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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:00

Lagneau-d-finitif.jpg

Dans un midi gelé sous le soleil (moins 2 à ma fenêtre), j’ai reçu des messages de la part de fan de ces troubadours qui déclamaient ou chantaient avec les cigales. On ma demandé d’où pouvait provenir leur connaissance alchimique lié à l’enseignement qu’ils recevaient comme le montre le grade d’enseigné qui caractérise leur premier pas vers la connaissance ? Un de mes correspondants et ami de longue date m’a même affirmé que ce savoir n’était pas tombé du ciel, qu’il y avait bien quelqu’un là dessous pour tenir le rôle d’instructeur. A la suite de quoi la question simple, naïve, la bouche en cœur posée à monsieur-je-sais-tout: « Qui est- ce ? ».

Quand j’étais jeune marin on me répondait (à propos de la signature de mon contrat d’engagement qui ne m’engageait plus) « T’a signé t’à qua morfler ». Ici c’est pareil, on me renvoi la même baffe : « du moment que t’a écrit, t’as qu’a assumer ! »

Demande pour le moins indigeste pour ne pas dire surréaliste. Me fallait-il consulter la cartomancienne du coin ? Finalement j’ai décidé de garder mes euros pour m’acheter des serpillères et un balai.

Elle était terrible cette interrogation car elle me collait aux basques comme un diablotin… Je devenais aussi curieux que mes correspondants et même plus ! A la fin, n’y tenant plus je plongeais dans ma bibliothèque et torpillait sans sommation internet ! Après une longue plongée en apnée à côtoyer les grenouilles et des vieilleries rouillées, j’ai fais surface en tenant à la main le trésor que je cherchais, que vous cherchez…

Suite de LES TROUBADOURS ETAIENT-ILS ALCHIMISTES ?

Chrétien de Troyes (né vers 1135, mort vers1183), état un poète de la littérature courtoise,  un trouvère (à ne pas confondre avec un troubadour méridional), qui écrivit de nombreux romans chevaleresques en vers octosyllabiques (vers à huit syllabes) qu’il déclamait de château en château. Actuellement on dirait qu’il en fit une solide promotion ! La preuve, c’est qu’on en parle encore près de 800 ans après !

Ces aventures mythiques sont donc des œuvres qui expriment l'idéal chevaleresque et exaltent l’amour. Le qualificatif de « courtoise » caractérisant cette littérature vient du mot « court » qui, en ancien français, désignait la cour seigneuriale. Plus exactement la cour imaginaire du roi Arthur dans les romans de la Table Ronde devint l'idéal des cours réelles. Les habitudes raffinées et les beaux usages s'y imposent comme règle. La fidélité à une Dame, l'art de bien parler et chanter, la politesse, la générosité s'opposent, d'une part, aux manières grossières des guerriers et, d'autre part, deviennent signe de reconnaissance de la classe aristocratique. Précisons que la fidélité à une Dame n’a pas le même sens en Languedoc dont la culture est différente de celle du nord de la Loire ou Eléonore d’Aquitaine, qui fut la protectrice de Chrétien de Troyes, devint souveraine, mais n’anticipons pas…

Cette saga de Chrétien fut donc commandée par Eléonore d’Aquitaine (duchesse d’Aquitaine) (1122 ˷ 24 – 1204) très belle femme qui épousa successivement le roi de France Louis VII, puis Henri Plantagenêt, le futur roi d’Angleterre Henri II.

À la cour fastueuse qu'elle tient en Aquitaine, Eléonore favorise l'expression poétique des troubadours en langue d’oc car son grand père Guillaume IX duc d’Aquitaine était troubadour. La cour d’Aquitaine, était l’une des plus raffinées du XIIe siècle, c’est celle qui voit naître l’amour courtois (le fin amor). C’est un fait capital pour la suite de cette histoire.

L’œuvre de Chrétien de Troyes est imaginaire mais il s’est inspiré de faits qui lui furent révélés à la cour de d’Aquitaine Si l’histoire du Graal repose sur une réalité, elle est loin de la traduire. C’est ce qu’affirma, quelques années plus tard, Wolfram von Eschenbach.

Wolfram von Eschenbach (vers 1170- vers 1220) est né dans le village d’Eschenbach en Bavière. C’est un poète épique considéré comme l'un des plus grands de son temps. Il est l’équivalent germanique d’un "troubadour".

On ne connaît pas grand-chose de la vie de Wolfram, sinon ce qu'on peut déduire de ses œuvres. On sait est qu'il est né à Eschenbach (maintenant appelé Wolfram-Eschenbach) en Bavière. De plus, qu’il était chevalier et qu’il fut surnommé le Templier Souabe. Il suivi un certain nombre de cours dans sa vie, dont celle d’Aquitaine fort probablement, où il rencontra des troubadours qui chantaient la quête du graal de Chrétien de Troyes.

Aujourd'hui, Wolfram est avant tout connu pour son Parzival, qu'on considère comme la plus grande de toutes les épopées allemandes de ce temps. Basé sur Perceval de Chrétien de Troyes, c'est le premier travail en allemand dont le sujet est le Saint-Graal.

Dans son Parzival, Wolfram exprime le dédain pour la version inachevée de Chrétien de Troyes, et déclare que sa source était un poète appelé Kyot qui vivait en Provence. Quelques spécialistes croient que Wolfram a fait allusion au trouvère Guiot de Provins. Ici il ne faut pas confondre Guiot qui vivait à Provins avec Kyot qui vivait en Provence. C’est donc un jeu cabalistique (phonétique) cher à l’ésotérisme. Cela explique pourquoi, aucun des derniers travaux sur la vie du trouvère Guiot ne se relie aux thèmes de Perceval.

Wolfram, dans sa version de la quête du Graal,– avec Parzival, puis avec son Titurel – donne au mythe une sonorité ésotérique beaucoup plus prononcée que chez Chrétien de Troyes : le Graal est gardé par des Templiers, et il est réservé à quelques « élus » seuls susceptibles de s'en approcher. Ces élus sont liés par une lignée commune. Evidemment cette « lignée » commune représente une fraternité par la connaissance de l’alchimie, comme nous allons le voir. Dans son Parzival, Wolfram parle son instructeur Kiot, le méridional, en ces termes :

« Kiot, le maître illustre, trouva à Tolède, parmi des manuscrits abandonnés, la matière de cette histoire, notée en écriture arabe. »

L’alchimie gréco-égyptienne d’Alexandrie nous fut transmise par les arabes. Il est donc normal de trouver en Espagne des informations précises à son propos. Qu’a donc découvert maître Kiot dans ces grimoires ? Qu’un certain Flagétanis très savant écrivit l’histoire du graal (voir à ce propos mon livre Rennes le Château : Hermestine). C’était un homme de grand savoir de la lignée de Salomon, en des temps ou le baptême n’existait pas, donc avant le Christ !  Comme son père était arabe et qu’avant l’islam les arabes adoraient n’importe quoi, Flagétanis (toujours d’après Wolfram) adorait un veau comme d’autre adoraient un chameau ou une pipistrelle. Son savoir était tel qu’en examinant le ciel il découvrait de profond mystères dont il ne parlait qu’avec frayeur :

« Le païen Flagétanis découvrit, en examinant les constellations, de profonds mystères dont il ne parlait qu’en tremblant. »

Et les étoiles lui avaient révélé l’existence du Graal :

«  Il était, disait-il, un objet qui s’appelait le Graal.  Il en avait clairement lu le nom dans les étoiles. Une troupe d’anges l’avait déposé sur terre. Depuis lors, c’était des homes devenus chrétiens par le baptême et aussi pur que les anges qui devaient en prendre soin. »

Curieusement ce passage concorde étrangement avec les visions de la célèbre mystique allemande Anne Catherine Emerick. Graal qui fut confié à Abraham par l’étrange Melkisédec…

De ce qui précède on comprend que la version originale semble être venue, depuis les Pyrénées, de l’Espagne arabisée et de Tolède plus précisément, centre important d’étude ésotérique ou se trouvait plus particulièrement des manuscrit d’alchimie sur la pierre philosophale, que vinrent traduire en latin des érudit comme les anglais Abélard de Bath et Robert de Chester accompagné du  lombard Gérard de Crémone.

Qu’est donc le Graal ?

« La dame qui avait reçu du Graal lui-même mission de le porter avait pour nom Répanse de joie »

Voila qui n’est pas sans rapport avec la dame du fin amor des troubadours qui dispense, répand la joie.

Le graal est une pierre gardée par des Templiers qui a les mêmes pouvoirs que la corne d’abondance. La présentation qu’en fait Wolfram est associée au phénix qui est le symbole de la pierre philosophale :

« On l’appelle « lapsit exillis ». C’est par la vertu de cette pierre que le phénix se consume et devient cendre ; mais de ces cendres renait la vie ; c’est grâce à cette pierre que le phénix accomplit sa mue pour reparaître dans tout son éclat, aussi beau que jamais. »

Inutile de polémiquer, le graal est la pierre philosophale accompagnée de toutes les merveilles que Wolfram décrit. Elle est gardée par les Templiers car ils ont conservé le secret de sa fabrication. Par ailleurs il est indispensable d’être pur pour l’approcher, c’est-à-dire tenter de la fabriquer.

Tout cela correspond aux différents degrés de formation chez les troubadour afin d’acquérir cette nécessaire blancheur et pouvoir courtiser la dame ou la matière.

Qui est maître Kiot si ce n’est le premier initiateur qui transmit ensuite son savoir à un troubadour pour qu’il puisse se perpétuer ? Chercher son identité véritable est aussi vain que de chercher actuellement celle de Fulcanelli.

Avec toute mon amitié.

Et merci à celui qui m’a « titillé » sur ce sujet ! ! !

 PHOTO HERMESTINE-01

 

 

Chrétien de Troyes écrivit Lancelot ou le Chevalier de  Charrette (1177), Yvain ou le chevalier au lion (vers 1176) ou encore Perceval ou le Comte du Graal (vers 1180).

Le mariage d’Eléonore d’Aquitaine avec Louis VII roi de France fut considéré par le pape comme nul pour consanguinité, alors que la même consanguinité existait avec le roi d’Angleterre Henri II. Comprenne qui voudra !

Le trouvère Guiot de Provins est né à Provins vers 1150, visita en récitant ses vers les principales villes de l'Europe, alla en pèlerinage à Jérusalem, et finit par se faire religieux à Cluny.

 

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 15:02

 

 

Jacques Duchossoy raconte qu’au cours d’un entretien avec le Président de l’Ordre International Soufi et de l’Institut Universel Soufi pour la France, il a obtenu confirmation que le soufisme, d’où sont issus de nombreux alchimistes arabes, n’est pas une gnose. L’exemple le plus connu est celui de Jabir ibn Hayyan qui est connu en occident sous le nom de Géber. Jamais l’alchimie arabe ne dépassa le niveau extraordinaire auquel Géber l’avait fait accéder.

Jabr ibn Hayyan signifie Jabir, fils de Hayyan. Par la suite il est appelé Al-Soufi, d’où on peut conclure qu’il était membre d’une communauté mystique pratiquant le soufisme. Contrairement à une idée répandue, le Soufisme n’est pas une gnose hérétique issue du Coran, comme se plaisent communément à l’affirmer de nombreux spécialistes, notamment le célèbre Henry Corbin. Le soufisme est indépendant de l’Islam. C’est un des aspects de la gnose qui existait déjà en Iran à l’époque du premier Zoroastre, qui le tenait d’une tradition orale préhistorique. Le soufisme fut adopté par les nombreux penseurs et poètes musulmans lors de l’invasion de la Perse et les Parsis adorateurs du feu, de la lumière et du soleil, durent se réfugier en Inde, laissant seuls deux petits villages tolérés par les musulmans, tout au moins jusqu’à la révolution iranienne.

Nous savons tous les rapports cordiaux, sur le plan ésotérique, qu’entretenaient au moment des croisades les chevaliers chrétiens avec leur homologue musulman. L’idée de la chevalerie serait née bien antérieurement dans cet Iran à qui l’occident devait faire tant d’emprunts… même sur le plan religieux.

Certaines légendes médiévales considérées comme d’origine celtique : Le cycle du roi Arthur, les chevaliers de la Table Ronde, la Quête du Graal, etc. proviendrait en réalité de prototypes iraniens. À noter même que ce patronyme, comme Parsifal (devenu Parseval ou Perceval au cours des siècles), est composé de deux mots persans anciens Parsi et Whal signifiant l’homme pur et purifié par la Lumière. Ces remarques n’enlèvent absolument rien à sa dimension cabalistique (Per = pierre et Val=laver). Voici qui n’est pas sans rapport avec le terme de Cathare (les purs) que nous retrouvons dans le midi de la France où par ailleurs existeraient divers toponymes aux consonances iraniennes, venant se juxtaposer à des suffixes courants en France comme ois et ais dont le sens et l’origine sanskrits sont déjà bien connu.

Pour en revenir à l’esprit chevaleresque des romans médiévaux, voici une anecdote ou plutôt une épreuve de Parsifal, chevalier chrétien, qui doit combattre Bérénis, un chevalier musulman…Au milieu du combat, dans un instant de repos, ils en viennent à parler de leur origine et s’aperçoivent qu’ils ont le même père, celui de Parsifal ayant eu aussi un enfant d’une arabe. Le combat cesse et ils s’embrassent fraternellement, jurant de poursuivre ensemble la quête du Graal, car dit la légende, ils ne pourront pénétrer qu’ensemble dans le château contenant le Graal. L’un est dit Chevalier Blanc et l’autre Blanc et Noir à cause de son origine. Voilà qui nous entraîne vers tout un symbolisme de l’Unité templière que d’aucun pourrait confondre avec un manichéisme mal compris et qui traduit aussi cette fraternisation des chevaliers chrétiens et musulmans dans ces maisons de la sagesse où ils échangèrent l’alchimie.

 

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