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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 10:35


La rédaction ça fait pro ! Ma gazette est à publications incertaines comme d’autre sont mensuelles.

Bref, c’est le tralala lié à mes pérégrinations à travers l’Atlantique pour rejoindre Fort de France. Me voilà donc chère lectrice et cher lecteurs (suis sérieux car c’est l’éditorial !) après moult semaines à me bronzer à votre chaud  soleil hivernal. Où là là ! Certains diront que je manie l’oxymore comme un journaliste distingué. D’autres dirons que j’en fais trop et ils auront raison.

Pendant mon séjour merveilleux à la Martinique (si vous voulez être couleur locale prononcez M’tinique), dans ce coin de paradis j’ai visité le jardin de Rosine ou j’ai vu des orchidées qui poussent hors de la terre en un acte libérateur de leur condition de « légume ». Des êtres préparant un monde animal de demain ? Pourquoi  pas ! Aussi, et vous vous en doutez, leur fleurs sont magnifiques comme pour asseoir leur supériorité.

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Les aristos du jardin de Rosine.

Je ne vous cacherais pas que ‘osine les bichonne ses o’chidée. Elle en a de plusieurs couleurs, de plusieurs grandeurs, de celle qui aime la terre et de celle qui ne l’aime pas.

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Orchidée à longue tige gardienne de la porte du jardin de Rosine

Dans le jardin de Rosine on trouve d’autres fleurs, en voici des exemples qui poussent spontanément quand les oiseaux sèment leurs graines.

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Les prolos sans pédigrée du jardin de Rosine

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Le fruit de l’arbre à pain.

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L’incontournable cocotier.

Parfois on a des surprises en découvrant que les lézards aiment les fleurs. En voici la preuve indiscutable :

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Ca c’est le chien féroce de la maison. Quand vous vous approchez il devient dangereux, regardez

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Pour vous en sortit vivant une seule issue, lui chatouiller le ventre !

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Voilà, vous avez une petite idée du beau jardin de Rosine. Rosine et Pascal sont aux petits soins de leur jardin et en plus au fond, côtoyant la mangrove, il y a une biquette et des cocottes qui soignent leur coq, que voulez vous, c’est ça l’éternel féminin.

A bientôt.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 10:27

 

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Cet article est orienté vers le sujet de fond qui est celui de mon essai Holoscopie de la spiritualité occidentale. Il est donc un peu moins badin que mes livraisons précédentes, mais rassurez-vous, tout aussi bourré de fautes !

J’ai développé un point essentiel, notamment celui du sens à donner à la gnose qui fut, durant le XIXe et XXème siècle, maltraitée car incomprise. N’est pas frère de la gnose le premier occultiste ou spirituel qui s’en targue. S’harmoniser avec l’univers n’entre pas toujours dans les attributions des parapsychologues de salon. Ils s’intéressent à d’autres valeurs… comme le dirait un certain  oncle picsou.

Avant mon départ pour les Caraïbes j’ai voulu vous laisser de quoi cogiter pendant que je me dore au soleil. Non je ne vais pas sombrer dans le farniente. Avec mes vieux amis Martiniquais nous avons des tas de choses à faire et puis, je dois aussi donner une conférence ou vous êtes tous invités vous les caribéens de la Guadeloupe, de Saint Martin ou de saint Barth et surtout les provinciaux (sic) de Paris et de la métropole…  C’est le moment de passer votre hiver au chaud ! Trêve de ronds de jambe (même si on m’a dit que j’ai le mollet assassin !) et entrons dans l’antre ou tout rire et sourire doit être réfréné sans pour cela entonner un de profondis.

 

La philosophie pérenne ou Philosophia perennis, que l’on appelle Gnose, ne doit pas être confondue avec le gnosticisme ou l’ésotérisme et encore moins avec l’hermétisme, l’occultisme ou la magie… J’ai vu des prêtres gnostique célébrer des offices tellement farfelu que je le suis demandé s’ils n’avaient pas une chauve-souris dans le cerveau, à moins m’a dit ma concierge que leur tête contienne un fromage… Pardon je me laisse aller. J’ai dit que c’était sérieux et je ne donne pas l’exemple. Bon, reprenons (ton doctoral !).

Cette Gnose aux racines nobles est un véritable Roc, que les Montpelliérains appellent Roch comme leur saint patron dont l’aura rayonne sur le monde entier et qui naquit au cœur de la vieille cité. Saint très particulier auréolé de connaissances aussi mystérieuses que sublimes. Cet homme personnifie, par un jeu de mots avec la cuisse qu’il montre, la cuisson du roc, chère aux alchimistes. Sans parler du chien qui l’accompagne symbolisant la constellation du chien qui se lève dans notre ciel nocturne d’été lorsque se manifeste la canicule (canis=chien) de juillet… quelle façon élégante, il faut le reconnaître, de parler du feu de nature qui brûle dans l’athanor. Et puis ce chien donna son nom à tous les roquets du pays… le petit roch qui porte une miche de pain dans sa gueule, petite pierre naissante dans le ciel chymique.

 Au-delà du temps Roch est resté et restera encore ce Roc suprême auquel nous pouvons référer nos idée, ce qui se traduit bien par le rayonnement culturel de la vieille cité qui vit naitre ce saint particulier. Ce roc de la philosophia perennis est non seulement une référence pour notre pensée mais aussi pour nos comportements. En un temps aussi instable et incertain, l’homme se révèle fragile et vulnérable, et seul ce Roch est encore capable de conférer un sens à notre vie, car il est seul à détenir un ensemble de données issues d’observations et d’expérimentations millénaires, de connaissances descendues des strates supra-mentales de la conscience et aussi des processus sur-rationnels qui caractérise les étonnantes capacités de notre encéphale cérébral droit, ou connaissances directe sans intervention de la raison, se fusionnant avec la mystique en un tout cohérent.

C’est aussi sur ce roc qu’est bâtie l’Eglise Universelle (à ne pas confondre avec l’Eglise Catholique ou Orthodoxe) ou reposent les statuts de l’Université nouvelle avec les chapitres de son programme.

La philosophie perennis est l’expression le plus directe des sources mères de la transcendance, car elle se trouve au delà de toute références et donc de tout axiomes générateur de lois réduites aux limites d’une culture ou d’un système. Elle est l’inverse des « philosophies » de nos universités qui s’en tiennent à la périphérie des choses, c’est-à-dire les formes sans les idées, les effets sans les causes, les états d’âme sans l’âme. Elle est qualitative, sur-mentale, sur-rationnelle et symbolique, car notre langage est dépourvu de moyen d’expression quand il l’aborde… Elle est le miroir de la totalité à l’image de notre univers holographique.

La philosophia perrennis, image de l’univers ne saurait être autre chose que la traduction à l’échelle humaine de la Tradition Primordiale qui est à l’origine au-delà du temps, trans-temporelle et... silencieuse, car elle s’accorde mal avec le verbiage. Mais elle est aussi, du simple fait de son hologrammorphisme… trans-spaciale.

 

L’actuelle redécouverte de l’ésotérisme, après un XIXème siècle brouillon et tumultueux, est un phénomène d’époque amplifié par Internet et ses sites sociaux. Cela se traduit par une étonnante profusion d’ouvrages et par le sentiment que l’on se trouve au seuil d’une immense réserve de données initiatiques qui ne demandent qu’à être exploitées. Retrouver l’ésotérisme, c’est réintégrer le circuit énergétique divin, et redécouvrir non seulement le champ des potentialités créatrices, mais aussi se rapprocher de notre divinisation rendue possible non pas par des systèmes de pensées mais par la philosophia perrennis.

Le même renouvellement est en train de se produire dans le domaine scientifique, qui voie s’ouvrir devant elle de vastes possibilités d’investigations tout en opérant sous nos yeux un complet changement de paradigme en direction de l’étude de l’être, de l’ontologie.

Les soufis savaient déjà qu’en chaque grain de poussière se tient le cosmos, ce qu’on fort bien mit en évidence des auteurs de science Fiction comme Van vogt (cycle de Lin)

Point donc de constituants fondamentaux de l’univers autonome, comme l’a fort bien souligné Alain Aspect avec les photons (voir mon Essai Holoscopie de la spiritualité Occidentale), tout est interdépendant et Tout est dans tout comme le démontre la structure holographique de l’univers. Tout est interdépendant, toutes choses s’interpénètrent dans l’espace et dans temps. La conscience humaine participe à cette interpénétration, à cette « intrication » des physiciens et l’initiation ésotérique fondamentale consiste à le savoir et ensuite à s’en servie harmonieusement… car les disharmonies sont impitoyablement rejetées ou même écrasées… c’est un lieu qui ne saurait être violé car c’est autant le roc de la connaissance sur lequel fut bâti l’Eglise du Christ (celle soutenu par la philosophia perennis) que celui sur lequel se situe le Golgotha. L’ange recule quand il est bousculé par les « faiseurs d’or » mais il s’arrête au pied de la croix et là il sort son épée flamboyante. C’est ce que traduit Christian Rose-Croix en ses noces chimiques :

« Prend Garde à toi,

Examine-toi toi-même ;

Si tu ne t’es pas purifié assidument

Les noces te feront dommage.

Malheur à qui s’attarde ici- bas

Que celui qui est trop léger s’abstienne. »

Toutes les particules de notre univers sont vibrantes et vivantes ; protons et neutrons gravitent à d’inimaginables vitesses ; les galaxies s’éloignent  de nous parfois plus vite que la lumière. C’est rejoindre l’idée d’un univers en expansion (et en contractions) successives, telle que la représente  la cosmologie indoue avec les kalpa. Le jeu cosmique, traduit les création et destructions perpétuelles de la matière subatomique, et aussi son universalité dont la biochimie et la biologie rendent compte à leur manière.

Ce jeu repose sur l’existence des contraires, que relativise leur équilibre mutuel, qui les réduit les uns aux autres en les faisant alterner sans cesse, tendre même vers leur dépassement.

La lumière sera émise sous forme de particules (les photons) qui, en se déplaçant, apparaissent comme des champs électromagnétiques vibratoires ayant donc le comportement des ondes.

Particule et ondes, mais aussi force et matière, mouvement et repos, sont des concepts périmés dans leurs aspects oppositionnels.

Les symbolistes qui en raffolent jusqu’à en dresser des listes interminables n’ont plus leur raison d’être car le blanc est le noir ne s’opposent pas mais se complètent dans leur mystérieuse alchimie. Il en est de même pour le soufre et le mercure.

Pour la physique des particules coexistent désormais continuité et discontinuité : l’énergie se transmue en matière, et vice versa ; les particules sont simultanément destructibles et indestructibles ; l’électron occupe et n’occupe pas la même place. Tout ce jeu de changement n’est pas sans analogie avec les permutations des éléments ou cycle de Platon des vieux grimoires d’alchimie. Ronde des quatre éléments ou le carré se change en cercle résolvant le lancinant problème de la quadrature du cercle.

A l’inverse de la physique Aristotélicienne, la physique quantique sait qu’une chose peut à la foi être et ne pas être. Nous rejoignons là la Sémantique Générale d’Alfred Korzybski, si bien illustrée  par les ouvrages de Van Vogt (encore lui !) dans son cycle du monde des A (A comme Aristote) qui passionna tellement Boris Vian qu’il en écrivit une préface.

L’alternative du oui ou du non (celle du tiers exclu, c'est-à-dire du peut-être) appartient à un niveau de langage simplificateur à l’extrême ; et ne saurait épuiser la totalité des aspects d’une question en restant au niveau des dualités exclusives. La contradiction apparente révèle au contraire une richesse insoupçonnée d’interprétation.

Un exemple simple on prend ou on ne prend pas le train dit Aristote. Il n’y à pas de solution intermédiaire (le tier exclu) mais si vous vous libérez de cette alternative simpliste il y a plusieurs solution : vous prenez le bus l’avion ou un taxi. La philosophie aristotélicienne est donc limitatrice à un tel degré qu’elle fut un frein pour bien des domaines de la pensée et des techniques.

Tant du point de vue ésotérique  que scientifique, « antinomique » ne signifie pas « contradictoire »… Tout le secret des soi-disant contradictions des Ecritures est là.

Une autre idée est celle du VIDE dont j’ai développé la dimension mystique dans Holoscopie de la spiritualité Occidentale… Dans la théorie du champ quantique, la distinction s’estompe entre les particules et l’espace qui les enveloppe. Matière et vide (ou champ de gravité)  cessent d’être séparés ; le champ est l’unique réalité ; le vide contient la potentialité de toutes les formes du monde particulaire ; il en constitue l’« essence » comme l’a fort bien expliqué Stéphane Lupasco.

Ce qui est potentiel est programmé dans ce qui s'actualise, dit-il. Par exemple « L'œuf est un système actuel en tant qu'œuf et un système potentiel en tant qu’être somatique adulte. »

Le vide plein de potentialités introduit à un arrière-plan ou substrat qui demeure éternellement hors de notre espace de l’exploration physique sans être pour cela hors de l’univers.

Le monde où nous vivons n’est que l’envers multiforme, véritable océan des causes évanescent mais émanant d’un endroit unique et fondamental. Ce vide est le royaume des possibles et des probables, sanctuaire des causalités que nul adepte de la philosophia perrenis n’ignore.

L’ésotérisme reprend progressivement possession des domaines qui sont les siens ; et c’est à cette réinstallation que doit travailler l’Université nouvelle.

C’est à cela que je m’attelle depuis 20 ans mais l’Eglise Romaine et les Orthodoxe de France en prennent ombrages (rien d’étonnants). Ne parlons pas du retour de l’ésotérisme ou les gourous me regardent de haut de leurs tabliers rutilants. Je sais, je ne suis pas diplomate mais grand dieu la vérité devrait suffire à ces montagnes de spiritualité ! ! !

N’en doutez pas, ça me donne froid dans le dos et il est temps que j’aille me réchauffer les os et le cœur à la chaleur amicale et fraternelle de la Martinique.

Merci mes amis d’avoir supporté ma prose. Comme je ne vous retrouverais pas avant février, Je vous souhaite un joyeux Noël et une excellente année 2012.

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:30

JANUS 4

J’ai eu envi de jouer au faux sage dans une jubilation dont vous comprendrez l’origine en lisant ce texte. Que les puristes et les Monseigneur me pardonnent… car c’est du lèse majesté. 

Actuellement nous sommes submergées d’imitateurs en tout domaine non seulement celui de la philosophie et de là pensée en général mais aussi celui des objets qui constituent des contrefaçons.

Nous sommes donc confrontés à une société qui non seulement produit une politique de kangourou et un ésotérisme boiteux mais aussi un faux Qi gong, un faux Soufisme, un faux Christianisme, un faux Bouddhisme, une fausse écologie, une fausse alchimie, une fausse Franc-Maçonnerie etc.

Cette particularité de la comédie humaine engoncée dans son mensonge ne date pas d’hier comme le soulignais déjà au XIIIe siècle le soufi Shabistari en son Jardin secret :

« Le monde n’a qu’une existence allégorique.

D’un bout à l’autre c’est une farce et un jeu. »

Tout consiste pour des individus paumés à prendre conscience de cette farce sans adhérer au jeu sous peine de rejoindre la misère humaine.

Beaucoup de gens restent attachés à des sectes et à des imitations parce que ces formes leur conviennent, répondant à quelque chose en eux qui demande (au détriment de la vérité) secte et imitation.

C’est ce qui fait dire que si le Christ revenait sur terre il serait mis à mort dans les caves du Vatican. Il en serait de même pour Bouddha.

Tout consiste donc à s’éveiller spirituellement pour sortir de ce pétrin. Sans la dimension spirituelle de cet éveil nous serons (à juste titre mais inutilement) en perpétuelle opposition avec les conséquences que cela implique : aigreur du caractère, haine, violence, emprisonnement, etc.

Les gens qui ne se préoccupent pas de cela suivent une ornière les yeux fermés et leur destiné seras fixe suivant le tracé de l’ornière. Cela facilitera le travail de prédiction des faux astrologues. Mais ceux qui sont spirituellement avancés sortent de l’ornière et deviennent libres. C’est ce qu’enseignait le grand sage Abu’l Hasan Khirqani :

« Les gens de ce monde ont une destiné fixe. Ceux qui sont spirituellement développés reçoivent ce qui n’est pas dans leur destiné ».

Que dire de plus ? Si ce n’est que le voyage de mille lieues commence avec un pas ! Rions tout de même puisque nous sommes dans un grand, très grand, théâtre burlesque ! ! !

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 07:59


Chacun a entendu parler des Troubadours qui, au Moyen Age, sillonnaient l’Occitanie en allant de château en château distraire les seigneurs en qualité de poètes, chanteurs, jongleurs ou musiciens. Leur poésie rayonnait sur l’Europe entière.  C’était la période de l’histoire méridionale ou le catharisme s’implantait en opposition à la religion catholique. Cette opposition était largement justifiée par les abus de pouvoir du Vatican et la structure dogmatique de sa théologie qui enfanta, et enfante encore, des clercs castrés totalement conditionnés et généralement psychorigides ne reculant pas devant la violence pour protéger leur univers névrotique (voir La névrose chrétienne du docteur Pierre Solignac, éditions de Trévise. Paris). Ce pays libre qui était l’Occitanie, ou pays de cocagne, fuyait ce genre de contrainte en se donnant à l’austère, mais libérale, religion de ces chrétiens particuliers appelé « bons hommes » ou Cathares qui, à pied, sillonnait le pays par paire à l’instar des deux chevaliers du temple chevauchant le même destrier.

Période de l’histoire ou se mêlent l’élan mystique accompagné par un chant qui atteint le sublime et ou se lève la magnifique épopée du graal derrière l’épouvantable génocide (20 000 assassinat d’adultes, femmes et enfants à Béziers en une seule journée) perpétré par le roi de France Philippe-Auguste et les papes Innocent III et Honorius III à travers le sanguinaire Simon de Montfort.

C’est au nom de Dieu que ces crimes furent perpétrés. C’est au nom de Dieu que l’enseignement de l’occitan, langue hérétique, fut interdite – par le pape – dans les écoles. Et cette interdiction dura, avec d’autre prétextes, jusqu’au début du XXème siècle… C’est tout juste si l’Occitan, 700 après, se relève de ses blessures.

 VISION DE L'UNIVERS2

L’image d’Épinal des troubadours, chacun la connaît : une sorte de baba cool avant la lettre, nomade et désargenté, échangeant un poème contre un bon repas, coqueluche des châtelaines et terreur des maris jaloux.

Est-il besoin de le dire ? Cette image n’a qu’un très lointain rapport avec la réalité.

Si certains troubadours furent de basse extraction, comme Marcabru, enfant trouvé, d’autres appartenaient à la noblesse, comme Bertrand de Born, et le premier en date était même un très puissant seigneur, Guillaume de Poitier, duc d’Aquitaine. En effet, dans le domaine de l’art encore plus que dans tous les autres, la civilisation occitane accordait moins de prix à la naissance qu’au paratge, à l’égalité des mérites.

Sil est vrai que l’amour de la Dame est le thème unique des troubadours, c’est un thème qu’ils ne traitent pas à la légère, mais au contraire avec une gravité qui a son mystère.

L’image d’Epinal est donc fausse, mais elle a le mérite de mettre en lumière le trait le plus frappant, le plus insolite de l’art des troubadours, son caractère conventionnel

Ce caractère conventionnel fut résumé par Charles-Albert Cingria de la manière suivante :

« Il n’y a dans toute la lyrique occitane qu’un seul thème, l’amour perpétuellement insatisfait, et que deux personnages : le poète qui huit cent, neuf cent, mille fois réédite sa plainte et une belle qui dit toujours non. » (Ieu oc tan. Dans Mesures, n°2, 1937.) »

Il y a là un mystère. On ne compte pas moins de 500 troubadours qui vécurent entre le XIe et le XIVe siècle. Comment un si grand nombre d’auteurs ont-il pu répéter pendant 400 ans là même histoire, dans les mêmes formes, non seulement sans lasser un public qui était pourtant fort cultivé, mais encore en le passionnant et en produisant de nombreux chefs d’œuvre ? C’est un cas unique dans les annales de la littérature mondiale !

Pour expliquer ce mystère sur lequel on buté tous les critiques, on est amené à se demander si les troubadours ne livraient pas leur message sous une forme conventionnelle et même, plus précisément encore dans un langage convenu.

Si c’est le cas, il faut alors chercher pour quelle raison ils procédaient ainsi et il faut aussi tenter de découvrir les clés de leur langage.

Il faut se souvenir, en effet, que les troubadours ne considéraient nullement leur activité comme un jeu gratuit de l’esprit. Ils la désignaient sous le nom de Gaie Science (Gai saber). L’un d’eux, Guiraud Riquier (de Narbonne), déclare :

« Les troubadours sont des hommes doués par Dieu d’un grand savoir, fait pour éclairer l’univers, aussi estimables par leur conduite que par leur science. »

Tous les troubadours on écrit en langue d’oc. Avant d’aller plus loin il faut savoir que cette langue se prête mieux qu’aucune autre aux jeux de mots, aux équivoques, aux logogriphes (anagrammes) et au double, voire au triple, sens phonétique.

Trobador(qu’on prononce troubadour) vient de trobar. Que veut dire trobar ? En langue d’oc cela signifie à la foi inventer, découvrir et s’exprimer par tropes, c’est-à-dire « employer les mots dans un sens différent de leur sens habituel » (Littré). Le terme de trope s’applique non seulement au langage mais aussi à la musique. Ors, les troubadours étaient à la fois poètes et musiciens.

En d’autres termes le troubadour n’est pas seulement quelqu’un qui invente. C’est aussi quelqu’un qui découvre, qui dévoile qu’à mots couverts. C’est à celui qui écoute qu’il appartient de trouver, sous son sens apparent, le sens caché de la chanson.

Les troubadours sont d’ailleurs les premiers à nous avertir que leurs œuvres sont à double sens. Trobar, nous disent-ils tous, c’est entrebescar les motz (enchevêtrer les mots).

L’un d’eux, Arnaud Daniel, se vante : « Sur cinq personnes, il n’y en a pas trois qui me comprennent. »

Un autre, Rimbaud d’Orange, déclare :

« Pour savant je tiens sans nul doute

Celui qui dans mon chant devine

Ce que signifie chaque mot. »

Si tout trobar est à double sens, il existe des degrés dans la difficulté. Les troubadours distinguent ainsi d’une part ce qu’ils appellent le trobar leu ou plan, celui dont le sens est relativement facile à deviner. Celui qu’ils appellent le trobar ric, abonde en symboles. Quant au trobar clus (littéralement le trobar clos, fermé), c’est celui dont la signification est, de par la volonté de l’auteur, la plus obscure, la plus énigmatique, la plus hermétique. Cependant tout trobars participe, à sa manière, au trobar clus.

Dans les textes se trouve plusieurs synonymes de trobar clus qui ne doivent pas prêter à confusion. Nous avons le trobar car (riche), le trobar prim (nouveau), le trobar sotil (subtil), le trobar cober (couvert) et le trobar escur (obscur).

 

Les troubadours chantent l’amour, mais pas n’importe quel amour ; ils chantent l’amour courtois, qu’ils appellent fin Amor.

Le fin Amor est très strictement codifié. Pour pouvoir approcher la Dame , le toubadour doit tout d’abord être

ENSENHAT. Dans la langue d’oc qui, je l’ai dit est très subtile, on appelle à la fois celui qui a de bonnes manières, celui qui a reçu un enseignement, celui qui porte une ensenha, c’est-à-dire un signe de reconnaissance et celui qui sait reconnaître un signe. Tout cela ne manque pas de donner une dimension assez peu usuelle à « l’enseignement ».

La Dame impose alors au troubadour une série d’épreuves (asags) qu’il doit subir l’une après l’autre avec succès. Il devient alors

FENHEDOR (celui qui fait semblant, puis :

PRECATOR (celui qui prie), puis :

ENTENDOR (celui qui comprend), et enfin :

DRUT (celui qui est agréé).

A la suite de quoi le troubadour agréé est soumis à de sévères obligations envers sa Dame ; tout d’abord, il est tenu au celar, c’est-à-dire au secret ; il est ensuite astreint au dommeil, c’est-à-dire à l’allégeance.

Sa passion poussée à son paroxysme peut mener le troubadour à désirer la mort per amor, la mort pas amour. Et cette passion dispense alors gautz e Jovens, c’est-à-dire joie et jouvence.

 

S’ils avaient vraiment voulu chanter des amours humaines, les troubadours n’auraient crée, avec tout cela, qu’une poésie tarabiscotée, absolument dépourvue de naturel et de sentiments. Si tant de leurs poèmes sont émouvants et beaux, c’est parce qu’on y devine le charme et la profondeur d’un sens caché dominant toute superficialité.

Le rituel du Fin Amor a toutes les caractéristiques initiatiques. Rien n’y manque ; ni l’enseignement préalable, ni les épreuves par degrés, ni le secret, ni le thème de la « mort symbolique » suivie d’une nouvelle naissance, de la nouvelle jeunesse qui fait de l’initié un autre homme.

Sous le voile d’une poésie amoureuse, la poésie troubadouresque est une poésie d’initié. Que dis-je, une poésie alchimique. Car ce n’est nullement par hasard que ses adeptes l’appelle la Gai Science car c’est beaucoup plus qu’un art, c’est un Art Royal, c’est une connaissance, c’est une gnose.

La dimension alchimique de la Gai Science des troubadours est aisément vérifiable. Il suffit d’ouvrir Les demeures philosophales  de l’alchimiste Fulcanelli pour en être convaincu :

 

« Les vieux maîtres, dans la rédaction de leurs traités, utilisèrent surtout la cabale hermétique, qu’ils appelaient encore langue des oiseaux, des dieux, gay science ou gai scavoir. De cette manière ils purent dérober au vulgaire les principes de leur science, en les enveloppant d’une couverture cabalistique. » (p159, édition de 1964)

 

Il ne faut pas confondre la cabale des alchimistes avec la kabbale hébraïque. La cabale des alchimistes est pétrie essentiellement de jeux de mots comme le trobar clus des troubadours.

La concordance prend une autre di mension quant on découvre que le trobar ric des troubadours (variante du trobar clus) s’appelle cabalou. Ainsi nous voyons se profiler un si fort parallélisme entre l’art des troubadours et l’art d’Hermès que nous pouvons dire qu’ils ne font qu’une seule science, qu’un seul savoir. L’alchimie ne s’appelle-t-elle pas Art de musique et Art d’Amour ? Cela donne du relief à la remarque de Guiraud Riquet précédemment cité :

 

« Les troubadours sont des hommes doués par Dieu d’un grand savoir, fait pour éclairer l’univers, aussi estimables par leur conduite que par leur science. »

La science des troubadours est donc l’alchimie. Mais, qui est la dame qu’ils courtisent ?

Le troubadour Guiraud de Borneil la qualifie de «  Vrai lumière » ; le troubadour Guillaume de Poitier nous dit « Par elle seule je serai sauvé. » Le troubadour Uc de Saint Circq l’invoque en ces termes : « Prenez ma vie, Dame de dure merci, pourvu que par vous au ciel j’arrive. » C’est donc une Dame symbolique.

C’est de surcroit une dame secrète. En effet les troubadours ne désignent leur Dame par son vrai nom mais seulement par un nom convenu (le senhal) : l’un l’appelle Béatrix, l’autre Aimant, et un autre Consolation…

Tout ces phrases des troubadour essayant de définir, ou de la  nommer leur Dame, est en rapport étroit avec l’alchimie.

Ainsi peut-on lire à la page 339 du livre Alchimie de l’alchimiste Eugène Canseliet :

« Celui-là même qui n’a pas expérimenté au foyer, fut-il le plus subtil théoricien, demeure à mille lieues  de s’imaginer combien devient intime la communion de l’artiste avec sa matière – la Dame de ses pensées – ni quelles révélations elle peut lui faire … »

Quant au nom d’Aimant donné à la dame il traduit la loi physique transcendante (le mot n’est pas trop fort) de l’alchimie traditionnelle comme l’exprime Fulcanelli à la page 118 du Mystère des Cathédrales :

« La racine de nos corps est en l’air, disent les sages, et leur chef en terre. C’est là cet aimant enfermé au ventre d’Ariès, qu’il faut prendre au moment de sa naissance, avec autant d’adresse que d’habileté. »

Ici le ventre d’Ariès est le giron du signe zodiacal du bélier. Donc l’opération se déroule au cœur du printemps. La « racine » de l’aimant est en l’air et dans l’air. Et cette « racine » (nom donné à la Vierge dans les litanies de l’Eglise) est imperceptible. C’est la Dame des troubadours, invisible, insaisissable mais qu’il faut longuement courtiser. Elle est la clé de la réussite alchimique.

« Dans 700 ans le rameaux refleurira » dit un auteur… Nous somme parvenus à ce moment de la résurrection. Mais ce moment s’il est propice à la renaissance de la langue d’oc l’est beaucoup moins pour courtiser la Dame céleste. Puisse les mânes de nos troubadour endormis s’éveiller pour nous instiller un nouvel hélant, une nouvelle jeunesse.

Le nom de pays de cocagne provient du pastel. Le pastel (Isatis Tinctoria) est une plante crucifère (fleurs à 4 pétale, en croix d’où le nom) bisannuelle, dont les feuilles donnent un bleu exceptionnel. Ecrasées elles produisaient une pulpe verdâtre avec laquelle, on  confectionnait les cocagnes (pelotes rondes formant une coque, d’où le nom) Le pastel donnait du bleu à toute l’Europe et était très prisé par l’Orient. Le midi était riche par les retombées économique. L’exportation vers les pays du Nord, forgea la légende du « Pays de Cocagne »… Et éveilla la jalousie des « nordistes »!

 Suite à :  LES TROUBADOURS ET LE GRAAL

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 15:34

Les quatre éléments ont un réel succès dans la section pornographique de notre culture en putréfaction. En effet le triangle la pointe en bas qui représente l’eau est assimilé, dans les imaginations parfumées à la testostérone (de chez Givenchy évidemment !), au triangle pubien qui émoustille nos mâles en rut perpétuel. Alors ne parlez pas du triangle de feu qui pénètre celui de l’eau, c’est une copulation dans sa plus grande splendeur avec un orgasme effréné de mots libidineux qu’une prose anti-amour accompagne dans une fureur de jouir et de –posséder.

            Sceau palombara

Les quatre éléments proviennent de la décomposition de l’étoile à six branches ou sceau de Salomon. Cet idéogramme est adopté à tord et à travers, – dans un verbiage redondant, – par un cénacle d’initiés endimanché de moult société « secrètes ». Pourtant, et heureusement pourrais-je dire, ce symbole essentiel clé du Grand Œuvre alchimique est pourvu d’un sens précis.  

Phonétiquement c’est  le « sel du mont » (puissance provenant des hauteurs, du « ciel ») ou le « signe du monde » (signe = saigne : « sang du monde » ou « sens du monde » mais aussi « sein du monde ») qui va se confondre avec le symbole « univer-sel » de la pierre philosophale.

Tout ça pour dire que la cabale des alchimistes (qui repose, comme je l’ai dit sur des jeux de mots essentiellement phonétiques) ne se résume pas à des galéjades de collégiens attardés, car tout ce qui précède n’est pas dépourvu non seulement de sens mais surtout d’intérêt pour comprendre les fondements de la pratique alchimique… Evidemment les « psycho-spiritualisants » sont libre d’étaler leur confiture et les songes creux peuvent toujours continuer à se faire mousser jusqu’à la contrepèterie ! Mais de grâce, qu’ils ne parlent pas d’alchimie !

Bon, chacun a sa manière de lire son polycop, comme on le disait, il y a près d’un demi-siècle avant l’apparition des imprimantes de nos ordinateurs.

Cette étoile, véritable étoile de Bethléem, est constituée par quatre triangles entrelacés dont deux ont leur sommet dirigé vers le bas, et les deux autres vers le haut.

ELEMENTS

       Pour les alchimistes ces 4 éléments structurent le monde. Evidemment inutile d’aller chercher un microscope électronique ou un cyclotron pour essayer de les localiser puisqu’ils résident dans le domaine de l’impondérable au-delà du visible, – dans l’éthérique immatériel pourrais-je dire, – indépendamment de toute nomenclature chimique. Les éléments invisibles charpentent donc toutes matières sans être assujettis au monde moléculaire. Ils sont, en quelques sortes, de l’autre coté du décor ou de l’autre côté du miroir.

Ces éléments vont chacun répondre à deux réalités : l’une concrète l’autre abstraite et cependant complémentaire.

Le feu désigne le fluide  éthéré dont j’ai donné le sens dans un article précédent. LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 1 et .      LES 4 ÉLÉMENTS des Francs-Maçons & des Rose+Croix 2. .    

C’est à partir du feu de l’esprit (voir le feu du Saint Esprit dans les évangiles) que tout se manifeste. Et là nous sommes au cœur de l’alchimie, même si mon discours peut paraître abstrait. C’est d’ailleurs pour cette raison que les alchimistes se nomment philosophes par le feu.

L’eau désigne tout qui est liquide indépendamment de la température, ce qui fait entrer, dans l’élément eau, la lave des volcans et les métaux en fusion.  C’est d’ailleurs cette particularité qui a provoqué beaucoup d’ambigüité quant au véritable sens de la voie alchimique dite humide. Les métaux en fusions caractérisent en réalité la voie sèche ou le creuset est nécessaire. Que la voie sèche nécessite de « l’eau » désorientent les fervents d’une interprétation au premier degré (si je puis dire).

La terre désigne tout ce qui est solide : les minéraux, les métaux, le bois et même la glace.

L’air correspond à tout ce qui est gazeux sans tenir compte de sa compatibilité avec notre respiration.

Ces éléments sont le résultat de la rencontre de quatre qualités qui vont par paires : le sec, le chaud, le froid et l’humide.

Ainsi le feu est chaud et sec, la terre est froide et sèche, l’eau est froide et humide et l’air est humide et chaud.

Ces quatre éléments constituent les « points cardinaux » d’un cycle réversible ou cycle de Platon, que les alchimistes symbolisent parfois par l’ouroboros ou serpent qui se mord la queue.

Le feu en se condensant forme l’air lequel en se liquéfiant devient eau. L’eau solidifiée se transforme en terre et le terre sublimée devient feu.

Eléments et qualité dérivent d’une « première matière» ou matière primordiale qui n’est autre que la lumière solaire dispensatrice de vie.

Alors quand on se tourne vers les astrologues actuels qui mélangent les éléments avec les signes astrologiques, il y a de quoi perdre son latin et même son grec ! 

Cette attitude est liée à notre besoin de rationalité, due aux activités  de notre encéphale cérébral gauche qui ne recule pas devant le mensonge en voulant à tout pris trouver une explication logique pour boucher les trous d’une science perdue (qui ne s’appréhende pas par la pensé discursive) avec des analogies vaseuses. C’est ainsi qu’est meublé notre nuage d’inconnaissance et qu’est né la quasi totalité de l’hermétisme syncrétique occidental.

C’est par l’observation de la nature et avec la logique et l’intuition, et non pas avec la rationalité obtuse du laborantin baron de la science ou en mal de transmutations, que l’on peut appréhender l’alchimie.

Par le soleil ces éléments sont fécondés et sont pourvus de vie. C’est la raison pour laquelle on peut voir parfois un soleil rayonnant au centre de l’étoile à six branches.

Ainsi vitalisés les quatre éléments se transforment en trois principes

: le sel, le soufre et le mercure qui organisent la matière…

Toute matière est donc constituée par ces trois corps organisateurs et de ce fait le soufre comme le mercure issu des mines possède ces trois composantes fondamentales.

Ainsi ne faut-il pas confondre les soufres et les mercures. Ce qui n’exclu nullement le cinabre en qualité de matière première à l’instar de la cobaltine, de l’antimoine ou de la marcassite.

N’en doutons pas le sceau de Salomon est un symbole fondamental de l’alchimie car il permet de différencier matière première et première matière.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 18:37

 

L’hermétisme n’est pas uniquement quelque chose de bien clos et étanche comme la fermeture d’un bocal. D’une manière plus abstraite c’est un mélange de concepts philosophiques disparates alors que le mot hermès désigne Hermès Trismégiste le fondateur réel ou mythique de l’alchimie. De ce fait une confusion s’installe entre l’hermétisme et l’alchimie. Dans tout les cas il devient difficile de séparer l’alchimie de l’ensemble de doctrines variés qui caractérise la philosophie hermétique.

Ainsi il est fréquent de confondre cette philosophie avec les notions de base sur lesquels s’élaborent la théorie et la pratique alchimique. J’insiste : les deux concepts sont différents.

La philosophie, qu’elle soit hermétique ou autre, reste de la philosophie avec ses théorisations intellectuelles et ses spéculations, quant à l’alchimie elle élabore sa démarche à partir des observations de la nature et de ses réalisations au laboratoire. Nous voyons bien que leur mentalité est opposée… un forgeron ne philosophe pas, il bât son fer tant qu’il est chaud !

Comme l’hermétisme s’est emparé des observations alchimiques et de sa terminologie pour les intégrer dans ses doctrines avec un sens qui lui est souvent étranger, la confusion s’est donc installée et n’a pas toujours épargnée certains auteurs bien intentionnés.

C’est ainsi que dans de nombreux centres initiatiques on entend parler d’Art Royal avec pour seul substrat le discours spirituel qui n’a rien à voir avec l’alchimie qu’ils assurent le plus sérieusement du monde pratiquer ! C’était inévitable et ainsi se leurrent la quasi totalité des Franc- Maçons et des Rose-Croix. C’est évidemment du gaspillage qui retarde considérablement l’entrée au temple des futurs Adeptes.

L’hermétisme est un mélange de diverses gnoses (dont les Eglises gnostiques entretiennent la pérennité) avec les religions des mystères comme ceux de Dionysos ou d’Eleusis et aussi avec le néoplatonisme, le paganisme mystique… L’hermétisme a même fait des emprunts à la Kabbale juive avec, bien sur, sa propre interprétation que l’on peut observer actuellement dans les centres initiatiques et ailleurs, puisque à notre époque la spéculation ésotérique bat son plein avec l’inflation de snobs, d’ « allumés », de « branchés » et aussi de « paumés » ou tout simplement d’intello maniaques de l’abstraction.

L’astrologie et la magie sont aussi intégrées à l’hermétisme qui de ce fait étudie la théorie des correspondances en interprétant de travers le texte de la « Table d’émeraude » rédigé par Hermès Trismégiste : « Ce qui est en bas  (l’homme) est comme ce qui est en haut (les planètes) ». Inutile d’être grand clerc pour comprendre que cela peut s’appliquer à autre chose. Enfin quoi, « tout est dans tout », il ne reste plus qu’à « tout-y-est » !

Pour l’alchimiste toutes matières sont constituée par quatre éléments, qui sont appelées Feu, Air, Terre et Eau. Bien évidemment il ne s’agit pas d’aller pomper de l’air ou de puiser l’eau du robinet puisque le liquide et le gaz sont des matières elle-même et donc constituées de feu de terre d’air et d’eau. Ces quatre éléments sont donc autre chose par analogie avec les éléments de notre terre…

Ce que disent les alchimistes, et qu’ils expérimentent au laboratoire, c’est que la vie pénètre ces éléments et les transforment en trois principes : le sel, le soufre et le mercure. Et ces trois principes se mettent en action sous le souffle de l’Esprit et organisent toute matière.

Tout cela n’est ni une doctrine, ni une spéculation puisque l’alchimiste en fait l’expérience au laboratoire. C’est un axiome fondamental de l’art d’hermès... à ne pas confondre donc avec la philosophie clafouti de l’hermétisme qui inventa probablement le syncrétisme.

Sceau palombara

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 11:55

        Monsieur Guillaume Bigourdan, (1851-1932) astronome réputé, spécialiste mondialement reconnu et primé pour son catalogue en cinq volumes des nébuleuses fut fait officier de la Légion d’Honneur et devint le  président de l’académie des sciences et de l’Institut de France. Ce scientifique écrivit un traité sur le golf, montrant par là que les astronomes de haut niveau étaient capable de sa passionner pour autre chose que l’observation des étoiles et des planètes même si la balle de 46 grammes qui survole le gazon a quelque ressemblance avec une sphère céleste ou un météore !

 

Jusqu’au milieu du XXème siècle les scientifiques s’intéressaient à plusieurs domaines qu’ils soient ceux des sciences exactes ou non.  Evidemment cette passion marginale, pour des connaissances non scientifiques, est actuellement difficile a gérer car l’hyper spécialisation est devenue contraignante et n’ouvre plus sur le monde des généralités à connotations universelles. Depuis un demi-siècle environ ces astreintes se sont fortement exaltées par osmose avec notre monde mercantile. Pour ces diverses raisons l’univers mental du scientifique s’est énormément focalisé et il lui est devenu difficile, voire impossible de bien saisir dans son essence la démarche marginale des scientifiques des siècles révolus telle celle d’Eugène Chevreul, de John Neper, ou encore d’Isaac Newton. En effet  comment s’immiscer dans leurs passions pour l’alchimie, à notoriété dévalorisante, sans mettre en péril sa propre réputation ? Actuellement il est donc devenu pratiquement impossible de saisir là quintessence qui féconda, directement ou non, certaines découvertes fondamentales telle celle des logarithmes de Neper ou de la gravitation universelle de Newton. Ne pouvant exposer ici qu’un compendium, Je passe sous silence d’autres découvertes, fécondées par des connaissances non scientifiques, telle celle de la molécule cyclique de carbone (noyau de benzène) par Kekulé von Stradonitz (1829-1896), ce chimiste allemand ayant découvert la tétravalence du carbone permettant la structure des molécules cycliques avec leur nuage électronique favorisant la bioélectricité de concert avec les potentiels d’actions des cellules nerveuses. Ces deux inventions capitales devaient révolutionner la chimie organique et ouvrir les portes de la biochimie et de la physiologie métabolique conduisant à la compréhension de la molécule d’ADN. Kekulé rapporte que l’idée fondamentale lui est venue du serpent qui se mord la queue que les alchimistes appellent ouroboros et que l’on trouve représenté dans le traité d’alchimie[1] de la reine d’Egypte Cléopâtre VII Théa Philopator  (- 69 à – 30).

Souvent, au cours de l’histoire de l’alchimie on rencontre une pratique de l’analogie qui s’exprime essentiellement dans la sonorité des mots ou phonétique, mais aussi dans celle des formes qui se soit celle des gravures ou  celle des décorations architecturales. Parfois phonétique et formes se mélangent associées même à des anagrammes. Ainsi le rat sera l’art et le chat (kat en provençal qui a conservé le son dur) le potassium. Si un chat attrape un rat cela signifie qu’une substance potassique maitrise l’art c’est-à-dire la pratique alchimique qui est appelée art.

Faut-il souligner ici qu’un scientifique n’a pas à méjuger la démarche des chercheurs car nul n’a à rendre compte, devant une instance académique, de l’origine de ses idées. Disons au passage que parfois le substrat de certaines découvertes essentielles, reposant sur des faits répréhensibles pour la pensée rationaliste fut attribué au hasard par les auteurs eux même craignant le discrédit. De ce fait un pan entier de l’histoire des sciences reste hélas inaccessible, ce qui ne manque pas d’être regrettable en faisant obstacle à une nouvelle vision du monde qui ne saurait que féconder l’esprit des chercheurs.

Le chimiste plus que centenaire  Eugène Chevreul (1783-1886)  a la palme de la discrétion car rien ne transparait de ses connaissances alchimiques, avant son décès, si ce n’est à travers ses travaux sur les couleurs dont Eugène Delacroix et les Impressionnistes s’inspirèrent. A sa mort on découvrit chez lui de nombreux livres des grands alchimistes des siècles révolus. C’est le grand érudit Alfred Maury (1817-1892) qui fait référence, dans Le journal des sçavants (sic), aux travaux de philosophie alchimique de Chevreul. C’est ainsi que l’on apprit que ces études, ont occupé une place capitale dans sa vie comme le traduit sa riche bibliothèque contenant un nombre considérable de traités d'alchimie, soit sous forme de livres, soit sous forme de manuscrits que l’on peut actuellement compulser dans le fond Chevreul du muséum d’histoire Naturelle. La partie qui émerge de cet iceberg se trouve  dans un Mémoire de l'Académie des sciences, rédigé sur plus de 300 pages, où il brosse un portrait historique et philosophique de l'histoire de la matière, et établit à cette occasion un remarquable niveau de liaison entre chimie et alchimie. Niveau de liaison qui échappe aux chimistes actuel tel Pierre Laszlo[2] (Qu’est-ce que l’alchimie ? Editions Hachette Paris 1996) désireux d’expliquer l’alchimie par la chimie, car en réalité l’alchimie n’est pas à proprement parler une science de la matière mais une « science » de la vie. Eclipsé par le phénomène de transmutation métallique dont les causes restent pour la science une énigme, la méprise est donc compréhensible dans la mesure où la science actuelle ne saurait se référer qu’à ses propres concepts fondamentalement différents de ceux préconisés par les adeptes de l’Art Royal (alchimie).

Disons en passant que la différence de pensée entre la science et l’alchimie qui partage pourtant là même nécessité de logique, de rigueur et de cohérence ne sont pas opposées. C’est une opinion trop répandu pour ne pas signaler ici cette méprise trop souvent colportée et acceptée comme référence à la vérité. Il est plus juste de parler de complémentarité  qui n’a pas encore trouvé le chemin de sa jonction. Dans ce sens, et uniquement dans ce sens, l’œuvre d’un Pierre Laszlo est des plus essentielles même si elle ne saurait représenter une référence épistémologique qui est pourtant utilisée comme telle par les lettrés de la Sorbonne (voir les ouvrages sur l’alchimie médiévale de Suzanne Thiolier-Méjean, notamment L’alchimie médiévale en pays d’Oc édité en 1999 aux presses de l’Université de Paris-Sorbonne) ce qui ne manque pas de donner une image quelque peu fallacieuse de l’alchimie.

Loin de là, dans le passé, le seigneur écossais John Napier,  - baron de Merchiston - se rendit, le 7 novembre 1607 chez le docteur en médecine Daniel Muller. Cet alchimiste lui fit part de ses recherches en alchimie car Napier lui affirma s’intéresser à son travail et écrit qu’il « espère avoir l’occasion d’entreprendre l’œuvre ». Et curieusement il garde le silence sur la suite des évènements. (J. H. Read The alchimist il life, literature and art, Londre 1947)

Il ne saurait être question dans cet aperçu de montrer la voie du cinabre adopté par Napier et fort bien expliquée par le Dr Muller. Cette notion de « voie » alchimique est fréquemment usitée. Généralement il est question de voie humide et de voie sèche. La voie de Napier est une voie humide car elle utilise l’élément « moteur » ou « catalyseur » appelé « sel » à l’état liquide, alors que la voie sèche l’utilise sous forme solide cristallisée, mais la voie sèche reste pour la majorité d’adeptes celle du creuset et donc de la fusion métallique. Quoi qu’il en soit de ces aiguillages complexe de « voies » il est fondamental de préciser que pour tous procédés le principe reste le même. Une étape est commune à toutes les voies, c’est celle de la « multiplication » consacrant ainsi leur unité à travers ce dénominateur commun.

La multiplication consiste, comme son nom l’indique, à multiplier la concentration énergétique de la substance, de couleur rouge, que les alchimistes appellent « pierre ». Les étapes successives consistent à réitérer tout le grand œuvre à plusieurs reprises et à chacune de ses reprises la puissance s’accroit d’un facteur 10.

Ainsi Napier (Néper), outre les logarithmes népériens inventa en collaboration avec Henry Briggs (1561-1630), un nouveau logarithme appelé logarithme décimal ou briggsien.  Il montra que le logarithme décimal de 1 est 0. Ce qui correspond sur le plan alchimique (au laboratoire) à une première réalisation du grand œuvre dont la pierre finale est dépourvue de puissance (0) et donc incapable d’avoir une action « transmutatoire » sur la matière qu’elle soit minérale ou biologique. La première réitération ou première répétition (1) va augmenter la puissance de 10 (log10=1). A la deuxième réitération (2) la puissance passe à 100 (log100=2), puis à la troisième à 1000 (log1000 = 3).  Evidemment il convient de ne pas trop spéculer sur cette progression  de 10 car il s’agit là de valeurs théoriques qui peuvent fluctuer en fonction de la pureté des matériaux et de leurs proportions. Cependant cette curieuse concordance tend à montrer ce fait assez inattendu : Les logarithmes décimaux sont en étroites accointances avec les lois de la nature alors qu’ils ne sont, pour les scientifiques, qu’une manière de simplifier les calculs.

Dans son silence à propos des travaux que lui a conté le Dr Muller, il est fort probable que Néper ai pratiqué l’alchimie et qu’il fut inspiré par le processus de multiplication.

Cette inspiration, sur le plan scientifique, provoquée par la réalisation du travail alchimique, se trouve d’une manière remarquable dans l’œuvre d’Isaac Newton dont le travail alchimique était le plus orthodoxe qui soit. Nous retrouvons son procédé en France, et dans le monde entier, dans toute la littérature alchimique. Donc Newton fut à la foi un scientifique et un alchimiste digne de ce nom. Remarquons au passage que le grand physicien n’essaya jamais d’expliquer l’alchimie par la chimie comme tentait de le faire le cercle de Hartlib avec lequel il entretenait de nombreuses relations. Cela montre que Newton avait compris la dimension non matérialiste de l’alchimie, dimension dont il avait saisi qu’elle ne concernait pas uniquement les transmutations, loin de là, et resterait toujours inaccessibles aux sciences de la matière.

Les travaux du grand scientifique sont tellement vastes qu’il est difficile de dégager avec précision l’étendue de la fécondation du physicien par l’alchimiste. Il poursuivit des études alchimiques, très intensives, [][]pendant au moins trente ans. Durant plus de 25 ans, il eut donc l’occasion de tenter 50 fois environ la réalisation de l’œuvre. Ce fait explique l’abondance de notes et de documents alchimiques rédigés par le physicien. Il conservera le secret sur ses activités et sur celui de mystérieux contacts, desquels il reçoit de très nombreux ouvrages et traités alchimiques, qu'il annote et recopie jusqu'à se constituer une des plus vastes bibliothèques alchimiques de son époque[]

Je n’ai pas l’intention de retracer ici l’œuvre de Newton, d’autre l’on fait avec compétence et sérieux notamment le professeur Bettt J. Teeter Dobbs[3]. Je m’arrêterais cependant sur un point qui me semble crucial vis-à-vis de l’attraction universelle. Les alchimistes qu’étudiait Newton, dont on peut citer Sendivogius, d’Espagnet et Philalète, parlaient tous d’ « aimant », d’attraction.

Tout en alchimie étant relié à la création, à l‘univers, il est aisément compréhensible que le résultat scientifique en fut la formulation de l‘attraction universelle. Mais sur le plan expérimental, au laboratoire, Newton était intrigué par les lignes de forces convergentes vers un centre pour former une étoile à la surface du creuset[4], manifestation du sommet rayonnant d’un « cage » (comparable à une cage de Faraday) émergeant du métal en fusion et emprisonnant l’énergie captée, l’empêchant ainsi de s’évader hors du champ de la pesanteur terrestre. Lorsque le métal était refroidi si se manifestait l’étoile alors l’expérience était réussie, si l’étoile ne se manifestait, alors « l’oiseau » s’était échappe hors du champ de l’attraction terrestre. Pour Newton il s’agissait d’une preuve expérimentale de la gravitation. Il en donne la confirmation puisque sa recherche n’avait un autre but que de découvrir ces « forces par lesquelles les particules des corps » sont « mutuellement poussées l’une vers l’autre, soit repoussées et qu’elles s’écartent l’une de l’autre ». Cependant il est naturel qu’Isaac Newton ait élaboré l’outil mathématique pour fixer ses intuitions géniales.

Et la chute de la pomme qui lui aurait donnée l’idée de la gravitation est en fait un astucieux symbole qui sous entend la chute d’Adam liée à la pomme désignant par là la Genèse dont l’alchimie s’inspire, dans sa compréhension symbolique, pour réaliser l’œuvre intimement liée à « l’arbre de la connaissance » de l’Eden dont on peut cueillir les fruits sublimes après avoir atteint la sagesse. Sur le plan théologique cela s’inscrit dans le cadre de la réintégration de l’être, ce qui permet de saisir la raison profonde de l’intérêt, pour la théologie, du plus grand physicien de l’histoire.

Beaucoup de scientifiques demeureront profondément surpris face à la méthode d’investigation de Newton, dont on peut tirer de ses écrits le postula de base :

« Les vérités réelles s’incarnent dans les mythes, les fables et les prophéties. »

Et les alchimistes scientifiques de haut niveau on su utiliser ce postula ainsi en est il d’Antoine d’Abbadie d’Arrast (1810 – 1897) qui fut, au XIXème siècle, président de l’académie des sciences où sur les murs de son château[5] d’Hendaye (construit entre 1854 et 1879) s‘ébattent, en façades, des animaux : chien, chat, crocodiles, singe, serpent… qui ne sont autre que la manifestation de la vie dans toute son exubérance qu’étudie l’alchimie et que font vivre les mythes et les symboles appuyés par la loi d’analogie.

Au centre de cette imposante bâtisse qui domine l’océan, se dresse une lunette astronomique qui observe autant le ciel physique que suprasensible et même spirituel comme le laisse entendre la chapelle. L’intérieur de l’édifice est également à la gloire de l’art d’Hermès dont chaque chambre représente une particularité. Le château d’Hendaye est l’une des plus magnifique demeure hermétique dont l’académie des sciences a su prendre soin pour le plus grand bénéfice des chercheurs et des curieux de tous horizons.



[1]La chrysopée de Cléopâtre est un texte alchimique illustrée avec ce serpent qui se mord la queue. Il est attribué à Cléopâtre VII, souveraine très cultivée et polyglotte.

[2] Une telle recherche de la conception chimique de l’alchimie a souvent séduit des érudits rationalistes dont la plus ancienne tentative (XVIIème siècle) est celle du cercle anglais de Hartlib.

[3]Les Fondements de l’alchimie de Newton. Editions Guy Trédaniel Paris 1981. Le professeur Dobbs analysa la phénoménologie alchimique avec beaucoup de sagacité et de précision comme a sut le faire, avant elle, Mircea Eliade.

[4]Pour la préparation du régulé étoilé (voie sèche au creuset) par Newton, voir University Labrary, Cambridje, Collection Portsmouth MS Add. 3975, F.42 r, v (pagination de Newton, p. 81-82).

[5]Le château d’Abbadie est  classé comme monument historique depuis le 21 décembre 1984.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 17:28

 

À mes frères au grand cœur de la Martinique : Pascal, Rosine, Nicolas, Fred, Daniel, Joël Jean-Pierre, Joël Laurent, et tous ceux que je ne connais pas encore. Sans oublier mon amie de longue date sur l’île Saint-Martin : Edith. Un petit coucou sur la même ile à Hélène Gineste et son bout de choux tout neuf.

Au mois de décembre quelle joie de vous retrouver ! ! !

 

Après cette longue interruption due à mon déménagement et à ma rupture de ligne pendant deux mois, je vous livre un texte mal équarri qui figurera, après adaptation, dans ma brochure sur l’alchimie à la Martinique.

 

À la fin des années 1693, débarquait à Saint-Pierre, capitale de la Martinique, un jeune homme de trente ans, grand au visage grave et à l’intelligence vive. Il portait l’habit blanc des Dominicains. Et les dominicains, rappelons-le, étaient la sainte inquisition, les chiens de Dieu, chasseur de Cathares et grand pourfendeur d’hérétiques ! C’était un mauvais présage pour les quinboiseurs (sorciers) qui pullulaient dans l’île (au même moment il en existait près de 300 000 en France !), ce qui n’a d’ailleurs pas changé en ce début du XXIe siècle ! Ce présage devait se confirmer quand le fouet vint corriger à de multiples reprises ces quimboiseurs amis du démon qui recevaient ensuite sur leurs terribles blessures un cataplasme que l’on appelait pigmentade qui est une saumure additionnée de pigments et de petits citrons qui causaient une « douleur horrible » mais qui arrêtaient toute infection et gangrène.

Mais notre chien de Dieu n’était pas venu spécialement pour jouer l’inquisiteur. Il rejoint d’abord la paroisse de Macouba dans l’extrême nord de l’île. Son rôle, parmi ses confrères esclavagistes, était de remettre sur pied la paroisse et la plantation de canne à sucre dont la gestion était une véritable catastrophe. Était-il lui-même pour l’esclavage ? Cela ne fait aucun doute puisque le roi Louis XIV venait de promulguer le Code Noir réglementant l’esclavage, d’une manière qui fait froid dans le dos et fait honte à l’Église[1]. Mais Jean-Baptiste Labat, sous son habit blanc, ne faisant pas partie de ses extrémistes qui considéraient les esclaves comme des gens idiots et laids. Il leur reconnaît certaines qualités. Lesquelles ? Le respect des vieillards, la fidélité au maître quand celui-ci les traite avec un mélange de bonté, de condescendance et de fermeté. Est-ce tout ? Non. Il ne souscrit pas à leur laideur physique. Il en a vu « des deux sexes faits à peindre et beaux par merveille ». Quand il rencontre Mme Liétard, rare noire à avoir épousé un blanc, il lui trouve « un esprit et même une politesse » qu'il n'aurait jamais cru rencontrer dans « des gens de sa couleur ». Donc notre homme d’Église est différent de bien de ses collègues et cela lui a valu de la part de ses supérieurs, et cela malgré ses brillantes réalisations, le refus de retourner une nouvelle fois aux Antilles.

Le père Labat était un scientifique (il fit ses études scientifiques à Nancy) et un ingénieur hors pair doublé d’un botaniste, d’un explorateur, d’un ethnographe et d’un militaire. Il va donc travailler pendant deux ans avec les pères de la paroisse de Macouba. Il sera le premier a édifier une église dans l’île qu’il appellera sainte Anne. Son sens de l’ethnologie lui fit choisir un lieu proche d’une pierre à cupules laissée par les amérindiens premiers habitants de l’île. Il construisit de nombreux édifices comme le couvent des Capucins à Saint Pierrre. Il voyage et se rend en Guadeloupe et en Dominique, dans de nombreuses îles des Antilles y compris les Anglaises et Néerlandaises. Par ailleurs il est le fondateur des Paroisse du Robert et Le François situées sur la face atlantique de la Martinique.

Il aide à développer considérablement l’industrie de la canne à sucre en mettent au point de nouveaux procédés. En un tournemain il tire la plantation de Macouba de la faillite pour en faire la plus florissante de l’ile. Il construit des canaux qu’admirent encore les hydrologues.

Appelé par le gouverneur de la Guadeloupe pour défendre l’ile menacée par les Anglais, il construit des fortifications, et participe contre l’envahisseur à un duel d’artillerie. Il reste encore sur cette ile une tour dite tour de père Labat. Par ailleurs ses écrits sont un témoignage précieux sur la flibuste et les flibustiers qui leur racontaient leurs aventures.

Devenu l’ami des corsaires il prend part à leurs engagements et capture deux navires anglais. Il est ensuite fait prisonnier par une galère Espagnole. Il est entouré de piques et de mousquets quant il sort son arme secrète. Il leur met sous les yeux, avec un air féroce, sa croix d’inquisiteur. Aussitôt c’est la terreur et les soldats se jettent à genoux implorants, car fortement marqué par les horribles tortures de l’inquisiteur espagnol Torquémada qui les auraient roués et leur aurait arraché la langue pour avoir osé menacer un inquisiteur.

L’intelligence et la ruse du Père Labat fut immortalisé dans la langue créole martiniquaise par le mot perlaba qui qualifie un esprit intelligent et malin.

 

Dans son livre Nouveau Voyage aux iles Françaises de l’Amérique, il raconte non seulement ce que je viens de dire à son propos, mais des histoires étranges qui méritent d’être mentionnées ici tant elle permettent de comprendre les fondements de l’alchimie, non pas sa matière première mais sa première matière, immatérielle.

Dois-je souligner ici que l’univers est un et que celui des chamanes et des Kabbalistes hébreux et magicien est exactement le même à l’instar de celui des alchimistes ? Tout repose sur ce dialogue avec l’invisible que certains appellent dialogue avec l’ange ou encore avec les êtres élémentaires (surtout gnomes) encore appelé par l’alchimiste Eugène Canseliet élémentaux.

Tout cela campe, vous vous en doutez, la toile de fond des contes et légendes ou les traditions populaires et folkloriques de nos campagnes.

Une tradition affirme que les Templier possédaient une tête, que certains associent au baphomet ou au diable en personne, qui parlait et leur livrait les plus grands secrets dont celui de réaliser correctement le Grand Œuvre des alchimistes. Et bien cette histoire est vraie et c’est le père Labat qui le confirme par son vécu (il raconte les faits avec une grande probité) et ses observations qui à l’unanimité des historiens sont véridiques. Je le cite donc :

 

« Un noir, convaincu d’être sorcier et de faire parler une petite figure de terre, fut condamné par la justice à être brûlé vif. Monsieur Vadel s’étant trouvé sur son chemin lorsqu’on le menait au supplice lui dit : « Eh bien, tu ne feras plus parler ta petite figure, elle est rompue. » Le noir lui répondit : « Si vous voulez, monsieur, je ferais parler la canne que vous tenez à la main. » Cette proposition étonna tout le monde. M. Vandel pria le juge qui était présent de surseoir pour un moment à l’exécution, pour voir si le noir viendrait à bout de ce qu’il permettait, et, cela ayant été accordé, il donna sa canne au noir, qui l’ayant plantée en terre et fait quelques cérémonies autour, demanda à M Vandel ce qu’il voulait savoir.

M. Vandel exposa qu’il attendait une importante cargaison du Danemark, souhaitant connaître : le vaisseau était-il parti ? Qui avait embarqué ? Quand arrivera-t-il ? Que lui était-il arrivé en cours de route ?

Après avoir réfléchi et s’être livré à nouveau à ses « cérémonies », le Noir, dit à M Vandel de s’approcher de sa canne et qu’il entendrait la réponse à ce qu’il voulait savoir. En effet, M Vandel s’étant approché entendit une petite voie claire et distincte qui lui dit : « Le vaisseau que tu attends est parti d’Elsemeneur un tel jour, c’est un tel qui commande, il a tel et tels passager avec lui, tu seras content de sa cargaison, il a souffert d’un coup de vent en passant le tropique qui lui a rompu son petit hunier et emporté sa voile d’artimon. Il mouillera ici avant trois jours. » Le noir fut exécuté et trois jours après le vaisseau étant arrivé on vérifia à la lettre toute la prédiction. »

 

Ainsi donc justice est faite. Mais quelle justice ?

 

La première matière de l’univers permet de pareilles prouesses à moindres frais énergétiques. Les communications électromagnétique actuelle sont ridicules et nocives en polluant de ses ondes notre biosphère.

Telle est la raison pour laquelle au même moment où le père Labat faisait ses observations, des alchimistes itinérants en Europe cherchaient à convaincre les scientifiques d’alors qu’ils faisaient fausse route.

 

Le père Labat montre par l’agencement de son église de Macouba qu’il avait compris en faisant baptiser les enfants par le sel sous l’hospice protecteur de sainte Anne qui n’est autre que la première matière tandis que sa fille Marie est la matière première des mondes.



[1] Voir à ce propos le livre du dominicain Jean Cardonnel J’accuse l’Eglise. A la suite de cette publication cet ecclésiastique qui fut supérieur de l’Ordre à Montpellier fut évincé.

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 10:01

 

Que les choses soient claires : je n’enseigne rien, et ne cherche pas a diffuser une idéologie sustentant un éventuel prosélytisme. Je ne suis pas un gourou plus ou moins camouflé. Si ce que je vous raconte vous intéresse, tant mieux inversement c’est temps pis ! et je vous souhaite « bon vent ». Ma gentille concierge dit joliment : « j’en ai rien à glander ».

Je suis tout de même motivé par le fait qu’ayant blanchi sous le harnais, j’ai découvert des choses qui me semblent intéressantes. Je cherche à vous informer. Pouvez-vous me reprocher de vous les faire partager en vous laissant faire ce que vous en voulez ?

 

La majorité des croyants recule avant d’affronter une véritable mystique. Remarquez qu’on ne saurait le leur reprocher car c’est tout juste si le curé ne leur a pas déconseillé de pareilles billevesées et cela à l’occasion d’un cours du catéchisme fait sur la pointe des pieds ! Parbleu il faut se méfier, derrière les saintes-nitouches trop propres, se cache toujours un effroyable danger. Sous la couche de blanc est toujours le caca, le noir, méfiez-vous les enfants !

 

Afin de bien souligner la néfaste ambiguïté, fut inventé pour l’occasion le fameux apophtegme d’un illustre inconnu : « L’enfer est pavé de bonnes intentions ! » Quoi que vous faites vous êtes foutu mon vieux, ou ma vieille, surtout si vous avez de bonnes intentions ! Ben moi ça m’incite à en avoir de mauvaises comme ça je sais ou je vais et suis tranquille après m’être confessé… C’est tordu tout ça. Mais attention ou vous mettez les pieds mes poulets ! partout vous risquez de griller.

 

Et puis, disons-le, nos fidèles croyants craignent l’aventure, le risque imminent, perpétuel, de rencontrer le diable à tous les tournants ! On tremble aussi et surtout de ce qui peut venir des profondeurs de soi-même, ce n’est pas catholique tout ça, toutes ces émanations fétides, cette pestilence de chien crevé, qui sourd d’on ne sait d’où, de quelques replis de notre cervelle mal fagotée !

Bref on hésite, on tremble, ou s’affole devant l’inconnu qui a perpétuellement un regard torve… diabolique parbleu !

 

Alors on invente une piètre parade et on s’y tient mordicus, et quand je dis mordicus c’est jusqu’à devenir bête à bouffer du foin ! Et voilà que l’on déprécie tous les contenus du non conscients pour avoir l’impression de respirer une « santé » qui nous rapproche du raisonnable, du concret, cette véritable sainteté. Pour peu que l’on se laisse endormir on les croirait libres-penseurs et même scientifiques nos abbés.

Les histoires d’inconscient ? Ce ne sont que suppositions, rêves, imagination, trois fois rien quoi ! Sans intérêt.

 

À la limite les bons Gaulois bien conditionnés ne craignent plus que le ciel leur tombe sur la tête, ils craignent de rencontrer le diable en cours de route sous toutes ces choses affreuses dans le secret de leur culotte, dans ces vices, ces impulsions, enfouis au fond d’eux-mêmes, sous une couche isolante de religiosité et de civilisation. Cette crainte réelle n’est pas formulée, mais on subodore que les isolants sons cancérigènes et provoquent une mort certaine alors que le curé avait promis une vie éternelle.

 

On se donne toutes sortes de bonnes raisons pour ne pas entreprendre la quête spirituelle.

Je ne suis pas toujours d’accord avec C. G. Jung, notamment en ce qui concerne son analyse de l’alchimie, cependant par ailleurs son œuvre est remarquablement riche et fait preuve d’une louable lucidité comme dans son livre L’âme et la vie :

 

« On ne recule devant rien, devant aucune absurdité, pour échapper à son âme. On pratique le Yoga hindou de toutes les observances, [le raiyki aussi,] on se soumet à des régimes alimentaires, [le végétarisme fait bon effet, l’écologie fait branché] on apprend la Théosophie [ou l’Anthroposophie] par cœur, on rabâche les textes mystiques de toute la littérature mondiale…, [ on devient « nouille âge » selon la pertinente expression de mon amie Marie Thérèse de Brosse ] tout cela parce que, dans notre for intérieur on ne s’en sort pas. Et que toute croyance qu’il puisse provenir quelque chose d’utilisable de sa propre âme fait défaut. Ainsi, petit à petit, l’âme est devenue ce marécage dont rien de bon ne peut provenir et, c’est pourquoi on cherche son bien-être aux quatre coins du monde : plus la provenance est lointaine plus cela est extravagant, mieux cela vaut. » (p39) Vous avez compris que les textes entre crochet sont de mon cru.

 

Je pourrais ajouter qu’ainsi s’est exporté de Chine un Qi gong bidon (il en existait un vrai, issus de l’âme de la Chine, tout simple comme il se doit et qui s’appelait l’alchimie du cinabre à neuf tours) qui permet d’accéder sans forcer à la spiritualité. Mais oui, je vous assure qu’avec cette pratique, issue de la Révolution culturelle, le spirituel se pointe seul, tout seul sans forcer, comme une furieuse envie de pisser. Vous comprenez pourquoi les cocos de Mao l’ont inventé puis largement diffusé ?  Ne me regardez pas avec la bouche en oviducte, vos chinoiseries, vos DVD, vos cours du côté d’Aix-en-Provence sont de l’argent jeté par les fenêtres !

Je vous dis cela à partir de mon vécu (in illo tempore) dont surnage un costume chinois qui me sert de pyjama.

 

Chacun peut vérifier la réalité de telles observations. Qu’elle est la cause d’une telle défection à l’égard d’une quête intérieure ? Il semble qu’elle réside en priorité dans l’abandon des antiques initiations christiques que le christianisme primitif appelait catéchèse, qui n’a rien à voir avec les « vérité » que l’on fait ingurgiter ou ânonner aux enfants. Et c’est d’ailleurs pour cette importante raison que le baptême était réservé uniquement aux adultes. La catéchèse des adultes était une initiation mystique et non une formation. Croyez-moi si vous voulez, le baptême des enfants est une absurdité.

Un baptême doit toujours se faire comme celui des premiers chrétiens, c’est-à-dire la nuit sous la première pleine lune de printemps lors de la veillée pascale, instant privilégié où l’Esprit de Dieu descend sur les eaux baptismales. Telles étaient les conditions extérieures imposées par l’antique liturgie liée étroitement aux rythmes cosmiques de la vie.

 

Que propose-t-on aujourd’hui aux croyants ?  Le catéchisme des enfants et la liturgie dominicale… « Non, docteur, je n’ai pas de douleurs stomacales on m’a servi un repas très léger, mais je me sens la tête creuse comme celle d’un demeuré. »

 

Alors soyons lucide, fini de pareils enfantillages, le moyen age est achevé et la crèche doit fermer !

 

Il devient impérieux de ne plus se faire avoir par le baratin œcuménique ou tendancieux. Regardons le Christ dans les yeux, rien que le Christ, rien que l’Esprit du Christ ! Vous comprendrez alors qu’il est de notre devoir de retourner aux sources. Il devient nécessaire de renouer avec les véritables initiations christiques comme celles qui furent reçues par les apôtres. Laissons les orateurs s’écouter parler qui veulent nous asséner leur vérité. Laissons-les enrager et pleurer devant les bûcher qu’il leur est interdit d’allumer. Et oui, nous avons le diable aux trousses !

 

Que l’on soit vrai en qualité de Chrétien, d’Alchimiste, de Franc maçons ou de rosicruciens, c’est la même route que l’on cherche. Pour la voir et bien, il suffit d’arrêter les simagrées, et de ne plus s’inonder de citations qui nous font méditer. Et ça mène ou la méditation sur un morceau choisi si ce n’est de faire chauffer les neurones qui font obstacle à la paix. La paix du silence après la bataille voilà la vérité. Paix cosmique ou aucun son ne se propage, voilà une réalité qui refroidir notre cervelle et la fait s’éveiller.

 

Bon tout ça peut vous paraître un tantinet extrémiste, dépourvu de lubrifiant, j’en conviens volontiers, mais dans cette histoire, il est impossible d’arrondir les angles sans risquer de se faire avoir. Dans un pareil sujet nous sommes face à des requins qui n’ont pas les dents gâtées…La moindre concession reposant sur la bienveillance et la compréhension est confondue avec de la faiblesse et vous êtes dévoré tout cru sur le champ. Et oui, ils sont aussi doués que pervers les bretteurs de la chapelle Sixtine ! Nos politiques corrompus sentent la rose à côté, souvenez-vous d’un certain Jean-Paul Ier !

 

Chacun de nous entreprend, où devrait entreprendre le pèlerinage vers l’Esprit qui est en nous et que sainte Thérèse d’Avila appelait le château de cristal. C’est ce pèlerinage que fit Nicolas Flamel vers saint Jacques de Compostelle. Durant ce long périple, ce chemin infesté de brigands, c’est l’Esprit du créateur qui va nous former, nous transformer, nous recréer. Telle est l’unique voie que même les mystiques orientaux reconnaissent comme irremplaçable :

 

« Parmi les mystiques chrétiens à qui nous pouvons, d’une manière ou d’une autre, appliquer le terme de yogi, saint Jean de la Croix peut être appelé le yogi par excellence car chez lui s’allient harmonieusement tous les éléments des différents yogas maintenus ensemble par la suprématie de la foi chrétienne » Ainsi parlait Swâmi Siddheswarananda à l’occasion d’une conférence donnée en 1951 à la Sorbonne.

 

En fait, aussi bien à travers le temps qu’à travers l’espace, les mystiques ont toujours emprunté des voies identiques dites traditionnelles, voies, hélas, transformées et dissimulées sous le verbiage de nos doctes théologiens.

 

Vous me croirez sûrement si je vous dis qu’aucun curé n’a enseigné la mystique à sainte Thérèse d’Avilla ou à saint Jean de la Croix. Je n’ai, hélas, aucune preuve pour vous affirmer qu’ils furent guidés, tout comme saint François d’Assise ou saint Vincent De Paul, par des femmes ou des hommes de l’ombre.

 

Bien des ésotéristes ou croyants pourraient penser qu’une simple adhésion de l’intelligence suffit pour devenir l’intime du créateur ou disciple du Christ afin de pouvoir être guidés vers la lumière  inextinguible de l’Esprit.

Le mot « conversion » (métanoïa dans le texte grec) ne signifie-t-il pas littéralement changement de la façon de penser ? En effet, l’adhésion de l’esprit de l’intelligence, de la conscience est indispensable.

 

Changement d’état d’esprit, changement de façon de penser, engendrent alors un changement de vie, une nouvelle manière de se comporter. J’ai abordé cet aspect dans l’article précédant à propos des excès inhérents à notre condition humaine.

 

Le disciple de l’Esprit entreprend alors une nouvelle vie qui va le modifier en profondeur. Non plus seulement au niveau de l’intellect mais dans toutes les sphères de l’être intérieur.

 

Pourquoi poursuivre plus loin la description de ces transformations profondes de l’être en communion permanente avec l’Esprit et la vie ? Pour la raison évidente qu’il faut surtout découvrir comment y parvenir.

 

La BA BA de la métanoïa repose sur un entraînement régulier, tenace à s’exercer très souvent à se couper des pensées pour accéder au silence. C’est dans ce silence qu’habite l’esprit qui progressivement va établir un échange avec l’être tout entier qui graduellement va changer.

L’alchimiste établira un contact plus grand encore avec la lumière, avec l’esprit de la substance qu’il œuvre et jusqu’à l’esprit de la terre et celui de l’univers tout entier. Il pourra alors entendre le cri de la matière :  « Aide-moi et je t’aiderais ! »

Il comprendra alors pourquoi le Christ demanda aux apôtres non seulement d’évangéliser l’humanité, mais la création tout entière :

 

« Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. » (Luc XVI, 15).

 

 

 

Désolé, je me sauve en cinquième vitesse parce que le diable n’a pas apprécié,  il m’a promis une sacrée tripotée ! ! !

 

 

Avec toute mon amitié.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 10:06

 

Avant toutes choses sachez que je suis chrétien et que je ne bouffe pas du curé. Hélas, ces malheureux méritent le plus souvent d’être assaisonnés en sauce poivrée ou, bien pigmentée

 

 Il m’est arrivé d’échanger des idées avec des ecclésiastiques. Quelle que soit leur Église, petite, grande, catholique, traditionalistes, orthodoxe, rosicruciennes, gallicane, celtique ou autre, toujours se manifeste la même attitude de jugement des propos à l’aune de leur conditionnement. C’est soit bien ou mal par rapport à ce qui leur fut inculqué. Quand je leur ai dit que je m’intéressais à l’alchimie c’est un haut le corps contre l’action démoniaque. Et cela, bien évidemment, sans que je puisse leur explique de quoi il s’agit.

 

Actuellement dans les Églises la liberté de penser est anéantie, le personnel de cette entreprise est devenu incapable de mettre un pied en dehors du sentier, en dehors d’une ligne blanche qu’il ne faut pas franchir.

Combien d’échanges stériles, combien de lutte inutile contre des moulins à vent qui ne se mettent à tourner que sous le souffle de leur Dieu qui est à leur image et non le contraire.

 

Et bien oui tous ces abbés ne savent plus que l’esprit souffle ou il veut. Allons, pas de désordre, l’Esprit c’est eux ! Et l’Esprit leur obéit, ils décident où il doit aller. N’en doutez pas mes frères, le reste n’est que vanité.

 

En réalité les choses ne sont pas aussi tranchées puisque nos fins lettrés sont des diplomates futés qui mènent leur barque en mettant de la pommade sur nos concepts déviants afin de pouvoir nous évangéliser…

 

Discours biaisés, discours jésuitique, discours de perroquet… C’est ainsi que le Christ est injurié.

C’est ainsi aussi que l’esprit des conciles a codifié cerclé, encerclé puis remplacé la vérité.

 

Lagneau-d-finitif.jpg

Parlons donc des conciles. Le Littré définit ce terme comme : « Une assemblé d’évêques et de docteurs de l’Église pour statuer sur des questions de doctrine et de discipline ».

Il est bien évident que les questions soulevées provoquent des divergences qui sont exposées puis étudiées par les membres de l’assemblée qui mettent aux voix leurs conclusions, qui s’imposent alors par la majorité des suffrages obtenus. Parfois le pape refuse une majorité comme lors du concile Vatican II qui avait voté à 80% l’impossibilité au pape d’imposer un veto. Il s’agit donc d’une assemblée « démocatico-dictatoriale ». C’est exactement ce qui se passe dans les assemblées civiles où les politiques dissimulent à peine le côté dictatorial. Et n’allez pas ma raconter que nous sommes en démocratie ! En république ? peut-être…

Le concile est donc l’image exacte de ce qui se passe à notre palais Bourbon. Suivant les époques et les mœurs, les partisans de droite ou de gauche (surtout rien de plus !) appuyés par le nombre de leurs électeurs, érigent en loi leurs conceptions personnelles, auxquelles tous doivent se soumettre. Vous avez dit démocratie ? Ben j’aurais tendance à voir un match de boxe ! Les vaincus n’existent plus même s’ils représentent 40% des suffrages, des nuls, ils sont bouffés par les lions dans l’arène ! Mieux, on leur refile le supplice de la baignoire s’ils font un zeste pour parler… Tantôt sur le pied droit, tantôt sur le pied gauche la démocratie joue à la marelle en nous prenant pour des lampions.

 

Les conciles portent un nom évoquant la conciliation et non un système d’élection, et pourtant c’est comme au palais Bourbon. Dans ces assemblées d’êtres spirituellement évolués toute discussion devrait reposer sur la compréhension, l’acceptation d’une thèse différente. Et bien non, c’est toujours le plus grand nombre de voix qui emporte l’adhésion et qui fera la loi.

Déjà qu’à l’époque d’Internet cette façon de procéder est difficilement tolérable au point de vue civil, mais alors cela devient totalement inacceptable, inadmissible même, quand il s’agit de religion, de spiritualité.

 

Quel est l’homme, fut-il pape, qui peut prétendre pouvoir juger des choses spirituelles et divines et imposer aux autres son point de vue, ses opinions personnelles (dogmata) à ce sujet ? Et cependant c’est ce qui n’a cessé de se passer au cours des conciles multiples dans le sein de l’Église et en particulier lors des 21 grands conciles dits œcuméniques dont le premier fut celui de Nicée en 325, convoqué par l’empereur Constantin car à cette époque ou l’Église Orthodoxe et Latine vivaient sous le même toit il n’y avait pas de pape mais plusieurs patriarches qui se débrouillaient fort bien.

À Nicée (Asie mineure) les magouilles à grandes échelles se firent jour. Des évêques influents soufflèrent à Constantin des consignes qu’il suivit sans trop réaliser les conséquences d’une pareille cabale inique. Ainsi quand les 2048 évêques se présentèrent avec leurs femmes et leurs enfants, il expulsa 1730 prélats car les 318 qui restaient les avaient jugé hérétiques ! Et après les décisions conciliaires de 318 évêques seulement, les 1730 prélats exclus durent signer sous peine d’exil. Ça vous ne le trouverez pas dans les histoires de l’Église. L’historien Socrate qui rapporte les faits est superbement ignoré par les spécialistes bigots des enjolivures.

 

Je vous invite à lire Histoire des conciles de Nicée à Vatican II,  de Francis Dvornick (Editions du Seuil 1961) et là vous découvrirez le silence coupable des historiens catholiques. On vous fait avaler que seuls trois cent dix-huit prélats furent présents ! (p.15-20)

En fin de compte dans cette foire à l’empoigne présidée par Constantin qui était loin d’être un saint, puisqu’il avait fait assassiner son fils et plusieurs membres de sa famille, lui qui méritait de se balader menotte aux mains, sous la vindicte publique, via la chambre à gaz ou la chaise électrique, et bien ce criminel fut le seul a avoir prononcé des paroles de sagesse pour essayer de calmer les outrances des prélats qui s’injuriaient comme des chiffonniers !

 

Le mot œcuménique vient du Grec oikox : maison, et du verbe méno : rester, subsister. Un concile œcuménique devrait donc être par définition, une assemblée délibérante (véritable sens du mot ekklésia : église) où l’on essaye de concilier divers points de vue (dogmta) sur la façon d’administrer la maison et d’en éduquer les habitants sur le plan spirituel afin qu’ils demeurent unis.

 

On est obligé de constater qu’en fait de conciliation, ces fameux conciles n’ont jamais abouti qu’à des divisions et des séparations spectaculaires. La raison en est que les hommes refusent l’effort de rédemption et restent des hommes, uniquement des hommes et que de ce fait ils sont bien incapables de toutes avancées spirituelles.

Cela signifie aussi que l’enseignement correct au sein des séminaires est lourdement déficitaire sur le plan mystique.

 

Dans l’Église chacun se fait une idée et une représentation de Dieu à « son image » suivant ses conceptions et son entendement. Et c’est pourquoi vouloir le définir suivant la loi de la majorité est une ineptie capitale : car la foule, ce que les latins appelaient turba n’a d’autre objectifs et préoccupations que ses satisfactions matérielles. Son élévation spirituelle et son dévouement au prochain, à la cause publique, passent au second plan et bien souvent ne l’effleure même pas.

Dans la turba chacun ne demande pas mieux que tout le monde soit satisfait et heureux mais chacun pense à lui d’abord, ce qui est tout le contraire de l’enseignement du Christ.

Il faut un minimum d’abnégation et de renoncement personnel pour prétendre parler de choses de Dieu. C’est tout le contraire que de pontifier en son nom et d’imposer des points de vue qu’on érige en loi, appuyé par une majorité démagogue, comme ça l’a toujours été au cours de ces rassemblements prétendus conciliaires.

 

Dans son Esquisse de l’histoire Universelle (1920), l’écrivain Britannique H. G. Wels (1886-1946), le célèbre auteur de La guerre des mondes et de La machine a explorer le temps, a parfaitement compris et stigmatise ce qu’est devenue l’Église (p335-336) au mains de ses pontifes qui se veulent tout puissants :

 

« Le christianisme cessa presque tout de suite d’être purement prophétique et créateur. L’Église était devenue dogmatique. Ses prêtres et ses évêques étaient plus façonnés par des dogmes, des croyances et des procédures fixes : lorsqu’ils étaient d’âge à devenir cardinal ou pape, c’était déjà des hommes vieillissants, accoutumé aux luttes politiques en vue d’avantages immédiats et bien incapables d’aperçus universels. Ils ne désiraient plus voir le Royaume de Dieu, fondé sur le cœur des hommes : ils voulaient voir la puissance de l’Église, qui était leur puissance, s’exercer sur tous les hommes. Ils n’admettaient ni questions ni réserves, non parce qu’ils étaient sûrs de leur foi, mais parce que celle-ci était vacillante. »

 

Ces lignes sont sévères mais justes ! Si cette prétendue foi vacille, rien de plus naturel car elle repose depuis toujours sur des appréciations terre à terre.

La véritable foi émane du cœur et de ce silence d’où jaillissent l’humilité et la communion permanente avec l’indicible et Dieu.

L’homme est fait pour sa rédemption et donc pour se retrouver au cœur de la création pour créer à son tour dans les limites permises par le créateur lui-même, comme le préconise l’antique alchimie.

Non, la véritable foi n’a pas besoin de hiérarchies pontifiantes pour l’imposer.

Le jour où l’Église se débarrassera de ses « Princes » mitrés pour les remplacer par des « Prophètes » libres et inspirés, elle sera sauvée et sans besoins de conciles. Hélas, trois fois hélas, ma sœur Anne ne vois rien venir !

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