dire, responsable du chapelet des « cause », il s’agit des hiérarchies spirituelles qui ne restent pas inactives dans leurs béatitudes ! Sans cela pourquoi existeraient-elles ? Par exemple l’ange incorpore en l’homme l’intelligence universelle et est donc la cause de notre conscience du Moi, et de notre propre pensée. Il est la cause de nos inspirations. Cette seule connaissance vaut son pesant d’or pour les alchimistes.

La cause se trouve donc sur un autre plan alors que les sciences matérialistes évoluent sur un plan tout à fait « horizontal » et ne parviendront donc jamais à en sortir et à nous fournir la « cause » qui se situe à un niveau, évidemment supérieur qu’ils se refusent à imaginer.

Et notre prêtre de remarquer :

 

« Mais cette question de causalité n’intéresse guère nos contemporains : ils se complaisent dans la « recherche » pour elle-même, indéfinie et sans but : l’art pour l’art ! »

 

Oui, la « verticalité » n’intéresse pas les scientifiques racornis refusant d’écouter leur cœur et leur intuition. Combien ai-je pu rencontrer, parmi mes anciens collègues scientifiques, des ergoteurs sur les protocoles expérimentaux qu’ils rendaient aussi complexes que l’entortillement sophistiqué de leurs neurones cérébraux paumés. Le résultat pourrait s’appeler : l’art d’accoucher d’une souris ! Ne nous étonnons pas si presque tous les scientifiques cherchent et aucun ne trouve. Mais seulement voilà, c’est par là que passe l’argent des contribuables... Et ça, ça me révolté !

 

 L’interrogation essentielle n’est pas celle si bien mise en exergue depuis des décennies par les Presses Universitaires de Frances (P.U.F.). Ce repaire de diplômés et de mandarins, fer de lance des sciences matérialistes, se rallie en effet sous la devise : « Que sais-je ? ». Alors que l’interrogation essentielle, fondamentale est : « Qui suis-je ? ». J’ose espérer qu’un éditeur ouvert saura créer cette collection sans se borner à des interrogations psychanalytiques ou aux cérémonies vaudoues...

À ce « Qui suis-je ? » aucune hypothèse ou recherche scientifique ne peut répondre. À cette interrogation Quel est mon père, et quelle est ma mère ? Peut-on répondre que c’est cet homme et cette femme qui m’ont conçu dans leur communion amoureuse ? Non, car se faisant ils ne savaient pas que c’était « moi » ; cela aurait pu être « un autre ». L’origine de mon « être » véritable se confond avec l’origine des espèces et l’origine de la vie. Mon être ne provient pas de mon père ou de ma mère biologique, à plus forte raison pas du singe ou du lézard !

 

Il y a bien longtemps, quand je bourlinguais dans l’océan Indien, j’ai eu l’occasion à diverses reprise de visiter la plus grande ile (Noci Bée) de l’archipel des Comores située dans le canal de Mozambique au nord de Madagascar. En ce lieu un roi gouvernait. Son successeur n’était pas son fils biologique. Aidé de son chaman, il rendait visite à son peuple et adoptait ainsi son futur successeur. C’est de cette manière qu’il « trouvait » son véritable fils. Ne croyez-vous pas que cette filiation est aussi valide, si ce n’est plus, que la biologique ?

Évidemment cela nécessite de décoincer un peu notre illusoire sentiment de propriété et d’accepter qu’il soit possible d’enfanter l’enfant d’un autre. L’évolution des évènements tend à nous le rappeler depuis qu’existe des mères porteuses. N’en doutez pas, en réalité toutes les mères sont porteuses !

 

Je dédie cet article à Mickaël mon filleul.

 

 

 

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 10:23

  

Je n’ignore pas que beaucoup d’individus n’acceptent pas l’existence, chez les êtres vivants, d’un corps autre que le corps physique. Je les comprends, car il n’existe rien de tangible, aucune preuve de son existence, car nous ne pouvons le voir à la manière de notre corps et de toutes choses qui nous entourent.

 

Il existe cependant des preuves indirectes de cette existence, de ce corps du temps, qui régule les rythmes biologiques de nos fonctions vitales. Les chronobiologistes (le début des études chronobiologiques date de 1980) se bornent, pour l’instant, à étudier les rythmes vitaux tout en ignorant leurs origines qu’ils supposent génétiques. Ils connaissent certaines conséquences de leurs perturbations, mais le mystère de la palpitation des organes vivants reste entier. Pourtant les cycles du temps sont l’élément qui fonde les parties de notre être en un tout cohérent, et cependant nous sommes peu curieux de cet aspect fondamental de notre nature. La raison essentielle est la dimension inhumaine de notre vie que nous ne voulons pas voir pour des raisons économiques. Les heures de travail ne correspondent en rien à nos heures internes, ce qui contribue à un détraquement de notre horloge biologique et donc de notre santé. Les études sur les perturbations des enfants lorsqu’on passe de l’heure d’hiver à celle d’été restent lettre morte. On impose aux enfants, aux hommes et même aux animaux de ferme, au nom de la productivité, des rythmes mécaniques pathogènes.

 

La première observation qui devrait éveiller l’attention de nos expérimentateurs est une simple mesure. C’est celle de cette immédiate perte de poids du corps au moment même où survient la mort. Cette chute pondérale est, certes, minime mais elle est la même pour tous. Au moment de notre dernier souffle, nous perdons immédiatement 21 grammes d’on ne sais quoi. Certes, il y a de rapides dégradations après le décès, comme celle des médullosurrénales, mais rien n’explique une diminution pondérale aussi soudaine, aussi immédiate (j’insiste sur ce mot). C’est un point d’interrogation qui ouvre la porte à des suppositions, comme celle du corps invisible, ou d’une de ces parties, qui quitterait notre corps. Quoi qu’il en soit, cette mesure de 21 grammes ouvre la porte à des hypothèses et non à des utopies comme ont trop tendance à le dire les néo cartésiens bornés de notre douce France.

Il est vrai qu’il n’est pas envisageable d’expérimenter. Cela n’est pas une condamnation de cette hypothèse car il est possible de dire la même chose à propos de la théorie (je dis bien théories) de l’évolution des espèces.

J’ai, d’ailleurs entendu des inepties à ce propos sous forme d’affirmations péremptoires, et télévisé, sur la découverte d’une preuve que la théorie de l’évolution venait d’être démontrée. La démonstration magnifique et irréfutable je l’ai entendu proférer par une journaliste ingénue du J T. Ce fait incontestable c’est que les poissons se sont adaptés aux filets de pêche en devenant plus petits. Parbleu, il fallait s’y attendre puisqu’on a péché les plus gros ! N’importe quel marin-pêcheur vous le dira en cachette des autorité européennes qui leur impose un quota (hélas douloureux pour eux) pour éviter qu'il ne stérélisent le plateau continental.
Je souligne en passant que si un pareil phénomène s’avérait être vrai il ne s’agit pas d’évolution mais de « variation », ce qui n’est pas du tout la même chose.

 

Voilà ou nous en somme pour les informations que les scientifiques osent accréditer ! Alors ce n’est pas demain la veille que l’on abordera le problème du corps invisible, du corps du temps.

Pourtant un fait devrait attirer l’attention, c’est que les rythmes sont invisibles, nous ne pouvons à aucun moment les percevoir. Ils sont sous jacents à tout ce que nous supposons être constant en nous-même. Pourquoi n’est-il pas possible d’envisager, dans une hypothèse des plus cohérentes, que des rythmes invisibles puissent trouver leur origines dans ce même invisible ?

Pourtant, dans le règne animal et végétal et à tous niveaux d’organisation : écosystème, population, individus, organes isolés, tissus, cellules et même fraction de cellule… il existe des phénomènes qui tendent à accréditer l’existence d’un organisme « extrabiologique » dépositaire de la mémoire.

 

Promenez-vous le long de la plage à midi : des trous minuscules au bord de l'eau découvrent les tunnels habités par ces bestioles presque transparentes et ressemblant aux crevettes on les appelle les puces des sables. Il faut creuser pour les trouver. Mais au coucher du soleil, elle remonte la plage par formations entières. Elles vont se balader, on ne sait où ! Au lever du jour, à nouveau, elles retournent vers le bord de l'eau. Comme elles mangent le plancton qui baigne dans leurs tunnels, leur migration nocturne n'est donc pas une quête pour la nourriture. Il y a mieux. Quand un biologiste italien en transplanta quelques-unes de l'autre côté de la botte de l'Italie, sur les plages de la mer Adriatique, et qu'il les relâcha au bord de l’eau, il vit ses bêtes minuscules se détourner de l'eau et se diriger par voie de terre dans la direction d'où elles étaient venues.

Ces petits crustacés, tout comme les abeilles qui emmagasine le miel, où les oiseaux migrateurs, semble bien avoir une horloge, qui mesure l’invisible, située au-dedans d’eux-mêmes et qui les aident à s'orienter dans l'espace par rapport à des points de repère tels que le soleil et la Lune.

 

Je ne surprendrais personne en disant que l’homme est un être complexe. Sans m’appesantir sur l’originalité de ses fonctions cérébrales, son rapport au temps est des plus étonnants. En effet, sa perception s’avère variable en fonction de l’âge et de l’état de santé, comme si son corps du temps s’intégrait progressivement à son corpq physique.

 

Voici un dialogue, avec un enfant, des plus instructif. Il est rapporté par le professeur Suisse bien connu Jean William Fritz Piaget (1896-1980) :

 

« Quel âge as-tu ?

-         Sept ans.

-         Est-ce que tu as un ami qui est plus vieux que toi ?

-         Oui, celui qui est à côté de moi a huit ans.

-         Très bien. Lequel de vous deux est né le premier ?

-         Je ne sais pas. Je ne connais pas le jour de son anniversaire.

-         Mais voyons, réfléchi un peu. Tu m’as dit que tu avais sept ans et qu’il en avait huit, alors lequel de vous deux est né le premier ?

-         Il faudra que vous le demandiez à sa mère, je ne peux pas vous le dire. »

 

 

Le fait que les enfants n’ont pas la même conscience de la durée que les adultes est interprété par les sciences matérialistes (remarquez le pluriel) comme provenant probablement du rythme différent des fonctions physiologiques. Pour la science spirituelle (remarquez le singulier) il est probable que la conscience de l’enfant ne dépasse pas celle de son être non matériel qui a un age indéfinissable. À sept ans l’enfant ne vit pas encore pleinement les rythmes biologiques d’un organisme adulte. De ce fait sa référence au temps est extra biologique et donc sans référence bien définie par rapport à notre monde.

Un ami me disait qu’étant enfant, il écrivait des lettres qu’il cachait pour les ouvrir plusieurs jours après. Il avait l’impression étrange que c’était un autre que lui-même qui les avait écrites.

Nous voyons donc que le moi est encore indéfini et de ce fait l’individu est dépourvu de référence temporelle.

 

J’ai déjà parlé de l’élément feu interne caractérisant la présence de l’esprit dans les êtres à sang chaud. LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 1. LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 2.  Quand le feu interne augmente, ce qui correspond à une augmentation de la température corporelle, et donc à la fièvre, la notion du temps est perturbée.

 

Le docteur Hudson Hoagland rapporte dans The Voices of Time qu’un jour où sa femme souffrait d’une grippe avec une fièvre de 40 degré il alla sur sa demande à la pharmacie. Il s’absenta une vingtaine de minutes seulement, elle n’en fut pas moins persuadée qu’il était parti pendant des heures. Troublé, Hoagland prit un chronomètre et sans lui fournir d’explication demanda à sa femme de compter jusqu’à soixante à raison d’un chiffre par seconde. Celle-ci, musicienne accomplie, avait un bon sens du temps, néanmoins elle compta jusqu’à soixante en bien moins d’une minute. Il réitéra le test et parvins à la conclusion suivante : Quand la température de son corps était élevée sa femme comptait plus vite ; quand elle était basse, elle comptait moins vite.

 

Le feu interne qui augmente la température du corps est donc un accélérateur temporel.

Mais la négentropie, ou construction d'un organisme, semble un ralentisseur temporel alors que l'entropie ou destruction d'un organisme semble au contraire accélérateur temporel. De ce fait notre notion du temps varie en fonction de l’age. De l’enfant à l’age adulte et à la vieillesse il y a une baisse de l’activité négentropique très importante. Il est donc possible que la forte négentropie chez l’enfant, soit à l’origine du fait que le temps lui parait s’écouler si lentement, alors que chez les personnes âgées dont la négentropie est très basse, le temps passe rapidement. Telle est, pour le moment, l’explication (au conditionnel) des sciences matérialistes.

 

En ce qui concerne la science spirituelle le ralentissement du temps, pour un enfant, serait du à la descente de l’esprit ou Feu, puissant générateur de négentropie, pour permettre d’acquérir la phonation et le langage, et aussi la posture nécessaire à la locomotion. Si la locomotion peut être imputée à une croissance normale de l’organisme, l’acquisition de la pensée et du langage nécessite un investissement massif de l’élément Feu pour adapter le cerveau. D’où un important ralentissement du temps relatif. Mais un tel investissement du Feu (qui n’engendre pas de fièvre !) ne dure que quelques années. À la suite de quoi, surtout à partir vingt-cinq ans, le temps relatif s’accélère sérieusement et finit par passer trop vite, comme l’on dit. Ce n’est pas sans raison que la sagesse populaire, détentrice d’une connaissance initiatique, veut que les jeunes filles parvenues à cet âge coiffent la Ste Catherine.

 

On peut remarquer que les opinions des sciences matérialistes et de la science spirituelle ont des points de convergence à travers une terminologie différente qui peut paraître déroutante. Quoi qu’il en soit, la composante temporelle demeure relative.

 

J’ai beaucoup aimé l’explication d’Albert Einstein désireux d’expliquer la relativité :

 

« Quand vous passez deux heures auprès d’une charmante jeune fille, vous avez l’impression d’être là depuis une minute seulement. Mais quand vous êtes assis sur un poêle bouillant depuis une minute vous avez l’impression d’être là depuis deux heures déjà. C’est ça la relativité. »

 

Dans cette analogie qui n’est pas anodine, la subtilité entre deux feux, l’un interne (hormonal peut-on dire), l’autre externe, détermine la relativité du temps. Le choix de cette anecdote donne un autre visage d’Albert Einstein. Elle laisse rêveur quand à l’origine de son génie. 

 

 

 

Si vous voulez franchir plusieurs fuseaux horaires, maigrir sans souffrir, mieux travailler, mieux aimer, mieux vous soigner, mieux vous distraire, compulsez la petite bibliographie. Vous ne le regretterez pas !

 

Nota : Je ne suis pas payé pour la pub.

 

 

Petite bibliographie.

 

COUDRON O. Les rythmes du corps, éditions Nil. Paris 1997.

 

GIENGER M. Rytmes biologiques et pierres précieuses selon Hildegarde de Bingen. Editions Véga, Paris 2003.

MAGNIN P. Le Sommeil et le Rêve. Éditions PUF  "Que Sais-je", Paris 1990. 

MAGNIN P. Des rythmes de vie aux rythmes scolaires. Éditions PUF, Paris 1993

MARSAUDON E. Initiation à la chronobiologie, éditions Dangles, Paris 2002.

 

MONTAGNER H. En finir avec l'échec à l'école : l'enfant, ses compétences, ses rythmes. Édition Bayar, 1996.

 

REINBERG A, LABRECQUE C, SMOLENSKY MH. In : Chronobiologie et chronothérapeutique. Flammarion Paris, 1991. 2003.

 

RENBERG A. Nos horloges biologiques sont-elles à l’heure ? éditions le Pommier, Paris 2004.

 

RENBERG A Chronobiologie médicale, chronothérapeutique. Édition Flammarion  Paris 2003.

  

SCHWOB M. Les rythmes du corps - Chronobiologie de l'alimentation, du sommeil, de la santé... Éditeur Odile Jacob, Paris 2007.

 

TOUITOU Y. Rythmes de vie chez l’enfant. Arch Pediatr 1999, 6 : 289S-291S

 

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 13:14

       L’article qui suit, même si son titre porte le mot Franc-Maçonnerie n’est pas réservé à la Franc-Maçonnerie et ; il n’est pas non plus une apologie des loges. Pourquoi alors employer ce nom qui n’est pas toujours en odeur de sainteté ? Si je ne puis rien à propos de la mauvaise presse dont les responsables sont certains individus et certains aspects de la philosophie de ces groupements ; on ne peut enlever à la Maçonnerie la puissance de son symbolisme alchimique. C’est dans ce sens, et uniquement dans ce sens que je rédige mes articles. J’ai suffisamment dit que je n’étais pas Franc-Maçon. Et ma non-appartenance a un sens, c’est celui d’être libre, c'est-à-dire « Franc » sans être obligatoirement Maçon. En conclusion je ne prêche pour personne si ce n’est pour l’alchimie, pour le symbolisme dégagé de toute appartenance, et pour la puissante mystique qui lui est indissolublement liée.


N

Ne souffrez donc pas que j’accorde le plus large crédit à jules Boucher, mon auteur mascotte, quand il écrit (ou dénonce ?) à la page 157 de La symbolique maçonnique (édition 1948). Laissez-moi dire en passant que ce livre sexagénaire, jauni et usé jusqu’à la corde porte encore en lui cette odeur de foi et d’érudition du siècle révolu qu’aucun auteur maçonnique actuel ne dégage :

 

« Si certains symboles maçonniques n’ont suscité que peu de commentaires, la Pierre brute et la Pierre cubique ne sont pas dans ce cas. Ici les dissertations abondent et les cours de morale s’enflent et deviennent fleuves. »

 

Quelle inondation sous un flot de verbiage facile ! C’est pour cela que j’ai tardé à aborder le sujet. Je ne souhaitais pas être emporté par un torrent tumultueux de bavardages moralistes. Certes, la morale c’est bien, mais jusqu’à un certain point. Je voudrais signaler qu’il serait temps de séparer la morale de la spiritualité. Leur amalgame ne donne rien de bon si ce n’est une spiritualité primaire, naïve dépourvue de liberté et reposant sur le formalisme. Il serait temps de s’apercevoir que la spiritualité bien vécue fait découvrir en toute liberté la nécessité de la morale. Mais la morale ne fait pas accéder à la conscience spirituelle, elle lui fait même barrage. Vous voyez la monumentale erreur ?

 

Je rappelle que les Francs-Maçons parlent de deux pierres : la pierre brute et la Pierre cubique. Elles sont représentées, avec d’autres symboles, sur ce que l’on appelle « tableau ». On peut comparer ces représentations à des sortes de « dogmes » (j’ai bien choisi mes mots) sous forme d’images ou de rébus, car celui qui s’écarte de leurs études s’il ne devient pas hérétique est à coup sûr profane. C’est le cas de votre serviteur qui lui est hérétique pour l’Église Catholique et profane pour tous les Ordres qui se disent initiatiques. Pardonnez-moi (j’aime me faire pardonner) si j’ai parfois tendance à plastronner !

Le tableau est différent suivent le travail prévu lors des réunions (appelée « tenue »).

 

La pierre brute est représentée uniquement sur le tableau d’apprenti alors que la pierre cubique se trouve non seulement sur le tableau d’apprentie mais aussi sur celui de compagnon. Le tableau de maître ne comporte aucune pierre car le récipiendaire est censé savoir comment fabriquer la pierre philosophale. Bigre ! quelle  impressionnant réussite du maître ! Dans la maîtrise, il doit y avoir plein de choses à apprendre sur la spiritualité et la mystique, notamment sur la signification « surrationelle » de la voûte étoilée peinte au plafond du Temple ! Je m’égare ! Je me gare, et trêves de plaisanterie et veuillez bien m’excusez (deux fois !) si parfois je suis mal embouché. Passons donc aux choses sérieuses.

 

La pierre brute, qu’est-elle ? J’imagine aisément les réponses des apprentis stéréotypées depuis trois siècles et que Ragon, résume fort bien à la page 136 de son Cours philosophique, cité par Jules Boucher (idem supra p. 157) :

 

« La pierre brute symbolise les imperfections de l’esprit et du cœur que le Maçon doit s’appliquer à corriger ».

 

La transcendance ne crève pas les yeux… Après avoir ergoté sur le principe de liberté (la pierre à l’état natif s’est formée en toute liberté. Fallait y penser !) et d’établir un rapport pour le moins improbable avec la liberté du Maçon, passage obligé pour justifier le terme « franc » qui signifie liberté ! nous touchons là, vous vous en doutez, au fond indigent des interprétations, ou les mots réduisent en purée l’idée.

 

La pierre brute qu’est-ce que c’est ? Vous allez me répondre, en biaisant, que ce n’est pas important de le savoir puisque le propos n’est pas là. Allons ! allons ! Vous ne pourriez pas avouer simplement que vous craignez la confrontation avec des alchimistes tel le baron de Tchoudy dans son œuvre non expurgé par vos maîtres à penser ?

« Ce n’est pas important de le savoir. », Voilà une réponse fuyante d’un être portant œillère et qui n’a pas acquit sa liberté de penser ! Personne ne veut vous détruire, personne ne veut vous manger et je ne suis pas cousin avec Léo Taxil ! Vous voyez dans quel fantasme peut vous emprisonner la peur viscérale de côtoyer le monde profane en toute liberté ! Rideau…

 

La pierre brute c’est ce que les alchimistes appellent la matière première, et ils insistent sur ce nom au point de le traduire en latin : La materia prima. Ça veut dire quoi cette insistance ? ça veut dire que c’est une matière… primordiale. En d’autres termes une matière primaire, simple, ancienne qui provient des origines. J’ouvre une parenthèse pour envoyer au diable les spéculateurs invétérés qui vont faire un beau laïus sur la simplicité pour nous en mettre plein la vue en exposant avec brio un discours dépourvu de viscères. Je ferme la parenthèse.

Autour de nous qu’est-ce qui mérite à la foi le qualificatif d’ancien et de simple ? Dans le règne animal nous avons les protozoaires ou animaux composés d’une seule cellule vivante, et les protophytes ou végétaux constitués par une seule cellule. Le préfixe « proto » signifie premier, primitif, comme dans prototype. Cela permet déjà de qualifier la matière première minérale comme une pierre ancienne ou un protolithe, que les alchimistes disent être issue du chaos primordial. Dans ce nom « lith » signifie pierre. Et dans les livres d’alchimie vous entendrez souvent parler de la pierre des anciens.

Le véritable alchimiste et Franc-Maçon qui était le baron de Tchoudy, a écrit dans son catéchisme de l’étoile flamboyante (dûment expurgée par ses Frères à trois points en ce qui concerne l’alchimie au laboratoire) :

 

«  Q. Comment appelez-vous ce corps-là ?

-         R. Pierre brute, ou chaos, ou illiaste, ou hylé.

-         Q. Est-ce la même pierre brute dont le symbole caractérise nos premiers grades ?

-         R. Oui, c’est la même que les Maçons travaillent à dégrossir, et dont ils cherchent à ôter les superfluidités ; cette pierre brute est, pour ainsi dire, une portion de ce premier chaos, ou masse confuse, mais méprisée d’un chacun. »
(Reproduit par Oswald Wirth à la page 160 de son ouvrage Le symbolisme hermétique édité chez Dervy en 1969.)

 

Bon, me direz-vous, vous jouez avec la terminologie sans rien amener de nouveau. Sans relever la partie de mauvaise foi dans cette remarque je vous répondrais qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Si vous regardez un homme ou une femme nu, vous ne verrez rien d’autre que le corps. Il en est de même pour un arbre ou une pierre. Pourtant il existe des corps invisibles qui accompagnent les corps visibles. Je vous renvoie à mon article à ce propos. LE CORPS INVISIBLE ET LA MÉDECINE ALCHIMIQUE Le corps n’est que la manifestation visible de notre individualité. Il en est de même pour le minéral. Car vous n’allez tout de même pas imaginer que l’alchimiste œuvre uniquement sur les « substances » visibles ! Dans le cas contraire l’alchimie se réduit à la chimie, comme le font les scientifiques qui de ce fait ne peuvent que faire de l’alchimie l’ancêtre de la chimie. Quand vous voyez une pierre, vous n’en voyez qu’une partie, un peu comme si vous contempliez les ongles des pieds visibles  d’un géant invisible. C’est d’ailleurs ce genre de savoir qui a peuplé certains univers féeriques des mythes, des légendes et des contes.

 

Ce corps invisible serait le support de la mémoire. Excusez-moi de vous asséner cela ex abrupto. J’y reviendrais d’une manière plus explicite et dans une cohérence plus évidente.

Nous voilà donc avec une pierre ancienne qui manifeste ses potentialités dans l’invisible.

Question: comment en faire une pierre cubique ?

Vous vous imaginez fort bien que ni les discours, ni la morale ne vont permettre une pareille élaboration.

Pour comprendre de quoi il s’agit, il faut regarder la pierre cubique, qui est représentée dans le « Tableau d’apprentie » et celui de compagnon par un cube portant, sur sa face supérieure, une pyramide à base carrée. Elle est appelée « Pierre cubique à pointe ». De plus, sur le sommet de la pyramide quadrangulaire est plantée une hache.

Cette hache fichée sur le sommet de la pyramide est pour le moins surprenante et laisse supposer un message hermétique à décrypter. Évidemment les discours ne risquent pas de donner la clé de cette énigme, telle cette opinion malheureuse de Jules Boucher :

 

« La Pierre est placée sub ascia, sous la hache, pour indiquer son caractère sacré. ». (idem supra p. 165)

 

Si vous êtres plus avancés, moi non ! Je n’ai rien compris ! Désolé (!) de vous décevoir. Je vous ai déjà dit que je m’excuse à tour de bras et que je suis souvent désolé. Que voulez-vous que j’y fasse si j’ai un côté pipistrelle et un autre vieille France !

 

Un outil pour travailler le bois fiché sur une pierre a un sens que la spéculation ne risque pas de trouver puisque le message est cabalistique, et nécessite de connaître l’Art Royal, ou alchimie, au moins dans sa dimension théorique.

Quant on lit les auteurs maçonniques, tel Oswald Wirth, on est pris de vertige pas le conditionnement sous-jacent que laisse supposer les conclusions de cet auteur prolifique champion de la méthode idéographique :

« Dans ce cas, la Pierre cubique à pointe se rapporterait plus spécialement au grade de Maître et de cet affinement de la personnalité qui se traduit par la sainteté ou l’héroïsme au point de vue moral, et par une géniale acuité de jugement au point de vue intellectuel. » (idem supra p 165)

 

Je partage l’opinion de Jules Boucher quand il écrit à propos des lignes qui précédentes :

 

« Nous ne prétendons pas à la « géniale acuité » et cependant nous ne pouvons accepter la glose de Wirth. »

 

Je suis en colère ! Qu’est cette glose qui nous parle de sainteté au point de vu moral ! Regardez-moi ça ! Ici, chez ce maître à penser maçonnique, tout repose sur l’intellect. C’est une aberration ! Allez raconter ça à St François d’Assise ou au Padre Pio. C’est complètement surréaliste cette compréhension de la sainteté reposant sur la philosophie d’un intello, coincé par les préceptes moreaux enfantant des « psycho rigides » et aboutissants à l’intégrisme ou au puritanisme. Quant à l’acquisition d’une acuité géniale, vous pouvez toujours vous « brosser » pour l’acquérir dans de pareilles conditions. C’est une blague d’orateur moraliste s’écoutant parler ! Désolé ( !) de paraître encore désobligeant, mais vue sous cet angle la symbolique maçonnique est un bourrage de crâne cohabitant avec l’utopie. Dégonflons donc les baudruches et voyons les choses avec une lucidité dépourvue de géniale acuité !

 

Pardonnez-moi (!) ces écarts de langage (en supposant que cela vous soit possible) afin que je puisse revenir, l’esprit serein, à la quiète interprétation de la Pierre cubique à pointe et à la hache.

 

Quel peut être le message de cette hache fichée au sommet de la pyramide en pierre, qui semble indiquer paradoxalement que cette pierre est en bois ! Je pencherais plutôt pour une pierre tendre (issue, dans ce cas, de la reconstitution de la matière première). C’est là un renseignement qui ne manque pas d’intérêt pour le travail au laboratoire. Pour éviter les échecs dus à une trop grande importance de la gangue calcaire, il s’avère parfois souhaitable de séparer les corps constituant la minière pour recomposer ensuite la Pierre. Cette opération ne fait pas partie du Grand Œuvre, mais facilité grandement la réussite.

La matière première obtenue peut, si on le désire, être moulée en pierre cubique à pointe et une hache peut fort bien être plantée, sans problème, au sommet de la pyramide. Si cette particularité est comprise par les galonnés en tablier, alors la pierre cubique à pointe doit être de couleur rouge. Mais cela est une remarque sans importance pour les incorrigibles agioteurs qui ont horreur d’entendre parler du laboratoire alchimique qui démolit, trop souvent à leurs grés, leurs brillants édifices symboliques.

 

Continuons donc notre œuvre de profane profanateur sur cette curieuse pierre à la hache. En alchimie, de nombreux livres vous livrerons le sens de ce symbole qui est le même que celui de l’épée, du poignard ou du marteau. Ces armes blanches désignent les larmes blanches du sel blanc (petites gouttes) qui hache la matière. Vous trouverez de plus amples explications dans mon petit dictionnaire intitulé l’Alchimie expliquée par son langage édité chez Dervy (20€) vendu par toutes les librairies du Net.

 

La lettre H représente l’Esprit (voir Les Demeures Philosophales de Fulcaneli). Si l’on infléchit vers l’intérieur les barres verticales on obtient un cercle barré horizontalement comme un sens interdit. C’est le symbole du sel alchimique qui hache la matière et se manifeste, dans la voie humide, sous forme de larmes blanches.

Cette hache ou H ou encore ce sel se manifeste sous quatre états différents correspondant aux quatre triangles de feu constituant la pyramide. À l’état cristallisé il est Terre, liquéfié il est Eau, vaporeux il est Air et excité il est Feu. Voir mes articles sur les 4 éléments.

 
LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 1.  et la suite : LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 2.

La Pierre cubique est donc travaillée par la hache et les quatre éléments qui en étant associé à l’Esprit ouvrirent la porte aux moralistes et intellectuels dont René Guénon est l’un des fleurons.

Maintenant, un outil de travailleur de bois au sommet de la pyramide n’est pas dénué de sens puisque les larmes blanches ne peuvent être obtenues que par le bois dont l’acacia fait partie.

Ha ! l’acacia méconnu ! Car les Maçons ne connaissent généralement pas son rôle. Si un Maçon s’écrit : « l’acacia m’est connu », c’est généralement un mensonge. Je me porte volontaire pour le vérifier !

 

Rappelons que la pierre brute est un protolithe. Ce protolithe a conservé la mémoire de son origine dans son corps invisible (voir l’article à son propos). Cela permet de comprendre ce qui se passe dans le creusé et qui n’est pas dépourvu de logique puisque le corps invisible du protolite est, comme je l’ai déjà dit, le dépositaire de la mémoire. Soyez attentif et vous saisirez ce que cela signifie.

 

Je laisse Serge Hutin vous instruire :

 

« Dans la cornue où le creuset, l’adepte contemplerait donc – estime-t-il – ce qui s’est passé à l’origine même du présent cycle terrestre. Il ne s’agit pas là d’une simple formule symbolique, mais d’un processus concret, tangible, palpable : l’alchimiste se construit une sorte de véritable modèle réduit animé de la création, avec reproduction sur ce globe en miniature du jeu même des cycles solaires, lunaires et planétaires qui régissent la terre. » (Histoire de l’Alchimie, p 45, éditions Marabout Vervier Belgique, 1971)

 

Vous, qui spéculez sur les pierres brutes ou cubiques, à quoi croyez-vous que serve l’alchimie ? À dire que la Pierre philosophale représente l’idéal maçonnique ? Ce fut vrai il y a bien longtemps, mais ça ne l’est plus puisque les Maçons ignorent à 99% ce qu’est réellement l’alchimie. À transmuter du plomb en or ? Évidemment non ! À trouver un élixir de longue vie ? C’est encore non ! À servir de référence à des spéculateurs plus ou moins psychologisants ? Restons sérieux !

L’alchimie sert essentiellement à établir un dialogue avec l’invisible, avec tous les corps invisibles, y compris celui de notre mère la terre, et au-delà de la matière à interroger la mémoire de l’univers. L’alchimiste parvient à voir (et non à comprendre) les rouages du cosmos dans lesquels nous sommes étroitement assujettis. Ni l’espace ni le temps ni la mort n’ont plus de mystères et l’alchimiste devenu clairvoyant s’élève alors vers les sphères célestes. C’est exactement ce qu’essaye de dire le mutus liber, ce livre sans paroles composées uniquement de quinze gravures ou la dernière représente l’Adepte couronné et clairvoyant, ressuscitée en chair et en esprit. Et étant élevé par des anges jusqu’au soleil.

 

« J’ai dit : Vous êtes tous des dieux » Jean X, 34-36
 

Nul n’ignore, parmi ceux qui s’intéressent à l’ésotérisme, que l’alchimiste travaille sa pierre brute ou matière première qui deviendra pierre des philosophes laquelle se transformera en pierre philosophale, c’est-à-dire en pierre parfaite ou cubique selon l’expression consacrée par le symbolisme maçonnique… Dans le milieu hétérogène des frères à trois points, il est toujours question de pierre brute et de pierre cubique, laquelle est à la foi la pierre bien taillée des bâtisseurs et la pierre philosophale. Dans les Loges les tailleurs de pierre ont donc une place de choix dans l’esprit maçonnique. Rien de surprenant si, dans les loges autant qu’en librairie, abonde sur l’art et la manière de taquiner la masse et le burin, de long discours tressé d’un complexe « psycho-spiritualo-moralisants » qui inspira probablement les fondateurs de ce mauvais ragoût ou la cuisse de poulet jouxte la langue de boeuf et que l’on appelle dans les millieux bien informés: Nouvel Age !
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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 14:48

           Dans mon article sur l’épée flamboyante tenue par un Chérubin, L’ÉPÉE FLAMBOYANTE des Francs-Maçons j’ai déjà abordé cette question, mais d’une manière très succincte. Il m’a semblé opportun d’étoffer un peu ce texte car il éveille l’intérêt de plusieurs dizaines de lecteurs.

 

 

 

O

n lit dans la Genèse de la Bible, au 24e verset du troisième chapitre que :

 

« Le Seigneur Dieu mit des Chérubins dans le jardin d’Eden, qui faisaient étinceler une épée de feu, pour garder le chemin qui conduisait à l’Arbre de Vie »

 

Jules Boucher dans La symbolique Maçonnique (p 60 édit. 1948) nous dit :

 

« Les « Chérubins » forment une classe d’Anges… »

 

Voilà une affirmation qui nécessite quelques bémols. En effet, il est nécessaire d’apporter à cette définition un amendement puisque les Chérubins ne sont pas QUE des Anges, pas plus que les Séraphins ou les Archanges !

Pour faire une analogie, c’est comme si nous disions qu’un expert-comptable est seulement comptable, ce qui est une erreur.

Le mot Ange n’est pas un terme générique qui désigne, par un nom particulier, des entités différentes.

Anges est un nom spécifique qui définit une catégorie d’être célestes bien précises qui signifient envoyé, messagers, fils de la vie. En d’autres termes, les Chérubins ne sont pas des anges, même s’ils en ont les qualités, (comme un expert-comptable est aussi comptable). Et Deny l’Aréopagite précise : 

 

« Le nom d’ange convient proprement au dernier rang de la hiérarchie ».

Sur le plan spirituel les Chérubins sont supérieurs aux Anges et jouent un rôle différent. Ils constituent donc une catégorie d’êtres formant, avec d’autres catégories, ce que l’on appelle la hiérarchie céleste.

C’est le Pseudo-Denys l’Aréopagite (vers 490) qui en donna dans son ouvrage Le livre des hiérarchies célestes, la nomenclature en neuf hiérarchies :

 

1– Séraphins.

2– Chérubins.

3 – Les trônes.

4 – Les Dominations.

5 – Les Vertus.

6 – Les Puissances.

7 – Les Principautés.

8 – Les Archanges.

9 – Les Anges.

 

Les Chérubins sont, avec les Séraphins, les plus hautes entités célestes. À travers eux, Dieu rayonne d’une manière impersonnelle, universelle. Cette particularité justifie leur présence aux portes du jardin d’Eden, et aux portes de certains temples, en qualité de lieutenant de Dieu, ou pour employer le terme ecclésiastique, de vicaire de Dieu. Ils maintiennent l’architecture de l’univers car ils sont les esprits de l’harmonie, avec lequel l’alchimiste dialogue pour être en totale concordance avec les lois célestes et terrestres. Donc, quand un Franc-Maçon s’adresse au Grand Architecte de l’Univers ils est entendu d’abord par les architectes qui sont les Chérubins, lesquels tiennent l’épée flamboyante. Ces entités sont seules capables d’ouvrir les portes de l’Eden à ceux qui en sont dignes.

 

Nous voyons là l’importance capitale de l’épée flamboyante dans le rituel maçonnique. Deux chérubins, épée en main, devraient figurer (au moins en peinture murale) à l’extérieur du temple Maçonnique de part et d’autre de la porte d’entrée.

La présence des Chérubins plonge ses racines dans une tradition extrêmement ancienne sur le plan de la science initiatique mais aujourd’hui disparue ou mal assimilée qu’il convient d’essayer de mieux comprendre.

 

Une précision : Le Grand Architecte de l’univers est une émergence culturelle du christianisme, mais du christianisme réel. Il ne s’agit donc pas de doctrine ou de dogmes qui sont, d’ailleurs, contraires au concept initial de christianisme. Le fondement du christianisme repose sur un acte qui fut accompli par le Christ. Et cet acte est de nature telle qu’il n’exerce d’influence que sur celui qui prend la décision de le laisser agir sur lui. En d’autre terme nous avons la liberté de le recevoir ou non. D’agir ou non en harmonie avec le Grand Architecte de l’Univers. C’est tout ! Inutile de faire des commentaires théologiques, ou autres, aussi longs que les nuits polaires !

 

Dans la messe catholique, le prêtre et les fidèles remercient les hiérarchies célestes pour leur présence, qui en réalité ne peuvent s’absenter.

Le problème qui m’est personnel, c’est qu’au catéchisme on ne m’a pas expliqué ce qu’étaient ces hiérarchies. Mais on m’a demandé de prier mon ange gardien. Bref, des anges on en parle beaucoup dans la Bible, mais ce que l’on ne m’a pas dit c’est qu’ils constituent le pallier de la hiérarchie la plus proche des hommes. En d’autres termes les anges sont des êtres qui sont devant nous sur la route de la divinisation. Il a fallu que je trouve ça tout seul car mon brave curé ne m’en a jamais parlé. Il me demandait seulement de croire en eux. Aussi quand j’étais enfant ma maman me donnait pour Noël une pièce de monnaie pour la glisser dans une fente, prévue à cet effet, au pied d’un ange en carton-pâte peinturluré qui inclinait la tête pour me remercier. Il était à côté de la crèche et je me demandais ce qu’il faisait là dans cette merveilleuse odeur d’encens. Il m’amusait au point de vouloir vider le porte-monnaie de ma maman qui, hélas, ne voyait pas les choses sous le même angle ! Je lui souriais de bonheur à l’ange et quand ma maman me tira par la main avant que je la mette sur la paille, je vous assure que l’ange me souriait en me regardant partir sous l’inflexible houlette maternelle. De loin je lui ai dit au revoir avec mon bras libre, et il m’a répondu en inclinant la tête tout seul, sans l’aide d’une pièce de monnaie. C’est pour cela que l’ange est resté un souvenir merveilleux qui est prêt à surgir dans le monde visible.  

 

L’ange est porteur de la sagesse et il peut l’inspirer aux hommes. Par l’activité de l’ange nous pouvons saisir l’intelligence cosmique dans le silence de notre pensée. Il a la capacité de s’incorporer à notre corps invisible dont j’ai parlé précédemment. Voir : LE CORPS INVISIBLE ET LA MÉDECINE ALCHIMIQUE . Il guide notre destin personnel. Voilà en gros ce que j’ai compris… mais pas au catéchisme !

L’Ange se tient immédiatement derrière l’homme. Pour voir l’ange, il faudrait en esprit « se retourner », c’est-à-dire se détourner de la ligne terrestre qui nous a été imposée à la naissance et sur laquelle nous avançons jusqu’à la mort. Le voir, serait donc en même temps découvrir le sens de notre destinée.

Je ne ferais pas l’injure aux Francs-Maçons de commenter une cérémonie où le retournement du récipiendaire a lieu pour se voir dans un miroir. Interpréter cela comme la découverte de soi en qualité de notre propre ennemi est une grave erreur, il faut en convenir.

 

Plus tard j’ai saisi que l’angéologie était une notion très ancienne, beaucoup plus ancienne que la Bible et qui structuraient d’une manière remarquable l’évolution des êtres.

La notion de hiérarchie nous dépasse et embarrasse l’Église. Au 11e, 12e, 13e siècles ces choses là étaient vues, comprises et maîtrisées. Ceux qui vinrent à l’époque de la Renaissance et plus tard ne verrons plus et comprendront de moins en moins jusqu’à ne plus rien comprendre du tout durant le 20e siècle.

 

Ainsi, les alchimistes actuels ne peuvent comprendre Albert le Grand ou Basile Valentin s’ils les lisent nanti des connaissances modernes. L’alchimie n’est pas une super-science, même si certains faits peuvent le laisser croire. Il faut aborder les auteurs anciens en sachant que pour eux ce spirituel était encore une réalité…Qu’ils voyaient ! Alors seulement on comprend comment ils emploient les mots, comment ils s’expriment.

Le chimiste Pierre Laszlo étudie, dans son livre Qu’est-ce que l’alchimie ? (éditions Hachettes, Paris 1996) les textes des alchimistes anciens et tente des interprétions à la lueur de la chimie actuelle. Et naturellement, vu de l’extérieur, expérimenté selon les méthodes actuelles dans un laboratoire de chimie moderne. Ce que dit, par exemple Basile Valentin, est jugé et interprété sans dissimuler une certaine superficialité frisant l’incohérence. Ce genre de conclusion est inévitable à moins de vouloir faire dire aux adeptes ce qu’ils n’ont pas dit ! Basile Valentin par exemple n’a pas dit qu’il décrivait les différentes transformations de la matière au contact du feu. En réalité ses textes sont parfois des fragments d’embryologie. C’est l’évolution de l’embryon sous l’action du feu interne de la mère. Cela est exprimé sous forme d’images et de termes déroutants comme la température du ventre du cheval, ce qui se traduit comme une température « cabalistique ».

Selon la manière de penser actuelle les scientifiques et les historiens ne peuvent qu’y voir une simple expérience de laboratoire. Évidemment cela ne tient pas la route et ne peut déboucher sur rien de consistant. Je dois souligner pour finir que ce livre de Pierre Laszlo ne manque pas d’intérêt sur d’autres plans, notamment sur l’étude des alchimistes à travers l’histoire et la philosophie hermétique de chaque période historique.

 

Il faut retenir que les interprétations de textes alchimiques pré-Renaissans sont délicates. Actuellement pour éviter de manquer des « aiguillages », et donc de mal interpréter, il est nécessaire de maîtriser la langue des alchimistes ou langue du cheval, langue verte ou encore langue des dieux, qui n’est autre que la Parole perdue des Francs-Maçons. N’avons-nous pas la preuve éclatante qu’elle est bel et bien perdue ?

Depuis la Renaissance jusqu’au XVIIIe siècle ces facettes multiples des textes furent de plus en plus voilées à notre entendement, pour l’être totalement au début de XIXe siècle. Et depuis environ deux siècles nous sommes dans une période d’obscurantisme total.

 

La conception moderne du monde a abouti à ceci : Imaginez qu’un homme soit en face de vous. Vous cessez de vous intéresser à lui, et vous ne gardez que ses vêtements que vous suspendez à un portemanteau dont le sommet aurait la forme d’une tête (on en trouve actuellement dans le commerce) et ainsi je néglige l’homme réel. Je me figure que cela, c’est l’homme !... Que m’importe que dans ces vêtements il ait pu y avoir quelque chose ? cela, ce portemanteau, c’est l’homme ! La même chose est arrivée avec la nature. Cela fait sourire que derrière la chaleur il y ait l’action de la hiérarchie des Chérubins ! Que derrière tout ce qui nous entoure se manifeste à notre insu l’action des hiérarchies célestes qui sont la clé des correspondances et analogies des sciences spirituelles. Sans elles ; inutile d’essayer de comprendre hermétisme et l’alchimie ! Foutaise, diront nos modernes cartésiens, tout ça ce ne sont que des histoires ridicules à dormir debout ! Rêve d’utopistes que ces infantilismes ! L’homme il est là tout entier sur ce portemanteau ! Il n’est pas plus que ces vêtements qui y sont suspendus. L’homme-portementeau, c’est l’homme tout entier. Nous sommes viandes et rien d’autre !

Cela c’est le premier acte !

Le deuxième acte commence avec les théories de Kant. Le Kantisme procède ainsi : devant les habits pendus au portemanteau on se met à philosopher sur ce que peut bien être la « chose en soi » de ces vêtements et on découvre que cette « chose en soi » des vêtements reste « inconnaissable ». Très ingénieux ! Vous ne trouvez pas ? Vous comprenez pourquoi Albert Einstein n’était pas dupe et disait non sans humour que chacun à son Kant à soi !

Quant on a d’abord supprimé l’homme et qu’on n’a plus devant soi qu’un portemanteau-viande que sont les vêtements, on peut toujours philosopher sur ceux-ci et échafauder des spéculations très élégantes. On peut dire à la manière de Kant : l’homme ne peut connaître la « chose en soi » ; ou bien que dans ces vêtements il n’y a que des atomes agglomérés qui leur donnent leurs formes. Bravo ! génial !

Hélas, oui ! voilà comment la pensée a évolué ! C’est une ombre de pensée aussi superficielle que les vêtements-viande sur le portemanteau ! Et pourtant c’est dans cette pensée, dans cette forme de spéculation que nous vivons aujourd’hui ! C’est à elle que nous empruntons notre conception scientifique de la nature.

Cela me rappelle une anecdote de ma vie estudiantine durant laquelle je suivais des cours communs avec les chirurgiens.

Dans un petit amphithéâtre ou nous étions peu nombreux, le prof, qui connaissait chacun de nous (il nous appelait par notre prénom) nous laissait souvent la parole pour des échanges fructueux.

Un jour nous nous interrogions sur des régulations physiologiques cardiaques en l’absence de circuit nerveux ou de sécrétions hormonales susceptible d’expliquer ce phénomène.

Un étudiant avança l’hypothèse de l’existence d’une régulation extra-physiologique actuellement inconnue. C’est cela qui mit le feu aux poudres ! Et l’amphi devint aussi turbulent qu’une séance houleuse au palais Bourbon.

Les chirurgiens cartésiens et ultra rationalistes s’opposèrent violemment à cette hypothèse car, pour eux, un mort clinique risquait de ne pas l’être. Le débat glissa donc sur l’autopsie. La majorité était contre prétextant un principe de précaution. Les chirurgiens étaient pour couper en rondelle, sans état d’âme, tout individu (le mot individu signifie indivisible je le rappelle) morts cliniquement. La bagarre faisait rage et le dialogue n’en était plus un. Aussi le prof demanda le silence en reprenant l’étymologie de l’autopsie et en soulignant le préfixe « auto » disant clairement que pour les anciens le mort se voyait disséqué.

Il s’adressa alors aux chirurgiens en leur demandant s’ils n’éprouverait rien de particulier en autopsient leur enfant. Il n’y eu pas de réponse et le débat fut clos mais les chirurgiens ne furent pas convaincus. Il faut reconnaître que rien de convainquant ne pouvait être avancé. Curieusement il y eut ensuite une animosité sous jacente entre physiologistes et chirurgiens car on devinait que ces derniers étaient partisans de l’homme-portementeau. Dans le cadre de cette histoire il faut remarquer qu’il existe fort heureusement des scientifiques qui entrevoient l’homme surnaturel. C’est pour cela que j’ai cru bon de vous raconter ce souvenir de jeunesse.

 

Oui, il faut réintroduire l’homme dans ses vêtements. Les premier frémissements en ce sens se manifestent dans les hopitaux par la lutte contre la douleur, la découverte de la dimension psychologique du cancer, les soins palliatifs, et plus généralement l’émergence de l’homme holistique et holoscopique.

Une chose est certaine la rénovation tend à comprendre l’homme entier corporel et extracorporel. C’est vers cela que s’oriente la science spirituelle. Ainsi redécouvrirons-nous concrètement l’action des hiérarchies spirituelles dans l’homme et dans notre monde sublunaire. Mais encore faut-il nous laisser guider par notre ange gardien !

 

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 17:04

        Que mes amis lecteurs veuillent bien voir ici un article capital puisque la philosophie d’Aristote est présente dans toutes nos manières de réfléchir et finalement de voir le monde.

Imaginez un instant qu’Aristote nous a trompé ! Les répercutions seraient dramatiques car toute notre manière de réfléchie dans la vie de chaque jour se révéleraient entachées d’erreurs ou carrément fausses et ce que nous croyons impossible ne le serait pas obligatoirement !

Et bien la logique d’Aristote, telle que nous la comprenons est fausse. C’est une trahison de l’œuvre de ce grand initié par des intellos traducteurs aveugles aux idées autres que les leurs. L’heure de la vérité étant proche cette trahison se manifeste à travers la sémantique générale. Cette lézarde dans notre édifice intellectuel seras suivie par d’autres avant que s’effondre notre monde artificiel tombant son masque en ce XXIeme siècle ou réapparaîtra le véritable visage d’Aristote inséparable de la pensée spirituelle dont nous devrons nous remémorer le sens.

 

 

Une société initiatique qui fait reposer son initiation sur des exercices intellectuels et la logique aristotélicienne moderne est une société fantôme. La connaissance n’est pas synonyme de culture et d’érudition. Si on cultive cela, on pratique une contre initiation.

 

J’ai montré, dans mon article précédent : La naissance des Roses+Croix et des Francs-Maçons, que nos perceptions, nos pensées et donc notre connaissance étaient différentes avant la période historique de la Renaissance (XVe-XVIe siècle). l’alchimiste Fulcanelli dit à juste titre que ce nom de Renaissance est un « Nom paradoxal », et il énumère tout ce qui en fait une période historique rétrograde et donc d’obscurantisme ou l’homme, perd sa simplicité sa créativité et un pan entier de sa spiritualité pour sombrer dans le matérialisme et devenir peu à peu un adorateur de Mammon (et du veau d’or) le dieu des valeurs matérielles. La réalité profonde de la rétrograde Renaissance est la mise en sommeil de certaines perceptions qui nous étaient habituelles, faisant ainsi de l’homme un aveugle. Son regard n’avait plus accès à la connaissance spirituelle directe de l’univers. Il ne plongeait plus son regard dans l’extraordinaire harmonie des hiérarchies célestes et ne distinguait même plus son ange gardien.

Cette période douloureuse d’aveuglement s’achève progressivement de nos jours[1]. Pour en connaître la raison d’être :LA NAISSANCE des Roses+Croix & des Francs-Maçons.

 

La science actuelle est ainsi faite que ses observations s’arrêtent à la limite de sa dimension matérialiste alors qu’on peut voir, comme à travers un rideau transparent, ce qui est au-delà de son domaine d’investigation. Son obstination la pousse à ignorer superbement, et à se plier à ses idées, et à ses pensées en niant l’évidence. La contrepartie de cette attitude rigide se solde par des bouleversements fréquents du savoir devenant, périodiquement obsolète.

Ainsi va la science, comme de vieilles paires de godasses que l’on jette quand elles ont fait leur temps. Impossible de trouver des chaussures inusables, alors qu’il suffirait de marcher nus pieds ! La simplicité, ça lui fait mal, à la science matérialiste, comme une ampoule au talon de l’invulnérable Achille. Combien ai-je pu voir d’être méprisant envers les collègues scientifiques chercheurs et obséquieux envers les supérieurs incapables de concevoir un protocole expérimental simple tout en discourant doctoralement sur la théorie des cordes ! Qu’il aillent se faire pendre grand Dieu !

 

Ce refus de l’évidence, j’ai pu l’observer « in vivo » en quelque sorte dans un laboratoire d’embryologie. Sous le microscope l’œuf sphérique fécondé réorientait sa couche moléculaire externe pour finir par se polariser et donc manifester deux pôles bien distincts. Tous les chercheurs pensaient la même chose, mais personne n’avait le droit de le formuler : Cette polarisation est analogue à celle de la terre. Le mot analogie (tout comme celui d’extrapolation) est indécent pour nos matérialistes. Ils refusent l’inéluctable – sous la houlette des mandarins despotes – qui, malgré toutes nos réticences, nous conduira à vivre bientôt, et douloureusement pour les plus sectaires, une Renaissance à l’envers.

 

Les temps sont là où va se manifester une extraordinaire effervescence de l’esprit qui verra s’ouvrir d’immenses horizons de recherche bouleversant la spiritualité et aussi la médecine. Car vivre la Renaissance à l’envers, ce n’est pas revenir au Moyen Age ou à l’âge de pierre. C’est au contraire monter une marche de plus sur l’escalier éblouissant des hiérarchies spirituelles.

 

Les anciens ne lisaient pas des auteurs, tel Aristote (- 384 à - 322), comme nous le faisons actuellement avec notre esprit rationnel dans le mauvais sens du terme.

Aristote était un grand initié (de grâce ne confondez pas son initiation avec celle de nos pauvres – je suis modeste et polis – centres qui se disent initiatiques) qui fut le précepteur et le guide d’Alexandre le Grand (-356 à -323).

Théophraste (vers - 372 à vers - 288) choisit dans l’œuvre de son maître Aristote ce qui pouvait être transmis à l’Occident. L’Occident reçut donc la logique d’Aristote ; Mais la particularité d’Aristote c’est que malgré son abstraction et sa logique, il se lit autrement que les autres écrivains. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne peut se lire correctement qu’après une préparation méditative. En lisant dans ses conditions on a le sentiment qu’il agit à l’intérieur de l’homme physique. Ce n’est pas une logique dont on suit simplement l’exposé, c’est une logique qui travaille intérieurement. Oui, n’en doutez pas, Aristote est tout de même à un degré plus haut que tous les pédants qui sont venus après lui et qui ont édifié leur logique d’après la sienne. On ne comprend les œuvres d’Aristote, d’une manière juste, que si on les considère comme des livres de méditation. Il se produit là quelque chose de merveilleux qui ne peut qu’échapper aux esprits protocolaires qui ne tolèrent pas les jongleurs de Notre Dame.

 

Actuellement nous sommes, dans notre histoire, au moment d’un retour aux sources annonciateur d’un véritable bouleversement,

l’Église, prévenue par ses mystiques, essaye de récupérer cette nouvelle orientation pour éviter son inéluctable naufrage. Elle concrétisa cette vaine tentative par le Concile Vatican II. Le retour aux sources qu’elle prône depuis les années 60 n’est pas le chemin qu’elle nous montre, et nous le savons tous. Sa position surréaliste vis-à-vis du préservatif et des prêtres mariés est suffisamment éloquente de son incompréhension du monde et même de la spiritualité conduisant à la divinisation. On n’entre pas dans les cieux au débotté muni d’une liste de préceptes dogmatiques que l’on se contente d’observer scrupuleusement, même si ceux-ci ont une profonde valeur spirituelle. On y entre par la connaissance non matérialiste qui développe notre clairvoyance et nous guide avec sûreté sur les marches du magnifique escalier montant vers les diverses hiérarchies spirituelles sur lesquelles règne le Christ.

 

Notre époque de transition (de « contre-Renaissance » pourrait-on dire) montre de sérieuses lézardes qui se manifestent dans notre édifice aristotélicien mal compris. La critique la plus significative, traduisant cette nouvelle prise de conscience, provient de la Sémantique Générale[2] appelée aussi et à juste titre « logique non aristotélicienne[3] ou Ā ». Elle fut créée par le Comte polonais Alfred Habdank Korzybski en 1933 avec la parution de son ouvrage majeur Science and Sanity, an introduction to non aristotelian systems and general semantics.

Ne voulant pas assommer mes lecteurs par des développements soporifiques, voici une bibliographie en langue française qui permettra aux puristes d’aller plus loin :

 

Une carte n’est pas le territoire. Par Alfred Korzybski. Éditions de l’Éclat. Paris, dernière édition 2001.

Introduction à la Sémantique Générale de Korzybski. Par H. Bulla de Villaret. Éditions Courrier du livre, Paris 1973.

Puissance et pouvoir des mots, La sémantique générale de Korzybski. Par Harry L. Weinberg. Éditions Courrier du livre, Paris 1996.

La sémantique générale aujourd’hui. Par Michel Saucet. Éditions Courier du livre. Paris 1996.

 

Pour ceux qui souhaitent avoir une idée de la sémantique générale sans passer par des textes, ils pourront lire, tout en se distrayant, les livres du grand auteur de S. F. Alfred E. Van Vogt, dont j’ai montré dans un article les connaissances alchimiques notamment dans le cycle de Linn.

 

Le monde des –A. Éditions J’ai lu. N°362. Traduction de Boris Vian. 1957.

Les joueurs du –A. Éditions j’ai lu. N°397. Traduction de Boris Vian.

La fin du –A. Éditions J’ai lu. N° 1601.

 

Ces trois romans de S.F. ont fait connaître sans conteste la sémantique générale en France.

 Précision : – A ou à ou encore Ā se prononce « non A », dans le sens de non Aristotélicien.

 

Si, au premier abord, la sémantique générale a pour but de nous donner une meilleure compréhension de notre environnement, elle démontre magistralement que la logique aristotélicienne, fut mal formulée par les adaptations successives. La sémantique générale montre l’incohérence de ces adaptations intellectuelles et met donc en évidence que cette logique qui règne en occident fut amputée de sa dimension non intellectuelle. C’est une des conséquences tardive de la Renaissance.

Nous retrouvons d’ailleurs le même phénomène avec Descates, dont j’ai écrit un article précédemment, et qui montre que les cartésiens n’ont rien compris à Descartes. Le cartésianisme français (cocardier, pourrait-on dire, car les Français en deviennent ridicules !) est une incohérence de plus dans notre perception du monde qui, de ce fait, frise l’aberration. La faute dans tout cela ce n’est pas notre bêtise, mais notre persistance à vouloir courtiser en permanence la pensée matérialiste.

 

Heureusement que la pensée mystique aristotélicienne existe toujours dans les mentalités d’Europe centrale, véhiculée par des hommes simples, et elle vit secrètement dans des centres que l’on ignore. De la proviennent des gens comme Jacob Bœhm, Paracelse, Rabelais, Nostradamus. Par des chemins détournés elle atteint la sagesse populaire qui s’en inspire dans un bien plus large mesure que nous ne le croyons habituellement. Elle vit, cette sagesse, elle ruisselle dans de véritables « réservoirs » que sont Bazille Valentin, Paracelse, Jacob Bœhm et beaucoup d’autres dont les noms sont moins connus tel Perillos et Cambriel pour le midi de la France.

 

Le moine alchimiste Basile Valentin a largement puisé dans cet aristotélisme « mystique ». C’est d’ailleurs essentiellement pour cet enseignement capital que Fulcanelli le fait figurer au rang de ses maîtres. À cette époque on cultive, dans les cloîtres, une véritable sagesse alchimique qui ne se contente pas de donner des clartés sur les transformations de la matière, mais qui éclaire les transformations humaines les plus intimes à l’intérieur de l’univers.

 

Quant aux érudits, aux lettrés, ils travaillent sur un Aristote défiguré, passé au crible, dont la logique est déformée, avec lequel cependant la scolastique et plus tard la science ont élaboré la philosophie moderne, et cet Aristote devint pour l’Occident une bénédiction !

Ce n’est qu’au XIXe siècle, alors que personne ne comprend plus rien à Aristote, alors qu’on ne fait que lire Aristote, au lieu d’en faire un livre de méditation, c’est à ce moment que les hommes perdent tout à fait Aristote, parce qu’il n’agit ni ne vit plus en eux, parce qu’ils ne font plus que l’étudier, au lieu de le pratiquer. Mais pendant le XIXe siècle tout va de telle sorte que ce qui était auparavant exercice pratique « pouvoir », devient « savoir ».

Actuellement c’est le règne des « Master », (bravo pour l’hypocrite défense de la langue Francaise !) des « ingénieurs », des « docteurs », l’universitaire ne s’occupe que des pensées. Depuis longtemps l’éloquence n’est plus enseignée et la rhétorique non plus. On ne veut que penser ! Les rhéteurs ont disparu. Ceux qui s’appuient le moins sur l’homme, les universitaires, qui ne tiennent compte que de la tête, ceux-là sont devenus les guides de la formation de la jeunesse.

 

Jusque dans les dernières décades du 19e siècle, on pouvait dire que, bien que corrompu, les derniers prolongements de cette antique science de la nature ont survécu.

L’ancienne alchimie, l’ancienne connaissance, des liens qui unissaient les substances aux forces de la nature, et qui vivait encore si curieusement dans la masse populaire à travers des expressions et l’argot, en étaient les derniers échos recueilli par Fulcanelli né en 1839. Malgré les efforts louables de son élève Eugène Canseliet, aujourd’hui, ils se sont éteints, ils ont disparu, on ne peut plus les trouver, on ne peut plus rien savoir d’eux. Voilà pourquoi de nos jours l’alchimie s’apparente à une recette de cuisine ou une dimension « spirituelle » boiteuse qu’elle vienne de l’Inde ou du « nouvel age » avec ses « chanels » d’opérette, est collée dessus comme un morceau de sparadrap.

Il en est de même pour la logique d’Aristote. Seul est resté ce qui fut apporté par son disciple Théophraste. Le message d’Aristote n’existe plus et sa logique ne peut plus être rattachée à sa « mystique ». Tel est le résultat de notre civilisation matérielle.

Aussi, la sémantique générale non aristotélicienne qui lézarde ce fier édifice d’intello est annonciatrice d’une nouvelle révélation spirituelle. Cela est d’autant plus évident qu’une sévère crise financière et économique sape actuellement les fondements mondiaux de notre civilisation matérialiste.

Le fruit est pourri et ne va pas tarder à tomber pour laisser la place à une nouvelle floraison.

Aujourd’hui, permettez-moi d’affirmer que ceux qui ont compris, ont le devoir (ou alors ils n’ont pas compris) de s’engager pleinement dans le courant de la vie spirituelle. Nous sommes placés au cœur d’une transition très réelle de l’expansion spirituelle de l’humanité. Si nous ne devenons pas conscients de cette merveilleuse connexion, de ce rattachement à ce qui fut magnifique antérieurement, nous dormons à l’égard des évènements puissants qui se jouent actuellement dans la vie courante et spirituelle autour de nous.

 

 

 

 



[1] Sur le plan initiatique les périodes dites modernes, contemporaines et actuelles n’existent pas car durant ces époques l’aveuglement des homme est le même que pendant la Renaissance.

[2] Le terme « sémantique » vient du grec « semainein », qui veut dire « signifier ». Il fut introduit dans le domaine de la linguistique par Michel Bréal en 1883. Pour les linguistes, la « Sémantique » est donc l’étude de la signification des termes du vocabulaire , et des modification qu’elle peut subir.

Dans les années 1920, le terme « sémantique » fut repris par un groupe de logiciens et de mathématiciens polonais avec un sens déjà différent : La « sémantique devint la science des significations symboliques.

Korzybski adopta le terme dans l’expression « sémantique générale ». Je souligne que la « Sémantique alchimique » est la cabale ou art de la cavale, langue du cheval ou langue verte dont la logique échappe à toutes logiques.

[3] Cette logique inspira l’auteur de science-fiction A .E. Van Vogt dans son cycle des A.

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 08:09

 

Merci de m’avoir signalé toute gêne à propos de la grosseur des caractères et des surlignages trop pétaradants. N’hésitez pas à me faire ce genre de remarque… C’est pour le confort de tous !

 

Cet article pourra vous intéresser si vous vous interrogez sur l’origine des Roses+Croix et des Francs-Maçons. Cela évidemment en marge de l’histoire qui n’est souvent qu’un pâle reflet trompeur de la réalité.

Les historiens qui se posent la question de l’émergence de la théologie intellectuelle à partir d’Abélard en opposition avec celle de St Bernard, trouveront ici la réponse. Quant à la Renaissance, vous en saisirez la raison d’être.

Les ésotéristes qui ignorent le sens profond des carrés magiques associés aux planètes en comprendront mieux le sens. Ils comprendront aussi pourquoi les cathédrales gardent leurs mystères. Quant à ceux qui pratiquent l’astrologie, la géomancie et toutes sortes d’arts divinatoires, ils auront ici matière à réflexion. La nécessité de la fraternité dans la connaissance est ici démontrée dans sa dimension la plus intime et lui donne un sens nouveau et puissant. Puisse ce que je vais raconter vous être agréable, faire fleurir la véritable fraternité et refleurir ce rameau de la Connaissance dont les Cathares savaient qu’il concerne notre temps.

 

 

L

a connaissance des constellations célestes, dont j’ai effleuré un aspect dans l’article « L’appel des étoiles » L’APPEL DES ÉTOILES est un sujet qui repose sur des données astronomiques déconcertantes qui ne peuvent qu’être imputées à des capacités exceptionnelles de perception ou d’observation. Elles sont si difficilement acceptables de nos jours que certains auteurs, un peu rêveurs il est vrai, n’hésitent pas à attribuer ce phénomène à un mystérieux héritage d’une sorte de superscience d’extraterrestres ayant débarqués sur notre globe à plusieurs reprises.

Sans avoir recours aux extragalactiques, tournons-nous plutôt vers l’homme lui-même. À mon avis (mais cela se discute) il s’agirait plutôt d’anciennes aptitudes aujourd’hui disparues. Nul ne saurait s’opposer au fait qu’autant pour la médecine que pour la psychologie, l’homme reste un inconnu. Alexis Carrel (1873-1944) s’en doutait en écrivant son livre L’homme cet inconnu (1935). Je suis convaincu que l’homo sapien possède (ou possédait) des capacités potentielles qu’actuellement nous ignorons ou ne savons pas (ou ne savons plus plus) utiliser.

Nos pères avaient une autre manière de voir le monde y compris les planètes et les étoiles. Cette sorte de clairvoyance des anciens leur faisait décrire le ciel d’une manière totalement différente de la nôtre. Cette particularité, dont les historiens ne veulent pas entendre parler, est tellement singulière que leur façon de voir et la nôtre sont aussi opposées que deux civilisations sises aux antipodes culturels. Ne soyons donc pas surpris si l’astrologie telle qu’elle est pratiquée de nos jours n’est plus du tout la même qu’au début de son histoire. On peut dire qu’elle ne s’adresse pas au même public. Pour ceux qui ont lu mon livre Holoscopie de la spiritualité Occidentale, c’est comme si l’une était issue des particularités physiologiques de l’encéphale cérébral gauche (la notre) et l’autre de l’encéphale droit (celle de nos ancêtres). Aucune compatibilité entre les deux ou si peu !

Pour s’en convaincre, il suffit de réfléchir un peu sur l’origine des phytothérapies. Croyez-vous réellement qu’un ancien cueilleur de simples faisait sa récolte au hasard ? Ne faut-il pas accepter plutôt une perception différente de la nôtre qui lui permettait de faire un choix immédiat et efficace ?

Outre des perceptions différentes, la raison en est que l’« astrologie de l’esprit » ou astrosophie fut élaborée il y a très longtemps en ces périodes historiques où son rôle prédictif et analytique ne reposaient pas sur les mêmes  fondements qu’actuellement. Vision différente implique image du monde différente.

Impossible de parler de cela actuellement. Ce serait comme vouloir décrire les couleurs à un aveugle de naissance.

 Disons, pour fixer les idées et éviter une trop longue digression, que ces capacités de perception existaient dès le tout début du Moyen Age, époque où la manière d’appréhender le cosmos, était donc profondément divergente de celle qui caractérise notre XXIe siècle. En effet, les planètes y compris le soleil, étaient étroitement associées à l’étude des hiérarchies célestes, ce qui échappe actuellement à nos préoccupations, même dans beaucoup de centre d’ésotérisme.

Les hiérarchies spirituelles (Anges, Archanges, Archées, Dominations, Trônes, Chérubins, Séraphins) nous font sourires car cet aspect, qui nous dépasse totalement, nous fait qualifier cette époque comme étant peuplés d’êtres imaginaires qui caractérise l’obscurantisme des périodes historiques reculées.

Le Moyen Age avec sa clairvoyance particulière n’était pas un âge obscur mais une époque où les hommes (pardonnez l’outrage) voyaient plus loin que le bout de leur nez ! Évidemment c’est toujours une opinion qui n’engage que votre serviteur !

D’où peut provenir une connaissance aussi précise d’un monde invisible au point de le structurer d’une manière qui nous échappe ? D’où sortent les carrés magiques planétaires dont nous parle Paracelse (1493 ou 1494-1541) en son Archidoxe magique , à ne pas confondre avec ceux qui furent inventés par le touche à tout docteur Gérard Encausse dit Papus (1865-1916) dans son Traité méthodique de magie pratique. Pourquoi Paracelse en dissertait-il avec une aisance qui nous déconcerte ? C’est parce qu’à cette période de notre histoire les communications spirituelles étaient encore une disposition naturelle chez certains hommes. Ils voyaient ce que nous ne voyons plus et sommes donc incapables d’observer et de prendre au sérieux.

 

Mais cette capacité extraordinaire qui durait depuis des siècles n’a pas survécue. L’homme s’est vu dépossédé de cette particularité exceptionnelle.  Certaines pratiques reposant sur cette perception sont donc devenues orphelines. De nos jours, seuls quelques vestiges surnagent chez ceux que l’on appelle « voyants »[1]. C’est pourquoi la science des astres s’est perdue dans des interprétations théoriques à caractère matérialiste et essentiellement psychologique ou il est facile de trouver du grain à moudre sur le comportement humain et passer à côté de la dimension spirituelle en donnant l’impression du contraire. Il en fut de même pour la géomancie, la numérologie, le tarot (là vous avez de quoi attraper une mémorable indigestion avec les pavés interprétatifs plus subtils les uns que les autres) et même le Y-King… Donc, à partir du naufrage (nécessaire) de nos capacités or du commun (par rapport à notre époque) il fut substitué des interprétations rationnelles et spéculatives, qui ont laissé place à toutes sortes de dérives psychologisantes, ce qui ouvrit la porte au charlatanisme.

Je précise au passage que je n’accuse pas les astrologues actuels de charlatanisme. La grande majorité fait de leur mieux avec des débris difficilement exploitables et en fonction de l’esprit de notre temps. De ce fait chacun élabore sa propre astrologie qui n’a plus rie de commun avec celle des origines.

Donc l’astrologie moderne est une science morte au même titre que celle de l’interprétation des symboles dans les fraternités maçonniques et les centres d’ésotérisme qui foisonnent actuellement et qui reposent sur l’ambiguïté propice à la supercherie et au bagou de bateleur.

C’est comme si nous avions perdu l’usage des yeux. C’est ainsi que pour nous les cathédrales sont devenues un vrai mystère, que les secrets de leurs érections se sont totalement perdus. Il en est de même pour ce que nous a légué la Grèce et l’Égypte antique. Ces connaissances sont hors de notre champ visuel, de notre compréhension intellectuelle qui s’en empare et les accommodent à leur guise, à toute les sauces. Quelle sombre cuisine ! Pour employer un langage vulgaire, tout ce petit monde d’érudits marche doctoralement au pifomètre ! Pinocchio est battu à plate couture. Ainsi le mensonge grandit et n’a plus de limites !

 

Oui, de la réalité nous en sommes loin ! Certes, l’alchimie pratique est fort bien décrite par les imagiers du Moyen Age, mais le secteur le plus incompris concerne l’oratoire, et donc notre âme et l’âme de notre terre, de notre matière. Qui voulez-vous qui saisisse cela en notre monde matérialiste ? Et oui, les hiérarchies spirituelles sont muettes. D’ailleurs que voulez-vous qu’elle nous raconte puisque nous sommes sourds et aveugles ! D’où la floraison d’alchimistes bricoleurs et souvent vaniteux à la recherche de quelques notoriétés illusoires ou de transmutations aussi secrètes que mirobolantes ! Combien ai-je rencontré de ces pauvres ères avides de gloriole et atteint de diarrhée verbale !

 

Nos preux ancêtres naufragés dans la nuit se sont attaqués courageusement et avec une admirable et totale abnégation à ce problème de notre lien avec le suprasensible. Ils ont dû trouver dans l’intimité de leur conscience, en puisant dans leur propre volonté, la possibilité de développer leur clairvoyance en toute liberté. Quelle grandeur de s’être attaque à un tel problème ! C’est comme si un alpiniste tentait l’ascension de l’Everest chaussé de sandales !

En bref il nous a fallu conquérir notre liberté de supra conscience qui nous fut donnée d’une manière innée, puis retirée, parce que nous l’avons pratiqué en toute inconscience.

En ce sens nous pouvons dire que le Moyen Age est une belle civilisation engloutie. La Renaissance est le début d’un voyage dans la nuit où l’humanité s’agrippe aux valeurs matérielles seules visibles pour lui. De ce fait on comprend fort bien l’alchimiste Fulcanelli quant il parle, en son Mystère des cathédrales, de décadence à propos de la Renaissance …

Évidemment nous croyons le contraire dans notre aveuglement. Cette remarque du célèbre alchimiste à « contre croyance » dénote chez lui, une acuité d’esprit qui est une preuve de sa réussite du Grand Œuvre alchimique :

 

« Entraînés par le grand courant de décadence qui prit sous François Ier le nom paradoxal de Renaissance, incapables d'un effort équivalent à celui de leurs ancêtres, tout à fait ignorant de la symbolique médiévale, les artistes s'appliquèrent à reproduire des oeuvres bâtardes, sans goût, sans caractère, sans penser ésotériques, plutôt qu'à poursuivre et à développer l'admirable et saine création française.

Architectes, peintres, sculpteurs, préférant leur propre gloire à celle de l'art, s'adressèrent aux modèles antiques contrefaits en Italie.

Les constructeurs du Moyen Âge avaient en apanage la foi et la modestie. Artisans anonymes de pur chef-d’œuvre, ils édifièrent pour la vérité, pour l'affirmation de leur idéal, pour la propagation et la noblesse de leur science. Ceux de la Renaissance, préoccupes surtout de leur personnalité, jaloux de leur valeur, édifiaient pour la postérité de leur nom. Le Moyen Âge dû sa splendeur à l'originalité de ses créations ; la Renaissance du sa vogue à la fidélité servile de ses copies. Ici, une pensée ; là, une demande. Dans côté, le génie ; de l'autre, le talent. Dans l'œuvre gothique, la facture demeure soumise à l'idée ; dans l'œuvre renaissante, elle la domine et l’efface. L'une parle au cœur, au cerveau,à l’âme : c'est le triomphe de l'esprit ; l'autre s'adressè aux sens : c'est la glorification de la matière. Du XIIe au XVe siècle, pauvreté de moyens mais richesse d’expression ; à partir du XVIe, beauté plastique, médiocrité d'invention. Les maîtres médiévaux surent animer le calcaire commun ; les artistes de la Renaissance laissèrent le marbre inerte et froid. » (Le mystère des cathédrales, éditions Jean-Jacques Pauvert).

 

 

Imaginez ce qu’ont dû éprouver les Templiers et les bâtisseurs des cathédrales ancêtres des Franc-Maçon, et tout autres personnalités mystiques du XIIIe et XIVe siècle qui s’efforçaient d’atteindre la connaissance qui fleurissait en Orient durant les années 1170 à l’époque où la Maison de la Sagesse  réunissant dans une même vision et communion Templiers, juifs et musulmans. Les maîtres clairvoyants formaient les élèves pour qu’ils comprennent le monde. Imaginez, plus tard, des groupes tels que celui-là, qui savaient que les élèves avaient, récemment encore, trouvé un maître. Pensez à ce qu’ils ont dû ressentir quand ils se sont vus réduits à ne trouver la connaissance qu’au moyen de la pensée humaine !!! C’est là que la quête du saint Graal fut écrite car c’est là qu’elle a réellement commencé !

 

Dès le tout début de la Renaissance nous voyons donc des êtres puissamment motivés, notamment chez les anciens Templiers et Maçons, cultiver cette pensée humaine dans des cercles. Nous voyons cette pensée s’élancer sur des voies ouvertes par le zèle intérieur, le don de l’âme le plus total. Telles sont les voies suivies par le grand nombre de ceux qui recherchent l’éveil de leur conscience. Cette investigation poursuivant ses efforts sans faiblir nous arrivons alors à l’époque où la vraie Rose+Croix fut fondée.

 

La Rose+Croix est la conséquence directe d’une transformation complète des rapports entre les hommes et le monde spirituel devenu muet.

 

Depuis le moment où les mystères, au sens antique du terme, n’étaient plus possibles, certains hommes avides de la connaissance qu’on pouvait y acquérir et dont l’âme se débattait dans des luttes intérieures, ces hommes essayèrent toutes les méthodes pour élever leurs âmes et trouver la voie de la conscience.

Ainsi, dans de simples demeures et dans une chaude atmosphère de piété, des hommes réunis cherchent à retrouver cet antique lien sacré.

 

La Rose+Croix authentique, aussi bien que celle qui dégénéra en charlatanisme, tirent leur origine de ces hommes qui dans leurs réunions silencieuse, cherchaient à façonner leur âme pour pouvoir atteindre à une véritable communion avec l’indicible.

 

C’est dans un endroit tout à fait modeste, dans la salle commune d’une gentilhommière que quelques hommes, grâce à des exercices pratiqués en commun, mi-méditation, mi-prière, développèrent une sorte d’état d’âme mystique.

 

Voici donc, pour ouvrir une porte vers ailleurs, une folle petite histoire qu’il vous est loisible de prendre au sérieux ou non…

 

Et un jour, tandis que dans un abandon total de leur conscience ordinaire, dans un état d’âme intensément mystique et sacrifiant toute intellectualité ces quelques hommes se trouvaient réunis, un être vint à eux… vers ces hommes qui l’avaient attiré par leur piété mystique et leurs méditations.

Pour qu’aucun malentendu ne s’élève, j’affirme nettement qu’aucune force médiumnique quelle qu’elle soit n’était là en jeu ; car, en vérité, en raison de certains enseignements remontant à une tradition ancienne et digne de respect, cette petite communauté tenait tout recours aux forces médiumniques et même tout contact avec ces forces comme un péché très grave. En réalité, dans cette société dont je parle, le médiumnisme et tout ce qui lui était apparenté était considéré non seulement comme pernicieux mais surtout comme gravement coupable ; d’autant plus coupable que ces hommes savaient que le spiritisme est lié à une constitution spéciale du corps physique qui livre ses forces spirituelles pour accomplir une « communication ». Donc, avis à nos modernes « channels » dont la pauvreté spirituelle est souvent flagrante… ou repose sur de la soupe sucrée, car l’acte médiumnique ne nécessite pas toujours une invocation mais plus souvent une « possession ».

Or, pour ces hommes, et dans ce genre de communication, le corps physique était souillé par le péché. De ce fait ils auraient en toutes circonstances considérées que les communications obtenues à l’aide des pouvoirs médiumniques ne pouvaient l’être que par les forces du mal, notamment lucifériennes. À cette époque, ces choses-là étaient encore fort bien connues. Donc, il n’y avait là aucun spiritisme mais, au contraire, une pure ambiance mystique de méditation. Et c’est cette ambiance accrue de méditation mystique créée par la communauté qui décida à cet homme à se rendre dans ce cercle.

Il leur dit : pendant une brève période de temps les initiés d’autrefois ne peuvent faire leur tâche. Ce temps reviendra progressivement à partir des dernières années du XXe siècle. Je suis venu pour vous révéler que l’être intérieur de l’homme est resté le même et que cet homme intérieur, quand il se conduit comme il convient, peut trouver la voie vers l’existence spirituelle et divine. Mais la raison humaine est ainsi faite que, pendant un certain temps, elle doit être refoulée pour que l’esprit puisse parler à l’âme humaine. C’est pourquoi il faut persévérer dans votre état d’âme pieuse et mystique.

Voilà, mes chers amis, ma petite histoire d’allumé est terminée, riez si bon vous semble, et comprend qui voudra ! Permettez-moi, tout de même, de vous servir la suite de cet épisode…

À la suite de cette manifestation, le groupe s’organisa. Trois membres furent choisis pour établir un lien tout particulier avec le monde spirituel, et sans l’ombre d’une quelconque médiumnité, mais bien par la pratique assidue de cette méditation pieuse et mystique. Ces trois membres qui furent eux spécialement protégés par les autres et soignés avec une réelle tendresse, purent ainsi de temps en temps s’absenter pour ainsi dire et vivre dans l’esprit. Pendant ce temps qu’ils passaient aux portes éblouissantes de l’indicible ils notaient les révélations symboliques qu’ils tenaient de ce monde spirituel. L’intermédiaire symbolique était nécessaire car la révélation directe en langage normal devait attendre notre siècle. Donc ces révélations nécessairement symboliques furent les premières images grâce auxquelles pu être révélées aux Rose+Croix ce qu’ils devaient savoir sur le monde spirituel. Elle contenait à la fois l’alchimie, une philosophie, une théologie, et une médecine.

Et ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que les quatre autres membres du groupe, grâce à ce qu’ils avaient ressenti devant les visages rayonnant de leurs trois frères pouvaient exprimer en langage ordinaire ce que contenaient les symboles. Les frères destinés à recueillir ses symboles ne pouvaient pas traduire en langage ordinaire humain ces images symboliques qu’ils dessinaient. Les autres le pouvaient et le faisaient. Et beaucoup de ceux à qui fut transmis en partie par la philosophie, l’alchimie et la théologie (non celle des églises actuelles) et par la littérature médicale provient à l’origine de cette source.

 

Les symboles reçus du monde spirituels se répandirent alors dans les petits cercles organisés par les premiers Rose+Croix. Et il fut toujours possible de renouveler ses expériences entre le milieu du XIIe et le milieu du XVe siècle environ mais dans des groupes très restreints. Bien des choses ont été révélées aux hommes par le monde spirituel de cette façon ou d’une autre entre ces trois siècles. Malheureusement, par la suite ceux qui devait traduire ces révélations imagées n’était pas toujours en état de les interpréter fidèlement ; c’est pourquoi ce qu’a transmis la philosophie de ce temps-là n’est pas très claire.

 

Vous devez bien penser qu’au fil du temps ces hommes étaient de plus en plus déconcertés, car ils tenaient leurs hautes connaissances d’une source qui devenait pour eux chaque jour plus incompréhensible plus inquiétante. Il est bien connu que ce que l’on ne comprend pas fait peur. Cette méfiance était due au fait que leurs regards ne pouvaient pas pénétrer dans le monde d’où provenaient ses secrets, puisque leur conscience ordinaire, plongée dans la nuit, ne pouvait y accéder.

C’est la raison pour laquelle on peut comprendre que ces choses aient pu si facilement aboutir au charlatanisme et même à la supercherie. Jamais on ne vit, dans l'ésotérisme, une telle promiscuité entre le pur charlatanisme et ce qu'il y a de plus grand dans le domaine de la révélation. Et c'est parce qu'il est difficile de distinguer le vrai du faux que tant de gens considèrent toute la Rose+Croix comme du charlatanisme. On peut comprendre qu'il en soit ainsi : les vrais Rose+Croix sont extrêmement difficiles à distinguer des charlatans car il faut toujours poser en fait que la révélation spirituelle provient de sources dont la nature même fait qu'elles sont restées cachées.

Permettez-moi d’être profondément sceptique vis-à-vis des Ordres rosicruciens qui ont actuellement pignon sur rue. Ils ont beau jeux pour faire confondre les vessies avec les lanternes. Ils sont même capables de s’inspirer de ce texte pour préparer leur théâtre. Non, un véritable Ordre n’est pas déclaré à la préfecture d’un département. Il est officialisé par le sceau du tout Puissant.

Ceux qui peu à peu, pour ainsi dire, se rassemblèrent à partir des premiers Rose+Croix en une fraternité plus vaste passaient en fait inaperçu ; ils apparaissaient à cette époque ici ou là dans le monde, la plupart du temps en qualité de médecin, ils soignaient les malades et profitaient des circonstances en exerçant leur profession pour propager en même temps leurs connaissances. C’est la raison pour laquelle j’ai qualifié Rabelais, dans un article précédent, de Rose+Croix. Le même qualificatif peut être décerné à Paracelse et à Nostradamus.

Ce qu’il y a de merveilleux avec ses trois membres qui transmettaient des symboles aux quatre autres qui les interprétaient en langage clair, c’est leurs liens. Donc, trois frères ne peuvent réussir pleinement dans ce qu’ils veulent offrir au monde que si les quatre autres travaillent avec eux. ils dépendent absolument les uns des autres. Les trois reçoivent leurs révélations du monde spirituel, les quatre peuvent les traduire en langage ordinaire. Ce que donnent les trois ne serait qu’une image incompréhensible si les quatre autres ne pouvaient les interpréter. Et inversement les quatre autres n’auraient rien à transmettre si les trois ne recevaient pas la révélation du monde spirituel sous forment d’images.

Ainsi pris forme au sein de cette communauté ce qui pendant des siècles a été considéré dans certains cercles comme un élément humain des plus élevé : une fraternité  intime d’âmes, fraternité dans la connaissance, fraternité dans la vie spirituelle. Par leurs efforts, de tels groupes ont appris à connaître la valeur réelle de la fraternité. Et ils comprirent de mieux en mieux que l’évolution humaine vers la liberté et telle que le lien entre les hommes et les dieux serait tout à fait brisé s’il n’était pas correctement maintenu grâce à cette fraternité ou, réellement, chacun dépend des autres.

Cela est d’une extraordinaire beauté et sur bien des écrits de cette époque plane un charme qui ne prend son sens qu’avec la connaissance de cette atmosphère de fraternité humaine née de la vie spirituelle de nombreux cercles européens et qui a imprégné ce genre d’écrit de sa magnifique lumière.

 Telle est la raison pour laquelle une rose à sept pétales symbolise ce groupe et non pas sept roses, car ils sont un et constituent les organes d’une seule fleur.

Tournons-nous maintenant vers les « fraternités » actuelles. Que de tristesse ! Une entraide ou la dépendance spirituelle est remplacée par la dépendance affective de troufion : « Tu es des nôtres… » résume la situation. Un magistrat va favoriser le procès d’un frère, un chef d’entreprise va embaucher un frère, un frère deviendra professeur d’université… Fraternité ça ? Permettez-moi d’en douter. Peut-être que le mot mafia conviendrait mieux ? C’est à votre convenance. Ne soyez pas tristes, vous n’êtes pas seul, les promotions des grandes écoles procèdent de la même manière vis-à-vis de leurs cadets ! Vous devez savoir que l’agrégation est un concours difficile. Ce que vous savez peut-être moins c’est que l’agrégation de médecine, qui couronne les professeurs, est un concours de circonstance.

 

À bientôt, chère lectrice et cher lecteur. J’aurais l’occasion de revenir sur ce sujet qui est au centre de l’aventure humaine.

 

De tout cœur avec vous au-delà du langage binaire.



[1] Malheureusement la véritable dimension spirituelle n’est pas au rendez-vous. C’est la raison pour laquelle cette capacité nous fut provisoirement retirée afin de l’utiliser en toute lucidité et non en extralucidité inconsciente.

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