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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 09:07

 pGiliEn décembre 1666, un étranger d’environ 40 ans se présenta à la porte d’Helvétius, médecin et chimiste célèbre. Il dit qu’il s’était rendu compte, à la lecture de ses publications, de ses doutes sur le sérieux de l’alchimie et de ses transmutations. C’était pour cela qu’il lui rendait visite.

Il lui demanda ensuite s’il croyait possible qu’existe un élixir capable de soigner tous les maux.

Helvétius répondit qu’un tel médicament était souhaitable, mais il n’avait rencontré aucun Adepte, ni vu ce médicament, et lui demanda s’il était médecin vu l’étendu de ses connaissances en ce domaine.

Le visiteur ne répondit pas directement, mais dit qu’il était fondeur de cuivre. Dans sa jeunesse un ami lui avait appris à extraire des métaux de nombreuses médecines.

Il demanda ensuite au savant chimiste s’il reconnaîtrait la pierre philosophale en la voyant.

Helvétius lui dit avoir beaucoup lu à ce sujet mais n’était pas certain d’y parvenir.

Pendant qu’il parlait, le fondeur de cuivre tira de sa bourse une boîte en ivoire finement ciselée où il prit trois petits morceaux transparents de couleur de soufre de la grosseur d’une petite noix. Chacune de ces noix était capable, dit-il, de produire environ 20 tonnes d’or.

Après les avoir tenues en main et contemplées avidement, Helvétius les lui rendit à contrecœur, en le remerciant beaucoup.

Il le pria de lui donner un petit morceau de médicament pour garder de lui un souvenir. Il refusa.

Puis lui demanda s’il avait une pièce privée sans ouverture sur la rue.

Le médecin le conduisit dans une pièce arrière. Là, son visiteur lui fit voir cinq médailles d’or, dont, après les tests, la qualité fut reconnue par Helvétius comme étant très supérieure en qualité de l’or du commerce. Il lui demanda comment il les avait acquises.

C’était un étranger, adepte de cet art qui était venu lui révéler, puis lui enseigner divers procédés : l’art de transformer les pierres et des cristaux ordinaires en très belles pierres précieuses tel le rubis, la chrysolites, ou le saphir, etc. Ensuite cet étranger prit un morceau de plomb, et après l’avoir fait fondre, il y avait ajouté un peu de poudre qui le transforma en or pur. C’est avec cet or qu’il avait fondu ses médailles.

Celui qui restait mon maître me demanda de le distribuer aux pauvres, et il donna de grandes aumônes aux églises.

Dès qu’il eut fini de raconter cette histoire, Helvétius lui demanda de procéder à une transmutation. Il refusa, mais promis de revenir dans trois semaines.

 

Le fondeur de cuivre vint donc au bout du temps écoulé.

Après m’avoir parlé des secrets de la nature, il affirma que le grand élixir existait uniquement pour glorifier Dieu, et que peu d’hommes glorifiaient Dieu par leurs bonnes actions. Son expression était celle d’un ecclésiastique. Il semblait que l’alchimie était partie intégrante de l’Église car sur les pièces d’or qu’il avait transmutées il avait pu lire:

« Saint Saint Saint est le seigneur notre Dieu, l’univers est empli de sa gloire. », terme que l’on trouve dans l’ancienne messe alchimique des gaules caractérisant l’ancienne Église gallicane qui glorifie Dieu de nous avoir donné le sel céleste.

Helvétius insista pour qu’il pratique une transmutation, mais tous ses efforts furent vains. Il lui demanda alors un petit morceau de sa poudre afin de faire une petite transmutation.

L’adepte lui donna alors une miette de la grosseur d’un pépin demi grain de blé en disant : « Reçois cette petite parcelle du plus grand trésor du monde, que vraiment peu de rois ou de princes ont jamais connu ou vu. »

Hervétius lui fit remarquer que cette si petite quantité de pierre ne transmuterait que quelques grammes de plomb.

L’adepte lui demanda de la lui rendre et Helvétius se réjouissait déjà d’en recevoir une plus grande quantité, mais il en retrancha une moitié avec l’ongle et me tendit le reste en disant : « Cela te suffit. », ce à quoi Helvétius répondit d’un air abattu :  « Mais monsieur qu’est-ce que cela veut dire ? L’autre morceau était trop petit, et vous m’en donnez encore moins. »

Il répondit : « Mets dans le creuset environ huit grammes de plomb. ». Helvétius lui promis de faire l’expérience et de n’en souffler mot à personne. « Mais non, dit-il, car nous devons divulguer toutes choses aux enfants de l’Art, de sorte que pour l’insigne honneur de Dieu ils vivent dans la vérité. »

A la suite de cela Helvétius se confessa à lui et lui avoua que lorsqu’il avait le médicament en main il en avait gratté avec l’ongle. Après l’avoir enveloppé dans du papier, il en fit une projection sur le plomb, mais il n’y eut pas de transmutation. Devant cette révélation inattendue, il se mit à sourire. »Tu est plus habile pour commettre un larcin que pour utiliser la Teinture. Si tu avais seulement enveloppé l’objet de ton vol dans de la cire jaune pour le préserver des fumées qui se dégagent du plomb, il aurait pénétré jusqu’au cœur et transmuté en or. Comme tu l’as jeté dans la fumée, le papier a de suite brûlé et il s’est évaporé sous la violence des fumées. Helvétius lui apporta le creuset où l’expérience a été faite. Il montra les traces de Teinture jaune, extrêmement belle. Le chimiste lui demanda si le travail était coûteux et demandait beaucoup de temps. Ni l’énormité du prix, répondit-il, ni le temps passé ne peut décourager quelqu’un. Dans la matière se trouvent seulement deux métaux et d’autres substances minérales. Quant au dissolvant, c’est un sel céleste grâce auquel les sages dissolvent les corps métalliques dont la solution produit des élixirs. Sans les enseignements d’un philosophe, aucun étudiant ne peut trouver le moyen de préparer le magistère. De plus, en connaissant la théorie du Grand Œuvre, certaines opérations comme celle qui consiste à ouvrir le sceau d’Hermès sont difficiles à maîtriser.

L’adepte promis de venir le lendemain, mais, malgré une lettre d’excuse, ne revint jamais. L’épouse d’Helvétius, passionnée d’alchimie, harcela son mari pour qu’il tente la transmutation. Helv2tieus s’y plia de mauvaise grâce car pour lui c’était un charlatan.

Le chimiste prépara donc le laboratoire convaincu que cet homme était coupable de mensonge. Il le fit de mauvaise grâce car, en supposant que la poudre soit authentique, il estimait que sa quantité était beaucoup trop faible pour accomplir une quelconque transmutation. D’autre part le visiteur était probablement un beau parleur qui au moment de l’épreuve décisive s’était éclipsé. Il découpa un marceau de plomb tandis que sa femme  enveloppa la poudre dans de la cire. Quand le plomb fut fondu ma femme y jeta la petite pilule.

Il s’ensuivit des sifflements et des bouillonnements. En moins d’un quart d’heure toute la masse de plomb était totalement transmuée en or le meilleur et le plus fin, ce qui stupéfia Helvétius et sa femme. Helvétius coula cet or pour en former un lingot qu’il porta chez l’orfèvre voisin. Après l’essai à la pierre de touche il lui en offrit cinquante florins l’once. Refusant de le vendre, il le montra à ses nombreuses connaissances, et le fait fut bientôt connu dans toute La Haye et même aux alentours, au point que le maître des essais, contrôleur des monnaies de la Hollande, Maître Povélius, vint le voir pour contrôler sous sa direction et dans son laboratoire officiel cet or alchimique. Il le traita sept fois par l’antimoine sans qu’il diminue de poids et lui fit subir toutes les épreuves habituelles avec un soin particulier. Il fut obligé d’admettre que c’était bien de l’or du plus haut titre qu’il n’eut jamais vu.

Helvétius voulant une preuve supplémentaire, se rendit chez un orfèvre célèbre, Maître Brechtel qui procéda à l’essai suivant : après avoir laminé l’or et dissous dans de l’eau forte il le mélangea avec de l’argent. Il fondit le tout et les deux composants initiaux, or et argent se séparèrent. Quelle ne fut pas la surprise de l’orfèvre en constatant qu’une partie de l’argent s’était transmué en or par simple contact avec l’or alchimique.

Outre l’autorité incontestable d’Helvétius nous avons un autre témoin excellent en la personne du très septique philosophe Spinoza qui vivait à La Haye à l’époque et qui vérifia personnellement les faits. L’année suivante, en mars 1667, il écrivit en effet à son ami Jarrig Jellis : « Ayant parlé à vous de l’affaire d’Helvétius, il se moqua de moi, s’étonna de me voir occupé à de telles bagatelles. Pour en avoir le cœur net, je me rendis chez le monnayeur Brechtel qui avait essayé l’or. Celui –ci m’assura que, pendant sa fusion, l’or avait encore augmenté de poids quand on y avait jeté de l’argent. Il fallait donc que cet or, qui a changé l’argent en de nouvel or, fût d’une nature bien particulière. Non seulement Brechtel, mais encore d’autres personnes qui avaient assisté à l’essai, m’assurèrent que la chose s’était passée ainsi. Je me rendis ensuite chez Helvétius lui-même, qui me montra l’or et le creuset contenant encore un peu d’or attaché à ses parois. Il me dit qu’il avait jeté à peine sur le plomb fondu le quart d’un grain de blé de Pierre philosophale. Il ajouta qu’il ferait connaître cette histoire à tout le monde. Il paraît que cet Adepte avait déjà fait la même expérience à Amsterdam, où l’on pourrait encore le trouver. Voilà toutes les informations que j’ai à ce sujet. »

Un cas aussi limpide, et aussi soigneusement vérifié, a causé beaucoup d’ennuis aux adversaires de l’alchimie. Il est toujours pris en considération dans les études actuelles sur l’alchimie, telle celle du Professeur Holmyard qui écrit dans son alchimie : « On peut difficilement soupçonner Helvétius, cet homme cultivé, instruit et plein de discernement, d’avoir menti ou relaté inexactement, à dessein, les évènements remarquables qui font l’objet de son récit.

Malgré de pareils témoignages l’alchimie est proscrite. Pourtant les savants actuels restent hantés par l’idée de transmutation.

 

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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 11:19

 

 

Dans l’énigme de Rennes le Château, les ouvrages inspirés par le peu crédible prieuré de Sion, ont répandu l’idée que la  famille de Nostradamus était originaire d’Alet les bains dans l’Aude. Tous les chercheurs croyaient que cette affirmation devait être mise en doute.

En réalité les racines provençales de Nostradamus sont celles de sa mère. La branche paternelle fut découverte (ou redécouverte) par E. Lhez  en 1968. Il constata que le plus ancien aïeul connu du médecin est de Carcassonne. Près d’un siècle après la mort du mage, on l’appelait encore Nostradamus de Carcassonne. Cette précision géographique disparaîtra pas la suite, et les historien en resterons au mage originaire de Salon, et négligerons son ascendance paternelle.

Nostradamus a-t-il séjourné dans la maison qu’on lui prête à Alet sur la place centrale ? L’important me semble lié à cet édifice angulaire à colombage comportant de curieux symboles gravés sur les poutres de son avant-solier.

Une étoile à six branches bien connue des juifs, est enfermée dans un écu. C’est probablement ce sceau de Salomon qui a fait choisir cette maison comme ayant appartenue à Nostradamus. Mais n’oublions pas que le mage était chrétien. Cela amène à penser que le phénomène nostradamien a ses racines dans la tradition abrahamique, qui est à la base des trois religions du livre : la religion hébraïque, celle de l’Islam et le Christianisme.

Il est hautement significatif que ce prince des prophètes, qui fut aussi prince d’Israël, provenant de la tribu d’Isachar, ait été chrétien initié à l’ésotérisme par Rabelais, ou par l’école de Montpellier, quand il séjourna à la Faculté de médecine. Sa formation alchimique qui en découle est donc celle des Templiers. Son christianisme est celui qui anima les Templier mais aussi les moines hésychastes du Mont Athos. Ne cherchons pas un secret enfoui. La recette est simple mais ignoré, par nécessité, des religions constituées qui se gardent bien de la diffuser, car le risque est grand de perdre des fidèles conditionnés. C’est, dans l’hésychasme, l’omphaloscopie, ou la prière de Jésus, l’apprentissage du silence REEL et soutenu de la pensée afin de dégager la route vers notre divinisation. Sur ce chemin, nos capacités humaines se développent naturellement, ce que les bouddhistes appellent les gongnens et l’Occidental sceptique les phénomènes paranormaux. Cet occidental qui s’imagine pouvoir développer par de simples techniques ces capacités réservées à l’individu en voie de réalisation !

Souvent les lecteurs des Centuries s’interrogent sur l’occultation des quatrains.

Pour comprendre, on doit considérer que toutes les révélations qui sont devenues des « livres saints » ne s’adressent pas seulement aux yeux de chair, mais surtout aux « yeux de feu » pour employer une expression d’Henri Corbin. Elles font appel à un complément de savoir qui couronne les données philosophiques par une intuition théosophique qui ne peut s’acquérir que par la pratique du silence des pensées permettant ainsi l’émergence intuitive d’autres connaissances. Cette pratique était connue des apôtres du Christ car il leur disait souvent « l’esprit saint vous enseignera ». C’est cette faculté qui mène à la véritable « gnose », connaissance salvatrice et « divinatrice » impliquant une nouvelle naissance de l’esprit, une métanoïa. Car, dit Nostradamus : « L’entendement crée intellectuellement ne peut voir occultement. »

Dieu a créé le monde comme une métaphore infinie, comme une écriture en hiéroglyphe, dont le sens reste à être révélé. D’où la cabale phonétique pour faire éclater le double ou le triple langage des métaphores qui structurent notre réalité « objective ». Ainsi s’élève la voix « faicte au lymbe, moyennant la exigue flame, en laquelle partie les causes futures se viendron refléter »

Le phénomène de la prophétie est le produit de cette « flamme exigue », et pour reprendre la préface des prophéties : « Cette chaleur et puissance vaticinatrice, qui nous advient comme les rayons du soleil. » L’œuvre du soleil, l’œuvre des philosophes par le feu, le miroir de l’art… expressions éminemment alchimique qui fait du Grand Œuvre un art divinatoire dont la boule de cristal des voyantes est un mimétisme sans commune mesure, si ce n’est la forme évidemment vide de son contenu.

L’alchimiste élabore, durant la première phase de son travail, une genèse car le véritable prophète est un imitateur de l’acte génésique du créateur. Son verbe se fera chair dans ses paroles qui ne peuvent que revêtir l’apparence de paraboles, de métaphores. Ses textes sont des « mythes » inaccessibles aux intellectuels qui ne voient que par le QI.

La maison de Nostradamus à Alet nous offre l’occasion d’exercer notre sagacité sur ses symboles gravés dans le bois dont on fait les « hérauts ».

 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 22:03

 

 

Depuis des siècles Nicolas Flamel est considéré comme l’alchimiste par excellence, une sorte d’adepte de référence, modèle parfait de ce que l’on a toujours imaginé d’un homme versé dans l’art d’Hermes qui fascine les foules et certains écrivains à un tel degré que Léo Larguier (de l’Académie Goncourt) Lui consacra en 1936, aux éditions Nationales, un ouvrage remarquable sous le titre Le faiseur d’or Nicolas Flamel qui fut réédité avec succès en 1969 par les éditions « J’ai lu » sous La référence A220 dans la collection L’aventure mystérieuse. Le marché aux puces pourrait encore vous en fournir quelques exemplaires… que je ne saurais trop vous encourager à déguster. Revenons à nos moutons.

À quoi cet homme devait-il cette notoriété qui traversa les siècles ? À l’époque où il vécut, qui était avide de merveilleux et s’abreuvait à la légende dorée des saints ? À son savoir technique, à ce savoir que pourtant ses plus respectueux biographes n’admettent qu’avec beaucoup de réticence. Ce qui somme toute est normal car il est difficile d’imaginer que le célèbre adepte n’était pas devant un four, mais devant sa table, oeuvrant avec une verrerie légère sans avoir besoin d’une connaissance technique ! Devait-il sa notoriété à l’obscurité apparente de sa vie ? Au rôle que joua dans son existence, l’apparition d’un livre mystérieux ? Au côté presque miraculeux de sa gloire posthume ? À la découverte qu’il fit, et qui a souvent été contesté, de la pierre philosophale ? À la légende qui s’empara de cette découverte ?

Autant de questions qui restent sans réponses.

N’est-il pas étrange que d’autres alchimistes, dont les travaux et les livres, furent de notoriété publique et dont les ouvrages firent autorité, soient tombés dans l’oubli, à l’exception d’un public spécialisé ? Ils avaient pourtant « œuvré » au su de tout le monde, en contact avec d’autres esprits avertis ; leur réputation scientifique les protégeait contre l’indifférence ou le mépris des détracteurs et des ignorants. Tous, presque sans exception, demeurent confinés par l’imagination populaire dans le clan de ceux qui AURAIENT découvert la pierre philosophale. Seul, Nicolas Flamel s’en détache et lorsqu’on parle de lui il demeure celui qui L’A trouvée.

Rien ne subsiste du passage de Nicolas Flamel en notre monde, de sa maison authentique, du cimetière où il fut enseveli avec son épouse. Rien ne demeure de ses manuscrits originaux, sinon quelques actes notariés.

Mais en dépit des traces COMME A DESSEIN EFFACÉES, de cette existence pleine d’énigme, curieusement Nicolas Flamel est l’un des alchimistes sur lequel il est assez facile d’obtenir des détails assez précis.

Nul n’est besoin d’être détective pour en conclure que Nicolas Flamel lui-même orchestra son énigme. Ce qui signifie qu’en qualité d’alchimiste il réussit le Grand Œuvre, mais qu’il était entouré d’adeptes chevronnés côtoyant la haute société et plus particulièrement des individus centraux sur le plan social afin d’orchestrer en toute liberté cette fabuleuse histoire.

De là à croire que ce groupe d’individus lui transmis l’alchimie, il n’y a qu’un pas que je laisserais en suspend… En parlant d’un groupe d’alchimiste actif en 1396 les Frères Ainés de la rose Croix sont de parfait candidats. À cette époque ils venait d’élire leur 12e président (imperator) qui se nommait Ludovic des Pins. Dans le Légenda des Frères Aînés de la Rose Croix, (1970) Roger Caro écrit que dans les archives du groupement d’alchimistes, dont lui-même était le 58e impérator, que le bras droit de Ludovic des Pins est nommé L’AISNE de FLAME NICLAUS. « Ce nom « sent » le pseudonyme d’une lieu. Sans être très subtil, on devine qu’il s’agit de Nicolas Flamel. NICLAUS est NICOLAS et FLAME est FLAMEL (avec le L’ de L’AISNE. Reste à comprendre pourquoi AISNE ?

Nous avouons que nous sommes restés un bon mois sans trouver la réponse, jusqu’au jour où nous tombions en arrêt sur un passage de Louis Figuier dans son livre : L’alchimie et les alchimistes à la page 196 : « Un écrivain, dit-il, à peu prés contemporain de FLAMEL, GILLEBERT de METZ, dans sa Description de Paris, écrite en 1434, nous apprend  à distinguer deux frères, l’un et l’autre écrivain du nom de FLAMEL. L’un qu’il appelle FLAMEL, le jeune, fut un habile calligraphe, libraire et secrétaire du duc Jean de Berry ; l’autre, Nicolas, est appelé par GUILLEBERT : FLAMEL L’AISNE, escrivain qui faisait tant d’aumônes et hospitalitez. »

Voilà qui enlève tout risque d’erreur : L’AISNE de FLAME NICLAUS est bien Nicolas FLAMEL.

Cela signifie que Nicolas Flamel était entouré de 32 alchimistes chevronnés, parmi lesquels des aristocrates princes de sang. Nous comprenons pourquoi Nicolas Flamel eut toute latitude pour effacer certains indices et mettre sur pied sa « légende ».

Mais, sa « légende », quelle est-elle ? C’est une histoire qui vaut d’être contée et qui s’est transmise de génération en génération.

Flamel serait né à Pontoise vers 1330. Il s’installa à Paris comme écrivain public. Ce qui déjà présente une énigme, car il fallait de l’argent pour acquérir à cette époque autant d’instruction. Ses parents furent-ils riches ? Nul ne le sait. Son atelier s’appelait « À l’enseigne de la Fleur de Lys » ce qui en dit long sur ses fréquentations. Flamel était à la foi copiste, libraire et éditeur. Son renom était si grand qu’il bénéficiait même, nous disent certaines archives, de la protection des gentilshommes et hautes dames de la cour. Inutile de s’en étonner ! Les talents d’écrivain de Flamel ne sont pour rien dans cette haute considération.

Peu de temps après son installation rue des écrivains, il épousa dame Pernelle plus âgée que lui, qui fut l’épouse attentive, partageant ses passion et fidèle compagne de sa vie. Il parlait toujours avec tendresse de son aimée, qui possédait une confortable aisance financière. Mais leur train de vie était simple, ils s’habillait modestement et mangeait dans de la vaisselle de terre. Ils urent des apprentis qui avait pris pension chez eux.

Tout commence par un rêve. Un ange lui apparut et lui présenta un livre très ancien en disant : « Flamel, regarde ce livre. Tu n’y comprendras rien, ni toi ni bien d’autres, mais tu y verras un jour ce que nul n’y saurait voir . »

Flamel ne prêta guère attention à ce songe jusqu’à un jour de 1357, il acheta à un inconnu un vieil ouvrage qu’il reconnut aussitôt pour l’avoir vu dans son rêve.

Il ouvrit aussitôt l’ouvrage et lu des malédictions contre toute personne qui jetterait les yeux sur ce livre, s’il n’était Prêtre ou scribe. Malheureusement il ne comprit pas grand-chose au textes et à ses images, mais réussit à saisir qu’il était question d’alchimie.

Nicolas Flamel passa des jours et des nuits à étudier l’ouvrage, mais ne comprit toujours rien. Mais Pernelle veillait. Il finit par se confier à elle. Malheureusement elle ne pus l’aider. Se voyant bloqué dans sa recherche il prit conseil auprès de Maître Anselme, licencié en médecine, qui se disait alchimiste. Mais ses explications furent aussi volubiles que peu convaincantes. Pendant 21 ans Flamel piétina et ne comprenait toujours pas ce que disait le livre. Au moment où il allait se décourager, il eut une inspiration, seul un juif pouvait l’aider. Pour le rencontrer il fallait se rendre en Espagne. Sur le champ il décida de faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, et profiter de cette occasion pour rencontrer un juif instruit en alchimie. Il partit en 1378. En Espagne il fit de vaines recherches pendant plus de six mois mais finis par rencontrer maître Canhès. Sans plus attendre il entreprit de les déchiffrer. Et Flamel se rendit compte qu’il était enfin sur la bonne voie. Nicolas l’invita à Paris pour qu’il puisse déchiffrer la totalité du manuscrit. Ils partirent par bateau jusqu’à l’estuaire de la Loire puis remontèrent le fleuve jusqu’à Orléan. Hélas, maître Canchès tombe malade. En une semaine la maladie l’emporta. Flamel, après l’avoir enterré en l’église sainte Croix repris sa route vers Paris.

Canches (ou Sanchez) lui avait donné tellement d’éléments durant leur voyage que Flamel pus à son retour se lancer dans des expériences sérieuses. Et ce fut le 17 janvier 1382 qu’il réussit, en compagnie de Pernelle, sa première transmutation de mercure en argent.

Les Flamel distribuèrent une partie de leur richesse à sept églises et quatorze hôpitaux.

Dame Pernelle décéda le 11 septembre 1397 et fut inhumée au cimetière des innocents. Quant à Flamel, il suivi sa femme dans la tombe le 22 mars 1417 ?... Mais un voile de mystère enveloppait sa mort et celle de son épouse. Ne disait-on pas que, la nuit précédant les funérailles, alors que la dépouille reposait dans le cercueil fermé, la servante avait aperçu l’ombre de son maître descendre l’escalier de la maison et disparaître dans le jardin ? Cette même servante n’avait-elle pas confié à des parents qu’on l’avait écarté de la chambre funèbre après la mort de dame Pernelle, et que le veuf avait tenu à ensevelir lui-même son épouse ? Le peuple ne tarda pas à conclure que les cercueils contenaient des morceaux de bois. Quant au voyageur Paul Lucas, il dit l’avoir rencontré en Turquie. Flamel aurait eu un fils avec Dame Pernelle. Ils auraient été vus en 1761 à l’Opéra se Paris.

Voilà, vous connaissez tout de l’illustre alchimiste qui finalement garde tout son mystère. Certes, il faut se méfier des légendes, mais il est nécessaire de garder à l’esprit qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

 

(Attention cet article est protégé car extrait d’un de mes livres)

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