Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
Peut-être avez-vous entendu parler des Landmarks ? Dans le cas contraire permettez-moi de vous éclairer et peut-être de vous permettre de saisir pourquoi j’écris des articles sur le parallélisme hallucinant (ce n’est pas un superlatif) entre la tradition alchimique et celle des Franc-Maçon ? Le but de ma prose est à double face : celle de montrer la cohérence du symbolisme général et donc par voie de conséquence de souligner les erreurs qui parfois provoquent des scissions internes aussi bien que l’incompréhension « externe ». La seconde face de mes intentions est de montrer aux chrétiens que le rejet systématique de la maçonnerie ne repose sur rien de sérieux. Cependant, soyons réalistes, d’un côté comme de l’autre nous trouvons des margoulins hystériques mal intentionnés d’autant plus virulents et aveugles qu’ils sont conditionnés comme détenteurs de l’unique vérité ! Ne comptez pas sur moi pour désigner qui remporte le pompon des F.M. ou des cathos ! ! ! Je ne puis dire qu’une chose : ce n’est pas joli… Dans ces luttes déraisonnables, l’hypocrisie sirupeuse au goût sucré a le don, d’où qu’elle vienne, de dégoûter de l’espèce humaine.
La Maçonnerie anglo-saxonne a fixé des règles en dehors desquelles tout Maçon et toute Obédience sont déclarés « irréguliers » (autant dire hérétiques !). Ces règles, qui ne sont autres que des sœurs jumelles des dogmes, portent le nom de « Landmarks » qui signifie « limites » ou « bornes ». Osvald Wirth ne manquait pas de lucidité quand, en 1938, il écrivait :
« Les landmarks sont d’invention moderne et leurs partisans n’ont jamais pu se mettre d’accord pour les fixer. Cela n’empêche pas les Anglo-Saxons de proclamer sacrées ces limites essentiellement flottantes, qu’ils arrêtent au gré de leur particularisme. Chaque Grande Loge les fixe conformément à sa façon de comprendre la Maçonnerie ; la Maçonnerie est très diversement comprise, d’où des définitions contradictoires, destructrices d’unité au sein d’une institution visant à la concorde universelle.[1] »
Je suis totalement d’accord avec Jules Boucher :
« L’unité maçonnique, rêvée par quelques-uns, est un leurre ; elle ne sera jamais réalisée et elle n’est pas souhaitable. » (p. 198)
Nous avons l’exemple de l’Église Gallicane ancienne (époque romane) qui, avant l’avènement de Charlemagne était le reflet de chaque région. Pour ceindre la couronne impériale Charlemagne détruisit cette unité dans la diversité et imposa partout les désirs et la suprématie du Vatican qui l’avait couronné. C’est ainsi que la langue latine devint universelle en stérilisant les particularismes locaux si bien adaptés à la mentalité de chaque région. À partir de ce moment l’Église commença progressivement à perdre son âme. Et Boucher à totalement raison quand il dit :
« La Maçonnerie doit s’adapter aux différents pays et dans chaque pays correspondre aux aspirations différentes des Maçons. »
Surtout ne rien imposer sous peine de renoncer à sa propre identité qui est celle d’être FRANC avant d’être Maçon, c’est-à-dire LIBRE.
Dans l’Église cet aspect correspond aux libertés (par rapports aux dictats du Vatican) de l’Église Gallicane. Ces libertés furent officialisées en France par la Pragmatique Sanction de Bourges publiée en 1438 par le roi Charles VII. Croyez-moi, le pape n’était pas content ! Il était d’autant plus préoccupé que le roi eut l’aval de Jeanne d’Arc. Donc, ne vous interrogez pas sur les raisons de la date anormalement tardive de la canonisation de notre pucelle nationale (1920).
Le ciment d’union, autant dans la Maçonnerie que dans l’Église, c’est le symbolisme. Car le symbolisme n’appartient à personne. Il n’existe pas un symbolisme maçonnique ou religieux. Il est UNIVERSEL. Dans tous les cas son rôle est l’apprentissage d’un langage. Permettez-moi de citer encore Jules Boucher :
« C’est le symbolisme maçonnique, bien compris, qui doit seul former le ciment entre toutes les Pierres et c’est par lui que la véritable fraternité peut et doit s’établir. »
Si le symbolisme est "bien compris", s'il n'est pas du blablabla stérile, alors retournons à ces époques où les maçons livraient, aux ecclésiastiques de l'ancienne Eglise Gallicane, une cathédrale. Leur connivence et complémentarité étaient incontestables. À vous, cher lecteur, qui que vous soyez, de savoir s’il serait judicieux de la restaurer.
Que la force, forte de toutes forces, d’Hermès et l’Esprit Saint du Christ soient avec vous.