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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 15:33

Gabalis02

 

J’ai dit et écrit que le Razès était inséparable de mon enfance. Il me fu demandé de rédiger à la vas-vite un petit texte pour me présenter sur le site social Viadeo où mes lecteurs me demandèrent un développement plus conséquent. Je n’ai pas l’intention de raconter ma vie et  je me cantonnerais à ce que j’ai déjà écrit, évidemment je vais  l‘agrémentant de quelque détails mais sans l’étaler au point de contribuer à l’écriture d’un roman.

Je vais donc reprendre mes anciens textes et vous en parler un peu d’une manière parfois poétique car ces souvenirs ont le don de m’émouvoir. Libre à vous de croire que j’ai utilisé la brosse à reluire pour astiquer mes souliers, ou tout autre chose, vos sous-entendus désobligeant ont peut-être leur raison d’être car c’est aujourd’hui le 14 juillet jour ou cette activité hautement narcissique au niveau national devient une maladie contagieuse pour tous les membres de la population.

Certains ont laissé entendre que le Razès de mon enfance était un argument publicitaire pour vendre mes deux livres sur Rennes le Château. Qu’à cela ne tienne, je les comprends fort bien dans leur immense détresse de se savoir un peu en retrais. C’est pour cela que je n’ai pas hésité à prendre la brosse à reluire une nouvelle fois pour les offusquer dans leur jalousie congénitale. Je confesse que j’ai un pan de caractère tout entier qui s’apparente à l’espièglerie infantile un peu folle mais proche de la joie de vivre dont j’assume toute les responsabilités même si elles m’attirent des accusations non fondées. J’ai ainsi perdu récemment des amis… ou qui se disaient tels ! N’est-ce pas une magnifique « machine à laver » ?

Moralité : Le goût amer ne provient pas seulement des endives cuites.


 

C

eux qui lisent mes articles sur Rennes-le-Château, ne peuvent savoir combien je suis attaché au Razès pour avoir goûté dès ma plus tendre enfance (il y a bien plus d’un demi-siècle) non seulement au bonheur d’y aller depuis Narbonne quand la nature printanière éclaboussait le flanc des collines des plages violacées de la bruyère ou du jaune d’or des jeunets. Quelle joie enfantine, dans les rires cristallins, de jouer dans le fourrage ou la paille des vastes greniers, là ou les poules venaient cacher leurs œufs en criant victoire. Galop éperdu vers le nid secret  pour remplir nos paniers destinés à la future omelette aux champignons. Joie  de galoper dans la campagne, de fouiller ses recoins secrets, et d’écouter mes oncles me parler de cette terre avec une profonde vénération, et une pointe de mystère aussi. Car j’en ai entendu des histoires d’esprits frappeurs ou d’apparitions mystérieuses — dont l’abbé poudré (un peu vaurien) d’Alet les bains ce fameux Montfaucon de Villars, à su traduire l’atmosphère. Que de trésors sur les rives tumultueuses de la haute vallée de l‘Aude.

Caillaux, village sur son caillou, sur sa « montagne ». Tout en haut était l’église avec son clocher couvert non pas d’ardoises ou de tuile mais, sous la forte insistance de son seigneur, de céramiques vertes ! La porte du lieu sacré s’ouvrait sur un petit terre-plein, une sorte de grand balcon haut perché qui projetaient les fidèles, dès la sortie de l’église, dans le ciel d’un paysage bucolique et de cette  infinie beauté qui tapisse encore mes rêves.

Mon oncle paternel Noël c’est marié là dans une liesse champêtre qui concernait tout le village et dont les remous arrivaient jusqu'à Brugairolles (le pays des bruyères) avec son curé l’abbé Oms cet érudit aristocrate. Et le bruit de cette réjouissance  parvenait peut-être jusqu’à Villarzel-du-Razès, là où officiait le curé archéologue-motocycliste qui devait payer cher un jour sa passion pour la vitesse puisque lors d’un accident il perdit la mémoire. Ainsi son enfant de cœur lui rappelait à tout moment où en était la messe. Le soir il vérifiait toujours, et à plusieurs reprises, s’il avait bien fermé la porte de son presbytère. Des auteurs de livres sur Rennes le Château prétendaient qu’il avait peur d’être agressé ! Devrais-je dire que ce n’est pas tout à fait la vérité ?

Sur le haut du Cailloux de Caihau, tout à côté de l’église dominant sa paroisse mon oncle Noel et ma tante Lucie (la lumière qu’elle a toujours été dans sa discrétion) avaient installé là leur havre de paix, leur « Lumière de Noël » pour dire vrai, lumière qui a marqué à jamais mon cœur.

Toujours souriant mon oncle ce paysan au regard bleu et aux mains calleuses me parlait souvent le soir au coin du feu. Son visage buriné prenait alors une étrange vie à la foi douce et énergique. Nos échanges se croisaient dans cette pénombre bienfaisante, propice au recueillement ou les flammes animaient les ombres sur les murs et accrochait leurs éclairs sur le grand balancier de cuivre d’une pendule enfermée dans un meuble de bois aussi vieux que les pierres.

Etrange impression quand mon regard rencontrais celui bleu de mon oncle Noel. M’appeler  Léon cet inverse de Noel m’interrogeait. Est-ce son nom qui est l’inverse du sien, ou le contraire ? Curieuse symétrie en tout cas qui alliais l’étrange avec la réalité. A cette particularité je dois mon intérêt précoce pour les jeux de mots qui m’ont conduit à la phonétique et finalement au moyen d’expression des alchimistes ou cabale. Plus tard j’ai compris que sur un certain plan, non biologique, j’étais son fils… lui qui n’en a jamais eu à son grand désespoir.

Ce n’est pas lui qui me donna mon prénom mais l’oncle Léon frère de ma mère contrebandier de son état sévissant à la frontière franco-espagnole. Comme le trafic était l’alcool et les cigarettes je n’ai vu aucune raison de lui jeter l’opprobre. Il me racontait comment il faisait passer les chiens chargés de sacs de cigarette, dans les sentiers montagnards des Pyrénées et cela bien sur au nez et à la barbe des douaniers. Arrivés sur une route départementale les toutous s’engouffraient dans une voiture qui partait en 4 ème vitesse, avec moult détours, vers Narbonne. Sa vaste organisation avait son centre névralgique dans l’est de le ville, ou le grand patron un certain Redouté (c’était son nom) stockait l’alcool, sous couvert de distillation, dans des cuves découvertes lors de la démolition.

A sa morts mon oncle eut droit à un substantiel héritage qui lui permis de faire construire une luxueuse villa dans le village d’Oraisons, fief des vicomtes d’Armissan, au pied des Corbières, (chez lequel officia Alfred Saunière dans un rôle de précepteur disent les un ou de filou voleur d’archives disent les autres) et d’acheter une ligne de transport de voyageurs sur la route de Narbonne à Couiza. Son magnifique car de la marque « Chausson » faisait mon admiration et ma fierté.

C’était midi quand, sur cette route nationale 613, je suis né dans la voiture de mon oncle Léon au moment ou la constellation du lion montrait son nez à l’horizon. Mon lieu de naissance avait donc quatre roues. C’était une antique Citroën dite « tractions avant », la même que celle des films de gangster en noir et blanc. Ma maman attendait l’heureux évènement quand me pris l’envie intempestive d’aller voir dehors. Le fait accompli J’arrivais à l’Hôtel Dieu (l’hôpital de l’époque) en braillant comme un pilier de cabaret.

Ma ligne de vie était donc la même que la route départementale 613 (jadis nationale) qui va de Narbonne à Couiza au pied de Rennes le Château.

Au début de mon adolescence mon vieux vélo rouillé mais solide me poussait parfois sur ces lieux ou une source d’eau fraiche (de nos jours tarie) sourdait au pied d’une maison en ruine. Elle était la bienvenue autant pour étancher notre soif que pour repérer les crevaisons de la chambre à air des roues de mon vélo fatigué. Ainsi à l’ombre des cyprès de la tombe des vicontes d’Armissan, je collais minutieusement une rustine sur une chambre à air déjà abondement rapiécée. C’est à l’ombre de ces cyprès centenaires qu’un jour je fus intrigué par la croix celtique de fer (ou de vert ?) qui surmonte l’obélisque du fondateur de l’Ordre de Philadelphie de Narbonne, considéré aussi comme l’un des pères de l’ordre maçonnique de Memphis Misraïm. C’était trente-cinq ans avant la rédaction de mon livre Rennes le Château la carte des trésors. Depuis j’ai eu le temps d’y réfléchir même en me trouvant au cœur de l’océan Indien…

Avide d’explorer les lieux, c’est en cet endroit que je découvris, inclue dans un bloc de calcaire, la pyrite dorée qui brillait comme un morceau d’or. J’ai découvert là l’existence de la vitesse du son quand je vis un vigneron planter un piquet. Le bruit du coup de marteau prenait du retard… Face à la tombe étaient les ruines d’un château que mon oncle me présenta comme le château de Castellas.

Un jour l’un des membre du spéléoclub de l’Aude et de l’Ariège ma fit visiter une grotte située non loin du château ou les chauves souries avait élu domicile depuis des temps immémoriaux. Son nom occitan: La ratapenada. C’est-à-dire la rate volante ou chauve souris, il fallait s’y attendre ! L’épaisseur du guano est considérable et mon guide m’a dit (peut-être plaisantait-il ?) « La dessous il n’est pas impossible qu’il y ait le trésor du châtelain. »

En prenant le bus conduit par mon oncle Léon, j’avais droit à des commentaires sur les paysages ou sur l’histoire.

C’est ainsi qu’un jour il me parla de Pierre Benoît (1886-1962) le romancier académicien qui s’ajournais souvent dans le village de Bizanet dans les Corbières. De là me disait-il lui est venu l’inspiration de son livre à grand succès L’Atlantide. Il prétendais le contraire mais ici nous savons de quoi il parlais… je m’arrête ici car je n’en finirais plus de me passer la brosse à reluire.

 

Avec toute mon amitié à toutes mes lectrices et plus particulièrement à ceux qui œuvrent à Rennes le Château..

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commentaires

christian 16/07/2012 13:13

merci pour cette jolie prose
j'attends la suite...
Christian

Hermophyle 16/07/2012 14:25



La suite ? 


Je vais y penser !



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  • : Alchimie, cabale
  • : Il s'agit ici d'Initiation christique, de lien entre le christianisme initiatique ancien et les différents courants de la mystique permettant une fructueuse transformation de la pensée(métanoïa) pratiquée par les alchimistes. Des sujets divers sont abordés : Spiritualité, initiation, alchimie, cabale, mythologie, symbolisme...
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