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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 10:33

Le jardin dans lequel évolue la Dame à la licorne est, comme nous venons de le voir, en rapport étroit avec la symbolique alchimique. Dans la mythologie grecque, il représente le jardin des Hespérides, avec ses pommes d'or, analogue au lieu que doit atteindre l’expédition des Argonautes à la conquête de la toison d’or, laquelle est gardée par un dragon.  Ces deux récits sont si souvent pris comme référence qu’il constitue de véritables paradigmes du Grand Œuvre.

Jason, le héro principal de l’expédition, porte un nom suffisamment expressif pour qu’il s’avère inutile de faire de longue dissertation sur sa maîtrise du langage cabalistique de la licorne qu’il faut lire corne ou cornue ou encore corps nu, matière débarrassé de ses impuretés ou terrestreïtés. Et chacun sait que la licorne est un être pur qui ne se laisse approcher que par des hommes/femme purs/pure. Sans cela elle est insaisissable car elle part au galop. Soulignons au passage que le mot grec argos qui signifie blanc, rapide, correspond exactement à la rapidité de la blanche Licorne.

Mais revenons au verbiage du capitaine Jason. Ce fait singulier est confirmé par la particularité du navire construit par Argos. En effet, il est doté d’une proue fabriquée avec un chêne sacré de la forêt de Dodone. Cette proue parlait, particularité qui ne saurait mieux illustrer le nom de langue verte de la cabale. Évidemment le mot Jason s’accorde non seulement avec le « bavardage » de la proue mais aussi avec la manière cabalistique d’interpréter cette aventure, dont l’équipage est constitué d’Hercule, des Dioscure, Orphée, Castor et Pollux, et d’autres encore. Le vaisseau n’est autre que le vaissel (verrerie) des alchimistes qui va recevoir la substance issue du chêne, laquelle va le guider durant toute l’expédition et qui n’est autre que le feu de roue ou feu de proue, issu de son chêne sacré qui la constitue. Ainsi comprenons-nous pourquoi la licorne des célèbres tapisseries se superpose à un chêne, que les Druide de notre nation gauloise n’étaient pas les seuls à respecter au plus haut point. « Au guy l’an neuf !» ou « l’eau dit lent œuf » ? En d’autres termes l’eau salée de la mer sur laquelle navigue le vaisseau qui doit avancer lentement, avec prudence, pour que puisse se fortifier progressivement l’œuf philosophal ou pierre philosophale. Tout cela, direz-vous, n’est que jeux de mots ou le contexte est injurié ? j’en conviendrais volontiers s’il n’existait une mystérieuse inséparabilité que tout fils de science doit apprendre à percevoir sans pour cela délirer et sombrer dans la spéculation aussi stérile que sans fond en finissant par dire n’importe quoi ! C’est incontestablement un exercice périlleux que les joueurs de pipeau manient stérilement jusqu’à la contrepèterie. Soyez-en sur, l’excès de jeu vous fait passer à côté de la chandelle !

Mais avant de poursuivre le réçit, Ouvrons une parenthèse pour nous informer d’avantage sur la Toison d’or.

Phryxus et sa sœur Hellé, derniers descendants de la maison royale de Iolchos, durent être immolés pour que la peste qui ravageait le pays puisse s’arrêter. Le couteau du sacrificateur allait remplir son office quand une nuée épaisse enveloppe les victimes désignées ; un bélier magnifique les transporte dans les airs, sur son dos, vers la Colchide, province de l’Asie Mineure, située à l’est du Pont-Euxin (mer Noire) et arrosée par le Phase. Effrayée du bruit des flots et paralysée par le vertige, Hellé tombe et se noie dans l’Hellespont (détroit des Dardanelles), Phryxus et son bélier continuent leur chemin. Dès qu’il eut mis le pied-à-terre, Phryxus offre en holocauste le bélier son sauveur, à Jupiter. Il sacrifie l’animal cornu, garde la toison qui était d’or et la suspend au chêne d’une forêt consacrée à mars. Un dragon vigilant dévorera tous ceux qui seraient tentés de la soustraire.

Evidemment le lecteur aura compris que le bélier désigne le signe astrologique de même nom ou durant cette période printanière l’alchimiste débute son travail avec celui de la nature dont il est, ne l’oublions pas, le singe. Quant à la précieuse toison elle désigne celle des moutons si précieuse quand il est difficile d’obtenir une quantité suffisante de chêne.

Donc, Jupiter fut tellement satisfait de ce sacrifice qu’il garantit le bonheur et l’abondance à ceux qui posséderaient la Toison d’Or. Il était cependant permis d’en essayer la conquête. Le tout était de réussir. C’est à cette obligation que Jason devait se conformer.

 

(Attention, ce texte comme tous les autres est protégé.)

 

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 15:56

Pour la majorité de nos concitoyens ce nom d’Antoine Béchamp n’est rien. S’il n’est rien c’est parce qu’il fait partie de ces chercheurs maudis qui se sont opposés à juste titre aux « pontes ».

Il naît en 1816 et il meurt en 1908, en pleine activité en qualité de professeur à la Sorbonne.

Il était pourvu de multiples titres dont les principaux sont le doctorat en pharmacie, le doctorat es science, et le doctorat en médecine. Cela le conduisit à la Faculté de médecine de Montpellier où il sera professeur de chimie médicale et pharmaceutique.

Le professeur Paul Pagès, qui exerçait à la faculté de médecine de Montpellier, à toujours considéré Béchamp « comme le plus grand biologiste de tous les temps » ; jusqu’à sa mort, en 1976, il a écrit et parlé pour soulever le mur de silence élevé sur ce nom.

Béchamp était un homme vrai. De ce fait il était donc enfermé dans un monde qui n’était pas le sien, il était (disait André Gide), « Dans un monde où chacun triche. » De ce fait « c’est l’homme vrai qui fait figure de charlatan ». Personne ne lui a pardonné d’avoir contrarié Pasteur en démontrant les faiblesses de la théorie microbienne. Tout comme d’autre, tel le chercheur d’origine yougoslave, Mirko Belganski fut discrédités pour s’être opposé au tout puissant Monod. Si tout ce qui remet en cause un dogme établi dérange et provoque la destruction de celui qui a osé… Nous n’aurons jamais une énergie à prix modique et la guérison du cancer n’est pas pour demain !

Aussi je dis naïvement et sans y croire, mais je le dis car il faut le dire : Cette attitude des chercheurs et des médias  nécessiterait une réflexion VERITABLE sur notre République.

 

L’idée qui fâche, mais maîtresse, de Béchamp la voici :

 

« Rien n’est la proie de la mort,

Tour est la proie de la vie .»

 

Sa théorie de la vie, qu’il déduisit de nombreuses et solides expériences, clairement exposées dans son ouvrage capital : « Les microzymas dans leurs rapports avec l’hétérogonie, l’histogonie, la physiologie et la pathologie » est actuellement la seule qui permette aux modernes biologistes, d’interpréter de nombreux phénomènes pathologiques inexplicables par les théories classiques tel que « lésions et troubles morbides singuliers engendrée par les bacilles tuberculeux morts, enrobés dans l’huile de vaseline », observation et interrogation posées par les deux pastoriens Saënz et Canetti en 1939 et publiées dans la « Presse médicale ».

« La théorie microbienne est la théorie du microzyme vue à l’envers », écrivait Béchamp.

La dernière page de ce livre puissant, véritable hymne à la vie, éclaire la pensée de l’auteur.

« Le rôle des microzymas est immense ; ils sont au commencement et à la fin de tout être vivant. » Et le résumé de tout est contenu dans un énoncé très simple :

« Tout être vivant est réductible au microsyma. »

A vous cher lecteurs d’aller plus loin dans la pensée du plus grand biologiste de tous les temps dont devrait s’enorgueillir la Faculté de médecine de Montpellier, la plus ancienne d’Europe.

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 13:28

Il existe, depuis le Moyen Age jusqu’au XVIIIe siècle, un nombre très important d’œuvres d’art, aussi bien des peintures  des sculptures ou des agencements de demeures (y compris les dernières demeures) qui furent réalisées par et pour des alchimistes. L’historien belge Jacques Van Lennep a pu leur consacrer, en 1966, tout un gros ouvrage abondamment illustré : Art et alchimie (Bruxelles, Éditions Meddens) ceci étant dit pour ceux qui désirent se documenter sérieusement sur la dimension artistique de l’art d’Hermès. J’ajouterais à cet ouvrage fondamental cet article intitulé L’Art alchimique et le surréel, réalisant une superbe jonction avec le surréalisme et plus particulièrement André Breton qui écrivait en 1953 :

 

« Le tout pour le surréalisme a été de convaincre qu’on avait mis la main sur la matière première – au sens alchimique – du langage. »

 

Mais la mort l’a surpris dans la recherche de cet essentiel qui ne prêté qu’à la sagesse : L’or du temps.

 

Mais nous allons voir que cet énigmatique or du temps ne nous éloigne pas des tapisseries de la Dame à la Licorne… Poursuivons donc notre exégèse un peu brouillonne de cette magnifique œuvre d’art, dont les différents tableaux décrivent en toile de fond un lieu particulier qui n’est autre qu’un jardin dans lequel on peut distinguer des fleurs, des arbres et des fruits. En latin le jardin est l’hortus qui exprime encore mieux sa dimension cabalistique en occitan par le terme plus bref de ort, qu’une seule lettre sépare de l’or, et qui désigne autant le jardin potager que celui d’agrément.

Ainsi, l’alchimiste allemand Michel Mayer déclare dans sa VIe Emblème de son Atalante Fugitive :

 

« Le froment saura t’enseigner comment l’or germe. »

 

Le travail de la terre est souvent comparé aux travaux du Grand Œuvre. Ainsi l’adepte Cambriel (XIXe siècle) appelle les alchimistes des Labourants, par analogie avec les sillons tracés par la charrue qui font ressembler le champ à la terre feuillée de leur Grand Œuvre. Aspect que l’on retrouve, à une plus petite échelle et donc plus proche de l’OEuvre, dans les jardins potagers. Ainsi se manifeste aussi une analogie avec la pâte feuilleté de la galette des rois. Nul ne doit négliger le fait trop évident et pour cela souvent négligé que les jardins sont peuplés de végétaux feuillus, feuilles qui exaltent l’analogie au point de faciliter la confusion avec la langue verte.

Puisque j’ai donné mon opinion sur la tapisserie du toucher, remarquons que la licorne « désigne » avec sa queue-de-cheval (donc cabalistiquement) un chêne. Chêne qui va permettre la fabrication de la terre feuillée. Nous trouvons ce même arbre joliment signalé par les chaînes du vêtement de la Dame sous forme de ceinture et d’un grand pendentif qui agrémente l’avant de la robe.

L’importance de cet arbre tour comme celui de l’acacian est capitale au point de représenter l’une des plus difficiles énigmes à découvrir, qui demanda à Fulcanelli plus de vingt années d’effort soutenu.

 

« L’artiste a cheminé longtemps, nous dit Fulcanelli à la page 93 de son Mystère des Cathédrales, il a erré par les voies fausses et les chemins douteux ; mais sa joie éclate enfin ! le ruisseau d’eau vive coule à ses pieds ; il sourd, en bouillonnant, du vieux chêne creux. »

 

C’est ce même désir d’aiguiller le chercheur ver une voie sure qui fit dire brièvement à Nicolas Flamel dans son livre des figures hiéroglyphiques : « note ce chêne ».

Et Eugène Canseliet précise la raison de l’insistance sur le jardin :


« Tout au commencement de l’ouvrage hermétique, ainsi retrouvons-nous, avec l’élection judicieuse de la matière initiale, l’idée de son traitement laborieux, analogiquement envisagé dans son étroit rapport avec la culture du sol. » (p. 88 in Deux logis alchimiques. 1979)

 

Mais le choix du jardin dans l’iconographie alchimique repose sur deux importantes analogies : Celle de l’importance du printemps et celle de la couleur verte. (voir mon article sur la couleur verte). La renaissance de la nature chaque année au printemps marque pour l’alchimiste le début de son travail qui doit se superposer aux cycles naturels. C’est pour cela que les alchimistes sont appelés singes de nature.

Je voudrais souligner ici la particularité de la chlorophylle qui permet une biosynthèse organique grâce à l’action des quanta lumineux permettant la transformation de l’énergie lumineuse en énergie chimique. En d’autres termes, la photosynthèse nous introduit dans le monde quantique dont on sait combien il est différent de celui que nous vivons chaque jour. Il se pourrait donc que l’alchimie lorsqu’elle ouvre les portes de son jardin nous projette dans un monde qu’il nous est difficile de concevoir. Nous n’en sommes pas là et restons-en au monde tout de même fabuleux de la Dame à la Licorne. La licorne… animal échappé d’un étrange jardin dont nous ignorons tout.

 

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 18:34

La licorne est un animal mythique. C’est est un cheval blanc, pourvu d’une barbichette et portant sur le front une corne rectiligne élancée et torsadée qui est, vous vous en doutez, est une aberration sur le plan anatomique, laquelle souligne par sa seule existence, la dimension symbolique de cette chimère des siècles passés. Elle fut longtemps à l’honneur et considérée comme un animal réel. D’où sa présence dans le timbre des armes d’Écosse, puis dans celui de l’Angleterre, où elle fait face au lion.

Sa représentation la plus connue est celle qui illustre la série des six tapisseries dites de « la dame à la licorne » qui furent réalisées au tout début du XVIe siècle (à l’époque – 1515 – de la bataille de Marignan) et que les amateurs d’art peuvent admirer à Paris, au musée de Cluny. Ce véritable monument initiatique illustre les cinq sens, plus un « sixième » qui porte la mystérieuse devise : « À mon seul désir ». Ce panneau terminal semble représenter le couronnement de l’œuvre ou se trouve représenté une tente d’apparat.

Dans ces tapisseries figurent toujours deux personnages principaux : La dame et la licorne.

Les cinq sens seraient représentés par chacune des cinq tapisseries. Ainsi le toucher l’est par la dame tenant la corne de la licorne d’une main et de l’autre la hampe d’un étendard. L’ouïe nous montre la dame jouant de l’orgue. La vue est la licorne se contemplant dans un miroir tenu par la dame. L’odorat est symbolisé par un singe qui respire le parfum d’une fleur pendant que la dame fabrique une couronne fleurie. Le goût montre la dame qui prend une dragée que lui tend sa servante.

Dans un sens, la dame à la licorne pourrait être une évocation de la Vierge Mère, au sens cosmique du terme, se superposant à la dame des pensées des Troubadours mais aussi à la dame alchimie. En effet, nous la voyons dans la tapisserie du toucher, tenir d’une main la corne par où descend la force ou l’énergie divine et de l’autre la hampe d’un étendard couvert de croissants de lune figurant le monde lunaire empire du démiurge. L’importance de cette tapisserie est mise en évidence par le singe suspendu au-dessus de la corne, ce qui désigne l’expression cabalistique qui la met en évidence car le mot singe est l’anagramme de signe et de cygne, dont la blancheur comme celle de la licorne, nous informe de deux choses essentielles et inséparables : qu’il est question ici de la voie humide, laquelle ne livrera ses secrets que si nous savons interpréter les signes, qui peuvent être cabalistiques. Donc l’image doit pleinement satisfaire notre sens de l’esthétique en même temps que de celui de notre désir de connaissance… « À mon seul désir. »

Il est un fait indéniable qui signe le véritable alchimiste, c’est celui de singer l’œuvre de création, ce que confirme Fulcanelli en remarquable passage de la page 255 du premier tome des demeures philosophales :

 

« C’est que l’alchimiste, dans son patient travail, doit être scrupuleux imitateur de la nature, le singe de la création, suivant l’expression génine de plusieurs maîtres. Guidé par l’analogie, il réalise en petit, avec ses faibles moyens et dans un domaine restreint, ce que Dieu fit en grand dans l’univers cosmique. Ici, l’immense : là le minuscule. »

 

Que nous dit la Dame, en tenant la corne de la Licorne si ce n’est de tenir la cornue ? Cette cornue dont on ne saurait mieux spécifier qu’elle doit être à long bec. Quant à la hampe semée de croissant lunaire elle précise que l’artiste doit œuvre sous la lampe lunaire ou sous les rayons de l’astre des nuits. Il s’agit d’un étendard qui s’appelait en vieux français le dragon. D’où l’expression « faire voler le dragon » pour se mettre en campagne et aussi pour œuvrer avec la cornue. Il s’agit donc ici de mettre le dragon dans le bec de la cornue, et nul n’ignore que le dragon n’est autre que le soufre… qui doit voler. Peut-on être plus précis en suivant le sillage du cygne ? Ne me remerciez pas, il faut de temps à autre sortir de ces relations enrichissantes de l’analyse symbolique pour aborder le vif du sujet sur lequel TOUS LES SYMBOLES REPOSENT. Lisez les textes ou les artistes chantent la grâce et la beauté de la Dame à la Licorne… vous ne serez pas plus avancé, si vous souhaitez vous évader des mots, sauf si le hasard vous offre un texte de Jacques Van Lennep.

 

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 17:33

Quand j’étais enfant mon opulente voisine, épicière de son état, criait par la fenêtre le nom de sa fille Michèle, qu’elle appelait du diminutif Micheline, laquelle, aussi dissipée que nous, s’égarait souvent dans quelques ruelles du vieux Narbonne. Chaque jour, cette rivale de la Castafiore hurlait Micheliiiiiiiiiiine ! avec des trémollos à vous chavirer le coeur en vous écorchant les oreilles comme ces peilharots, qui parcourraient les rues pour récupérer de vieux chiffons (peiha en occitan) et les peaux de lapin. « Peilharot a pèl dé lapin[1] ! » criaient-t-ils pour gagner leur maigre pitance. Notre maman affirmait qu’ils prenaient aussi les enfants pas sages ! Non dupes de ces menaces nous lui faisions plaisir en feignant la terreur.

Tous ces faits s’associaient dans ma tête toute neuve d’enfant pour devenir une certaine mère Michèle qui a perdu son chat dont le peiharot achetait la peau à un certain père Lustucru !

Et avec mon frère nous nous mettions à « chanter » à tue-tête après la prestation tonitruante de notre « diva » épicière :

 

C’est la mère Michel qui a perdu son tcha ! tcha ! tcha !

Qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra, ha ! ha ! ha !

C’est le père Lustucru, hu ! hu ! hu !

Qui lui a répondu, hu ! hu ! hu !

Votre chat n’est pas perdu, hu ! hu ! hu !

 

Oui, un chat ne se perd pas comme ça. Le comte de Buffon lui-même, intendant du jardin du roi, reconnaît malgré son aversion pour le félidé, sa capacité extraordinaire de retrouver son grenier même s’il en est éloigné de quelques kilomètres :

 

« Lorsqu’on les transporte à des distances assez considérables, comme à une lieue ou deux, ils reviennent eux-mêmes à leur grenier. »[2]

 

Quelque page plus tard, le bon administrateur des jardins du roi, fit une remarque qu’il est indispensable que chacun garde à l’esprit, c’est celle de la curieuse électrification de leur pelage :

 

« Comme ils sont propres, & que leur robe est toujours sèche & lustrée, leur poil s’électrise aisément, & l’on peut voir sortir des étincelles dans l’obscurité lorsqu’on le frotte avec la main » (idem supra p. 380.)

 

Combien serait-il instructif de retenir que la caresse du soufre qui offre le même jaillissement d’étincelles nocturnes. Ces deux phénomènes si proches devraient donner une idée de ce feu secret des alchimistes, de ce feu, où de cette eau ardente, qui est l’étincelle vitale communiqué par le créateur à la matière inerte… ça y est vous venez de comprendre pourquoi les Égyptien avaient divinisé le chat, et pour quelle raison la mort seule pouvait punir ce péché impardonnable contre l’Esprit qui consistait à tuer un félin domestique. Comprenez-vous pourquoi le chat fut, dès le plus haute antiquité, considéré comme un des grands symboles lunaire. L’Egypte ancienne, avec la déesse spécifiquement lunaire : Pasht glorifiait le félin en lui donnant une tête de chat. On disait qu’elle veillait la nuit sur le soleil endormi pour le protéger contre le serpent des ténèbres, son éternel ennemi, qu’elle maintenait sous sa patte, préfigurant ainsi la Vierge qui écrase la tête du serpent sous son talon.

Le chat avait été choisi pour symboliser l’astre des nuits, parce qu’il voit dans l’obscurité et parce que son œil, se modifiant suivant la lumière du soleil, rappelle les phases de la lune. Cette lune dont l’action est si puissante sur tous les phénomènes vitaux de notre globe.  Et le chat était réputé les sentir courir dans les organismes vivants et aussi se retirer quand la mort venait. Et Oscar est là pour illustrer ce phénomène étrange. Ce chat est né en 2005. Il vit dans une unité hospitalière de Rhode Island, aux États-Unis. Selon les infirmiers et médecins de l'hôpital, il aurait la particularité d'aller près des patients sur le point de mourir et de se blottir à leur côté pendant leurs derniers instants. Cela a fait l'objet d'un témoignage informel dans le New England Journal of Medicine et aux grandes chaînes de télévisions françaises.

À la fin juillet 2007, Oscar a « accompagné » la mort de plus de 25 résidents du Steere House Nursing and Réhabilitation Center.

Le lien de cet animal avec les phénomènes vitaux et les courants magnétiques et électriques, qui lui font retrouver sa route et détecter les variations de vitalité, sont des plus expressives quant à la position particulière du chat dans le monde animal et dans l’univers des hommes en qualité de « médium » traduisant des activités qui se déroulent hors de notre domaine de perception...

 



[1] Lapin en occitan se prononce avec le pin final comme dans le mot anglais pin.

[2] Buffon, Œuvre complète, a Paris, de l’Imprimerie Royale, MDCCLXXV, t. XIV, p. 380.

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 13:59

Je me suis rendu sur la toile après avoir tapé sur mon moteur de recherche le mot aura. J’ai vu alors apparaître (c’est le mot qui convient ici) le site d’une médium-astrologue, et voyante héréditaire de surcroît. Du haut de cet impressionnant palmarès, cadeau de Dame nature, elle s’estimait parapsychologue confirmée. Avec l’autorité que confère la connaissance des astres et les visions dignes de Superman, elle expliqua doctement les secrets de l’aura qui ressemblaient à s’y méprendre aux révélations sensationnelles d’un certain Lobsang Rampa, citoyen britannique et plombier de son état, dont les épinards furent abondamment beurrés au sortir de cette crise profonde de mai 68 qui cherchait à Katmandou non seulement à reconstruire le monde mais aussi à le voir autrement.

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer la haute teneur du secret de l’aura selon un Chanel de l’au-delà :

 

« On appelle Aura une sorte d’atmosphère fluidique, provenant de la condensation des forces fluidiques que tout homme (femme) possède.

L’aura est une sorte de lumière floue qui rayonne autour de votre corps. L’aura est connectée avec des fluides cosmiques, et vous pouvez le renforcer à l’aide de certaines pratiques de méditations.

L’aura est très aisément perceptible par la voyance naturelle. Les voyants aperçoivent les auras teinté de couleurs diverses. Par expérience on classe ainsi le rapport de ces couleurs avec les différents caractères de la personne :

Noir

(net) Tolérance, détachement.

(chocolaté) Intolérance.

Marron

(choclat) jalousie, frustration, insatisfait.

(foncé) Égoïsme.

(clair) bonté, paix et amitié…

Et ainsi de suite avec le gris, le bleue, le jaune et le violet…

 

Vous voulez mon opinion ? Je vais être net et aussi direct que la politesse me l’autorise : C’est de la FOUTAISE ! ! !

Vous pourriez me rétorquer que si je ne croit pas à l’aura, il n’était pas nécessaire d’écrire un article.

Vous avez totalement raison, si je ne croyais pas à l’existence de l’aura, il serait stupide d’écrire un article. Mais, cher lecteur, je suis sûr que l’aura existe pour l’avoir expérimenté !

Ce qui me révolte en premier chef est ce passage pour le moins surprenant qui laisse supposer que notre voyante extralucide est gratifiée d’une perception visuelle telle qu’elle peut percevoir la connexion de l’aura avec de mystérieux fluides cosmiques :

 

« L’aura est connectée avec des fluides cosmiques, et vous pouvez le renforcer à l’aide de certaines pratiques de méditations. »

 

Mais le plus grave et trompeur ne réside pas en cette vision panoramique des mystérieux fluides cosmiques baladeurs, grand dieu non !

C’est cette affirmation que certaines pratiques de méditation (dont le secret est jalousement gardé) permettent de renforcer la connexion de l’aura aux fluides cosmiques. Notre parapsychologue laisse donc supposer que la vision des auras est directement proportionnelle à l’élévation spirituelle du voyant. De ce fait, n’en doutez surtout pas, les voyants héréditaires sont pourvus dès leur venu au monde d’une dimension spirituelle que nul ne saurait contester et peuvent dès lors s’imposer en qualité de donneur de leçon. En ce lieu un gourou pointe son nez !

Non, les pouvoirs dits paranormaux ne sont pas synonymes d’élévation spirituelle, sauf dans certains cas précis comme « l’invisibilité psychologique » qui nécessite l’effacement de l’ego.

Le coefficient de visibilité de l’œil s’étale des longueurs d’onde allant du rouge au violet. Or, la vision des auras n’est pas dans le spectre du visible. Si la rétine capte, elle ne saurait traduire une couleur comme dans la vision habituelle. En réalité ce qui est capté n’a pas de couleur mais une fréquence vibratoire invisible. C’est le cerveau qui colore les différentes vibrations perçues. Il le fait en fonction de la structure bioénergétique de chacun. En clair ce que je verrais en vert Marius le verra bleu et Olive en noir ! Chacun doit effectuer sa propre reconnaissance des couleurs. En cela je suis en plein accord avec les Tibétains dont l’un d’eux me l’a enseigné durant les années 80. De grâce n’allez pas vous imaginer des choses à mon propos. Je ne suis au-dessus de la tête de personne ! Alors, quand vous lirez une nomenclature des couleurs de l’aura bonne pour tout le monde, partez en claquant la porte car vous pouvez être sûr que c’est une fumisterie.

Je ne saurais trop inciter ceux qui me font l’honneur de lire ma prose tantôt bonne, tantôt mauvaise d’être prudent en ce domaine marginal de l’occultisme où l’on rencontre beaucoup plus qu’ailleurs des ego surdimensionnés qui guettent la moindre occasion pour imposer leurs théories trop souvent distantes de plusieurs années lumières de la vérité.

 

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 15:36

Plus personne n’ignore le sort qui fut réservé à la regrettée association Atlantis avec la perte de son esprit préparé de longue date par les exécuteurs des hautes œuvres dont la noirceur pestilentielle n’est pas la même que celle symbolisée par nos antiques Vierges Noires.

Mais ne soyons pas pessimistes, car une loi inéluctable donne à toutes choses une naissance, un age adulte, une maturité, puis une vieillesse et une fin. L’esprit peut participer à l’un de ces cycles pour en sortir renforcé lorsque la mort de son « support » survient. C’est le cas pour l’ancienne Atlantis, car cet esprit incarné par les différents auteurs des articles animant la revue reste à la disposition de ceux qui veulent puiser à cette connaissance qu’elle su faire partager grâce à l’action de son ancien président et rédacteur en chef Jacques d’Arès, auquel nous rendons ici un hommage largement mérité.

Soyons lucide, l’esprit de l’association devait « migrer » en d’autres lieux au moment où s’élèvent des critiques tendancieuses de plus en plus appuyées cherchant à salir le fondateur Paul Lecour. En notre époque où l’on tire des nonagénaires de leurs fauteuils et bientôt des grabataires de leur couche pour les juger et si possible les faire mourir en prison, l’on se demande parfois si nous ne sommes pas à cette époque du moyen Age où l’on déterrait les morts pour les condamner et les brûler ensuite sur le bûcher !

 

Dans le numéro 266 d’Atlantis, Jacques d’Arès  raconte que certains de ses auditeurs assidue à ses conférences parisiennes lui disaient :

« Vous nous apportez des éléments nouveaux, souvent passionnants, qui nous permettent de mieux saisir l’Unité des religions, grâce aux symboles, véritables liens entre les diverses traditions, et vous donnez ainsi plus de force, plus d’assises logiques au christianisme qui nous est cher. Mais pourquoi l’Église ne nous enseigne-t-elle pas cela, et que pense pense-t-elle du symbolisme ? »

 

Il est vrai que l’évolution historique depuis l’application des décisions du concile Vatican II, a pris une orientation de rejet vis-à-vis des symboles. Bien avant le concile Vatican II, le magnifique symbolisme qui permettait l’instruction et l’édification des fidèles était négligé et méconnu. L’esprit moderniste post conciliaire n’a fait qu’achever la besogne en le faisant disparaître par un changement de la liturgie. L’incompréhension du symbolisme religieux aboutit donc à sa suppression qui provoqua une transformation profonde de la spiritualité qui devint une idéologie religieuse.

 

Un jour, je visitais le prieuré de notre Dame de Marceille et sa vierge noire du XI-XIIe siècle, qui m’a toujours fascinée par son visage oriental. En sortant nous rencontrons le prêtre qui venait de fermer son magasin de ventes de cartes postales et d’objets pieux. Il nous parla de la Vierge noire et de la source miraculeuse avec un tel rictus de mépris qu’il nous coupa le souffle. Je comprends maintenant pourquoi elle fut volée à la fin de l’année dernière. Inutile d’en dire plus. Si ! j’ajouterais que l’antique Vierge noire n’a plus sa place dans ce sanctuaire alors qu’elle fût protégée mystérieusement de la tourmente révolutionnaire (Voir mon livre « La carte des trésors, Rennes le Château » ) et une seconde fois au début des années 1970.

Pourtant, des prêtres se passionnaient pour le symbolisme. Ainsi l’abbé E. Bertaud étudiait en 1947 dans son ouvrage intitulé Études du symbolisme dans le culte de la Vierge (Société des journaux et publications du Centre) :

« L’étoile à huit branches est riche de sens multiple, d'où sa haute valeur initiatique et symbolique. Retenons simplement qu'elle est d'abord l'image de hiératique de la « Rose des vents », symboles de l'Esprit, ce souffle de Dieu, dont « nul ne sait d'où il vient, ni où il va et qui souffle où il veut ». C'est le «RuaCH », l'esprit qu'il faut qu'est sur les « Eaux primordiales », les « Eaux ténébreuses » -- que symbolise en premier lieu les « vierges noires », depuis l’Isis égyptienne jusqu'à la vierge druidique de Chartres : Virgini pariturae -- et qui par leur union à l'Esprit, le souffle de Dieu – cujus Spiritus super aquas inter ipsa mundi primordia ferebatur -- furent le Principe originel et matriciel de tous les êtres créés et spécialement des êtres vivants, dont la première manifestation s'est faite au sein des eaux. »

 

Il est incontestable que si les Églises veulent réellement aboutir à une intercommunion puis à un oecuménisme non théorique, l’un des moyens d’y parvenir est la remise en valeur de l’enseignement du symbolisme chrétien, qui n’est autre que le symbolisme tout court, car il s’agit d’un langage fédérateur autant des Églises que des centres initiatiques, puisque ce langage est très réellement universel et éternel.

Dans l’ouvrage de Jacques Duchaussoy Le bestiaire divin ou la symbolique des animaux (éditions Courrier du Livre, Paris 1972) on peut lire à la page 95 :

 

«  Dans la Grèce archaïque, l'idée du serpent de feu instructeur semble avoir précédé celle de rédempteur qui apparaîtra avec Apollon. Une des plus vieilles idoles représentant Demeter à Phigalie en Arcadie, et dont l'original était en bois, montre cette déesse avec un corps de femme et une tête de cheval entouré de serpents. Cette alliance des deux animaux indique qu'il s'agit de serpent de feu et non de serpent d'eau. C'est antique Demeter, que l'on appelait aussi Demeter la Noire, représentait donc la vierge Mère, soit une abstraction plus élevée que l'idée de Terre Mère qui s'attachera plus tard à cette déesse dont les symboles deviendront l’Épi et le Pavot.

Cette antique statue cachée dans une caverne d'Arcadie… tient dans sa main un petit dauphin, préfiguration d’Apollon Delphien, le Dieu rédempteur.

Pour nous confirmer que les serpents sortant de la tête de Demeter sont bien des instructeurs de l'humanité, la mythologie raconte que cette déesse initia à ses mystères un certain Triptolème, qu'elle envoya ensuite parcourir le monde pour répandre ses dons. Il fit ce voyage dans un char ailé attelé de serpent et fonda Éleusis à son retour.

Tous les symboles, par simple transposition d'équivalence, nous montrent une identité parfaite avec le mythe d’Isis la Vierge noire. »

 

Outre les serpents instructeurs dont nous avons vu l’importance dans l’article de l’âne et du serpent, il est un curieux détail qui ne peut échapper aux cabalistes.

En effet, cette antique Demeter est affublée d’une tête de cheval ! On est donc obligé de rapprocher ce fait curieux du latin caballus, cheval, qui a donné Cabale

La Vierge noire, outre sa couleur se confondant avec l’Œuvre au Noir des alchimistes, représenterait la cabale qui en réalité permet « d’entendre » les serpents instructeurs. En effet, tout se passe dans la tête qui doit apprendre la science des lettres, des nombres, des analogies phonétiques et étymologiques notamment des langues mères que sont le grec et le latin, sans négliger le français ! Tout cela, le lecteur l’aura compris s’il lit mes articles régulièrement, a pour but de transformer notre manière habituelle de penser pour comprendre aussi bien le symbolisme des religions que celui des sociétés initiatique et de l’alchimie.

La Vierge noire en son mystère est porteuse de la lumière du Verbe. Elle nous conseille donc de pratiquer la cabale pour comprendre l’Univers et les hommes.

 

 

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 08:46

Avant toutes choses, ne nous méprenons pas sur l’art et la manière d’interpréter un symbole. Fut-il dessiné, peint, sculpté ou encore raconté sous forme de parabole, il ouvre des portes secrètes contre lesquelles viendra toujours se briser toute rhétorique spéculative et, finalement, tous les plus savants des discours. N’oublions pas que la simplicité est sœur jumelle de l’humilité qui ouvre la porte du royaume, ce qui fit écrire à l’alchimiste Fulcanelli ces deux lignes, oh combien significatives et que tout amateur d’ésotérisme devrait inscrire en lettres d’or au fronton de son temple :

 

« L’arcane est introuvable par la seule force de la raison, quelque subtile et exercée qu’elle puisse être. » (Le mystère des cathédrales p 18, Paris 1964).

 

Il est vrai que le serpent est un symbole aussi riche que complexe. Mais il est tellement important qu’on peut le qualifier d’universel. Certes, ses fortunes furent diverses : Adorer des uns, méprisé par les autres, il s’en va de par les voies souvent tortueuses de l’histoire du monde et des civilisations, porteur des plus terribles secrets, éternels et immuables. Tel est le sens du serpent que se mord la queue ou Ouroboros, dont la viscosité, et la morsure sanguinolente et mortelle est des plus révélatrices quant à la nature de l’adjuvant salin utilisé par l’alchimiste pour mener à bien son Grand Œuvre minéral.

Nous allons étudier le serpent par l’une de ses multiples facettes et ceci grâce à une légende grecque, dont le principal mérite est de nous entraîner aux sources d’un extraordinaire savoir. Ce conte que nous devons au poète grec du IIe siècle, Nicandre de Colophon relate, en termes qui auraient enchanté notre bon Lafontaine, le pacte secret qui lia l’Ane et le Serpent.

Ce furent les dieux, qui confièrent à l’ongulé périssodactyle une lourde mission : Il ne s’agissait pas moins, en effet, que de porter aux hommes l’éternelle jeunesse. Mais la route était longue et les points d’eau fort peu nombreux ; aussi la soif commença-t-elle à tenailler maître Aliboron qui s’arrêta près d’une source que gardait farouchement un serpent. Ce dernier ne lui permit de se désaltérer qu’en échange du précieux chargement et l’âne accepta, dit-on de livrer ainsi au reptile le secret de la jeunesse éternelle, laissant irrémédiablement aux hommes le poids de l’âge et l’inévitable vieillissement.

L’originalité de ce conte réside surtout dans la mise en scène de l’âne, qui en qualité de symbole général, porte une précieuse charge analogue à la matière qui porte l’or, dans le Grand Œuvre alchimique, ainsi naquit l’âne-chrisophore ou porteur de l’or. C’est donc le même animal qui deviendra, le jour de l’entrée triomphante du Christ à Jérusalem, l’âne-christophore, porteur du Christ. Et la différence entre christophore et christophore s’efface aux yeux des cabalistes. Dans le grand livre du sanctoral de l‘Église Romaine, que d’aucun appelle catholique sans que soit établie une réelle légitimité à s’approprier ce titre, les saints racontent une histoire extraordinaire dont les racines plongent parfois bien au-delà de la chrétienté dans l’origine du temps et de la vie, Saint-Christophe est le digne représentant de ces saint éponymes porteur d’un précieux message fondamental pour les hommes. Mais c’était sans compter sur l’ignorance d’un clergé romain décadent de plus en plus assujettit aux forces occultes polluantes et destructrices de notre siècle. Ainsi, les sommités mitrées, rayère incontinent du calendrier, en 1970, le bon géant NON INTELLECTUEL porteur du Christ, sous le prétexte fallacieux que le passeur débonnaire n’a jamais existé si ce n’est dans l’imagination débridée, pour ne pas dire délirante, d’un Jacques de Voragine en sa légende dorée, dont ce seul titre ouvre pourtant au moindre néophyte dans l’art cabalistique d’extraordinaires perspectifs. Curieuse mentalité se voulant rationnelle et s’inclinant cérémonieusement jusqu’à terre devant la moindre expression scientifique, mais en réalité désireuse de se protéger de la peur insidieuse des critiques rationalistes et celle beaucoup plus offensante du ridicule qui pourtant ne tue pas !

Offerus, qui devint Christophe était un géant à l’esprit très épais, qui, sur les conseils d’un ermite s’installa près d’un torrent tumultueux pour le faire passer sans risque aux voyageurs. Une nuit, le bon géant mit sur ses épaules un enfant dont le poids devint tel, au cours de la traversée, qu’il eut toutes les peines du monde à progresser. Il leva la tête vers lui et lui dit : « Enfant, pourquoi te fais-tu si lourd ? Il me semble que je porte le monde. » L’enfant répondit : « Non seulement tu portes le monde, mais celui qui a fait le monde. Je suis le Christ, ton Dieu et ton maître. »

D’où le nom de porteur du Christ ou Christophe donné au saint patron des voyageurs.

Par ailleurs, remarquons cette puissante analogie avec l’âne qui portait le Christ en son entrée glorieuse à Jérusalem, –inaugurant ce qui deviendra plus tard la fête des rameaux,– est tout comme Saint- Christophe, le porteur du Christ et donc également Christophore. Curieuse analogie pour le moins troublante et significative avec notre conte grec, car le Christ porté par l’âne n’est-il pas « l’or de l’homme », qui vint démontrer la véracité de la résurrection de la chair et incontestablement de l’immortalité ?

Que les « fils de science » à la recherche du fil d’Ariane ne négligent pas la parenté phonétique qui lie Khloros, le vert (voir mon article sur la couleur verte) ou le verbe, à Khritos, le Christ et Khrusos l’or. Seule l’alchimie authentifie cette relation en fournissant les preuves absolues de cette réalité. Ainsi, trouvons-nous réuni les mêmes éléments symboliques qui sont : l’immortalité, l’humble porteur ou passeur et l’eau.

L’âne est également associé, dans l’histoire Sainte, à la rédemption humaine, tout comme dans la légende grecque que je viens d’examiner. Quelle fut, sur le plan cosmique, la cause de ce « pacte » singulier ? Il est incontestable que le péché originel est au centre de ce problème pour le moins épineux, mais cela est une autre histoire que j’aborderais au moment opportun.

Cependant retenons qu’à dater de ce jour l’Ouroboros prit tous son sens, puisque le serpent ou le dragon qui se mort la queue est l’un des symboles les plus parfait de l’éternité, dont il incombe à chacun de découvrir pourquoi le début rejoint le commencement au lieu de se déployer en spirale.

Le reptile ailé me paraît particulièrement adapté à traduire visuellement, de pair avec le Pa Koua des anciens Chinois, l’immense vibration ondoyante qui règle la vie, laquelle ne peut se développer que grâce aux embrassements continuels des deux dragons, l’un ailé, et l’autre non, dans le bouleversement du microcosme alchimique. Nous ne devons pas perdre de vue que dans le conte grec qui nous intéresse, c’est la vie éternelle qui passa en possession du serpent, lequel devint sur terre le gardien et dispensateur de ce bien inestimable.

Oui, nous avons bien dans la Bible le récit d’un serpent mal intentionné qui fit perdre la vie éternelle à nos premiers parents. Évidemment ce serpent-là n’est point porteur des mêmes intentions, et ne répond nullement aux mêmes exigences cosmiques, mais ceci explique que « l’adversaire » la « traverse » qui s’incorpore lui aussi aux animaux nous fasse obstacle. Il n’est autre que le symbole inversé, et donc de polarité négative de son homologue porteur de vie dont je raconte l’histoire.

Nul n’ignore que l’Ouroboros est aussi représenté par deux serpents ou dragons, l’un ailé l’autre pas, qui se mordent mutuellement la queue.

Sur le plan terrestre le serpent privé d’ailes représente sans ambiguïté possible la vibration tellurique, celle si bien perçues par les chats et que la mode actuelle déguise en Fhin Shui, terme snob de « branché » qui déchaîne la soif de rentabilité des éditeurs-boutiquiers mais éloigne de la réalité (si je puis dire) fondamentale. N’en doutez pas le terme bien français de « veines du dragon » est très réellement le sien dans son expression bien particulière de « sang bleue » qui se dirige vers le cœur de la terre pour être régénéré.

En résumé les deux monstres mythiques sont de la même nature et ne se distinguent que par la volatilité pour celui qui est ailé et la fixité pour celui qui est aptère. Ce qui en alchimie se traduit par la conjonction des deux devenues manifeste grâce au support métallique et métalloïde de leur matérialisation constituant le légendaire REBIS (voir cet article).

Les forces terrestres occultes étaient appelées par nos anciens Archée de Nature, véritable « gardienne » des secrets qui se cachent dans les entrailles de la terre, laquelle mûrit en son sein les métaux en un mouvement particulier que traduit la Table d’Émeraude :

« Il monte de la terre vers le ciel, et redescend aussitôt sur la terre et il recueille la force des choses supérieures et inférieures. »

Les lentes sublimations de l’Esprits au sein de la terre offrent, par leur mouvement saisonnier ininterrompu, LE SCHÈME D’UN SERPENT QUI AVALE SA QUEUE.

Évidemment le lecteur attentif aura compris le lien puissant qui se manifeste en permanence entre l’Arcadie si souvent signalé à propos du village de La Serpent non-loin de Rennes le Château, et l’Arché de nature, qui évoque irrésistiblement le « pays » d’Arques. En ce lieu pulse plus particulièrement cette Arché « gardienne des secrets » qui se cachent dans la terre. N’en doutez pas, l’or de Renne est lié à la temporalité, C’est celle qu’Aliboron transportait qui n’est autre que cet or du temps qui fascinait le surréaliste André Breton.

 

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 11:22

A mon ami jean-Pierre...

Introduction en sourdine avec le pleur des violons…

 

Je suis déçu par certain de mes lecteurs (larmes) dont il est facile de déterminer l’origine. En effet, dans les sept derniers jour l’article N°2 sur la planche à tracer a été visité par 100 lecteurs et le N°1 par 24 seulement (torrent de larmes).

 

Interprétation musicale inédite :

 

Premier et dernier acte en rap super agressif sur un air triomphant de gambettes en délire.

 

-        Frère Antoine il y a un article sur un blog à propos de la planche. La deuxième partie seulement est intéressante.

-        Oui, je l’ai lu. Attention, Robert le 33é et notre Vénérable sont catégoriques, l’auteur ne sait pas de quoi il parle. D’ailleurs, c’est normal, il dit lui-même qu’il n’est pas des nôtres. Mais de quoi je me mêle !

-        Il y a pourtant des articles intéressants.

-        Foutaise ! il raconte n’importe quoi sur l’alchimie. Tu te rends compte, il veut faire la leçon à nos grands initiés du 33e ! Tiens, voilà Louis ! Alors Louis, quoi de nouveau ?

-        j’ai trouvé un blog sur lequel on parles de la planche. Avec tous les copains on a pompé la deuxième partie pour faire notre planche. Il y a plein de choses à récupérer.

-        Tu t’es quand même aperçu que ce blog n’est pas sérieux.

-        …Oui… Évidemment… Maître…

 

Fin du premier et dernier acte sur un zoom aguichant de culottes à dentelles parfumées.

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 14:44

L’aspect populaire de la religion fit lancer à Voltaire cette boutade :

« Si Dieu a fait l’homme à son image, les hommes le lui ont bien rendu. »

Ce trait d’esprit est inexact quand on analyse la dimension ésotérique de la divinité qui revêt un caractère universel.

L’ésotérisme aurait précédé de très loin notre période historique. Les recherches archéologiques conduisent à mettre en évidence que partout, dès l’origine de l’humanité, les hommes connurent un Dieu unique.

Cet UN, ou, comme je l’appelle dans Holoscopie de la spiritualité occidentale, cet absolu, est une abstraction difficile à concevoir clairement par nos esprits du XXIe siècle naissant. Il était impossible à faire adorer par les premiers hommes. Il fut donc partout nécessaire de le représenter à la vénération des fidèles sous son aspect de créateur le plus proche de nous.

Les symboles les plus abstraits relèvent de la géométrie et des nombres. Leur connaissance est le secret des savants et des sages. Il est donc impossible de représenter Dieu par un cercle ou un point pour le porter à la vénération des foules qui ne comprendraient pas de quoi il s’agit.

D’autres symboles furent alors utilisés et popularisés et sont parvenus jusqu’à nous, mélangés à notre vie courante sans perdre leurs valeurs, malgré les plus curieuses interprétations qui purent en être faites. Je veux parler de certains animaux.

Tout le monde connaît le rôle important joué dans les religions antiques ou modernes par certains animaux particuliers.

Nous y voyons parfois l’animal être l’objet d’une vénération  indiquant qu’il est la représentation d’une qualité divine.

Dans les cultes les animaux les plus importants sont, en général, ceux dont les noms furent fixés dans le zodiaque. Dont la « compagnie » est complétée par des constellations comme « l’oiseau du Paradis », « l’aigle », « la girafe », « Le chien de chasse », « Le grand chien », « Le petit chien », « La baleine », « Le caméléon », « La colombe », « Le corbeau » … Plus une vingtaine d’autres.

Le ciel ainsi peuplé d’un véritable zoo a un sens précis.

En effet, nous partageons avec eux la vie, ils sont nos fidèles compagnons dont le plus connu, le chien est représenté trois fois ! Nos frères inférieurs garderaient-ils un mystère depuis des millénaires ? Leur présence dans les cieux le confirme. De quel mystère s’agit-il ? Sans vouloir donner une réponse en « Monsieur je sais tout », il en est une que chacun de nous peut concevoir. Chacun des animaux est une émergence de l’absolu et leurs présences placés dans les cieux par nos ancêtres est un signe de notre devoir de les protéger. Aussi les Égyptiens punissaient de mort un individu qui tuait un chat. De quel mystère cet animal était-il porteur pour être divinisé ?

Pour cela nous devons étudier ses particularités comme son « flair » légendaire et la curieuse électrisation de son pelage. L’alchimiste Fulcanelli en fait état, et son élève Eugène Canseliet dit l’avoir surpris un jour en train de parler avec un félin domestique. Peut-être que les constellations sont là pour nous montrer que nous ne savons pas leur parler car nous avons perdu une certaine parole ! Cette parole perdue doit être retrouvée pour redonner la vie à notre ménagerie céleste et faire de nous les maîtres de la création dans le respect de ceux qui nous accompagnent dans les cieux.

 

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