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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 07:05

 

 

À ceux qui n’achètent plus de livres avec des dessins à colorier !

 

 

Dans l’article précèdent, j’ai essayé de montrer l’importance de la pensée sur le plan initiatique. Celui qui pense d’une certaine manière est conscient de ce qu’il observe du monde spirituel alors qu’un voyant naturel ne pensant pas, ou pensant mal, observe des images qu’il interprète d’une manière suggestive et a de fortes chances de se tromper. Nous allons voir pourquoi.

Donc, la situation du clairvoyant penseur et celle du clairvoyant non-penseur, ou à la pensée indigente, sont très différentes.

 

*     *     *

 

Il est très beau de plonger son regard clairvoyant dans les mondes spirituels, cela ne sert pas à grand-chose si l’on ne mesure pas la grande différence qui existe entre percevoir ces mondes d’une manière purement visionnaire ou les saisir par le penser correct. Ignorer que le penser doit pénétrer ce qu’il a vu, en dégager sa quintessence, c’est prendre le risque d’être le jouet d’une illusion ou même d’une hallucination.

 

L’unique moyen pour se préserver des illusions consiste à penser clairement ce qui est vu. Mais cela n’est pas toujours suffisant, car trop souvent la description qu’un clairvoyant fera que ses visions seront truffées d’éléments appartenants au monde physique. Vous a-t-on jamais décrit un sphinx sans se référer à des éléments du plan physique ? Évidemment non puisque c’est impossible ! Car le sphinx a un corps de lion…, mais tout lion a aussi un corps de lion et tout homme a aussi une tête humaine. Certes, cet assemblage n’existe pas sur le plan physique, mais les différents éléments eux existent. Les images sont toutes construites à partir d’éléments appartenants à la matière. Il est aisé de se rendre à l’évidence que cette vision fait appel à nos acquis provenant de nos observations passées et présentes. Il est incontestable que ce qui a été emprunté à notre plan d’existence pour décrire les images qui apparaissent dans les visions n’appartient pas au monde spirituel. Comme je viens de le dire, c’est une représentation symbolique faite avec les différentes composantes du monde matériel.

Soyons en certain : La clairvoyance ne doit pas se limiter à une représentation symbolique de cet ordre qui est un mélange d’images glanées çà et là dans nos souvenirs. Si nous voulons établir un pont avec les autres espaces nous devons débarrasser nos visions de tous éléments terrestres existants ou non. Cela est capital. Pour prendre une image grossière, aller à l’encontre de cette évidence c’est comme si vous vouliez faire vivre et nager un poisson à l’air libre.

À cette étape l’initié clairvoyant se voit confronté à un danger. Pour reprendre l’image du sphinx, si on élimine tout ce qui est physique, le corps de lion disparaît et la tête humaine aussi et il se peut que l’initié ne voie plus rien !

La seule chose qui doit subsister est la pensée désincarnée, abstraite, mais cependant bien présente, du sphinx.

Nous constatons alors que les pensées, et seulement les pensées, forment la substance qui permet de saisir ce qui existe dans le monde spirituel.

Les pensées sont des bulles d’oxygènes qui montent vers les mondes suprasensibles.

Dans les manuels d’alchimie cette particularité est soulignée notamment dans une gravure représentant les quatre éléments dont chacun est constitué par la figure abstraite d’un triangle. Chacun d’eux est enfermé dans un cercle et porté sur la tête par une femme.

Les femmes sont des représentations de notre monde physique, les graphiques de chaque élément sont plus abstraits mais encore participantes de notre monde. Le fait qu’ils soient posés sur la tête de chaque femme montre que seule l’idée de l’élément, la pensée qui lui est attachée, doit être prise en considération.

Car, dans les autres espaces, seules les pensées sont admises et sont donc les seules à pouvoir communiquer avec les mondes spirituels que les Églises appellent les cieux, cieux dont ils ont évidemment oublié la signification.

Par exemple, traçons sur le sol un triangle à la craie. Rien, absolument rien de la craie, mais uniquement, sticto sensu, la pensée du triangle peut accéder dans un autre espace !

Seule, la pensée débarassée d’images, peut s’élever dans les sphères spirituelles.

Maintenant se présente donc une évidence qui est celle de la nécessité de développer le penser et surtout de lutter contre cette paresse intellectuelle chronique qui nous empêche d’acquérir un savoir fondé sur la connaissance.

Car penser n’est pas notre penser de tous les jours comme celui qui se manifeste à votre souvenir pour vous dire que vous avez oublié de fermer la porte du garage ou oublié votre portefeuille.

Non ! Le penser pertinent est celui qui permet d’édifier une vision globale, et non pas celui qui s’occupe d’analyser les choses, de les découper en petits merceaux.

Cette particularité psychique se manifeste essentiellement par l’intermédiaire de notre encéphale cérébral droit.

Le monde actuel tend à cultiver la pensée compliquée et incohérente et à se complaire dans les idées pauvres sommaires dissimulées sous un langage amphigourique agrémenté de néologismes obscurs. Bref, le moins que l’on puisse dire c’est que les pensées sont indigentes et surtout ne sont pas développées jusqu’au bout.

Il est évident que celui qui exercer ce genre de pensée développe des aptitudes qui lui interdisent de puiser réellement dans le monde spirituel.

La pensée cohérente est nécessaire. On appelle pensées cohérentes, celles qui vont au bout de leurs raisonnements et ne s’arrêtent pas à mi-chemin. Elle ne  reste pas dans le flou mais se tourner résolument vers ce qui éclaire largement les choses. Pas question de répandre une lumière illusoire dans un espace réduit. Prenons un exemple.

Un jour un frère et une sœur prennent le train, ce qui leur permet d’observer le ciel en toute quiétude. La sœur fait remarquer la forme des nuages fins et étirés sur l’écrin bleu du ciel et elle le compare à des hachures nerveuses au crayon, faisantt le lien avec le tempérament nerveux de l’Homme. Elle finit par établir une comparaison entre le ciel météorologique et les principaux tempéraments. La dame s’arrête alors et regarde son frère qui semble rêveur et lui demande un peu irritée s’il a écouté. Oui, il a écouté et répond que l’état météorologique, et donc le « tempérament » du ciel devrait être pris en compte par tout thème astrologique. Selon l’état météorologique du ciel une planète est favorisée ou non en fonction du thème natal et il en conclut que dans les temps anciens l’état météorologique du ciel était certainement intégré au thème astrologique.

Dans cette histoire la sœur n’avait pas poussé son étude jusqu’au bout, et le frère a fait ce que les dieux lui demandent et sa pensée cohérente a joué son rôle jusqu’à la prédiction.

Pour accéder à la pensée juste, celle qui fait grandir en faisant accéder au monde suprasensible, l’Homme se doit d’éviter les axiomes et de s’y complaire ! Personne n’a besoin d’adopter telle ou telle pensée, tel ou tel jugement, en se soumettant à une autorité. Seule la liberté laborieuse conduit vers la pensée ouverte sur l’espace spirituel. Car, quand on se libère de l’observation sensorielle on parvient à la connaissance du monde spirituel à partir de soi-même… Mais cela est une autre histoire que je vous raconterais peut-être un jour si vous avez assez de courage pour lire le texte qui précède.

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 15:12

 

 

À l’allumeur de réverbères.

 

Il est grand temps de s’apercevoir que l’homme n’est rien sans la femme. De ce fait l’orthographe ne doit pas l’ignorer. Quand on parle des hommes, on parle des seuls mâles de l’espèce. Trop souvent on emploie ce mot pour désigner l’ensemble des hommes et des femmes, ce qui donne au majestueux pénis (gloire à lui !) une dimension universelle. Si cela peut en satisfaire certaines pour une durée déterminée, qu’elles ne soient pas dupes…La sexualité ne saurait prévaloir sur nos autres particularités notamment celle de penser.

Quand on désigne l’espèce humaine, on parle des Hommes avec un H majuscule. Même l’ordinateur est devenu macho puisqu’il corrige le mot Homme en me proposant la correction homme ! Mesdames, nous avons du pain sur la planche !

 

*     *     *

En mars 1952 la revue des Études Traditionnelles publia un article d’un collaborateur mystérieux et éphémère dont je cite maintenant un extrait d’un haut intérêt :

 

« Tel ou tel amateur de vie spirituelle, qui croit parcourir un chemin important vers la libération, se trouve en réalité profondément, et de plus en plus, lié et assujetties à des puissances qu’il se trouve incapables de reconnaître. Il faut bien dire que celui qui prétend à un degré appréciable de réalisation métaphysique, et qui, en même temps, se montre incapable de se reconnaître au milieu des puissances cosmologiques en actions dans les collectivités humaines se trompe absolument sur son propre état ; car le chemin du métaphysique passe par le physique, et si la connaissance correcte et une attitude correcte en ce qui concernent le physique ne sont pas des choses à rechercher comment bien absolu, par contre leurs possession est le témoignage et le signe que l'on est dans un domaine d'un prix infiniment supérieur. Ceci dit pour quelques-uns de ceux qui se croit dégagés des contingences physiques et cosmologiques de divers ordres, simplement parce qu'ils méconnaissent la nature et la portée des liens par lequel ces connaissances les assujettissent. »

 

L'intérêt est considérable du problème de l’Être, de son évolution et de la destinée. Tout cela étant un champ d'investigation tellement vaste qu'il est difficile de trouver un chemin. C’est d'autant plus délicat qu'à notre époque se mêle à cette recherche essentielle pour l’Homme des idéologies diverses comme celles des Églises dégénérées, ou du salmigondis, abusivement appelé synchrétisme, qui caractérise le nouvel âge. À cette confusion s’ajoutent une psychologie douteuse et la mode du développement personnel. Évidemment il s’agit là d’un résumé des pratiques parasitaires déroutantes sur le chemin initiatique, qui n’a rien d’exhaustif.

Oui, le métaphysique passe par le physique car notre corps physique et la matière ont un rôle considérable à jouer pour notre connaissance du monde suprasensible et le plein développement de nos véritables capacités. Le chemin le mieux adapté pour la grande majorité d’entre-nous est l’alchimie qui œuvre sur ces deux plans. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison qu’elle domine là symbolique maçonnique et que sa résurgence s’affirme à travers l’œuvre de Fulcanelli et de son élève Eugène Canceliet, qui méritent un hommage plus important que l’on pense pour leur œuvre… Notre curiosité montre que nous sommes « faits » comme des rats, alors n’allons pas dans ce sens, soyons modérés et ne perdons pas notre temps à nous acharner à vouloir découvrir à tout prix l’identité du célèbre Fulcanelli ! C’est un piège beaucoup plus pernicieux que l’on pense pour notre petit ego qui ne demande qu’à grandir…

L’essentiel est d’acquérir cette science de l’esprit qui permet de voir au-delà du réel en sachant sans ambiguïté de quoi il s’agit. Pour cela nous devons faire appel au penser humain fondé sur la raison. Surtout ne croyons pas que si nous sommes clairvoyants naturellement, nous soyons plus avancés et que la faculté de penser logique viendra toute seule ! Rien n’est plus faux.

Soyons précis, pourquoi les dieux de la Bible, les Eloims ou Aloims ont-ils fait naître les hommes ? De grâce, épargnez-moi le refrain du bon Catho qui vous dit l’œil larmoyant et le cœur en délire : par amour ! Laissons ces « chrétiens » dans leurs indestructibles certitudes. Soyons en sûr, si l’homme n’était pas réellement indispensable, les dieux ne l’auraient pas créé… Pardon à Charles Darwin et aux évolutionnistes ainsi qu’au prix Nobel Jacques Monod chantre du dieu hasard !

La seule possibilité de cultiver des pensées venant des mondes supérieurs par l’intermédiaire de notre hémisphère cérébral droit (voir Holoscopie de la spiritualité occidentale) est de les faire germer sur terre et dans la terre des Hommes. Il en résulte donc que tout ce que les Hommes pensent sur le plan physique est quelque chose d’unique qui vient enrichir les possibilités des mondes supérieurs. La réponse sur la raison de la présence humaine est claire. Les dieux on fait naître l’Homme afin de recevoir de lui, sous la forme de la pensée, ce qu’ils possédaient déjà sous une autre conformation. Faut-il s’étonner si l’Homme est par essence un transmutateur ?

L’Homme sage est l’œil du cosmos. Sans lui il serait aveugle. Grâce à l’Homme sage il peut contempler son œuvre et plus particulièrement l’humanité.

Celui ou celle qui refuse de penser soustrait donc aux dieux ce qu’ils attendent de lui ou d’elle et ne peuvent donc accomplir leur tâche et leur destinée d’Homme. Donc, autant par son silence que par la pensée logique l’Homme est lié aux mondes supérieurs et aux dieux. Le silence permet la méditation et l’inspiration qui se transforme en pensées logiques lesquelles retournent aux dieux.

La pensée est une forme de représentation que nous apportons aux mondes supérieurs. C’est par la pensée que se grave en nous, sans que nous en ayons toujours conscience, ce qui nous est révélé des mondes supérieurs. C’est pourquoi elles sont l’une des clés de l’initiation.

Bien évidemment, la pensée reste notre propre pensée après qu’elle a joué son rôle auprès des dieux. C’est son passage dans le monde suprasensible qui grave en elle des valeurs et des capacités particulières.

Si nous ne sommes pas des penseurs, les révélations devront chercher d’autres supports pour s’exprimer, par exemple l’image, le symbole. C’est ainsi que le non-penseur perçoit les inspirations et révélations. C’est cet aspect particulier qui a orienté certaines sociétés initiatiques vers l’étude des symboles.

Les clairvoyants visionnaires non-penseurs racontent leurs révélations dans un langage symbolique. L’expérience subjective est tout autre selon que l’intuition ou la révélation s’opère chez un penseur ou un non-penseur.

Si vous avez des révélations en tant que non-penseur, vous verrez des symboles, vous serez en face d’une image.

La conscience subjective du penseur vit les expériences du monde spirituel d’une manière un peu différente. Les révélations n’arrivent pas à lui d’une manière soudaine.

Imaginons un clairvoyant qui ne pense pas et un clairvoyant qui pense. Les deux vivent la même expérience. Le clairvoyant non pensant voit tel ou tel phénomène du monde spirituel, le clairvoyant pensant, lui, ne le voit pas immédiatement. Il ne le voit qu’un peu plus tard, mais à ce moment son penser s’en est déjà saisi. Il reconnaît ce qu’il voit, et sait déjà si ce qui lui apparaît est vrai ou non ! Comme cette apparition ne s’est pas présentée à lui immédiatement, il a eu le temps de la pénétrer de sa pensée et il peut tout de suite discerner s’il s’agit d’une illusion ou d’une réalité. En fait, il connaît la chose avant de l’avoir vue. Évidemment, la perception lui parvient au même moment qu’au clairvoyant non pensant, mais il ne la voit qu’un peu plus tard.  Au moment où il voit cette manifestation, il a déjà porté un jugement sur elle, il l’a pénétrée de sa pensée et il sait parfaitement s’il s’agit d’un leurre, s’il prend ses désirs pour la réalité ou s’il est en présence d’une réalité objective. C’est là que se situe la différence dans l’expérience subjective.

Pour le non-penseur la vision restera un événement en soi qu’il décrira en interprétant l’image ou le symbole. Celui qui pense, par contre, pourra faire le lien entre ce qu’il à vu et ce qu’il vit. Car le monde physique n’est, tout comme une apparition, rien d’autre qu’une révélation du monde spirituel.

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 18:32

Note introductive en guise de récréation.

 

Certains lecteurs ont été choqués par ma syntaxe défectueuse. Je suis désolé de les avoir atterrés par la profondeur de mon ignorance. Quand j’usais mes fonds de culotte à l’école primaire, j’étais considéré comme nul en tout. Affublé de mon bonnet d’âne dont la science est justement l’orthographe, même là j’étais un piètre représentant de cet ongulé. Quand j’ai voulu être digne de son hi han et de ses belles oreilles, j’ai perdu l’audition. Quand j’ai voulu essayer de rattraper cette catastrophe culturelle et bien, les livre de grammaire avaient changé et je ne comprenais plus rien. J’ai jeté l’éponge ! Je me consolais en me disant qu’un jour le Christ monta sur mon dos.

Comprenne qui pourra ma prose marginale d’illettré au style boiteux. Même si j’ai souvent souhaité vous écrire avec la perfection d’un Molière, je n’ai pu parvenir à devenir fin lettré. Vous devriez être offusqué, car, voyez-vous malgré ma honte, je ne parviens pas à rougir. Et vous, ça vous fait quoi ?

Fin de la récréation !

 

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Dans mon dernier article « Un aspect fondamental de l’initiation » j’aborde les fondements de l’initiation d’une manière globale. Si l’on découvre des perspectives notamment le sens des inversions chez des initiés tel Léonard de Vinci à l’écriture isomérique qui ne pouvait être lu que par réflexion dans un miroir, ou encore Béranger Saunière, le curé étrangement richissime de Rennes le Château, qui inverse un pilier pour poser dessus une statue de la Vierge. Évidemment le plus significatif est l’inversion de la lettre N, qui se trouve sur sa tombe, dans le mot IиRI gravé au sommet de la croix et qui, par sa présence dans le cimetière, invite à utiliser la trame de l’N (de la laine) qui achève la précieuse putréfaction des alchimistes ou œuvre au noir. Cette particularité indique l’utilisation de la langue verte ou inverse reposant aussi sur la phonétique. Cette langue étant la langue du cosmos que l’on appelle pour cela langue des dieux. Tel est l’origine de certains gestes étrange que l’on trouve dans des tableaux de maître où un personnage lève gracieusement – d’un air entendu – son index en désignant le ciel.

 Avant de lire la suite je ne saurais trop vous demander de relire, si vous en avez le temps ou l’envie, le très court article « Un aspect fondamental de l’initiation ».

 

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Les drogués, qui détruisent leur système nerveux central et bien d’autres choses encore, cherchent à s’évader du monde en élargissant provisoirement leurs champs de conscience. Le futur initié, ou celui qui peut l’être et qui est parfois appelé « initiable », ne cherche pas à s’évader du monde, mais par une méditation particulière, il élargit d’une manière naturelle et permanente son champ de conscience.

Dans sa recherche, il ne tourne pas le dos à l’image que la science se fait du monde, car c’est la conscience qui a élaboré les concepts scientifiques, et c’est la conscience qui va le guider.

L’initiable ne prend donc pas un chemin différent de celui de l’esprit scientifique, comme on le constate souvent dans certains milieux de l’ésotérisme, car c’est cette conscience qu’il va élargir !

 

Telle est la raison pour laquelle les alchimistes, ayant obligatoirement acquis cet esprit scientifique bien avant que naisse la science, furent les fondateurs de la chimie alors que les apothicaires et les médecins ordinaires furent dans l’incapacité de faire avancer significativement les connaissances. Ne nous méprenons pas, si les alchimistes furent les pères de la chimie, l’alchimie elle-même n’en est pas la mère ! L’erreur des historiens des sciences disant que l’alchimie est la mère de la chimie était inévitable puisqu’il n’est possible de la déceler qu’en étant initié. Je souligne en passant que le moment n’est pas éloigné où on leur reconnaîtra non seulement la paternité de l’unité de la matière et des possibilités de transmutations, mais aussi celle de vastes secteurs de la connaissance telle la physique, l’astrophysique et plus particulièrement la cosmogénèse et la biogenèse… En attendant, les cinglés « faiseurs d’or », comme on les appelle d’une manière narquoise, sont considérés comme des « rêveurs géniaux » ce qui n’est déjà pas mal malgré leur réputation de fous. Je me dois de souligner tout de même que les adeptes étant les précurseurs de l’esprit scientifique de ce fait ils ne sauraient être des rêveurs. Cette attitude est bien illustrée par l’alchimiste, maintenant incontestable et incontesté, Isaac Newton et en France par le brillant chimiste Eugène Chevreul (1786 – 1889) qui découvrit la bougie et vécu 103 ans, ce qui pour le XIXe siècle est une belle performance.

 

Cet élargissement de la conscience qui a toujours caractérisé les alchimistes en particulier et les véritables hermétistes et ésotéristes en général repose sur le développement de facultés nouvelles présentes en réalité chez toutes les femmes et tous les hommes, mais à l’état dormant. En ce sens nous sommes tous égaux ! Les actuels syndicats rouges qui ne sont pas tombés avec le mur de Berlin, et obéissent toujours, comme le dit Maurice Druon[1], aux ordres du cadavre de l’URSS, ceux-là doivent être contents ! Mais ne nous mêlons pas de politique, ça fait grimper dangereusement la pression artérielle…

Dans la démarche initiatique, il n’est pas question d’introduire quelque chose d’étranger dans la conscience. Il s’agit d’éveiller des aptitudes et un potentiel de croissance et de les développer.

Le prélude à l’initiation consiste à apprendre à percevoir où se trouvent des possibilités évolutives à l’état de germe qu’il est possible de développer de façon qu’ils dépassent les bornes de notre conscience actuelle.

De cet élargissement de la conscience ne nous faisons pas une idée restrictive car il y a de fortes chances pour qu’elle soit monumentale… Mais il faut savoir commencer modestement et procéder par degrés, et ces degrés correspondaient autant à la hiérarchie des sociétés initiatiques qu’aux Ordres mineurs et Majeurs de l’Église Catholique et Orthodoxe. Malheureusement ils ne signifient maintenant plus rien.

 



[1] Maorice Druon La France aux ordres d’un cadavre. Edition de Fallois / Editions du Rocher. Paris 2000.

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 07:33

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Avant d’aborder le cœur du sujet que je vais tenter de développer ici, je voudrais m’excuser auprès de nombreux lecteurs de mon blog, – dont je remercie chaleureusement l’intérêt, – pour ma longue absence auprès d’eux. La raison essentielle en est la rédaction d’un troisième livre sur Rennes le Château, auquel je désire donner une importance particulière tant au niveau de mes souvenirs d’enfance dans l’Aude qu’en ce qui concerne le cœur du mystère qui entoure la vie du curé richissime Béranger Saunière, et cela sans oublier le substrat initiatique qui est  l’alchimie et d’autre faits tout aussi dignes d’intérêt.

Mon retard à revenir vers vous trouve aussi son origine dans la préparation d’un autre ouvrage qui dormait dans mes tiroirs depuis plusieurs années. Il s’agit de la description alchimique de la ville de Montpellier, en de nombreux points, inséparable de l’énigme de Rennes le Château tant au niveau historique que par l’activité des personnages à l’origine d’un pareil florilège. Mes très anciennes promenades à travers la ville à humer les mystères des vieux murs ont éveillé – chez l’étudiant scientifique que j’étais – une dimension non intellectuelle, dont nous allons parler, qui m’a fait découvrir peu à peu l’extraordinaire richesse de cette ville au point de rédiger un livre avec de nombreuses photos. Actuellement je révise le texte avant que les éditions FORTUNA (voir son site) ne le mettent sous presse dès le premier semestre 2009.

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QUELQUES POINTS FONDAMENTAUX DE L’INITIATION

 

À mes sœurs et frères – en la sainte science,– de la Martinique. Ils sont mon  trésor des Caraïbes.

 

Le mot initiation subit le même sort que celui d’alchimie : il est mélangé à toutes les sauces. À travers un verbiage inconsidéré qui se justifie au nom de la « poésie » ou de tout autre jeu rhétorique, l’on découvre des initiations pour tous les goûts dans toutes les étapes de la vie, que ce soit certaines aventures ou cérémonies et même des rêves, quant au gargarisme préféré des « branchés » il consiste à qualifier tout changement en sublime alchimie. Le tout assaisonné de psychologie à bon marché. Cela serait irréprochable si nos personnages verbeux étaient sérieusement informés, mais nous savons tous qu’ils en ignorent jusqu’aux premiers rudiments.

Ce qui est trop souvent négligé, c’est que l’initiation, qu’elle soit alchimique ou autre, doit être précédée d’une attitude d’esprit « silencieuse » dont j’ai formulé les bases, il y a plus de dix ans, dans l’ouvrage « Holoscopie de la spiritualité Occidentale ». Je n’y reviendrais pas.

Toute la problématique réside en la méthode d’investigation qui permet de pénétrer dans les mondes ou gravite la spiritualité. Si ce monde est ignoré l’initiation est vide de sens. Entendons-nous bien je ne parle pas d’un monde affectif ou notre petit cœur dicte la loi et encore moins d’un monde intellectuel ou un ramassis d’aventures, de perception ou de connaissance est de nos jours qualifié d’initiatique. L’accession au monde spirituel obéit à des attitudes d’esprit bien définies qui sont trop souvent passées sous silence. N’oublions pas que sur ce plan de l’élévation de l’être de véritables continents furent engloutis dont il ne subsiste çà et là que le sommet des plus hautes montagnes.

Je dois donc préciser que l’investigation des mondes spirituels n’est pas leur compréhension. C’était d’ailleurs le point de vue du bouddhisme non religieux comme le Tchan.

Ce que je vais dire peut être accepté par le simple bon sens. Évidemment encore faut-il que l’on ne soit pas aveuglée par un conditionnement qui nous prive de notre liberté d’esprit. Cela se produit si l’on prend pour référence les  enchaînements logiques dont on use habituellement. C’est cette attitude d’esprit qui est un obstacle et fait dire d’une manière erronée qu’on ne peut comprendre les résultats d’investigations du monde mystique si l’on n’est pas soi-même un investigateur spirituel.

Non ! toute femme et tout homme sont capables d’accéder à la connaissance. De grâce épargnez-moi le discours habituel sur les nombreux appelés et le peu d’élus. Soyez en persuadés, l’écrasante majorité des non élus le veulent bien et en sont conscients. Pour exprimer analogiquement cela, c’est comme si vous affirmiez qu’un automobiliste, est un bon conducteur malgré ses fautes manifestes. Il vous a convaincu qu’il ignore son excès de vitesse (son compteur le trompe), qu’il ne sait pas qu’il franchit une ligne blanche qui pour lui seul ressemble à s’y méprendre à une ligne interrompue ou encore qu’il est devenu soudainement daltonien et a confondu un feu rouge avec un vert… Heureusement qu’accepter ses fautes c’est déjà être sur la bonne route.

Pour accéder aux mondes spirituels, l’important est d’être capable d’adopter une nouvelle attitude d’esprit.

L’individu qui a acquis une connaissance initiatique se différencie de celui qui possède une connaissance intellectuelle, même s’il s’agit d’un savoir qu’il appelle spirituel lequel est souvent discursif (reposant sur le discours parlé ou écrit) sans aucune valeur sur le plan initiatique… En nos contrées sublunaires, combien d’armées de fantômes chevauchent des mots exsangues qui galoppent dans le noir de notre ignorance !

Évidemment, la dimension intellectuelle est nécessaire. C’est la base sur laquelle va s’appuyer la connaissance initiatique. L’intellect doit être développé. Mais, pour parvenir à l’initiation un changement doit s’opérer, il est nécessaire d’apprendre à penser autrement, tel est le principal obstacle. En effet, notre démarche intellectuelle est bardée de conditionnements, véritables remparts bâtis dès l’école maternelle ou l’œuvre de Descartes est expurgée de sa dimension mystique par de doctes senseurs qui donnèrent naissance à un faux cartésianisme qui ligote notre pensée et la calibre sur le lit de Procuste.

Celui qui est pénétré par la connaissance initiatique regarde le monde dans son ensemble d’un tout autre point de vue que celui qui l’ignore.

Nous sommes conscients que nous pensons et que nous passons constamment par des expériences intellectuelles qui nous permettent d’acquérir des connaissances. En bref nous sommes le sujet connaissant. Nous croyons, grâce à nos pensées connaître quelque chose. Nous recherchons des objets en observant la nature, la vie humaine, en faisant des expériences. Constamment nous cherchons les objets afin que nous puissions les appréhender à l’aide de nos pensées, en leur appliquant notre activité pensante.

Nous sommes le sujet et ce qui se présente à nous, ce sont les objets.

Chez l’homme qui aspire à la connaissance initiatique, il doit impérativement s’accomplit une tout autre orientation.

Il doit absolument se rendre compte qu’il est objet et que donc il est vital qu’il cherche le sujet qui correspond à cet objet. En résume, c’est exactement l’inverse qui se réalise. Dans la connaissance ordinaire, nous sommes sujet et cherchons les objets hors de nous. Dans la connaissance initiatique, nous sommes nous-même l’objet et nous cherchons le sujet qui nous observe.

Tel est le message fondamental, et profondément spirituel véhiculé par les inversions linguistiques des adeptes. La langue verte ou inverse est la langue des dieux car c’est l’expression du sujet qui s’adresse à l’objet que nous sommes.

Nous voyons immédiatement que dans la connaissance initiatique il n’est pas question de ratiociner et psychologiser sur des symboles mais il nous faut sortir de notre peau et devenir comme les plantes, les pierres, comme le tonnerre et l’éclair qui sont pour nous des objets.

Dans la connaissance initiatique, nous sortons de nous-même, nous devenons objets d’observation et nous cherchons le sujet qui observe. C’est une attitude de puissante dissolution de l’ego.

En résumé nous pouvons dire que dans la connaissance ordinaire nous réfléchissons aux choses. Dans la connaissance initiatique, il nous faut chercher comment nous sommes pensés dans le cosmos et par le cosmos. Comprenez-vous pourquoi les alchimistes ne peuvent qu’accréditer l’existence de Dieu ?

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 14:38

 

 

Apercevez-vous là-bas, là-bas, venant de l’horizon une ample conque marine voguant sur les flots bleus de la Méditerranée ? Le soleil en argente les contours dentelés par la vague écumante.

Mollement bercée au souffle embaumé des caresses de Zéphire, elle approche lentement du rivage mystérieux de Chypre, y échoue, s’entrouvre. Une ravissante créature, née de l’écume et uniquement revêtue d’éclatante beauté surgit à vos yeux éblouis…

 

Vous venez d’assister à la naissance radieuse de la pure beauté Vénus-Aphrodite engendrée par la Méditerranée, « mère-dite-ar-née » (mère dite née de l’Art nous disent les cabalistes, ce qui fait de son sel une autre substance que celle du chlorure de sodium) qui fut fécondée par la semence d’Ouranos (dieu du ciel et frère de Pontos le dieu mâle des flots), ce que Botticelli a traduit par le fameux tableau de Vénus naissant de l’onde et portée par une coquille Saint-Jacques, si chère aux pèlerins de St Jaques de Compostelle et emblème de l’alchimiste Jacques Cœur grand argentier du roi Charles VII.

 

Vénus qui fut appelée Anadyomène (qui signifie sortie hors de l’eau), ou Cypris à cause de son temple de Chypre, où était célébré son culte principal.

Aphrodite (aphros signifie écume) est aussi son nom, puisqu’elle est née de l’écume.

Cette naissance correspond à la vie résultant de « l’information » ou fécondation, par les rayons célestes ou cosmiques, des eaux « salées » primordiales.

 

Si vous souhaitez goûter pleinement aux charmes de Vénus, si vous désirez découvrir les mystères de sa plastique irréprochable et le sens secret de sa divinité, lisez patiemment et avec attention les lignes qui suivent. Vous en devinerez peut-être immédiatement le sens caché. Sinon je vous promets de vous le livrer dans toute sa beauté !

 

Donc, notre splendeur au féminin fait des ravages dans les cœurs masculins (il fallait s’y attendre) mais contre toute attente, elle épouse Héphaïstos-Vulcain, le dieu du feu non seulement laid, mais aussi boiteux. Évidemment elle ne tarde pas à prendre un amant qui est (comme on s’en doutes), Mars le dieu de la guerre. Mais tous les hommes voulaient d’elle, et un autre prétendant sérieux la courtisait ardemment, avec une pointe de jalousie, c’était le dieu du jour ou du soleil : le resplendissant et orgueilleux Phœbus.

Pour se cacher de la vindicte de Phoebus, Mars et Vénus étaient obligés de se rencontrer au crépuscule pour se quitter à l’aube ou leur ami Alectryon surveillait le lever de Phœbus à l’horizon pour les éveiller à temps. Mais une nuit Alectryon s’endormit, et ce fut la catastrophe.

Au lever du soleil, le couple enlacé dans son sommeil est surpris par Phœbus qui, humilié et en colère, prévint aussitôt Héphaïstos de la trahison de son épouse. Pour les punir celui-ci les emprisonnera dans un filet aux mailles arachnéennes et les exposa à la risée des dieux de l’Olympe.

Rouge de honte, Vénus ira se réfugier dans cette ile qu’elle aime, comme l’aimera plus tard sa réincarnation, la fée Mélusine qui enfanta la lignée royale de Chypre : les Lusignans.

Aphrodite se rendra donc chez elle à Chypre (où lui fut élevé son temple principal), ce qui lui valut, comme nous le savons maintenant, le nom de Cypris.

Mais ses amours passionnées avec l’actif Mars porteront leurs fruits. De cette union naîtra Cupidon ou Éros, le dieu espiègle de l’amour aux flèches ardentes qui de nos jours fait encore d’innombrables ravages !

 

Voilà, j’arrête l’histoire ici pour tenir ma promesse et vous exposer les beautés de Vénus… allons messieurs, de la tenue, ne prenez pas ce petit air égrillard ! Décidément, la fin que dis-je, la débandade (peut-être n’est-ce pas tout à fait le mot approprié ?) de notre monde de phallocrate n’est pas pour demain ! Arrêtons là nos crudités trop grasses et un peu indigestes pour un plat plus sain qui me fait dire que la parité des activités professionnelles donnera peut-être à l’amour un peu moins de frivolité. Rêvons à cette nouvelle humanité où les femelles deviennent des femmes et les mâles des hommes. En attendant, quand il m’arrive de dire avec sincérité que j’aime les femmes, mes amis « hommes » me regardent bizarrement comme s’ils voyaient apparaître sur mon visage un groin de porc.

 

Il existait à Malte une sorte de croix dont les bras étaient faits de quatre énormes phallus taillés dans le granite. Nous savons que les organes mâles sont l’emblème du pouvoir créateur. Et bien, vous ne me croirez peut-être pas si je vous dis que le très pieux Ordre de Malte ne laissa pas passer l’occasion de s’approprier ce qui pour un bon chrétien est une obscénité. Quant il s’installa dans l’ile, cet Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, plus communément appelé, suivant les époques, Ordre de l’Hôpital, Ordre hospitalier, Ordre de Rhodes, et enfin Ordre de Malte, stylisa cette croix en quatre triangles se rencontrant sur un globe central et osa en faire l’emblème de sa pieuse mission ! N’en doutez pas, une armée de bigotes et bigots, auréolés par leurs glorieuses continences, devait se retourner dans leurs tombes ! Cette curieuse attitude libérée des dictats religieux donne une idée sur les activités secrètes des hauts membres de l’Ordre liées à l’étude des phénomènes vitaux.  Cette étude n’est autre que celle de l’Alchimie dont certains Grands Maîtres furent férus comme Raymond de Perillos y Roccaful (natif du village du même nom dans les Pyrénées-Orientales) à la fortune aussi inépuisable que colossale, dont l’ancien curé richissime de Rennes le Château, Béranger Saunière, ne devait pas ignorer l’existence et le lieu secret de « stockage ».

La raison de cette secrète analogie sexuelle dissimulée sous la croix de Malte est l’apparence du sel dans son aspect blanc opalescent et glissant. C’est cet aspect qui lui a fait donner le nom de sperme de nature. Ainsi le docte Gaston Bachelard se trompa de cible. Il vit en ce terme, nonobstant son immense culture symbolico-psychanalytique, l’aveu d’un onanisme bien concret. Imaginez un pauvre alchimiste solitaire pleurant dans le secret de son laboratoire l’absence d’une vénus serviable et un peu dévergondée. Derrière les errances alchimiques du philosophe à la barbe fleurie se sont engouffrés incontinents toute une armée d’artistes et de « branchés » aux sens bouillonnants, avide de pouvoir enfin glorifier l’antique sport vénérien au détriment de la tendresse née de l’amour.

Mais ce qui nous intéresse ici ne sont pas les frasques des égarés dans leur désert intérieur ou le X de la lumière fécondante se confond avec celui de la pornographie. Après avoir pu enfin dire ce que j’avais à dire aux intello inconscients de la véritable dimension humaine, retournons à  cette curieuse croix tétra phallique devenue croix de Malte. Avec son cercle central et la croix elle regroupe les différents éléments du symbole de Vénus tout autant que celui de l’antimoine ou du cinabre, tout deux pouvant être représentés selon l’ancienne nomenclature chimique et alchimique, par un cercle surmonté d’une croix, à l’inverse de Vénus et du cuivre correspondant à une croix surmontée d’un cercle. De ce fait, ce cercle est l’organe féminin de la procréation recevant l’un des quatre phalus.

 

 

Cette particularité laisse supposer que ce symbole de Vénus est dérivé de la croix ansée des anciens Égyptiens ou ankh. Cette croix que l’on trouve souvent gravée sur les murs des différents édifices représentait le grand mystère de la vie et de la reproduction dans la nature.

En symbolisme alchimique, la croix représente évidemment les quatre éléments qui « informent » et fécondent la matière, pour constituer des images particulières sur la genèse du système solaire et aussi, dans la phase ultime, où ils élaborent le précieux vase, souvent représenté par celui de Marie-Madeleine car son odeur est suave et ses larmes abondantes régénératrices.

Au-dessus de la croix, ou creuset, s’élève la sphère ou granule, celle qui emprisonne Mars et Vénus – que les plus doctes appellent rebis – et qui donna cette lettre G qui interpelle tant les Franc Maçons qui s’interrogent depuis des lustres sur la raison réelle de sa présence au centre de leur étoile à cinq branches qu’ils appellent étoile flamboyante. N’ayez aucun doute, aucun symbole n’est aussi expressif pour illustrer le cinquième feu indispensable à la génération du soufre philosophique aérien dominant le creuset, formant ainsi l’idéogramme vénusien. Vénus est l’étoile flamboyant qui précède le lever du soleil, comme elle précède tout grand personnage reçu dans une Loge maçonnique.

Quand la croix domine le cercle comme dans le graphisme de l’antimoine et du cinabre, le cercle est toujours le soufre philosophique dont l’élément primordial placé au dessus n’est plus le creuset comme précédemment, mais les « larmes » qui permettent le blanchiment en cette phase appelée aigles par Fulcanelli. Elle consiste à sept adjonctions prudentes et mesurées aussi bien pondéralement que temporellement du nécessaire lait de Vierge. (d’après L’Alchimie expliquée par son langage, éditions Dervy)

 

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 15:04

L’être humain a dû faire une lente mutation, à partir du quadrupède qu’il était probablement, pour parvenir à se redresser et à acquérir la position debout, la verticalité qui caractérise l’humanité.

Ce lent cheminement nous a permis de passer de l’horizontalité à la verticalité.

 

Nous sommes donc un animal debout dont le crâne se dirige vers l’infini du ciel.

Cette posture a entraîné des modifications dans notre cerveau qui a permis le développement de certaines zones, et donc modifié notre intelligence.

Permettez-moi une analogie qui n’est pas sans rappeler l’histoire biblique de Samson qui recevait sa force herculéenne par les cheveux. Chaque cheveu de notre tête, comme les feuilles de l’arbre, peuvent, entamer un dialogue avec les forces du ciel.

Les branches de l’arbre se tendent vers le zénit dans cette aspiration qui les dépassent. Cette force de la photosynthèse lui permet d’exploiter l’énergie solaire pour mieux synthétiser sa matière organique à partir de la LUMIERE et des éléments chimiques du sol.

La verticalité humaine a déployé son corps, mais surtout son cerveau.

C’est grâce aux vertèbres que notre station debout est possible. Par une curieuse convergence la vertèbre reproduit, comme le dit le docteur de Sambucy, la croix ansée OU CROIX DE VIE des Égyptiens ou Ankh qui signale cette analogie dans son ouvrage Pour comprendre le yoga et les lois brahmaniques :

« Une vertèbre, dit-il, se compose d’un morceau de cylindre, plus ou moins circulaire, de deux parties latérales, qui sont destinées à la jonction avec les côtes et d’une partie longitudinale aux deux parties latérales. C’est exactement la croix ansée ».

Notre verticalité « métamérisée » est analogue à celle du tronc d’un arbre, plus particulièrement du chêne. Elle nous place dans ce grand courant qui relie le ciel à la terre. En cela nous rejoignons la sagesse chinoise, mais aussi l’alchimie pratique.

Si nous croyons que l’analogie possède une dimension insoupçonnée, en voici un exemple.

Grâce à sa verticalité, le chêne étale ses puissantes branches sous le flux des rayonnements célestes. La comparaison qui me vient à l’esprit est celle d’un radiotélescope. Ce rayonnement va, si je puis m’exprimer ainsi, l’informer. Il gardera en mémoire cette information dans sa sève. C’est la que le guy ira la chercher avec ses racines, et les druide ne l’ignorait pas. C’est pourquoi l’alchimiste récupérera son bois mort pour préparer son Grand Œuvre. C’est la raison pour laquelle l’alchimiste Rabelais dit en son Ile sonnante (cabalistiquement : lire la sonorité, la phonétique.) :

« Au milieu du silence religieux retentit le « mot » de la bouteille : Trinch (c’est-à-dire « bois »).

Trinch étant le « truc » argotique, et ce truc est que si on écoute la phonétique, au lieu de boire il faut se tourner vers le bois. Sans lui, point de substantifique moelle car son information est fondamentale puisque certains corps de sa sève sont le support d’informations sur l’univers et sa genèse. C’est grâce à cette substance que l’alchimiste pourra élaborer son système solaire en miniature, son microcosme image fidèle du macrocosme, montrant que UN est en tout et que l’univers est holoscopique.




 
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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 09:01

Après le prologue, le premier livre du secret et de la création des êtres développe la théorie des origines premières de toutes choses : corps célestes d’abord, et aussi minéraux, êtres animés et hommes. On y trouve une très complète cosmos genèse.

Pendant un très long temps, le chaos primitif, totalement indifférencié à l’origine, se mit peu à peu en mouvement et s’échauffa. Cette agitation divisa progressivement la matière primitive en couches de plus en plus légères, froide et inerte au centre, chaude et agitée à la périphérie. Le phénomène se prolongea pendant une durée de 60 250 ans puis, brusquement, il y eut en 48 heures le dénouement de cet état instable auquel l’univers était parvenu : le chaud et le froid s’unirent, engendrant le sec et l’humide. La combinaison de ces quatre qualités fut à l’origine des éléments terre, eau, air, le feu ou mouvement existant déjà. En 96 heures, toutes les combinaisons se trouvaient achevées.

À l’époque du directoire ou Sylvestre de Sacy étudiait le Belenous, un sourire narquois était possible devant ce récit, qu’était-ce que ce chaos indifférencié qui se mettait en mouvement, s’échauffait ? Et que signifiaient ces brusques évolutions organisatrices ?

Aujourd’hui, force est de constater que les intuitions du vieux sage alexandrin ressemblent singulièrement aux théories les plus modernes en matière de cosmogénèse, celle de la formation des galaxies (ces univers île de milliards d’étoiles) à partir d’un gaz primitif d’atomes et de poussière, et d’autre par en matière de naissance d’étoiles au sein des galaxies ou de leurs nuages de matière diffuse en mouvement. Les astrophysiciens ne confirment pas les valeurs absolues de durée donnée par Belenous. Ils savent qu’il faut multiplier énormément ces nombres. Mais il remarquent l’exactitude des rapports entre durée des phases préparatoires (par exemple la Protoétoile naissant au sein du gaz froid) et durée des phases de changements brusques (par exemple l’allumage thermonucléaire des protoétoile se transformant brusquement en étoile).

La question se pose immédiatement : D’où viennent ces intuitions d’Apollonius ? s’agit-il seulement d’intuitions géniales ? certains préconisent l’action d’extraterrestres sur- évolués, des sortes de visiteurs d’outre espace. Sans nier la pluralité des mondes, il semble que l’homme soit suffisamment pourvu d’intelligence et surtout d’intuition, pour parvenir à des conclusions avant-gardistes sur l’évolution de la matière. Les intuitions cosmogénétiques d’Apollonius –Belenous sont remarquables. Sont-elles plus mystérieuses que l’existence du calculateur astronomique (vers 80 avant notre ère) trouvé dans une épave près d’Antikhytera, que les théories des mouvements planétaires de Pythagore, où encore que les machines à réaction, à vapeur, de Héron d’Alexandrie ? n’oublions pas que le sage quel qu’il soit utilise son cerveau d’une manière différente de nous. Si ce n’est est pas le cas, il ne serait pas un sage. Voir à ce propos, et en détail, mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale.

Après avoir exposé sa théorie générale de l’origine du cosmos, Belenous aborde dans le second livre du secret de la création des êtres l’origine de notre système solaire, la création des sept cieux planétaires avec les sept planètes gouvernant toutes choses, en particulier les métaux qui lui correspondent.

Belenous s’intéressent tout spécialement à l’origine du mercure et, évidemment, à celle du soufre. Cette étude se révèle un ouvrage des plus importants pour la pensée alchimique et la pensée tout court.

Le troisième livre étudié la formation des substances végétales et le quatrième livre s’attache aux êtres animés et à l’homme. On ne peut s’empêcher de faire un rapprochement entre le court exposé d’Apollonius et le dialogue platonicien du « Timée ». On sait que Platon pythagorisant expose dans cet ouvrage une très complète explication du monde qui, partant de l’Ame du Monde, passe par les dieux célestes et les sept cieux planétaires, pour aboutir aux quatre éléments matériels : terre, eau, air et feu. Les incessantes transformations des trois derniers éléments l’un dans l’autre sont expliquées par une curieuse figuration géométrique faisant appel à trois polyèdres réguliers pythagoriciens : tétraèdre (feu), octaèdre (air), icosaèdre (eau). Le cube de la terre reste plus ou moins immuablement semblable à lui-même. Le cinquième polyèdre : le dodécaèdre aux douze pentagones réguliers symbolise quant à lui le modèle idéal (avec ces 12 faces correspondant aux signes du zodiaque, toile de fond cosmique ou « ciel » sous lequel évoluent les planètes) dont le Démiurge s’est servi pour façonner le cosmos et les cieux planétaires.

Il semblerait que Platon ait voulu signaler aussi, l’apparition de certains cristaux polyédriques particuliers lors de la purification de l’eau-mère des quatre éléments par cristallisation fractionnée.

Le « Timée » expose ensuite l’origine des êtres animés et tout particulièrement de l’homme. Jamais personne n’a tenté de réécrire dans toute sa plénitude la grande cosmogonie platonicienne. Il n’existe que les tentatives scientifiques fragmentaires : origines et vie des étoiles et des planètes, évolution de la cellule vivante, lente filiation des « espèces » successives d’hommes. Les temps semblent pourtant mûrs, en ce début du troisième millénaire, pour tenter de peindre à nouveau la fascinante fresque de la vie universelle.

 

Le secret de la création des êtres se termine par un cinquième livre, très court, qui est la copie de la Table d’Emeraude que le vieillard tenait à la main, cette table sur laquelle se trouvait écrit le résumé de toute la science.

 

Sylvestre de Sacy s’était étonné de ne pas trouver dans l’ouvrage du sage Belenous de recettes pour fabriquer de l’or. Il n’est point question de nier cette préoccupation des alchimistes, mais il ne faut cependant pas en exagérer l’importance. La transmutation d’un composé en un autre, par exemple du mercure ou du plomb en or, n’avait de valeur que dans la mesure où elle prouvait la justesse de la vision alchimique du cosmos. Il serait temps que bon nombre « d’alchimistes » qui oeuvrent uniquement au laboratoire prennent conscience de l’universalité de leurs manipulations. Sans cela leur matière ne peut être fécondée, et leur « œuvre » ne peut être Grand. Un petit œuvre abouti en permanence à une impasse… car la grandeur du Ciel ne peut aider. Les cabalistes précisent que l’alchimie est éternelle (interne elle).

Ne soyons donc pas surpris qu’Apollonius ait consacré à cette vision alchimique du cosmos l’essentiel d’un traité dont l’actualité demeure frappante et la leçon éternelle…

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 08:20

Dès les premières lignes du prologue, le sage Belenous pose les principes d’une théorie générale du monde.

 

« Toutes choses sont composées des quatre qualités élémentaires : le chaud, le froid, l’humide et le sec, éléments de tout ce qui existe ; c’est qualités sont combiné les unes avec les autres de telle manière que tout est emporté par un même mouvement de rotation et ne forment qu’un seul assemblage (…), un même composé sans aucune distinction ou différence, jusqu’à ce que des accidents modifient ce composé dont les parties se séparent. Des êtres diversifiés se forment alors entre eux, à raison des différentes combinaisons des qualités élémentaires qui concourent à leur formation (…). C’est là le principe fondamental de la science qui permet de connaître la cause première de la variété des êtres.»

 

D’où Belenous tirait-il ses connaissances ? il conte à ce sujet une belle histoire fantastique.

Il y avait dans son pays une statue d’Hermès en pierre sur laquelle on lisait :

 

« Si quelqu’un désire connaître Le Secret et de la Création des Êtres, qu’il regarde sous mes pieds. »

 

Ceux qui regardèrent n’y virent rien de spécial. Belenou par chance eut un rêve au cours duquel il comprit qu’il fallait creuser sous les pieds de la statue. il mit au jour l’entrée d’un souterrain. Y descendant avec une lampe, il découvrit assis sur un trône d’or un vieillard qui tenait à la main une tablette d’émeraude sur laquelle on lisait un titre :

 

« C’est ici la formation de la Nature. »

 

Au pied de l’homme, un livre :

 

Le Secret de la Création des Êtres et la Science des Causes de toute Choses.

 

Belenous prit le livre et la tablette pour les faire connaître à ceux qui en seraient curieux.

 

Nous savons maintenant le pourquoi de ce nom à première vue singulier : Table d’émeraude, et les raisons de sa concision. Écrit sur une tablette cristalline (l’émeraude en question était sans doute assez impure, ce qu’on nomme le béryl, à la belle couleur vert pale, opalescente), les préceptes résumant « la formation de la nature » ne pouvaient qu’être concis et peu nombreux.

quant au récit fantastique de Belenous, il apparaît somme toute fort classique en matière d’alchimie traditionnelle.un des plus anciens textes de l’alchimie Alexandrine est : choses physiques et choses révélées, attribué à Bolos Démocritos de Mendès du IIe siècle avant notre ère, et dont j’ai déjà parlé puisqu’il est l’auteur du plus ancien livre d’alchimie. les révélations dont il s’agit eurent lieu dans un temple. Après avoir essayé d’évoquer en songe l’ombre de son défunt maître Ostanès pour en recevoir les ultimes enseignements alchimiques, Bolos Démocritos raconte :

 

« Nous nous donnions un mal terrible pour trouver comment s’unissent et se mêlent les substances et les natures. Ayant travaillé à composer la Matière, le temps vint de célébrer une cérémonie dans le temple et d’y faire un repas sacré en commun. Étant dans le sanctuaire intérieur, nous entendîmes une colonne qui s’ouvrait mais nous ne fîmes d’abord rien à l’intérieur… Mais étant penchés, nous y trouvâmes cette formule précieuse : la nature qu’on sait se rassasie de la nature qu’on sait, et la nature qu’on sait l’emporte sur la nature qu’on sait, et la nature qu’on sait maîtrise la nature qu’on sait. Nous fûmes très surpris qu’il ait su résumer en si peu de mots toute sa doctrine. »

 

Évidemment, il s’agit de composés bien précis à mettre en œuvre, ce que connaît le sage qui vient d’en recevoir la révélation.

Que cette révélation soit mêlée à un songe, et que Belenous ait eu besoin d’un rêve pour accéder à la table d’émeraude, n’a rien non plus que de très normal. Héraclite avait dès les années 500 avant notre ère saisit toute l’importance du rêve pour l’exploration du Moi le plus profond de l’homme. Évidemment cela n’exclut nullement toute la dimension symbolique indépendante de cette exploration psychologique.

 

Nous devons reconnaître que cette histoire n’a rien à envier à celle qui fut mise sur pied, beaucoup plus tard, à propos d’un certain Christian Rose croix. Il est dommage que la saga de Belenous ne soit pas plus connue des alchimistes actuels. Quant à Bolos Démocritos de Mendès, il ne saurait mieux souligner l’importance de l’Office si proche d’une messe qui est bien un repas sacré pris en commun, et permettant dans cette communion d’avoir des révélations issues de la « verticalité » de l’Être.

Autre point non moins étrange est celui de la colonne qui s’ouvre pour livrer le secret alchimique. C’est de la même manière qu’auraient été découverts les écrits alchimiques de Bazille Valentin. Ce qui laisse supposer l’origine des connaissances de cet adepte. N’en doutez pas, Le Mystère des des Cathédrales est aussi celui du repas Sacré que Bolos Démocritos partageait déjà avec le Christ... au-delà des arcanes du temps. Alors, ne faisons pas semblant de ne pas voir ou se trouve l’oratoire permettant d’éviter tout individualisme, obstacle puissant à la réalisation de l’être.

 

Cette histoire n’est pas finie. Vous aurez la suite dans mon prochain article.

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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 14:53

S’il était imprimé, le livre du Secret de la Création des Êtres formerait non pas un ouvrage, mais un opuscule. Il s’agit d’un texte composite, fruit d’additions et de remaniements opéré autour d’un noyau central qui est un récit fantastique raconté par un certain Bélénous. Bélénous étant la transcription arabe du nom grec d’Apollonius. Le plus célèbre étant Apollonius de Thyane, héros d’une sorte de roman philosophico-merveilleux écrit par Philostrate à la demande de l’impératrice Julia Domma, femme de Septime Sévère (193-211). On ignore si Philostrate s’inspira d’un modèle réel. En tout cas les anciens ont cru à sa réalité. Le héros aurait vécu au Ier siècle de notre ère, alors que le Traité du Secret de la Création des Êtres est légèrement antérieur au VIe siècle.

Donc, notre traité n’a pu être rédigé par Apollonius de Thyane. En revanche l’auteur pourrait bien être Apollonius de Laocidée qui, au témoignage de Paul d’Alexandrie, « accuse dans ses cinq livres les Egyptiens (Zozime ?) de s’être trompé sur le zodiaque », c’est-à-dire sur l’organisation du monde. Ors, Le traité du Secret de la Création des Etres compte justement cinq livres plus un prologue. Ceci nous ramènerait donc au IVe siècle de notre ère, faisant alors de cette œuvre un survivant important de l’alchimie théorique alexandrine, d’autant plus important que nous possédons le texte intégral.

Il reste un autre texte important de la même époque ; l’Assemblée des Sages (ou : Turba Philosophorum) lui aussi traduit du grec en syriaque, du syriaque en arabe, de l’arabe en latin, et enfin du latin en français. Ainsi s’explique l’obscurité du texte latin, et surtout de la version française devenue imbuvable ! Traduttore, traditore !... Le secret de la Création des Êtres a été, lui aussi, traduit en latin au XIe-XIIe siècles. Jamais cette traduction latine n’a été imprimée, et n’a jamais été traduite en français.

À signaler cependant l’étude du manuscrit arabe 959 de la Bibliothèque Nationale (qui contient le Bélénous) faite pendant le Directoire (en 1799) par Sylvestre de Sacy. G. E. Monod-Herzen a résumé cette dernière étude dans un de ses chapitres de son Alchimie méditerranéenne (1962).

 

Dans le prochain article j’aborderais l’histoire fantastique de Bélénous.

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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 11:33

Quand j’étais jeune étudiant à la faculté des Sciences de Montpellier, le Professeur Ernest Kahane, de renommée internationale, nous enseignait la biochimie devant un amphithéâtre bondé d’étudiants de diverses nations. Il s’attardait énormément sur l’histoire des découvertes les plus infimes en nous disant que l’histoire était déjà la compréhension d’un processus et que de ce fait au lieu de la négliger il fallait l’approfondir. J’ai pu constater à diverses reprises que ce « nobélisable » avait profondément raison pour tout, y compris l’alchimie, dont cet homme cartésien au possible, et communiste Russe de surcroît, aurait réprouvé énergiquement que l’on puisse s’y intéresser et encore plus la pratiquer.

 

La Table d’Émeraude, dont j’ai donné le texte complet dans un article qui lui est consacré, était la « bible » de tous les alchimistes du moyen age latin et de la Renaissance européenne. Paradoxalement ils ignorèrent (à de très rares exceptions) la raison de ce nom.

Née très probablement dans une Alexandrie pénétrée de néopythagorisme et de néoplatonisme, la science alchimique y avait longtemps brillé d’un vif éclat avec Bolos Démocritos qui l’enseigna dans la ville de Mendès des 144 avant Jésus-Christ (pour plus de précisions à ce propos compulser mon livre Hermestine Rennes le Château.), avec également Zosime originaire de la ville de Panopolis (actuellement Akhmim), Olympiodore et Synésius l’évêque de Ptolémaïs, ami et élève de la célèbre philosophe néoplatonicienne Hypathie…

Le triomphe du christianisme sonna pour un moment le glas de la science en Occident.

Sortir enfin de la clandestinité grâce à la protection de l'empereur Constantin, la nouvelle religion engagea ouvertement la lutte. Les joutes philosophiques degénérèrent en combats à main armée. Nous retrouverons d'ailleurs beaucoup plus tard, en France, les mêmes réactions des chrétiens, avec la philosophie cathare.

Lorsque l'empereur Théodose ordonna de fermer tous les temples, l'évêque d'Alexandrie Théophile fit mettre le feu au Serapum (temples de Sérapis et nécropole des taureaux sacrés, supposés être l’incarnation du dieu Apis) ; le feu gagna la célèbre bibliothèque d’Alexandrie ou des livres, papyrus et parchemins furent détruits en grand nombre. C’est le moment de préciser que les documents de cette monumentale bibliothèque ne furent pas tous brûlés, loin de là, et que par ailleurs des dépôts d’ouvrages existaient encore dans des « succursales » de la bibliothèque, comme à Mendès où fut écrit le premier ouvrage d’alchimie intitulé physica…Ne soyons donc pas surpris qu’il existe de nos jours dans des bibliothèques privées (je pense au département de l’Aude en particulier) des documents uniques et significatifs en ce qui concerne l’ésotérisme en général et l’alchimie plus précisément.

En 415, l’évêque Cyrille permit que des moines ignorants et fanatiques assassinent avec un sadisme raffiné (préfigurant l’inquisition) la philosophe Hypathie. Affolés par ce massacre inouï (au nom de Dieu rappelons-le !) les autres professeurs s’enfuirent précipitamment, se réfugiant à l’école d’Athènes. reflet vivace de celle d’Alexandrie. Mais l’empereur Justinien interdit aux professeurs non chrétiens d’enseigner et elle fut fermée sur décret impérial.

Les maîtres d’Athènes, accompagnés de ceux d’Alexandrie, s’exilèrent volontairement et se réfugièrent en Perse où le roi Chosroês Ier les accueillit favorablement. La dynastie sassanide qui régnait sur ce pays se montrait très tolérante en matière de pensée. Elle fut fondée par Ardeshir au début du IIIe siècle de notre ère.

Les sages grecs traduisirent en syriaque leurs livres. Le plus connu des traducteurs est Sergius de Res Ayna, mort en 536. Parmi ses productions, on trouve au moins un ouvrage d’alchimie : le Traité du Secret de la Création des Êtres dont la conclusion est justement la si célèbre Table d’Emeraude.

 

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