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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 14:10
BETHANIE : DE LAZARE… AU CURÉ DE RENNES LE CHATEAU

Villa Béthanie du curé de Rennes le Château.

Tous les exégètes et théologiens sont unanimes pour qualifier le IVe évangile (évangile de Jean) comme l’Évangile de l’Esprit. Les connaisseurs en la matière ésotérique disent qu’elle renferme le secret des secrets. Et derrière ces initiés, dont on a perdu toutes traces de nos jours, un véritable chœur de thuriféraires répète à l’envi que cet évangile contient le grand secret mais ils ignorent ce qu’il est. Pour avoir du bagou ils en ont ! Ainsi, certaines sociétés initiatiques ont sur leur établi l’évangile de Jean et racontent depuis des siècles des balivernes. Bon, je suis direct mais au moins les choses sont claires !

Mais alors quelles sont les particularités de cet évangile vénéré par ces « joannites » qui n’en portent que le nom sans en avoir la sublime connaissance ?

Sa principale particularité, c’est que les récits qu’il contient sont bien souvent seulement dans cet évangile. Il est le seul à rapporter certains faits. C’est notamment le cas pour la curieuse résurrection de Lazare.

D’autre part, il s’est avéré que la trame est quelque peu fantasque puisqu’elle est souvent chaotique, non suivie ou indubitablement désordonnée. Les récits, son parfois si filandreux qu’ils frisent parfois l’incohérence, ce qui rend impossible de lui accorder une valeur réelle et historique. Les faits relatés donnent parfois l’impression d’être de l’ordre de l’imaginaire, ou du symbolique, à l’instar de l’Apocalypse, quelque peu échevelée, rédigée par ce même saint Jean devenu nonagénaire.

Alors ? Alors, il faut bien convenir que cet évangile a une autre portée et que sous l’apparence des faits relatés, se cache une vérité. Et cette vérité ne peut qu’être essentielle pour l’humanité. Oui, en effet, elle véhicule LA VERITE sous forme allégorique. Mais quelle vérité ? Je ne parle pas ici de ces discours des philosophes de comptoir qui m’ont usé les oreilles, et qui affirment péremptoirement que la vérité, une et unique, n’existe pas. Cette vérité lumineuse étant totalement invisible pour les hypertrophiés de l’ego, ils ne peuvent qu’affirmer qu’elle elle est aussi polymorphe que les enfantements de leur imaginaire. Imaginaire hélas impossible à écraser sous les fourches Caudines de notre univers étriqué d’intello pur et dur. Athés, Zététiciens et Freudiens, reposez-vous s’il vous plait. Allongez-vous sur votre divan et piquez une bonne sieste, c’est bon pour la santé !

Saint Jean et les sorbonnards.

Oui, cet évangile cache la vérité avec un « V » majuscule, celle de l’Esprit qui anime toute choses ici-bas… tout est dit, mais combien ont compris ? Alors mettons les points sur les « i ».

Cet aspect les exégètes et les théologiens l’ont bien compris et affirmé, mais n’ont pas pour autant révélé cette vérité cachée sous la trame des récits pour la simple raison que leur intellectualisme les empêche de la comprendre car ̶ oh paradoxe ! ̶ cette vérité ne se comprend pas dans le sens où nous l’entendons ! Elle se révèle, je parle évidemment dans le sens où notre logique discursive est incapable de la saisir alors que nos capacités intellectuelles non discursives procèdent par « révélations »[1]. Quelle en est la raison ? Tout simplement la compréhension de cette vérité est beaucoup trop facile et hors de portée des gens compliqués aux intelligences les plus brillantes et les plus exercées. Tel est le drame de ceux qui savent tout mais ne comprennent rien !

Il manque une chose aux gens brillants, c’est d’accepter leur bêtise intrinsèque, que (excusez mon expression) la « connerie » est bien humaine et qu’ils n’en sont pas exclus. Ces Sganarelle du savoir pratiquent, dans leur incertitude ou ignorance, l’art opaque du fumigène pour dissimuler leur laideur. Combien s’écoutent parler ? Combien de croix de bois sur les cadavres de langue de bois ?

Les charbonniers de la foi

Quant aux gens simples cette connaissance n’est pas non plus directement à leur portée pour leur éviter de terribles épreuves car le blasphème contre l’Esprit n’est pas pardonné. Le piège universel, même auprès des gens très simples, est la difficulté d’accepter la profonde candeur des faits qui peuvent provoquer, en leur fort intérieur, une néfaste déconsidération.

Nous sommes là dans le même cas de figure que celui de la fameuse nouvelle littéraire « La lettre volée » (1844) d’Edgard Alland Poe. Les choses sont si évidentes et devant notre nez que nous ne croyons pas cela possible et envisageable.

Les culs-bénis et les grenouilles de bénitier

Quant aux exégètes et théologiens, ils souffrent d’un handicap supplémentaire, c’est celui d’être pétris de croyances. Ils croient que leur Dieu est invisible (en cela ils ont raison) et, de ce fait, l’Esprit Saint l’est aussi et là ils n’ont pas raison. J’entends ricaner tous les bons et intelligents chrétiens (« il se prend pourquoi le cave qui danse le tango des concaves de nos cousin du Québec ! ») mais ce texte n’est pas pour eux car il ont la foi !

Cavana appelle cela les culs-bénits (avec un « t » de dérision comme dans « eau bénite ») qui juge avec une magnifique lucidité et impertinence qui réjouit les mécréants mais ne va pas à l’encontre de l’esprit des vrais chrétiens qui ne peuvent tolérer le crasseux conformisme et de ce fait se réjouissent aussi ! Lisez, cela vaut le détour :

« Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toute dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « foi ». Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, ils l’ont touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça. » (in « Lettre ouverte aux culs-bénits » p. 7. Éditions Albin Michel 1994)

Cela pour dire que de pareils individus ont les neurones coincés dans du coton hydrophile qui pompe l’eau et même… l’air ! Ces individus-là ne sauraient saisir le sens caché des Évangiles puisqu’ils sont prisonniers de la lettre et ont laissé échapper l’esprit, c’est-à-dire la connaissance. Réquiem aetérnam dona eis… Donne-leur le repos éternel… C’est ce qu’ils attendent… non ?

L’histoire à dormir debout du sieur Lazare de Béthanie.

Essayons de comprendre ce que nous apporte un certain Lazare de Béthanie qui occupe tout le chapitre XI de saint Jean qu’il est le seul à rapporter.

Je vais tenter de faire un résumé pour vous éviter de mourir d’ennui. Je commence !

Deux sœurs, Martes et Marie, habitaient chez leur frère Lazare, dans le village de Béthanie. Elles envoient prévenir le Christ pour lui annoncer que Lazare est malade, et Jésus de leur répondre bizarrement :

« Cette maladie ne va pas à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le fils de Dieu soit glorifié. »

Pour un Fils de Dieu, ce n’est pas glorieux car notre homme-Dieu n’est pas fichu de concurrencer Madame Irma qui tire les cartes non loin de la place Vendôme ! Et bien la maladie de Lazare ira jusqu’à la mort, oui, Lazare mourra ! Elle commence déjà de guingois cette histoire. Une fausse prédiction, une erreur de Dieu et personne de nos jours ne prend note, ne s’en étonne, pas plus les théologiens que ceux qui claironnent que cet Évangile est secret. En agissant de la sorte ils ne risquent pas de le découvrir ce fameux secret !

Le récit évangélique se poursuit semé d’affirmations spécifiant que Jésus aimait Marie, Marthe et Lazare.

Le comportement de Jésus est des plus curieux puisque au lieu de se rendre à Béthanie pour guérir Lazare, il reste sur les lieux :

« Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. Lors donc qu’il eut appris qu’il était malade, il resta au lieu où il était, deux jours encore. »

Non seulement Jésus ne se dérange pas, pour des amis qu’il aime, mais en plus il propose à ses disciples d’aller se balader ailleurs, en Judée :

« Allons de nouveau en Judée. »

Évidemment, ses apôtres ne comprennent pas :

« Maître, tout à l’heure les Juifs voulaient te lapider et tu vas de nouveau là-bas ? »

Non seulement cette décision de revenir se faire lapider est illogique et surprenante, mais en plus la réponse à cette interrogation des apôtres est totalement énigmatique, incohérente et, disons-le, totalement déjantée dans le contexte :

« N’y a-t-il pas douze heures de jour ? Si quelqu’un marche durant le jour, il se heurte pas parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais si quelqu’un marche durant la nuit, il se heurte parce que la lumière n’est alors pas en lui. »

Après cela les choses totalement farfelues s’accumulent car il continue en disant :

« Lazare notre ami s’est endormi, mais je vais aller le réveiller »

Les apôtres sont paumés, ils croyaient Lazare malade et le voilà endormi. Dans ce cas, c’est bon signe pour sa guérison ! D’où leur réponse :

« Seigneur, s’il dort il guérira. »

Tout cela est logique mais voilà que le texte dérape en contredisant ce qui vient d’être dit :

« Or Jésus avait parlé de la mort, mais eux se figurèrent qu’il parlait du repos du sommeil. »

Les apôtres ont tout l’air d’être cinglés car ils ne savent pas interpréter le contraire de ce que l’on dit ! Si chaque fois que l’on me dit qu’un tel dors, il me faut comprendre qu’il est mort ou peut-être pas, je me ferais en permanence un sang d’encre. C’est quoi cette manière de parler ?

Jésus finit par dire :

« Lazare est mort… Mais allons vers lui. »

C’est à ce moment que se situe un passage profondément significatif, celui où Thomas Didyme qui a compris le sens des paroles du Chris. Il s’écrit alors, plein de joie, en s’adressant aux autres disciples :

« Allons, nous aussi, pour mourir avec lui. »

Et ils partirent pour l’abattoir… pardon, ils partirent pour Béthanie de Judée située à quinze stades environ de Jérusalem et le Christ trouva Lazare qui depuis quatre jours déjà était dans le tombeau.

Là les sœurs de Lazare lui reprochèrent de ne pas être venu le guérir avant sa mort. Il affirma alors qu’il était la résurrection et la vie et donc que Lazare allait ressusciter. Il s’approche du caveau ou repose le corps de Lazare. Une pierre est placé dessus et il demande qu’on l’enlève, ce à quoi Marthe répond que son frère étant mort depuis quatre jours, il sent déjà… On ôta donc la pierre et il cria d’une voie forte :

« Lazare vient dehors ! »

Le mort sortit, lié de bandelettes aux pieds et aux mains, son visage couvert d’un suaire. Le Christ dit alors :

« Déliez-le et laissez-le aller. »

La vérité sous une peau d’âne.

Pris à la lettre, ce récit, il faut en convenir, comprend des passages pleins d’obscurité allant jusqu'à l’exclamation absurde de Thomas : « Allons mourir avec Lazare !» et avec cela des contradictions totalement aberrantes dans le style: « Mon ami est mourant allons nous promener dans le bois en attendant qu’il crève ! »

En prime un passage totalement surréaliste et déjanté à la Georges Feydeau :

- Lazare dort et ne va pas mourir.

- Parfait il se repose et va guérir

- Qu’est-ce que vous ma raconter, bande de caves, Vous êtes sourds ou quoi ? je viens de vous dire qu’il est mort !

- Super, comme c’est un bon copain, allons mourir avec lui !

Non seulement Jean raconte des choses difficilement compréhensibles et incohérentes mais en plus il relate un évènement très important que les trois autres évangélistes ignorent. Car il n’est point question de résurrection de Lazare en l’évangile de Mathieu, ou celle du Luc et de Marc !

Par ailleurs, Jean ne parle qu’une seule fois de Lazare, ce qui est étrange pour un ami que Jésus aimait avec ses sœurs Marthe et Marie. Oui on comprend mal étant donné, cette amitié signalée que le Christ ait attendu 48 heures avant de se décider à se mette en route pour aller voir Lazare et que, de plus, ce soit le quatrième jour après sa mort, qu’il opère la résurrection, en ayant d’abord déclaré que Lazare son ami s’était « endormi », qu’il allait le réveiller, alors qu’en son fort intérieur il le savait réellement mort.

Pour débrouiller cet écheveau il faut s’attarder sur les plus grosses incohérences qui ne peuvent être que préméditées. La plus manifeste est cette confusion entre sommeil et mort. L’interprétation est somme toute simple : Même vivants ceux qui dorment sont morts. Le Christ va donc éveiller des morts-vivants, ce qui rend alors compréhensible cette exclamation de Thomas Didymes : Allons mourir avec Lazare pour être éveillé par le Christ…

Le Christ se comporte donc comme un éveilleur car chacun de nous est endormi. Pour cela, il faut enlever la pierre et le voile du linceul qui est devant nos yeux. La Christ fait présent de Lazare ressuscité à Marthe et à Marie. Comprenez qu’il s’agit de vivre le présent qui permet d’accéder à l’éternité laquelle se définit comme l’absence de temps. Donc pour se réaliser spirituellement il faut d’abord s’éveiller au présent. Sans cela rien n’est possible. Comprenons pourquoi les pauvres chevaliers du Christ prirent le nom de Templier dans leur recherche de la maîtrise du temps. Templier, c’est cabalistiquement « plier » le temps… le maîtriser ! Telle est la seule manière de recevoir la lumière de la connaissance éternelle. Et Jean ne manque pas de le spécifier quand la Christ désire retourner en Judée où il risque d’être lapidé :

« Il y a un jour et il y a la nuit. Si quelqu’un marche durant le jour parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais si quelqu’un marche durant la nuit, il se heurte parce que la lumière n’est alors pas en lui. »

On ne fait pas assez attention à ces derniers mots : « la lumière n’est pas en lui ». La lumière que l’on porte en soi nous maintient à l’état d’éveil et nous empêche de nous heurter aux obstacles de la vie (et de la nuit) et plus encore de voir le monde et l’univers autrement.

Cela me rappelle une définition de l’alchimie par Eugène Canseliet qu’il donna, je ne sais où, et que je cite donc de mémoire :

« Parvenu à cette extrémité glorieuse de sa carrière l’Adepte meurt simultanément au présent des contingences illusoires et naît à la réalité unique et sans antagonisme dans l’omniprésence et la perpétuité. »

Certes, le style est ampoulé mais le sens très juste. Il montre l’illusion qui structure la « réalité » dans laquelle nous vivons à l’état de veille. En fait, cette « réalité » de notre état éveillé de chaque jour est illusoire car elle n’est guère différente du rêve de notre sommeil.

Pour le Christ qui est la vérité et la vie, la mort telle que nous l’entendons : (Thanatos) n’existe pas.

Et la grandeur autant que l’originalité de ce récit est que le Christ propose l’éveil avant la mort biologique. Et cet éveil est une résurrection puisque nous dormons habituellement. Éveillés dans notre vie biologique, nous le restons donc à notre mort biologique, c’est cela le message essentiel, nous mourrons les yeux ouverts exactement comme l’affirme la quatorzième planche du livre d’alchimie appelé mutus liber ou livre sans parole…

Comprenons-nous maintenant pourquoi Thomas didyme est heureux de mourir avec Lazare ! et pourquoi il cherche à entraîner les apôtres à sa suite…

Si la Christ est réellement ce qu’il prétend être, c'est-à-dire l’émanation consubstantielle de la puissance créatrice que certains appellent Dieu d’autres le Grand Manitou ou encore le Grand Architecte de l’univers ; la meilleure preuve de sa divinité ̶ seule capable de nous guider, en fonction de nos efforts, vers notre « éveil » et ensuite vers notre divinisation, ̶ ne saurait être scripturaire mais de l’ordre de l’harmonie avec les lois de la nature. Oui le Christ est en harmonie avec les lois qui structurent toutes matières et que les scientifiques actuels sont bien loin de découvrir car une science des causes, de l’ordre de l’intangible, est éminemment supérieure à celles des effets étudiés par nos scientifiques. Reconnaissons qu’il leur est impossible de faire autrement tant que leur état d’esprit n’aura pas changé et qu’une réflexion sérieuse ne sera pas engagée face aux « anomalies » insaisissables, pour notre logique aristotélicienne, de la physique des quanta.

Le siècle des lumières n’est pas du passé mais du proche avenir. À côté du véritable siècle des lumières, celui du XVIIIe siècle est obscur. Notre manière de penser sera retournée… excusez l’expression rustique, comme un gan de toilette, puisque le décrassage de nos idéologies sera très réel.

Le fait que le Christ ait attendu quatre jours avant de ressusciter Lazare est l’image des quatre jours nécessaire pour que les alchimistes parviennent à L’œuvre au noir et dont l’odeur de putréfaction est incontestable. Les adeptes disent d’ailleurs, dans leurs écrits, qu’il s’agit d’une odeur de sépulcre. Dans cette noirceur est la pierre qu’il faut enlever, c’est pourquoi l’évangile précise : « et la pierre du sépulcre fut ôtée ». Parvenu à ce stade le voile blanc du linceul qui masquait sa vue fut enlevé. En d’autres termes, la couleur noire est remplacée par la blanche signe de la transfiguration et donc de la résurrection… L’être est ainsi « libéré », « éveillé », comme le spécifie le texte disant que les bandelettes des pieds et des mains furent enlevées et Lazare fut libre comme tout alchimiste ayant réussi l’est. Ces analogies avec les lois alchimiques sont inévitables car elles sont la manifestation de celles de la nature. De ce fait l’évangile, autant que l’Ancien Testament, ne saurait passer outre.

Le curé de Rennes le château ou Lazare en soutane ?

Le curé richissime de Rennes le Château à fait couler beaucoup d’ancre avec son introuvable trésor. Et nous savons qu’il fit construire une belle villa qu’il appela Bethanie du même nom que le lieu où demeurait Lazare le ressuscité. À côté de cette villa, il aménagea un jardin d’agrément avec une tour et un belvédère. Et cette tour, il l’appela Magdala prénommée Marie sœur de Lazare. Difficile donc de ne pas établir de rapport avec la résurrection de Lazare et sa sœur Marie-madeleine, dont le récit est uniquement présent dans l’évangile de Jean. Quant à son église entièrement restaurée par ses soins, les symboles alchimiques ne manquent pas. Béranger Saunière mort à Magdala était-il un éveillé ? je n’en doute pas un instant car il est décédé en ce lieu unique ou ressuscita Lazare. Lieu voulu par lui. Béranger est donc parti les yeux ouverts pour faire de son domaine un puissant pôle d’attraction du monde entier. Lieu où un levain se manifeste pour que de plus en plus de chercheurs de trésors et de rêveurs réalisent que le temps leur est compté et que la richesse égoïste si elle procure une aisance personnelle, uniquement personnelle, ne sait que faire s’effondrer les bases de notre société en engloutissant riches et pauvres dans le même néant « préhistorique » ou les harpagons crèveront asphyxiés dans leurs propres miasmes. Ainsi finit probablement une certaine Atlantide ? Nul ne le sait, sauf que nous sommes sur le fil du rasoir et que notre incurable bêtise pourrait nous faire condamner à la peine capitale pour génocide.

Je n’aime pas ce genre de prédiction apocalyptique Mais il est de plus en plus difficile à croire que nous allons vers des lendemains qui chantent ! Cela ne doit pas nous empêcher de chanter sans déchanter car comme nous l’ont montré bien des alchimistes et aussi Béranger Saunière nous pouvons comprendre les lois de l’univers et communiquer avec lui et beaucoup plus de choses encore. C’est un rêve de fada dites-vous ? Allez donc le dire aux grands mystiques de l’histoire de l’humanité et à Bérenger Saunière et juste après lui à Fulcanelli… Évidemment, si vous le dites aux ombres du cercle zététique, vous n’êtes pas sorti de l’auberge !

« Nous sommes sur des épaules de géants » aimait dire l’alchimiste Isaac Newton, ce cauchemar du dortoir des Zététistes qui ne peuvent le traiter de cinglé.

Avec toute mon amitié.

[1] Ce terme de « révélation » remet en cause le sens profond de ce que l’on appelle « religion révélée » comme le christianisme. Actuellement nos religions dites révélées ne sont autres que des religions « dictée »…

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:21

BALADE ALCHIMIQUE CHEZ LES CATHARES

Il y a sept siècles le troubadour Marty chantait, après la tragédie Cathare et le bûcher de Montségur sur lequel furent brûlés vifs les « hérétiques » albigeois:

« Après sept cents ans les lauriers refleuriront sur le sang des martyrs »

Cette seule phrase montre combien notre poète troubadour initié au sein de sa confrérie connaissait les cycles de la vie fort bien expliqués, dans notre actuel, par Rudolf Steiner en ses multiples conférences sur la biographie. Car le sept caractérise autant les cycles biologiques que temporels. Et à ce cycle aucune civilisation n’échappe, et l’alchimiste lui-même doit s’y plier puisque ses réalisations restent indissolublement liée aux lois de la nature. D’où la présence de ce nombre, moult fois répétée dans les différents livres de la Bible, autant dans l’ancien que dans le nouveau Testament. Et l’on saisit pourquoi l’Audois, Déoda Roché, fit fructifier depuis son village d’Arques, les conseils du grand philosophe et mystique Autrichien. Telle est donc la raison essentielle de la participation active, de cet infatigable chercheur du monde suprasensible, au renouveau de l’esprit et de la spiritualité Cathare.

Une semaine de siècles s’était donc écoulée et ce fut, pour le grand public, la découverte de la tragédie cathare grâce à la première émission télévisée qui indigna le monde entier. Comment un pareil massacre a pu se produire avec autant de cruauté et d’injustice ? Ce drame marqua, en réalité, l’invasion et l’annexion de la civilisation occitane par les Français sbires sanguinaires de Simon de Monfort exécuteur des hautes œuvres des papes et des rois.

Qui peut oublier la fin terrible des innocents assassinés dans leur prière au pied de l’autel ? Massacre terrible des 20 000 habitants de Béziers ! Et cet acte ignominieux de boucher abject en une seule journée ! Comment oublier les cinq mille habitants de Marmande occis jusqu’au dernier ! Qui peut oublier cet ordre infâme : « Tuez-les tous Dieux reconnaîtront les siens ! » ? Désignant par là le massacre de toute l’Occitanie pour se l’approprier… Au nom de l’amour ! de quel amour ?

« Les clercs se donnent pour bergers

Et ce sont des assassins

Sous leur air de sainteté. »

Ainsi chantait, le soir sous les toits de chaume, le troubadour Peyre Cardinal.

Des promoteurs immobiliers insensibles à ce genre de crimes, individus sans foi ni loi, qui massacrent bien des paysages pour ne parler que de cela, s’avisèrent un jour de baptiser le lotissement d’un village de l’Aude : « Simon de Monfort ». La réponse violente et indignée ne se fit pas attendre et les avocats plaidèrent ardemment pour que le nom de cet assassin n’insulte pas ceux qui habitent les lieux… Le plaidoyer fut si convaincant que les promoteurs furent obligés par la justice de changer le nom du pâté de maisons. Cela montre combien actuellement l’indignation est à fleur de peau, comme si au fil des générations la mémoire génétique, elle-même s’exprimait avec feu.

Les actuels « nordistes » n’ont évidemment aucune responsabilité dans cette tragédie qui s’apparente plutôt aux miasmes des puissances chthoniennes de destruction. Peut-on y voir un rapport avec le dragon de Tarascon, de Tarascon-sur-Ariège ? La tarasque vaincue et domestiquée par sainte Marthe à Tarascon, face à Beaucaire, sur les rives de l’embouchure du Rhône resurgissant libéré mille ans après ? Un rêve ? Peut-être…

Les ouvrages traitant du catharisme ne cessent de se multiplier à tel point que le nom est devenu un argument nauséeux de marketing. Les villes sont cathares, les châteaux le sont aussi ainsi que les vins… à quand le slip cathare ?

Quand j’usais mes fonds de culotte sur les bancs d’une école communale de Narbonne (pas encore cathare) l’institutrice me parlait des croisades et, bien sûr, de la « croisade des Albigeois ». Et le sujet était traité si brièvement que je m’imaginais que ça s’était déroulé, comme les autres croisades, en terre sainte… Destruction volontaire, oubli imposé pendant sept siècles à notre république laïque par l’inflexible morale de l’Inquisition. Il a fallu un téléfilm en blanc et noir des années soixante pour que l’opinion s’éveille et réalise la duplicité ou l’ignorance (un comble) de la laïcité et de l’école publique face à un génocide tricolore ! C’était probablement un détail de l’histoire comme certains irresponsables l’affirment à propos des fours crématoires de la dernière guerre mondiale !

Cette vérité niée, bafouée, perdue, renaît à peine de nos jours dans l’esprit des femmes et des hommes d’OC. Remontant aux sources, ils se souviennent de la sagesse, de la beauté, de la mystique qui rayonnait de l’Occitanie médiévale, pays de tolérance, pays de liberté. Le sang et les bûchers étouffèrent sa terre, mais son âme est toujours la même, avide d’absolu, assoiffée de Lumière, éprise de pureté, cette âme qui avait accueilli le catharisme au nom de la liberté et de la mystique universelle.

Curieusement existe encore, de nos jours, un refus larvé de la part des « nordiste » qui parlent plus volontiers de la Bretagne, des Cht’i ou des Catalans ou encore des Basques… Le seul prix Nobel de nos langues régionales, Frédéric Mistral, n’est plus. Air bus le remplace, c’est bien suffisant !

Quand j’étais apprenti menuisier au centre d’apprentissage de Castelnaudary (aujourd’hui lycée Andréossy) nous dissertions sur les lettres de mon Moulin d’Alphonse Daudet quand l’un de nous interrogea le prof sur Frédéric Mistral. Il y eut un moment de silence quand tomba la condamnation d’avoir proféré ce nom : « Mistral, c’est autre chose ! ». En d’autres termes cet ami de Daudet, son compagnon de poésie était « autre chose » ! Quelle autre chose ? Alors que de simples apprentis pratiquement illettrés en devinaient la parenté. La conclusion s’impose: Mistral est un empêcheur de tourner en rond depuis qu’il reçut, en 1914, le prix Nobel de littérature pour sa poésie occitane ! Quel camouflet pour les instituteurs de l’indivisible république qui punissaient les élèves des écoles communales quand ils parlaient cette langue pathologique dont l’ignominie était non seulement d’être hérétique pour l’Église mais aussi pour la République!

Qu’elle était donc la substance de cette « hérésie » cathare si puissante qu’il fallut, pour la combattre, déchaîner les foudres des monstres avides de pouvoir de ces porte-épées ancillaires lèche-bottes de l’Église romaine et assassins au service des rois ?

On a, maintes fois, tenté de rattacher la Catharisme aux religions dualistes iraniennes de Zoroastre, de Manès, et par-delà elles, au Bogomilisme. En fait de nombreuses doctrines ont, avant le catharisme parcouru la terre occitane dont toutes n’étaient pas d’inspiration orientale comme le Priscillianisme, cette chrétienté (son fondateur Priscilla était évêque) très influencé par le gnosticisme, mais on ne lui pardonna pas d’accepter les femmes au sacerdoce. Nous avons aussi le Montanisme qui refusait toute hiérarchie ecclésiastique et se référait à l’évangile de Jean. Nous voyons à travers ces deux exemples que les gens d’OC cherchaient un christianisme authentique. Cet aspect se confirme quand on tente de situer le catharisme dans le complexe de ses lieux initiatiques que sont les grottes et spoulgas[1] du Sabarthez, de l’étudier sous un angle nouveau : celui du symbolisme et de la croyance ésotérique des Bons-Hommes, comme en appelait les Cathare à cette époque là, car leur bonté était proverbiale et, disons-le, inversement proportionnelle à celle des Hommes d’Église d’alors.

C’est en effet du Sabarthez, cœur des Pyrénées ariégeoises, que partait le rayonnement de la « foi » des cathares. Plus particulièrement des grottes-églises d’Ussat-Ornolac où le néophyte passait quatre années durant lesquelles il était formé pour parvenir à se détacher progressivement de diverses choses qui l’entourent y compris la matière. En cela il est vrai que cette démarche se retrouve en orient y compris dans les Églises chrétiennes. Par la suite, sa progression était plus solitaire faite essentiellement grâce aux symboles gravés à même les parois des nombreuses cavités qui s’ouvrent au flanc de la montagne sacrée.

J’entends les francs-maçons de toutes obédiences manifester leur bruyante approbation. Respectez votre tablier ! Calmons-nous ! Car faudrait-il savoir si les cathares et les francs-maçons donnaient un même sens aux symboles.

Si pour le franc-maçon le symbole est l’objet de multiples réflexions et méditations, il n’atteint jamais la dimension réellement cosmique qu’il revêt quand il est appréhendé au-delà de la sphère intellectuelle de l’analogie.

Pour m’exprimer sans ambages je dirais que la réflexion analogique est bien, mais il y a mieux, beaucoup mieux. Pour cela, encore faut-il saisir ce qu’est l’intelligence, ne pas la limiter à notre étincelante cervelle plus ou moins apte à établir des rapports entre les choses.

J’ai montré depuis longtemps, notamment dans Holoscopie de la spiritualité Occidentale, combien nous étions pourvus d’une forme de psychisme capable de parvenir à des conclusions justes sans passer par un raisonnement logique. J’en ai donné de nombreux exemples que je ne rappelle pas ici. Autant les neurosciences que les traditions Hindoues peuvent vous en informer. Inutile pour saisir cela d’aller fréquenter un ashram et de faire des suppositions « serpentesques » entre la Kundalini et les Chakras ! Restons chez nous dans l’odeur des champs de lavande…

Le symbole, tout comme les analogies spontanées qui permettent d’être à l’aise dans l’univers cabalistique de la phonétique, nécessite la même prise de conscience qui est un véritable éveil. À cette prise de conscience, il est impossible d’y parvenir si l’on ignore que nous sommes pourvus de deux intelligences : celle de notre encéphale cérébral et celle (colossale) de notre corps. Le symbole sert d’intermédiaire avec l’intelligence du corps.

Les biologistes n’ignorent pas l’existence de cette intelligence car certains animaux invertébrés n’ont pas de structures nerveuses siège d’une intelligence et, pourtant, ils ont de la mémoire. Les scientifiques parlent alors de mémoire musculaire…

Le corps ne communique pas avec les mots que nous utilisons, d’où le symbole en qualité, « d’interprète » en quelque sorte qui transforme les lettres de notre alphabet en concepts qui peuvent être « entendus » par le corps.

Le corps ne réagit pas comme nous le ferions avec notre psychisme, il est lent, très lent, il est difficile de capter son attention car depuis notre naissance nous l’ignorons et la religion n’as pas arrangé les choses. L’éveil du corps va donc transiter par la redondance, par l’observation patiente d’une même chose. La patience est donc une qualité maîtresse.

Informer patiemment votre corps en observant un symbole en redéfinissant lentement son sens intellectuel est le seul chemin. Prenons conscience que nous établissons un contact avec une sorte de puissant génie analogue à celui qui sort de la lampe d’Aladin dans laquelle il est enfermé depuis des temps immémoriaux. Beaucoup de contes font référence à cet être endormi.

Non, demain (après 15 minutes de concentration) cela ne saurait arriver puisque ce processus demande du temps et s’intègre à l’initiation fondamentale à laquelle aucune école de mystères ne saurait déroger autant l’antique Éleusis que les centres initiatiques des troubadours ou des cathares. Telle est la clé de toute mystique et c’est aussi l’une des raisons pour laquelle René Alleau appelle l’alchimie « mystique expérimentale » (In Aspects de l’alchimie traditionnelle »)

Donc, la progression de l’initié cathare était faite de méditation sur les symboles comportant un sens alchimique incontestable. L’un de ces symboles, gravé devant le « grotte du midi » est particulièrement représentatif.

Il s’agit d’un double triangle au sommet orienté vers le bas et dirigé vers une coupe contenant la lettre M.

Au centre des deux triangles est une sorte de blessure d’où « s’écoulent » cinq traits verticaux.

L’ensemble du dessin est surmonté par la voûte céleste terminée par un croissant de lune.

Le triangle double insiste sur le double sens de l’élément eau dont c’est le symbole traditionnel que l’on trouve dans la nomenclature des anciens chimistes. L’un de ces sens désigne l’eau de nos rivières ; l’autre tout ce qui est liquide y compris les métaux fondus.

Ces deux triangles désignent un creuset dans lequel est l’initiale M de la matière ou Matéria prima. Au cœur du triangle est une blessure d’où s’écoulent cinq filets ou quintessence.

Cela se déroule sous l’onde céleste désignée par la sinusoïde pointée symbole de la régularité du phénomène ondulatoire. Le soleil réfléchissant son rayonnement sur la lune se couche sur l’horizon alors que se lève l’astre nocturne sous les nuages. Sa lumière polarisée est associée à un rayonnement appelé mercure universel, seul capable d’aider à réaliser le grand Œuvre.

Est-de tout ? Non ! encore faut-il savoir pratiquer la langue inverse et de ce fait placer le haut en bas et inversement !

Ce symbole doit donc être aussi lu à l‘envers où le double triangle d’eau devient double triangle de feu désignant le feu du foyer et le feu céleste ou mercure universel. Sur le sommet du triangle double n’est plus une sorte de creuset mais la voûte céleste avec non plus un M mais le W qui caractérise la constellation de Cassiopée proche du pôle nord, ce qui montre que cette orientation (en entonnoir ?) permet de capter le mercure universel. De la voûte céleste descend ce mercure sous la forme des cinq traits verticaux (générateurs de quintessence) qui vont être recueillis dans une coupe (graal ?), cette « vibration » se transmet au soleil par les ondes supérieures qui lui-même la communique à la lune. Jeux de miroirs donc. Le bas du symbole est une barque qui rappelle les dessins égyptiens, barque qui navigue sur l’eau céleste dont les sept rames s’enfoncent dans les flots temporels indissolublement liés aux périodes septénaires qui caractérisent la « semaine des semaines » durant laquelle l’alchimiste fabrique son œuf ou pierre philosophale… « Après sept cents ans les lauriers refleuriront sur le sang des martyrs » oui, « l’or y est » dans la fleur du septénaire qui se superpose au septentrion.

Dernier point à propos des nuages trilobés qu’ils soient blancs ou noir, il représentent les trois corps : sel, soufre et mercure ont le blanc et le noir sont de couleurs essentielles.

Beaucoup de lectrices et lecteurs vont être surpris et n’accepterons probablement pas ma conclusion que voici :L’école initiatique cathare était chrétienne !

Un fait le montre. Le chrisme (initiales du Christ) qui se trouvait autrefois sur le mur, AU-DESSUS DE LA GRANDE PORTE de la grotte de Bethléem, et proposé à la méditation des futurs cathares, fut volé.

Pour éviter toute interrogation sur « l’hérésie » et la découverte que des chrétiens en assassinèrent d’autres, ce chrisme fut transférée par les ecclésiastiques. Ils le scellèrent dans un pilier de l’église d’Ornolac… Triste reconnaissance !

Le catharisme était l’Église de connaissance (à l’instar de l’Église templière) qui fut détruite par l’Église des croyants partisans du jihad ou guerre saint dont nous avons des aperçus actuellement dans le monde musulman où les croyant massacrent ceux qui ne croient pas, car ils s’estiment les seuls dépositaires de la vraie foi.

La destruction du catharisme fut donc un violent refus par l’Église des croyants refusant d’accepter que puisse exister une Église de connaissance à caractère initiatique. Ce fut donc la guerre sainte comme on en voit actuellement dans les pays musulmans, avec les mêmes intransigeances et atrocité génératrice de charniers.

Que les choses soient claires, je vous ai donné mon opinion qui vaut ce qu’elle vaut. Mais je me suis bien amusé.

Avec toute mon amitié.

[1] Spoulga terme provenant de l’Occitan. Il désigne des grottes fortifiées placées en hauteur. On en compte sept en Ariège.

BALADE ALCHIMIQUE CHEZ LES CATHARESBALADE ALCHIMIQUE CHEZ LES CATHARES
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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 07:04
BALADE ALCHIMIQUE A BABYLONE

Babylone sur l’Euphrate, ombre d’une cité qui n’est plus sur le miroir de l’eau. Elle se consuma dans le feu du désert et celui des guerres cruelles. La cruauté est inséparable de ce lieu ou sévissait encore de nos jours un dictateur impitoyable. Domestiquer une soif de sang et de souffrance qui sourd du sable ensanglanté depuis des millénaires est au-dessus des forces humaines. Une malédiction ? Peut-être ! En tout cas, cimetière géant de peuples dispersés, abandonnés par leurs dieux, trahis par leurs frères. En ce lieu se cotaient les pires faiblesses humaines dont tout être se devrait de frémir.

Et pourtant Babylone est un cri dans l’histoire des hommes ! Cri qui est resté celui de la dispersion cacophonique de Babel. Cependant, le glaive a su, à cet endroit, devenir charrue pour la splendeur de cette magnifique cité aujourd’hui mirage des ondes de chaleur, mirage qui ressuscite l’antique cité dans le flou et l’incertain des fumerolles du sable incandescent. Âme radiante, âme radieuse qui fût et ne sera jamais perdue !

Babylone ! C’est à peine si le voyageur non prévenu pourra retrouver le site de cette ville unique, symbole toujours fascinant des civilisations disparues,

« Ornement des royaumes, fière parure des Chaldéens » (Esaïe, XIII,19).

Et le passant se souvient alors de la parole du prophète Jérémie :

« Elle ne sera plus jamais habitée… les animaux du désert s’y installeront avec les bêtes puantes »

Au milieu des plaines bibliques dont elle fut pendant, des millénaires comme l’âme très lourde entretenue par plusieurs nations, c’est à peine si l’historien pourra retrouver Babylone, mettre ce non sur un peu de sable. C’est à peine si le chercheur de ruines pourra satisfaire sa curiosité en découvrant ces antiques tours à étages, ces ziggourats, ou ziggurats, rongées par un vent patient aux rafales d’éternité. Avec quel matériau fragile furent élevées ces tours ? Avec le même que celui des palais et des temples : de la boue, de la paille et des roseaux !

Près de Bagdad sont les ruines de la ziggourat d’Akerkouf, ziggourat rouge qui se dresse comme un bloc héraldique victorieux des puissances du vent aigre et mordant avec ses quarante mètres de hauteur. Cette tour —jusqu’à la fin du XVIIIe siècle les voyageurs disaient avoir vu la tour de Babel — est faite de briques crues unies par un mortier d’argile ; sa base a cent mères de côté ; toutes les sept ou huit assises s’intercalent un lit de roseaux destiné à consolider et à absorber l’humidité pour sécher la masse. Des briques et des roseaux ! Et ce monument est toujours debout depuis quatre mille ans… Elle fut construite sous le règne d’un nommé Kurigalzu, contemporain d’Abraham !

Les ziggurats ont marqué les témoins extérieurs à la civilisation mésopotamienne, notamment celle de Babylone, que des auteurs grecs ont décrit et qu'Alexandre le Grand a entrepris de restaurer. Par cet aspect monumental, elles se rapprochent des édifices pyramidaux d'Égypte ou d’Amérique pré colombienne, même si par leurs dimensions, elles sont loin d'égaler les plus vastes de ces édifices qui ont nécessité plus de moyens lors de leur construction.

À l’instar de l’Égypte et de l’Amérique centrale, Babylone glorifiait le soleil. Trait d’union entre les civilisations bâtisseuse de pyramides. Mais aussi détentrice d’un savoir commun. Ce savoir ne saurait être appréhendé par les astrophysiciens géologues et historiens que d’une manière superficielle tant qu’ils prêteront aux rayons solaires les seules vertus mesurables telle la luminosité ou la chaleur. Dans La tablette cultuelle de Sippar, ci-dessous, sont représenté les honneurs au dieu Shamash, dieu du soleil (British Museum). Le roi assis sur son trône tient en main un anneau qui avec son avant-bras reproduit le même symbole que la croix ansée, ou Ank, des Égyptiens, croix qui représente la vie. Le cercle solaire est affublé d’un double rayonnement dont l’un est celui de la lumière l’autre de la chaleur. Le roi rend donc hommage au rayonnement vital, à la vie, pourtant si peu respectée ! Il semble donc que ce symbole de la croix ansée ait sombré dans la sang comme en Amérique centrale pour trouver finalement un terrain propice en Égypte.

Malgré la dimension sanguinaire de cette civil

isation ou l’empalement était monnaie courante ainsi que l’écorchage vif, il y avait des connaissances cachées pour tenter de remédier à un tel état d’âme. Hélas ce fut l‘échec, comme ce fut l’échec en Amérique centrale.

Cependant subsiste dans la pierre, et dans des œuvres d’art, des signes de pratiques alchimiques comme cette statuette d’albâtre ci-dessous ou une femme tient un aryballe ou petit ballon, dont la posture traduit la pratique de l’alchimie du cinabre. De cette opération est issue la dynamisation qui caractérise des pratiques permettant d’élaborer les pharmacopées des médecines alternatives.

Dans ce calcaire du XIIe siècle est représenté le roi Melishipak. Nous voyons dans le ciel le soleil et la lune. En alchimie ces deux astres sont nécessaires car la lune est vectrice des rayons solaires pour réaliser le grand œuvre ou régule étoilé.

En effet, la matière convenablement traitée manifeste une étoile au-dessus du roi ou régule. Cette étoile au-dessus du roi a exactement le même sens que l’étoile des rois Mages.

Toute cette connaissance est inscrites dans les ziggourats. Bérose, prêtre babylonien né sous Alexandre le Grand, dit dans son livre en trois volumes Babyloniaca que les ziggourat avait sept étages. Chacun des étages était peint d’une couleur différente.

L’étage du bas était de couleur noire, couleur de Saturne. L’étage suivant était blanc, couleur de Vénus, le suivant pourpre, couleur de Jupiter. Nous avons là les trois couleurs du Grand œuvre des alchimistes : Noir, blanc et rouge. En d’autres termes les babyloniens n’ignoraient pas les lois fondamentales de la nature.

Les étages suivant vont continuer a harmoniser couleur, planètes et… métaux : Le quatrième étage est bleu, couleur de mercure, un étage vermillon couleur de Mars, un étage argent couleur de la Lune, enfin un étage or couleur du soleil.

Ce que dit Bérose est confirmé par une inscription de Nabuchodonosor :

« Le Temple des sept lumières de la terre, la ziggourat de Babylone, fut bâtie par un roi ancien ; les hommes l’avaient abandonné depuis le jour de l’inondation (le Déluge ?) Le grand dieu Mardûk, qui a mis le souffle au fond de ma gorge, a excité mon cœur et m’a encouragé à rebâtir le temple des sept lumières. »

Ainsi d‘alchimie a survécu dans les jardins suspendus de Babylone, mais la cruauté et le non-respect de la vie ont transformé la ville en désert pour bêtes puantes car l’alchimie est inséparable d’une grandeur d’âme ou la vie a un caractère profondément sacré.

Avec toute mon amitié.

Cet artice est sur eklablog (hrmophyle) en gros caractères avec les photos à leurplace.

BALADE ALCHIMIQUE A BABYLONE
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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 07:56

Article revu et édité en gros caractères sur EKABLOG.

Oui, Bérenger Saunière le célèbre curé de Rennes le Château était non seulement richissime mais aussi hérétique ! Surprenant direz-vous et pourtant certains de ces propos prononcés en chaire ne laissent aucun doute : au Moyen Âge, il aurait fini sur les fagots !

Nous trouvons ces incontestables dérives dans les sermons destinés à l’enseignement des fidèles (et quels enseignements !) écrits de sa main et qu’il prononça, en 1890, lorsqu’il était curé par intérim, – en remplacement de l’abbé Vernioles et en attendant l’abbé Gaudissard,– au village d’Antugnac situé à quelques kilomètres de Rennes le château et non loin de sa maison natale de Montazel. Evidemment il était toujours curé de Rennes le Château mais avec la permission de "biner" c'est-à-dire de célébrer deux messes le dimanche.

Le plus étrange dans cette histoire est que les recueils de ces sermons, intitulés Mon enseignement à Antugnac (Éditions Bélisane, 1984) sont introduits par l’abbé Bruno de Monts, un prêtre catholique, qui ferma pudiquement les yeux sur cette criante anomalie mais peut-on le lui reprocher ? N’oublions pas que le jour de son ordination un prêtre prononce une promesse appelée « promesse d’obéissance canonique » où Il s’engage devant Dieu à défendre l’Église et ses collègues ecclésiastiques « à tout prix ». Et cet « à tout prix » est d’un flou tel qu’il correspond à une carte blanche ou à un « permis de tuer » pour reprendre le titre, si expressif, d’un film célèbre…

Lorsque j’étais étudiant, je côtoyais à Limoux, dans ma fonction de pion et accessoirement d’enseignant, des prêtres. Un jour une série de conférences d’ordre pédagogique fut prévue par l'évêque à Castelnaudary et je fus donc convoqué avec l’abbé directeur du Lycée. Avant de partir il me confia que l’abbé Gau (ancien député et ancien mandataire pour tenter de récupérer, auprès de Noël Corbu, l’héritage de l’abbé Béranger Saunière) était désigné, par l’évêque de Carcassonne pour faire une conférence sur la pédagogie. Il insista, auprès de mon abbé directeur, plus compétent que lui en ce domaine, pour qu’il fasse la conférence à sa place. Malgré la longue insistance de l’abbé Gau, il refusa et me confia en aparté qu’il sentait le piège. Et en effet s’en était un puisque dès le début de la conférence l’évêque entra pour surprendre en flagrand déli de désobéhissance mon patron de lycée. J’ai surpris le regard de mon directeur vers l’abbé Gau institué pédagogue de fortune. Vous voulez la traduction, de ce coup d’œil, en paroles crues ? La voici sans détours: « Mon salopard ! »

Cette petite anecdote vous permet de camper l’ambiance dans laquelle vivent les prêtres dont l’évêque teste en permanence la servilité qui doit rester quelque peu ancillaire.

Donc ne soyons pas surpris si l’abbé de Monts a relevé, dans son avant-propos, uniquement les incontestables qualités de Béranger Saunière mais en passant sous silence les preuves évidentes de sa dissidence… Il faut serrer les rangs.

Des qualités Saunière en avaient, c’est incontestable, mais elles étaient parfois complètement inappropriées. En effet, il est curé d’un milieu rural où 50 % des individue sont analphabètes et les 48% restants illettrés plus ou moins profonds. Que fait notre curé ? a l’occasion il montre qu’il est fin théologien et connaît le grec ou le latin ! Il expose des trésors de culture à une poignée de paysans qui n’y comprennent rien et s’endorment sur leur banc. Reston réaliste. Au XIXe siècle un paysan s’intéressait à l’avenir de ses récoltes ou à l’état de santé de ses biquettes. Cette particularité n’est d’ailleurs pas sans étonner Gérard de Sèdes :

« Mais il fait aussi montre d’une grande culture, au risque d’être incompris par les paysans qui l’écoutent, l’étymologie des termes latins et grec incorporés à la liturgie ainsi que l’origine des fêtes instituées par les saints ou les Pères » (p 26 Rennes le Château, le dossier, les impostures… Editions Robert Laffont. Paris 1988.) Souligné par mes soins.

La foi du charbonnier se passe de discours et notre curé ne pouvait l’ignorer. Pour nos paysans Bérenger Saunière Ne pouvait être un érudit mais, bel et bien un extraterrestre !

À qui s’adressait-il ? Cela ne pouvait être destiné qu’à une minuscule minorité cultivée. Et de cette minorité, il nous en parler. Écoutons-le en son prône en guise de commentaire de l’évangile, qu’il, appelle « spich » (p. 30), du 15 juin à propos d’un petit groupe étranger à la paroisse mais qui fréquentait la station balnéaire de Rennes-les-bains où officiait l’abbé Boudet:

« La reconnaissance nous fait un devoir, mes chers frères, de remercier ces nobles étrangers, ces insignes bienfaitrices de notre chère petite église, de la visite qu’elles ont daignée nous faire.

Leur arrivée au milieu de nous est un événement, je le répète et ce mot n’y est pas de trop, que nous ne saurions jamais oublier, un événement qui nous comble de joie et de bonheur, un événement qui honore notre paroisse et qui réjouit à la foi et le cœur des fidèles et l’âme du pasteur et cela au suprême degré, je ne crains pas de le dire. »

Drôle de spich en effet pour introduire un commentaire des Évangiles !

Nous sommes, il est vrai, en plein romantisme mais là l’exagération dépasse les bornes du raisonnable. Saunière manifeste, envers ses visiteurs, autant de respect, si ce n’est plus, qu’à son évêque ! Il appelle cette visite « un événement » qui le comble de joie et de bonheur, qui honore la paroisse, et, comble de superlatif : « réjouit l’âme du pasteur et cela au suprême degré, je ne crains pas de le dire. »

Non c’est trop tonitruant pour saluer la seule venue d’un portefeuille bien garni. Il s’agit, comme le dit Saunière lui-même, de celles et ceux qui ont contribué à l’agencement de l’église et à sa décoration y compris les bouquets ornant l’autel à l’occasion de cette cérémonie du 15 juin 1890 ou notre curé va "biner".

Mais il y a plus beaucoup plus car cela montre une relation spirituelle puissante avec ce groupe car jamais au grand jamais un prêtre ne remplace un commentaire des Évangiles du jour par un véritable chant de gloire en l’honneur des invités jusqu’à demander aux fidèles de prier pour eux !

Le commentaire des Évangile est escamoté ! C’est tout simplement aberrant ! C’est en fait significatif que notre curé reçoive en son sanctuaire non seulement des bienfaiteurs mais surtout des amis. Je le répète, ce « prône » véritable « spich » de réception le prouve sans ambiguïté possible.

Notre curé va plus loin encore dans la marginalisation et l’hétérodoxie, en spécifiant que toute la messe est réservée à ses invités, qu’elle est uniquement pour eux… et « vous autres » fidèle, vous pouvez vous brosser, contentez-vous de prier pour eux, car vous n’aurez rien. Vous aurez votre messe demain ! Ne sommes-nous pas en plein surréalisme ?

« Unissez-vous d’intention à votre pasteur pendant le saint sacrifice de la messe qu’il va continuer à célébrer pour eux, tout en se réservant de l’offrir pour vous autres demain… » p 31. (c’est moi qui souligne)

La présence de ses amis qu’il ne peut qu’avoir rencontrés chez l’abbé Boudet de la station thermale de Rennes-les-Bains, (située à 25km de là) montre une connivence entre les deux prêtres. Béranger leur accorde une valeur indépendante de leur fortune, laquelle n’est pas étrangère à la réfection de l’église dont le nouvel autel fut consacré par l’évêque quelques mois auparavant, alors que le porche est encore en construction au moment de cette cérémonie et que la chaire en attente de réception.

Cela montre combien les fonds nécessaires à la réfection de l’église ne reposent pas sur un trafic de messe. En plus Béranger Saunière livre (dans ce carnet intime) les noms de ses bienfaiteurs, nom qu’il a refusé de donner à son évêque. Il s’agit de Mr et Mme Cavaihé de Mme Cazal et de Mme Barrière. Il fut donc condamné par l’officialité pour trafic de messe alors qu’il aurait pu livrer les noms de ces familles bienfaitrices !

Par ailleurs, pourquoi l’abbé Boudet qui les connaissait n’a-t-il pas insisté auprès de Saunière pour qu’il le fasse ? Mieux, pourquoi n’est-il pas intervenu lui-même, sous le sceau du secret, auprès de l’évêque ? Silence complice donc et silence nécessaire!

Il s’agirait d’un secret partagé avec l’abbé Boudet. Mais quel secret ? En d’autres termes qu’elle est la valeur de ses riches visiteurs au point de préserver, à tout prix, leur anonymat et de les célébrer comme d’éminents personnages, si ce n’est qu’ils sont réellement éminents ?

La valeur réelle de ce groupe dépasse amplement, pour Saunière et Boudet, celle de leur richesse. De quoi s’agit-il donc ? Il ne peut s’agir que de savoir partagé, de connaissance commune où la bienfaisance n’est qu’un prétexte pour se rencontrer et en réalité rendre hommage soit à des enseignants reçus par Béranger soit à des sœurs et frères qui partagent le même savoir.

À partir de là il est impossible d’en savoir plus sur ces connaissances partagées mais le comportement de l’abbé Saunière va nous éclairer. Il est incontestable qu’il prend des libertés vis-à-vis de la doctrine chrétienne au point de sentir le soufre.

Le même recueil de prônes écrit par notre curé vas nous édifier quant à sa curieuse manière de « déifier » la Vierge Marie en manifestant une sorte de « mariolâtrie » que l’Église condamne car la Vierge est supérieure au Christ. Le passage suivant est sans ambiguïté :

« Si par malheur, mes chers frères, ce qu’à Dieu ne plaise, vous veniez à oublier que vous êtes chrétien, enfant de Dieu et de l’Église ; si par malheur vous veniez à perdre de vue avec les bons principes de votre enfance des résolutions de votre première communion ; si par malheur, dis-je, entraîné par vos passions, au milieu des orages de la vie, vous veiniez à perdre de vue la pratique de notre sainte religion, les commandements de Dieu et de l’Église, si vous veniez à renier, et votre foi, et votre baptême et votre bonne mère l’Église. Ah ! je vous en conjure, respectez la bonne Vierge, aimez là, priez là, respectez là, honorez là et Marie qu’on n’invoque pas en vain, ne permettra pas votre perte et votre damnation. Ainsi soit-il.

Cette fin de prône a quelque chose de surréel qui surprit Gérard de Sèdes au point de lui faire écrire : « Enfin, peut-être montre-t-il un bout d’oreille hétérodoxe ». (Op. cit. p. 27). Il poursuit ensuite en s’interrogeant :

« Curieuse dévotion a cette Bona Dea, à l’éternel Principe féminin qui, dans la bouche de Béranger, semble transcender les croyances et les confessions. » (idem supra)

Gérard de Sèdes ne pouvait qu’employer le conditionnel car les implications de cet éternel principe féminin tel que le décrit l’épître de l’immaculée conception du 8 décembre n’a pas un autre sens. Sens toujours incompris par ceux qui n’ont pas une connaissance suffisante des lois de la nature, mais ce n’était pas le cas de Saunière :

« Le Seigneur m’a possédé au commencement de ses voies. J’étais avant qu’il formât aucune créature. J’étais de toute éternité avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore, et déjà j’étais conçue. Les fontaines n’étaient pas encore sorties de la terre ; la pesante masse des montagnes n’étaient pas encore formée ; j’étais enfantée avant les collines. Il n’avait créé ni la terre ni les fleuves, ni affermi la monde sur ses pôles. Lorsqu’il préparait les Cieux, j’étais présente ; lorsqu’il environnait les abîmes de leurs bornes et qu’il prescrivait une loi inviolable ; lorsqu’il affermissait l’air au-dessus de la terre ; lorsqu’il donnait leur équilibre aux eaux des fontaines ; lorsqu’il renfermait la mer dans ses limites et lorsqu’il imposait une loi aux eaux afin qu’elles ne passassent point leurs bornes ; lorsqu’il posait les fondements de la terre, j’étais avec lui et je réglais toutes choses. »

Mais Béranger ne reste pas sur cette sorte d’envolée lyrique et sulfureuse sur la Vierge Marie et montre son hérésie le jour de la Pentecôte du 25 mai 1890. C’est à ce moment qu’il manifeste réellement son hétérodoxie en inventant (soulignée dans le texte ci-dessous) une croyance populaire qui n’existe pas :

« Dix jours s’étaient écoulés, pendant lesquels ils (les apôtres) avaient persévéré unanimement dans la prière, lorsque tout à coup, il se fit un grand vent autour du cénacle, un globe de feu apparut et selon une pieuse tradition, vint se reposer sur la tête de Marie pour se diviser ensuite en forme de langue de feu qui vinrent se placer sur la tête e chacun des apôtres. » (p.18)

Cette « pieuse tradition » est une pure invention pour donner une importance capitale à la Vierge en totale contradiction avec les Églises d’Orient ou la Vierge est représentée dans le cénacle sans une langue de feu au-dessus de la tête car, disent les Orthodoxe, elle a déjà reçu le saint Esprit à l’occasion de la naissance de Jésus !

Alors quel est le sens de cette curieuse « tradition » que rapporte Saunière ? C’est que la Vierge est l’unique réceptrice de l’Esprit et c’est elle qui « enfante » non seulement le Christ mais aussi tout l’Esprit qui se diffusera aux apôtres.

Évidemment, cela a un double sens car la mère ou mater n’est autre que la matière qui va recevoir l’Esprit et le distribuera ensuite aux hommes de bonne volonté. C’est tout simplement l’alchimie dont le symbolisme ne pouvait qu’imprégner les décorations de l’église de notre curé. J’ai expliqué cela dans mon livre Rennes la château : La carte des trésors.

Avec toute mon amitié.

LE CURE HÉRÉTIQUE DE RENNES LE CHATEAU
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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 09:27
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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 10:07
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 15:55
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 14:31
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 14:19

Pour préparer la balade alchimique solsticiale, de ce 22 juin 2013 autour de Rennes le Château, j’ai du me replonger dans les énigmes qui jalonnent la région. Parfois j’ai approfondi un sujet. J’ai eu l’idée (pardonnez-moi si elle est inintéressante) de vous faire part des éclaboussures de mon esprit qui a tantôt un « œil » sur le terrain tantôt sur l’athanor.

En réalité j’ai joué, mais il est difficile de saisir les soubassements sans fonds de la marelle ou le pèlerinage labyrinthique du jeu de l’oie qui exprime les grandes lois de l’univers.

Il est un prieuré non loin de Limoux dans l’Aude qui abrite une vierge dont le visage est noir. C’est Notre-Dame de Marceille. Contraste saisissant avec celui de la mère du Christ qui ne fut jamais noir. Nul n’ignore que le noir est l’inverse du blanc comme nous le montre l’alternance des jours et des nuits. C’est ce concept d’inversion qui prend de l’ampleur quand nous savons que la spiritualité, plus exactement la mystique ne repose pas sur la récitation ou déclamation de prières mais au contraire dans l’apprentissage du silence, ce qu’exprime d’ailleurs le mot mystique qui provient de muet. La vierge noire nous demande de la fermer ! Banc et noir, bruit et silence des inverses en balancements… qu’ont fort bien compris les Templiers comme le montre l’alternance du blanc et du noir dans leur étendard ou beaucéen de sable (noir) et argent (blanc) ou encore soufre et mercure (vif argent). tels est la clé de la spiritualité réelle, c’est-à-dire initiatique,telle est aussi la clé fondamentale de l’alchimie. Deux clés qui n’en font qu’une autant dans le sanctuaire de Notre-Dame de Marceille que dans l’église de Rennes le château ou le sol est carrelé de blanc et noir.

En d’autres termes l’inversion est l’unique voie de notre compréhension du monde qui est au-delà de notre réalité et d’où émanent toutes les causes qui se manifestent parfois sous formes de coïncidences intemporelles que le psychologue C. G. Jung a appelé Synchronicité. Sayons plus explicite : nous vivons dans un anti-univers forgé avec notre propre obscurité. À nous d’accéder à l’Univers-sel lumineux comme l’a fort bien écrit le curé Béranger Saunière en spécifiant ainsi le rôle du « sel » alchimique dans cette démarche de découverte de la lumière, de ce qu’elle contient de plus précieux et que le miroir d’argent de la lune, dans son écrin noir, nous diffuse à satiété.

Retenons l’importance des contrastes et partons pour le pèlerinage à Notre-Dame de Marseille.

Mettons-nous à genoux, comme tous les pèlerins et avançons sur la voie sacrée qui monte vers les portes du sanctuaire.

Les galets nous agressent les genoux (saint genou priez pour nous en votre 17 janvier) et la douleur est offerte au Christ qui a souffert pour nous. Heureusement, une dalle plate est là pour calmer la douleur. Mais il faut recommencer jusqu’à rencontrer 52 pierres planes de repos. Un calvaire pour les genoux sanguinolents. L’on comprend pourquoi les pèlerins plaçaient sous leurs articulations des coquilles pour atténuer la douleur. Ainsi, le coquillage saint Jacques est devenu le symbole des pèlerins se rendant à Compostelle pour devenir celui de la douleur et de la lumière plus exactement de la douleur (jalonnant toutes vies) menant à la lumière. Évidemment, cela n’est efficace que dans la mesure où nous connaissons la raison d’être de ces tourments, alors il devient possible de les accueillir non pas dans un malsain plaisir mais dans la sérénité paisible.

Dès le début du parcours une stèle surmontée d’une croix de fer nous dit qu’en 1886 un pèlerin à rendu l’âme à cet endroit le 2 mai.

C’est la pierre gravée à la mémoire du sieur Gustave Vison qui serait décédé en ce lieu. D’après de multiples enquêtes, il s’avère que cette stèle est fausse, elle ne correspond à aucun mort. Plus exactement c’est celle d’un mort-vivant. Ainsi, nous restons dans les inverses et les contrastes à un degré tel qu’Aristote y perdrait son latin (c’est une manière de parler !)

De ce fait, l’inscription devient une indication, un message crypté qu’il faut déchiffrer. Souffrez que je tente, après une armée d’autres investigateurs patentés, de vous livrer le fruit de mes acrobatiques suppositions !

Dans l’inscription qui se présente de la sorte :

ICI EST MORT

GUSTAVE VISON

SE RENDANT

A.N.D

DE MARCEILLE

LE 2 MAI 1886

____

PRIEZ POUR LUI

Si 1886 est la date de publication du livre La vraie langue celtique et le cromlech de Rennes les bains, c’est pour attirer l’attention sur ce livre ou un chapitre est consacré à Notre-Dame de Marceille.

Et justement remarquez comment l’expression « A Notre-Dame » qui devrait être abrégée en « A N.-D. » (A Notre-Dame) est écrite « A.N.D ». Le point après la lettre A (préposition) est en trop et le point après la lettre N aurait du être suivi d’un trait d’union.

Les deux points et le trait d'union ont été décalés ensemble d’une lettre vers la gauche pour que l’un se trouve après le A préposition, qui ne devrait pas en comporter, et l’autre après le N pointé (N.) abréviation de « Notre ». De ce fait, le point du D. signe de l’abréviation de « Dame » à disparu.

Lors de ce décalage à gauche le trait d’union s’est perdu, il aurait dû se trouver sur le N.

Cette inscription qui devrait être A N.-D. est en réalité, après décalage des trois signes sur le gauche: A.N.D, ce qui met en évidence la lettre barrée N. Nous voyons apparaître l’union de deux A, l’un à l’endroit l’autre à l’envers. En d’autres termes, cela signifie qu'il faut inverser une lettre et que les archives des AA sont non loin de là.

Je rappelle que les AA (voir mon livre Rennes le château la carte des trésors) sont une résurgence secrète de la Compagnie du Saint Sacrement dont St-Vincent Depaul faisait partie ainsi que l’évêque d’Aleth Nicolas Pavillon. Elle fut dissoute par Louis XIV mais continua d’exister sous le nom de AA. Toutes les archives contenaient des secrets d’État, car Vincent Depaul était le confesseur de la famille royale, y sont mentionnés en ses registres. Depaul fonda les lazaristes qui furent inféodés à N.-D. de Marceille. Telle est la raison pour laquelle la statue du père des Enfants trouvés se trouve sur l’esplanade du prieuré.

Le N barré est sur un axe horizontal. En le faisant tourner sur cet axe on obtient un N inversé : И.. Telle est la raison de la présence du И au sommet de la croix qui était sur la tombe de Béranger Saunière. Ce И est le trait d’union entre ceux qui savent ou se trouve les archives des AA et donc ou est le trésor de Rennnes le Château, Il s'agit aussceux qui maîtrisent la langue verte ou inverse et savent que la matière alchimique ne saurait être convenablement œuvrée sans avoir divisé le « sel » régénérateur en 14 parts puisque la lettre N est la 14ème de l’alphabet. Raison pour laquelle le chemin de croix compte 14 stations qui s’énumèrent à l’envers lorsque le curé fondateur est alchimiste. Dans l’église de Rennes le château les 14 stations dessinent un « n » minuscule tracé de droite à gauche… À l’envers.

Pour le lire il faut tourner le dos à l’autel comme le prêtre donnant la bénédiction à la fin de la messe.

De ce fait, le chemin commence côté Évangile de l’autel (côté gauche en le regardant) alors qu’il devrait y aboutir puisque c’est la fin de sa mission sur terre pour devenir le fils dont on lit les évangiles. En effet, c’est de ce côté de l’autel que sont lues les évangiles lors de la messe de saint Pie V que célébrait Béranger Saunière.

Voilà j’espère que vous vous êtes bien amusés !

Avec toute mon amitié.

P.S. Ce blog est désastreux et je n'y suis pour rien.

La marque alchimique du prieuré de N.-D. De Marceille.

La marque alchimique du prieuré de N.-D. De Marceille.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 11:06

J’ai parfois parlé de science-fiction en faisant remarquer que certains auteurs étaient proches de l’alchimie et en particulier le canadien Alfred Elton VAN VOGT (1912-2000), considéré comme l’un des chefs de file de « l’âge d’or » de la science-fiction américaine. Pour certains critiques son œuvre a beaucoup vieilli. À cela une seule réponse : cette dépréciation est le fruit de l’obsolescence qui gagne certaines expressions scientifiques. Elle est beaucoup plus liée aux variations terminologiques qu’à l’évolution réelle des techniques. Par exemple, de nos jours nous ne parlons plus de la même manière d’énergie atomique souvent remplacée par le synonyme d’énergie nucléaire. Employer la première expression donne des rides au texte, pourtant l’énergie atomique est bien loin de nous avoir tout révélé. Nous sommes devant une réalité quelque peu décevante, mais est-elle évitable ? En effet, la science-fiction est parfois snobinarde, elle se révèle victime de la mode. En cela elle est aux antipodes de l’alchimie qui se présente beaucoup plus comme une science aboutie ne donnant pas de prise à des fluctuations sémantiques liées aux caprices de la modernité.

En filigrane des récits, que ce soient ceux qui structurent la faune de l’espace,(où le potassium, chers aux alchimistes, est mis en exergue) le cycle des Linns (qui caractérise le génie salvateur agissant sur le macrocosme à travers le microcosme, opération si proche des transplantations de Paracelse.) et celui des anti A (qui donne le véritable sens de la dimension humaine avec en surcroît une prophétie sur les capacités psychique exceptionnelles que révéleront les neurosciences). Dans tous ces romans sont abordées des réalités essentielles ou l’alchimie tient une place prépondérante. En cela l’œuvre de VAN VOGT est immortelle. Par ailleurs l’intégration de ce citoyen Canadien à « l’âge d’or » de la science-fiction Américaine est une étrange convergence, un clin d’œil « doré » de la synchronicité pour parler le langage de C. G. Jung, et cela ne manque pas de relief, de ce genre de relief qui n’a rien de commun avec l’orogenèse.

Mais les littéraires sont-ils tous sensibles à la dorure alchimique de son œuvre ? En tout cas le révolté « antisystème » Boris VIAN (1920-1959) ne s’y est pas trompé en traduisant ses romans sur les anti-aristotéliciens. Oeuvre reposant sur les concepts très fructueux de la sémantique Générale que venait de formuler le mathématicien polonais, ce génial aristocrate qu’était le comte Alfred KORZYBSKI (1879-1950). Génial il l’était pour avoir su faire sortir de leurs abstractions la physique quantique et celle de la relativité d’Einstein. Il leur donna une dimension humaine, sans perdre le référentiel mathématique, d’une manière telle qu’elle s’apparente à un art de vivre extraordinairement riche. C’est dans ces concepts qu’ont puisés les fondateurs de la Gestalt Théorie (de l’Allemand Gestalttheorie qui signifie « théorie de la forme ») si chère à certains psychologues et aussi les fondateurs de la « Programmation neuro linguistique (P.N.L) ». Chacun de leur côté, on établit un domaine de sciences humaines qui ne tarda pas à rompre le cordon ombilical qui les reliait avec les concepts fondamentaux du mathématicien Polonais.

Toutes ces disciplines fécondées ne sont qu’un éclatement dépréciateur de l’œuvre de KORZYBSKI où les romans de VAN VOGT sont un retour aux sources en même temps qu’une agréable vulgarisation qui permit à beaucoup de Français de découvrir les fondements de la sémantique générale que notre aristotélicienne Éducation Nationale ne saurait enseigner, à moins d’aller chercher un bâton pour se faire battre !

Autant l’œuvre de l’auteur Canadien offre de multiples pistes de réflexions pour aborder l’alchimie théorique qui prépare l’entrée au laboratoire, autant la sémantique générale s’avère un instrument de réflexion pour aborder le changement de la pensée (métanoïa) si nécessaire comme prélude à la transmutation de l’être et conséquemment à celle de la matière si étroitement intriquée dans le temps comme l’a bien montré Salvador Dally dans son tableau des montres molles...

Avec toute mon amitié.

Blason de KORZYBSKI.

Blason de KORZYBSKI.

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  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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