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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 15:43

Les Compagnons, généralement très chrétiens, n’étaient pas Francs Maçons, même si leur nom figure avec celui d’apprenti et Maître dans les trois premiers grades de la Franc Maçonnerie. Ils semblent, d’après Jules Boucher, qu’ils soient issus d’un même tronc. De nos jours la franc-maçonnerie est développée, alors que le compagnonnage subsiste encore mais a perdu toute importance. Cependant, avec son amour du travail bien fait, sa réputation est des meilleures et son rôle tend à nouveau à s’amplifier.

 

Les compagnons se divisaient en trois « Devoirs » :

Les enfants de Salomon.

Les enfants de Maître Jacques.

Les enfants du Père Soubise.

 

Les enfants de Salomon ou Devoir de Liberté comprenaient :

Les tailleurs de pierre.

Les menuisiers,

Les charpentiers.

 

Les enfants de Maître Jacques ou Devoirs comprenaient :

Les tailleurs de pierre.

Les menuisiers.

Les serruriers.

 

Les enfants du Père Soubise ou Saint Devoir comprenait uniquement les charpentiers.

 

L’Église condamna leurs pratiques initiatiques le 14 mars 1655. Cette déclaration des autorités ecclésiastiques est suivie d’un texte éloquent sur les rituels du Devoir de Maître Jacques et plus particulièrement les Compagnons selliers, cordonniers, tailleurs, couteliers et chapeliers. Je rappelle que les membres des Enfants de Maître Jacques étaient obligatoirement catholiques.

 

N’ayant pas l’intention de rédiger un cours qui nécessiterait plusieurs volumes, j’irais directement au but qui nous intéresse en décrivant le rituel condamné par l’Église car il est trop proche de celui des catholiques, mais par certains points beaucoup plus significatifs.

La cérémonie de réception étant un baptême. Ils célèbrent une messe et péché suprême, en qualité de catholique ils sont reçus par les huguenots et ils les reçoivent à leur tour ! Cette seule particularité aurait largement suffit pour les condamner.

Les compagnons cordonniers prennent du pain, du vin, du sel et de l'eau qu'ils appellent les quatre éléments, les mettent sur une table et ayant mis devant icelle celui qu'ils veulent recevoir Compagnons, le font jurer sur ces quatre Choses par sa fois, sa part de paradis, son Dieu, son Chrême et son baptême ; ensuite lui disent qu'il faut qu'ils prenne à nouveau nom et qu'ils soient baptisés ; et lui ayant fait déclarer quel nom il veut prendre, un des Compagnons, qui se tient derrière, lui verser sur la tête un verre d'eau en lui disant : « je te baptise au nom du père et du fils est Saint-Esprit. » Les parrains et sous-parrains s'obligent aussitôt à lui enseigner les choses appartenant au dit devoir.

Nous constatons immédiatement que les compagnons interrogés ne livrèrent pas la totalité de la cérémonie, notamment les explications qui durent précéder la cérémonie, car faire jurer devant les quatre éléments « moteur » du Grand Œuvre des alchimistes n’est pas banal et surtout est loin d’être anodin car c’est ni plus ni moins une cérémonie ou est donné le nom d’adepte. Dans l’Église, la Confirmation (qui est la confirmation du baptême) accompagnée de la prise d’un nouveau nom et de l’adjonction d’un parrain ou d’une marraine avait cette connotation.

Le rapport dit aussi à propos de Tailleurs que durant leurs cérémonies ils apprennent la signification de tous les objets et décrivent le mystère de la sainte Sainte-Trinité d’une manière symbolique, ce qui encore laisse transpirer le ternaire alchimique.

Ce qui est évident à travers ces cérémonies, c’est la mise en évidence de la dimension initiatique du rituel chrétien, que l’officialité ne pouvait que condamner. Pourtant c’est cette attitude que permettait une entente avec les huguenots.

Je reste persuadé que c’est la voie qu’il faut suivre en analysant le rituel ancien de l’Église (celui d’avant 1968) pour en mettre en évidence toute sa puissance symbolique débarrassée de toute bigoterie et adjonctions récentes afin de transmettre la connaissance et permettre aux fidèles de mieux comprendre le sens profond des rites catholiques.

Tout ce qui précède est un peu bref, mais quelques références bibliographiques permettrons d’aiguiller les plus curieux :

 

J.P. Baillard, Le Compagnonnage en France.

L. Benoist, Le Compagnonnage et les métiers.

E. Coornaert, Les corporations en France avant 1789.

J. Gimpel, Les batisseurs de cathédrales.

D. Macaulay, Naissance d’une cathédrale.

E. Martin Saint-Léon, Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses rite.

George Sang, Le Compagnon du Tour de France.

 

Par ailleurs une extraordinaire documentation est réunie à Tours au Musée national du Compagnonnage, rue Nationale (près du pont de la Loire), Cour du Vieux-Pressoir, abbaye Saint-Julien. Il est ouvert du dimanche des Rameaux au 11 novembre. Se renseigner sur Internet.

 

 

 

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 08:51

N’étant pas Franc Maçon et ne l’ayant jamais été, les études symboliques ou autres que je vous présente ne sont donc pas de mon cru. Je répète souvent que tout ce qui concerne la Maçonneries est issues du livre remarquable de Jules Boucher : La symbolique maçonnique. Je vous dis cela car le hasard a voulu que je découvre un forum dans lequel certains prétendent que ce que je raconte sur les couleurs maçonniques est erroné.[1] Par conviction personnelle et spirituelle, jamais, je ne me permettrais de trahir la maçonnerie ou tout autre mouvement initiatique en déformant quoi que ce soit de mon propre chef.[2] Avant de tenir des propos pareils (malveillants pour certains) ne serait-il pas plus sage, me semble-t-il, que l’on me pose directement certaines questions sur mon blog ?

Me voici donc contraint d’empoisonner les lecteurs en devenant une sorte de « sorbonard thésard » sommé de citer ses sources. Mais bon sang ou est l’esprit dans tout ça ?

Donc, en ce qui concerne mon prochain article sur le Compagnonnage, les références sont, en sus de l’ouvrage de Jules Boucher, issues des recherches de Lucien Carny, spécialiste de l’étude du Compagnonnage, et auteur d’un livre monumental en trois tomes intitulé « Les Compagnons en France » (Éditions Roger Garry). Voilà ! les intégristes sont contents ? Dernier message aux malveillants, je ne remets plus les pieds dans votre forum car l’honnêteté (que dis-je, la plus élémentaire spiritualité dont vous prétendez être suffisamment pourvu pour réussir la pierre philosophale) demande de me laisser un courrier. Dans ce cas, c’est avec la plus grande courtoisie et amitié que je vous répondrais.



[1] Je renvoie à la page 193 de l’édition de mai 1948. Chapitre V (Les rites Maçonniques) 2 la hiérarchie, in Les grades de l’Ecossisme et les couleurs.

[2] Je n’ai jamais dit non plus que j’étais au-dessus de toute erreur.

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 10:39

Il est un fait important en alchimie, c’est celui de la réussite du Grand Œuvre au laboratoire. Si certains ne parviennent pas à blanchir leur pierre, évidemment ils n’ont pas réussi et ce fait les renvoie à eux-mêmes. Mais il y a plus, certains adeptes parviennent à la couleur blanche et à la rouge et pourtant le résultat n’est pas probant, la pierre obtenue ne vaut rien. Il ne faut pas oublier qu’en oeuvrant avec des matières « non canonique » pour « s’entraîner », on obtient aussi la pierre blanche et la rouge qui n’ont aucune valeur. Dans le cas où les matières convenables seraient utilisées, et en supposant que la quintessence ait été obtenue dans de bonnes conditions, il est évident qu’il faut incriminer trois phénomènes complémentaires trop souvent négligés. D’abord l’apprentissage du silence des pensées, avec une écoute particulière qui est trop souvent confondue avec une méditation quelconque. Quand on s’imagine que l’on est élevé spirituellement, alors c’est la catastrophe… Le silence fécond est un état long à acquérir et sans lequel il est absolument impossible que cette parole du Christ : « L’Esprit Saint vous enseignera » prenne tous son sens. Le deuxième point est la négligence du corps sur le plan bioénergétique. Quant au troisième point qui fait aboutir à un échec, c’est encore un sérieux problème avec soi-même qui empêche le phénomène anthropique de prendre toute sa dimension et ne favorise pas la « modification » de certaines constantes universelles et aussi la méconnaissance des conditions extérieures qui ne sont pas uniquement celles de l’époque de l’année durant laquelle il faut œuvrer. Il suffit de lire Récréations hermétiques, Cambriel et Eugène Canseliet pour être éclairé.

Enfin je voudrais dire que personne ne saura jamais rien de mon travail, cela me concerne. L’essentiel c’est VOUS ! ! !

 

Que le Christ et Hermès guident vos pas.

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 08:13

Si l’Église est connue à travers un « catholicisme » qui ne l’est plus depuis environ 1000 ans et s’efforce de faire semblant de l’être tout en affirmant haut et fort détenir le monopole de la spiritualité, le compagnonnage à l’ombre du christianisme primitif et des arc-boutants des cathédrales perpétue le sens du travail bien fait avec cette humble et pieuse discrétion a l’origine de son excellente réputation. Quant à la maçonnerie, généralement connue par le public comme étant anticléricale, sa notoriété est généralement mauvaise ou satanique et n’est perçue qu’à travers des ombres imaginaires et ce que les auteurs de livres veulent bien révéler.

 

Depuis le règne de Clovis, l’Église Gallicane ancienne, c’est-à-dire « unie-verselle » et donc sans division et de ce fait véritablement catholique (catholique voulant dire en grec ,universel), régnait sur la spiritualité de l’Europe.

Sous le premier monarque français, les compagnons tailleurs de pierre étaient déjà à l’oeuvre depuis, disent les historiens, l’époque gallo-romaine.

 

Quant aux Francs-Maçons ils n’apparurent que beaucoup plus tard et semblent avoir hérité de la formation initiatique des Compagnons du tour de France. Je sais que la polémique fait rage et que les Compagnons rejettent avec passions certains de leurs anciens symboles, comme celui des trois points, pour ne pas être confondus avec les Francs-Maçons ! Pourtant le fait est là, l’un ne va pas sans l’autre, l’un a fécondé l’autre.

 

Les Compagnons furent toujours chrétiens, qui se plaçaient sous la protection de l’Être Suprême, l’équivalent du Grand Architecte de l’Univers des Francs-Maçons qui furent aussi chrétiens jusqu’au jour ou le Grand Orient de France commit, en 1877, une faute très grave et très lourde en rejetant, Dieu ou le Grand Architecte de l’Univers. À partir de là tout les grands « dérapages » que l’on connaît firent tomber sur elle des opprobres sur sa réputation et les inventions d’un Léo Taxil, d’un Paul Rosen et d’un Marquès-Rivière envenimèrent les choses. La dernière affaire du juge Renard, pourtant de la Grande Loge de France, montre que s’étale en tache d’huile un esprit de sombre connivence qui n’est plus de notre temps. Et l’on comprend pourquoi les Compagnons du tour de France ne veulent pas se compromettre avec les Maçons. N’en doutez pas, la mauvaise réputation de la Franc-Maçonnerie est incontestable, à tel point que dans ma propre famille, mon frère et certains de mes amis n’approuvent pas ma « compromission » auprès des frères aux trois points, que je n’ai pourtant jamais contactés en tant que tel. Cette opposition viscérale est si évidente que je fus obligé de rédiger un article spécifiant que je n’ai jamais été, et ne suis pas, FM. et que, en fait, je ne fais que décrypter en toute liberté, le symbolisme de l’Art Royal là où il se trouve le mieux représenté.

La mauvaise réputation de la Maçonnerie est un problème qu’il serait temps de résoudre par autres choses que par des justifications, qu’elle soit des plus convaincantes et des mieux élaborées.

J’ai assisté, il n’y a pas si longtemps, à un Jounal Télévisé de 20 h d’une grande chaîne. Un sois disant historien de la FM était là pour dire deux choses : la première que les hommes politiques X et Y étaient viré du Grand Orient pour avoir pactisé avec le Front National. La seconde pour montrer que les FM étaient des gens biens. Mais il faut voir comment ! Quand le journaliste lui dit que leurs actions étaient parfois peu recommandables et que de ce fait ils étaient une secte, le messager délégué répondit par une fanfaronnade du plus mauvais effet qui n’a fait qu’empirer la mauvaise réputation des FM. Il dit en appuyant sur les mots : « Mais que fait la police, que fait la justice ! » où l’on comprenait sans avoir besoin de trois points sur les « i » que ces deux administrations étaient à leur botte. Non, ce n’est pas de cette manière que l’on devient respectable !

Il serait temps de réaliser qu’un Franc-Maçon est devenu, pour l’homme de la rue, un être sans parole dont il faut se méfier à tout instant depuis plus d’un siècle.

 

Tant que les cérémonies des Maçons resteront réservées aux seuls membres, le doute négatif persistera. C’est cette ouverture au public des cérémonies compagnonniques qui participe à sa bonne réputation. Tout se déroule au grand jour… sauf les cours. Je ne puis être plus clair pour que puisse sortir de l’ombre, en tous les sens du terme, les disciples d’Hiram et leur précieux symbolisme.

 

 

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 14:05

Les alchimistes disent depuis des temps immémoriaux que « l’or » de la vie est un corrosif comparable au vitriol. Ce jeu cabalistique est basé sur le fait que le mot vitriol est l’anagramme de l’or y vit. Ce terme a donc toute sa raison de figurer dans le cabinet de réflexion du Franc-Maçon et dans le laboratoire de l’alchimiste.

 

Lorsque le rituel s’achève et que vient la sortie de l’église ou de la Loge, l’individu est confronté à la vie, c’est là que les choses sérieuses commencent, c’est là qu’il devient possible de voir les fruits et de juger l’arbre d’où ils sortent…

 

Toute vie humaine est nantie d’épreuves qui demandent d’être assumées. Lorsqu’on parle d’épreuves, on pense généralement aux coups du destin, accidents, maladies, difficultés en tout genre. Mais le bonheur, les événements heureux quels qu’ils soient veulent, eux aussi être assumés, et ce n’est pas forcément facile.

 

Chaque épreuve, qu’elle soit heureuse ou malheureuse, est chargée d’un message à notre égard ; chacune à sa manière nous fait sentir notre précarité, nous fait percevoir que nous sommes fragiles, instables, menacés dans notre équilibre et dans nos engagements. Même si nous ne voulons pas l’entendre, les épreuves nous posent question, nous poussent à la réflexion, à la prise de conscience. « Pourquoi mon ballon de Pyrex s’est fendu dans les mains ? Que dois-je faire pour éviter cela ? Ou cette recherche alchimique me conduit ? Quel lien avec l’absolu ? » D’une manière générale, dans notre vie affective et professionnelle, quand surgissent les coups du destin, c’est le VERBE qui cherche à pénétrer en nous et dans notre vie, d’abord sous la forme de la réflexion et du dialogue intérieur pour aiguiser progressivement une perception plus directe, plus intuitive qui nous fasse percevoir la vie qui est au-delà des apparences et des vicissitudes. C’est cette dimension que devrait développer tout centre initiatique et toute Église. La question essentielle la question qui répond à toutes questions est d’apprendre comment faire pour devenir solide à toute épreuve. L’apprentissage du silence des pensées n’est pas négligeable pour conserver notre sérénité, et être à l’écoute des « bruits de fond » de l’univers…

 

Le travail du destin, c’est d’ouvrir l’être à la dimension de la vie véritable, la vie mystique, et chaque épreuve veut être l’occasion d’un débat intérieur suivi d’un silence intérieur qui nous permet de capter la « pensée divine » qui préside à toute destinée. En réalité, chaque épreuve est une semence qui, dans notre vie, devrait porter ses fruits.

 

Si les épreuves sont appelées vitriol par les alchimistes, c’est pour le pouvoir décapant de cet acide qui permet de découvrir sous la crasse, sous notre crasse, l’or pur de la vie. Sans cette démarche fondamentale, inutile d’entrer au laboratoire d’alchimie car l’impur ne saurait purifier la pierre philosophale. Et sans le silence des pensées inutile de chercher la Parole Perdue qui s’adresse à nous, dans notre vie, au-delà des mots.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 14:12

 

 

À la fin du XVIIIe siècle vivait à Paris un alchimiste qui écrivit un petit opuscule, Hermès dévoilé, qui fit autorité autant chez les écrivains, tel Balzac qui trouva là l’inspiration pour son alchimiste chercheur d’absolu, et qui chez les alchimistes actuels fait autorité.

Personnellement, et pendant longtemps je n’ai pas compris grand-chose au sens profond de ce texte, si ce n’est sa poésie. Mais il m’a profondément marqué quand, dès la première ligne il écrit :

 

« Le Ciel m’ayant permis de réussir à faire la pierre philosophale, après avoir passé trente-sept ans à sa recherche, veillé quinze cent nuits au moins sans dormir, éprouvé des malheurs sans nombre… »

 

Oui, je fus beaucoup plus marqué par le sens de l’engagement de cet homme que par le mystère dissimulé dans ces écrits. Tenir 37 ans après avoir été la risée publique, être traité de fou, hué, rejeté par sa famille, réduit à la misère au point de devoir vendre ses meilleurs habits. Subir un empoisonnement de la part d’un faux ami désireux de s’emparer de ses écrits, et s’en sortir miraculeusement avec de graves séquelles, pour enfin perdre ses enfants… Ce détachement lié à la certitude m’a si profondément marqué que le récit fabuleux de sa réussite tellement méritée est passée au second plan.

Il est vrai que le manque d’engagement de notre époque a mis en relief par contraste le puissant don total de cet homme transporté pas sa foi.

J’ai acquis une certitude : Il faut être engagé ! Contrairement à la tendance actuelle qui veut que de plus en plus chacun vit pour soi, rien que pour soi. Il semblerait que le monde a besoin d’engagement un peu comme la plante a besoin d’eau. Quand plus personne n’en a alors il se réfugie chez certains individus où il développe sa puissance d’une manière pathologique. C’est pourquoi la plupart de ceux qui sont engagés à fond sont des fanatiques destructeurs, ce sont des individus dont la pensée est bloquée, « possédée » et deviennent les instruments de sombres puissances tant sur le plan suprasensible que matériel. Les extrémismes religieux sont de cela, mais aussi les « parano » de l’économie et des finances. En un certain sens nous sommes sous la coupe des méfaits du désengagement.

Nombreux sont ceux qui ont peur de s’engager parce qu’ils craignent d’aliéner leur liberté. Plus nombreux, sans doute, ceux qui sont incapables de s’engager, à cause de l’impotence de leur pensée et de l’incapacité de mûrir une conviction personnelle ; et lorsqu’ils s’engagent quand même, c’est sans conviction réelle et généralement sous l’influence d’une conviction étrangère. Ainsi on va s’inscrire dans la Franc-Maçonnerie pour étoffer son réseau relationnel ou pavaner avec un discours docte ou sirupeux. Ou encore faire partie de l’Église Gallicane ancienne pour essayer de découvrir certains secrets sur l’alchimie, secrets qui, bien évidemment, ne leur servira à rien. J’ai déjà abordé ce sujet. Bref, vous avez compris, c’est ainsi que naissent les Judas !

Rester libre ! C’est effectivement une nécessité profonde pour chaque être humain. Mais la liberté à laquelle on tient n’est nullement rattachée au plus grand que soi, mais celle de pouvoir agir à chaque instant à sa guise selon l’inspiration du moment, je veux rester mître de ma vie et de mes actes… Quand notre conscience s’affine accompagnée de ce regard intérieur réaliste et sensible, on peut percevoir que dans bien des cas ce n’est pas « moi » qui suis à l’origine de mes actes, et que dans certaines occasions je ferais bien de résister à mes inspirations ou impulsions.

N’en doutez pas, la liberté est d’un accès difficile. Certes, sur le plan relatif à l’homme, la liberté existe. Ainsi un être emprisonné ou contraint d’une manière ou d’une autre n’est pas libre. Il est sûr que le prisonnier libéré est bien libre par rapport à son état antérieur. En résumé pour nous la liberté absolue n’existe pas, seule la liberté relative existe.

Notre espace de liberté est limité par l’influence du milieu. L’individu se sent ou ne se sent pas gêné dans son comportement. Il gagne un degré de liberté, mais il est encore loin d’être réellement libre, quand il sait vraiment ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Il aboutit alors à une conviction qui va générer ses actes et surtout lui permettre de s’identifier à cette conviction. C’est exactement le cas pour l’alchimiste dont je parlais au début de l’article.

L’engagement lui-même se situe au niveau de la volonté. Et chaque être humain a besoin de s’engager, sous peine de déchoir. Car vivre n’est pas un but en soi. Il n’y a que certains clochards pour n’avoir d’autres objectifs… Toutefois l’un d’eu m’a avoué préférer vivre sous les ponts que sous les cons… ce qui est déjà une conviction !

Que l’on ne s’y trompe pas, les « clochards » les plus à plaindre ne couchent pas forcément sous les ponts ; on les trouve partout, même dans les palaces, les Loges Maçonniques ou les Églises. Car ils ignorent que s’en-gager, c’est se donner en gage à une entreprise qu’elle soit matérielle ou spirituelle.

À chacun de voir à qui ou à quoi nous devons nous donner en gage de tout notre coeur. Je vous souhaite cet enthousiasme qui soulève les montagnes.

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 17:31

Je n’ignore pas qu’aussi bien les « cathos » que les FM seront choqués par ce titre, et pousseront de grands cris effarouchés et n’irons pas plus loin dans la lecture de cet article.

Une précision toutefois aux courageux qui n’ont pas encore déserté cette lecture. Je ne vais pas reprendre ce que j’ai dit dans mon article sur le cabinet de réflexion. Ensuite je n’ai nullement l’intention de vous parler du « baptême » selon le Vatican actuel. En effet, l’Église moderniste de 2000 n’est plus intéressée par les symboles qu’elle considère comme « ringard ». Elle est une idéologie au service de la vie sociale à la manière d’un syndicat. C’est donc du baptême selon l’Église ancienne qu’il s’agit ici, plus exactement de l’esprit de l’Église des Gaules ou Église Gallicane qui n’a pas de rapports avec l’Église Anglicane ou Église d’Angleterre. Le symbolisme de cette Église est profondément alchimique tout comme l’est le symbolisme du cabinet de réflexion.

Le sacrement de baptême, comme l’enfermement dans la « terre » noire du cabinet de réflexion est à l’image d’une semence enfermée au sein de la terre et qui ne déploiera son contenu qu’avec le temps. On ne sort pas « initié » d’un cabinet de réflexion, on ressort (dans le meilleur des cas) « initiable ». Le plus souvent, hélas… comme l’on est entré.

Le caractère de semence appartient au baptême et au néophyte enfermé dans son cabinet de réflexion où il redevient enfant. C’est cela que la maçonnerie a perdu de vue, cette mentalité des touts petits qui seule permet de saisir le monde. L’enfant n’est pas l’aboutissement d’agissements humains, d’experts en symbolisme. C’est la manifestation d’une volonté et d’une sagesse qui émane d’un monde supérieur, ce qui de nos jours n’est plus évident du tout autant dans les Loges que dans les sacristies.

La pensée qui porte et anime l’univers est UNE ; mais les intelligences et les forces agissantes sont multiples. Je vous fais grâce d’une explication en ce sens. Elle est trop douloureuse et démonstrative de l’égocentrisme des hommes que l’on peut mesurer par ces deux affirmations : je suis Catho et seul dans la vérité, je suis FM et seul détenteur de l’initiation.

Les « enfants » comptent sur nous pour leur apprendre la vie ; Quant à nous nous avons besoin d’eux pour apprendre la réalité suprasensible. Au sortir de la cuve baptismale ou du cabinet de réflexion notre entreprise ne sera satisfaisante que si elle est une collaboration avec l’esprit de l’univers, le spiritus mundi des alchimistes.

L’esprit de l’homme et son être profond sont à la dimension de l’univers. Mais son destin le lie à la terre, quel que soit son désir de « s’éclater », de sortir des limites qui lui sont imposées… Donc, pas de « délire » ésotérique sur le sens du mot « initiation ». Il est de plus en plus évident de nos jours que l’histoire du monde est étroitement solidaire de l’évolution de la conscience humaine. C’est dans ce contexte que la venue du Christ et sa démarche terrestre ont une importance décisive SALUTAIRE. Point de dogmes points le landmark. Tout se fait dans notre conscience dont les limbes s’agrandissent et sont les reflets de la vérité ultime attirée, comme un aimant, par notre propre vérité. Alors si vous êtes le partisan d’une vérité polycéphale, comme le pensent bon nombre de symbolistes vous êtes dans « l’horizontalité ». L’eau du baptême ne peut laver votre front et inutile d’entrer dans le cabinet de réflexion, vous ne pourriez en sortir.

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 08:43

Peut-être avez-vous entendu parler des Landmarks ? Dans le cas contraire permettez-moi de vous éclairer et peut-être de vous permettre de saisir pourquoi j’écris des articles sur le parallélisme hallucinant (ce n’est pas un superlatif) entre la tradition alchimique et celle des Franc-Maçon ? Le but de ma prose est à double face : celle de montrer la cohérence du symbolisme général et donc par voie de conséquence de souligner les erreurs qui parfois provoquent des scissions internes aussi bien que l’incompréhension « externe ». La seconde face de mes intentions est de montrer aux chrétiens que le rejet systématique de la maçonnerie ne repose sur rien de sérieux. Cependant, soyons réalistes, d’un côté comme de l’autre nous trouvons des margoulins hystériques mal intentionnés d’autant plus virulents et aveugles qu’ils sont conditionnés comme détenteurs de l’unique vérité ! Ne comptez pas sur moi pour désigner qui remporte le pompon des F.M. ou des cathos ! ! ! Je ne puis dire qu’une chose : ce n’est pas joli… Dans ces luttes déraisonnables, l’hypocrisie sirupeuse au goût sucré a le don, d’où qu’elle vienne, de dégoûter de l’espèce humaine.

 

La Maçonnerie anglo-saxonne a fixé des règles en dehors desquelles tout Maçon et toute Obédience sont déclarés « irréguliers » (autant dire hérétiques !). Ces règles, qui ne sont autres que des sœurs jumelles des dogmes, portent le nom de « Landmarks » qui signifie « limites » ou « bornes ». Osvald Wirth ne manquait pas de lucidité quand, en 1938, il écrivait :

« Les landmarks sont d’invention moderne et leurs partisans n’ont jamais pu se mettre d’accord pour les fixer. Cela n’empêche pas les Anglo-Saxons de proclamer sacrées ces limites essentiellement flottantes, qu’ils arrêtent au gré de leur particularisme. Chaque Grande Loge les fixe conformément à sa façon de comprendre la Maçonnerie ; la Maçonnerie est très diversement comprise, d’où des définitions contradictoires, destructrices d’unité au sein d’une institution visant à la concorde universelle.[1] »

 

Je suis totalement d’accord avec Jules Boucher :

 

« L’unité maçonnique, rêvée par quelques-uns, est un leurre ; elle ne sera jamais réalisée et elle n’est pas souhaitable. » (p. 198)

 

Nous avons l’exemple de l’Église Gallicane ancienne (époque romane) qui, avant l’avènement de Charlemagne était le reflet de chaque région. Pour ceindre la couronne impériale Charlemagne détruisit cette unité dans la diversité et imposa partout les désirs et la suprématie du Vatican qui l’avait couronné. C’est ainsi que la langue latine devint universelle en stérilisant les particularismes locaux si bien adaptés à la mentalité de chaque région. À partir de ce moment l’Église commença progressivement à perdre son âme. Et Boucher à totalement raison quand il dit :

 

« La Maçonnerie doit s’adapter aux différents pays et dans chaque pays correspondre aux aspirations différentes des Maçons. »

 

Surtout ne rien imposer sous peine de renoncer à sa propre identité qui est celle d’être FRANC avant d’être Maçon, c’est-à-dire LIBRE.

Dans l’Église cet aspect correspond aux libertés (par rapports aux dictats du Vatican) de l’Église Gallicane. Ces libertés furent officialisées en France par la Pragmatique Sanction de Bourges publiée en 1438 par le roi Charles VII. Croyez-moi, le pape n’était pas content ! Il était d’autant plus préoccupé que le roi eut l’aval de Jeanne d’Arc. Donc, ne vous interrogez pas sur les raisons de la date anormalement tardive de la canonisation de notre pucelle nationale (1920).

 

Le ciment d’union, autant dans la Maçonnerie que dans l’Église, c’est le symbolisme. Car le symbolisme n’appartient à personne. Il n’existe pas un symbolisme maçonnique ou religieux. Il est UNIVERSEL. Dans tous les cas son rôle est l’apprentissage d’un langage. Permettez-moi de citer encore Jules Boucher :

 

« C’est le symbolisme maçonnique, bien compris, qui doit seul former le ciment entre toutes les Pierres et c’est par lui que la véritable fraternité peut et doit s’établir. »

 

Si le symbolisme est "bien compris", s'il n'est pas du blablabla stérile, alors retournons à ces époques où les maçons livraient, aux ecclésiastiques de l'ancienne Eglise Gallicane, une cathédrale. Leur connivence et complémentarité étaient incontestables. À vous, cher lecteur, qui que vous soyez, de savoir s’il serait judicieux de la restaurer.

Que la force, forte de toutes forces, d’Hermès et l’Esprit Saint du Christ soient avec vous.



[1] Qui est régulier, p. 64.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 15:53

Tout ce qui tente d’approcher la réalisation spirituelle des hommes, comme l’alchimie, l’Église, et certaines obédiences maçonniques n’ayant pas évacué le Grand Architecte de l’Univers, utilise des couleurs dont le symbolisme est profondément significatif car rattaché aux lois universelles de la nature visible et invisible.

Le sens s’est souvent perdu et les couleurs furent parfois affectées un peu à la sauvette en utilisant un symbolisme plein de bonne intensions, mais qui malheureusement laisse à désirer.

Prenons un exemple de cette perte. La Maçonnerie donne la couleur blanche à ses plus hauts grades ; la rouge à ses grades intermédiaires et la bleue à ses premiers grades. Les lecteurs un tant soit peu familiarisés avec l’alchimie savent que la couleur bleue est bien à sa place pour les premier grades. Par contre il y eut une inversion entre les grades supérieurs et intermédiaires. Tous ésotériste sait que la couleur rouge est celle de l’Œuvre au rouge ou de la pierre philosophale qui correspond donc aux grades les plus élevés. Quant à l’Œuvre au blanc elle est bien intermédiaire. La place de ces couleurs est immuable et ne peuvent être changées sous peine d’induire en erreur ceux qui cherchent une cohérence dans le symbolisme des couleurs.

Quant à l’Église catholique elle fait des erreurs similaires, mais elle le sait !

Le pape est vêtu de blanc, les cardinaux de rouge, les évêques de violet et les prêtres de noir. Tout comme dans la maçonnerie, les grades inférieurs ont des couleurs correctes (le violet remplace parfois le noir) mais le blanc papal et le rouge cardinalice sont inversés ! Le pape devrait être vêtu de rouge et les cardinaux de blanc. J’ai dit précédemment que l’Église catholique n’ignorait pas cette inversion car parfois le pape porte sur les épaules un camail rouge bordé de blanc.

D’une manière globale le noir, violet ou bleu correspondent au début qui nécessite la putréfaction afin de pourvoir entamer une régénération.

Ensuite vient le vert, couleur qui dans l’athanor ceinture la matière et correspond très réellement au cordon que l’on serre à la taille. C’est bien une couleur intermédiaire puisqu’elle sépare solve de coagula. Elle désigne donc autant les futurs prélats de l’Église qui le maître maçon tendant vers la perfection.

Le vert est suivi du blanc dont la haute dimension spirituelle est représentée par le rouge.

Que certains ne se sentent pas injuriés si j’affirme que les couleurs de l’Église sont les mêmes que celles de la maçonnerie. Faut-il s’en étonner puisque l’un a puisé ses connaissances dans l’autre. Personne ne saurait me contredire si j’affirme qu’en Occident la plus ancienne société initiatique est l’Église. Soyez rassuré, je ne parle pas de l’Église actuelle qui a coupé les pont avec tout symbolisme et l’a remplacé par de froides allégories.

 

 

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 15:02

 

 

Jacques Duchossoy raconte qu’au cours d’un entretien avec le Président de l’Ordre International Soufi et de l’Institut Universel Soufi pour la France, il a obtenu confirmation que le soufisme, d’où sont issus de nombreux alchimistes arabes, n’est pas une gnose. L’exemple le plus connu est celui de Jabir ibn Hayyan qui est connu en occident sous le nom de Géber. Jamais l’alchimie arabe ne dépassa le niveau extraordinaire auquel Géber l’avait fait accéder.

Jabr ibn Hayyan signifie Jabir, fils de Hayyan. Par la suite il est appelé Al-Soufi, d’où on peut conclure qu’il était membre d’une communauté mystique pratiquant le soufisme. Contrairement à une idée répandue, le Soufisme n’est pas une gnose hérétique issue du Coran, comme se plaisent communément à l’affirmer de nombreux spécialistes, notamment le célèbre Henry Corbin. Le soufisme est indépendant de l’Islam. C’est un des aspects de la gnose qui existait déjà en Iran à l’époque du premier Zoroastre, qui le tenait d’une tradition orale préhistorique. Le soufisme fut adopté par les nombreux penseurs et poètes musulmans lors de l’invasion de la Perse et les Parsis adorateurs du feu, de la lumière et du soleil, durent se réfugier en Inde, laissant seuls deux petits villages tolérés par les musulmans, tout au moins jusqu’à la révolution iranienne.

Nous savons tous les rapports cordiaux, sur le plan ésotérique, qu’entretenaient au moment des croisades les chevaliers chrétiens avec leur homologue musulman. L’idée de la chevalerie serait née bien antérieurement dans cet Iran à qui l’occident devait faire tant d’emprunts… même sur le plan religieux.

Certaines légendes médiévales considérées comme d’origine celtique : Le cycle du roi Arthur, les chevaliers de la Table Ronde, la Quête du Graal, etc. proviendrait en réalité de prototypes iraniens. À noter même que ce patronyme, comme Parsifal (devenu Parseval ou Perceval au cours des siècles), est composé de deux mots persans anciens Parsi et Whal signifiant l’homme pur et purifié par la Lumière. Ces remarques n’enlèvent absolument rien à sa dimension cabalistique (Per = pierre et Val=laver). Voici qui n’est pas sans rapport avec le terme de Cathare (les purs) que nous retrouvons dans le midi de la France où par ailleurs existeraient divers toponymes aux consonances iraniennes, venant se juxtaposer à des suffixes courants en France comme ois et ais dont le sens et l’origine sanskrits sont déjà bien connu.

Pour en revenir à l’esprit chevaleresque des romans médiévaux, voici une anecdote ou plutôt une épreuve de Parsifal, chevalier chrétien, qui doit combattre Bérénis, un chevalier musulman…Au milieu du combat, dans un instant de repos, ils en viennent à parler de leur origine et s’aperçoivent qu’ils ont le même père, celui de Parsifal ayant eu aussi un enfant d’une arabe. Le combat cesse et ils s’embrassent fraternellement, jurant de poursuivre ensemble la quête du Graal, car dit la légende, ils ne pourront pénétrer qu’ensemble dans le château contenant le Graal. L’un est dit Chevalier Blanc et l’autre Blanc et Noir à cause de son origine. Voilà qui nous entraîne vers tout un symbolisme de l’Unité templière que d’aucun pourrait confondre avec un manichéisme mal compris et qui traduit aussi cette fraternisation des chevaliers chrétiens et musulmans dans ces maisons de la sagesse où ils échangèrent l’alchimie.

 

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