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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 18:55

 

Q : Lorsque nous évoquons l’alchimie aujourd’hui, nous viennent en tête des images de gravures du Moyen Age. Or elle est vivante aujourd’hui (les trois livres que vous avez fait paraître en sont la preuve)

 

R :Les enluminures et les gravures généralement incompréhensibles du moyen-âge ont beaucoup contribuées à faire de l’alchimie une science secrète et disons-le, maudite. Son image fut pervertie par des charlatans ou des individus avides de s’enrichir en transmutant du plomb en or. D’où, cette réputation peu flatteuse de l’adepte un peu fou cherchant à fabriquer une pierre capable de changer les métaux en or. Actuellement quand on avoue (car on l’avoue comme une tare) que l’on s’intéresse à l’alchimie, c’est le tollé général ! Plus personne ne vous prend au sérieux. Vous pouvez aisément comprendre qu’il est toujours désagréable d’être pris pour un cinglé ! Alors, nous sommes discrets.

L’alchimie à toujours été vivante, mais actuellement elle se manifeste davantage car les esprits changent, deviennent plus ouverts depuis que des vulgarisateurs scientifiques montrent que les transmutation ne sont pas utopiques. Curieux paradoxe, les spiritualistes de l’alchimie qui rejettent le laboratoire, sont beaucoup plus en retard que les scientifiques agnostiques.

 

- Pouvez-vous nous en donner une définition ? Est-elle encore aujourd’hui, ce qu’elle était hier ? Qu’est ce qui demeure et qu’est-ce qui évolue ?

 

Définir l’alchimie est en réalité simple et, pour les partisans de l’alchimie transmutatoire, assez déconcertant. En effet, l’alchimie est la science de la vie. C’est pourquoi les grands médecins tel Paracelse, Arnaud de Villeneuve, Rabelais, Nostradamus, et dans l’Aude, Pierre-Jean Fabre, étaient tous des alchimistes.

Actuellement beaucoup de scientifiques s’intéressent à l’alchimie, surtout depuis la mise en évidence, au début des année 90, par des physiciens anglo-saxons, de la réalité des transmutation à la température ambiante, ce qui a valu à ce procédé le nom de « fusion froide ». Le cas le plus connu de scientifique de haut niveau, s’intéressant à l’alchimie, est celui de Pierre Lazlo chimiste belge professeur à l’école polytechnique et à l’université de Liège. Le progrès que l’on doit à ce scientifique est de ne pas avoir cédé au dénigrement positiviste sans pour cela accréditer l’occultisme.

L’image de l’alchimie est en train de changer, mais l’alchimie elle-même, son esprit et sa pratique ne peuvent changer puisque c’est une connaissance parvenue à son plus haut degré de perfection. Donc elle est aujourd’hui comme elle était hier ! Cependant, certaines techniques modernes peuvent faciliter sa pratique. Je pense en particulier au densitomètre optique qui permet de suivre les variations de longueur d’onde des rayons solaires. Ce qui demeure immuable dans l’alchimie c’est le processus de fabrication de la pierre, ses étapes, ses tours de main. En cela rien n’est différent depuis les civilisations antiques. Ce qui évolue, c’est l’utilisation d’appareils qui peuvent permettre d’agir avec plus de sûreté. Je le répète, rien n’a changé dans la « technique » alchimique car on ne change pas un procédé qui gagne.

 

En quoi apporte-t’elle une réponse pertinente à la crise que traverse l’humanité et la planète aujourd’hui ?

 

Je viens de dire que le procédé alchimique est immuable, ce qui signifie que l’alchimie est la même sur toute la planète. Les conséquences sont évidentes : Un alchimiste chrétien est le frère d’un alchimiste musulman, hébreux, indou, taoïste ou bouddhiste… De ce fait elle est un puissant vecteur de fraternité entre les hommes. Avec la fraternité n’est-il pas possible de trouver une issue à bien des crises ?

On a trop souvent oublié que la réforme de l’humanité commence d’abord par soi-même.

 

Certains pensent aujourd’hui que Science et Spiritualité sont sur le point de se rencontrer. Qu’est ce que l’Alchimie peut apporter à la Science et à la Spiritualité ?

 

Oui, il y a du vrai dans cette croyance de la rencontre entre science et spiritualité. Cependant si la science se définit aisément, la spiritualité est plus difficile à cerner. Tout le monde peut se rendre compte que celle qui est liée au christianisme est à l’agonie. En réalité, comme je le montre dans Holoscopie de la spiritualité occidentale, la spiritualité associée à une religion plus ou moins conditionnante a finie de vivre. L’émergence des intégrismes revendicateurs assassins ou terroristes en est l’illustration. Il s’agit là d’une maladie incurable annonciatrice de la mort prochaine.

C’est maintenant que va se définir la spiritualité et le nouvel esprit scientifique tout deux détachés de toute loi et contraintes imposée par les « pontes » et les « prélats », qu’ils soient directeurs de recherche, évêque, rabbins ou ayatollahs.

La spiritualité alchimique est totalement libre et repose, comme le bouddhisme primitif non religieux, sur le silence intérieur et la communion directe avec l’absolu. L’apprentissage du total silence intérieur est la clé de ce sanctuaire. Cette pratique permet de constater que le corps, par son rayonnement, a une action sur la matière. L’alchimie peut donc apporter à la science une redécouverte de ces effets. À mon avis, elle conduira la science à analyser plus finement le principe anthropique (effet de l’expérimentateur sur l’expérience qu’il réalise et sur l’univers) et donc à révisiter les lois physiques et biologiques. Cette révolution est inévitable. L’alchimiste maîtrise ce phénomène intuitivement et l’amplifie. Ce que les scientifiques ignorent, pour l’instant, c’est qu’il est étroitement assujetti à la spiritualité.

 

Vous vous réclamez d’une école particulière puisque vous avez succédé à Mgr Caro.

Pouvez-vous nous dire qui était Mgr Caro ?

 

Si vous êtes élève d’un lycée ou d’une université, pouvez-vous vous réclamer d’une école particulière ? Évidemment non ! Vous êtes formé dans un centre d’enseignement où le programme est le même dans tous les autres. Il en est de même en alchimie, il n’y a pas d’école particulière mais des lieux de formations qui ont le même programme dans tous les pays du monde. Je me considère comme un enseignant qui doit transmettre une connaissance aux générations futures. Mgr Roger Caro pensait et faisait de même.

Mgr Roger Caro était avec Fulcanelli, et Eugène Canceliet l’un des plus grands alchimistes du XXe siècle. C’était un chercheur et expérimentateur infatigable au solide bon sens. Pour perpétuer l’enseignement qu’il reçut de ses prédécesseurs, il écrivit plusieurs livres destinés à guider les élèves tant en alchimie qu’en théologie. Par un travail sur lui-même il était capable de réaliser - grâce à sa parfaite maîtrise du phénomène anthropique - le Grand Œuvre (réalisation de la pierre philosophale), là où les autres échouaient. Il nous démontra l’importance de cet effet. Pour cela, il se plaça autour d’une table avec un ami et son épouse et prirent chacun un ballon de verre identique et utilisèrent la même matière. Roger Caro réalisa avec succès la manipulation qui fit naître la pierre philosophale alors que les deux autres échouèrent. Ensuite il réussit une manipulation réputée impossible en prenant les ballons contenant les fruits des échecs, dans lesquels il fit naître en chacun la pierre philosophale… Sa capacité à comprendre les symboles alchimiques de tous âges et de tout lieu était confondante. Sa simplicité, sa générosité et sa bonté dépassaient celle de nombreux « spiritualistes ». Je suis persuadé qu’il n’aurait pas aimé que j’en dise plus.

 

Qu’est-ce que l’Eglise gallicane ? dans quelle tradition s’inscrit-elle ? sa représentativité aujourd’hui ?

 

Elle est l’oratoire privilégié des alchimistes. Comme son nom l’indique, elle est l’Église des Gaules qu’il ne faut pas confondre avec l’Église Anglicane d’Angleterre.

Cette Église est la plus ancienne de toutes, plus ancienne que celle de Rome et que toutes les Églises d’Orient. Elle est née le jour où les apôtres du Christ et les « Saintes Femmes » débarquèrent aux Sainte-Marie de la Mer. Ils évangélisèrent d’abord le sud de la Gaule où presque tous s’installèrent. À cet endroit est également née la saga du Graal puisque Joseph d’Arimatie était dans la fameuse barque. En ce lieu a commencé aussi l’énigme de Rennes le Château avec la venue de Marie-Madeleine la fort probable épouse du Christ « Vrai Dieu et vrai homme » affirme l’Église ! Mais là n’est pas mon propos…

Cette Église Gallicane naissante avait un rituel, ou messe, particulière. Elle était constitué par des textes alchimiques d’Alexandrie. Cela ne saurait mieux exprimer la tradition dans laquelle s’inscrit l’Église Gallicane ancienne. Elle est plusieurs fois centenaire et fut déclarée officiellement par Mgr Roger Caro en 1972 à la Préfecture du Var, sous le nom d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance. Actuellement son siège est à Montpellier.

Nous sommes très peu. Pour nous le nombre est sans importance, c’est la qualité de chacun qui compte. Jamais, au grand jamais la loi de la quantité ne pénétrera dans notre sanctuaire, mais bel et bien celle de la qualité. Quand on me demande le nombre de membres de l’Église alchimique, j’ai envie de répondre que je ne sais pas compter !

 

Comment devient-on alchimiste aujourd’hui ?

 

 

Pour devenir alchimiste, il faut être vrai, simple, et savoir garder sa langue. C’est tout ! Pour devenir alchimiste, il faut être motivé et ne pas hésiter à demander l’enseignement.

 

À qui s‘adresse cette « voie de connaissance » ? Quelles sont les qualités « requises » où « à développer » pour tirer parti de cette voie ?

 

L’alchimie s’adresse à tous et à toutes. Comme je viens de le dire l’essentiel est la motivation. Les qualités requises ? Aucunes, si ce n’est un minimum d’équilibre psychologique. Dans le domaine de l’ésotérisme, cet équilibre n’est pas toujours certain. Ce que l’on appelle les « allumés » pullulent ainsi que ceux qui sont attachés d’une manière inconditionnelle et presque pathologique à un gourou ou à une école de pensée.

 

-« La sagesse commence dans la cuisine » m’avez-vous dit, « la quête alchimique n’est pas uniquement symbolique mais bien concrète ». Quelle est l’importance de cette pratique concrète ?

 

Quand un « fils de science » (élève alchimiste) comprend que la matière peut être sublimée, alors il entre au laboratoire pour œuvrer sur elle. Cette constatation est capitale car elle offre une possibilité de libération à ceux qui pensent que la matière est mauvaise ou sous l’emprise des forces négatives. Cette possible évasion est au cœur du « trésor » cathare. Elle était connue par l’alchimiste Rudolf Steiner et son excellent élève Déoda Rocher d’Arques, non loin de Rennes le Château. C’est pourquoi le symbole de la libération est la colombe.

 

Pouvez-vous nous en dire quelques mots de cette pratique ?

 

La fabrication de la Pierre philosophale s’appelle, comme je l’ai dit, le Grand Œuvre. Il ne nécessite pas un matériel important, seule une cornue solide en verre boro-silicaté (Pyrex) est nécessaire et quelques ballons suffisent. J’ai vu un adepte musulman se servir d’une cornue et d’une bouteille à la place d’un ballon ! Les joints étaient assurés avec de vieux chiffons ! L’alchimie est le règne de la « bidouille » et de la « débrouille ». La rencontre entre adeptes ressemble parfois à un club de bricoleur ! Avec un frère en la Sainte Science (alchimie) j’ai passé récemment un bout de temps à essayer de trouver un support de filtre assez résistant pour finalement jeter notre dévolu sur un vieux trempoline ! S’il y avait eu parmi nous un « Saunière » ou un « Boudet », il aurait placé sur la tête des saints de son église des auréoles « trampoline ». Bien souvent, les chercheurs oublient la dimension humoristique des messages cryptés, et c’est dommage !

 

Autrefois cette pratique se transmettait sous le sceau du secret, Peut-on en parler plus ouvertement aujourd’hui ?

 

Je puis vous assurer que l’alchimie n’a jamais été secrète mais discrète. Ce que l’on vous enseigne vous n’avez pas à le raconter. J’appelle ce genre de discrétion nécessaire le secret de l’école. Si vous êtes à l’école maternelle, on ne vous délivrera pas le programme de Terminale. Ce programme sera secret pour vous et les maîtres auront beaucoup de difficulté à vous explique qu’il est trop tôt pour aborder l’étude des formules gérant les courbes logarithmiques, trigonométriques ou exponentielles. Apprenez d’abord à compter !

Les cœurs purs qui veulent apprendre à compter sont reçus à bras ouvert. Où est le secret ?

 

Vous avez choisi d’écrire des livres et donc de vous mettre, ainsi que l’alchimie, un peu sous les feux de la rampe ? pourquoi ce choix ?

 

Vous savez maintenant que mon rôle est d’enseigner l’alchimie. Pour cela il faut des livres adaptés à l’époque et aux intérêts du moment. J’écris pour permettre aux élèves d’avoir une bonne formation avec l’aide d’un Tuteur qui leur donne une référence dans mes livres lorsqu’ils trébuchent. Évidemment tout le monde peut lire mes ouvrages, c’est pour donner une dimension plus attractive, et rencontrer de futurs alchimistes à former que je dispense l’enseignement à travers des énigmes comme celle de Rennes le Château. Ceci étant dit je suis personnellement très impliqué dans l’histoire de Rennes le Château. Cette histoire attire beaucoup d’êtres qui s’interrogent tôt ou tard sur les mystères de l’univers, le devenir du monde et leur propre devenir. Nous sommes prêts à leur fournir des outils pour qu’ils puissent trouver les réponses eux-mêmes !

 

- Au-delà du « travail intérieur », la pratique alchimique peut-elle apporter des solutions concrètes à des problèmes bien réels aujourd’hui, comme le traitement des déchets nucléaires par exemple où la fabrication de « médicaments ou « remèdes » non toxiques pour l’être humain ?

 

Oui, l’alchimie pourrait apporter des solutions concrètes à des problèmes bien réels de la société. Quand je dis qu’elle pourrait, j’entends que la société ne lui en donne pas l’autorisation. Son arsenal juridique favorise la pénalisation de tout ce qui génère une incertitude risquant de mettre en péril les pôles politico financiers du moment.

La chape pénale qui emprisonne l’alchimie et toutes les thérapies parallèles lui rend impossible l’approche d’une substance irradiée et donc de l’étudier. De ce fait je ne puis répondre à votre question.

En ce qui concerne les thérapies, l’alchimie atteint d’excellents résultats. Elle peut guérir d’une manière rapide dépourvue d’effets secondaires. Il convient d’être prudent car un exercice illégal de la médecine est lourdement sanctionné. Donc inutile, pour l’instant, de solliciter un soin auprès d’un alchimiste.

 

-Votre second livre s’intitule « Rennes le château, les cartes des trésors » Il semble que les étapes de la quête alchimique soient représentées dans l’église de Rennes-le-Château, ainsi que dans la basilique ND de Marceille à Limoux.

 

 

Avant de traiter cette question je voudrais préciser que « Rennes le château, les cartes des trésors » n’est pas mon second livre mais mon quatrième. En ce qui concerne l’alchimie, j’ai écrit un livre qui est appréciée par beaucoup de lecteurs. Il est édité chez Dervy. Son titre est : « l’alchimie expliquée par son langage ». Passons à votre question.

Certaines étapes seulement du Grand Œuvre sont représentées dans l’église de Rennes le Château et dans le prieuré de N.-D de Marceille. Dans les deux églises, l’accent est mis, comme dans tout bon livre d’alchimie sur la substance qui va permettre de cuire la matière. Cela est fort bien expliqué dans les médaillons de N.-D. de Marceille.

 

-Pensez-vous que l’abbé Saunière connaissait et pratiquait « l’art royal » ?

 

À Rennes le château, si Saunière ne s’est pas fait aider ou conseiller, il ne pouvait que connaître l’art royal. S’il fût aidé, comme le pense l’Adepte Pumaz, c’est probablement à l’abbé Boudet qu’incombe la connaissance. Quoi qu’il en soit, la décoration de l’église ne peut qu’être l’œuvre d’un praticien doublé d’un remarquable cabaliste. J’aborde cela dans mon prochain livre.

 

Le « trésor » consistait-il en « connaissances » qu’il fallait absolument garder secrètes ? sous peine de mettre en péril les pouvoirs et les possessions du roi de France et des « grands » de ce monde ? ou de l’église romaine ? et qu’il est toujours d’actualité de garder secrètes aujourd’hui ?

 

Les « grands » de ce monde ont toujours eu peur de ce qui risquait de les dépasser. Ils n’hésitent pas à tuer quand leur pouvoir est menacé. J’ai lu quelque part que le bon roi Henri IV aurait été assassiné pour avoir voulu révéler un secret de taille. Cela ne m’étonne pas pour ce libéral qui a estimé que Paris valait bien une messe ! La légitimité de ceux qui nous gouvernent est moins évidente qu’elle n’y parait. Je n’irai pas plus loin sur ce terrain glissant !

Oui, le trésor est dangereux pour tout homme de pouvoir, surtout s’il est illégitime, car il ne s’agit pas seulement d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Ne parlons pas de l’Église. J’ai démontré que la légitimité du pape en tant que chef des catholiques et en qualité d’homme infaillible ne tient pas la route pour des chercheurs sérieux non assujettis aux desideratas des ecclésiastiques.

À mon avis beaucoup de choses ne tarderont pas à s’effondrer afin que se régénère le monde. Finis Gloria mundi aurait dit Fulcanelli. Mais avant ce dénouement, qui ne peut être joyeux, notre rôle est de donner un espoir à celles et ceux qui y voient clair et veulent sincèrement œuvrer à leur propre régénération et à celle de la planète.

 

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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 19:14

La macle, la fusée et le losange sont des figures ou « meubles » très anciens dans la science des blasons (héraldique). Ces trois formes figurent sur de nombreux écus. Leur symbole global est lié à la vie. C'est l’image de l’organisme unicellulaire primitif ou cristal originel. Par extension il s’agit de l’œil (quand le losange est couché), du hile, y compris le nombril. Cabalistiquement c’est l’île primordiale.

Une cellule simple (comme les paramécies) éprouve de temps à autre le besoin (dans un but de régénération de son patrimoine génétique) d’échanger ses constituants cytoplasmiques avec ceux d’un autre organisme similaire. En vue de ce remaniement réciproque, elles se rapprochent et établissent un pont entre elles (à ce niveau la sexualité n’existant pas on ne peut parler d’accouplement). Une migration des ADN s’opère au point de jonction. Durant ce processus, elles prennent la forme aplatie du losange.

C’est une des plus élémentaire manifestation de la vie. Et ne découvre-t-on pas avec stupéfaction que le vieux mot « losenger » eut autrefois (d’après Laurence Talbot) le sens d’attrait et d’aimer. Attention cependant de ne pas confondre « losenger » avec « losenge », « losengerie » ou « losengier » qui signifie louange, cajolerie perfides.

L’image multipliée de cette union d’êtres unicellulaires devient le filet, le filet magique qui recouvre et enveloppe les pierres phalliques ou en forme de nombril (omphalloïdes), en Grèce comme en Irlande.

Fulcanelli interprète la représentation de St Christophe en l’hotel Lallemant de Bourges (Cher) de la manière suivante:

« La ceinture de St Christophe est piquée de lignes entrecroisées semblables à celle que représente la surface du dissolvant lorsqu’il a été canoniquement préparé. Tel est le signe, que tous les Philosophes reconnaissent pour marquer, extérieurement, la vertu, la perfection, l’extrême pureté intrinsèque de leur substance mercurielle. Nous avons déjà dit plusieurs fois, et nous le répétons encore, que tout le travail de l’art consiste à évertuer ce mercure jusqu’à ce qu’il soit revêtu du signe indiqué. Et ce signe, les vieux auteurs l’ont appelé Sceau d’Hermes, Sel des Sages (Sel mis pour Scel), - ce qui jette la confusion dans l’esprit des chercheurs, - la marque et l’empreinte du Tout-Puissant, sa signature, puis encore Étoile des Mages, Étoile polaire, etc. Les philosophes parlent donc clairement lorsqu’ils enseignent que le mercure, porte l’enfant, le Fils du Soleil, le Petit Roi (roitelet), comme une mère véritable…»[1]

Ce que Fulcanelli ne dit pas c’est que le roitelet est saisi dans un filet au moment crucial de la fin de solve.

Le losange est souvent représenté, debout ou couché, sculpté sur beaucoup de lucarnes ou de fronton de fenêtres.

Sur les portes du vieux manoir, à Marsaint en Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les tailleurs de pierre du début du XIIIe siècle ont heureusement utilisé le motif du losange. On voit encore des losanges couchés sans intentions héraldiques - comme signe de visée et d’irradiation des forces cosmiques et vitales - sur de nombreux bâtiments anciens. Nous les trouvons sur l’Hôtel du Grabatoire, au Mans, où elles sont énormes au-dessus de la porte d’entrée. Dans la vieille citée templière de Saler (Cantal), elles s’inscrivent aussi sur les portes. Je pourrais citer d’autres exemples de losanges ou macles agencés autour des fenêtres.

Stupéfiante s’avère alors la correspondance avec une stèle carthaginoise, exposée au musée Guimet de Lyon. Le soleil figure au sommet de la stèle sous la forme d’un demi-cercle. Nous voyons le siège rituel du prêtre-observateur tourné vers le soleil (vers l’Est). Le prêtre est représenté schématiquement, les bras levés vers l'astre. À côté de lui est le losange d’irradiation cosmique. Enfin deux piliers équinoxiaux (ils encadrent les équinoxes et se supperposent aux solstices) grâce auxquels le prêtre déterminait les limites extrêmes atteintes par le soleil aux solstices d’été et d’hiver. La même organisation réside dans certaines mansardes et fenêtres comportant un ou plusieurs losanges. Les montants de l’orifice remplacent les piliers équinoxiaux, l’observateur-« prêtre » étant placé devant l’ouverture de la porte ou de la fenêtre. Dans certains cas, comme à Trénué-en-arzal (Morbihan) les piliers équinoxiaux sont même figurés sur les montants de la fenêtre. Le christianisme continuant ainsi la tradition a placé sur le linteau un calice soutenu par deux anges. Curieuse coïncidence avec le graal alchimique recueillant le sang du soleil, que nous retrouverons sur la porte du tabernacle dans l'église de Palairac.

Pénétrons maintenant dans  cette petite Église ou des alchimistes oeuvrèrent dans la chapelle Nord de St Roch. Vous pouvez la visiter grâce au site suivant :

 

http://rzepecki.michel.pagespro-orange.fr

 

Regardez l’autel tourné vers l’Est. Au-dessus du tabernacle est un losange couché d’irradiation cosmique qui représente l’œil d’un observateur et dont le centre regarde l'équinoxe se supperposant à sa petite diagonale verticale. De part et d’autres de la porte du tabernacle deux colonnes équinoxiales, avec cette réplique monumentale que sont les colonnes « mercurielles » dorées du retable qui sont placées derrière. Exeptionnellement ici nous avons quatre colonnes équinoxiales, dont les rapports avec les quatre éléments (piliers du Grand OEuvre) ne doit pas passer innaperçu. 
Le rétable complète, avec ses décors, le sens de ces visées solaires. Ainsi lu cabalistiquement l'Archevêque de Rébé n'est autre que l'art du rebis. Les colones équinoxiales avec leur laurier sont sufisemment expressives. La partie la plus haute du retable dans la direction des équinoxes représente l'oeuf philosophal contenant le poulet d'Hermogène, qui ne peut se fabriquer qu'à cette époque de l'année. N’en doutez pas il s’agit bien d’un lieu où le prêtre de l’ancienne messe (avant1968) observait le soleil entre les piliers équinoxiaux. Quand le soleil, représenté sur la porte du tabernacle se supperpose au soleil réel, nous sommes à l'une des équinoxes. Le sens de ces piliers ? Ils permettent de viser, sans avoir besoin de calendrier, les deux moments de l’année ou, dans le midi de notre pays, l’alchimiste se met au travail.  Ils signalent également que lorsque les le soleil est proche d'un pilier équinoxial marquant un solstices, il est temps de fabriquer ce sel qui cristallise en fines aiguille ou losange allongé qui ne sont autres que les fusées héraldiques des armes de Palairac.  

 

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

 



[1] Le mystère des cathédrales p.189-190, éditions J.J. Pauvert. Paris 1964.

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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 11:19

 

 

Dans l’énigme de Rennes le Château, les ouvrages inspirés par le peu crédible prieuré de Sion, ont répandu l’idée que la  famille de Nostradamus était originaire d’Alet les bains dans l’Aude. Tous les chercheurs croyaient que cette affirmation devait être mise en doute.

En réalité les racines provençales de Nostradamus sont celles de sa mère. La branche paternelle fut découverte (ou redécouverte) par E. Lhez  en 1968. Il constata que le plus ancien aïeul connu du médecin est de Carcassonne. Près d’un siècle après la mort du mage, on l’appelait encore Nostradamus de Carcassonne. Cette précision géographique disparaîtra pas la suite, et les historien en resterons au mage originaire de Salon, et négligerons son ascendance paternelle.

Nostradamus a-t-il séjourné dans la maison qu’on lui prête à Alet sur la place centrale ? L’important me semble lié à cet édifice angulaire à colombage comportant de curieux symboles gravés sur les poutres de son avant-solier.

Une étoile à six branches bien connue des juifs, est enfermée dans un écu. C’est probablement ce sceau de Salomon qui a fait choisir cette maison comme ayant appartenue à Nostradamus. Mais n’oublions pas que le mage était chrétien. Cela amène à penser que le phénomène nostradamien a ses racines dans la tradition abrahamique, qui est à la base des trois religions du livre : la religion hébraïque, celle de l’Islam et le Christianisme.

Il est hautement significatif que ce prince des prophètes, qui fut aussi prince d’Israël, provenant de la tribu d’Isachar, ait été chrétien initié à l’ésotérisme par Rabelais, ou par l’école de Montpellier, quand il séjourna à la Faculté de médecine. Sa formation alchimique qui en découle est donc celle des Templiers. Son christianisme est celui qui anima les Templier mais aussi les moines hésychastes du Mont Athos. Ne cherchons pas un secret enfoui. La recette est simple mais ignoré, par nécessité, des religions constituées qui se gardent bien de la diffuser, car le risque est grand de perdre des fidèles conditionnés. C’est, dans l’hésychasme, l’omphaloscopie, ou la prière de Jésus, l’apprentissage du silence REEL et soutenu de la pensée afin de dégager la route vers notre divinisation. Sur ce chemin, nos capacités humaines se développent naturellement, ce que les bouddhistes appellent les gongnens et l’Occidental sceptique les phénomènes paranormaux. Cet occidental qui s’imagine pouvoir développer par de simples techniques ces capacités réservées à l’individu en voie de réalisation !

Souvent les lecteurs des Centuries s’interrogent sur l’occultation des quatrains.

Pour comprendre, on doit considérer que toutes les révélations qui sont devenues des « livres saints » ne s’adressent pas seulement aux yeux de chair, mais surtout aux « yeux de feu » pour employer une expression d’Henri Corbin. Elles font appel à un complément de savoir qui couronne les données philosophiques par une intuition théosophique qui ne peut s’acquérir que par la pratique du silence des pensées permettant ainsi l’émergence intuitive d’autres connaissances. Cette pratique était connue des apôtres du Christ car il leur disait souvent « l’esprit saint vous enseignera ». C’est cette faculté qui mène à la véritable « gnose », connaissance salvatrice et « divinatrice » impliquant une nouvelle naissance de l’esprit, une métanoïa. Car, dit Nostradamus : « L’entendement crée intellectuellement ne peut voir occultement. »

Dieu a créé le monde comme une métaphore infinie, comme une écriture en hiéroglyphe, dont le sens reste à être révélé. D’où la cabale phonétique pour faire éclater le double ou le triple langage des métaphores qui structurent notre réalité « objective ». Ainsi s’élève la voix « faicte au lymbe, moyennant la exigue flame, en laquelle partie les causes futures se viendron refléter »

Le phénomène de la prophétie est le produit de cette « flamme exigue », et pour reprendre la préface des prophéties : « Cette chaleur et puissance vaticinatrice, qui nous advient comme les rayons du soleil. » L’œuvre du soleil, l’œuvre des philosophes par le feu, le miroir de l’art… expressions éminemment alchimique qui fait du Grand Œuvre un art divinatoire dont la boule de cristal des voyantes est un mimétisme sans commune mesure, si ce n’est la forme évidemment vide de son contenu.

L’alchimiste élabore, durant la première phase de son travail, une genèse car le véritable prophète est un imitateur de l’acte génésique du créateur. Son verbe se fera chair dans ses paroles qui ne peuvent que revêtir l’apparence de paraboles, de métaphores. Ses textes sont des « mythes » inaccessibles aux intellectuels qui ne voient que par le QI.

La maison de Nostradamus à Alet nous offre l’occasion d’exercer notre sagacité sur ses symboles gravés dans le bois dont on fait les « hérauts ».

 

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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 11:35

Pendant la dernière guerre mondiale, les nazis achetaient à prix d’or la nourriture qui alimentait le marché noir. C’est ainsi qu’ils affamèrent Paris.

Aujourd’hui en 2008, cultiver des terres pour produire des biocarburants est plus rentable que les indispensables récoltes pour nourrir l’humanité. Ainsi les affamés lèvent des émeutes dans le monde entier.

La notion de rentabilité a franchi des limites qu’elle n’aurait jamais dû franchir, au-delà de la morale la plus élémentaire, conséquence lointaine, mais conséquences certaine de la tolérance des usuriers de plus en plus gourmands rejoignant en toute légalité le racket le plus ignoble des mafias.

Je ne voyais aucune issue, aucun espoir d’une transformation de l’humanité vers un humanisme régénérateur. Certes, la protection de la planète, la prise de conscience que nous en sommes responsables donne une bouffée d’espoir hélas vite abrégée quand on découvre que les taxes démentes sur les prix du carburants ne servent pas l’idéal écolo.

Cette gangrène est le fruit de notre éducation ou les programmes changent au point de rendre impossible l’aide des parents et grands-parents seuls capables de transmettre non seulement un savoir mais surtout un art de vivre et de se comporter. De ce fait la notion de respect s’évapore…

Je pense au spectacle d’une cour de récréation de n’importe quel collège des grandes villes de France, où les gosses courent en tout sens, hurlent, se battent, arrachent les feuilles et les fleurs (quand il en reste) ou les robinets. Tandis qu’à l’extérieur ils cultivent l’art noble du graphiti en détériorant ce qui ne leur appartient pas dans un égoïsme inconscient et monstrueux… fruit amer de l’éducation !

Fort heureusement il y a d’autres enfants dans le monde, je pense en particulier à ceux du Japon. Là-bas, le début de la journée scolaire rassemble dans le hall de chaque école l’ensemble des enfants, assis en zazen, parfaitement immobiles, calmes extérieurement et intérieurement, sereins, maîtres d’eux-mêmes ou cherchant à le devenir…

Tout entraînement des enfants, de 5 à sept ans, à la voie du sabre (Kendo) qui fut pratiquée autrefois par les Samouraïs, commence par une méditation de dix minutes précédée du salut au maître (salut toujours empreint au Japon d’un respect et d’une déférence non simulée) et d’une récitation dont je vous laisse entrevoir le résultat éducatif :

 

Nous aimons notre pays,

Nous respectons nos parents,

Nous respectons le cérémoniel de nos traditions,

Nous respectons notre enseignement,

Nous accomplissons nous-même notre devoir,

Nous respectons nos camarades,

Nous jurons de nous créer un esprit et un corps sain.

 

Là-bas, dans les dojos, on enseigne le devoir, la droiture, la rectitude.

Nous voilà à l’opposé du mépris et des tentatives d’assassinat des enseignants, du racket ou du meurtre des camarades accompagné de la revendication des « droits » dont on nous rebat les oreilles, faisant suite aux « privilèges » abusifs qui ont provoqué la chute de la royauté et de la noblesse française.

Les arts martiaux sont une voie royale vers la perfection, voie universelle qui passe par l’apprentissage du silence et de la maîtrise de l’énergie, de cette énergie qui est aussi alchimie interne qui transforme l’être avant de transmuter, en alchimie externe, tout ce qu’elle touche !

Soyons réaliste. Comment un homme toujours agité en esprit peut-il entendre le silence afin que s’exprime son génie ? Que l’on songe à la phobie du silence qui est la marque de notre « civilisation », phobie dont la manifestation la plus répandue est le baladeur en toutes circonstances et dont la marque la plus spectaculaire est l’explosion des décibels (et de la violence) lors des bals du samedi soir… Quant il ne s’agit pas de monstrueuses raves parties ou le bruit forme un cocktail parfois meurtrier entre décibel alcool et drogue. Quand la mer (je suis poli) se retire, il ne reste que des monceaux d’ordures. Vive le respect des riverains et la protection de l’environnement !

Oui, il n’y a pas de quoi être fier de notre actuel Occident. Le praticien des arts martiaux est alchimiste car non seulement il développe son alchimie interne mais il reproduit sur le dojo, la rencontre des contraires qui s’affrontent non pas pour se détruire mais pour s’unifier, ne faire plus qu’un. Atteindre cette unité signifie dépasser les apparences de la manifestation. L’adversaire est comme l’envers de soi-même que l’on affronte non pas pour le détruire mais pour faire un avec lui.

L’avènement des arts martiaux en masse est réconfortant. Sur des centaines de milliers, sinon des millions de jeunes qui de par le monde apprennent l’un de ces arts, tous ne rêvent pas d’être Bruce Lee et tous ne croient pas qu’il faut confondre cinéma et art martiaux. Beaucoup d’entre eux apprennent les attitudes qui, tout en maîtrisant ou en exprimant l’agressivité, sont des attitudes de concentration, méditation, maîtrise de soi, réflexion et parfois plus encore : d’harmonie et de sérénité profonde qui les met en phase avec le phénomène vital tout entier.

Cette minorité agissante, quand il sera l’heure de s’adresser à des hommes saints, équilibrés et nouveaux, alors elle mettra au tapis notre « civilisation » occidentale sans avenir. Dans cette action, ils auront l’appui inconditionnel des adeptes de l’art royal.

 

Je vous salue toutes et tous dans le nouvel esprit.

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 22:23

 

Histoire inspirée d'une certaine réalité.

 

La réalité se tisse à l’endroit dans les courants d’air,

Mais les argyronètes la tisse à l’envers sous l’eau.

 

Un dimanche des Rameaux fleurait le printemps avec ses campanules champêtre bariolées. Je me promenais aux environs de Rennes le Château en compagnie de mon filleul Michaël âgé de 9 ans et plein d’une verve qui l’habitait depuis sa naissance. Il avait voulu grimper jusqu’au dernier étage du donjon d’Arques, qui domine la vallée de la Rialsesse.

En compagnie de quelques touristes nous nous enfonçâmes dans l’escalier à vis qui nous conduisit jusqu’au sommet où la vision sublime me coupa le souffle. J’étais fasciné au point d’en oublier la présence de mon garnement qui profita de mon « absence » pour exercer, comme à l’accoutumée, ses talents de séducteurs. Il avait vite compris que les femmes étaient le « gibier » le plus facile. C’est d’ailleurs ainsi qu’il m’avait fait rencontrer des amis et qu’il avait découvert Quintin son aîné de quelques petites années devenu son meilleur ami. Je dois dire que ses choix, apparemment fruit du hasard, avaient un sens qui se manifestait dans le futur. Cependant je ne pouvais le laisser « draguer » comme un misérable orphelin l’une de ses dames dont j’entendais le rire juvénile en écourtant parler ce polisson en ses œuvres séductrices.

Je m’approchais donc de mon déluré au yeux étincelant qui aurait fait pâlir de jalousie Casanova en personne. Quand il m’aperçut il s’exclama surpris, comme si j’arrivais, déguisé en baba-cool, après plusieurs années d’errance dans les faubourgs de Katmandou : parrain !

À cette exclamation la dame me regarda surprise. J’en profitais pour m’excuser du désagrément causé par mon « adorable » filleul. Elle éclata de rire en me disant que c’était un bonheur de l’entendre parler… Je vous l’avais dit, il l’avait mise dans sa poche en moins de deux !

Cette dame flatta le charme de mon filleul, en s’étonnant de son exquise gentillesse. Désarmant !

Elle me dit qu’elle aurait aimé parler encore avec Mickael, si adorable, (ben, voyons !) mais qu’elle était attendue à Rennes les Bains.

-         Nous aussi nous y allons ! s’empressa de claironner Casanova junior. Vous êtes hébergée chez Rose ?

-         Je ne crois pas. Je suis dans une maison à côté du premier pont.

-         Mais la maison du pont, c’est chez Rose ! c’est aussi chez nous !

Voilà comment tournent les rencontres de Mickaël, elles ont une suite toujours surprenante comme si elles étaient préméditées.

Ainsi, à mon corps défendant, je me retrouvais avec une charmante voisine qui avait adopté mon sacripant de filleul qui contrariait mes plans car j’avais prévu une balade en solitaire pour me désintoxiquer de ces diarrhées verbales si chères à nos contemporains.

Le lendemain matin Mickaël fut placé en bout de table pour le petit-déjeuné. Sa joie fut à son comble quand Rose lui fit un baiser retentissant sur une joue pendant que notre nouvelle amie l’embrassait sur l’autre. Ah l’heureux élu !

Pendant qu’il dégustait son petit-déjeuné, la toute fraîche conquête de Mickael nous proposa une excursion du côté d’Arques. Attention ! je n’ai pas eu droit au chapitre, car l’affaire ne fut pas conclue par moi mais par le fiancé-marmot de cette dame. J’avais parfois l’impression que les rôles étaient inversés. Non ! Je ne promenais plus Mickaël, mais il me baladait et il faut voir comment !

En m'installant dans la voiture, je failli prendre la place de Cazanova sur le siège arrière. La dame fut prise d'un fou rire auquel il me fut impossible de résister, tandis que Michael sautait de joie en applaudissant. 
Nous voilà partis sur la route d'Arques. Cette fois, plus question de visiter le château pourtant enflammé par l'or du soleil, mais pour découvrir l’église à l'extérieur tout gris et de médiocre allure. Cette Dame semblait experte dans l’histoire de Rennes le Château puisqu’elle me montra la signature de Saunière, l’abbé richissime de Rennes le Château, derrière l’autel.

Je m’asseyais un moment sur un banc car j’ai ce besoin de méditer un peu quand je suis dans un lieu sacré. J’entendis le banc craquer à mon côté pendant que la dame s’agenouillait. Puis, d’une voix tranquille, la tête dans les mains, elle chuchota : « Vous seriez probablement intéressé par une cérémonie initiatique de haute teneur spirituelle ? »

Cette interrogation-proposition ne me plaisait pas. Elle sentait la bizarrerie ou la secte. Je n’aimais pas ce genre de racollage qui me faisait penser à ces grands cornets de surprise qui se révèlent, pratiquement vides quand on les ouvre. Semblant suivre le cours de mes pensées elle ajoutât : « Je ne vous présenterais personne. Vous serez là en spectateur, c’est tout ! » Je n’avais donc rien à perdre, et sans plus réfléchir j’acceptais. Tandis que mon filleul arrivait au triple galop, elle ajouta rapidement avec une moue espiègle : « Au lieu de me dire madame fort poliment dans le style vieille france, faites plutot comme Mickaël, appelez-moi Hermestine, c’est mon prénom. »  Elle tourna la tête comme pour masquer un rire. Bon sang, allez savoir pourquoi, j'avais l'impression qu'elle me prenait pour un duplicata du rosier de Madame Husson !

Dans la sacristie un tableau représentait la sainte famille avec un curieux détail, une dame âgée présentait à l’enfant jésus une poire.

Hermestine s’arrêta devant cette étrange peinture et fit tout haut un bref commentaires : « La poire c’est la pierre, et la pierre philosophale doit retourner à Dieu » Elle poursuivit pour répondre à ma surprise : « Votre filleul m’a dit que vous vous intéressez à l’alchimie ? » J’étais estomaqué car jamais de la vie je n’avais parlé à Mickaël de mes activités. Je n’ai pas trop essayé d’approfondir la question car je savais qu’il y avait derrière autre chose que le sois disant babillage d’un enfant. Cependant elle précisa que l’alchimie était son activité principale.

C’est le samedi qu’Hermestine, au nom prédestiné, nous proposa de nous conduire dans ce qu’elle appela une domus ecclesia. Devant une partie semi circulaire d'une grande pièce ou elle nous fit entrer, une rangée de banc était occupée par une trentaine d’hommes et de femmes qui nous tournaient le dos. Ils étaient vêtus d'une aube blanche avec capuchon. Ils ne se retournèrent pas à notre entrée. Presque au fond de la pièce Hermestine se plaça entre Mickaël et moi et me commenta à l’oreille ce que nous voyons.Un homme sans capuchon était debout à côté d'une sorte de bénitier de marbre blanc à moins que ce soit un baptistère.
A côté était un gros cierge.
Hermestine me commenta : "Le feu vient d’être allumé avec une pierre. C’est le feu de la pierre qui en alchimie désigne le sel des sages. Cinq grains d’encens sont enfoncés dans la cire du grand cierge sur lequel on peut lire la date de cette année entre les branches d’une croix qui n’est autre que le creuset. Ces cinq grains d’encens symbolisent le cinquième feu ou feu secret des alchimistes qui « fonctionne » en relation avec la valeur de l’adepte qui l’utilise. Les savants disent qu’il est en rapport direct avec le principe anthropique…"

Mickaël commençait à s’ennuyer et à trépigner sur sa chaise quand une dame s’approcha de lui et lui tendit la main qu’il prit avec une réelle avidité. Elle le conduisit à côté du célébrant et lui parla longuement à l’oreille. Puis, l’enfant explora tout ce que se trouvait là, disant bonjour aux un et aux autres. La cérémonie se poursuivit comme s’il n’était pas là. Hermestine se pencha vers moi : « Laissez venir à moi les petits enfants... Cela doit être respecté. Maintenant Mickaël va se calmer. » 

En effet après avoir observé minutieusement les cinq grains d’encens, il s’approcha d’un des assistants ou assistantes et, sans autre forme de procès, s’assit sur ses genoux. Il tournait vers nous son visage, illuminé par un grand sourire paisible.

Ensuite le célébrant traça une croix à la surface de l'eau contenue dans le baptistère, puis se tourna vers chacun des point cardinaux qu’il aspergea de sa main mouillée.

« C’est ici, me dit Hermestine, le lieu où la cérémonie exprime que l’eau va devenir le creuset, le creuset de la vie. Les quatre points cardinaux soulignent que tout travail alchimique ne doit pas perdre de vue la dimension universelle. »

L’office se poursuivit jusqu’à la jonction du feu (le cierge allumé) et de l’eau. Quand le cierge allumé fut enfoncé à trois reprises dans l’eau, Hermestine me glissa à l'oreille :

« C’est le point culminant de la cérémonie. Le feu symbolisé par un triangle équilatéral un sommet orienté vers le haut rencontre l’eau qui est un triangle équilatéral avec un sommet orienté vers le bas. A la surface de l'eau ils forment un losange. Puis leur rencontre va constituer une étoile à six branches appelée sceau de Salomon. Qui est le symbole de la pierre philosophale. »

Je restais un moment intrigué devant un symbolisme aussi riche et précis, et je lui demandais d’où provenait cette magnifique cérémonie.

« Mais, c’est la cérémonie que l’Église célébrait pendant les derniers mille cinq cents ans ! Évidemment, pour les fidèles elle était agrémentée de lectures pieuses d’autant plus copieuses que les ouailles éprouvaient le besoin de rester longtemps ensemble en ces époques où la radio et la télé n’existaient pas ! »

« Vous n’ignorez pas Hermestine que la plupart des alchimistes ne sont pas persuadés que l’Église ait pu être le véhicule d’un aussi riche symbolisme. D’ailleurs, soit ils se méfient d’elle soit, ils ont peur des anathèmes qu’elle lança contre ceux qui ne la considèrent pas comme l’unique chemin de salut. Évidemment je parle de l’Église catholique. »

Un voile de tristesse traversa son regard.

« L’alchimie commence par notre libération vis-à-vis de ces conditionnements, tout en conservant le sens du sacré ! »

Je n’osais encore m’avouer que j’étais fasciné par ce que je venais de voir et d’entendre. La curiosité aidant je lui demandais ce qu’était ce groupe.

« C’est un groupe très ancien de 33 membres. Il s'agit d'une Fondation d’Alchimistes. Leur véritable nom n’est utilisé qu’au sein du groupe, jamais à l’extérieur.»

Je lui fis remarquer qu’en la comptant elle, ils n’étaient que 32.

« Oui, l’un de nos frères est très malade. Il est même à l’article de la mort. »

Donc, ils cherchaient un remplaçant et ce remplaçant avait de fortes chances d’être votre serviteur. De toute manière mes connaissances en alchimie étaient  largement insuffisentes pour être choisi. Sans que je le lui demande, elle répondit à mon interrogation.

« Tout nouvel adhérent est formé. Mon rôle est d’assumer cette tache. »

« Si j’ai bien compris, notre rencontre n’était pas fortuite. Mais comment cela est possible ? » Elle n’eut pas le temps de répondre car Mickael fit irruption en sautillant et m’adressa une question : « Parrain, pourquoi le bon Dieu parle dans ma tête ? »

Je ne sus que répondre tant j’étais sidéré. Hermestine lui répondit à ma place : « Pour que tu l’écoutes et que tu sois très sage. »

 

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 22:03

 

 

Depuis des siècles Nicolas Flamel est considéré comme l’alchimiste par excellence, une sorte d’adepte de référence, modèle parfait de ce que l’on a toujours imaginé d’un homme versé dans l’art d’Hermes qui fascine les foules et certains écrivains à un tel degré que Léo Larguier (de l’Académie Goncourt) Lui consacra en 1936, aux éditions Nationales, un ouvrage remarquable sous le titre Le faiseur d’or Nicolas Flamel qui fut réédité avec succès en 1969 par les éditions « J’ai lu » sous La référence A220 dans la collection L’aventure mystérieuse. Le marché aux puces pourrait encore vous en fournir quelques exemplaires… que je ne saurais trop vous encourager à déguster. Revenons à nos moutons.

À quoi cet homme devait-il cette notoriété qui traversa les siècles ? À l’époque où il vécut, qui était avide de merveilleux et s’abreuvait à la légende dorée des saints ? À son savoir technique, à ce savoir que pourtant ses plus respectueux biographes n’admettent qu’avec beaucoup de réticence. Ce qui somme toute est normal car il est difficile d’imaginer que le célèbre adepte n’était pas devant un four, mais devant sa table, oeuvrant avec une verrerie légère sans avoir besoin d’une connaissance technique ! Devait-il sa notoriété à l’obscurité apparente de sa vie ? Au rôle que joua dans son existence, l’apparition d’un livre mystérieux ? Au côté presque miraculeux de sa gloire posthume ? À la découverte qu’il fit, et qui a souvent été contesté, de la pierre philosophale ? À la légende qui s’empara de cette découverte ?

Autant de questions qui restent sans réponses.

N’est-il pas étrange que d’autres alchimistes, dont les travaux et les livres, furent de notoriété publique et dont les ouvrages firent autorité, soient tombés dans l’oubli, à l’exception d’un public spécialisé ? Ils avaient pourtant « œuvré » au su de tout le monde, en contact avec d’autres esprits avertis ; leur réputation scientifique les protégeait contre l’indifférence ou le mépris des détracteurs et des ignorants. Tous, presque sans exception, demeurent confinés par l’imagination populaire dans le clan de ceux qui AURAIENT découvert la pierre philosophale. Seul, Nicolas Flamel s’en détache et lorsqu’on parle de lui il demeure celui qui L’A trouvée.

Rien ne subsiste du passage de Nicolas Flamel en notre monde, de sa maison authentique, du cimetière où il fut enseveli avec son épouse. Rien ne demeure de ses manuscrits originaux, sinon quelques actes notariés.

Mais en dépit des traces COMME A DESSEIN EFFACÉES, de cette existence pleine d’énigme, curieusement Nicolas Flamel est l’un des alchimistes sur lequel il est assez facile d’obtenir des détails assez précis.

Nul n’est besoin d’être détective pour en conclure que Nicolas Flamel lui-même orchestra son énigme. Ce qui signifie qu’en qualité d’alchimiste il réussit le Grand Œuvre, mais qu’il était entouré d’adeptes chevronnés côtoyant la haute société et plus particulièrement des individus centraux sur le plan social afin d’orchestrer en toute liberté cette fabuleuse histoire.

De là à croire que ce groupe d’individus lui transmis l’alchimie, il n’y a qu’un pas que je laisserais en suspend… En parlant d’un groupe d’alchimiste actif en 1396 les Frères Ainés de la rose Croix sont de parfait candidats. À cette époque ils venait d’élire leur 12e président (imperator) qui se nommait Ludovic des Pins. Dans le Légenda des Frères Aînés de la Rose Croix, (1970) Roger Caro écrit que dans les archives du groupement d’alchimistes, dont lui-même était le 58e impérator, que le bras droit de Ludovic des Pins est nommé L’AISNE de FLAME NICLAUS. « Ce nom « sent » le pseudonyme d’une lieu. Sans être très subtil, on devine qu’il s’agit de Nicolas Flamel. NICLAUS est NICOLAS et FLAME est FLAMEL (avec le L’ de L’AISNE. Reste à comprendre pourquoi AISNE ?

Nous avouons que nous sommes restés un bon mois sans trouver la réponse, jusqu’au jour où nous tombions en arrêt sur un passage de Louis Figuier dans son livre : L’alchimie et les alchimistes à la page 196 : « Un écrivain, dit-il, à peu prés contemporain de FLAMEL, GILLEBERT de METZ, dans sa Description de Paris, écrite en 1434, nous apprend  à distinguer deux frères, l’un et l’autre écrivain du nom de FLAMEL. L’un qu’il appelle FLAMEL, le jeune, fut un habile calligraphe, libraire et secrétaire du duc Jean de Berry ; l’autre, Nicolas, est appelé par GUILLEBERT : FLAMEL L’AISNE, escrivain qui faisait tant d’aumônes et hospitalitez. »

Voilà qui enlève tout risque d’erreur : L’AISNE de FLAME NICLAUS est bien Nicolas FLAMEL.

Cela signifie que Nicolas Flamel était entouré de 32 alchimistes chevronnés, parmi lesquels des aristocrates princes de sang. Nous comprenons pourquoi Nicolas Flamel eut toute latitude pour effacer certains indices et mettre sur pied sa « légende ».

Mais, sa « légende », quelle est-elle ? C’est une histoire qui vaut d’être contée et qui s’est transmise de génération en génération.

Flamel serait né à Pontoise vers 1330. Il s’installa à Paris comme écrivain public. Ce qui déjà présente une énigme, car il fallait de l’argent pour acquérir à cette époque autant d’instruction. Ses parents furent-ils riches ? Nul ne le sait. Son atelier s’appelait « À l’enseigne de la Fleur de Lys » ce qui en dit long sur ses fréquentations. Flamel était à la foi copiste, libraire et éditeur. Son renom était si grand qu’il bénéficiait même, nous disent certaines archives, de la protection des gentilshommes et hautes dames de la cour. Inutile de s’en étonner ! Les talents d’écrivain de Flamel ne sont pour rien dans cette haute considération.

Peu de temps après son installation rue des écrivains, il épousa dame Pernelle plus âgée que lui, qui fut l’épouse attentive, partageant ses passion et fidèle compagne de sa vie. Il parlait toujours avec tendresse de son aimée, qui possédait une confortable aisance financière. Mais leur train de vie était simple, ils s’habillait modestement et mangeait dans de la vaisselle de terre. Ils urent des apprentis qui avait pris pension chez eux.

Tout commence par un rêve. Un ange lui apparut et lui présenta un livre très ancien en disant : « Flamel, regarde ce livre. Tu n’y comprendras rien, ni toi ni bien d’autres, mais tu y verras un jour ce que nul n’y saurait voir . »

Flamel ne prêta guère attention à ce songe jusqu’à un jour de 1357, il acheta à un inconnu un vieil ouvrage qu’il reconnut aussitôt pour l’avoir vu dans son rêve.

Il ouvrit aussitôt l’ouvrage et lu des malédictions contre toute personne qui jetterait les yeux sur ce livre, s’il n’était Prêtre ou scribe. Malheureusement il ne comprit pas grand-chose au textes et à ses images, mais réussit à saisir qu’il était question d’alchimie.

Nicolas Flamel passa des jours et des nuits à étudier l’ouvrage, mais ne comprit toujours rien. Mais Pernelle veillait. Il finit par se confier à elle. Malheureusement elle ne pus l’aider. Se voyant bloqué dans sa recherche il prit conseil auprès de Maître Anselme, licencié en médecine, qui se disait alchimiste. Mais ses explications furent aussi volubiles que peu convaincantes. Pendant 21 ans Flamel piétina et ne comprenait toujours pas ce que disait le livre. Au moment où il allait se décourager, il eut une inspiration, seul un juif pouvait l’aider. Pour le rencontrer il fallait se rendre en Espagne. Sur le champ il décida de faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, et profiter de cette occasion pour rencontrer un juif instruit en alchimie. Il partit en 1378. En Espagne il fit de vaines recherches pendant plus de six mois mais finis par rencontrer maître Canhès. Sans plus attendre il entreprit de les déchiffrer. Et Flamel se rendit compte qu’il était enfin sur la bonne voie. Nicolas l’invita à Paris pour qu’il puisse déchiffrer la totalité du manuscrit. Ils partirent par bateau jusqu’à l’estuaire de la Loire puis remontèrent le fleuve jusqu’à Orléan. Hélas, maître Canchès tombe malade. En une semaine la maladie l’emporta. Flamel, après l’avoir enterré en l’église sainte Croix repris sa route vers Paris.

Canches (ou Sanchez) lui avait donné tellement d’éléments durant leur voyage que Flamel pus à son retour se lancer dans des expériences sérieuses. Et ce fut le 17 janvier 1382 qu’il réussit, en compagnie de Pernelle, sa première transmutation de mercure en argent.

Les Flamel distribuèrent une partie de leur richesse à sept églises et quatorze hôpitaux.

Dame Pernelle décéda le 11 septembre 1397 et fut inhumée au cimetière des innocents. Quant à Flamel, il suivi sa femme dans la tombe le 22 mars 1417 ?... Mais un voile de mystère enveloppait sa mort et celle de son épouse. Ne disait-on pas que, la nuit précédant les funérailles, alors que la dépouille reposait dans le cercueil fermé, la servante avait aperçu l’ombre de son maître descendre l’escalier de la maison et disparaître dans le jardin ? Cette même servante n’avait-elle pas confié à des parents qu’on l’avait écarté de la chambre funèbre après la mort de dame Pernelle, et que le veuf avait tenu à ensevelir lui-même son épouse ? Le peuple ne tarda pas à conclure que les cercueils contenaient des morceaux de bois. Quant au voyageur Paul Lucas, il dit l’avoir rencontré en Turquie. Flamel aurait eu un fils avec Dame Pernelle. Ils auraient été vus en 1761 à l’Opéra se Paris.

Voilà, vous connaissez tout de l’illustre alchimiste qui finalement garde tout son mystère. Certes, il faut se méfier des légendes, mais il est nécessaire de garder à l’esprit qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

 

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 09:44

 

 

j’ai toujours été dubitatif devant l’affirmation péremptoire de la quasi-totalité des travailleurs de l’alchimie quand il disent (ou écrivent) sereinement que cette vénérable science de l’unité est pourvue de quatre-vingt voies… et plus !

Ce n’est pas ce nombre impressionnant qui me déplait, c’est le manque d’explication de cette multiplicité, et de ce fait j’ai beaucoup de difficulté à le prendre au sérieux, face à l’image du monde que l’alchimie a généré en moi. Ces labourant (comme on les appelle parfois) font-ils allusions aux méthodes spagiriques (paraalchimiques et iotrochimiques) additionnées de procédés appelés « particuliers » comme ceux qu’explique fort bien saint Vincent Depaul lors de sa captivité chez les Turcs ? (voir mon livre Rennes le Château la carte des trésors.) Je dois vous avouer sans honte que face à ce phénomène je ne retrouve plus mes petits.

Je ne doute pas un instant de la réalité de la voie dite humide, et aussi de la voie dite sèche un peu plus courte, ni enfin de la voie brève ou voie sacerdotale ultra courte.

Vous pourriez me rétorquer que si j’accepte l’existence de ses trois voies, pourquoi je n’accepte pas qu’il y en ait d’autre ?

Voilà, en effet, une logique imparable qui semble détruire mon allergie à la multiplicité des voies. Avant de conclure que je suis atteint d’une idée fixe, d’une marotte, permettez-moi de préciser que malgré la différence de nom, ces trois voies ne sont pas fondamentalement différentes. Le schéma général reste le même, sauf que le sel est utilisé à l’état liquide dans la voie humide, et à l’état cristallisé pour la voie sèche. De ce fait la violence des réactions accélère le processus. Il y a, dans la voie sèche, la suppression de l’étape de liquéfaction des cristaux, qui est délicate et longue d’environ huit heures qui risque d’amoindrir la puissance du sel et est tributaire de la force du vent et de la présence plus ou moins visible de la Lune. Ces contraintes climatiques nous les retrouvons chez l’alchimiste recueillant, avec un drap, la rosée nocturne.

La voie brève est aussi la même que les autres. La manière de procéder permet des raccourcis considérables de la durée, permettant de réaliser la pierre en une seule journée.

Ce qui doit être retenu, c’est que ces trois voies reposent sur le même procédé. Faut-il s’en étonner ? C’est le contraire qui serait incompréhensible !

Les alchimistes ont toujours possédé un carnet de laboratoire pour inscrire la manipulation réalisée et les conditions climatiques. Ainsi, il fallait parfois (sous les conseils de l’intuition puissamment développée), modifier une manipulation ou deux. Je suis persuadé que réside là l’origine de la multiplicité des voies, ou une voie égale un carnet de laboratoire…

Je vous ai dit ce que je pensais de la multiplicité des voies, ne m’en veuillez pas si mon opinion diverge de la vôtre. La multiplicité est farouchement contraire à l’Esprit et à l’unité de l’univers dans sa multiplicité simultanée. Holoscopie oblige !

 

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 17:48

 

Ce texte est la suite de « Tétrakty de Pytagore, biogénèse et alchimie 1 et 2 ».

Voici une gravure alchimique du Viridarium chimicum ou Jardin chymique de D : Stolcius, à Francfort en 1624.

Ce dessin très connu dans le milieu alchimique représente le Rebis, ou androgyne (homme et femme) comme on peut le lire sur le vêtement de cet être particulier. Il symbolise le double principe qui va donner naissance à la pierre philosophale. Dès sa conception cette jeune pierre appelée parfois soufre philosophique va prendre, en l’air, la forme sphérique imposée par le mercure. Telle est la raison pour laquelle elle est pourvue de deux ailes. La table d’émeraude traduit la même chose en disant que : « Le vent la porté dans son ventre. »

 



PAS D'IMAGE POUR L'INSTANT... DESOLE

 

L’origine de cette boule est expliquée par les dessins géométriques qu’elle contient.

Nous avons un point central, une croix, un triangle et un carré. Les chiffres ne sont pas tous visibles notamment le 1 et le 2 qui disparaissent sous la mauvaise qualité de la reproduction. Quant au 3 et au 4 ils sont parfaitement visibles dans la partie gauche supérieure de la sphère.

C’est une Tétrakty traduite géométriquement. Le 1 correspond au point central, mis en évidence, le deux se s’exprime par les deux traits (un vertical, l’autre horizontal) formant la croix. Le trois est un triangle et le quatre un carré.

Cette tétraktys est là pour être interprétée alchimiquement.

Le un ou point central est le minerai unique concassé finement dès le début du travail. Le deux indique que ce minerai est composé de deux substances. C’est la raison pour laquelle il est parfois représenté par le dieu Janus. Le trois indique la présence d’un élément nouveau permettant d’obtenir la triade sel, soufre et mercure, laquelle pourra devenir pierre par l’action ininterrompue des quatre éléments traduits par le carré. Cette boule aérienne à la particularité d’exprimer la genèse, d’où le terme de mondification.

C’est le feu du dragon mâle ou soufre qui va permettre l’ascension de la pierre et la transformation du rebis. Ainsi le monde ira se placer dans le cortège des sept planètes selon les mesures naturelles représentées par l’équerre et le compas. C’est de cette manière que grandira l’œuf philosophal, dont la forme entoure la gravure et lui sert de cadre.

 

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 06:26

 

Ce texte est la suite de « Tétrakty de Pytagore, biogénèse et alchimie 1 ».

 

Dans le premier article sur la Tétraktys, j’ai signalé que les pythagoriciens prêtaient serment « par la sainte Tétrakty ». Ce qui est moins connu c’est une autre formule de serment, curieusement redondante, qui était : « Par le carré de quatre. » Qui peut donc se formuler : « Par le quatre de quatre. », Ce qui est une manière particulière de parler de 16.

Entre ces deux formules, le rapport est évident, car le nombre quatre est leur dénominateur commun. On peut déduire de ce quatre fondamental son rapport avec la vie reposant sur le carbone à quatre valences (tétravalent), [voir l’article précédent. ]

Évidemment le quatre est en rapport étroit avec les quatre éléments des alchimistes, qui désignent sans ambiguïté le sel qui a cette propriété de posséder en lui les quatre éléments ayant une action féconde sur la matière par son application permanente et équilibrée sous forme de feu de roue.

Si vous relisez l’article « Alchimie et manifestations paranormales. » Vous vous souviendrez que la réalité émerge (sous forme d’hétérogénéité) de deux milieux homogènes qui sont l’eau et l’air. En d’autres termes, l’élément feu se manifestera dans l’air, d’où le mythe de Prométhée qui déroba le feu du ciel, et l’élément Terre qui surgira de l’eau telle une ile que sera le centre du monde avec son omphalos ou nombril. De là l’appellation de terre Sainte, incontestable réalité, issue de l’hétérogénéité de l’eau. Le feu des alchimistes n’est donc pas celui du fourneau, mais celui issu de l’hétérogénéité de l’air. Il aura de ce fait une puissante capacité créatrice tout an ayant la particularité de provoquer des augmentations de température. C’est la raison pour laquelle le feu du ciel est cabalistiquement le feu du sel.

Le carré de quatre, sous forme de nombre figuré carré, contient 16 points correspondant aux 16 cases du carré magique de Jupiter selon Paracelse.

 

ÅÅÅÅ

ÅÅÅÅ

ÅÅÅÅ

ÅÅÅÅ

 

Le carré de quatre points de côté, correspondant au 4 basal de la tétraktys, prend ici une dimension universelle, car la somme des points périphérique est de 12, nombre de signes du zodiaque. De cette constatation est probablement issue la forme carrée des anciennes cartes du ciel des astrologues.

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 15:48

La tétraktys de Pythagore est un nombre représenté par 10 chiffres disposés en triangle. C’est la raison pour laquelle on l’appelle nombre figuré triangulaire. La formule numérique s’écrit : 1 + 2 + 3 + 4 = 10. La disposition figurée est la suivante :

Å

Å  Å

Å  Å  Å

Å  Å  Å  Å

 

À l’époque de Pythagore chaque point noir était un petit caillou disposé sur le sol, d’où est venu le nom de calcul désignant aussi bien le jeu de nombre que les petits « cailloux » se formant dans certains organes comme la vésicule biliaire ou les reins.

Cette figure était sacrée pour les pythagoriciens, à tel point qu’ils prêtaient serment « par la sainte Tétraktys », ce qui ne saurait être pris à la légère quand on sait que certains êtres savent aller au-delà du temps.

Une expérience va dans ce sens. En 1950, le jeune biologiste Stanley L. Miller, âgé de 25 ans, encore étudiant à l’Université de Chicago, fut à l’origine d’un véritable tournant dans l’approche expérimentale de la vie. Il simula dans un ballon l’atmosphère primitive de la terre (mélange de méthane, d’ammoniac et de vapeur d’eau) et la bombarda par des décharges électriques, de 60 000 volts, figurant les éclairs des violents orages des premiers temps. Après une semaine, le jeune scientifique découvre qu’il a synthétisé de nombreux composés organiques, notamment, des acides aminés, à partir desquels s’élaborent les protéines, matériau fondamental de la matière vivante. Le résultat repose sur l’interaction de trois molécules : l’eau (H2O), l’ammoniac (NH3), et le méthane (CH4). Ces trois molécules sont formées avec QUATRES atomes : L’hydrogène (H), l’oxygène (O), l’azote (N) et le carbone (C). Chacun de ces atomes possède un pouvoir de combinaison avec d’autres atomes appelé valence, qui fixe le nombre des autres atomes avec lesquels un corps peut se combiner (s’accrocher). Pour simplifier, j’appellerais la valence un crochet avec lequel elle va pouvoir s’accrocher à un atome.

Ainsi l’hydrogène (H) possède un crochet, l’oxygène (O) est pouvu de deux crochets, l’azote (N) de trois et le carbonne (C) de 4.

 

Å-------------H

Å  Å-------------O

Å  Å  Å-------------N

Å  Å  Å  Å-------------C

 

Ainsi aux nombres de la tétraktys correspondent les atomes à l’origine de la vie dont le fondement est le carbone (C).

Or, en alchimie (science traditionnelle de la vie) la valeur dix représente les capacités multiplicatrices de la pierre.

Vous pouvez penser qu’il s’agit du hasard, dans ce cas je vous souhaite bon vent !

 

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

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