Lundi 12 mai 2008

Malgré le scepticisme de la communauté scientifique, de très sérieuses expériences tentent aujourd’hui d’obtenir des réactions nucléaires à température ambiante qui furent appelées dès le 23 mars 1989 fusion froide, par opposition aux fusions chaudes réalisées à haute température, avec des émissions radioactives dangereuses, dans les réacteurs nucléaire.

La fusion froide

 

Cette fameuse expérience réalisée par deux physiciens, l’un américain Stanley Pons et l’autre Anglais Martin Fleischmann a suscité la plus grande polémique de la fin du XXe siècle et amorce une crise scientifique sans précédent qui préfigure le physique du troisième millénaire.

Ces deux éminents chercheurs transformèrent, par fusion nucléaire, de l’hydrogène en hélium. Au lieu d’utiliser un réacteur nucléaire ils y parvinrent dans une simple éprouvette. À l’occasion de cette réaction ils purent mesurer un dégagement de chaleur propre à en faire une nouvelle source d’énergie inépuisable. De ce fait elle venait de signer son arrêt de mort…

Cette expérience fut violemment rejetée par les physiciens car la transmutation à basse température est une hérésie pour les physiciens nucléaires. Comment est-il possible de jongler avec les protons dans une simple éprouvette à température ambiante ? Comment ne pas y voir des erreurs d’expérience ?

Quel est le principe de cette manipulation ?

C’est comprimer du deutérium (isotope de l’hydrogène ou hydrogène pourvu d’une particule nucléaire ou neutron supplémentaire, présent dans l’eau lourde) dans les pores de ce métal poreux qu'est le palladium. Celà, grâce à l’électrolyse, ou un courant électrique circule entre une cathode en palladium (chargée négativement) et une anode en titane (chargée positivement). Ces électrodes sont plongées dans une solution contenant du deutérium. L'électricité  l'oblige à migrer, puis à se décomposer. En effet, le deutérium s’agglutine dans les pores du palladium. Et, selon Pons et Fleischmann, à partir d’une certaine concentration, c'est comme s’ils se trouvaient trop serrés dans leur enceinte de palladium, alors les noyaux de deutérium fusionnent entre eux pour former de l’hélium4 (deux protons et deux neutrons au lieu de deux protons seulement), tout en dégageant de la chaleur. Et même beaucoup de chaleur, davantage que l’énergie dépensée en électricité !

Malheureusement cette expérience avait un défaut : elle n’était pas systématiquement reproductible, car les chercheur craignant de ne pas être les premiers à divulguer leurs travaux publièrent leurs résultats prématurément, environ 18 mois avant la date prévue.

 

Les foudres du milieu scientifique

 

À la suite de cette publication de nombreux laboratoires se lancent sur le sujet, la compétition faisait rage pour déposer des brevets. Certains laboratoires confirment la validité de la fusion froide, d’autres ne parviennent pas à reproduire l’expérience et crient à la supercherie.

Le 6 juillet 1989, alors que la polémique remplit de nombreuses pages dans les publications scientifiques, les recherches sont finalement enterrées par un seul homme : un certain John Maddox, le directeur de la prestigieuse revue scientifique Nature dont les avis ont valeur d’arrêt.

Convaincu qu’il s’agit d’une erreur scientifique, il écrit alors : « Il semble que le temps est venu de renvoyer la fusion froide au rang d’illusion. »

Quant aux scientifiques français spécialistes de la fusion thermonucléaire – à l’immobilisme proverbial – ils rejettent systématiquement les possibilités qu’ils n’ont pas envisagées et affirment par la voix du Commissariat à l’énergie atomique (C.E.A.), sans sourciller que la fusion froide est contraire aux lois physiques.

Donc, la polémique a été telle, que toutes les publications en ce sens sont rejetées sans raison valable alors qu’actuellement des laboratoires italiens (Antonella De Ninno) et français (Jacques Dufour) obtiennent des résultats incontestables et reproductibles, mais la publication de leurs travaux est refusée et donc leurs travaux n’existent pas !

Cette histoire montre que la science est en crise, elle est malade car les chercheurs considèrent, comme au XIXe siècle, que toute la vérité scientifique est révélée, ce qui est évidemment absurde.

On ne comprend pas la chimie, on ne comprend pas la biologie et la mécanique quantique n’est pas encore intégrée. Cependant nos chercheurs font comme si, on savait déjà tout. Notre époque est particulière, c’est comme si les scientifiques avaient perdu l’envie de comprendre…

Il n’est pas impossible que la période de post crise révèle l’inanité des travaux antérieurs de physique de chimie et de biologie, et l’obligation de remettre à zéro les compteurs de la connaissance scientifique.

Nous comprendrons alors les raisons de ces alchimistes qui, au XVIIe et XVIIIe siècle parcouraient l’Europe et transmutèrent devant des personnalités scientifiques. Ils essayèrent, hélas en vain, de nous éviter trois siècles d’obscurantisme scientifique et spirituel.

Un jour très proche la transmutation des alchimistes sera considérée comme réelle. Alors, les scientifiques « transmutateurs » comprendront qu’ils ne peuvent qu’être alchimistes. Soyons lucide une pareille évolution ne saurait se réaliser sans une révolution spirituelle, économique et sociale. En ce sens André Malraux avait raison en disant que le XXIe siècle serait spirituel (et non religieux comme on l’entend trop souvent) ou ne serait pas. Oui, dans le cas contraire notre siècle risque de mourir empoisonné dans les miasmes de la pollution planétaire et celle de nos cerveaux.

 

par Hermophyle
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Lundi 12 mai 2008

 

 

Qu’est-ce que l’alchimie ? À cette question, la réponse de l’homme de la rue est immédiate : c’est essentiellement l’art utopique, pratiqué par des cinglés, qui consiste à chercher à fabriquer, en se ruinant, un corps utopique qu’ils appellent Pierre philosophale. Ce corps aurait la capacité de changer les métaux en or.

Dans un premier temps, nous laisserons les cinglés à L’hôpital psychiatrique et tenterons de situer l’alchimie. Nous la définirons donc comme un travail au laboratoire pour chercher à transmuter les métaux.

Si nous en restons là, alors les physiciens qui oeuvrent avec des cyclotrons ou des réacteurs nucléaires, et sont capables – depuis 1947 – de transmuter le mercure en or, seraient des alchimistes. Nous savons qu’ils ne le sont pas.

L’histoire de cette pratique nous apprend que, dans un premier temps, c’est un travail au laboratoire, sans matériel lourd, avec seulement du matériel léger comme les cornues, ballons, creusets, etc.

Actuellement, les physiciens n’ignorent plus que l’homme en général et l’observateur en particulier, influent sur les phénomènes qu’il observe, c’est le principe anthropique. À la différence du scientifique qui cherche, en vain, à l’éviter, l’alchimiste va l’utiliser, s’en faire un allié et donc un complément indispensable à ses travaux au laboratoire.

De ce fait, la préparation de l’adepte est capitale, autant celle de son esprit que celle de son corps. Elle entre dans le cadre de l’alchimie que l’on appelle alchimie interne laquelle est complémentaire et inséparable de l’alchimie externe pratiquée au laboratoire.

L’alchimie interne n’est pas une vue de l’esprit, une spéculation, car la présence de l’alchimiste convenablement préparé permet d’effectuer au laboratoire des réactions dans la matière que la chimie normale ou nucléaire est incapable de réaliser ou réalise difficilement.

Donc, ceux qui considèrent l’alchimie comme uniquement un travail sur soi, une recherche spirituelle ne connaissent qu’une partie de l’alchimie. Il en est de même pour ceux qui considèrent que l’alchimie est seulement un travail au laboratoire.

L’alchimie peut donc se définir comme une mystique expérimentale ou plus précisément une mystique technologique nécessitant des travaux sur soi-même et, dans un premier temps, une œuvre au laboratoire avec de la verrerie.

En conclusion je voudrais insister sur un point important afin d’éviter des déboires cuisants. Quand un individu est intéressé par l’alchimie pratique après être passée par une société initiatique, il a de fortes chances de courir à un échec. Pourquoi ? Parce qu’il est persuadé être évolué spirituellement (c’est souvent son propre terme) pour se passer de conseils (il pourrait même en donner) à propos de l’alchimie interne. Souvent, hélas, ce sont de grands discoureurs des passés maîtres. J’ai trop assisté à ce genre de conditionnement malheureux qui s’ignore pour ne pas insister lourdement. Il n’est qu’une seule manière de s’approcher du parvis. Accepter que l’on a tout à désapprendre pour l’apprendre autrement. Dans ce cas seulement l’individu est gagnant sur tous les plans, car non seulement il apprend mais en plus il devient apte à faire fructifier harmonieusement ce qu’il a déjà appris.

 

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Samedi 10 mai 2008

Après la série de huit articles que j’ai écrit,– en étant loin d'avoir épuisé le sujet –, sur le symbolisme maçonnique et ses rapports, avec l’alchimie, cela peut laisser supposer que je suis Franc-Maçon. Et bien non, je ne le suis pas ! Je puis même affirmer que je ne l’ai jamais été.

Pourquoi cette série d’articles qui semblent émaner d’un Franc-Maçon ? Pour montrer l'universalité de ces symboles et aussi afin de souligner qu’il existe d’autres manières d’appréhender le symbolisme maçonnique. L'interprétation issu de l'observation au laboratoire alchimique n'est  pas accepté par la grande majorité des sommités.

D’autre part, je sais par les confidences de certains de mes amis, qu’il est pratiquement impossible de parler du laboratoire d’alchimie sans se faire conspuer et considérer comme un hérétique. Évidemment je ne parle pas de la Franc-Maçonnerie en général, mais de courants souterrains qui tendent à déformer son vrai visage et faire oublier que FRANC veut dire LIBRE. Donc on devrais pouvoir parler LIBREMENT de ce qui est observé au laboratoire. Et bien non, dit le cénacle, c'est interdit car on s'éloigne de l'orthodoxie qui veut que l'on se limite à la spéculation.

En tout cas quand je lis le livre de Jules Boucher sur La symbolique maçonnique, je suis éblouis par l’extraordinaire précision des symboles et leurs nombres, c’est un vrais corpus alchimique dépassant de mille lieux ce que l’on peut lire généralement et ce qu’a pu écrire un Oswald Wirth, pour ne citer que lui et son livre Le symbolisme hermétique.

N’étant affilié à rien, et n’étant de connivence avec personne je suis donc totalement libre d’étudier selon ma compréhension.

Le lecteur peut ne pas être d’accord avec moi, ou ne pas comprendre mon attitude. Dans ce cas, je l’invite à m’écrire sans hésiter. Les blog, c’est fait pour ça !

par Hermophyle
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Samedi 10 mai 2008

(Cet article est le second et dernier traitant ce sujet)

Avec l’alchimie pour guide, nul n’est besoins pour comprendre la symbolique maçonnique d’être un fin spéculateur. La seule nécessité est être un analogiste vigilent. Disons au passage qu’il existe un secret important sur le plan humain. Il est nécessaire afin d’atteindre dans sa dimension affective et sensible celle ou celui qui décide un jour de bâtir sa cathédrale intérieure. C’est la raison pour laquelle les apprentis alchimistes doivent impérativement et devant le tabernacle faire, face à Dieu, la promesse de silence et la signer à genou, face a l’autel… A partir de cet instant les hommes n’ont plus de rôle à jouer pour que se perpétue à travers les siècles cette connaissance, dont j’affirme – pour l’avoir vu – que ceux qui ne restent pas fidèles à leur serment, sous un prétexte ou un autre, perdent d’une manière sélective la mémoire du Grand Œuvre. Mon maître me disait: « C’est comme si tout devenait confus et disparaissait progressivement de la mémoire. C’est un tableau que l’on efface. » et il ajoutait que certaines voies pour réaliser le Grand Œuvre provenaient de ce « tableau » mal effacé. Il en est probablement de même pour les différents rituels maçonniques qui proviennent d’une source commune plus ou moins gommée et devenu la proie de multiples ego avides de gloriole. Ces remarques permettent de mieux approcher le sens de la tour de Babel, et celui de la Parole Perdue.

A quoi sert la planche à tracer du menuisier et du charpentier ? Comme son nom l’indique, à tracer à la pointe sèche et à en grandeur nature (échelle 1) sur une planche, l’ouvrage qui va être réalisé. Cette planche servira en permanence de point de repaire au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage sera terminé, il devra se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. Pour éviter toute imprécision, cette « planche » ne sera pas dessinée au crayon, mais avec la pointe d’acier d’une pointe à tracer appelée pointe sèche.

La dimension hermétique est évidente, car l’utilisation de cette planche à tracer n’est pas sans analogie avec la loi d’hermès révélée dès les premières lignes du texte de la Table d’émeraude qui aurait été rédigée par Hermès Trismégistes, l’inventeur mythique ou réel de l’alchimie :

« Ce qui est en bas (la planche) est comme ce qui est en haut (la pièce qui est posée dessus) et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. »

Quant à la pointe sèche, elle correspond au feu cristallisé, ou dents ou encore crocs seul capable de tracer la route et le sillage du vaisseau philosophal. L’énigme de ce feu est précisément décrite dans le catéchisme du rituel maçonnique de cet alchimiste praticien qui était le baron de Tchoudy. Une partie de ce Catéchisme ou instruction pour le grade d’adepte ou apprenti philosophe inconnu[1], fut repris par Oswald WIRTH dans son ouvrage Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’alchimie et la Franc Maçonnerie, actuellement publié chez Dervy. A partir de la 148ème demande on peut lire à la page 179 et suivantes (édition de 1969) :

 

« D. 148. De quel feu doit-on se servir dans notre œuvre ?

R. Du feu dont se sert la nature.

D. 149. Quel est le pouvoir de ce feu ?

R. Il dissout toutes choses dans le monde, parce qu’il est le principe de toute dissolution et corruption.

D. 150. Pourquoi l’appelle-t-on aussi mercure ?

R. Parce qu’il est de nature aérienne et une nature très subtile participant toutefois du soufre, d’où il a tiré quelques souillures.

D. 151. Où est caché ce feu ?

R. Il est caché dans le sujet de l’art.

D. 152. Qui est-ce qui peut connaître et former ce feu ?

R. Le sage sait construire et purifier ce feu.

D. 153. Quel pouvoir et qualité ce feu a-t-il en soi ?

R. Il est très sec et dans un continuel mouvement et ne demande qu’à corrompre et à tirer les choses de puissances en acte ; c’est lui enfin qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière et la dissout.

D. 154. Comment connaîtrait-on plus facilement ce feu ?

R. Par les excréments sulfureux où il est renfermé et par l’habillement salin dont il est revêtu.

D. 155. Que faut-il à ce feu pour qu’il puisse mieux s’insinuer dans le genre féminin ?

R. À cause de son extrême siccité, il a besoin d’être humecté.[2] »

 

En bref, ce passage aux termes choisis dit que le feu des alchimistes est celui dont se sert la nature pour faire évoluer les choses et les êtres. Son pouvoir est la dissolution afin de purger la substance de ses impuretés. Il est caché dans le sujet de l’art ou protholithe ou encore matière première ou il prend le nom de sel des philosophes de couleur rose, présent en dose infinitésimale. Le sel philosophique qui aide le sel des philosophes dans son action doit être purifié afin d’être efficace. Associé au feu lévogyre, il circule sous forme de vapeurs provoquant une dissolution profonde de la matière. Son action permet le rejet des impuretés liées au soufre, et forme une enveloppe protectrice. Pour qu’il puisse pénétrer profondément la matière il est préférable de l’utiliser à l’état liquide (voie humide).

Lorsque le lecteur sera familiarisé avec la terminologie alchimique, s’il n’est pas trop imbu de ses découvertes (c’est le plus pernicieux des obstacles qui mène directement à l’échec surtout quand un individu s’écoute parler ou cherche à « épater » les autres.) il pourra progresser rapidement. Il n’est pas question ici de rédiger un texte sur l’alchimie mais de montrer combien l’alchimie au laboratoire est présente dans la littérature des Francs maçons. Rédiger une étude quelconque sans savoir cela c’est ignorer l’universalité du symbolisme maçonnique dans toute son extraordinaire dimension. Dans son rituel maçonnique, pour éviter toute ambiguïté quand au sens pratique de son catéchisme, le baron fit figurer après les trois premier grades[3], un chapitre entier intitulé : Instruction pour faire le Grand Œuvre ne se prêtant absolument pas aux interprétations spirituelles ou symboliques, ce qui devrait ouvrir les yeux aux spéculateurs unilatéraux. Par exemple :

 

« La matière évaporée jusqu’à sècheresse, il vous reste au fond du pot un sel fixe (sec) que vous prendrez étant encore chaud ; et le réduirez en poudre avant que l’humidité de l’air, l’ai rendu moite. Vous le mettrez ensuite dans un pot de terre à feu… après quoi, tirez la matière du pot, et l’exposer à l’air, pendant 7 à 8 heures plus ou moins suivant la quantité. Là, une partie de cette masse saline s’humecte de l’humidité mercurielle de l’air, et attirant à soi, comme dans son centre, cet esprit universel… »[4]

 

Sachant que ce chapitre est au cœur du livre, il est impossible que le catéchisme ait un sens uniquement spirituel ou symbolique. Évidemment cette partie éminemment pratique n’est jamais citée dans les ouvrages à visée spiritualiste ou spéculative. Cet extraordinaire catéchisme est inséparable d’un rituel alchimique.

De ce fait, les tableau des grades d’apprentis, compagnons et maître doivent s’interpréter d’une manière concrète.

 

« La Planche à tracer, nous dit Jules Boucher à propos de la description du tableau d’apprenti, est un rectangle sur lequel sont indiqués les schémas qui constituent la clé de l’alphabet maçonnique.

Le symbolisme maçonnique fait que le papier sur lequel on écrit est appelé « planche à tracer » et que le verbe « écrire » est remplacé par l’expression « tracer une planche ».

C’est sur la « Planche à tracer » que le Maître établit ses plans ; mais l’Apprenti et le compagnon n’en doivent pas ignorer l’emploi et doivent s’exercer – maladroitement peut-être – à ébaucher leurs idées. C’est pourquoi ce symbole figure déjà dans le Tableau d’Apprenti ».[5]

 

Apparemment les explications de Jules Boucher sont des plus pertinentes, puisque ces deux signes représentant les deux clés de l’alphabet maçonnique sont dessinés, comme il se doit, sur la planche à tracer. D’autre part pour confirmer cette interprétation ces deux schémas traduisent les formes essentielles de la pierre cubique à pointe, mise à plat sur la planche à tracer.

Remarquons que les fenêtres grillagées, ont une forme de maillage qui peut être aussi bien en losange qu’en carré, car les textes bibliques sont muets à ce propos. D’autre part la fenêtre qui est au dessus de la planche à tracer est orientée vers l’Est, lieu ou le soleil se lève. Ces seules observations permettent de donner une définition de la Planche à tracer différente de celle habituellement décrite. Sans que les interprétations coutumières soient dévalorisées, elles prennent un sens différent à la lumière de l’alchimie. Il y a plus, la liturgie de la messe prend un nouveau relief et montre que le prêtre ne doit pas se tourner vers les fidèles quand il officie, surtout lorsque l’hostie est posée au centre du corporal. Pourquoi ? Au lever du soleil l’ombre du grillage se projette sur la Planche à tracer qui n’est pas sans rappeler l’autel sur lequel le prêtre  officie. Si le grillage est à mailles carrées on obtient sur la planche à tracer des ombres en carrés dont l’élément fondamental est la croix grecque, s’il est à mailles en losange on obtient des losanges dont l’élément constitutif est la croix de saint André. Si le prêtre se place face au fidèle, il empêche la manifestation de la lumière sur la planche à tracer. L’alchimiste Saint Jean[6] précise que faire obstacle à la lumière qui est la vie est impossible pour un prêtre, car c’est rendre hommage aux ténèbres et donc à la mort.

 

La disposition des dessins sur les tableaux d’apprentis et de compagnons montre que l’écriture sur la planche à tracer n’est pas celle de notre stylo. C’est l’écriture de la lumière. A partir de cette remarque, le rôle de la planche à tracer n’est pas d’écrire un texte (pensez au analphabètes et aux illettrés qui accompagnent l’histoire de la Franc Maçonnerie et de l’alchimie) ou un discours, mais de découvrit les traces de la lumière autour de nous et en nous. La pierre brute se cisèle avec la lumière. Le ciseau est un rayon de soleil qui fut symbolisé en Égypte par l’obélisque. Tout ce discours sur la lumière peut  s’apparenté à une spéculation de plus, une interprétation personnelle. Il n’en est rien puisque l’alchimiste Fulcanelli s’attarde à juste titre sur la croix grecque et celle de saint André :

 

« Jésus sur sa croix, est l’image de l’irradiation ignée, lumineuse et spirituelle incarnée en toute chose.

C’est cette force supérieure et spirituelle, agissant mystérieusement au sein de la substance concrète, qui oblige le cristal à prendre son aspect, ses caractéristiques immuables ; c’est elle qui en est le pivot, l’axe, l’énergie génératrice, la volonté géométrique. Et cette configuration, variable à l’infini, quoique toujours basée sur la croix, est la première manifestation de la forme organisée, par condensation et corporification de la lumière, âme, esprit ou feu. »[7]

 

Le G, initiale de géométrie, qui est au cœur de l’étoile flamboyante, prend un tout autre sens que celui de tracer des figures avec la règle, l’équerre et le compas. La force fondamentale et spirituelle de l’univers qui organise et « géométrise » la nature est celle qui génère les mondes et sublime les granules.

Fulcanelli précise que la croix grecque et celle de Saint-André n’ont pas, en alchimie, un sens différent :

 

« Car la croix grecque et celle de Saint-André ont, en hermétisme, une signification exactement semblable. »[8]

 

L’adepte confirme ensuite à la même page l’importance des relations entre l’X et la lumière. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Église fait débuter le cycle sanctoral[9] de l’année le 30 novembre jour de la fête de l’Apôtre saint André.

 

« La croix de Saint-André (Χίασμα), qui a la forme de notre X français, est l’hiéroglyphe, réduit à sa plus simple expression, des radiations lumineuses et divergentes émanées d’un foyer unique. Elle apparaît donc comme le graphique de l’étincelle. On en peut multiplier le rayonnement, il est impossible de le simplifier davantage. Ces lignes entrecroisées donnent le schéma du scintillement des étoiles, de la dispersion rayonnante de tout ce qui brille, éclaire, irradie. Aussi en a-t-on fait le sceau, la marque de l’illumination et par extension de la révélation spirituelle. »[10]

 

« Le X grec et l’X français représentent l’écriture de la lumière par la lumière même, la trace de son passage, la manifestation de son mouvement, l’affirmation de sa réalité. C’est sa véritable signature.»[11]

 

Les citations que précèdent montrent que l’écriture sur la planche à tracer est l’écriture de la lumière. De ce fait il n’est pas question d’élaborer un exposé, fut-il ou non sous forme d’esquisse. Dans le tableau d’Apprenti et dans celui de Compagnon, la planche à tracer invite à apprendre à recevoir la lumière, ce qui nécessite une démarche totalement opposée à celle de l’élaboration d’un discours. Et le premier pas pour s’approcher de la lumière est le silence mental. Je vous invite donc à relire le premier article consacré au silence.



[1] Oswald WIRTH, de son propre chef, ajoute au titre de ce catéchisme le qualificatif de sublime qui n’existe pas dans le manuscrit du Baron de Tschoudy du XVIIIe siècle. D’autre part il met une lettre majuscule à l’initiale du mot Adepte, alors qu’il doit comporter une lettre minuscule, car le mot Adepte est réservé à ceux qui ont réussi la Pierre Philosophale en eux-mêmes et au laboratoire.

[2] J’ai mis en italique les mots et passages importants.

[3] Les trois premier grades ne sont pas comme à l’accoutumée ceux d’apprenti, compagnon et Maître. Ils s’appelle tout trois Chevalier de l’aigle noir dit Rose Croix, ce qui annonce la couleur si je puis dire et désigne sans le moindre doute la dimension alchimique du rituel. D’autre part les trois premiers grades n’en constituent qu’un seul. Cette étape tripartique ou premier grade franchi, le récipiendaire peut passer à la pratique au laboratoire, d’où les instructions pour le Grand OEuvre. A la suite de quoi il devra franchir les six grades philosophiques. Ce rituel a donc en tout sept grades, ce qui concorde avec les sept bains de purification du chevalier (cabaliste) de l’aigle noir.

[4] Manuscrit de Tous les rituels alchimique du Baron de Tchoudy, p. 50. Éditions Arma Artis, Paris.

[5] Opuscule cité p. 175 et 176.

[6] Voir l’ouvrage Apocalypse révélation alchimique rédigé par l’ingénieur des mines Jean de Clairefontaine qui fut l’un de mes maîtres. Cet alchimiste, ami de Roger Caro et de Don Néroman, publia cet ouvrage sur l’Apocalypse en 1985 aux éditions Axis.

[7] Fulcanelli Les demeures philosophales, p. 346-347. Éditions J. J. Pauvert, Paris 1964.

[8] Fulcanelli Op. Cité, p.342.

[9] Le 30 novembre débute chaque année le cycle de la fête des saints que l’on retrouve dans le calendrier. Dans les fêtes de la semaine la messe est célébrée en l’honneur du saint du jour. Quand il y a plusieurs saints fêtés le même jour on fait « mémoire » de leur fête en les citant, car on n’en finirait plus de célébrer des messes. Par exemple le 17 janvier on dira la messe en l’honneur de saint Antoine appelé le « père des moines » (fin du IIIe siècle). On fera mémoire de saint Sulpice, de sainte Roseline et de saint Genou qui se fêtent tous le 17 janvier.

[10] Idem supra.

[11] Idem supra.

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Samedi 10 mai 2008

(Cet article est le premier des deux qui portent le même titre.)

Il est difficile de parler de certains sujets sans se référer à son propre vécu. Pardonnez-moi d’oser me mettre en scène… déjà que le je est haïssable ! La raison de cette entorse est que je suis persuadé que non seulement ce procédé insuffle un peu de vie au texte et facilite ainsi sa lecture mais surtout il aide à mieux saisir des explications parfois abstraites. En effet, cette manière de procéder contribue à mieux comprendre et analyser un sens obscur grâce à l’extrapolation analogique avec l’histoire racontée. Que les « humbles » qui jugent cette manière didactique répréhensible soient rassurés, je ne les contredirais pas s’ils affirment que mon ego est monumental…

 

In illo tempore, au milieu des années 50 – je n’avais pas quatorze ans –  j’étrennait ma première salopette de menuisier. Au collège technique de Narbonne (jouxtant le collège Victor Hugo) je reçus mes outils et mes premières instructions au pied du chef d’œuvre d’un compagnon du tour de France. La complexité, la finesse de cette œuvre était étourdissante et à la seule vue de ce travail qui avait demandé plusieurs années de labeur acharné à un véritable artiste (nos guides nous répétaient inlassablement que dans le mot artisan il y a artiste, que les artisans étaient d’abord des hommes de l’art) je me demandais, ainsi que mes compagnons apprentis, si je n’avais pas fais fausse route, si le métier n’était pas au-dessus de mes capacités !

J’appris par la suite que nos instructeurs avaient voulu sciemment mettre face à face l’alpha et l’oméga, l’apprenti et le maître réalisé devenu, par ce chef-d’oeuvre – concentré de ses vastes connaissances – meilleur ouvrier de France. Mes compagnons et moi-même comprirent par la suite que les premiers pas dans le métier exigeaient une prise de conscience afin de rester humble devant le travail qui commençait à peine, et respecter l’immense savoir en la matière de ceux qui nous guidaient.

Dans ce chef-d’oeuvre, véritable dentelle de bois ou une fenêtre à imposte s’inscrivait au cœur d’une verrière (à petits carreaux) bombée vers l’extérieur. Peu de pièces étaient identiques et les assemblages me paraissaient impossibles à réaliser impeccablement dans leurs triples dimensions. C’est là, devant cet admirable travail, que me fut enseignée l’importance de la planche, non pas celle qui sert pour construire les échafaudages, mais celle qui devient une référence quand il s’agit de fabriquer une pièce complexe et que, dans le métier, on appelle planche à tracer. Ce fut également à ce moment que je réalisais qu’existait la cabale – ou manière, généralement phonétique, de s’exprimer – des alchimistes car cette fenêtre était consacrée tout entière à la génération, à la naissance (fait-naître) et donc à la néguentropie qui construit les êtres et les choses, qui génère les êtres vivants et les mondes (granule). Dans la philosophie des anciens ces divers processus de création s’appellent la « mondification ». C’est, dans le cadre des techniques de l’antique alchimie qu’existe une phase appelée création de « mondes » lorsque se sublime ou s’élève un corps brillant que l’on appelle l’étoile du matin… Il est évident que la genèse des mondes et l’étoile qui se lève ne saurait être mieux représentée que par la lettre G, initiale de granulation, genèse, Grand Œuvre, Graal et géométrie, ce dernier terme s’applique, évidemment, plus particulièrement à la planche à tracer. L’analogie de forme de la lettre initiale de ces différents termes – tout comme celle du C et du O – avec la sphère est suffisamment expressive pour comprendre que ce genre de parallélisme n’a aucun rapport avec le symbolisme spéculatif.

 

 

L’étoile au sein de laquelle émergent les mondes, est représentée dans l’Église par la Vierge qui va enfanter. C’est pourquoi elle est appelée dans les litanies « étoile du matin ». Il s’agit donc, n’en doutons plus, d’un fait de laboratoire bien concret.

Après avoir été inscrite, à juste titre, dans le rituel maçonnique, cette étoile flamboyante fit l’objet d’approfondissements spirituels et donc d’analogies diverses d’une richesse considérable. Cette étoile de feu est inséparable de la mondification et donc de la création ne saurait être passée sous silence par les différents auteurs :

 

« La consécration des deux espèces (durant la messe) – dit Eugène Canseliet en son Alchimie[1]– correspond aux sublimations, qui composent, en somme, tout le deuxième œuvre, et que Philalèthe, en particulier, a dénommé les aigles volantes, parce que se produit alors l’élévation des parties subtiles et mondées, à la surface du compost. »

 

Outre le parallélisme avec la messe – que connaissaient nos pères avant les réformes du concile Vatican II, – et la position des aigles volantes au début de solve, donc dès le deuxième œuvre (après la préparation ou premier œuvre) un passage n’aura pas échappé au lecteur, c’est celui de « parties subtiles et mondée ». Cette partie mondée correspond à la mondification, moment ou s’envolent les granules. C’est pourquoi dans les églises on dit que la chorale « chante à l’aigle », car le lutrin supportant l’antiphonaire à très souvent la forme d’un aigle posé sur une granule. Ainsi, Fulcanelli à la page 109 de son Mystère des Cathédrales (édition 1964) souligne sans ambiguïtés la relation entre la Genèse et les granulations :

 

« De même que le jour, dans la Genèse, succède à la nuit, la lumière succède à l’obscurité. Elle a pour signature la couleur blanche. Parvenu à ce degré, les Sages assurent que leur matière est dégagée de toute impureté, parfaitement lavée et très exactement purifiée. Elle se présente alors sous l’aspect de granulations solides ou de corpuscules brillants, à reflets adamantins et d’une blancheur éclatante. »         [2]

 

Les apprentis ou néophytes ne pouvaient être formés directement à l’alchimie opérative. Ils découvraient d’abord la théorie du Grand Œuvre qui précède l’entrée au laboratoire afin d’observer de visu l’Étoile du matin lors de la création des mondes.[3] Tout comme actuellement, les débutants étaient d’abord formés au maniement de l’analogie cabalistique, avec des extrapolations progressives vers l’alchimie interne et externe (laboratoire). C’est de cette manière que progressivement était enseigné un adepte qui devenait d’abord symboliste puis théoricien du grand art au fil des sept initiations. Au cours de la première était donnée la clé fondamentale de l’adjuvent salin permettant l’acquisition d’un vocabulaire particulier et de multiples extrapolations cabalistiques. La seconde montrait avec évidence l’importance des trois corps fondamentaux symbolisés par les trois points, afin d’accéder au compagnonnage. Ces trois points disposés en triangle symbolisent l’élément feu, lequel en sa qualité de substance, se place naturellement, par sa moindre densité, au dessus du mercure[4] qui sera plus tard à l’origine de la forme granulaire de la Pierre naissante.

Être frère aux trois points c’était donc connaître l’athanor et ses feux et aussi le mystère de la triple séparation et de la triple réitération du rebis. La Maîtrise ou troisième étape permet de maîtriser le sens des poids de nature pour entrer de plain-pied dans la fabrication de la Pierre et l‘œuvre au noir ou sépulcre. Ces trois niveaux préparatoires aboutissaient donc à la couleur noire analogue au bleu, d’où l’appellation de loge bleue, dont le symbole « corporatif » est celui des vierges noires. A partir de ce moment pouvait commencer le véritable travail sur solve, s’achevant avec la troisième multiplication.

Tout cela, résume d’une manière quelque peu abstruse, ce dont je m’excuse en promettant de clarifier le sens. Mais ce sens est contenu dans la symbolique maçonnique d’une manière souvent précise. En bref et clairement, pour obtenir de bons résultats, il faut d’abord tracer la route du vaisseau (vaissel) philosophal, dont le Graal est autant l’extrapolation symbolique que la réalité tangible :

 

« C’est bien à tort que l’on a voulu donner au Graal, écrit Claude d’Ygé (Nouvelle assemblée de Philosophes Chymiques,  p 96, Éditions Dervy, Paris 1954-1972) une valeur uniquement spirituelle et mystique. Sans nier l’immense portée du Graal dans ce sens. Nous avons de très pertinentes raisons d’ajouter que ce « Vase merveilleux » existe sur la terre et qu’il y demeure toujours à la disposition des « hommes de bonne volonté. »[5]

 

Vous l’avez compris, il s’agit ici de faire un parallélisme avec ce que les Francs-maçons appellent planche à tracer et l’hermétisme. Cette planche est représentée dans le « tableau » d’apprenti et dans celui de Compagnon tel que le décrit Jules Bouchet dans sa Symbolique maçonnique (1948) si souvent, et à juste titre, réédité.



[1] P. 276, éditions J. J. Pauvert, Paris 1978.

[2] La raison de cette forme granulaire est aisément compréhensible. Il suffit de verser un peu de mercure dans une boite de pétris, et en le remuant avec une tige de verre on observe la formation de multiples billes. La forme sphérique de la Pierre philosophale tend à disparaître au fil des opérations.

[3] Rappelons que lors de la réception dans une Loge d’un personnage important il est précédé par l’étoile. Ce rituel ne pouvait être réservé à l’origine qu’aux adeptes et non aux personnages importants politiquement économiquement ou autrement. Seul les adeptes sont les protecteurs de l’étoile qu’ils pérennisent. De ce fait ils sont les uniques successeurs des rois mages qui suivent l’étoile vers l’enfant Divin.

[4] Les adeptes appellent ce mercure ayant subi une transformation qualitative mercure des philosophes.

[5] Le Graal a, comme il se doit, trois acceptions. L’une est spirituelle et mystique comme dans les romans de la Table Ronde. Une autre est concrète et permet aux hommes de bonne volonté de le « fabriquer ». Une troisième correspond à une coupe très réelle dissimulée en un lieu précis. Cet endroit ne peut être découvert que par ceux qui peuvent « fabriquer » un Graal contenant le sang du Christ. Cela implique donc qu’un individu prétendant savoir à quel endroit est dissimulé cette coupe, se trompe en toute bonne foi ou l’affirme en toute mauvaise foi...

par Hermophyle publié dans : hermetisme
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Vendredi 9 mai 2008

 pGiliEn décembre 1666, un étranger d’environ 40 ans se présenta à la porte d’Helvétius, médecin et chimiste célèbre. Il dit qu’il s’était rendu compte, à la lecture de ses publications, de ses doutes sur le sérieux de l’alchimie et de ses transmutations. C’était pour cela qu’il lui rendait visite.

Il lui demanda ensuite s’il croyait possible qu’existe un élixir capable de soigner tous les maux.

Helvétius répondit qu’un tel médicament était souhaitable, mais il n’avait rencontré aucun Adepte, ni vu ce médicament, et lui demanda s’il était médecin vu l’étendu de ses connaissances en ce domaine.

Le visiteur ne répondit pas directement, mais dit qu’il était fondeur de cuivre. Dans sa jeunesse un ami lui avait appris à extraire des métaux de nombreuses médecines.

Il demanda ensuite au savant chimiste s’il reconnaîtrait la pierre philosophale en la voyant.

Helvétius lui dit avoir beaucoup lu à ce sujet mais n’était pas certain d’y parvenir.

Pendant qu’il parlait, le fondeur de cuivre tira de sa bourse une boîte en ivoire finement ciselée où il prit trois petits morceaux transparents de couleur de soufre de la grosseur d’une petite noix. Chacune de ces noix était capable, dit-il, de produire environ 20 tonnes d’or.

Après les avoir tenues en main et contemplées avidement, Helvétius les lui rendit à contrecœur, en le remerciant beaucoup.

Il le pria de lui donner un petit morceau de médicament pour garder de lui un souvenir. Il refusa.

Puis lui demanda s’il avait une pièce privée sans ouverture sur la rue.

Le médecin le conduisit dans une pièce arrière. Là, son visiteur lui fit voir cinq médailles d’or, dont, après les tests, la qualité fut reconnue par Helvétius comme étant très supérieure en qualité de l’or du commerce. Il lui demanda comment il les avait acquises.

C’était un étranger, adepte de cet art qui était venu lui révéler, puis lui enseigner divers procédés : l’art de transformer les pierres et des cristaux ordinaires en très belles pierres précieuses tel le rubis, la chrysolites, ou le saphir, etc. Ensuite cet étranger prit un morceau de plomb, et après l’avoir fait fondre, il y avait ajouté un peu de poudre qui le transforma en or pur. C’est avec cet or qu’il avait fondu ses médailles.

Celui qui restait mon maître me demanda de le distribuer aux pauvres, et il donna de grandes aumônes aux églises.

Dès qu’il eut fini de raconter cette histoire, Helvétius lui demanda de procéder à une transmutation. Il refusa, mais promis de revenir dans trois semaines.

 

Le fondeur de cuivre vint donc au bout du temps écoulé.

Après m’avoir parlé des secrets de la nature, il affirma que le grand élixir existait uniquement pour glorifier Dieu, et que peu d’hommes glorifiaient Dieu par leurs bonnes actions. Son expression était celle d’un ecclésiastique. Il semblait que l’alchimie était partie intégrante de l’Église car sur les pièces d’or qu’il avait transmutées il avait pu lire:

« Saint Saint Saint est le seigneur notre Dieu, l’univers est empli de sa gloire. », terme que l’on trouve dans l’ancienne messe alchimique des gaules caractérisant l’ancienne Église gallicane qui glorifie Dieu de nous avoir donné le sel céleste.

Helvétius insista pour qu’il pratique une transmutation, mais tous ses efforts furent vains. Il lui demanda alors un petit morceau de sa poudre afin de faire une petite transmutation.

L’adepte lui donna alors une miette de la grosseur d’un pépin demi grain de blé en disant : « Reçois cette petite parcelle du plus grand trésor du monde, que vraiment peu de rois ou de princes ont jamais connu ou vu. »

Hervétius lui fit remarquer que cette si petite quantité de pierre ne transmuterait que quelques grammes de plomb.

L’adepte lui demanda de la lui rendre et Helvétius se réjouissait déjà d’en recevoir une plus grande quantité, mais il en retrancha une moitié avec l’ongle et me tendit le reste en disant : « Cela te suffit. », ce à quoi Helvétius répondit d’un air abattu :  « Mais monsieur qu’est-ce que cela veut dire ? L’autre morceau était trop petit, et vous m’en donnez encore moins. »

Il répondit : « Mets dans le creuset environ huit grammes de plomb. ». Helvétius lui promis de faire l’expérience et de n’en souffler mot à personne. « Mais non, dit-il, car nous devons divulguer toutes choses aux enfants de l’Art, de sorte que pour l’insigne honneur de Dieu ils vivent dans la vérité. »

A la suite de cela Helvétius se confessa à lui et lui avoua que lorsqu’il avait le médicament en main il en avait gratté avec l’ongle. Après l’avoir enveloppé dans du papier, il en fit une projection sur le plomb, mais il n’y eut pas de transmutation. Devant cette révélation inattendue, il se mit à sourire. »Tu est plus habile pour commettre un larcin que pour utiliser la Teinture. Si tu avais seulement enveloppé l’objet de ton vol dans de la cire jaune pour le préserver des fumées qui se dégagent du plomb, il aurait pénétré jusqu’au cœur et transmuté en or. Comme tu l’as jeté dans la fumée, le papier a de suite brûlé et il s’est évaporé sous la violence des fumées. Helvétius lui apporta le creuset où l’expérience a été faite. Il montra les traces de Teinture jaune, extrêmement belle. Le chimiste lui demanda si le travail était coûteux et demandait beaucoup de temps. Ni l’énormité du prix, répondit-il, ni le temps passé ne peut décourager quelqu’un. Dans la matière se trouvent seulement deux métaux et d’autres substances minérales. Quant au dissolvant, c’est un sel céleste grâce auquel les sages dissolvent les corps métalliques dont la solution produit des élixirs. Sans les enseignements d’un philosophe, aucun étudiant ne peut trouver le moyen de préparer le magistère. De plus, en connaissant la théorie du Grand Œuvre, certaines opérations comme celle qui consiste à ouvrir le sceau d’Hermès sont difficiles à maîtriser.

L’adepte promis de venir le lendemain, mais, malgré une lettre d’excuse, ne revint jamais. L’épouse d’Helvétius, passionnée d’alchimie, harcela son mari pour qu’il tente la transmutation. Helv2tieus s’y plia de mauvaise grâce car pour lui c’était un charlatan.

Le chimiste prépara donc le laboratoire convaincu que cet homme était coupable de mensonge. Il le fit de mauvaise grâce car, en supposant que la poudre soit authentique, il estimait que sa quantité était beaucoup trop faible pour accomplir une quelconque transmutation. D’autre part le visiteur était probablement un beau parleur qui au moment de l’épreuve décisive s’était éclipsé. Il découpa un marceau de plomb tandis que sa femme  enveloppa la poudre dans de la cire. Quand le plomb fut fondu ma femme y jeta la petite pilule.

Il s’ensuivit des sifflements et des bouillonnements. En moins d’un quart d’heure toute la masse de plomb était totalement transmuée en or le meilleur et le plus fin, ce qui stupéfia Helvétius et sa femme. Helvétius coula cet or pour en former un lingot qu’il porta chez l’orfèvre voisin. Après l’essai à la pierre de touche il lui en offrit cinquante florins l’once. Refusant de le vendre, il le montra à ses nombreuses connaissances, et le fait fut bientôt connu dans toute La Haye et même aux alentours, au point que le maître des essais, contrôleur des monnaies de la Hollande, Maître Povélius, vint le voir pour contrôler sous sa direction et dans son laboratoire officiel cet or alchimique. Il le traita sept fois par l’antimoine sans qu’il diminue de poids et lui fit subir toutes les épreuves habituelles avec un soin particulier. Il fut obligé d’admettre que c’était bien de l’or du plus haut titre qu’il n’eut jamais vu.

Helvétius voulant une preuve supplémentaire, se rendit chez un orfèvre célèbre, Maître Brechtel qui procéda à l’essai suivant : après avoir laminé l’or et dissous dans de l’eau forte il le mélangea avec de l’argent. Il fondit le tout et les deux composants initiaux, or et argent se séparèrent. Quelle ne fut pas la surprise de l’orfèvre en constatant qu’une partie de l’argent s’était transmué en or par simple contact avec l’or alchimique.

Outre l’autorité incontestable d’Helvétius nous avons un autre témoin excellent en la personne du très septique philosophe Spinoza qui vivait à La Haye à l’époque et qui vérifia personnellement les faits. L’année suivante, en mars 1667, il écrivit en effet à son ami Jarrig Jellis : « Ayant parlé à vous de l’affaire d’Helvétius, il se moqua de moi, s’étonna de me voir occupé à de telles bagatelles. Pour en avoir le cœur net, je me rendis chez le monnayeur Brechtel qui avait essayé l’or. Celui –ci m’assura que, pendant sa fusion, l’or avait encore augmenté de poids quand on y avait jeté de l’argent. Il fallait donc que cet or, qui a changé l’argent en de nouvel or, fût d’une nature bien particulière. Non seulement Brechtel, mais encore d’autres personnes qui avaient assisté à l’essai, m’assurèrent que la chose s’était passée ainsi. Je me rendis ensuite chez Helvétius lui-même, qui me montra l’or et le creuset contenant encore un peu d’or attaché à ses parois. Il me dit qu’il avait jeté à peine sur le plomb fondu le quart d’un grain de blé de Pierre philosophale. Il ajouta qu’il ferait connaître cette histoire à tout le monde. Il paraît que cet Adepte avait déjà fait la même expérience à Amsterdam, où l’on pourrait encore le trouver. Voilà toutes les informations que j’ai à ce sujet. »

Un cas aussi limpide, et aussi soigneusement vérifié, a causé beaucoup d’ennuis aux adversaires de l’alchimie. Il est toujours pris en considération dans les études actuelles sur l’alchimie, telle celle du Professeur Holmyard qui écrit dans son alchimie : « On peut difficilement soupçonner Helvétius, cet homme cultivé, instruit et plein de discernement, d’avoir menti ou relaté inexactement, à dessein, les évènements remarquables qui font l’objet de son récit.

Malgré de pareils témoignages l’alchimie est proscrite. Pourtant les savants actuels restent hantés par l’idée de transmutation.

 

par Hermophyle publié dans : biographie hermétique
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Vendredi 9 mai 2008

 

Cet article est la quatrième et dernière partie d’un texte qui en comporte quatre.

Une manière particulière d’envisager le bien et le mal

 

         Nous n’ignorons pas que l’attitude dans la vie de chaque jour a un effet plus ou moins direct sur notre corps. On sait moins que le passage de l’Œuvre au Noir des alchimistes à la Pierre blanche concerne directement l’organisme de l’adepte et son destin. Tant que l’alchimiste reste piégé dans l’Œuvre au Noir ou encore parvient jusqu’à la Pierre finale rouge sans que celle-ci soit efficace[1], l’adepte n’a pas suffisamment œuvré sur lui-même. Nous répétons donc que l’alchimie interne (travail sur soi) est inséparable de l’alchimie externe (travail au laboratoire). Ce phénomène illustre le principe anthropique des physiciens.

Tout le monde a entendu parler du qigong, cette gymnastique douce d’origine chinoise, – tellement à la mode actuellement – qui permet d’améliorer l’état de santé. Cette technique initiatique remonte à la nuit des temps. Cependant le terme qigong est d’invention récente. Originairement il s’appelait de différentes façons comme la Loi d’Arhat, le Vajrayâna, etc. Ce qu’il faut retenir c’est qu’il se nommait aussi l’alchimie du cinabre à neuf tours. Le terme de qigong est introuvable dans les Soutras de l’alchimie interne, les canons taoïstes, ou les Soutras[2] bouddhiques, car il existait bien avant les religions. Les différents noms du qigong ont disparus récemment lors de la « révolution culturelle » chinoise dirigée par Mao Tsé-toung. A cette époque tout ce qui ressemblait à une expression « traditionnelle » était condamné pour obscurantisme. Évidemment le qigong n’est pas exclusivement chinois. En occident il s’appelle pouvoirs magiques ou pouvoirs paranormaux, particularités liées au gong, dont il sera question bientôt.

La pratique inférieure du qigong, celle qui est la plus répandue en occident, sert à améliorer la condition physique et l’état de santé. La dimension spirituelle est pratiquement absente ou vestigiale. Quand il est pratiqué au niveau supérieur, il régénère le corps de l’être profond qui est l’être véritable et dont je parlerais dans un instant.

Actuellement le qi est associé au souffle, à l’énergie vitale de bas niveau. Étant mal compris les centres de qigong occidentaux pratiquent sans nécessité des exercices respiratoires accompagnant les mouvements corporels. En réalité il ne s’agit pas du souffle mais du pneuma des grecs et des stoïciens. C’est un effluve énergétique de l’univers qui est une substance invisible et informe et non de l’air en mouvement ! Le qi n’a donc absolument rien à voir avec le souffle. Cette mauvaise compréhension altère les exercices corporels et diminue considérablement leurs effets. Si vous pratiquez le qigong, commencez par vous débarrasser des exercices respiratoires (souvent inventés) qui les accompagnent. En pratiquant ainsi, votre énergie sera exaltée et fortifiera la constitution physique en dissipant les maladies.

Certains « ésotéristes » pratiquent l’imposition des mains en disant que leur qi (ou magnétisme) peut guérir. Sachant qu’un qi ne peut agir sur un autre, ce genre de guérison est impossible, car le souffle ne guérit pas. Seul le bouche à bouche sur un noyé ou un électrocuté peut avoir une action mécanique et bénéfique en réactivant les fonctions respiratoires. En réalité tant que le qi existe, l’individu n’est pas réalisé, il est sujet aux maladies, puisqu’il n’est pas encore pur ou blanc, il n’a pas atteint ce que les chinois appellent le « corps blanc laiteux ». Cette substance blanc