Lundi 16 novembre 2009
- Par Hermophyle

 

© 2009 pour tout le blog.

 

Vous avez dû remarquer que parfois je suis mal embouché. Je dois dire pour ma défense face aux gens biens (si j’ai une défense à assumer vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose qui m’accuse) que dans ce blog je suis dans mon espace de liberté et donc je donne libre cours à mes humeurs du moment. Je suis ici chez moi et donc je vous reçois en toute simplicité parfois en pyjama. Quand vous me lisez, vous êtes immédiatement mon ami. Pourriez-vous me reprocher ça, cette familiarité bon enfant qui vous rend complices de mes envolées lyriques ou les fausses notes ne manquent pas ?

 

Par ailleurs, et je suis sûr que vous l’avez toutes et tous compris, mes articles sont ce qu’ils sont, c'est-à-dire relatifs. Ils traduisent mon opinion du moment liée à ma compréhension du moment. Loin de moi le désir de vous les asséner comme une inaltérable vérité. En me lisant vous suivez mon chemin à la recherche d’une fenêtre sur moi-même et l’univers. Ne soyez donc pas bouleversé si mes concepts ne correspondent pas aux vôtres. Tout ça est relatif, soyez en convaincu et restons bons amis au lieu de traiter de stupide ce que j’écris. Vous avez peut-être raison et je sais depuis longtemps que je suis stupide en plus de mal embouché. Je pense cela très réellement. Comprenez-vous pourquoi je suis un inadapté au milieu de mes frères humains qui s’entourent de titres ronflants et de prétentions méritées !

 

Quant à ceux que je vise parfois pour secouer les puces, jamais je n’ai l’intention de leur envoyer une flèche empoisonnée. Cette manière de procéder n’est pas dans mon tempérament et sincèrement je m’excuse auprès de ceux qui saignent. Ma manière de vivre est là, libre sans agresser mais sans trahir la vérité. C’est une acrobatie difficile comme ceux qui ont le derrière sur deux chaises. J’aurais pu dire la phrase qui précède plus élégamment, mais j’aime choquer un peu les gens bien éduqués tout en leur conservant une réelle amitié, un amour même. Quel bonheur de les charrier !

 

Mon meilleur ami était un aristocrate de haute lignée dont le cousinage avec le roi du Portugal et de France était incontestable. Le blason de sa mère, analogue à celui de Paris, figurait et figure encore, sur la coupole du parlement de Toulouse. Haut en couleur nous nous entendions à merveille. Un jour en sa gentilhommière il reçut un membre très aristo de sa famille dont le verbe affecté faisait naître chez mon complice un petit sourire moqueur, signe précurseur d’un se ses coups d’éclat qui firent de lui un être infréquentable par la haute société au sang bleue. La conversation vint sur les princes de l’Église, puis sur les évêques. C’est alors que son parent imbu de ses titres lui dit avec un sérieux admirable « cher comte, que pensez-vous de votre évêque ? ». Je sentis dans l’air comme un souffle de bonheur. Face à moi l’œil de mon ami brillait espiègle. Je m’enfonçais instinctivement dans mon grand fauteuil empire en prévision d’un coup de rapière ravageur. La bouche pincée il répondit guindé, le visage haut faussement énigmatique : « Notre évêque est en effet très particulier. » La mine interrogative de son interlocuteur montrait son désir d’en savoir d’avantage, alors qu’il tombait dans un piège grossier. Il insista manifestement très captivé, montrant par là que le poisson était ferré : « Vous avez donc une opinion précise sur ce saint homme ? pourriez-vous me le définir ?» À ce moment la joie de mon ami rayonnait quand il répondit avec emphase : « Oui, je puis vous le définir fidèlement en peu de mots ! » son œil ne me quittait pas et mon malaise grandissait tellement que j’étais sur le point de prendre congé. J’esquissais un geste pour me lever quand il fit un signe discret de la main me demandant de rester pour assister à l’épilogue sanglant pour la haute société. « Cher baron, je puis vous dire que mon évêque est, comme beaucoup de braves évêques, n’en doutez surtout pas, de la vraie chiasse en bas de soie (sic) ».

 

Vous voyez, j’ai été à la bonne école chez un véritable aristocrate… comme je les aime évidemment ! Et croyez-moi si vous le voulez, avec lui nous parlions abondamment d’alchimie et de réalisation spirituelle en des domaines non disciplinés par les lois de ceux qui veulent tout régenter.

 

 

À Narbonne, dans l’Aude, quand j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école communale Montmorency, j’étais là en qualité de cancre et de lanterne rouge de ma classe. En ce lieu de supplice pour mon besoin de liberté, je me souviens que mon institutrice de CM1 a un jour défini l’alchimie avec un mépris qui a fait sursauter mon âme d’enfant et l’a marquée à jamais. Plus d’un demi-siècle plus tard cette définition est restée gravée dans ma mémoire au milieu des cadavres de règles d’orthographe défuntes depuis des lustres. Elle a dit avec mépris : « C’est l’art, pratiqué par des rêveurs, voulant fabriquer une pierre capable de transmuter les métaux en argent ou en or. » Allez savoir pourquoi cette phrase m’est restée alors que tout le reste s’est évaporé ?

 

Bien plus tard j’ai pu lire que l’alchimie est une pseudoscience du Moyen Age, plus exactement une science occulte chimérique. Disons le tout net, c’est un piège à c… ou plus poliment à fous, à cupides et à insensés. Son royaume est celui des dupes et des crédules.

La seule chose positive à son actif est sa qualité d’ancêtre de la chimie. Les chercheurs hallucinés ou détraqués découvrirent, en maniant au hasard leur verrerie, des substances chimiques seuls résultats tangibles de leurs folles prétentions. Avouez que ce n’est pas glorieux pour l’auréole de nos fondateurs des sciences de la matière !

 

En résumé, l'un des objectifs de l'alchimie est le grand œuvre, c'est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, notamment des métaux "vils", comme le plomb ou le mercure, en métaux nobles, l'argent, l'or.

Un autre objectif est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie avec un élixir de longue vie.

 

Pour revenir à mon institutrice abhorrée, monument légendaire de sévérité, je suis surpris aujourd’hui de sa connaissance d’une pierre capable de transmuter. Cela laisse supposer que sa culture en la matière était loin d’être superficielle. Son développement du sens de l’alchimie a du être plus important que m’a mémoire réticente à sa pédagogie violente et catastrophique, a bien voulu me restituer.

 

Sens du terme alchimie.

 

Peut-on définir l’alchimie en peu de mots ? L’étymologie permet d’en esquisser un contour très général. C’est déjà une approche globale même si la signification de ce terme est entaché d’incertitudes. Ce nom provient de l’Arabe, ce qui n’est pas surprenant puisque les musulmans furent les vecteurs de cette connaissance issue de l’Égypte hellénisée. El-kimya signifiait donc la chimie, puisque el est l’article. Le mot « chimie » n’est pas d’origine arabe, mais est issu de l’égyptien Kam-it ou kam-it qui signifie « noir ». Ce qualificatif était le nom de l’Égypte dont la terre devenait noire par les alluvions du Nil. Ce nom apporte donc d’utiles renseignements quant à l’origine de cet art sacré.

 

Ajoutons enfin que par un jeu phonétique les alchimistes disent que l’alchimie est la chimie de Al ou chimie de Dieu. Al étant pris ici dans le sens d’Aloim ou Eloim, puisque les voyelle sont permutantes. Ce sens a la particularité d’attacher une dimension spirituelle à l’alchimie, sens trop souvent oublié de nos jours ou le laboratoire est mis trop souvent en exergue, alors que sa pratique unilatérale conduit inexorablement à l’échec par manque de maturité et de pertinence spirituelle. Car la spiritualité est aussi une « technique » dont il est nécessaire de ne pas négliger la dimension qui n’a rien de commun avec des discours confiturés comme l’a mis à la mode le culte du sacré cœur de Jésus.

La spiritualité est inséparable de l’exploration de la partie invisible de l’univers dont il convient de découvrir non seulement l’organisation, mais aussi notre place. C’est l’indispensable complémentarité de l’alchimie au laboratoire qui œuvre sur l’univers visible. Œuvrer la matière sans dimension spirituelle c’est œuvrer en aveugle à l’instar des souffleur qui ignorent ce qu’il faut faire au laboratoire. Quand on ignore l’oratoire on est aussi un souffleur !

 

La philosophie hermétique.

 

L’alchimie étonne la philosophie, car – comme je viens de le dire, – l’objet de la recherche des alchimistes s’appelle pierre philosophale. Certes, cet adjectif indique qu’il ne s’agit pas du domaine de la philosophie, mais d’une très ancienne tradition qui appelle philosophes, philosophes par le feu les alchimistes. Quant à l’enseignement il se nome philosophie. Le célèbre livre du moyen age La tourbe des philosophes en est un témoignage ainsi que Le livre de la philosophie naturelle des métaux (1567) de Bernard le Trévisan et Les douzes clefs de la philosophie (1624) de Basile Valentin et aussi, plus près de nous, Les clefs de la philosophie spagyrique (1722) de Le Breton.

 

Le fameux Vocabulaire technique et critique de la philosophie d’André Lalande n’élude pas le fait (depuis la première édition de 1902 à 1903) dans son article philosophie où il signale à la page 773 de la dixième édition de 1968 (Presses Universitaires de France) :

 

[ Au Moyen âge, les alchimistes. « Le sel, le soufre et le mercure des philosophes… » De là, les expressions « pierre philosophale », « Lampe philosophique », etc. ]

 

 

Je rappelle qu’il y a, en alchimie, quatre appellations sous le vocable de philosophie : Philosophe, philosophal et philosophique qui constituent une sorte de progression marquant les principales étapes de l’évolution de la matière dans l’athanor. Quant au terme philosophale il s’applique seulement à la pierre réalisée.

Le mot philosophe, comme pierre des philosophes, caractérise les substances brutes issues du minerai et non œuvrées. Il caractérise aussi les substances issues du premier œuvre ou séparation.

Le terme philosophal est intermédiaire entre philosophe et philosophique.

L’expression philosophique caractérise essentiellement le sel préparé selon les procédés chimiques, d’où l’appellation sel philosophique (dans un premier temps) et les substances du second-œuvre dans l’opération de solve (dissolution) ou se forme le rebis, ou matière double ignée. Cette matière à double complexion n’étant pas parvenue à maturité prendra le nom de soufre philosophique. Quant au soufre des philosophes il qualifie la matière sulfureuse séparée du mercure et du sel dans la première partie du Grand Œuvre.

Le soufre philosophique est capital en alchimie car parvenu à maturation il prend le nom de pierre philosophale. Soulignons ici que le sel philosophique s’intègre harmonieusement au soufre philosophique et accompagne sa maturation.

L’importance capitale de ce corps double, appelé aussi rebis, ou androgyne, et telle que les alchimistes des siècles passés lui avaient consacré un symbole à doubles significations. La première désigne le tartre des tonneaux (lie de vin solidifiée) d’où peut s’extraire aisément le carbonate nécessaires à la fabrication du sel philosophique. La seconde est celle du soufre philosophique lui-même à triple constitution. D’où, dans la nomenclature des anciens chimistes, le symbole formé d’un triangle avec trois tiges lancéolées partant du milieu de sa base. Nous laissons la parole à Eugène Canseliet en son ouvrage l’alchimie expliquée sur ses textes classiques :

 

« Le fils de science notera que le triangle et ses trois tiges lancéolées, qui expriment la lie de vin solidifiée, désignent également le soufre philosophique. » p 169.

 

Spécifions ici que le sel des alchimistes n’est pas le chlorure de sodium de notre salière, mais une substance ionique double qui lui est analogue par deux points : la couleur blanche et la cristallisation. Dans le Grand Œuvre cette substance est utilisé durant la cuisson de la même manière que le sel de cuisine, c'est-à-dire à petite dose raisonnable. En cuisine comme en alchimie un excès rend impropre à la consommation le résultat final. Dans les deux cas les substances trop salées rejoignent la poubelle.

Signalons en outre les mois philosophiques qui caractérisent la durée symbolique des philosophes œuvrant dans le cadre du Grand Œuvre pour fabriquer le pierre philosophale (28 mois).

 

Il importe de souligner ici un fait capital. Si André Lalande, signale, dans son vocabulaire, le sens alchimique de philosophie, il renvoie tout de même à un « savoir rationnel, science, au sens le plus général du mot. ».

Donc, il ne dit pas pourquoi le terme philosophal s’est différentié de philosophique, ni ce qui justifie que l’alchimie soit considérée, comme philosophie en qualité de savoir rationnel.

 

N’oublions pas que ce vocabulaire volumineux qui fait encore autorité en la matière, fut rédigé dès les premières années du XXe siècle. La première édition a plus d’un siècle, ce qui signifie que l’auteur est issu d’une époque a la mentalité différente de la nôtre où l’intuition jouait, malgré l’apparente rationalité, un rôle non négligeable. Le testament spirituel de Bergson (1859-1941) en est un bel exemple quant il disait : « L’univers est une machine à fabriquer des dieux. » Les dieux meurent. Où sont donc leurs couronnes ? Telle est la question à laquelle l’alchimie répond…

Le terme philosophie a donc deux faces. L’une est rationnelle véhiculée par la philosophie « académique ». L’autre plonge dans le sur rationnelle attaché au sens alchimique.

 

Bernard Joly en son beau livre Rationalité de l’alchimie au XVIIe siècle, (Éditions Librairie philosophique J. Vrin, Paris 1992) ne manque pas de relever cette opposition dès la deuxième page de l’introduction :

 

« Prendre au sérieux la solidarité que les mots ont imposé entre la philosophie et l’alchimie, voila la tache que nous nous sommes fixée.

Cela ne va pas, bien sur, sans difficulté, tant est enraciné dans nos mentalités contemporaines l’opposition entre la rationalité du discours philosophique, rationalité qui constitue son essence même, et l’irrationnel des entreprises alchimiques. D’un côté, le travail rigoureux du concept et l’usage prudent et réfléchi des catégories logiques de la pensée ; de l’autre, le déploiement de la rêverie et de l’imaginaire, porté par le jeu des symboles et des analogies. »

 

La philosophie alchimique apparaît comme irrationnelle alors qu’en réalité elle est surrationnelle. Cette méprise est pardonnable puisque le rationnel est incapable de saisir ce qui le dépasse, comme une intuition juste ou une synchronicité.

Dans ces remarques nous avons l’exemple d’une ignorance entretenue par les mandarins depuis la condamnation sans appel, durant les années 80, de la dimension holoscopique de l’homme, notamment son espace psychique, et celui de l’univers.

 

Si Bernard Joly avait été informé des découvertes des neurosciences il aurait proposé une réponse satisfaisante et constructive à ces oppositions dans le concept de philosophie. En effet, la cohabitation dans notre psychisme d’une dimension rationnelle et d’une autre surrationnelle, confondue, comme je viens de le spécifier, avec l’irrationnel, est tout à fait normale.

En d’autres termes la philosophie est autant celle des philosophes rationalistes que celle des alchimistes. C’est l’union des deux qui est la philosophie. Telle est la raison pour laquelle André Lalande manifeste une contradiction qu’il ne parvient pas à résoudre et que seule les neurosciences expliquent.

Je ne saurais exposer ici un long développement sur la physiologie du système nerveux central sans prendre le risque d’endormir la galerie. Aussi, comme je l’ai déjà fait, je vais vulgariser et résumer avec le risque que cela comporte de laisser supposer des faits simplistes qui n’existent pas.

Nous savons depuis les années 70 que nos deux encéphales cérébraux n’ont pas les mêmes rôles, ils ne fonctionnent pas de la même manière.  Ainsi quand nous dessinons un objet, l’encéphale gauche traduit les détails et le droit les formes générales, la globalité. La particularité de l’encéphale droit est sa capacité de réaliser des extractions d’invariantes, en d’autres termes de « voir » de l’ordre là ou pour notre cerveau rationnel il n’y en a pas. Les hémisphères cérébraux fonctionnent naturellement par le croisement de ces deux capacités que les biologistes appellent logique cruciforme.

Il est bien évident que l’hypertrophie du rationnel ou celle du sur rationnel forment des êtres déséquilibrés, des sous-hommes manipulables ! Un intellectuel spéculateur est un inadapté, ce qui fait des exposés maçonniques ou « planches » des procédés de « contre initiation ». Le déséquilibre est aussi présent chez le « non-penseur » qui ne peut vivre en permanence dans le sur rationnel sans prendre le risque de se « déconnecter » de la société et surtout de se tromper.

Le milieu social actuel fabrique des sous-hommes en favorisant la dimension rationnelle au détriment de celle qui ne l’est pas.

Ceci pour dire que la philosophie alchimique est autant rationnelle que surrationnelle. Cet équilibre étant fondamental pour éveiller l’intuition et la compréhension de l’univers grâce à la cabale qui va au-delà des mots et se caractérise comme verbe de notre encéphale cérébral droit alors que le gauche a comme verbe la parole « académique ».

À partir de là on peut saisir pourquoi les alchimistes se disaient dépositaires de la science par excellence, contenant les principes de toutes les autres, expliquant la nature, l’origine et la raison d’être de tout ce qui existe y compris l’univers et sa destinée. C’est cette capacité qui fut gardée secrète et mise à l’actif du personnage réel ou imaginaire Hermès Trismégiste (le Thoth des Égyptiens).

Telle est la raison pour laquelle la philosophie des alchimistes s’appelle Philosophie hermétique.

 

L’alchimie théorique.

 

L’alchimie comporte une pratique au laboratoire, in vitro, qui doit être précédé d’une connaissance théorique du déroulement des opérations ou Grand Œuvre. Une partie de l’alchimie est donc une technique nécessitant non seulement de la dextérité, mais aussi une logique aussi rigoureuse que celle des scientifiques.

Contrairement à ce qu’affirment de nombreux auteurs, l’alchimiste n’est pas un théoricien. Son art ne repose pas sur des postulats. Dans son athanor il ne s’imagine pas que telle réaction est due à tel phénomène ou à tel autre. Il se limite a appliquer son protocole expérimental que lui a enseigné un maître. C’est pour cela qu’il est appelé le singe de la création, terme qui n’implique nullement la bêtise, mais l’art d’oublier ce que l’on sait, et d’apprendre à partir de ce que l’on observe. Donc ne pas attendre tel ou tel phénomène, surtout si l’on est chimiste.

La théorie ne s’élabore qu’après avoir avancé dans la pratique, mais surtout pas avant. Elle est le reflet, le miroir, de l’alchimiste, de ce qu’il a observé et compris, et non le résultat de ce que les autres on dit. Elle est donc en perpétuel changement et progresse en même temps que l’alchimiste et en fonction de lui-même. Étant individuelle à un alchimiste, son alter ego en quelque sorte, elle ne peut donc faire l’objet d’un livre sans prendre le risque d’être toujours biaisée. Les livres sur les théories alchimiques doivent donc être lus avec beaucoup de circonspection…

En clair l’univers est immuable, mais l’alchimiste ne l’est pas et sa perception des théories universelle ne peut être complète et donc vraie que lors de sa réussite finale.

 

L’alchimie pratique.

 

L’alchimie pratique repose sur une série de manipulations ou Grand Œuvre appelé aussi Grand Opéra qui se réalise sur une paillasse de laboratoire ou à défaut dans une cuisine. Le but de ce travail est de fabriquer la pierre philosophale.

L’outillage est des plus rudimentaires : un fourneau, une bassine, un entonnoir, une cornue, deux ballons, des bouchons en caoutchouc ou en plastique, un mortier et son pilon, un filtre en tissu, une passoire non métallique. Les fours sont là par tromperie. Ils peuvent cependant servir à fabriquer la chaux en « cuisant » des coquillages. Un conseil, si vous désirez un four à chaux servez-vous d’un grand bidon enterré ou alors utilisez un four électrique.

Durant ces travaux l’adepte doit observer une succession de couleurs précises. Certaines sont intermédiaires et ne se manifestent pas longtemps. La première est la couleur noire, ensuite vient la blanche. Les dernières sont la jaune, l’orangé et la rouge. La couleur rouge caractérise la pierre philosophale qui peut également être jaune comme l’intérieur de la pierre. C’est d’ailleurs pour cela que la pierre philosophale est appelée œuf.

C’est durant l’œuvre au noir que l’alchimiste récolte la première médecine ou quintessence.

La pierre au blanc permet de transmuter les métaux en argent. La pierre rouge transmute en or. Les métaux transmutés sont laminés au marteau et plongés dans de l’alcool. Cette macération métallique transforme l’alcool en élixir de longue vie ou médecine universelle. Celle contenant l’argent est réservée aux femmes. Celle contenant l’or est réservée aux hommes.

Je n’ai abordé ici qu’une manière de procéder pour réaliser le Grand Œuvre qui s’appelle voie humide. Il existe d’autres voies dont la voie dite sèche car le sel est utilisé sous forme de cristaux. Nous avons aussi la voie brève ou sacerdotale, etc.

La première phase des travaux est appelée travaux d’Hercule. C’est une phase capitale qui donne une première maîtrise du Grand Œuvre. C’est la clé de l’alchimie impossible à réaliser sans l’acacia ou des végétaux similaires. Elle caractérisait, dans la Franc-Maçonnerie primitive l’accession à la maîtrise. Le récipiendaire pouvait dire en toute vérité : « l’acacia m’est connu. », ce qui n’est plus le cas de nos jours et rend caduque la maîtrise qui n’est plus une initiation. Q’Iram m’entende !

 

 

L’alchimie spirituelle.

 

Tout en ignorant ce qui précède les cénacles de francs-maçons ont décrété que l’alchimie était uniquement spirituelle. C’est comme si l’alchimie, règne de l’unité pouvait se décliner en tout domaines jusqu’à l’incohérence.

Les frères à trois points ont choisi la déclinaison spirituelle, condamnant l’alchimie pratique qui n’existe pour eux qu’en qualité d’occultisme de bas étages. Nous voilà donc embarqué dans la spéculation pure et simple ou la terminologie alchimique prend uniquement un sens figuré, ce qui donne du grain à moudre aux bavards de toute obédiences. Ainsi fabriquons-nous de l’or spirituel. Le but de l’alchimie devient l’épuration de l’âme et les métamorphoses de l’esprit pour parvenir à la pierre philosophale analogues à l’homme transformé, transmuté.

La question que je me suis posée en lisant ces spéculations alchimiques, qui pour moi sont non seulement fausses dans leurs affirmation, mais déroutantes dans leurs complexités : « Est-il nécessaire d’utiliser la terminologie alchimique pour baliser le progrès spirituel ? » Depuis longtemps j’ai répondu « non ! ». Et j’imagine que tout le monde peut parvenir à la même conclusion. Cela met en évidence que le symbolisme alchimique des Loges est utilisé dans un but qui n’est pas de l’ordre de la spiritualité. Son rôle est de rendre inoffensive l’alchimie véritable. L’intégrer en la déformant (l’Église à suivi une démarche analogue en christianisant dolmen et menhir) était le meilleur moyen de s’en débarrasser. Cela devenait d’autant plus urgent que le symbolisme des loges est basé sur l’alchimie et que la connaissance alchimique spirituelle et surtout celle du laboratoire des premiers temps est perdue… comme la Parole, dite perdue, qui est concomitante à l’alchimie et plus particulièrement à l’alchimie du verbe et de la linguistique ou langue des oiseaux ou encore langue verte. Cette philosophie est simple : spéculons et condamnons ce que nous ne comprenons plus !

Les convaincus de la dimension uniquement spirituelle de l’alchimie citent fréquemment comme preuve ce passage des Sept chapitres d’Hermès :

 

« L’Œuvre est avec vous et chez vous, de telle sorte que, le trouvant en vous-même, où il est continuellement, vous l’avez aussi toujours quelque part que vous soyez, sur terre et sur mer. »

 

Cette citation justificative de l’homme athanor, de l’homme creuset du Grand Œuvre spirituel ne tient pas debout quant on est un peu versé en alchimie. N’oublions pas que le but essentiel de la dimension matérielle de l’alchimie est l’étude de la vie assoupie sous l’épaisse écorce des choses. C’est la raison pour laquelle de nombreux alchimistes étaient médecins. Si l’alchimie est inséparable de la vie, elle est inséparable de tout être vivant, d’où cette phrase, car les phénomènes vitaux suivent des processus alchimiques naturels. L’alchimiste et médecin Anglais Robert Fludd (1574-1637) le précise d’ailleurs fort bien à la page 223-224 de son De mystica sanguinis anatimia (sec. I, part. III,  lib. I) :

 

« Le vrai alchimiste imite la nature. En commençant son œuvre, il réduit la matière en parcelles, il la broie et la pulvérise ; c’est la fonction des dents. La matière ainsi divisée, il l’introduit par le bec dans la cornue ; ce tuyau représente l’œsophage ; la poche de la cornue est la poche stomacale.

Ensuite il mouille la matière avant de la soumettre à l’action de la chaleur, comme le suc gastrique humecte les aliments ingérés dans l’estomac. Enfin il ferme exactement l’appareil (à ce moment la matière est dans un ballon) et l’entoure d’une chaleur humide égale et modérée en la plaçant dans un bain-marie et dans du fumier de cheval (comprenez : dans le sel liquide qui entoure le soufre philosophique et dans le soufre non amalgamé). C’est ainsi que l’estomac est naturellement entouré par le foie, la rate, les intestins qui le maintiennent à une température égale. L’opération alchimique est assimilée à la digestion ; les parties élaborées (chyle) sont mises à part et servent à alimenter le Grand Œuvre (il s’agit ici le la récupération des trois corps séparés) tandis que les matières excrémentielles (parties non récupérables que les alchimistes appellent fèces  – elles sentent comme les selles – et terrestreïtés) sont rejetées comme inutiles. »

 

Cette étude analogique de la voie humide montre à elle seule que tout individus porte le Grand Œuvre avec lui et en lui où qu’il se trouve. Les connaissances actuelles confirment cet aspect par le rôle essentiel du potassium intracellulaire à l’origine de la conduction de l’influx nerveux (potentiel d’action) et donc solidaire non seulement de nos battements cardiaques, mais aussi de nos mouvements et de nos pensées. Je rappelle que le potassium est un métal fondamental en alchimie par sa présence sous forme d’hydroxyle dont il assume le bon déroulement tout comme il assume dans notre organisme, sous forme ionique, l’équilibre hydrominéral et le potentiel électrochimique nécessaire au bon fonctionnement nerveux et cardiaque (balancement des ions).

Je n’insisterais pas sur le rôle des carbonates dans les échanges gazeux et les transports ioniques, ni sur celui des sulfamides. Ceci étant dit pour les intellos… que les autres ne s’affolent pas, ça ne sert à rien si ce n’est pour que je ne sois pas pris, par l’intelligentsia, pour un débile qui vous raconte n’importe quoi !

Durant les processus biochimiques les molécules se rangent en couches contenant celles qui sont identiques. C’est une analogie importante avec les surnagea qui séparent trois couches moléculaires dans l’œuvre au noir.

Il faut cesser de vouloir justifier une attitude qui n’a pas sa raison d’être. L’alchimie est une, autant pratique que spirituelle, et psychologique. René Alleau la définie comme mystique expérimentale dans son unité. De grâce,  cessons de la décliner dans des desideratas qui n’ont aucune raison d’être si ce n’est d’éluder notre incompréhension !

 

Le grand Art ou Art magna.

 

Le qualificatif d’art royal ou d’Art Magna (Grand Art) ne désigne pas une super alchimie ou une alchimie particulière. C’est l’alchimie tout simplement.

Face à ces multiples déclinaisons de la philosophie hermétique il m’arrive de m’imaginer que l’alchimie se découpe en rondelles comme un saucisson. Et je suis stupéfait de voir qu’est confondue une tranche avec le saucisson entier ! Face à la multiplication des fines sections, ne soyons pas surpris s’il est impossible de dépasser le stade apéro.

J’ai envi de tirer les oreilles de Serge Hutin (paix à son âme) quand, dans son livre l’Alchimie de la collection Que-sais-je ? il qualifie l’Art Magna de « conception grandiose de l’alchimie. » Et voilà qu’il cite, au débotté, André Savoret (il aurait pu citer Fulcanelli ou Canseliet) en son fascicule très instructif Qu’est-ce que l’alchimie, réédité à moult reprises et dans lequel cet excellent auteur ne dit pas qu’il parles d’alchimie « grandiose » mais d’alchimie tout simplement !

Déclarer que l’Art Magna ou Art royal est une alchimie particulière, alors que notre célèbre spécialiste de l’ésotérisme ne manifestait pas cette opinion quand nous cheminions ensemble pendant que je lui faisais découvrir, il y a quinze ans de cela, les secrets alchimiques de Montpellier… C’est surprenant, à moins que les exigences sorbonarde de la collection ait réclamées un chapitre de plus ! N’en doutez pas, je me perds en conjecture en découvrant un chapitre intitulé Alchimie mystique (encore une rondelle !), alors qu’il fallait parler de la mystique de l’alchimie une et indivisible.

 

André Savoret (1898-1977) donne donc une définition de l’alchimie qui dépasse amplement les bricoles au laboratoire :

 

« L’alchimie vraie, l’alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature, et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique, a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa plénitude et ses prérogatives primordiales. »

 

Il ne s’agit pas là d’une suprême Grand Œuvre, œuvre mystique, voie de l’absolu ou encore œuvre du phénix permettant grâce à sa pratique le réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale. Non et non ! il existe un Grand Œuvre tout court, indivisible inaliénable et unitaire dans sa démarche. Désolé d’en décevoir certains, le Grand Œuvre, même si c’est une cuisine, ne se pratique pas a la carte !

Si vous voulez bidouiller dans un coin de votre cuisine, si vous voulez spéculer à perte de vue sur les symboles alchimiques d’une Loge Maçonnique ou rosicrucienne, éclatez-vous ! Si vous souhaitez vous mettre en présence de Dieu, comme le disent les vieux missels, allez-y ça vous fera du bien ! Si vous voulez pratiquer l’alchimie, c’est autre chose, elle est tout ce qui précède avec un oratoire à portée de main.

L’expérimentateur influence toujours par sa seule présence les expériences qu’il réalise. Il faut donc œuvrer sur l’expérimentateur pour qu’il puisse œuvrer sur la matière.

L’univers a intégré l’homme en son sein, ce qui veut dire qu’il s’est adapté pour que l’homme puisse vivre et n’a pas mis du cyanure dans l’air alors qu’il le pouvait. Cette adaptation est le phénomène anthropique des physiciens.

Pour sortir de ce trou, un seul chemin : Suivre les lois immuables de l’univers même si elles sont a contrario des lois sociales. Si vous adoptez un dogme, une croyance c’est l’échec assuré… Chrétiens, Bouddhistes, Musulmans, devenez Chrétiens, Bouddhistes, Musulmans autrement. Seul l’Univers est dépositaire de la réalité et peut vous aider à monter sur l’échelle à neuf barreaux que tient l’alchimie sculptée a la porte de Notre Dame de Paris.

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Dimanche 1 novembre 2009
- Par Hermophyle

 

Même si je modère mon courrier, je rappelle que je réponds à tous les messages sauf à ceux qui émanent d’un seul individu d’une manière directe ou indirecte. C’est d’ailleurs pour cet individu que j’ai décidé de modérer mon courrier. Ceci pour vous dire que je ne cache rien.

Il vous suffit de taper mon prénom et nom sur Google et de vous attarder sur les forums pour comprendre pourquoi je modère les messages.

Je dois dire que les frères à trois points ont eu un comportement digne d’éloge. Je ne suis pas toujours tendre avec eux, mais aucun n’a eu un comportement insultant et calomnieux. C’est surtout cela que je voulais dire afin d’être juste envers eux.

 

Je profite de ce petit message pour vous dire que mon livre Les secrets alchimiques de Montpellier est maintenant sorti des éditions Fortuna.

Il est préfacé par Paul et Annie CAPREDON directeurs du site expérimental d’architecture de Cantercel sur le Larzac (la Vacquerie 34). La raison de ce choix est que mon interprétation des symboles architecturaux est au centre de l’ouvrage. D’autre part leur ouverture d’esprit et leur accueil ont eu tôt fait de les désigner pour présenter le livre. J’ai eu l’occasion de participer à des repas animés sous les étoiles, accompagné du chant des grillons, ou les jeunes architectes s’en donnaient à cœur joie dans la gaîté de l’échange. Jeunesse, joie, accueil, sens de l’autre, bonté… Je n’ai pu faire autrement que de leur proposer la présentation de ma prose. Ils étaient tout désignés pour ça. Aussi, si vous êtes architecte ou intéressé par l’architecture, l’habitat harmonieux, adapté à votre famille, à l’environnement alors avec GOOGLE vous trouverez leur adresse et vous pourrez leur rendre visite. Vous serez accueillis cordialement et… gratos !

 

Dans ce livre j’ai laissé une large place pour définir l’alchimie, son histoire et celle des adeptes les plus connus qui fréquentèrent l’université. Je fais aussi le point entre l’alchimie et les connaissances actuelles. Après avoir expliqué comment les alchimistes s’expriment, une balade alchimique à travers la ville permet de mieux comprendre les symboles architecturaux et autres.

Il est possible que je vous guide à travers la ville et à cette occasion je tiens les livres à votre disposition.

 

Voilà, en espérant ne pas vous avoir trop fatigué avec ce petit discours croyez, surtout les soixante-trois abonnés à ma newsletter, à ma réelle amitié, même si je ne vous ai jamais rencontrés…

 

Publié dans : Montpellier alchimie
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Mercredi 28 octobre 2009
- Par Hermophyle

 

 

Je dédicace cet article à Jean-Pierre B. Qui eut l’amabilité de me faire cadeau d’un petit livre très riche sur le Grand Architecte de l’Univers. Qu’il soit remercié ici.

 

© L. G. 2009, pour tout le blog.

 

 

Non ! Ne croyez pas à mon implication maçonnique, sous forme de robot téléguidé par des polissons, parce que j’écris des articles ayant trait aux activités de cette confrérie à l’état de supernova finissante. Soyez convaincu que je ne suis pas un kamikaze défloré par un gros suppositoire explosif. Vous n’ignorez pas que c’est la dernière mode chez ceux qui préfèrent la poudre d’escampette au face-à-face avec la réalité...

Pour l’ennième fois autorisez-moi à le redire avec toute la bonne foi dont je dispose : je ne suis pas Franc-Maçon. Alors, de grâce, mettez vos craintes dans la poche avec un mouchoir propre par-dessus !

 

Si l’alchimie théorique, symbolique, pratique (au laboratoire) et linguistique s’est perpétuées d’une manière lumineuse sur le sol, le mobilier et les murs des loges, ne me reprochez pas de le dire et parfois de l’analyser. Je suis un étranger, un profane pour les « initiés », de cette société discrète et pour certains un « alchimiste » qui se trompe. C’est peut-être vrai. N’étant pas conditionné, je suis à même de reconnaître, en ce domaine sacré, que je suis à côté de la plaque. Cela fait partie de notre conscience de la Maïa, de son monde incertain, relatif, trompeur. Pour l’instant je n’ai pas rencontré un seul contradicteur, ce qui est peut-être dommage pour son enrichissement et pour le mien. Mais j’entends beaucoup parler derrière les paravents de peur que j’ai une mauvaise haleine…Certains m’ont taillé méchamment, un costar puant. C’est à vous de savoir si je suis un suppôt des forces obscures. Alors, lisez !

 

Le milieu des hermétistes patentés est tellement blindé dans sa secrète connaissance que l’échange et la simplicité sont du domaine de l’illusoire. Cette banale constatation montre, sans aucune ambiguïté, que sur le plan de l’alchimie interne se profile, pour certains alchimistes, de graves erreurs qui ne peuvent conduire qu’à l’échec. Ma sœur Anne pourquoi ne voit-tu rien venir ?

La fin de l’ésotérisme du deuxième millénaire est la fin d’une manière de procéder qui ne consiste pas à claironner à tout va les connaissances, mais à les rendre plus accessible, sans formules trop alambiquées, à une humanité qui est en plein désarrois dans sa douloureuse métamorphose.

 

Face aux maçons, je parle en toute liberté car leur philosophie est souvent à des années-lumière de ce que signifient leurs symboles. Cela je l’ai exprimé à plusieurs reprises et je crois, l’avoir abondamment démontré dans mes précédents articles. Je ne puis donc éviter de me conduire parfois en hérétique vis-à-vis du cénacle bariolé de ceux qui doivent leurs gallons à leur paisible et confortable ancienneté. Soyez persuadé que je n’ai nullement la volonté de nuire mais je ne puis digérer le fait qu’un grade, ou qu’il soit  délivré, prennent l’étiquette de cadeau pour bonne conduite, ou titre universitaire ronflant, ou encore paiement régulier de cotisation avec  participations active aux bonne œuvres agrémentées d’un carnet de chèque généreux.

Seriez-vous rassuré pour votre sécurité si la valeur des généraux d’armée et des amiraux, chargés de votre protection, avaient pour unique compétence celle d’un troufion à grand gueule ? Partout un grade implique une connaissance particulière, un parcours, un aboutissement. C’est un peu comme le franchissement d’un fleuve d’une rive à celle qui est de l’autre côté. En ésotérisme il en est de même et s’y ajoute une réelle valeur spirituelle. Si cette dernière est absente nous sommes à carnaval. Je dis cela en connaissance de cause.

Un jour, j’ai été sollicité pour une conférence chez des sœurs à trois points ou j’ai rencontré une ignorance telle, mixé de bagou, que j’en ai encore le vertige ! J’ai essayé d’en parler avec leur Vénérable qui m’a rabroué en disant que chacun faisait son chemin à sa manière. C’est ainsi que je suis devenu  « persona non grata » pour ces dames ! C’est comme cela que j’ai appris que nul ne bouscule impunément la paresse organisée. Me reprocherez-vous d’avoir honte pour elles, pour leur indignité confortable ? Cette conclusion n’est pas misogyne, car j’aime les femmes sans que s’y mélange une connotation vénérienne.

 

Je vais chercher la connaissance là où elle se trouve, même ci ceux qui la possèdent l’ignorent et véhiculent parfois une réputation sulfureuse. Je suis là où s’est réfugiée la sainte science alors ne me reprochez pas un ridicule pacte avec le diable ! Je ne pactise qu’avec le Christ, ça vous gêne, vous qui bouffez du curé ? mon orientation spirituelle ne signifie nullement que je soi un espion de l’Église qui elle aussi véhicule des connaissances mal comprises et des symboles oh combien extraordinaires. Non, je ne suis pas membre de l’Opus Dei ! Je ne suis pas, et ne puis être, catholique romain, ni orthodoxe, ni protestant Rassurez vus je ne suis pas non plus un adorateur des extraterrestres ou un fervent admirateur du Nouvel Age ou encore  disciple inconditionnel de la Scientologie. Cela ne m’empêche pas d’aimer la Science-Fiction !

Restons-en là avec une précision qui vous aideras peut-être à mieux me situer : le sujet traité ici est une adaptation d’un chapitre de mon essai Holoscopie de la spiritualité occidentale qui fut publiée en 1997 aux éditions Memor de Bruxelles, livre de 500 pages composé avec passion et professionnalisme par mon éditeur et ami John Ellyton et qui fut inhumé, au fond de mes placards, après une carrière brêve.

 

 

Généralement la laïcité et Dieu ou le démiurge ou encore le Grand Architecte de l’Univers (G.A.U.) sont compris comme des valeurs incompatibles. Cette attitude est illustrée par l’exclusion du G.A.U. par certains Francs-Maçons du XIXe Siècle. Et cela s’amplifie de nos jours, puisque ce rejet de la divinité fondatrice gagne l’Église dont la barque de Pierre navigue péniblement dans un océan de chaises vides.

Au premier abord ce rejet semble logique car un individu libre ne saurait s’embarrasser de croyances en une divinité. Cela est d’autant plus évident que le cléricalisme, qui véhicule des dogmes, est sous jacent à cette foi. Le clergé est, en effet, porteur d’une liberté assujettie à des règles strictes dont la plus parts furent inventées par eux-mêmes au fil des siècles. Il est bien évident qu’un individu ne saurait se développer dans un univers carcéral, même si des habiletés de langage d’orateurs affirment qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre le dogme et la liberté.

Ceci est dit sans agressivité particulière vis-à-vis de l’Église latine dont le pape préside la destiné. Désolé, je ne sais pas dire les choses en ayant l’air de ne pas les dires. Pardonnez-moi ma nullité en rhétorique et ne vous fâchez pas tout rouge.

Toutes ces contraintes, pour la plupart assez peu édifiantes, sont rassemblées dans le droit dit droit canonique et les rituels ont couché noir sur blanc les moindres règles à respecter pour aller au ciel comme un boulet de canon. Le boulet étant évidemment attaché au pied de chaque fidèle devenu forçats.  Forçats forcés à croire à ceci à cela et de bien faire attention de ne pas mettre de préservatif pour que les virus puissent continuer à vivre et ceux qui violent la règle continuent à crever. Je m’arrête car je deviens lèse majesté…

 

Donc, dans un premier temps, nous pouvons dire que ceux qui ont poussé dehors le G. A. U. ont raisons. Cela est d’autant plus évident que d’une manière générale la vie spirituelle est liée, pour la plupart d’entre nous, à la religion car si la spiritualité était incontestablement laïque, le G.A.U. ne serait pas en train de poireauter derrière la porte de certaines loges dites laïques. Ces loges sonr essentiellement consacrées à des réflexions de fond sur les questions sociales et politiques, dans le dessein louable, mais, hélas, surréaliste, d’améliorer la société. Je ne tarderais pas à être plus explicite. Je me bornerais pour l’instant à dire que l’amélioration sociale commence par celle de l’individu et non le contraire. L’amélioration stable et profonde de l’individu ne peut se réaliser par le biais de l’action sociale, dont je loue ici les bonnes intentions. Ce perfectionnement individuel ne repose pas sur une philosophie et encore moins sur une morale. J’y reviendrais.  

 

Certaines loges sont fières (avec raison) du frère Schoelcher qui abolit l’esclavage. Cela est dit comme si tous les Maçons et l’esprit maçonnique, était derrière lui pour favoriser son œuvre. De grâce, pas d’esprit cocardier s’il vous plait !

Soyons juste. Un Franc-Maçon tel que Victor Schoelcher n’a pu abolir définitivement l’esclavage que grâce à l’action de l’abbé Grégoire qui l’a aboli avant lui. Et l’abbé Grégoire, en réalité évêque, est aujourd’hui oublié. Aucune statue, aucune rue à ma connaissance ne célèbre à la Martinique ce compagnon du Christ de l’Église des gaules. Il est entré au panthéon discrètement et fut, et est encore, renié par l’Église qui interdit qu’il soit reconnu, même si le général Lafayette se dressa contre cette Église si peu sociale, si peu vertueuse et parvint à fédérer le peuple de Paris reconnaissant et indigné pour lui rendre hommage malgré l’interdiction de l’archevêque de la capitale qui voulait lui refuser des obsèques religieuses. Le peuple lui fit spontanément des funérailles nationales et des prêtres désobéirent par dizaines à leur évêque pour célébrer avec faste et recueillement les funérailles religieuses interdites.

L’Église, emprisonnée par ses dogmes, a perdu le Nord puisque lors de l’entrée au Panthéon des cendres de l’abbé, Mgr Lustiger refusa d’assister à la cérémonie présidée par François Mitterrand. Je ne sais pas l’effet que cela peut vous faire, mais à moi ça me donne le vertige tellement j’ai envie de hurler mon indignation. Vous devez vous douter que derrière cette histoire est une magouille qui tente de dissimuler la grandeur des prêtres assermentés lors de la tourmente Révolutionnaires. Ces hommes d’Église furent les véritables serviteurs du Christ qui perpétuèrent l’Église des Gaules, et non ceux qui refusèrent de prêter serments que l’on appele prêtres réfractaires canonisés à tour de bras.  Ces prêtres réfractaires étaient aliénés à l’autorité Romaine. Ils renièrent leur passé et furent donc traîtres à leur pays, en ne reconnaissant pas l’Etat ou les rois comme chef de l’Église de France ou Église Gallicane.

 

J’ai envie de vous faire un discours dans le style de celui du Général de Gaule :

« Gaulois, gauloises, mettez à la porte vos envahisseurs et retournez aux mamelles (ça c’est du Sully) de notre mère patrie. Vive la France, vive l’Église Européenne des Gaules !  qui seule permet l’union spirituelle des peuples (roulement de tambour) » C’est pas beau ça pour ne pas me faire que des amis ! 

 

Le pouvoir des chefs d’Etat Français fut octroyé, sous forme de libertés gallicanes, par les papes qui furent sauvés à plusieurs reprises par Pépin. Ces libertés, que voulaient retires les papes, furent réactivées (officiellement et légitimement) sous Charles VII (1403-1461) par la pragmatique sanction de Bourges (1438), avec la bénédiction implicite de... Jeanne d’Arc.

N’oubliez pas l’adage : « Quand Rome mord, l’homme est mort. » Sous entendus sa dimension venimeuse et traîtresse, dont les jésuites furent les plus illustres représentants. La perfidie de Rome, souvent à l’insu des papes, est comparable à celle du serpent. Cela inspira Voltaire qui fut attaqué méchamment par un mauvais coucheur appelé Jean Fréron, ce qui lui fit écrire : « Un jour Jean Fréron se promenait au fond d’un vallon. Un serpent le piqua. Devinez ce qui arriva ? Ce fut le serpent qui creva. »

Souhaitons donc avec Voltaire que les serpents crèvent…

 

Ces loges sans G. A. U. ont donc signé une sorte de pacte social ou l’individu se doit d’être un rouage cherchant à améliorer la vie d’un peuple, ce qui est proche du défunt communisme. Quant à la vie individuelle, elle est réduite à la morale, au soutien du concept d’appartenance à la Loge, et, disons-le : au dogme laïque républicain.

La donnée fondamentale négligée, lors de l’expulsion du G. A. U., c’est que les systèmes dogmatiques nous pendent au nez sans pouvoir nous moucher. Chez nous Marianne a remplacé Dieu. Des dogmes, même pas féminisé, sont remplacés par des lois dont l’ensemble constitue un inextricable fouillis ou même un ordinateur est incapable de retrouver ses petits. C’est ainsi que des intelligences brillantes nous incitent à vivre dans l’absurde.

Il suffit d’être un peu lucide pour dire qu’il y a un hic, un truc qui ne gaze pas et peut être qui cherche à nous gazer ? Je ne vais pas m’aventurer dans de pareilles suppositions qui sont interdites par ceux qui ont mis sciemment à la mode une expression favorite chez les néo cartésiens, et chez ceux qui se disent bien dans leur tête, expression que l’on retrouve dans les films et téléfilms ou des scientifiques d’opérettes ramènent leur fraise : LA THÉORIE DU COMPLOT ! Superbe invention qui est du vent, un mot qui ne repose sur rien, à l’instar des hallucinations collectives. Les andouilles sont ceux qui croient mordicus que la théorie du complot a les reins solides a un sens alors qu’elle n’en à pas. C’est une formule de rhétorique destinée à ridiculiser ceux qui voient un peu plus loin que le bout de leur nez. En réfléchissant un peu, toute science comportementale et toute futurologie s’intègre dans la théorie absurde du « complot » quand leurs conclusions sortent des limbes des règles et ne font pas plaisir aux gardiens des dogmes scientifiques ou autres. Vous ne pouvez vous imaginer combien le cœur des thuriféraires et des grégaires nous enfume et nous empêche de respirer !

 

Je vais vous confier un fait: Les pontes gardiens de l’orthodoxie qu’ils soient philosophes, théologiens, sociologues, pédagogues, etc. nous roulent dans la farine. Ils maintiennent nos connaissances officielles, dans des domaines pour eux « stratégiques », avec plus d’un siècle de retard.

 

J’ai relu un roman qui avait marqué mon adolescence et dont mon père louait l’intérêt pédagogique. Il s’agit de Sans Famille d’Hector Malot (1830-1907) qui fut publié en 1878. Il montre une dimension didactique que les spécialistes actuels des neurosciences et les psychosociologues ne parviennent pas à imposer, car ils se heurtent systématiquement au refus des mandarins, ne voulant pas souligner l’importance de l’image dans les processus mnémoniques. Voici un extrait significatif des connaissances remarquables du XIXe siècle :

« Je m’approchai.

« Cette fable n’est pourtant pas bien difficile, lui dis-je.

–– Oh ! Si, bien difficile, au contraire.

–– Elle m’a paru très facile ; et en écoutant votre maman la lire, il me semble que je l’ai retenue »

Il se mit à sourire d’un air de doute.

« Voulez-vous que je vous la dise ?

–– Pourquoi, puisque c’est impossible ?

––Mais non, ce n’est pas impossible ; voulez-vous que j’essaye ? Prenez le livre. »

Il reprit le livre et je commençais à réciter ; il n’eut à me reprendre que trois ou quatre fois.

« Comment, vous le savez ! S’écria-t-il.

–– Pas très bien, mais maintenant je crois que je la dirai sans faute.

–– Comment avez-vous fait pour l’apprendre ?

–– j’ai écouté votre maman la lire, mais je l’ai écouté avec attention, sans regarder ce qui se passait autour de nous. »

Il rougit et détourna les yeux : puis, après un court moment de compte :

« Je comprends comment vous avez écouté dis-t-il je tacherai d’écouter comme vous ; mais comment avez-vous fait pour retenir tous les mots qui se brouillent dans ma mémoire ? »

Comment j’avais fait ? je ne savais pas trop, car je n'avais pas réfléchi à cela ; cependant le tâchai de lui expliquer ce qu'il me demandait en m’en rendant compte moi-même.

« De quoi s'agit-il dans cette fable ? dis-je. D'un mouton. Je commence donc à penser à des moutons. Ensuite je pense à ce qu'ils font : « des moutons étaient en sûreté dans leur parc. » Je vois les moutons couchés et dormant dans leur parc, puisqu'ils seront en sûreté, et, les ayant vus, je les oublie plus.

–– Bon, dit-il, je les vois aussi : « des moutons étaient en sûreté dans leur parc. » J’en vois des blancs et des noirs, je vois des brebis et des agneaux. Je vois même le parc ; il est fait de claies.

–– Alors vous ne l'oubliez pas ?

–– Oh ! non.

–– Ordinairement, qui est-ce qui garde les moutons ?

–– Des chiens.

–– Quand ils n'ont pas besoin de garder les moutons, parce que ceux-ci sont en sûreté, que font les chiens ?

–– Ils n'ont rien à faire.

–– Alors ils peuvent dormir ; nous disons donc : « Les chiens dormaient. »

–– C'est cela, c'est bien facile.

–– N'est-ce pas que ces très faciles ? Maintenant, pensons à autre chose. Avec les chiens, qui est-ce qui garde les moutons ?

–– Un berger.

–– Si les moutons sont en sûreté, le berger n'a rien à faire ; à quoi peut-il employer son temps ?

–– À jouer de la flûte.

–– Le voyez-vous ?

–– Oui.

–– Où est-il ?

–– À l’ombre d'un grand ormeau.

–– Il est seul ?

–– Non, il est avec d'autre berger voisin.

–– Alors, si vous voyez les moutons, le parc, les chiens et le berger, est-ce que vous ne pouvez pas répéter sans faute le commencement de votre fable ?

–– Il me semble.

–– Essayez. »

En m’entendant parler ainsi et lui expliquer comment il pouvait être facile d'apprendre une leçon qui tout d'abord paraissait difficile, Arthur me regardant avec émotion et avec crainte, comme il n'était pas convaincu de la vérité de ce que je lui disais ; cependant, après quelques secondes d'hésitation, il se décida.

« Des moutons étaient en sûreté dans leur parc, les chiens dormaient, et le berger, à l'ombre d'un grand ormeau, jouait de la flûte avec d'autres bergers voisins. »

Alors frappant ses mains l'une contre l'autre :

« Mais je sais ! S'écria-t-il, je n'ai pas fait de faute.

–– Voulez-vous apprendre le reste de la fable de la même manière ?

–– Oui, avec vous je suis sûr que je vais l'apprendre. Ah ! comme maman va être contente ! »

Et il se mit à apprendre le reste de la fable, comme il avait appris sa première phrase.

En moins d'un quart d'heure il la sut parfaitement… » (Chapitre XII intitulé : Mon premier ami, P 113 et suivantes des éditions Hachettes 1978.)

 

Nous avons là un bel exemple de l’utilisation de l’image pour aider la mémoire. Ce procédé fut mis au rancart par les intellos qui sont au-dessus de ça ! ! !

En ésotérisme l’alchimiste Fulcanelli en souligne l’importance,  dans ses demeures philosophales parues en 1930 ou il explique la clé fondamentale de la Cabale qu’il ne faut pas confondre avec la Kabbale hébraïque.   Procédant logiquement par rapport au Grand OEuvre in vitro, l’Adepte place le chapitre La cabale hermétique après celui Chimie et philosophie, résumant en trois termes la dimension chimique du sel et celle spirituelle de l’adepte. Donc, dans le chapitre la cabale hermétique aussi significatif qu’instructif, il précise aux pages 152-154 (édition 1964) la loi essentielle du verbe des alchimistes :

 

«  En l'année 1843, les conscrits affectés au 46e régiment d'infanterie, en garnison à Paris, pouvaient rencontrer chaque semaine, traversant la cour de la caserne Louis-Philippe, un professeur peu banal... C'était un homme jeune encore, mais de mise négligés, aux longs cheveux retombant en boucle sur les épaules, et dont la physionomie, très expressive, portait l'empreinte à une remarquable intelligence. Il enseignait, le soir, aux militaires qu'il désiraient, l'histoire de France, moyennant une légère rétribution, et employait une méthode qu'il affirmait connue de la plus haute antiquité. En réalité, ce cours, si séduisant pour ses auditeurs, était basé sur la kabbale phonétique traditionnelle.

Après un court préambule sur une dizaine de signes conventionnels dessinés par leur forme et leur assemblage, à retrouver toutes les dates historiques, le professeur traçait au tableau noir un graphique très simplifié. Cette image, qui se gravait facilement dans la mémoire, était en quelque sorte le symbole complet du règne étudié.

Le premier de ces dessins montrait un personnage debout au sommet d'une tour et tenant une torche à la main. Sur une ligne horizontale, figurative du sol, trois accessoires se côtoyaient : une échelle, une crosse, une assiette. L'explication du schéma était simple. Ce que l'homme et élève dans sa main sert de phare : phare à main, Pharamond. La tour qui le supporte indique le chiffre 1 : Paramond fut, dit-on, le premier roi de France. Enfin, la chaise d'hiéroglyphes du 4, la Crosse, celui du chiffre 2, l'assiette, signe du zéro, donnent le nombre 420, date présumée d'avènement du souverain légendaire.

Clovis, nous l'ignorions, était un de ces garnement dont on ne vient à bout qu'en employant la manière forte. Turbulent, agressif, batailleur, prompt à tous brisers, il ne rêvait que plaikes et bosses. Ses bon parent, tant pour le mater que par mesure de prudence, l’avait vissé sur sa chaise. Toute la cour savait qu'il était clos à vis, Clovis. La chaise et deux corps de chasse posée à Terre fournissait la date 466.

Clotaire, de nature indolente, promenait sa mélancolie dans un champ entouré de murs. L'infortuné se trouvait ainsi clos dans sa terre : Clotaire… »

 

Il s’agit là d’un court extrait dont les valeurs essentielles se trouvent, certes, dans l’explication de la phonétique et l’importance des images, mais aussi, et surtout, dans les commentaires d’un Fulcanelli devenu humoriste. L’interprétation qui ne manque pas de sel révèle l’état d’esprit à acquérir dont François Rabelais est un bel exemple… Allons ! Laissez-vous aller alchimistes en costar, vous n’êtes pas dans le quartier parisien des tours de la Défense !

 

Les deux citations qui précèdent attirèrent mon attention dès les années 80, ou jeune biologiste passionné par le système nerveux central et particulièrement le cerveau, venait de naître une mode qui consistait a interpréter les comportement humains en fonction de l’encéphale cérébral droit ou gauche. Cette mode a pratiquement disparu et ses soubassements scientifiques furent réduits au silence, en France, par les pontes de l’époque. Les psychosociologues et psychophysiologistes de l’université de Montpellier venaient de publier les actes du colloque Approches holoscopique & hologrammorphiques de la pensée. Le texte révolutionnaire eut le don de soulever la passion des étudiants de toutes disciplines : physique, biologique, géologique, informatique, juridique, etc. Ce bel élan rénovateur fut réduit à néant par l’ordre sans appel des mandarins qui sanctionnèrent les responsables et leur interdirent d’enseigner à l’université le contenu de ce colloque. Par ailleurs ceux qui furent à l’origine de ces idées furent sanctionnés à titre individuel. Ainsi l’un d’eux qui était Maître de Conférence ne passa jamais prof. C’est à la suite de ce très grave incident que germèrent dans mon esprit les concepts de mon ouvrage Holoscopie de la spiritualité occidentale. C’est également à partir de là que je me fâchais avec l’université et donnais tous mes suffrages à la cohérence extraordinaire et irremplaçable de l’esprit des alchimistes véritables.

         J’interpelle ici les néo cartésiens bornés. « Y à-t-il ou non THÉORIE DU COMPLOT ? »

Ce complot n’est pas théorique du tout. Il se justifie amplement par le fait essentiel, fondamental que suivre ce chemin menait à la liberté et à la prise de conscience telle que plus aucune pression politique et économique et « théologique » ne pouvait s’exercer sur les individus. Il y a de quoi énerver ceux qui jouent sur la crédibilité publique pour endormir le chaland et « truquer » les élections ! et aussi leur voler leur argent. Bref, leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Inutile de m’appesantir, car vous avez compris et le cinéma l’a fort bien traduit dans son film Matrix.

Le silence sur certaines expériences réussies qui furent relatées à la télé sous nos yeux somnolents est pourtant significatifs de la prééminence de la neuropédagogie sur les procédés éculés des disciples de Freud et de Piaget. Seigneur ! Je me prends pour qui ! Ben quoi, vous ne voudriez tout de même pas que je lèche les bottes de Lacan ? Il est vrai que notre célèbre professeur tapageur au collège de France prenait parfois sa douche tout habillé. Donc, soyez tranquille, ses bottes sont « léchables » sans risque de grippe porcine.

Bon, cette parenthèse désobligeante étant fermée, revenons à nos moutons !

Dans le JT un prof de lycée présenta sa classe ou tous les élèves, je dis bien TOUS, connaissaient leur formule de math et de physique.

Avec les élèves il avait élaboré un rap ou les formules étaient chantées. Et la réussite était totale ! Mais l’académie ne veut pas entendre parler de ce procédé débile. Ils préfèrent que les élèves passent des soirées de cauchemar pour apprendre les formules… s’ils y parviennent.

Sur le plan médical, un jour le même JT présenta une malade, maître de conférences à l’université, ne pouvant pas parler correctement à la suite d’un accident. Le thérapeute expliqua qu’il parvenait à la faire s’exprimer correctement en chantonnant et que petit à petit elle allait mieux. La suite fut enterrée.

Pourquoi toutes ces cachotteries ? Parce qu’il s’agit d’un enjeu crucial pour l’humanité, d’un tremplin extraordinaire pour son développement et une perte irréparable pour les exploiteurs de la misère humaine (les inventeurs de LA THÉORIE DU COMPLOT), qui ont les clés de tous les pouvoirs.

Si les connaissances en neurosciences ne sont pas appliquées, l’explication est simple et la voici résumée à sa plus simple expression, mais ceux qui désirent un plus grand développement peuvent se référer à mon livre Holoscopie de la spiritualité occidentale.

Nous sommes pourvus de deux mémoires, l’une est mémoire mécanique qui réside dans l’encéphale cérébral gauche, l’autre est « symphonique ». Elle siège dans l’encéphale cérébral droit. La mémoire symphonique et imagée est une mémoire absolue. C’est elle qui est au cœur de la phonétique et de la science héraldique et donc de la cabale des alchimistes. Sa pratique provoque un développement progressif de la conscience. Elle est donc initiatique dans le sens le plus puissant du terme. Les anciens Franc-Maçon parlèrent de parole perdue à propos de notre langage habituel, ce qui est totalement juste. En résumé la parole perdue à retrouver est celle qui réside dans les capacités de notre encéphale droit. L’outil pour y parvenir n’est pas spéculatif, telle est l’erreur fondamentale de la maçonnerie.

Relisez les citations précédentes et vous saisirez dans sa dimension extraordinaire, confondante même, l’esprit des alchimistes, son ampleur universelle. Peut-être comprendrez-vous mieux pourquoi un jour Eugène Canseliet surpris son maître Fucanelli en pleine conversation avec… un chat !

Je vais vous révéler un secret. L’encéphale cérébral droit est relié au G.A.U.. Cela ne vous étonne pas j’espère. Dans le cas contraire vous n’avez rien compris. Rebelote !

 

 

 

 

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Dimanche 11 octobre 2009
- Par Hermophyle

Copyright: L. G. 2009.

 

Régulièrement une lectrice ou un lecteur m’écrit pour me demander comment être initié à l’alchimie. En recevant un pareil courrier cela me met très mal à l’aise car je ne me considère pas comme un alchimiste et cette demande me place dans la position d’un enseignant que je ne suis pas et dont je ne pourrais jamais assumer la responsabilité par manque de temps.

Le rôle de mes articles et de mes livres, même si leur titre est en rapport avec le mystère de Rennes le Château, ou avec les neurosciences, est justement de répondre à cette interrogation sans passer par une pareille demande. Lisez donc ! À travers mes écrits je m’efforce, de mon mieux, de délivrer des données fondamentales afin que toutes lectrices et tout lecteur puissent aborder avec ses propres forces et d’une manière honorable la voie initiatique de l’alchimie. Ne négligez pas les écrits de Fulcanelli et d'Eugène Canseliet.

Par ailleurs ce genre de demande ne se formule pas comme l’inscription dans un club ou une association, fut-elle à visée initiatique. Évidemment elle perd son sens si elle est formulée sous la pression de la curiosité. Elle devient nulle et non avenue quand l’individu désire seulement apprendre sans s’investir, un peu comme si un apprenti menuisier voulait devenir professionnel sans toucher une scie ou un rabot.

Je rechigne à engager un néophyte dans ma voie. Il doit être déterminé car il devra soutenir les diatribes des neo philosophes. J'en ai des exemples à chacune de mes conférences. La mode est aux discours enberlificotés des "branchés" qui distillent des élucubrations stériles qui ne mêment à rien ! Allez faire comprendre ça à des individus en verve qui s'écoutent parler et revendiquent haut et fort le droit à l'Initiation et à l'abolition du secret ! Grand Dieu, heureusement qu'il existe face à des individus pareils ! Ecoutez-les papoter sur la vérité qui n'existe pas. Ah, cette superbe vérité (ou non-vérité !) que ces fats vous jettent à la figure ! Je vais être franc, un néophyte doit être solide face à ces têtes à baffes !
Je sais très profondément que notre monde est relatif et donc très souvent illusoire et que les fumées de nos désirs masque trop souvent le magnifique réel. Combien ai-je vu d’alchimistes fous à des degrés divers et aussi d’individus aveugles hauts placés dans les sphères spirituelles et détenteurs de quintessence bidon à effet placebo, qui se disent voyants ou guérisseurs et ne se doutent même pas de leur affreuse laideur.

Sans être Franc-Maçon (ni rosicrucien d’ailleurs) je pars à l’aventure, aventure passionnante, ou chaque instant est semé de découvertes. J’avance cependant sur un damier miné ou chaque pas peut-être fatal. Mais j’ai un guide qui ne m’impose aucune vérité.

Vous vous souvenez de ce clodo qui se baladait à travers la Palestine en disant à ses douze copains complètement paumés : « L’esprit saint vous enseignera ? ».

L’essentiel de la voie alchimique consiste à se préparer à rencontrer ce drôle de truc évanescent qui soit disant vient du ciel. Les anciens y croyaient dur comme fer au point de lui ouvrir le passage pour le laisser passer. Ainsi pour l’élection d’un pape ils enfermaient les cardinaux dans une maison sans toit pour que l’esprit saint leur tombe convenablement sur la tête et puisse leur faire prendre la bonne décision ! Vous comprenez pourquoi l’aboutissement d’une telle croyance ne pouvait s’achever que d’une seule manière dans un délire politisé : l’infaillibilité du pape !

Je ne veux pas embarquer mes lecteurs dans une pareille esbroufe, même si elle est accréditée par des sommités.

Je ne suis pas initié, et je ne peux pas passer par une porte de la Jérusalem céleste. Alors cherchez un maître ailleurs qu’en mes contrées où vous ne pouvez que rencontrer un ami et non un formateur. Des formateurs vous pourrez en trouver, ils pullulent. Apprenez des textes alchimiques et si vous êtes diplomate suffisamment intelligent avec une bonne mémoire, les portes s’ouvriront. Moi je m’intéresse aux gens que j’aime, c’est-à-dire ceux qui sont pratiquement incultes mais bons, ceux qui ne prétendent à rien, et ne sont déformés par rien et qui ont les mains calleuses comme furent les miennes quand j’étais charpentier. Ceux-là qui se collètent à la matière et font chaque jour un chef-d’œuvre et qui  sont désireux d’avancer, ceux là sont mes frères et je les aiderais de mon mieux. Je suis sûr que le clodo de Palestine me donnerait son feu vert. Ça va ? Ai-je été assez clair ?

 

Que le ciel ne vous tombe pas sur la tête… Ça fait mal !

 

Publié dans : Initiation - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Dimanche 27 septembre 2009
- Par Hermophyle

© L. G. 2009, pour tous les articles de ce blog. Pour cet article illustrations en couleur Wikipédia. 

 

Soyons clair, le chapitre suivant ne fait pas partie du résumé de ma future conférence, c’est un jeu de vilain qui survient chez moi par crises épisodiques. Puissiez-vous me pardonner deux fautes graves. La première qui consiste à introduire un sujet sérieux par une plaisanterie, la seconde mon langage assez peu protocolaire pour les puristes. 

 

 

Discours désabusé d’un dinosaure aux grenouilles enflées.

 

Mes chers amis, j’ai coutume de dire que je suis un dinosaure enfermé au fond d’un placard. Je fais de mon mieux pour que l’horizon de ma vie ne se borne pas à celui d’un écran d’ordinateur. J’essaye d’élargir mon domaine en faisant sauter de temps en temps l’une des neuf étagères de mon réduit à balais. Aussi, c’est avec joie que j’accepte périodiquement de préparer une conférence. C’est pour moi l’occasion de voir des têtes de tous les calibres où se manifeste la vie de différentes manières. Il en est comme dans mon courrier, des jaloux, des contents des heureux. Je les accepte tous car ils sont la vie, la beauté de la vie, sa bêtise incarnée aussi. Rassurez-vous je ne me mets pas au dessus du panier. Je n’ai pas du sang bleu comme celui de certains mollusques pourvus en vanadium au lieu de fer et je présume que les aristocrates de toutes les époques ne pouvaient pas travailler avec du sang azur de pareille origine.

Dans mon placard les bruits du monde me parviennent lointains et j’ai parfois l’impression qu’il s’agit d’un sacré cirque. Dans tous les domaines, ils se racontent des balivernes pour faire briller les yeux des autres et se faire mousser. La mousse est telle qu’elle fait sauter le bouchon comme celui d’une bouteille de champagne. Et oui, ils finissent par perdre la tête, ce que traduit à sa manière  désobligeante ma concierge qui dit à qui veut l’entendre : « ils deviennent aussi c… qu’une valise sans poignée ». Il faut dire qu’elle en voit passer de tous les calibres dans sa « loge » ma veuve gardienne ! Franchement ce n’est pas de la haute philosophie, mais ça veut dire ce que ça veut dire. À force d’inventer des paradigmes plus délirants les uns que les autres on finit par perdre de vue les axiomes. On en rajoute avec des anglicismes débile style Free-lance qui remplace le simple mot indépendant, on en perd totalement les pédales et un dinosaure comme moi qui ne connaît pas un traître mot d’anglais est projeté dans un monde qui perd son identité. Je préfère encore le langage des ados avec leur SMS. La phonétique de notre langue a le mérite d’être vectrice de messages sensé et même spirituel. Celui de nos bellâtres rigolos qui vous regardent avec mépris car vous utilisez le mot guide, conseiller, entraîneur ou nautonier à la place de coach. Cette fleur de bêtise qui vous parle la bouche en oviducte avec une emphase idiote me stupéfie ! Cela suffit pour comprendre pourquoi notre économie s’est effondrée. Les phénomènes sociaux ne sont que le reflet de la superficialité confondante de chacun de nous. Quand règne l’esbroufe et le vent on récolte la tempête, et ça commence à chauffer dans tous les sens du terme !

 

Heureusement qu’aucun coach en alchimie n’a pu ouvrir mon placard. S’il l’avait fais, il aurait eu droit au frisson de la mort comme dans le film Parc du jurassique. Dois-je vous confesser que je lui aurais mordu le derrière férocement, pour l’humilier dans sa bêtise affectée, le cuistre ! Coach, coach…seules les grenouilles savent de quel gargarisme il s’agit. Dans notre société grégaire, c’est la mode du franglais. Notre troupeau est coaché par l’individu alpha. « Dites, vous m’avez regardé ? J’avais bien la bouche en cul-de-poule quand j’ai dit coaché ? »

 

Toutes bonnes intentions ont une fin, la récréation est finie. Maintenant que vous avez bien rigolé, car rire est nécessaire pour une bonne santé, c’est une autre page qui se tourne. Je vais être sérieux comme un pape puisque je vais vous parler d’alchimie, d’Ordre du Temple et d’histoire en général où le graal est omniprésent. Ce qui suit est la préparation d’une conférence pour mes grands amis Belges. Cela leur évitera de prendre des notes et d’être un peu plus attentif au langage non verbal.

 

 

 

C’est quoi le Graal ?

 

Le célèbre livre PercevalLe roman du Graal de Chrétien de Troye (1135-1183) fut écrit en 1180 sur la demande de Marie de Champagne (fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi de France Louis VII), dont le fils Henri II (1166-1197), fut roi de Jérusalem.
 

Aliénor d'Aquitaine femme lettrée qui protégea, avec sa fille Marie de Champagne, Chrétien de Troyes er Robert de Boron. Marie commanda au poète Chrétien de Troye la queste du Graal. Remarquons qu'Aliénor fut d'abord reine de France puis reine d'Angletaire, ce qui explique peut-être que la queste du Graal ait traversé le chanel.

L’histoire – romancée pour satisfaire aux cours lettrée d'Aliénor et de Marie,– se déroule en Bretagne et l’auteur dit avoir trouvé son sujet dans un livre mystérieux que de nombreux historiens s’acharneront ensuite à identifier. Ce livre, Wolfram von Eschenbach (1170-1220) l’a trouvé.

  Miniature du templier souabe Wolfram von Eschenbach.
Quand j'ai vu cette illustration les oreille de Wolfram on eu le don d'éveiller mon illarité. Jusqu'au moment ou j'ai compris que notre illustre chevallier voulait attirer l'attention sur la phonétique cabalistique.

Wolfram d’Eschenbach, était un Templier allemand que l’on appelait le Templier Souabe, originaire de la région qui vit naître, en 1193, Albert le Grand, comte de Bollstädt, alchimiste de l’école de Montpellier, maître de st Thomas d’Aquin et évêque de Ratisbonne. Wolfram reprit le sujet, en 1207, soit 27 ans après Chrétien de Troyes, Son œuvre maîtresse est Perceval. Il semble que notre Templier allemand ait puisé, aux mêmes sources que son prédécesseur, ce qui lui fait affirmer que ces drames correspondent à une réalité historique. Pour lui ces évènements ne se déroulent pas en Bretagne, mais dans le midi de la France.
  Cette particularité fut mise en évidence en 1979 par Paulette Duval qui relève dans l'histoire des expressions d'origine espagnoles (La pensée alchimique et le conte du Graal. Edition Honoré Champion, Paris 1979)

 

Cette particularité ne surprend pas quand on sait que Perceval fut, d’après certains textes, couronné Roi Pécheur gardien du Graal dans la cité du roi en Corbière. Et nous savons que Corbière, près de la Méditerranée, est très réellement un lieu montagneux méridional chargé de mystères, où résidait le centre initiatique, pré chrétien, des corbeaux. Il n’est donc pas anodin de remarquer que le nom de Wolfram est composé de wolf, qui signifie loup en langue germanique et de hramm qui a le sens de corbeau. Dans cette région des Corbières ou se trouve Narbonne et Carcassonne, le vicomte de Carcassonne, ville sise aux pieds du massif, s’appelait Trencavel, ce qui en langue occitane signifie exactement Perceval.


Il existe deux descriptions du Graal : une coupe et une pierre.

La coupe est le graal pour Chrétien de Troyes.

La pierre est le graal pour Wolffram d’Eschenbach.

Et Wolffram fait le lien entre le graal et les Templiers. Mieux, pour lui les templiers sont les gardiens du Graal. Voici ce qu’il écrit :

 

«  je connais bien le Graal. Il est défendu à Montsalvage parent de braves et nombreux Templiers qui souvent s'éloignent pour courir les aventures...

Ils forment une troupe redoutable. Ils ont un mode particuliers de se nourrir que je dois vous apprendre ; leurs vivres proviennent d'une pierre, dont la nature est incorruptible et qui ce nombre lapis exillis. C'est par la vertu de cette pierre que le Phénix se consume et renaît de ses cendres, oui, le Phénix jette sa dépouille aux Flammes et, revêtu de plumes étincelantes, en sort plus beau qu'auparavant. Point de malade et elle empêche également la vieillesse.

Cette pierre se nomme aussi le Graal. »

 

Toutes ces qualités du bétyle appelé lapis exillis (petite pierre ou encore pierre d’exil) correspondent à celles de la pierre philosophale, exilée d’un autre espace. Et des termes tel le phénix, cet oiseau imaginaire au corps écarlate renaissant de ses cendres, sont couramment employés en alchimie. Fréquemment cet oiseau figure dans les frontispices des livres d’adeptes de cet art.

Gravure du phénix, XIXe siècle.


Remarquons que le mot phénix est synonyme de cinabre et aussi conséquemment de vermillon issu du cinabre, car le mot grec phoinix signifie rouge. Il faut dire en passant que les rubriques écrites en vermillon dans le missel, reposant sur l’autel de l’église chrétienne latines, ont aussi le sens de résurrection.

De cela il faut en conclure que le sang du Christ coagulé (coagula alchimique) recueilli dans sa coupe est le graal. Si l’on voit le contenant, le graal est la coupe. Si l’on voit le contenu le graal est la Pierre rouge. Il n’y a donc pas d’incompatibilité entre les deux définitions. Cela est d’autant plus évident puisqu’il ne peut exister de graal-pierre sans le vase comme il ne peut exister de graal-vase sans la pierre. L’alchimie le démontre, lorsque la Pierre  naît dans la verrerie ou vaisseau ou vaissel qui tangue violemment sous la poussée des vagues de la mer rouge.

   Illustration du Roman du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table ronde d'Alfred W Pollard, 1917.


Si les templiers gardent la pierre, probablement contenue dans un vaisseau ou coupe, c’est que les techniques de fabrication et la dimension spirituelle qui accompagnent sa fabrication étaient transmises par le grand maître au sein de l’enseignement de l’Ordre du Temple. De ce fait Wolfram von Eschenbach savait de quoi il parlait et le dit quand il assimile les gardiens du Graal aux Templiers dépositaire d’une connaissance plusieurs fois millénaire.

 

Origine de la connaissance alchimique des Templiers.

 

Tout à commencé un siècle avant que ne paraisse les textes de Chrétien de Troyes, en 1118, au moment ou le roi Baudoin II de Jérusalem pactise avec l’Ismaélien Aboul-Fawa et échange Tyr contre Damas.

 

Baudoin II, cousin de Baudoin I, donne aux pauvres chevaliers du christ une maison proche du temple de Salomon, d’où leur nom de Templier.

 

Cette entente entre l’islam et la chrétienté ne peut se comprendre que si l’on connaît mieux l’ismaélisme d'où sont issus les fatimides.

 

1 L’ismaélisme.

 

L’Ismaélisme est un mouvement révolutionnaire islamique dont la chrétienté actuelle aurait bien besoin. Il est né au milieu du VIIIe siècle, fondé sur le principe de l’imama, c'est-à-dire sur la reconnaissance de l’autorité d’un chef non élu, mais désigné par son prédécesseur.

Ce mouvement religieux est issu des Chiites en 765. Le calife est choisi parmi les descendants d’Ali, cousin et gendre de Mahomet.

Leur philosophie était un hymne à la tolérance préconisant une pluralité de voies pour accéder au salut.

Ce qui nous intéresse ici c’est la réforme sur laquelle il repose et qui consiste à faire triompher l’Esprit sur la Lettre et la vérité sur la loi.

Dans le domaine intellectuel l’Ismaélisme libère l'esprit de tous ce qui pourrait lui faire obstacle ou le conditionner.

Cette réforme s'exprime aussi par l'élévation de la fois et de la pensée à un niveau tel que disparaissent toutes oppositions entre l'une et l'autre et qu'elle deviennent alors complémentaires dans la poursuite du même but : l'intégration complète de l'homme à l'existence. Sur le plan politique et social, ce mouvement réformateur lutte pour mettre en œuvre l'égalité et la justice, au profit de tous ceux qui vivent dans la société islamique, qu'ils soient arabes ou non arabes, musulmans ou non musulmans.

Durant le califat fâtimide, les Ismaéliens acceptèrent dans leur administration toutes personnes choisies selon le mérite et la compétence. Ainsi les membres des autres obédiences de l'Islâm ainsi que les Juifs et les Chrétiens étaient admis aux plus hautes fonctions.

En 1004 le sixième calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah fonde au Caire la Maison de la sagesse, Dâr al-Hikma, dans laquelle sera favorisée l’étude des sciences hellénistique. Juristes, médecins, astronomes, astrologues, mathématiciens et alchimistes fréquentent son importante bibliothèque. Si l’on considère toute la période fâtimide dans son ensemble, on doit souligner que Musulmans, Juifs, et Chrétiens ont vécu paisiblement et ont travaillé ensemble.

Ces lieux sont des sortes d'universités[5], dans la lignée de la bibliothèque d'Alexandrie de l'Époque hellénistique.

À partir de 1060, le territoire des fâtimides se réduisit jusqu'à ne plus comprendre que l'Égypte.

Il est aisé de découvrir d’où provient cette connaissance des Fatimides.

 

2 De la bibliothèque d’Alexandrie aux Maisons de la Sagesse

 

Alexandrie, l’an 332 avant JC. Le roi d’Égypte Ptolémé construit une gigantesque bibliothèque à Alexandrie contenant tout ce que la terre peut livrer de document dans tous les secteurs de la connaissance. En ce lieu se réunissent pour enseigner tous les plus grands savants du monde connu.

L’importance de la bibliothèque est telle que plusieurs centres verront le jour dans des localités du delta éloignées de plusieurs kilomètres. Ces centres posséderont des copistes pour dupliquer les documents de la grande bibliothèque. Ils deviendront à leur tour d’importants centres ou enseigneront des maîtres. C’est dans l’un d’eux que Bolos Démocritos enseigna l’alchimie en 144 avant JC. Il aurait écrit un livre Physika kai Mustica, qui est probablement le premier livre d’alchimie.

Les Fatimides qui règneront plus tard sur l’Afrique du Nord de 910 à 969 chez les Berbères (ce qui explique leur actuel rejet par les musulmans algériens) devinrent maître de l’Égypte de 969 à 1171, où ils fondent le Caire. Dans cette ville le calife fatimide Al-Hâkil fonde une maison de la sagesse. Ils eurent à leur disposition un véritable duplicata de la bibliothèque d’Alexandrie qui avait brûlé, mais dont les documents, ou leur reproduction, n’avaient pas disparu dans les agglomérations situées à la lointaine périphérie de la capitale.

Les maisons de la sagesse (en arabe بيت الحكمة, transcrit par Dâr al-Hikma, Bayt al-Hikma ou Beit Al-Hikma) étaient donc des hauts-lieux du savoir puisé dans les plus anciennes connaissances. Dès le VIIIe siècle La maîtrise de la fabrication du papier permis de rédiger de nombreux livres que l’on trouve par milliers, encore de nos jours, dans des châteaux du désert, notamment en Mauritanie. Fort heureusement, la communauté européenne se préoccupe actuellement de leur sauvegarde.

 

3 Les maisons de la sagesse et le savoir des Templiers.

 

Les juifs et les Templiers fréquentèrent les maisons de la Sagesse. Les « cadres » de l’Ordre furent formés non seulement à l’alchimie, mais aussi à la spiritualité fondamentale qui n’a pas de frontières religieuses. C’est probablement là qu’ils connurent l’existence de l’Amérique.

Au sein de l’Ordre l’alchimie se transmettait en sept degrés, comme le dit fort clairement Johann Valentin Andreae (1586-1654) en ses Noces chymiques de Chritian Rose-Croix., en ses sept jours constituants chacun un chapitre du livre.

Chez les Templiers, les futurs alchimistes étaient formés par les maîtres de commanderies.

La dimension spirituelle prenait tous son sens universel indépendant de tous préceptes religieux. Il était capital que l’alchimiste soit prêt au moment de la mondification, ou création des mondes. Sans cette préparation le risque est grand de sombrer dans la folie. Il ne s’agit par là d’un effet d’annonce mélodramatique. En effet, ce moment crucial de la naissance des mondes tournant sur eux-mêmes (roue-bis) est celui où l’adepte devient la matière qu’il œuvre. On appelle cela les noces chimiques. Christian Rose-croix s’en est fait l’écho dans son livre Les noces chymiques. divisées en sept étapes correspondant aux sept degrés de formations dont je viens de parler. Ce sont ces noces qui inspirèrent les troubadours et leurs cours d’amour.

Cette fusion nécessite d’abord un amoindrissement considérable de l’ego et surtout une prise de conscience génératrice de notre métamorphose provoquant la paix de l’âme vis-à-vis de nos inévitables transgressions. Les Orientaux diraient que le karma dans ce qu’il a de nécessaires rachats est vécu ici et maintenant dans le creuset d’une âme en plein bouleversement. Dans un certain sens c’est déjà l’œuvre au blanc. Ce n’est qu’à cette condition que la conscience peut être enlevée pour le voyage initiatique fondamental qui n’a rien de folklorique et rien de cérémonieux dans quelques temple secret truffé de symboles qu’ils soient fondamentaux ou non.

La quasi-totalité des sociétés dites initiatiques ne font que singer (excusez ma dureté) le voyage initiatique réel dont elles ont perdu jusqu’aux notions les plus élémentaires concernant la mystique.

Il est donc possible de juger si un alchimiste l’est réellement dans son attitude dans la vie. Il est bien évident qu’un violent, revendicateur, médisant etc, imbu de ses connaissances et dépositaire de la vérité jusqu’à devenir gourou est, pour employer la terminologie de ma technicienne de surface, « à côté de la plaque. » Les « alchimistes » fous ou délirants abondent, j’en connais. Si certains parviennent à se ressaisir, et je les applaudis du fond du cœur, je pense en particulier à Jean Laplace qui fut un moment hypnotisé par l’aigle universitaire. Malheureusement beaucoup d’autres sombrent corps et biens.

Quant un adepte vous affirme « mon heure est venue afin de révéler la vérité » vous pouvez dire que le bonhomme est complètement sonné. Les tentatives réitérées de la sublimation ou se consomment des noces chymiques systématiquement ratées, les précipitent progressivement dans l’abîme car il ne sont pas prêts et n’obtiennent que le rire homérique des dieux.

Johann Valentin Andreae a publié en 1616 à Strasbourg Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. 

Christian Rose Croix le spécifie en son premier jour de noces chymiques :

« Prend garde à toi,

Examine-toi toi-même ;

Si tu ne t’es pas purifié assidûment

Les noces te feront dommage.

Malheur à qui s’attarde ici-bas.

Que celui qui est trop léger s’abstienne. »

 

4 Que s’est-il donc passé chez ceux qui perdent la raison ?

 

La mondification est le moment crucial où la conscience de l’être est aspirée vers le haut. Suivre le courant ascendant n’est pas une mince affaire. Christian Rose-croix en donne une image avec une corde à laquelle il faut s’accrocher :

 

« On descendra une corde : celui que s’y suspendra, sera délivré. »

À peine eut-elle achevé ce discours, que la vieille dame ordonna à ses serviteurs de lancer la corde dans la tour à sept reprises et de la ramener avec ceux qui auront pu la saisir. »

 

Toute la difficulté réside à saisir la corde et à rester accroché pour que les forces supérieures puissent nous hisser jusqu’au sommet.

 

Évidemment il s’agit là du symbole de la verticalité de l’être. Mais son sens n’est pas théorique puisque c’est la réussite de cette épreuve de « sublimation », quand le « résidu stérile » ou compost retombe, qui conditionne la réussite du Grand Œuvre. On ne peut saisir toute l’importance de cette phase ascensionnelle si on ignore le sens des neuf hiérarchies spirituelles et par la même occasion notre aventure consciente post mortem.

 

C’est pour souligner cette extraordinaire dimension que Violet Leduc a fait figurer l’alchimie à l’entrée de la cathédrale de Notre Dame de Paris. Assise sur son cathèdre et tenant une échelle à neuf barreaux, elle délivre deux puissants messages. D’abord que l’évêque peut être une femme, comme dans l’Église des Gaules et ensuite que tout alchimiste doit connaître les neuf étapes du Grand Œuvre. La réussite n’est totale que lorsque l’adepte, propulsé par le feu de la sublimation, monte les échelons de l’échelle, c'est-à-dire est suffisamment pur pour rencontrer une à une les neuf hiérarchies céleste dont la plus basse est celle des anges et celle qui la précède les Archanges, et un échelon plus haut les Archées... J’ai déjà parlé de ces neuf hiérarchies que l’on retrouve dans les neuf carrés du corporal, ou linge blanc, sur lequel le prêtre posait l’hostie quand il célébrait avant 1968 le sacrifice eucharistique (messe). Une telle rencontre ne se fait, comme je l’ai dit, que post mortel, mais ici, c’est avec les yeux ouverts que l’adepte monte à l’échelle.

 

Petit aparté, l’épée excalibur du roi Arthur a le même sens cabalistique que celui d’échelle, contraction du mot « escalier » et « pur » avec reversement – comme celui de la boule  du b en p. C’est ainsi que la boule est devenue poule. Cela donna naissance à la haute lignée des Hautpouls sise dans les Corbières et dépositaire des secrets de Rennes le Château étroitement liée à l’initiation des corbeaux et à celle de l’alchimie.

 

Quant à cette ascension dans les sphères célestes, je n’ai pas de texte à soumettre à votre jugement, mais seulement la dernière gravure du Mutus liber, ou livre muet, ce livre d’image relatant par des planches toutes les étapes du Grand Œuvre.  La quinzième et dernière a le même sens que la quinzième et dernière station du chemin de croix des églises qui se fait face à Dieu, devant l’autel. Pour les puristes, l’échelle devenue inutile et couchée à terre est pourvue de 11 barreaux au lieu de neuf car dans ce livre sont pris en considération les deux étapes du hors d’œuvre (d’où le terme culinaire puisque l’alchimie est une « cuisine »). La première est la fabrication du sel et la dernière la projection qui provoque la transmutation, nécessaire à la préparation d’élixirs.

 

Dans cette planche deux phylactères portent chacun la même inscription (inscription bissée donc à double sens) : Oculatus abis, c’est à dire  « tu t’en vas clairvoyant. ». J’invite le lecteur à lire cette inscription « l’œil d’Apis », dieu égyptien qui porte le soleil entre ses cornes et réside à Memphis. De même l’anagramme de l’auteur Jacobus Sulat marque la signature du Sieur des Marez.

Je m’égare un peu puisque mon but n’est pas de commenter le Mutus Liber, si bien réalisé, depuis des lustres, par Eugène Canseliet, F. C. H. qui continu à apprendre dans la lumière glorieuse de la bienfaisante éternité.

 

Quand l’adepte revient de ses neufs étapes, sa besace n’est pas vide. Il est devenu Adepte (avec un A majuscule) et ne peut que quitter l’endroit où il vivait, car sa divinisation est accomplie.

 

Rêvons un peu. On peut dire que certains templiers sont parmi nous. Vous pouvez les croiser dans la rue. Mais ils se gardent bien de s’intégrer à une société initiatique. Ils sont des électrons libres aidant celles et ceux qui sont réellement avides d’avancer. Fort heureusement pour eux, il n’y en a pas beaucoup, et de ce fait le coach free-lance a un bizness cool ! ! !

 

Des maisons de la sagesse à la papauté d’Avignon et à Montpellier.

 

En 1314, la fin tragique de l’Ordre du Temple n’a pas affecté la transmission des connaissances issues de la Bibliothèque d’Alexandrie et des Maisons de la Sagesse. La liberté de l’esprit se paye toujours très cher. Les cathares le savent. Les Fatimides le savent aussi qui sont encore persécutés par les intégristes musulmans algériens jusque dans leur réminiscence en basse Kabylie au pays des Berbères.

Donc, l’Ordre du Temple fut persécuté, torturé, brûlé… Cependant beaucoup se réfugièrent dans d’autres Ordres religieux ou s’exilèrent notamment en Allemagne, Espagne ou Angleterre. Ces proscrits, détenteurs de la connaissance des sciences spirituelles cherchèrent à transmettre leur savoir. C’était leur devoir sacré, même si la difficulté paraissait très dangereuse.  En effet, ceux qui s’étaient intégrés à d’autres ordres religieux ne pouvaient transmettre leur savoir car lié par les règles de leur communauté d’adoption. Épisodiquement quelque moinillon recevait une formation dans le laboratoire d’une pharmacie-infirmerie du monastère. C’est probablement de cette lignée qu’est issu en Allemagne le célèbre moine-alchimiste Bazille Valentin. Le laboratoire dans l’oratoire était pour eux une extraordinaire opportunité qui ne pouvait qu’engendrer des Adeptes dignes de ce nom. Cependant la lignée de transmission restait difficile à perpétuer. Ce rôle vital, essentiel, reposait donc sur les épaules des exilés, libres de leurs activités.

Certains se réfugièrent en Angleterre, mais le roi ne tarda pas à les traiter en bannis, de telle sorte que leurs biens et aussi leur sécurité étaient menacés. Certains se réfugièrent en Écosse. En ce lieu paisible les dépositaires de la connaissance alchimique (un était docteur ès alchimie) purent faire le point sur leurs savoirs et éventuellement compléter celui de leurs compagnons d’infortune. Ces échanges durèrent plusieurs mois. Ainsi, dans cette école écossaise, se forma un groupe de 25 chevaliers dépositaire d’une solide connaissance des sciences spirituelles et alchimiques héritées de l’Égypte antique, des Grecs d’Alexandrie et des Ismaéliens Fatimides du Caire et d’ailleurs. En 1317 le groupe d’alchimiste décida de revenir en France sous le nom de Frères aînés de la Rose+Croix.  Ce nom marquait leur origine qui était celle de la Fille aînée de l’Église ou Église des Gaules (Église Gallicane ancienne) et celle des mystiques Roses+Croix dépositaires des sciences spirituelles et de l’alchimie.

Leur mission fut de perpétuer la connaissance mystique et alchimique. Donc il ne fut pas question de restaurer l’Ordre du Temple, mais de pérenniser les connaissances templières sans se rallier à des groupements portant l’étiquette de Templiers ou de Rose+Croix. Très mystique, mais indigné par le comportement du pape à leur égard, ils créèrent une Église indépendante de la papauté. Ainsi naquit l’Église templière (qui existe encore de nos jours sous le nom d’Église Universelle de la Nouvelle Alliance) et dont le siège social est à Montpellier. Ils prirent comme blason celui du cardinal du Luxembourg comportant un pélican nourrissant ses trois petits. Il est encore à l’honneur actuellement.

Le 7 août 1316, JEAN XXII est élu pape à Avignon.  Le 17 novembre le groupe sollicitait une audience de Sa Sainteté. À La suite de cet entrevue il les logea au palais et le souverain Pontife fut formé à l’alchimie. Le groupe garda son rôle d’enseignant et leur Église persista, ce qui ne manque pas de paradoxe.

Le groupe quitta Avignon 1333, et s’installa dans le Var dans la commanderie templière de Montfort-sur-Argens. Ils quittèrent la commanderie en 1334, et se séparèrent pour perpétuer leur mission.

À La suite de quoi des imperators se succédèrent à la tête de l’Ordre jusqu’à nos jours.

 

Salut dinosaurien tonitruant à tous ceux qui eurent le courage de lire la présente.                                     

 

  sceau copyright

 

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Dimanche 13 septembre 2009
- Par Hermophyle

 

Mon livre Les secrets alchimiques de Montpellier, est sous presse et va être disponible en librairie et auprès de votre serviteur. Si dans quinze jours vous rencontrez des problèmes pour vous le procurer, laissez-moi un message sur ce blog.

Précédemment j’ai retracé l’histoire de ce livre, mais je n’ai pas été exhaustif. Il y a plus de dix ans, je suis entré en relation avec l’office départemental d’Action culturelle (ODAC) de l’Hérault (34) pour qu’il m’aide à réaliser un film vidéo sur Montpellier alchimique où une jeune femme personnifiait l’alchimie. Elle faisait découvrir la ville et les images allaient d’un laboratoire aux descriptions des symboles urbains pour entrer progressivement dans le mystère de la cité.

 

Les politiques de l’époque donnèrent la responsabilité du projet à un petit rigolo, fervent disciple de l’onanisme alchimique de Gaston Bachelard dont les idées fusionnaient avec son glorieux pénis. Je devais me plier au desiderata d’un individu qui pensait érotisme quand il n’était pas en érection ! En plus c’était un monsieur je-sais-tout qui n’avait donc rien à apprendre et n’avait nullement besoin de mon opinion de puritain attardé. Durechef je l’ai laissé seul dans la contemplation extatique de son nombril, et plus bas, celle de ses précieux bijoux de famille !

 

Je vous réserve la suite du « jemenfoutisme » de ceux qui sont là pour favoriser certains entreprises. J’ai essayé longtemps de faire émerger ce projet dans un fouillis bureaucratique aux règles absurdes dont l’indifférence se confond avec la  somnolence.

 

Je vous ai dit que c’est un assez gros livre de 550 pages qui est loin d’être complet. Parfois j’ai raccourci les explications pour ne pas prendre le risque de lui donner un trop gros volume qui pourrait le rendre rébarbatif aux yeux de ceux qui n’aiment pas lire. Il y a tellement de signes répandus ça et là dans la ville qu’il y a matière à écrire un second tome.

Donc, Montpellier est si riche que dans ce blog, je puis vous livrer bien des choses que je n’ai pas dites. La démarche est d’autant plus intéressante pour vous que les images sont reproduites ici sont en couleur alors qu’elles sont en noir et blanc dans le livre.

 

Donc on peut dire que les articles de ce blog complètent le livre, tout en préparant une improbable réédition. Mais l’essentiel est de vous aider à mieux saisir le mystère de la cité. Pour faciliter la consultation des articles, sur la ville, je les ai regroupés dans le répertoire que vous pouvez voir dans la colonne de gauche de l’écran, sous la rubrique Montpellier achimique.

 

Cette manière de procéder me permet de sortir du cadre de la ville pour établir des rapports avec d’autres sujets, comme l’énigme de Rennes le Château dont les bâtisseurs alchimistes de la place royale du Peyrou n’ignoraient pas l’importance.

 

 

Un élève inconnu de l’école alchimique de Montpellier

 

  

Si certains médecins ont fait la réputation de la vieille universités, tel Albert le Grand, Roger Bacon, Arnaud de Villeneuve et son élève Raymond Lulle, ainsi que Nostradamus qui y rencontra Rabelais, n’oublions pas les « non médecins » tel Érasme St Roch et Jacques Coeur… et d’autres qui ne sont pas très connus, tel les Dr Pierre-Jean Fabre et le Dr Louis Grassot. De ces personnalités discrètes, dont le nombre constitue l’école alchimique de la ville, j’en parle dans le livre. Cependant il est un médecin alchimiste qui retient aujourd’hui mon attention. C’est le Dr David Laignau qui eut, d’une manière mystérieuse un rapport étroit avec le Sacré-Cœur, dont les bons catholiques ne voient que les messages du 16 juin 1675 délivres à St Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) de Paray-le-Monial. Ils ignorent la face cachée du Sacré-Cœur qui plonge ses racines dans l’alchimie, mais qui est aussi présent dans la politique puisqu’elle est en rapports étroits avec la naissance controversée de Louis XIV, dont la statue équestre rayonne au centre de la promenade royale de la ville universitaire.

 

 

Fig 1 Le Dr David Laigneau de Montpellier
 

En 1610, moment où est assassiné Henri IV et où le Dr alchimiste Pierre-Jean Fabre installe son cabinet à Castelnaudary, naît le peintre Lubin Baugin. Il fut reçu maître peintre et devint membre de l’académie royale en 1651. Ses opinions dérangeantes furent à l’origine de son exclusion, en 1655, de l’académie sous le prétexte qu’il était trop souvent absent.

 

Lubin Baugin élève du Dr David Laigneau

 

Nous découvrons son activité marginale et contestable en 1656 quand il s'occupe ouvertement de la réédition des livres du médecin alchimiste David Laigneau qui critiquait l’utilité de la saignée et écrivait par ailleurs un traité d'alchimie. Vers 1660 l'intérêt pour l'empirisme et l'alchimie pouvait-il s'accorder avec une piété orthodoxe ? Cette particularité marque l’esprit libre qui régnait dans la turbulente école d’alchimie de la Faculté montpelliéraine qui ne devait pas être en odeur de sainteté ! La discrétion s’imposait donc. C’est la raison pour laquelle peu de noms sont parvenus jusqu’à nous.

 

 

Fig 2 St Jérôme peint par Lubin Baugin. Ce théologien fut mandaté par le pape Damase Ier, pour refondre la Bible selon ses desiderata. Inutile de préciser que le saint homme ne fit pas ce travail de bonne grâce. Quant il eut achevé il y eut une véritable levée de bouclier dans la chrétienté. En lisant la Bible que l’on appelle Vulgate vous avez sous les yeux le travail de ce saint homme qui fut non seulement canonisé mais aussi intronisé docteur de l'Eglise.

Sur ce tableau, le robuste vieillard est peint dans sa tourmente. Cependant un détail surprend : l’index de sa main gauche, bien éclairé, désigne une pierre posée sur le sol à côté d’un livre contenant ses traductions de la Bible. De ce fait l’interprétation du tableau prend une importance alchimique. Et le crâne humain qu’il tient avec sa main droite sur sa jambe gauche repliée, mettant en évidence le genou, n’est autre que le caput mortuum : la tête morte des alchimistes. Remarquons que la lumière est concentrée sur la voûte du crâne et le genou. Tous deux sont donc importants.

En alchimie, le caput mortuum est la terre damnée qui est impure, magma inerte et stérile mais, pourtant, indispensable. Il ne faut donc pas le jeter. Ce produit homogène de couleur rouille s’est séparé de la pierre. On l’appelle parfois superflu. Il fournit le composant (compost) inerte de l’œuf philosophal.

Quant au genou, il n’est pas rare d’entendre parler du genou gauche de l’initié, notamment à propos de St Roch qui le montre. Si étymologiquement le mot genou est issu de l’indœuropéen « gen » qui signifie « articulation », « angle », cabalistiquement il s’agit d’une « génération », d’une naissance ou d’une renaissance. Il est donc question de la naissance de la pierre angulaire au sein du caput mortuum. Enfin, la lumière éclaire l’épaule gauche. Le mot épaule provient du terme latin spatula, par analogie avec la forme en spatule de l’os qui la forme. Le mot spatule se dit en grec spate, terme qui désigne aussi l’épée qui en alchimie désigne le sel (le sel est de couleur blanche = arme blanche qui fait saigner la matière) qui va dissoudre la matière pour qu’elle manifeste, vers le haut, sous la voûte de verre, la pierre philosophale aérienne et plus bas, dans le fond, le caput mortuum.
Un détail n'aura pas échappé à l'observateur vigilent : L'ombre portée de la cuisse sur le crâne. La source lumineuse semble provenir de la pierre posée sur le sol. Ce qui laisse supposer que la pierre est lumineuse comme parvenue au dela de la cinquième multiplication la transformant ainsi en lampe éternelle.
Une autre source lumineuse vient du haut comme le montre l'ombre portée de la tête sur l'épaule éclairée qui symbolise le sel appelé aussi esprit. Evidemment chacun aura compris que l'alchimie est un don de Dieu, et cela n'est pas symbolique !

La question ne se pose donc plus : le peintre Lubin Baugin était un alchimiste chevronné.

 

 

Lubin Baugin ne pouvait donc adhérer aux idées de l’Académie. Le fait qu’il s'occupe de la réédition des livres du médecin alchimiste David Laigneau montre sans ambiguïté que le peintre fut l’élève du médecin. Ainsi Lubin Baugin s’incrit par filiation dans l’école alchimique de Montpellier.

Par cet article j’ai voulu montrer l’importance insoupconnée de l’école de Montpellier.

 

Au plaisir de savoir que vous me lisez.

 

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Mardi 8 septembre 2009
- Par Hermophyle

J’aime beaucoup la Science Fiction pour la pertinence de certains auteurs qui malheureusement pour nous sont en majorité anglophones. Notre série style « fleuve noir » est, hélas, aussi médiocre que la majorité de nos téléfilms, souvent maladroite imitation des séries américaines. Il y a des idées, plein d’idées, mais elles ne peuvent être développées car écrasée par la pression économique lié au trop faible taux de vente ainsi qu’ à la gourmandise des intermédiaires et à la fiscalité. Un jour l’écrivain de SF Jimmy Guieu me confia qu’il était prisonnier de l’exigence des lecteurs et de l’esprit de la collection. « Souvent, me disait-il, j’aurais aimé développer un peu plus un sujet, mais il m’était impossible de prendre le risque de ralentir le fil de l’action ». Jimmy se sentait de plus en plus prisonnier de son personnage et des exigences alimentaires.

Un fleuve noir ça se vend dans les gares et les aéroports, un bouquin plus sérieux ça se boude à moins d’avoir autant de points de ventes qu’aux états Unis. Voilà le problème de la « minisculite » de notre SF qui existe partout y compris en sciences exactes. Je me souviens de la réflexion de mon prof de biologie à la fac des sciences qui disait éditer ses bouquins d’abord en anglais et ensuite seulement en France où sa notoriété s’établissait grâce à sa diffusion anglo-américaine mais restait pratiquement nulle en français ! Et oui, un invendu gaulois peut être une perle pour le lion ou l’aigle anglophone mais il passe au pilon. Ni vu, ni connu ! C’est ainsi que notre culture passe sur le lit de Procuste.

J’ai lu de très bons auteurs de SF de chez nous, mais j’ai acheté leur bouquin à la brocante !

Bon, vous pouvez juger mon opinion quelque peu caricaturale, mais reconnaissez tout de même le bien-fondé de certains points essentiel !

 

 

Les auteurs de SF ont, certes, de l’imagination, mais ils ont en commun une conscience réaliste des problèmes humains. Leur sensibilité les a souvent conduits à s’intégrer à des sociétés initiatiques qu’ils jugent avec un regard lucide.

Ainsi, au marché aux puces j’ai acheté un livre de L’américain Richard Lupoff intitulé « Trinité » (the triune man) Traduit et édité en 1980 par la librairie des Champs-Élysées dans la collection « Le Masque » (ISBN 2- 7024 – 1088 – X).

Voici ce que j’ai lu aux pages 164 à 168, et qui devrait inciter à la méditation les rosicruciens et FM emprisonnés dans leurs concepts d’évasion et d’appartenance qui bride toute leur démarche spirituelle. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a peu d’alchimistes chez eux. Grand dieu, ça nécessite de vider les lieux, de se débarrasser de ce concept d’appartenance !

Lupoff met en scène Buddy Satvan, l’auteur d’une bande dessinée à succès : « Diamond Sutro ». Il est en opposition avec un cinglé extrémiste nazi, Roland Washburn (que j'ai rebaptisé Kashburn) qui méprise violemment sa personnalité et son œuvre.

Chers ésotéristes, méditez ce passage que j’aurais pu (et peut-être dû) écrire. Mais comme il n’est pas de moi peut-être sera-t-il mieux accueilli car, selon l’adage, nul n’est prophète en son pays…

 

[« Mr Satvan, » fit Kashburn méprisant. « Cet écrivassier pour les crétins et les dégénérés ! »

« Je ne vous permets pas de dire ça ! Buddy fait un travail merveilleux ! » Tara ne pouvait plus se contenir ; elle se tourna vers son patron. « Dis-lui, Buddy. Explique-lui la finalité réelle de Diamon Sutro, pourquoi c’est important pour les gens ! »

Buddy repoussa la mèche de cheveux qui lui barrait le front. « Eh bien… euh… »

Après un petit moment de silence, Buddy s’exécuta et se tourna vers Roland Kashburn. « Bon. Je ne pense pas que vous ayez une juste compréhension de ce qu’est Diamon Sutro, Mr Kashburn. Euh… Roland. »

« Mais si, je comprends très bien. Ce sont de foutaises sans la moindre valeur, de la littérature d’évasion. Cela fait partie d’une machination destinée à distraire l’esprit des gens de sorte qu’ils ne se rendent pas compte des forces qui les manipulent. Mais un jour, le peuple reconnaîtra ses vrais ennemis et les écrasera. Comme ils auraient dû être écrasés il y a soixante ans de cela ! »

« Non, » répliqua Buddy, très calme.  « Je ne pense pas que votre vision du citoyen moyen corresponde à une réalité. Pas dans ce pays, pas dans cette société qui est la nôtre. Les gens du commun ne vivent pas sous la menace de quelque force sinistre et mélodramatique. C’est… »

« C’est un complot international ! »

« Non, Roland, c’est faux. » Buddy secoua posément la tête, prit la main de Tara et la serra très fort. « Prenez l’homme de la rue, à quels problèmes se trouvent-ils confronté ? Des petits soucis tout ce qu’il y a de plus ordinaires. Rien de catastrophique. Rien qui soit au-dessus de ces forces. Le lecteur-type de Diamon Sutro travaille en usine à… Mettons Topeka ou Buffalo ou Galveston. Vous me suivez ?

Il est tourneur et gagne son pain quotidien en façonnant des pièces qui serviront à construire des appareils ménagers. il a 42 ans. Tout cela, vous comprenez, c’est un portrait moyen ; si nous étions dans les bureaux du syndicat, je pourrais vous montrer des statistiques plus précises.

Bon. Revenons à notre lecteur. Il travaille sur ce tour depuis qu’il a obtenu son diplôme de fin d’études, 23 ans auparavant. Sur les bancs du lycée, il a connu une fille avec laquelle il s’est marié. Depuis, elle s’est empâtée, elle a vieilli, mais il continue à l’aimer… À sa façon, quoique, depuis une bonne quinzaine d’années, la vie qu’il mène auprès d’elle lui paraisse bien morne. Lui-même, d’ailleurs, n’a rien à dire : Il commence à devenir chauve et la bière la doté d’une assez belle bedaine, elle s’ennuie tout autant que lui avec elle. »

Il se plaça différemment sur sa chaise et reprit sa respiration. Ils avaient tous les yeux fixés sur lui, attendant qu’ils poursuivent.

« il ne comprend pas ses enfants et n’a aucune autorité sur eux. Chaque jour, au travail, son patron lui fait sentir sa médiocrité. chaque jour, dans le car de ramassage de l’entreprise, il voyage avec un type qui lui met les nerfs à fleur de peau ; mais il ne sait que faire, car s’il prend sa voiture pour aller à l’usine, sa femme ne l’aura plus pour faire ses commissions. »

Buddy s’interrompit pour reprendre à nouveau son souffle.

« Aussi loin qu’il se souvienne, sa belle-mère lui a toujours cassé les pieds.

Il croule sous les impôts et sous les traites, et chaque fois que son revenu augmente de 10 %, ces dépenses augmentent de 15. Il ne voit pas comment cela pourrait changer.

Le matin, il se lève. Toute la journée, il travaille. Et le soir, il rentre, Mange, regarde la télé est vas se coucher. Sa vie sexuelle est pour ainsi dire inexistante et fait, de toutes façons, partie du train-train.

Il a des copains avec qui il va au bowling toutes les semaines depuis près de 10 ans, et il ne marque jamais plus de 50 points. Le samedi, il tond la pelouse si on est en été, dégage un chemin dans la neige si on est en hiver, et tente de rafistoler sa maison lui-même parce que la main-d’œuvre est beaucoup trop chère. »

Kashburn exprima bruyamment son mépris.

« Je vous en prie », dit le Dr Ettmann. « Laissez-le continuer. Tout cela est extrêmement... euh... Instructif. »

«D’a... D'accord », balbutia Buddy. « De toute façon, j'ai presque terminé. Bon, alors... euh... Ce type de Topeka... Ou de l'autre bled, d'ailleurs... Oui, j’en ai presque terminé avec lui... Donc, voyez-vous, il... Ah oui, le dimanche. Eh bien, le dimanche Matin, sa femme l'oblige à aller à la messe alors qu'il n'en a pas la moindre envie, et le dimanche après-midi, il regarde le match de football à la télé. Son seul regret est qu'il n'y a pas des matchs toute l'année. Vous comprenez ?

Voilà. C'est pour lui que je fais Diamond Sutro. Pour ce type du Kansas. Il est la raison d'être de mon travail. »

 Kashburn bondit de sa chaise et asséna son poing sur le bureau. « Qu'est-ce que c'est que ça ? que viennent faire là toutes ces foutaises ? Vous ne comptez tout de même pas nous faire avaler de pareilles niaiseries ? Dr Ettmann, allez-vous tolérer que cet individu nous fasse subir plus longtemps le crétinisme de ces théories ? c'est précisément ce prétendu citoyen moyen dont vous parlez, sinistre imbécile, qui constituent les forces vivent de la ligue pour le Renouveau ! Cet homme que vous dites ordinaire est la victime d'une mafia internationale dirigée par la haute finance et la gauche intégrationniste !

Cet homme doit marcher la tête autre ! Et sous ma conduite, il le fera ! »

Le Dr Ettmann se leva et fit le tour du bureau. «Voyon, Roland », dit-il. « Laisse donc Buddy terminer son exposé. Vous avez peut-être fini, Mr Satvan ? »

« Oui, presque. Voyez-vous, docteur, voyez-vous, Mr Kashburn, Coland... La vie de cet homme se caractérise par... euh... L'expression correcte et, je crois, un désespoir tranquille. Il a désespérément besoin de rompre l’ennui que lui inspire sa vie, son travail, sa femme, le car de ramassage, sa belle-mère, ses enfants qui se foutent de lui, les impôts... Et tout le reste. Mais qui peut l'aider ? Que peut-il faire ?

il... Voyez-vous, cet homme est le type même de ce qui adhère à des organisations comme les rosicruciens. Vous connaissez les rosicruciens ? Ce sont des gens calmes, inoffensif, qui se réunissent en secret pour pratiquer leur espèce de fétichisme sans causer de tort à personne. Eh bien, notre Américain moyen va, pour quelques dollars par mois, se payer un prétendu savoir secrètement transmis d'initié à initier. En fait, ce qu'il va acheter, c’est un peu de relief dans sa vie. Il a beau habiter une maison mal bâtie, identique à toutes les maisons voisines, vivre avec une femme terne, aller tous les jours faire un travail qui l’ennuie, il est malgré tout un rosicrucien !

Il est détenteur d'un savoir occulte ! Il est membre d'un ordre mystique dont le pouvoir s'étend au monde entier et dont l'origine se perd dans la nuit des temps ! À ses propres yeux, il n'est pas n'importe qui. Dans toute son existence, le fait d'appartenir à la rose-Croix est peut-être la seule chose qui est une réelle valeur. La seule chose qui lui donne une certaine estime pour sa propre personne, si ce n'est même un petit peu de bonheur. »

Il s'interrompit pour demander un verre d'eau.

« Et, s’il ne rejoint pas des rosicruciens, des francs-maçons, les chevaliers de ceux-ci ou de cela… »

« Les Chevaliers Mystiques de la Mer », précisa Roland d’un ton aigre.

« Oui, c'est ça. S'il ne se laissa pas embarquer chez les adorateurs de soucoupe volante, ou dans la scientologie... Vous avez déjà entendu parler de la scientologie, n'est-ce pas ?... Ou dans n'importe quelle secte de ce genre, il risque de devenir la proie d'un groupe politique extrémiste qui, offrant la facilité d'une solution mélodramatique à tous les problèmes, saurait flatter son besoin d'aventures. »

« Et vous, individu mesquin, que lui offrez-vous ? » Demanda Roland.

« Voyez-vous, j'ai commencé de réfléchir à ma bande dessinée bien avant d'en concevoir le premier épisode. J'ai été assistant, j'ai été encreur, j'ai effectué toutes sortes de travaux pour le compte d'autrui. Et pendant tout ce temps-là, j'apprenais mon métier et je préparais ce que j'allais faire.

Ce qu’offre Diamond Sutro à ses lecteurs, c'est le caractère surnaturel, les pouvoirs magiques et les splendides costumes de son héros. La richesse et la science de son alter ego, Arnaud Subhuiti. Des décors exotiques. Des aventures palpitantes. De très belles femmes, voluptueuse, excitantes... Voyez Crystal Knight, Astaroth Anderson. Et attendez, vous ne connaissez pas encore Aphrité Anubis !

J'offre à mes lecteurs le romanesque !

C'est exactement ce que les gens ont toujours demandé aux stars de cinéma, ce que les jeunes d'aujourd'hui cherchent dans... Les Beatles, Mickael Jackson, par exemple. Le sens de l'unique. Un remède à l'effrayante banalité de leur vie.

"C'est exactement ça », dit-il en soulignant ainsi l'accord qu'il donnait à sa propre conclusion. « Tous les matins, pendant cinq minutes, en ouvrant son journal, mon petit ouvrier de Topeka devient Diamon Sutro ou Arnaud Subhuti, et il oublie totalement la banalité de son existence. Si c'est une femme qui lit la bande, elle devient Crystal ou Astaroth ou Aphrite Anubis. Et au diable les supermarchés, au diable les couches, au diable l'ennui.

Voilà ce que j’offre aux gens ! » ]

 

Tout prétendant à la vie spirituelle devrait, à mon avis, réfléchir longuement sur cette citation. La vie intérieure ne doit à aucun prix être un succédané au long fleuve tranquille d’une vie sans relief. Le fait d’en avoir trouvé un dans une société initiatique quelconque devient alors un obstacle insurmontable pour bondir en avant. Scotché là, conditionné à mort, et membre fantôme d’une famille fantôme  détentrice de secrets de polichinelle qui nous offre un ticket d’entrée pour le cimetière morne de ceux qui ont traversés leur vie sans rien faire du tout. Mort au champ des inutiles dira la rubrique nécrologique du journal local, illustrée avec Diamon Sutro !

Secouez-vous bon sang ! Réalisez la gangue de baratin qui vous emprisonne et vous empêche de germer ! Les mots, quelle plaie. Savoir aller au-delà des mots est une victoire décisive capable de nous propulser vers les étoiles.

Écoutez avec tout votre cœur ce chant de l’alchimiste médecin Michael Maier (1568-1622), médecin personnel de l’empereur Rodolphe II, qui présente son livre Atalante Fugitive avec les cinq lignes suivantes :

 

« Grande mère des fruits, grande mère des hommes,

je te salue, ô Terre de Saturne : j’ose

Entrer pour ton amour dans l’antique domaine

De gloire, et libérer les sources d’eau vivantes.

Dans les cités de fer je chante un chant d’étoile. »

 

Avec toute mon affection aux chercheurs d’absolu.

 

 

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Vendredi 4 septembre 2009
- Par Hermophyle

       

Bonjours à mes amis(es) abonnés à ma newsletter.

Bonjour, à toutes et à tous.

 

J’espère que vous avez fait le plein d’énergie et de soleil jusqu’à l’année prochaine et que votre progéniture, pourvue de fournitures scolaires plus ou moins digeste… pour votre portefeuille, affronte la rentrée le cœur léger avec l’intention de fournir un bon travail digne des espoirs de chacun.

Moi aussi j’affronte la rentrée avec un mois de septembre consacré d’abord à la préparation d’une conférence pour mes grands amis Belges sur l’origine de l’alchimie templière et méridionale et ensuite j’entame une « promotion » pour mon livre sur les secrets alchimiques de Montpellier.

Cet ouvrage est resté plusieurs années dans mon tiroir. Je l’ai d’abord confié à une maison d’édition lyonnaise qui après trois ans ne l’avait pas encore publié. Ensuite je l’ai donné à un éditeur de Grabels (près de Montpellier) qui après un an a fini par se désister en préférant sa production cinématographique. Puis, je l’ai gardé un an dans mon tiroir en attendant de le flaquer à la poubelle, car je ne suis pas attaché à ce que je fabrique. C’est ma manière d’accepter l’inacceptable et de laisser le temps au temps…

Mon seul remords qui m’empêchait de passer à l’acte était la préface écrite par mes amis architectes directeurs et fondateurs de l’école Cantersel sise sur le Larzac qui accueille de jeunes diplômes du monde entier pour leur ouvrir les yeux sur différents aspects de leur métier. Je m’excuse ici auprès d’eux d’avoir tant tardé.

Donc, je finis par oublier ce livre sur Montpellier. Un jour, mon vieil ami Jean-Pierre de Grabels, petite ville jouxtant Montpellier, m’a fait rencontrer François des éditions Fortuna. J’ai extirpé le CD poussiéreux d’une pile de rebus et je le lui ai confié sans grande conviction. Il l’édite aujourd’hui… C’était donc le moment ! 

Voici donc sa carte d’identité :

 


Titre :Les secrets alchimiques de Montpellier.

Éditeur : Fortuna (édition)

ISBN : 978-2-930424-26-2

EAN : 9782930424262

Nombre de pages : 550

De nombreuses illustrations.

Poids : 600 g

Dimensions :16 cm X 24 cm.

Prix : 28 €.

 


Voici le texte imprimé sur le dos du livre (quatrième de couverture) 
:

 

Chaque ville est bâtie sur le mystère de sa fondation.
Une donation, ou une fausse donation comme les moines en fabriquaient par centaines, nous apprend que Montpellier aurait été créé en 985. En effet, le comte de Melgueil aurait fait un don au sieur Guilhem d'un lieu où demeurait un certain Amalbert. Depuis lors, ce sieur Guilhem, jusque-là parfait inconnu de tous, n'ayant ni titre ni conjoint devint l'ancêtre de tous les seigneurs de Montpellier. Était-il apparenté à Guihem, comte d'Orange devenu saint Guilhem ? Qui était ce premier habitant Amalbert ? Nul ne le sait.
Après cet acte capital, cette origine obscure, les documents sont devenus rares et toujours incertains dans la mesure où fleurissaient les palimpsestes. Devant l'incertitude des écrits, on ne saurait déceler le secret de la ville qu'en interrogeant ses vieilles pierres... Où en faisant parler les sculptures à partir de l'analogie. Par exemple, un corps nu féminin désigne en réalité une cornue...

De la matière œuvrée par l'alchimiste s'élève alors un langage étincelant qui éclaire sourdement le fond des âges, où se profilent les ombres séculaires des mythologies et les silhouettes courbées des vieux maîtres médecins et alchimistes.

Ainsi défilent dans ce clair obscur auréolé de l'énigme alchimique, Arnaud de Villeneuve, François Rabelais, Nostradamus, Jacques Cœur, Pierre-Jean Fabre et bien d'autres encore...L'empreinte de ce savoir fut confiée à la pierre. Livre ouvert mais invisible aux yeux des Montpelliérains devenus inattentifs par l'accoutumance et aussi une certaine méconnaissance liée à la mentalité de notre siècle.

Cet ouvrage vous guide, vous révèle et vous décrit l'esprit le plus intime de la ville, son expression dans la matière animée.
Partez à la découverte du message immortel de la vieille citée Languedocienne, message qui dépasse la seule ville pour rayonner sur toute l'Europe comme le fit jadis Prague sous le règne de l'Empereur alchimiste Rodolphe II.


 

Une importante introduction permet de situer d’une manière pertinente (du moins je le crois) ce qu’est l’alchimie. Je n’hésite pas à le considérer comme un ouvrage fondamental sur ce sujet. L’explication est à la foi à la portée de tous tout en donnent une image fidèle de ce que fut et est encore cette manière de comprendre la matière et l’univers.

J’espère que ceux qui veulent à tout prix passer au laboratoire comprendront ce qu’il faut faire d’abord. Quant à ceux, comme de nombreux Francs-Maçons, qui voient dans l’alchimie une démarche psycho-spirituelle, j’espère qu’ils comprendront qu’ils sont à côté de la plaque !

En ce qui concerne la ville j’ai élaboré une balade alchimique que l’on peut faire le livre en main ou en ma compagnie (dans ce cas j’ajoute des explications inédites).

Un exemple d’explication selon l’alchimie, du fronton de la prestigieuse faculté de Médecine de montpellier. La terminologie particulière est expliquée dans le glossaire ou plus en détail dans mon livre l’Alchimie expliquée par son langage.

 

Figure 40

Fronton de la plus ancienne Faculté de médecine d’Europe

 

  

Au fronton de la plus ancienne Faculté de médecine d’Europe, figurent les deux liants : le lion rouge à droite et le lion vert à gauche, à l’image des deux lions gardiens du Peyrou. Au centre est le pilon qui permet de concasser le protolithe dans le mortier afin d’obtenir un élément informe, c’est-à-dire un lopin, anagramme de pilon, mot provenant de l’ancien français lope signifiant masse informe, réduite en morceaux et qui laissa son nom à un petit morceau de terrain. Rien ne saurait mieux désigner la préparation du protolithe afin de le traiter avec un élément visqueux et venimeux (fortement basique comme l’alkaest de Paracelse) représenté par le serpent enroulé sur le manche. Le reptile s’enlace quatre fois, ce qui lui donne le sens de quatre éléments. En effet, la substance devant donner les quatre éléments est visqueuse comme la peau d’un reptile. La tête orientée vers le bas indique que l’adjuvant salin devra être joint au protolithe pulvérisé dans le mortier. Il regarde la branche de chêne, montrant ainsi qu’il est issus de ce végétal désignant de ce fait le lion du même côté comme étant le lion vert. L’autre lion est le lion rouge, tel le lion sud de l’entrée du Peyrou. Il regarde vers le haut car à ce moment, la granule se forme dans les airs sous la voûte de verre. Le sens est identique à celui de l’angelot du Peyrou élevant la granule dans sa main. Cette substance tirée du chêne dont une branche est mise en évidence en étant liée à un rameau de laurier montre que dans le chêne l’or y est et renferme le vitriol dans lequel – selon l’anagramme – l’or y vit. Cet or vivant n’est pas du métal, mais la substance la plus précieuse de toutes pour élaborer la médecine universelle, car imprégnée du rayonnement cosmique et contenue dans toutes les cellules vivantes du règne végétal et animal. Ce que la biologie moderne ignore, c’est que le règne minéral en a besoin pour manifester ses magnifiques potentialités et donner une autre image de lui. Pour l’obtenir avec des capacités bio disponibles, il faut donc l’extraire d’un autre être vivant comme le chêne. De mauvaises interprétations sont à l’origine de massacres d’animaux ou de sacrifices humains. Les monstres fascinés par l’or ignorent qu’une mort animale ou humaine, à l’instar du mensonge, est en totale contradiction avec l’alchimie interne et donc avec toute médecine.

Soulignons enfin qu’au moyen age les jeunes docteurs étaient coiffés de baies de laurier ou  bacca laurea qui a donné son nom au baccalauréat. Le sens premier du bac signifiait que le lauréat était détenteur de l’or vivant ou or potable ou médecine universelle.

 

Conclusion impertinente et désabusée à propos de la condition d’écrivain.

 

À mes amis agriculteurs et éleveurs.

A mes frères de la Martinique.

 

Si je n’étais pas pressé d’éditer ce livre c’est parce que j’avais des nausées. Inconsciemment je ne voulais pas me confronter au milieu misérable des affairistes qui vous lient avec des contrats dont chaque mot vous saute à la figure comme une injure !

L’écrivain est confronté aux mêmes problèmes que les agriculteurs. Les intermédiaires les réduisent à la misère. Actuellement cette misère atteint des niveaux tels qu’ils poussent progressivement notre pays au rang de ceux du tiers monde. Dans le collège qui est à côté de chez moi, les élèves dont les parents travaillent et ont un logement sont traités avec mépris de nantis ! Ça vous étonne ? Vous n’êtes pas révoltés par les politiques qui se vautrent dans leurs hermines quand ils croisent sur la route un salarié SDF qui paye ses cotisations diverses, couche dans sa voiture et va faire sa toilette (en payant) dans les WC d’une gare ? Et oui, il n’a pas assez de revenu pour honorer un loyer ! Si vous ne rougissez pas allez vous faire voir chez plumeau et surtout n’oubliez pas de payez votre taxe carbone…

De nombreuses professions en arrivent à cette inhumaine extrémité pendant que le politique bien portant, bien habillé en costard sur mesure, bagnole de fonction, essence gratos brillent par la parlerie stérile digne héritière de la réunionite de toute entreprise qui ne se respecte pas.

Ceci étant dit, l’écrivain est dans la même galère que les agriculteurs qui triment tandis que les intermédiaires, notamment la grande distribution font leur beurre et les réduisent à la misère.

Donc, pour ce livre sur Montpellier que vous payez 28 €, je m’enrichis de 1, 96 €. Quel pactole !

Pour 100 livres vendus le boutiquier libraire encaisse 840 €

Le faiseur de carton qui paye le carton et le transport de 60 kg : 840 €.

L’éditeur qui paye la PAO, le correcteur et l’imprimeur 840 €

L’auteur qui a fourni un travail harassant durant un an à 8 heures par jour est payé 196 €.

Si vous trouvez ça normal, vous n’êtes pas mon ami.

Plus on travaille, moins on est payé. Logique ? Qu’en pensez-vous chers agriculteurs ? Qu’en pensez-vous frères des Antilles ? D’un côté il y a les jongleurs qui jouent avec les milliards d’euros et nous précipitent dans la crise financière et économique, de l’autre il y a les travailleurs et les producteurs qui payent les pots cassés sous le regard méprisant de la nouvelle intelligentsia aveugle dont les yeux sont remplacés par des pièces d’euros en argent.

Les marges sont insensées (les parleurs les justifient hypocritement). Dans mon cas, si elles étaient 5 % de moins pour le boutiquier et le faiseur de cartons, l’auteur, avec 17% pourrait vivre ! Un auteur, ça s’exploite car c’est comme les agriculteurs, ça ne mange pas, ça fait bouffer les grosses vaches !

Avec ce petit texte j’ai voulu vous informer de l’immense joie que j’ai de faire éditer ce livre. Si je ne passais pas dans le camp des  exploité jusqu’au trognon vous n’auriez pas le plaisir de me lire, car dans mes écrits j’y place tout mon cœur. Le fait que vous receviez avec intérêt mes exposés me font oublier ma condition d’esclave. Et puis les fers aux pieds, je ne suis pas seul. Je suis en compagnie des Antillais et plus particulièrement de mes frères bien aimés de la Martinique. Frères, j’entends votre longue mélopée de souffrance qui se joint à celle de nos miséreux. Ce chant lancinant et lourd de sens n’arrive plus à émouvoir les cœurs de pierre des nouveaux marchands de chair humaine.

 
 

Publié dans : Montpellier alchimie - Communauté : Symboles et symbolismes
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Mercredi 29 juillet 2009
- Par Hermophyle

 

Pour des raisons de recherches et d'occupations diverses dévoreuses de temps je suis dans l’obligation de limiter considérablement la parution des articles. Vous avez dû constater déjà un net ralentissement. Aussi l’ennéagramme vous offrira matière à réflexions pendant longtemps, du moins je l’espère. Évidemment vous pouvez m’envoyer vos messages, j’y répondrais.

 

Cet article est considéré par l’auteur comme l’un des plus important de ce blog. J’ai fait de mon mieux pour le rendre digeste sans pour cela le réduire à son ombre. Parfois il peut donc paraître ardu, sauf pour ceux qui désirent comprendre réellement ce qu’est l’alchimie. D’autres seront choqués par mon attitude vis-à-vis de l’inventeur de l’ennéagramme qui est le célèbre et insaisissable Georges Gurdjieff. Je ne puis pas grand-chose au fait que sa science spirituelle soit aussi sèche que les caillasses des oueds africains.

 

 

Ce n’est pas parce que 10 000 êtres sont dans l’erreur que cela devient une vérité. Proverbe Chinois.

 

   

L'ennéagramme est un symbole graphique ésotérique, découvert et interprété en 1916 par Georges Gurdjieff qui voyait à juste titre, dans cette antique figure, « la porte pour acquérir la Pierre Philosophale ». L’auteur de cette phrase significative entrepris par la suite divers développements symboliques qui flirtent avec l’alchimie sans toutefois aborder avec précision l’acquisition de la pierre philosophale ou manière de la fabriquer appelé Grand Œuvre (qui s’écrit au masculin quand il s’agit d’alchimie).

Après cette définition prometteuse, Gurdjieff élude la question du Grand Art (alchimie) et se limite à dire que :

 

« La signification de ce symbole était estimée d’une telle importance par ceux qui la connaissaient qu’ils ne voulurent jamais la divulguer. » (p 405 Fragment d’un enseignement inconnu de Ouspensky. Éditions Stock, Paris 1974).

 

C’était là, flatter notre besoin de sensationnel et de merveilleux dont nous n’avons nul besoin… à moins qu’il ne veuille asseoir sa notoriété de gourou ?

 

Nonobstant ses digressions plus ou moins empreintes de vérité, il ne vise pas le cœur de la cible, car le seul développement qui puisse démontrer sans ambiguïté l’antiquité de cet idéogramme est celui de ses liens étroits avec la fabrication de la pierre philosophale. Ors, il le laisse de côté. C’est comme si on lui avait confié cette figure sans rien lui expliquer et qu’il la glana peut-être sur quelques antiques gravures ornant un antre secret d’un temple oublié. Peut-être cette phrase lui fut dite sans commentaire, car pour obtenir plus de précision il faut montrer des attitudes plus nobles que celles qui sont exprimées par Gurdjieff durant toute sa vie.

 

Gurdjieff élude donc le cœur du sujet pour associer ce symbole à la loi de l’octave qui satisfait le musicien qu’il était mais qui caractérise, apparemment à son insu, une étape du travail au laboratoire si bien décrite par l’alchimiste Eugène Canceliet en son bel ouvrage l’Alchimie expliquée sur ses textes classiques (1972).

En fait, il semble évident que notre ancien marchand de tapis erre dans les limbes du sujet, évitant d’y mettre les pieds autant par prudence que par impéritie.

 

L’artifice des interprétations s’éclatant en multiples collatérales ou en approfondissements abstraits est un procédé qui lui permet d’éluder la dimension d’aide mémoire pour l’alchimie pratique et spirituelle (les deux étant inséparables). Telle est mon opinion que je me garderais bien de vous asséner comme une vérité surtout si vous êtes disciple avoué ou non de cet instructeur venu essentiellement pour accentuer les perturbations de l’élan spirituel occidental amplifié par les dérives et scissions de l’orientalisme prôné par une Société Théosophique en pleine déconfiture, surtout après le départ de Rudolf Steiner et de Jiddu Krisnamurti, qui fut inopportunément intronisé incarnation du Christ !

 

Soyons clair, il est difficile d’accréditer Gurdjieff quand on sait qu’il était adepte du payement en nature ou de l’extorsion de fond contre l’ascension spirituelle ! L’ascension dont il est question ici ne pouvait qu’être à rebrousse-poil et ne conduisait pas plus haut que le ciel de lit tout en flattant l’intellectualisme réducteur et le symbolisme abstrait et abscond cher à la quasi-totalité des centres d’ésotérismes actuels. D’où l’actuelle dégradation jusqu’à la spiritualité bidon de ces société dites « initiatiques ».

 

L’interprétation de cette figure vers le développement personnel m’apparaît comme une dérive verbeuse de ce « maître » très particulier et hâbleur. Il avait la particularité d’accentuer les déviations de notre pensée vers l’intellectualisme et le matérialisme pour conduire ses disciples vers une vision dont il pouvait infléchir la déformation jusqu’à l’absurde. Il fit brillamment ce genre d’inversion avec parfois un humour féroce. À mon avis, il avait totalement raison sur un point : Nous sommes tous (je ne m’exclus pas) des ordures. Ceux qui pensent le contraire se bercent d’illusions.

 

Le fidèle Ouspensky avala naïvement (cela me fut confirmé par un vieil alchimiste taoïste) et au premier degré ! les développements parfois fantaisistes de son maître plein de verve et de facéties élaborant doctement des analogies tirées par les cheveux.

Certe, la fausse piste est une technique d’initiation, mais pas le mensonge. Ceux qui ne sont pas assez lucides pour séparer le bon grain de l’ivraie ne sont pas prêts car ils ont une confiance absolue en un maître. Ils n’ont pas encore saisi qu’il ne faut pas mettre une lumière au-dessus de sa tête.

Il suffit de lire attentivement le gros livre Fragments d’un enseignement inconnu (traduit par Philippe Lavastine) publié chez Stock en 1949, 1950, 1961, 1974 et en 2008 chez Dervy, pour comprendre que Gurdjieff envoyait le gentil Ouspensky, et ses amis, la tête dans le rideau. Cependant le travail d’Ouspenski reste dépositaire de bribes éparses d’un enseignement noyé sciemment dans la brume et qu’il faut savoir trouver à la manière des pièces d’un puzzle.

Cela signifie que j’accorde à Gurdjieff une connaissance réelle sur certains points mais il les a «  adaptés » d’une manière particulière pas très à cheval sur l’orthodoxie par son enseignement d’un « éveil » douteux ou est exclu le réel sens de la bonté et de la bienveillance. Ce genre de formation est qualifié de « noire » par les sages de tous horizons, ce qui n’empêche nullement l’éveil de certaines capacités paranormales, et rend encore plus nocif un individu ainsi formé et lui ferme les portes du Royaume.


Le graphe de l’ennéagramme.

 

Le symbole de l’ennéagramme est un cercle divisé en neuf arcs égaux dont les extrémités numérotées de 1 à 9 sont reliées entre elles selon un ordre particulier.

Le mot a été construit avec la racine grecque ennea qui signifie neuf et gramma dont le sens est graphe, figure. Le voici selon l’encyclopédie Wikipédia :

Restons-en à la définition fondamentale qui est déjà tout un programme et dont Gurdjieff donna lui-même la définition que je rappelle ci-dessous :

  

L’ENNÉAGRAMME EST UNE PORTE POUR ACQUÉRIR LA PIERRE PHILOSOPHALE.


Sachant que la Pierre philosophale est le résultat du travail alchimique au laboratoire et à l’oratoire, il est normal de commencer l’étude de cette figure par sa dimension hermétique.

 

L’ennéagramme de l’alchimie théorique.

 

Le mot « porte », de la définition ci-dessus, signifie entrée, introduction, car ce schéma est en effet, une introduction à l’alchimie à la manière de ce texte de quelques lignes qui résume tout le Grand Œuvre, que l’on appelle « la Table d’Émeraude » qui fut écrite par Hermès Trismégiste. (voir mes autres articles).

 

Le cercle seul, dans lequel s’inscrit ici un réseau de lignes, désignait au XVIIe siècle l’alun (à cette époque on ne connaissait pas l’aluminium) indispensable pour la fabrication du feu de cheveux ainsi appelé par l’alchimiste Gébert (VIIIe siècle) car constitué de cristallisations filamenteuses issues d’un amalgame. Ce même cercle était aussi le symbole chimique de l’or. Cela ne manque pas de cohérence puisque le feu de cheveux est en effet nécessaire pour fabriquer la pierre philosophale.

Enfin le cercle est le symbole du feu de roue qui caractérise les régimes de cuisson de la pierre, se superposant aux quatre saisons. Fulcanelli l’exprime ainsi au tome second de ses Demeures Philosophales (p. 161, édit. 1964) :

 

« Ce double feu [1] [l’un entrant en action dans la première partie où solve, l’autre dans la seconde où coagula] est le pivot de l’art et, selon l’expression de Philalèthe, « le premier agent qui fait tourner la roue et mouvoir l’essieu » ; aussi le désigne-t-on souvent par l’épithète de feu de roue, parce qu’il paraît développer son action selon un mode circulaire, dont le but est la conversion de l’édifice moléculaire, rotation symbolisée par la roue de Fortune et dans l’Ouroboros. »

 

Le cercle de l’ennéagramme est divisé en 9 arcs numérotés de 1 à 9. Le chiffre 9 étant placé en exergue à la partie supérieure. Les 8 points restants sont numérotés ensuite, de 1 à 8, dans le sens des aiguilles d’une montre. (Voir la figure).

 

Gurdjieff trace en pointillés le triangle équilatéral qui relie les chiffres 3, 6, 9, indiquant par là que l’alchimie repose sur le ternaire. Ce triangle est surtout le triangle de feu. En effet, quand l’adepte a obtenu la pierre blanche il va lui appliquer le feu secret, à trois reprises et à intervalles réguliers. La première application aura lieu le troisième jour, à la suite de quoi la pierre manifestera la couleur jaune. La deuxième application, aura lieu le sixième jour où la pierre manifestera la couleur orangée, et enfin le neuvième jour où la pierre prendra la couleur rouge. Le chiffre 9 correspond donc à la pierre philosophale. Les autres nombres traduisent en bref la manière de la fabriquer.

 

Le 1 (phonétiquement alun) représente l’élément primordial ou sel, qu’il ne faut pas confondre avec le chlorure de sodium de nos cuisines.

Le 2 est le minerai constitué par deux corps recevant 1, ce qui fait 3.

Le 4 ou matière (3 + 1) enfermée dans le ballon et manifestant la couleur noire après 4 jours (les 40 jours du déluge).

Le 5 est la quintessence qui surnage le compost noir (mer rouge, massacre des Innocents).

Le 7 traduit les 7 aigles (ou sept petits bains = 7 nains) nécessaires pour blanchir la pierre.

Le 8 est l’adjonction du 5 sur le 3, formant le triangle 3,6,9.

 

Le polygone central a sept côtés montrant l’importance capitale des sept aigles ou sept bains que les alchimistes appellent bains de Naaman, ce Général Syrien au temps de Joram, roi d’Israël qui fut guéri de sa lèpre par Élisée qui lui demanda de se baigner sept fois dans les eaux du Jourdain. À ce stade la pierre blanche est obtenue et l’alchimiste est au bout de ses peines, d’où la place centrale de la figure à sept côtés.

Quant aux liens unissant les six chiffres, ils sont des plus expressifs.

Le 1 est lié au 7 et au 4 car il est essentiel pour les sept bains et l’obtention de la couleur noire.

Le 2 est associé au 8 et au 4, car il est essentiel pour coagula rouge et la matière noire. Il est évident que sans 2 rien n’est possible.

Le 4 est relié au 1 et au 2 car le 4 contient le 2  traité avec 1.

Le 5 provient du 7 et de la couleur rouge du 8.

Le 7 est lié au 1 et au 5 car sa substance est la même que celle de 1 qui donne l’essentiel de 5.

Le 8 est le résultat de l’action de 5 sur 2 qui est en réalité 3.

 

Pour comprendre les lignes qui précèdent, les « glandeurs » ne pourront franchir l’obstacle ainsi que ceux qui sont conditionnés par des sociétés dites « initiatiques ». Je ne m’attends donc pas à une foule de lecteurs, mais ceux qui s’accrocheront seront le nec plus ultra, véritablement initiable. N’en doutez pas, ils ne vont pas se bousculer au portillon. Si vous croyez avoir compris écrivez-moi la solution en privé. Je vous donnerais mon opinion. Tout le texte que vous me communiquerez doit être en langage clair et surtout ne vous attendez pas à une critique méchante ou moqueuse. Je respecte ceux qui font des efforts et je les estime beaucoup, même s’ils se trompent.

 

L’ennéagramme et l’Église primitive ou Gallicane ancienne.

 

Dans l’Église catholique ancienne (avant 1968) et gallicane ancienne (avant le concile de trente qui dura de 1545 à 1563), le chiffre 9 est extrêmement important. On le trouve représenté par le linge sacré plié en 9 carrées égaux[2] que l’on appelle corporal. Ce nom provient de l’hostie consacrée qui devient le corps du Christ après sa consécration par un prêtre valide ayant reçu séparément les six ordinations[3] précédant celle de sa prêtrise. L’hostie « transmutée » en corps du Christ est déposée sur le carré central de ce linge blanc à neuf plis, ce qui lui valut son nom de corporal.

Le nombre de 9 carrés marque le corporal pour une raison fondamentale. C’est le symbole des neuf hiérarchies spirituelles représenté au portail de Notre Dame de Paris par une dame symbolisant l’Église et l’alchimie. Elle tient appuyée contre elle une échelle à neuf barreaux, qui représentent aussi bien les neuf opérations successives du labeur de l’alchimiste que les neuf hiérarchies spirituelles qui accompagnent l’homme dans sa réalisation.

Les neuf opérations du labeur alchimique se superposant aux neuf valeurs successives de l’ennéagramme son :

 

1 – Fabrication du sel.

2 – Séparation des trois corps.

3 – Solve.

4 – Œuvre au noir.

5 – Quintessence.

6 – Œuvre au blanc.

7 – Jaune.

8 – Oranger.

9 – Œuvre au rouge.

 

Nous voyons que dans l’ennéagramme le 3 est le noir naissant de solve, le 6 est l’œuvre au blanc et le 9 l’œuvre au rouge ou pierre philosophale. Le noir et le violet correspondent traditionnellement au bleu. Cela donna le bleu, le blanc et le rouge du drapeau national.

 

Dans les églises sont accrochées aux murs les stations du chemin de la croix du Christ qui débute lors du jugement par Ponce Pilate et s’achève à la crucifixion. Il y a en tout 14 stations représentées par 14 tableaux.

Dans l’ennéagramme on trouve, autour de la figure centrale à sept côtés, 15 polygones à côté rectilignes généralement triangulaires.

Il y a là un rapport évident avec les 14 stations du chemin de croix.

 

  

Les 15 polygones (en noir et en gris)

analogues aux stations du chemin de

la croix dans les églises.

 

 

 

Tout au long de ce chemin de 14 étapes se déroule le calvaire du Christ qui sera crucifié sur le mont golgotha.

La station 1 correspond à la condamnation à mort.

La station 2 est le chargement de la croix sur l’épaule du condamné.

La station 3, le Christ tombe pour la première fois.

La station 4, le Christ rencontre sa mère.

La station 5 est aidé à porter la croix par Simon de Cyrène.

La station 6 (à la place de la 7) Véronique le visage ensanglanté.

La station 7 (à le place de la 6) Deuxième chute du Christ.

La station 8, le Christ souffrant console les femmes qui le suivent.

La station 9, troisième chute.

La station 10, le Christ est dépouillé de ses vêtements.

La station 11, le Christ est cloué sur la croix.

La station 12, mort sur la croix.

La station 13, le corps est descendue de la croix.

La station 14 Le corps est mis au tombeau.

 

Dans les églises anciennes où le prêtre célèbre l’office en tournant le dos aux fidèles, la disposition des tableaux représentant les stations de ce chemin débutent logiquement du côté droit du maître-autel, appelé côté épître car c’est là que le prêtre ou le sous-diacre lisent les lettres ou épîtres des apôtres. Il fait le tour de l’église et la 14ème station s’achève du côté gauche de l’autel appelé côté évangile, car c’est là que le diacre, ayant une ordination supérieure à celle du Sous-diacre, lit les évangiles. L’aboutissement du chemin de croix ne peut que se superpose aux paroles du Christ et non à celle des apôtres. De nombreuses églises comportent un chemin de croix inversé, soit par ignorance, soit intentionnellement comme dans l’église de Rennes le Château (11).

En réalité il y a 15 stations. La 15e se déroule devant l’autel ou se trouve dans le tabernacle (petit « placard » placé au milieu de l’autel et dans lequel sont conservées les hosties consacrées ou Saint-Sacrement)

 

« Il est d’usage, peut-on lire dans Dictionnaire du foyer catholique de 1956 (Éditions de la Librairie des Champs-Élysées à Paris) de prolonger ces quatorze stations d’une quinzième qui consiste en une méditation devant le Saint-Sacrement »

 

Nous voyons donc qu’autant l’ennéagramme que le symbolisme du chemin de la croix se réfère à une vérité unique confirmée par les stations 3, 6 et 9 correspondant aux trois chutes du Christ et au triangle 369 de l’ennéagramme.

Les trois chutes du Christ ensanglanté sont les trois imbibitions de liquide rouge que l’on applique sur la pierre pour la transformer en pierre philosophale, ce qui justifie pleinement sa présence dans ces deux symboles sacrés : Le chemin de croix et l’ennéagramme. L’alchimie est avant tout un art sacerdotal, ce qui est trop souvent oublié par ceux qui bidouillent dans leurs laboratoires à la recherche de pouvoir et de richesse sous un verni (peu épais) de componction « spirituelle » copieusement affiché. Ah ! combien de pseudos sages tiennent une couche géologique d’inconséquence si épaisse qu’ils ne peuvent comprendre qu’en trompant les autres ils se trompent eux-mêmes !

 

L’ennéagramme et la Franc-Maçonnerie.

 

Vous l’avez compris, le rapport essentiel de l’ennéagramme avec la F M est le triangle 3,6,9. C’est le triangle d’or que l’architecte Hiram jeta dans un puits avant de mourir pour en soustraire le secret aux trois compagnons qui l’assassinèrent.

Le FM comme l’alchimiste a trois ans. Les trois ans de l’enfant marquent le temps de l’acquisition de la posture verticale, de la phonation et de la structure du cerveau. Trois points qui nécessitent une puissance qui dépassent les seules capacités biologiques du jeune organisme et nécessite une connivence avec les puissantes forces universelles pour contrecarrer l’entropie destructrice environnante. Après ces trois ans ces forces se retirent car le corps ne peut les supporter et risque de mourir. Cela explique les trois ans de vie publique du Christ s’achevant par la crucifixion choisie à la place d’un anéantissement du corps, et donc d’une mort « naturelle ».

Ainsi dire que l’on a trois ans c’est dire que l’on est dans la puissance du sacré en communion avec l’indicible. C’est aussi dans ce sens que s’interprètent les trois points. Comprenez-vous mieux mes mouvements d’humeur vis-à-vis des Francs-Maçons et de leurs bavardages ?

  sceau copyright


[1] D’où l’expression de l’homme double igné employé par l’alchimiste Bazile Valentin.

[2] Au XIVe siècle certains corporaux étaient rectangulaires et plié en 12 carrés, quatre dans le sens de la longueur et trois dans le sens de la largeur, pour symboliser les 12 apôtres.

[3] Les six ordinations nécessaires pour que l’Ordination d’un prêtre soit valide sont celles de Portier, Lecteur, Exorciste, Acolyte, sous Diacre et Diacre. Avant ces six ordinations existe la Cléricature ou Ostiariat qui est plus une adoption (une prise d’habit) par l’Eglise qu’une ordination.

Publié dans : hermetisme - Communauté : Le Monde Spirituel
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Mercredi 15 juillet 2009
- Par Hermophyle

 

Certain de mes lecteurs qui sont frères aux trois points, se sont étonné que je puisse faire autant d’articles sur leur fraternité sans être maçon moi-même.

 

Il est temps en effet qu’ils aient une réponse. D’abord je ne prépare pas une candidature, il suffit de lire mes articles pour comprendre pourquoi. Dois-je spécifier que tout en n’étant pas le sauveur du monde, j’essaye tout de même de sauver quelques meubles ?

 

Observons un fait essentiel et fondamental. Au XVII et XVIIIe siècle et même au XIXe, les adeptes qui voulaient « recruter » un alchimiste bien préparé spirituellement et suffisamment connaisseur des interprétations symboliques se rendaient dans les loges. Actuellement cela n’est plus possible car la connaissance des symboles s’est perdue suite à diverses dégradations dont j’explique les raisons dans les articles précédents. Aucun FM actuel, à de très rares exceptions près, n’est apte à suivre un enseignement alchimique et je sais de quoi je parle. Ils ont la tête bourrée de tout, sauf de ce qu’il faut.

 

La responsabilité de ceux qui dans les Loges déforment les données traditionnelles et spirituelles est énorme car ce « vivier » de futurs hermétistes est à sec et menace de ce fait la perte d’une tradition plusieurs fois millénaire. Je ne me bagarre pas pour m’amuser et croyez-moi si vous le voulez, j’ai autre chose à faire.

 

Les FM sont maintenant face à leur responsabilité, si les mandarins qui maintiennent des structures erronées, (les psys. appellent ça une « filiation menteuse »), sont reconduit dans leur responsabilité, la FM est blackboulée dans ce qu’elle a de meilleur, et ne seras pas au dessus d’un club de pétanque aux cotisations bonbon. Ce n’est pas la peine d’être un devin pour s’apercevoir que nous sommes à une époque charnière que même André Malraux avait pressenti.

 

À bientôt, je reste avec vous.

Publié dans : F M & Alchimie - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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